Juste un petit mot: j'ai hésité avant de poster ces vignettes autour de Noël. J'ai commencé à les rédiger en décembre...pour les finir maintenant. Ce sont de petits aperçus d'un futur lointain, classés chronologiquement, même si je reste vague sur les dates.

Attention, contiennent des spoilers- et centrées sur la "génération suivante" du BAM ;)


1- Cadeaux mirobolants

-Chéri ? Qu'est-ce que c'est ?

Légèrement penaud, Blaise se tourna vers sa femme.

-Un cadeau. Pour Orsino.

-Un autre ?

-Il ne pourra pas profiter de son cadeau principal avant janvier, défendit-il.

-Nous lui offrons des places en tribune pour assister au match de son équipe favorite. Tu connais beaucoup de garçons de six ans qui peuvent en dire autant ? De plus, il recevra des chocolats, des livres, des jouets et une multitude de cadeaux de la part de nos amis et de notre famille.

Blaise marmonna quelque chose comme « mais nous en avons les moyens ».

- Chéri, il y a une différence entre un enfant choyé, et un enfant pourri gâté. Sais-tu à quoi je pense ? Je pense à l'adorable chérubin blond qu'était Draco Malfoy, avant que ses parents ne lui passent tous ses caprices. Imagine Orsino d'ici quelques années si nous continuons sur cette voie-là…Habitué à obtenir tout ce qu'il désire d'un claquement de doigts, sans avoir travaillé dur pour l'obtenir…

-Draco ? Vraiment, tu exagères…protesta Blaise.

-Tu souhaites prendre ce risque ? Chéri, tu n'es pas obligé de nous faire des présents mirobolants. On sait que tu nous aimes, sourit-elle tendrement.

La pratique et du métier d'avocat, et de la vie conjugale, avaient enseigné à Blaise à choisir ses batailles.

-Très bien, concéda-t-il. Je ne le comblerai pas de cadeaux, même si je suis en mesure de le faire.

Son épouse l'embrassa avec gratitude, sans remarquer le choix des termes de sa réponse (ce qu'il avait escompté).

Il avait cédé pour Orsino, mais pas question de renvoyer au bijoutier la rivière de diamants !


2- Cadeaux à long-terme

-Des livres ? Tu sais que ce sont des enfants, n'est-ce pas ?

Eloïse sourit innocemment :

-Il est certain que toi, tu n'as jamais fait de prosélytisme auprès d'enfants en bas-âge…Les jeux d'éveil que tu as offerts aux petits Orsino et Priya n'étaient-ils pas ensorcelés avec des sortilèges d'empoigne, similaires à ceux utilisés sur les Souaffles ?

Son mari mordit à l'hameçon :

-Quand leur adresse leur permettra d'obtenir une place de Poursuiveurs dans l'équipe de leur rêve, ils me remercieront !


3- Histoire de gui (et de génétique ?)

Rosaline avait dû se contenter de fulminer intérieurement sur le trajet qui la ramenait de Poudlard à sa maison pour les fêtes elle ne voulait pas alarmer ses parents, et s'était donc composé une mine enjouée. Sous prétexte de ranger sa valise dans sa chambre, elle s'excusa, lança dans un coin ses affaires, sauta sur son lit, agrippa son oreiller et y étouffa un hurlement rageur.

-Il m'énerve ! Il m'énerve ! Il m'énerve !

-Lynnie ?

Penaude, Rosaline tenta de rassembler son flegme.

-Oui, Maman ?

Susan s'assit aux côtés de l'adolescente.

-Un souci ?

Comment sa mère s'y prenait-elle, Rosaline n'en avait pas la moindre idée- toujours est-il qu'elle lui raconta toute l'affaire.

-C'est ce stupide garçon ! Toujours à me provoquer, parce que je suis une Serpentarde et que je suis meilleure que lui en cours- et cela a empiré depuis que j'ai été nommée préfète !

Alarmée, Susan lui demanda :

-Comment te provoque-t-il ? Les préfets et les professeurs ne réagissent-ils pas ?

-C'est purement verbal, la rassura Rosaline. Les professeurs- je crois qu'ils sont plus amusés qu'autre chose, parce que cette triple buse parvient à les charmer à tous les coups- comment loupent-ils sa monstrueuse vanité, je n'en ai aucune idée; quant aux préfets…Va savoir pourquoi, il en est un !

A la mine incrédule de sa mère, elle reprit, sur la défensive :

-Je suppose qu'il a été nominé par défaut, parce que la promotion des Gryffondors craint vraiment…

-Lynn, pas de querelle ridicule entre les maisons ! chantonna Susan.

-C'est la seule explication possible autrement, pourquoi la faculté- qui n'est pas si incompétente que ça- se serait-elle rabattue sur cette irresponsable parodie de play-boy ?

-Comment te déstabilise-t-il ? s'enquit Susan.

-Il ne me déstabilise pas, répliqua dignement Rosaline. Il essaie. Toujours sur mon dos, dans mon espace personnel- et depuis quelques mois, il a changé de stratégie.

Elle hésita :

-Il me fait des compliments ridicules, qu'on dirait tout droit piochés dans des épisodes vintage de Cdf. Il me dédicace ses captures du Vif d'or lors des cours Gryffondor/Serpentard, il sprinte dans ma direction dès qu'il faut trouver un partenaire…Je n'en peux plus ! C'est du harcèlement ! Et aujourd'hui…

-Aujourd'hui ?

Rosaline explosa :

-J'ai été bloquée sous un de ces absurdes plants de gui enchantés que ses complices et lui ont persuadé la faculté de les laisser accrocher dans le hall, et l'insolent en a profité pour… pour m'embrasser !

-Ce qui était désagréable ? Etrange, tout de même, soupira Susan. Autrefois, c'était moi qui ne parvenais pas à embrasser le garçon de mes rêves sous le gui toi, tu aurais apprécié qu'on vous interrompe.

Rosaline en oublia momentanément ses doléances :

-C'était papa, sous le gui ?

Susan se redressa :

-Jeune fille, cela ne te regarde pas ! Je ne démentirai ni n'infirmerai- le passé est le passé ! Donc, pour en revenir à tes moutons, ce jeune homme espère en vain… ?

-Tu parles ! réagit Rosaline. Ce n'est qu'une blague gigantesque pour lui. M'embrasser sous le gui, ce n'était qu'une impertinence de plus à son compteur ! Il veut griller mes chances avec Donovan- c'est la cerise sur le gâteau pour lui, puisque Don es bien placé pour devenir le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard! Maman, si tu as un conseil pour qu'il cesse de m'importuner, s'il-te-plaît, dis-le-moi !

-Nous pouvons toujours faire intervenir ton père, je suppose, plaisanta Susan.

-Non ! En ultime recours seulement ! rectifia Rosaline (surtout si Papa, très protecteur, apprenait qui poursuivait sa fille chérie de ses assiduités…)

-Dans ce cas, reprit sérieusement sa mère, je crois que la tactique la plus sûre est l'indifférence. Quant tu retourneras à Poudlard, prétends que ce baiser ne t'a pas affectée- « il ne m'a pas affectée ! » contra Lynn-, n'utilise pas cette langue aiguisée qui est la tienne pour lui répondre lorsqu'il te taquine, même si je ne doute pas que tu puisses atteindre des sommets d'éloquence. Traite-le en gamin immature qui ne vaut pas la peine que l'on s'énerve à son encontre, il devrait renoncer à cette plaisanterie qui ne fait plus rire personne.

-C'est du bon sens, reconnut Lynn, résolue à appliquer cette technique au plus tôt.

(Malheureusement pour elle, elle se trompait sur deux points. D'une, son soupirant ne plaisantait pas; de deux, d'autres auraient pu abandonner leurs tentatives de conquête devant tant de glace, car Lynn maîtrisait à merveille l'administration de douches froides; mais la difficulté n'était pas faite pour arrêter James Sirius Potter.)


4- Cadeau de dernière minute

Blaise n'était pas un adepte des achats de dernière minute, contrairement à certains sorciers de sa connaissance (Seamus, pour ne pas le nommer. Pourtant, en dépit de ses improvisations acrobatiques, l'Irlandais se débrouillait toujours pour dénicher une petite boutique regorgeant d'objets insolites et plaisants- ce qui navrait Blaise, adepte de l'organisation, des listes en tout genre et en règle générale, sur-préparé). Leur cercle familial et amical pouvait bien s'agrandir, Blaise suivait le mouvement et s'enorgueillissait de faire de beaux cadeaux. Toutefois, il y avait un hic cette année-là. Son propre fils. (Non, pas Orsino. Il pouvait compter sur Orsino pour faire des allusions transparentes au moins deux mois à l'avance, avec un manque de finesse regrettable, mais Orsino appartenait à l'école de pensée qui estimait que la fin justifiait les moyens employés, peu importât la subtilité desdits moyens.)

Benedict, dit « Ben » Zabini. Un garçon tranquille, calme, trop calme même, qui ne s'intéressait ni au Quidditch, ni aux Bavboules, ni à la Bataille explosive. Blaise avait alors pris un risque avec un jeu d'échecs finement ouvragé, aux pièces d'un caractère bien trempé. Blaise n'était pourtant pas du genre à prendre des risques, mais Ben ne lui laissait pas d'autre choix.

Il lui avait expliqué les règles, puis Ben avait souhaité tester son nouveau jeu.

Voir son fils se passionner enfin pour quelque chose, cela valait le coup.

(et voir Draco Malfoy mis en échec et mat pour la troisième fois d'affilée par son fiston, cela n'avait pas de prix).


5- Histoires de sorcières

-Eh bien ma belle, qu'y-a-t-il? interrogea Susan en trouvantBelinda assise en tailleur dans un recoin sombre de l'escalier. Tu n'as pas aimé tes cadeaux ?

-Je n'ai pas eu ce que j'avais souhaité, fit la fillette d'une toute petite voix.

-C'est étrange. Qu'est-ce que c'était ? Je suis sûre que cela peut être réparé, repartit Susan avec entrain.

-De la magie, répondit Belinda.

Susan resta muette.

-Maman pense que je suis une cracmol.

-Ce n'est pas certain. Tu as encore beaucoup de temps devant toi avant de développer des pouvoirs magiques, déclara Susan avec fermeté.

-Orsino et Ben ont déjà fait de la magie. Pas moi, chuchota Belinda. Je ne suis pas normale.

Susan prit l'enfant dans ses bras :

-Qui a dit que normal était l'idéal ? Belle, quoiqu'il arrive, tu seras exceptionnelle. Avec ou sans magie.

Les yeux sombres fixèrent Susan avec espoir :

-Vrai ?

-Promis. Tiens, je vais te raconter une histoire que je n'ai jamais racontée à personne. L'histoire d'une sorcière géniale, mais pas tout à fait normale.

Sentant qu'elle avait l'attention de Belinda, Susan commença :

-Il était une fois une sorcière tout à fait ordinaire. Elle avait toutefois une particularité une faiblesse, disaient les uns une arme secrète, contraient les autres, et je suis de l'avis de ces derniers. Vois-tu, au plus fort de la bataille, ses sorts n'avaient pas toujours l'effet escompté mais sa magie se nourrissait de l'énergie de cette sorcière, et les méchants sorciers qu'elle combattait se retrouvaient emprisonnés par le plus déconcertant, le plus solide des carcans : une gelée verte. Ce n'était pas habituel, mais c'était diantrement efficace.

Belinda sourit et réclama:

-Encore !

-Eh bien, je peux te raconter une de ses aventures, je suppose, céda Susan.

-Comment s'appelait-elle ?

-Stella. Mais elle avait deux amies pour l'aider dans sa tâche. Euh…Hilda et Elsie. Ensemble, elles combattaient les méchants sorciers…


6- Autre histoire de gui (et de génétique)

-Ma cadette suit mes traces, on dirait ! gloussa Seamus. Elle a déjà fait exploser quatre chaudrons depuis le début du trimestre- sa mère est furieuse, mais bon sang ne saurait mentir. Ce qu'ils grandissent vite, soupira-t-il, nostalgique.

Zacharias acquiesça, les yeux rivés sur sa petite Abigail, longs cheveux blonds dépassant de son bonnet de laine, qui courait d'un stand à l'autre (un village de Noël, avec ses chalets de montagne, était reconstitué au cœur du Chemin de traverse.) Dire qu'elle irait à Poudlard l'année prochaine…

-Dommage que Dean ait choisi de laisser ses enfants étudier à Beauxbâtons.

-Leur mère est française, dit Zacharias.

-Oui, mais Poudlard surpasse Beauxbâtons, et de loin ! Nous avons les plus chouettes fantômes, les escaliers les plus déconcertants, les festins les plus gargantuesques…Et puis, j'aurais aimé que nos enfants soient amis, comme nous.

-Cela ne dépend pas de nous, contra Zach, sarcastique. Je sais que certains de vous tirent des plans sur la comète, mais honnêtement, de toute notre progéniture, seuls Dev et Jonas me semblent partis pour être les meilleurs amis du monde- et encore, si le Choixpeau ne les sépare pas.

-C'est vrai, reconnut Seamus. Pour les autres…Ben est un solitaire, Orsino renâcle à jouer avec les « petits », Priya a son cercle d'amis à Poudlard, Anjali aussi…Belinda et Abigail ne s'entendent pas très bien, non ?

-Elles n'ont pas les mêmes centres d'intérêts. Ce n'est pas dramatique, mais évidemment, certaines personnes le vivent comme une grande déception…Mais que fait Abby ? dit-il alors que sa fille, mue par une impulsion bien peu caractéristique, déposait un chaste bisou sur la joue d'un adolescent.

Zacharias se précipita vers eux.

-Il y a une branche de gui, regarde Papa, gloussa Abigail (gloussa ?)

-Zacharias Smith ! fit une voix chaleureuse.

-Pucey ! repartit Zacharias.

-Cette charmante demoiselle doit être Abigail, je présume ! Comme tu as grandi ! Je ne t'ai pas revu depuis tes quatre ans, il me semble, dit Adrian. Et je vois que vous avez refait connaissance avec mon fils, Gavin, qui a lui aussi bien changé.

Zacharias lança un regard dépourvu d'aménité à Gavin, copie quasi-conforme de son père- un futur beau gosse briseur de cœur.

Ils échangèrent des nouvelles de leurs connaissances, puis Zacharias extirpa sa fille de leur société.

-Je peux encore avoir du vin chaud ? J'en ai bu deux bols, c'est délicieux, fit Abigail, les yeux écarquillés et les joues rouges.

-Cela suffira, ma chérie.

Zacharias comprenait mieux la situation. Il savait mieux que quiconque que l'on prenait de mauvaises décisions lorsque l'on était imbibé d'alcool (son Abigail, sobre, n'aurait jamais embrassé de bellâtre sous le gui.) Il soupira, méditant sur les aléas de la génétique qui avaient attribué sa fille sa mauvaise résistance aux boissons alcoolisées, et à Gavin, le charme incompréhensible des Pucey.


7-Runes et ruines

-Hors de question ! Bon sang, connais-tu notre fille ?

-Je ne vois pas en quoi lui offrir le nouveau Comète pour qu'elle apprenne le Quidditch, sous ma supervision, serait déraisonnable ! riposta Oliver.

-Mille incidents me viennent à l'esprit, mais je n'ai pas la force de te les énumérer.

-Elle est un peu casse-cou, je le reconnais- j'étais pareil à son âge !

-C'est censé me rassurer ? Et permets-moi de te reprendre : que tu aies été casse-cou, je n'en doute pas, mais notre fille, sans vouloir te vexer, se situe à un tout autre niveau !

-Tu ne me fais pas confiance pour la surveiller ?

-Tu sais bien que si mais je ne lui fais pas confiance pour suivre à la lettre tes instructions. La première manœuvre qu'elle va vouloir exécuter, c'est cette damnée feinte de Wronski !

Oliver blêmit :

-Tu exagères, dit-il sans conviction.

-J'ai un marché à te proposer. Cela fait des mois qu'elle me demande de l'emmener à la librairie Runes & Ruins et que je refuse; si tu parviens à effectuer cette sortie avec elle sans heurts majeurs, je retirerai toutes mes objections à ton projet de cadeau.

-Où est le piège ? C'est une librairie, c'est tout ? Je relève le défi !


-Merci d'avoir convaincu Maman, Papa !

-Pas de souci, mon Vif !

(C'était le surnom qu'il donnait à sa fille; en se souvenant de sa signification, Oliver connut un moment de flottement. En effet, il la surnommait son Vif d'Or, car- ainsi qu'il le répétait à ses coéquipiers- « comme lui, vous ne pouvez jamais deviner sa trajectoire, et comme lui, vous aurez toutes les peines du monde à l'attraper ! »)

La rue dans laquelle se situait cette librairie était envahie par une multitude de petites échoppes. Oliver, qui cherchait un cadeau pour sa femme, tomba en arrêt devant plusieurs jolis bijoux, au caractère ancien.

-Qu'est-ce que tu en penses ?

Elle lui lança un regard horrifié :

-Tu ne va pas offrir ça à Maman ? Ce sont des faux !

-Non, il y a des marques faites par l'usure, la reprit patiemment Oliver. Tu vois, là, il y a un bout qui souffert de l'érosion.

-C'est artificiel ! La cassure est trop nette- et là, c'est de la fausse rouille, qu'on peut obtenir par le sortilège...

-Très bien, mon Vif ! l'interrompit précipitamment son père, voyant le regard noir du marchand. On abandonne l'idée des bijoux !

(Il adorait sa fille, vraiment, et était le plus fier des papas; mais il n'aurait pas été contre plus de discrétion dans ses déductions.

Parmi ses souvenirs collector, il y avait cette séance d'entraînement avec sa nouvelle équipe. Il avait joué en tant que Poursuiveur- l'entraîneur leur avait fait alterner les postes- et affronté l'hostilité d'un collègue. Se posant au sol, il avait été réconforté par la vision de son Vif- qui l'avait accueilli en claironnant- tous l'avaient entendu :

« Pourquoi le Poursuiveur blond ne te passe pas le Souaffle, Papa ? Il est jaloux ? »

Parfois, il se demandait si elle ne l'avait pas fait exprès- mais il avait repoussé l'idée. Tant de duplicité ne lui ressemblait pas.)


Librairie Runes & Ruins

Oliver n'était pas naïf. Il savait que le contenu de certains livres pouvait s'avérer dangereux mais il n'avait jamais soupçonné que le simple fait de déchiffrer à voix haute une incantation issue d'un de ces ouvrages miteux pouvait créer un tel pandémonium.

Une heure plus tard, le visage barbouillé de suie, la cape déchiquetée, il quittait enfin la boutique, son précieux fardeau (sa fille miraculeusement épargnée, si ce n'est pour une joue noircie par la suie- les réflexes d'Oliver avaient une nouvelle fois été mis à l'épreuve) dans les bras. Il avait catégoriquement refusé d'acheter cette dynamite (enfin, ces livres) et se préparait à admonester sévèrement l'imprudente qui jubilait.

-Dis, Papa…je l'ai lu correctement, la formule, dis ?


-Le balai attendra, capitula-t-il sobrement. Tout comme cette librairie.

-Mais notre fille, elle, nous attendra-t-elle ? souffla sa chère et tendre.

Oliver ferma les yeux devant les images effrayantes que cette remarque faisait naître.

-On peut tenter les échecs…ça a marché pour Blaise et Benedict ?

-C'est un peu trop tranquille pour elle…C'est une sportive, comme son père, taquina-t-elle.

-Ce petit monstre tient autant de toi que de moi, riposta affectueusement Oliver. Et je dois être complètement fou, car je ne vous changerais pour rien au monde.

All I want for Christmas is you…


8- Répartition programmée

-Wahou !

Calé sur sa luge, Dev lança un cri de guerre réjoui avant de glisser le long de la colline enneigée.

-Viens, on recommence !

Jonas, emmitouflé sous plusieurs couches de lainage, croisa les bras.

-Dev, ça fait au moins vingt fois. Je ne sens plus mon nez, je ne sens plus mes orteils, et j'en ai marre de devoir remonter la colline à pied pour quelques secondes de glisse ! Je rentre !

-Allez, encore une ! C'est super, comme sensation !

Le regard de Dev se fit rêveur.

-J'imagine que c'est un peu comme si tu descends en piqué sur ton balai, non ?

-Maintenant, tu t'entraînes pour être poursuiveur ?

-Peu de chance qu'ils acceptent de première année, mais en deuxième ou en troisième année, j'essaierai d'intégrer l'équipe.

-L'équipe de quelle maison ?

Les deux garçons s'arrêtèrent. C'était la question à cent gallons, celle qu'ils n'avaient pas encore osé aborder. Ils étaient inséparables depuis leurs premiers pas (leurs parents étaient amis, bien que cela ne garantît rien), étaient nés à quelques mois d'intervalles, et ne pouvaient se souvenir d'une seule année où « Dev et Jonas » n'avaient pas été un duo incontournable. Seulement, l'année prochaine, ils allaient entrer à Poudlard, et tous deux connaissaient la tradition de la répartition par maisons.

Dev procéda par élimination :

-Maman dit que je n'ai pas l'étoffe d'un Serpentard, ni d'un Serdaigle…La première et la dernière fois que j'ai essayé de l'aider avec les Potions, j'ai fait fondre le chaudron et la spatule en bois que j'utilisais pour remuer le bouillon.

-Tu ne l'as pas fait exploser, au moins, contra Jonas, prêt à se raccrocher à chaque faille.

-Elle m'avait laissé des instructions très simples. Au pire, ma potion n'aurait pas été de la bonne couleur…mais le chaudron a carrément fondu sur place !

-Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On laisse un stupide chapeau sénile nous séparer ? bouda Jonas.

-Hé, il y a encore une chance ! Je passe avant toi, puisqu'on est appelés par ordre alphabétique. Je ne sais pas où il me répartira, mais toi, si ma maison te va, tu peux essayer d'argumenter dans ta tête avec le Choixpeau pour y être envoyé! Mon père m'a dit que ça pouvait marcher, si on y pense très fort !

-C'est un plan, ça ? critiqua Jonas.

Il baissa la tête :

-Et si le Choixpeau ne veut pas m'écouter ?

-Moi, j'ai confiance, déclara Dev. De nous deux, c'est toi le mieux placé pour argumenter. Si tu ne te laisses pas intimider, le Choixpeau t'accordera tout ce que tu lui demanderas, ne serait-ce que pour avoir la paix !

-Sûr ?

-Sûr !

Tous deux devaient se souvenir de cette conversation, un an plus tard, dans la salle commune des Poufsouffle, ignorant que bien plus que l'attaque mentale déterminée de Jonas, c'était leur loyauté l'un envers l'autre qui leur avait garanti une place dans la maison des blaireaux.


-J'espère que ces petits aperçus vous ont plu, même centrés sur la "next gen"... Vos avis sont toujours appréciés ;)