Merci pour vos reviews pipersam, quam et fantasia-49!:)

Audearde: C'était fait exprès! Mais bon, j'espère que la suite ne te déplaira pas ^^

yellow: Merci beaucoup! J'avais peur que ce soit ennuyeux! ^^

Bumperbuddies: Et oui, Ba'al, c'est un balaise! Ok... c'est mon goa' préféré! lol

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Ba'al marchait dans le couloir d'un pas irrité. Il aurait pourtant du se sentir mieux après cette victoire écrasante sur son hôte. Après tout, en tuant le Tok'ra, il venait de prouver sa puissance sur O'Neill. Mais une partie de lui tremblait encore de fureur et hurlait littéralement de rage.

Que devait-il faire à présent ? A cause de Selmak, son plan venait de tomber à l'eau et il n'avait plus la moindre chance de faire pencher les Grands Maîtres en sa faveur. L'arme des Anciens lui était dorénavant inaccessible.

Tout en poursuivant sa route sans se départir de sa mauvaise humeur, Ba'al passa une main lasse sur sa nuque.

Sauf…

- Sauf ? grommela-t-il sans même s'en apercevoir.

Sauf si bien sûr, il trouvait le moyen de s'en emparer…

- … S'emparer de l'Arme des Anciens ?

Non. Il y avait déjà réfléchi un nombre incalculable de fois et la seule conclusion à laquelle il était arrivé consistait à utiliser O'Neill et son équipe pour parvenir à ses fins : la capture de la Tok'ra et l'accord du Conseil pour se joindre à eux. Et comme il était hors de question d'entrer en guerre contre les Grands Maîtres, il était bel et bien bloqué.

Mais pourquoi ne pas entrer en guerre, justement ? Après tout, son armée était aussi grande que celle du Conseil et sa puissance de feu, bien supérieure…

C'était vrai, sans nul doute mais… Non… Il perdrait beaucoup trop en entrant dans un tel conflit.

Et alors ! Quelle victoire éclatante s'il parvenait à faire plier les Grands Maîtres après une bataille certes longue mais illustre et périlleuse !

Là encore, c'était assez juste… L'humiliation serait plus grande et ce glorieux triomphe resterait gravé dans l'esprit de tous … Et pourtant. Il gagnerait, certes, mais ses pertes seraient trop lourdes. En cas de conflit avec un autre Goa'uld, il se retrouverait sans ressources.


Alors peut-être devrait-il prendre en compte un nouvel élément.

Lequel ?

La présence de SG1, ici, sur son vaisseau.

- SG1... ?

Oui… SG1 et sa faculté incroyable de réussir les missions les plus dangereuses. Utiliser ses ennemis était une excellente idée. Ils s'infiltreraient tous les quatre sur le vaisseau des Grands Maîtres et il pourrait ainsi utiliser l'Arme des Anciens sur place. Mais les persuader de travailler pour lui nécessitait un bon moyen de pression…

... Et pourquoi pas Jacob Carter ?

- … Jacob Carter ?

Ba'al se figea brusquement puis, avec une hâte fébrile, le Goa'uld revint sur ses pas.

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Le corps de son père avait été emmené depuis quelques minutes déjà et Sam restait prostrée sur sa couchette, immobile et inexpressive. Elle avait repoussé l'affection de ses amis avec une certaine violence, préférant la solitude et le silence. Des années passées auprès d'un père réservé, puis plus tard du Colonel O'Neill, l'avaient rendue pudique et elle ne supportait qu'avec difficulté les épanchements publics.

Au-delà de sa douleur et du vide que laissait Jacob Carter derrière lui, Sam sentait la complexité de ses émotions et le trouble de ses sentiments. Ba'al venait de tuer son père mais seule l'image du Colonel O'Neill, une lance Jaffa dans ses mains, lui restait en mémoire. Elle revoyait avec une netteté accablante son regard haineux, son sourire cruel et elle savait que jamais… jamais, elle ne pourrait oublier.

Qu'adviendrait-il s'ils parvenaient tous à se sortir de là ? Comment pourrait-elle faire abstraction de cette ignoble réalité ?

Déjà, des protestations injustes venaient sournoisement s'insinuer en elle.
Pourquoi le Colonel n'avait-il pu empêcher cela ? Il avait réussi à la préserver à de nombreuses reprises alors pourquoi n'avait-il pas sauvé la vie de son père ?

Elle tentait de chasser ces pensées de son esprit mais celles-ci ne cessaient de revenir en force. La perte de son père l'avait rendue totalement irrationnelle et seul le temps parviendrait à étouffer sa colère.

Ainsi ballottée entre douleur et ressentiment, Sam entendit à peine la large porte de leur geôle s'ouvrir et la voix du Prima s'élever par-dessus le silence. Ce fut lorsque Daniel posa une main chaude sur sa joue humide qu'elle revint à la réalité.

Elle leva un regard perdu vers lui et il lui dit doucement, la mine soucieuse :

- Ba'al nous demande.

Une bouffée de haine vint brusquement envahir la jeune femme qui retrouva aussitôt ses forces. Essuyant d'un geste hargneux ses joues mouillées, elle se redressa et repoussa fermement la main tendue de son ami. Prenant la tête du petit groupe, elle marcha silencieusement jusqu'à la salle du trône où était confortablement installé le Goa'uld.

Lorsque Sam croisa le regard brun du « Colonel O'Neill », le poids lourdement accroché à son cœur se fit plus pesant que jamais mais sa colère s'en trouva également décuplée.

Comment parviendrait-elle à gérer des sentiments si contraires ?

- A genoux, ordonna Ba'al.

Encore plus revêches qu'à l'ordinaire, il fallut recourir à la violence pour les faire obéir et cela sembla amuser le Goa'uld au plus haut point. Lorsque le silence fut revenu dans la salle, Ba'al se leva, souriant.

- J'ai une proposition à vous faire !... A cause de l'intervention de Selmak, j'ai du revoir mon plan d'origine et je vais avoir besoin de vous !

Il se tut, attendant des réactions quelconques, mais seuls des regards froids et butés lui répondirent. Son sourire s'accentua.

- Bien sûr, il y a une récompense à la clé… Ou tout du moins, un châtiment à éviter.
- Inutile de gâcher votre salive, le coupa Sam, les dents serrées. Vous n'obtiendrez rien de nous.
- C'est là que vous vous trompez, susurra le Goa'uld en faisant un signe de la main.

Une porte s'ouvrit et un Jacob Carter en parfaite santé fut poussé à l'intérieur de la salle. Le cœur de Sam faillit exploser. Son premier réflexe fut de se lever mais une main puissante posée sur son épaule la contraignit à rester à sa place. Elle se contenta donc d'échanger un regard ému avec son père avant de reporter son attention sur le Goa'uld.

La tête lui tournait. Les images de l'agonie de Jacob toujours présentes dans son esprit venaient se mêler au soulagement de le savoir en vie. Et peu lui importait la raison de sa survie, elle restait persuadée que le Colonel y était pour quelque chose.

Désireuse de se concentrer sur les propos de Ba'al, et peut-être sur ceux de son supérieur, elle tenta de calmer sa respiration anarchique et attendit. Le Goa'uld ne mit guère de temps à poursuivre, rivant son regard à celui de la jeune femme :

- Bien ! Maintenant que j'ai obtenu votre attention, continuons. Vous allez devoir réparer les dégâts que votre père a occasionnés.
- De quoi s'agit-il ? demanda-t-elle, alors.

Un sourire vainqueur étira les lèvres fines de Ba'al et celui-ci résuma en quelques mots ce qu'il attendait d'eux. Lorsque le plan fut dévoilé, Sam redressa la tête.

- Et en échange de ça, la vie de mon père ?
- C'est exact.
- Sam ! intervint vivement Jacob. Tu ne peux pas lui faire confiance !

Elle leva cependant la main.

- Mais je ne peux pas le laisser te tuer sans rien faire.

La jeune femme se tourna donc vers le Goa'uld et, sans même chercher l'approbation de ses deux coéquipiers, lança d'une voix résolue :

- C'est entendu. Vous aurez SG1 à vos côtés.

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On emmena les trois membres de SG1 dans une salle attenante à celle du trône et ils récupérèrent leur matériel, armes et gilets par balles. Le Seigneur Goa'uld les avait mis en garde qu'en cas de non retour, Jacob Carter serait aussitôt exécuté et il était donc hors de question d'utiliser Ba'al comme monnaie d'échange.

- Vous êtes sûre que c'est une bonne idée ? demanda Daniel sceptique.
- Utiliser SG1 ne peut être que l'idée du Colonel, acquiesça Sam avec assurance. Pour l'heure, faisons ce que demande Ba'al.

Ces propos à peine achevés, la porte s'ouvrit et Kal'im, d'un geste, les incita à le suivre. Ils lui emboîtèrent aussitôt le pas, plusieurs gardes sur leurs talons.

- Mais comment en être sûrs ? murmura Daniel à l'oreille de la jeune femme. Si on suit son plan et que Jack n'intervient pas, on aura totalement détruit le semblant d'équilibre encore présent dans les rangs Goa'uld !
- O'Neill y arrivera.

Les deux jeunes gens se tournèrent vers Teal'c qui marchait tranquillement derrière eux.

- Il a montré à plusieurs reprises qu'il pouvait dominer Ba'al, dit-il à voix basse. Il suffit juste de ne pas solliciter son aide trop tôt afin de ne pas l'épuiser.

Soulagée de voir le Jaffa abonder dans son sens, Sam lui sourit avec reconnaissance et Daniel finit par hausser les épaules.

- Alors allons-y ! lança-t-il.

Quelques secondes plus tard, ils arrivèrent dans la salle des anneaux où les attendait déjà Ba'al. Les trois membres de SG1 marquèrent un temps d'arrêt en le découvrant vêtu du treillis du Colonel et seule l'expression suffisante de son visage prouvait la domination du Goa'uld.

- SG1 de nouveau réunie ! railla celui-ci avec satisfaction. Que c'est émouvant !
- SG1 sans O'Neill ne sera jamais SG1, répondit sobrement Teal'c.

Ba'al observa la mine fermée de ses trois prisonniers et son sourire moqueur s'accentua.

- En route, mauvaise troupe ! lâcha-t-il en rejoignant le centre de la pièce.

Sam sentit son cœur se serrer et la haine affluer en entendant ces mots familiers dans la bouche du Goa'uld. Cette situation l'amusait ! C'était insupportable !

- Si vous nous voulez à 100% de nos capacités, cessez ce jeu stupide.
- Vous êtes toujours à 100% de vos capacités… Carter, répondit Ba'al en prenant une voix humaine, celle de Jack. Et pour votre père, vous le serez bien plus encore.

Sam ferma les yeux quelques secondes et ne redressa la tête qu'après avoir retrouvé un calme relatif. Un instant plus tard, le grondement strident des anneaux envahit le silence de la salle et ils disparurent tous les quatre dans un éclat de lumière.

******

Ils arrivèrent presque immédiatement dans un vaisseau Cargo en orbite autour du Hat'ak de Ba'al.

- Comment allons-nous nous introduire sur le vaisseau des Grands Maîtres sans être vus ? demanda Sam.
- J'ai quelqu'un sur place. Il s'est déjà occupé de couper les sécurités de la salle des anneaux. Pour le reste… Ce sera à vous de vous débrouiller.

Le voyage se fit en silence et, après avoir enclenché l'invisibilité du Cargo, ils s'approchèrent du vaisseau mère sans rencontrer le moindre problème. Leur arrivée chez l'ennemi se fit aussi paisiblement. Un seul homme, petit au teint blafard, était présent dans la salle des anneaux et s'inclina si bas qu'il manqua de tomber de tout son long devant eux.

- Mon Seigneur ! salua-t-il, le front humide, les mains jointes devant lui.
- Tu es sûr que personne ne t'a vu ?
- Absolument, Mon Seigneur !
- Bien. Tu vas nous guider jusqu'à la salle où ils ont entreposé l'arme des Anciens.

Une lueur de panique traversa le regard vitreux de l'esclave et il s'inclina de nouveau.

- Mon Maître ! Je vous en prie !... Je ne suis pas un homme d'action… Je peux vous dire où elle se trouve… Ce n'est pas compliqué…
- Tais-toi ! assena Ba'al d'un ton sans réplique. Tu viens avec nous.

L'esclave se courba pour la troisième fois et Sam se demanda un bref instant comment Ba'al pouvait avoir dans ses rangs, un homme qui semblait si peu fiable.

Sous la direction de Teal'c, ils s'enfoncèrent bientôt dans les couloirs en grande partie déserts. Le groupe parvint sans trop de difficultés à éviter les patrouilles, la structure du vaisseau permettant de se cacher relativement facilement derrière de grands piliers. Hélas, la salle contenant l'arme des Anciens se trouvait dans une aile bien mieux gardée et il devint soudain plus difficile d'avancer sans confrontation.

- Teal'c, Daniel, ordonna Sam d'un signe.

Le Jaffa acquiesça et rebroussa chemin, le jeune homme sur ses talons.

Le couloir qu'ils devaient emprunter était gardé par une sentinelle et ils se trouvaient à présent complètement bloqués. Cachés dans le passage perpendiculaire à celui-ci, le Goa'uld, Sam et Amet, l'esclave, attendaient le retour des deux hommes. L'espace d'un instant, la jeune femme croisa le regard suffisant de Ba'al qui semblait franchement s'amuser de la situation. Mais il fallait avouer qu'avoir SG1 pour escorte n'était pas courant pour un Goa'uld.

Quelques secondes plus tard, des pas étouffés leur apprirent le retour de Daniel et de Teal'c.

Ce dernier portait à présent l'armure d'un Jaffa à la solde de Yu.

- On y va, lança Sam.

L'esclave s'avançait déjà mais Ba'al l'attrapa par le col pour le ramener vers lui.

- Reste-là. Tu les gênerais.

Sam et Daniel mirent les mains dans le dos et s'enfoncèrent dans le couloir, Teal'c derrière eux. Le Jaffa était trop connu pour passer inaperçu mais il leur suffisait simplement de se rapprocher un peu pour frapper les cinq gardes simultanément.

- Halte ! Qui va là ? aboya le premier en les apercevant.

Teal'c lui répondit en langue Jaffa et ils purent ainsi faire quelques pas supplémentaires. Pourtant, lorsque les yeux de l'un des gardes s'arrondirent de surprise, les trois membres de SG1 durent attaquer. Des tirs fusèrent dans les deux camps mais Sam, Daniel et Teal'c avaient été les plus rapides et les cinq gardes s'effondrèrent sans avoir eu la moindre chance de donner l'alerte. Ba'al, son esclave trottinant derrière lui, s'avança vers eux avec satisfaction, sortit son zat et fit disparaître le corps des Jaffas.

- On continue.

Le groupe poursuivit donc son avancée périlleuse puis, après un dernier affrontement, ils parvinrent tous indemnes devant la salle contenant l'arme des Anciens.

A défaut d'être fiable, Amet semblait très efficace. Cela faisait seulement deux petites heures que Ba'al avait mis au point son plan et malgré cela, l'esclave avait réussi à se procurer le code permettant le déverrouillage de la porte. Lorsque les lourds battants s'ouvrirent devant eux, ils s'avancèrent vivement à l'abri des regards ennemis mais se figèrent aussitôt.

La pièce était vide.

Du moins, vide de toute arme potentielle.

Comme dans n'importe quel laboratoire Goa'uld, un imposant ordinateur se dressait au fond de la salle et de nombreux objets sophistiqués étaient entreposés sur une épaisse table de verre.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? tonna brusquement Ba'al en se tournant vers Amet.

L'esclave fouillait inutilement la pièce du regard, les mains tremblantes, le front luisant de sueur.

- Je… Je ne sais pas, Mon Seigneur, bredouilla-t-il, terrifié. Je vous jure que toutes les recherches concernant l'arme des Anciens se font ici !
- Ça ne me surprend pas, indiqua Daniel en s'avançant tranquillement dans la pièce.

Le Goa'uld leva les yeux vers lui.

- Comment ça ?
- La technologie des Anciens demande beaucoup d'énergie et donc une structure adéquate. L'arme doit certainement être d'une taille imposante et donc impossible à déplacer.
- Je vais jeter un œil sur l'ordinateur, proposa Sam en se dirigeant vers celui-ci.

Elle pianotait depuis quelques secondes déjà lorsqu'elle sentit la présence de Ba'al dans son dos. La jeune femme tourna légèrement la tête et croisa son regard, mais reporta vivement son attention sur l'écran.

C'était un véritable supplice de le voir vêtu ainsi, en treillis. Bien sûr, Ba'al avait perpétuellement un sourire vaniteux sur les lèvres qui ne laissait aucun doute sur sa personnalité. Mais parfois - en de très rares occasions, il est vrai - l'expression de son visage se faisait plus neutre et Sam en arrivait presque à oublier qu'elle n'avait pas le Colonel à ses côtés, mais un monstre avec son apparence.

Bien évidemment, Ba'al avait fini par le remarquer et s'en amusait. Mais n'était-ce pas le propre d'un Goa'uld de trouver votre faiblesse pour mieux vous torturer.

Aussi, malgré quelques coups d'œil incendiaires destinés à l'éloigner un peu, elle devait supporter sa présence derrière elle, dans une proximité que même le Colonel aurait jugée déplacée.

- Ici, lança-t-il brusquement, la main tendue vers l'écran.

La jeune femme fit encore quelques manipulations puis un bruit de dépressurisation se fit entendre. Ils se retournèrent de suite vers la table de verre. La surface lisse sembla se fendre en son milieu et un objet, caché jusqu'ici, apparut.

- Voilà ce qu'ils étudiaient, fit remarquer Daniel. Un ZPM.* (E2PZ)
- Il est plein à quatre vingt pourcents, indiqua Sam, poursuivant l'exploration des données contenues dans l'ordinateur. Et voici les coordonnées de la planète où se trouve l'arme.
- Parfait, lâcha Ba'al, satisfait. Amet, surveille-les. Je reviens.

Sans plus d'explications, le Goa'uld rejoignit la porte d'entrée et, après une inspection discrète du couloir, sortit sous le regard perplexe de SG1. Profitant de cette absence mystérieuse, Daniel et Teal'c se tournèrent vers Sam en quête d'instructions, mais la jeune femme se contenta d'acquiescer.

- On continue, dit-elle simplement.
- Qu'est-ce que vous continuez ? demanda aussitôt Amet, son regard nerveux passant des deux hommes à leur commandant.
- On continue d'obéir à Ba'al, expliqua Sam avec agacement avant de fouiller un peu plus dans l'ordinateur. Il n'y a rien d'intéressant… Apparemment, ils cherchent depuis un bon moment comment utiliser l'arme, mais sans succès.
- Il faut dire que la solution n'est pas évidente à trouver, murmura machinalement Daniel. Et c'est heureux.

Quelques courtes minutes plus tard, la porte se rouvrit sur Ba'al.

- Jackson, prenez le ZPM. Carter ? Vous avez trouvé autre chose ?
- Rien.
- Alors allons-y.

Le trajet du retour fut plus calme que l'aller et le groupe rejoignit rapidement la salle des anneaux. Amet regarda son maître avec espoir, désireux de quitter son poste ô combien dangereux, mais Ba'al mit un rapide frein à ses attentes.

- Tu m'as bien servi et tu seras récompensé en conséquence. Mais je vais peut-être avoir encore besoin de toi ici.

Le visage de l'esclave s'affaissa mais il se courba docilement devant le Goa'uld.

- Très bien, Mon Seigneur.

Daniel ouvrit aussitôt la bouche pour intervenir mais Sam l'arrêta d'un regard. Si la mission se déroulait comme prévu, le premier vaisseau à être détruit serait celui où se trouvaient les Grands Maîtres et donc, également, Amet. Mais, bien que consciente des conséquences pour ce dernier, le lui signaler risquait de compliquer leur situation déjà plus que précaire. Et compte tenu de l'enjeu, elle ne pouvait guère se le permettre.

Ce n'était pas la vie de son père qu'elle espérait sauver à l'issue de cette mission. Mais celle de toute la Tok'ra.

De retour sur le vaisseau Cargo, Ba'al donna l'ordre de rejoindre la planète la plus proche munie d'une Porte des Etoiles.

- Vous avez conscience que l'arme risque d'être lourdement gardée, s'enquit Sam. Nous n'allons même pas pouvoir faire un pas, une fois la Porte passée.

Un sourire supérieur détendit les lèvres de Ba'al mais il resta silencieux.

La jeune femme tenta d'ignorer son regard un peu trop perçant et entreprit de vérifier pour la seconde fois ses munitions. Elle ne savait pas exactement ce qu'il mijotait, ni pourquoi il s'était absenté quelques minutes tout à l'heure, mais elle n'était guère pressée de le découvrir. Durant la mission, il s'était pourtant comporté convenablement et leur avait laissé le plus de liberté possible ; toutefois, elle préférait prendre cette marque de confiance pour une manifestation inconsciente du Colonel.

Près d'un quart d'heure plus tard, le vaisseau décéléra et pénétra dans l'atmosphère d'une planète en apparence désertique. Machinalement, Daniel sortit son bob de la poche arrière de son pantalon mais Ba'al lui indiqua tranquillement :

- Inutile, Jackson. Vous ne venez pas avec nous.
- Pardon ? demanda le jeune homme, les mains figées au-dessus de sa tête.
- Et le Shol'va non plus, rajouta le Goa'uld.
- Daniel est indispensable pour cette mission ! intervint vivement Sam. Il est le seul à pouvoir décrypter l'écriture des anciens. Et Teal'c…
- Je sais tout cela, Carter, répondit Ba'al, une lueur amusée dans les yeux. Dois-je vous rappeler dans quel corps je me trouve ?

« Difficile de l'oublier », songea la jeune femme avec colère et frustration.

- Pour ce qui est de lire l'Ancien, ne vous inquiétez pas, lui dit le Goa'uld. Je peux m'en occuper. En revanche, vous êtes la personne qui connaissez le mieux leur technologie. C'est donc vous qui m'accompagnez.

Le ton était catégorique et Sam dut faire taire son ressentiment.

- Quant à vous deux, vous nous rejoindrez là-bas en vaisseau Cargo. Il nous faudra un moyen rapide de quitter la planète et, si jamais ça se passe mal, l'accès à la Porte sera sûrement fermé, souligna judicieusement Ba'al avant de rejoindre le pilote du vaisseau.

Pendant que ce dernier recevait quelques instructions de son Maître, Teal'c et Daniel en profitèrent pour se tourner vers Sam.

- Je n'aime pas du tout ça, Major Carter.
- Moi non plus, renchérit Daniel.
- Je sais, répondit doucement la jeune femme. Mais j'ai confiance. Je suis sûre que le Colonel a tout prévu.
- Encore faudrait-il qu'il puisse cacher ses intentions à Ba'al. Ils sont censés tout partager, Sam. Vous êtes sûre de vous ?

La jeune femme passa une main lasse sur son visage.

Non, elle n'était sûre de rien. Comment expliquer la capacité du Colonel à dominer si souvent la symbiose et de façon si puissante ? En serait-il seulement capable dans quelques heures ? Non, vraiment… Elle n'était sûre de rien du tout. Mais avait-elle seulement le choix ?

- Ne vous inquiétez pas, répondit-elle avec un enthousiasme qu'elle était bien loin de ressentir. Ça va bien se passer.

A SUIVRE