Le sourire me vint instantanément aux lèvres.

C'était toujours un petit événement dans le quartier. Et une jeune en plus !

Je traversai doucement la rue en la détaillant.

Elle devait avoir 15 ans tout au plus et voulait visiblement se donner l'air plus âgée. Son visage était couvert d'une couche de maquillage vulgaire, cachant la fraicheur de ses traits. Les yeux soulignés d'un lourd trait de mascara et sa bouche couverte d'un immonde rouge carmin. Que ces humaines étaient stupides ! Ça ne marchait jamais, et il était facile de deviner leur âge véritable sous ce masque de produits de « beauté ».

Elle portait un petit caraco rouge qui mettait sa petite poitrine et sa taille en valeur, une mini jupe en jeans qui avait plus la taille d'une ceinture que d'un véritable vêtement, et elle s'était sentie obligée de se jucher sur des talons aiguilles de 12 centimètres.

Quand on se sent trop jeune dans sa tête, parfois on s'imagine que prendre de la hauteur sur des chaussures va vous grandir magiquement. Enfin, c'est que qu'une des filles m'avait avouée il y a quelques années, alors que je m'étais moqué de son habitude.

Comme si elle n'était pas suffisamment ridicule dans son accoutrement, elle s'était affublée d'un minuscule sac à main à longue lanière et d'un sautoir autour du cou attirant un peu plus encore le regard vers ses seins.

Elle avait des jambes très appétissantes, nues, déjà offertes à ma gourmandise.

Elle me regardait approcher nerveusement, mais elle se sentit obligée de parler. Elle ouvrait déjà la bouche quand une voix la coupa.

« Salut beau blond, t'as besoin de réconfort ce soir ? »

Ça, c'était Margie, la matrone du quartier. La seule femme que les macs n'osaient jamais contredire. Plus de 100 kilos sur la balance, et une droite à décoller le cerveau de la boite crânienne. 43 ans d'existence légale, 120 ans de cynisme au bas mot.

-Ouais Margie, je me sens un peu seul.

-Je peux te tenir compagnie si tu veux ?

-Et bien Margie, si tu me présentais plutôt la petite nouvelle qui se tient à coté de toi ?

- Ok, abdiquât-elle. Crystal, je te présente Kay, tu verras, c'est un gentil. Kay, je te présente Crystal, je suis sure qu'elle te plaira.

La fille me détailla du regard, puis haussa les épaules.

-Bien, je crois que l'on va bien s'entendre tous les deux, dis-je en la prenant par la taille et en l'entrainant vers le motel derrière elle.

Je payai la chambre d'avance, histoire d'avoir la paix quand je sortirai. Je pouvais bien lui offrir la chambre pour la nuit, vu qu'elle n'en ressortirait pas.

Je constatai à regret que les maigres deniers que j'avais subtilisés sur mes autres victimes fondaient à vu d'œil.

Il allait falloir que je passe à une de ces saleté de banque d'ici peu. Je ne supportais pas d'avoir à faire aux employés de banque, ils gardaient la trace de tout, aussi je me débrouillais pour n'avoir à les rencontrer qu'une ou deux fois par an maximum. Néanmoins, avoir un compte dans un même endroit et qui se transmettait « de père en fils » depuis plus de 100 ans avait ces avantages. J'étais le sixième Simon Kaymen de la famille pour eux, et c'est tout ce qu'ils avaient besoin de savoir. Ils ouvraient à ma demande leurs bureaux à des heures qui m'arrangeaient, et respectaient ma vie privée.

J'en étais à ces considérations, quand nous franchîmes la porte de la chambre.

C'était visiblement sa chambre attitrée depuis peu, son sac de voyage était à peine caché dans l'armoire. Un vieux sac du surplus de l'armée apparemment. Je ne comprenais pas l'engouement des jeunes gens pour des objets symbolisant la mort et la destruction.

Engouement ? Je devais faire attention à mes expressions, un jeune homme de mon âge n'utiliserait surement pas ce terme pour parler à ses contemporains, surtout dans ce quartier.

Je la regardai, elle me tournait le dos, tremblante.

Je refermai doucement la porte derrière moi, inspirant lentement l'air ambiant.

oooooOOOOOoooo

Juste un petit mot de l'auteur(e)...c'est à dire moi!

Si j'ai mis cette histoire dans la section Twilight, c'est qu'il y a une excellente raison, donc, pas d'impatience, vous en saurez plus dans les prochains chapitre (si jamais y'a quelqu'un qui a le courage d'en lire plus ;))

Ah, et oui, je tiens par avance de m'excuser aupres des fans d'Edward