Ellena-san: Je trouve aussi que Ba'al est celui qui a le plus... une histoire. Même au-delà d'Anubis ou bien sûr d'Apophis. Après, tout dépend des points de vue.... Mais il faut dire aussi que le duo Ba'al/Jack m'a toujours fait rire!^^

fantasia-49: ah ahhhhh ;) Merci pour ta review! :)

quam: 1 chapitre par jour. Celui-ci est l'avant dernier. Le dernier sera long, je ne savais pas où le couper^^ Merci!

Bumperbuddies: Merci beaucoup pour ton comm! Tout cela ne va pas se faire sans mal ^^

audearde: Eh ben voilà ^^

yellow: Merci beaucoup yellow!! :)

Pipersam! Merci!! :)

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Troisième partie

Le vaisseau Cargo, emportant loin d'elle Teal'c et Daniel, s'éleva dans un épais nuage de poussière et Sam fut contrainte de se protéger le visage de son bras replié. Elle attendit que l'air redevienne respirable pour ouvrir les yeux et croiser le regard amusé de Ba'al.

- Enfin seuls, lança-t-il d'une voix humaine.

Il semblait décider à jouer avec ses nerfs et elle n'était pas certaine de parvenir à garder son sang froid.

Lorsqu'il leva la main vers elle, Sam s'écarta vivement mais sentit ses joues s'empourprer en découvrant deux objets miniatures dans la paume ouverte du Goa'uld.

- Je vous fais peur ? demanda-t-il ironiquement avant de poursuivre : Prenez-en un. Ils vont nous permettre de passer la Porte sans risque.

La jeune femme saisit l'un des dispositifs et le reconnut aussitôt. Il s'agissait d'un appareil d'invisibilité ayant appartenu à feu Niirti.

Voilà pourquoi il s'était éclipsé quelques minutes. Il était parti les chercher dans un autre laboratoire.

La jeune femme activa l'objet et le glissa dans l'une de ses poches. Ba'al en fit de même et bientôt un champ d'invisibilité les dissimula aux regards extérieurs. Les deux appareils utilisant la même fréquence, Sam voyait parfaitement le Goa'uld et inversement, ce qui allait bien évidemment faciliter leur avancée.

S'approchant du DHD, la jeune femme entra les coordonnées qu'elle avait trouvées dans les registres de l'ordinateur et la Porte s'ouvrit dans un bruit sourd et familier. Sans plus attendre, Ba'al et elle s'engouffrèrent dans le vortex, pour ressortir de l'autre côté presque instantanément. De nombreux Jaffas les attendaient et sursautèrent violemment lorsque la flaque lumineuse se troubla sur leur passage. Mais aucun ne tira. Toujours aux aguets, ils fouillèrent nerveusement les alentours des yeux mais lorsque le vortex se referma, ils se contentèrent de reprendre tranquillement leur garde.

Après une rapide concertation du regard, Ba'al et Sam s'élancèrent sur le seul chemin de terre présent aux abords de la Porte des Etoiles. Ils croisèrent quelques sentinelles postées dans les bois environnants mais leur invisibilité les protégeait de tout danger. Au bout d'une petite demi-heure enfin, ils parvinrent à l'orée de la forêt et découvrirent, aux pieds de la vallée, le temple des Anciens. Ils durent couvrir encore une distance relativement longue pour l'atteindre puis s'arrêtèrent finalement devant l'imposante structure de pierre. Bon nombre de Jaffas étaient postés aux alentours mais Sam indiqua au Goa'uld comment entrer par une porte dérobée. Elle avait pris le temps de consulter le plan du temple lorsque Ba'al s'était absenté du laboratoire des Grands Maîtres, sans savoir, alors, qu'ils seraient invisibles.

A l'inverse des pyramides, l'agencement des couloirs était simple et il était donc aisé de s'y déplacer sans se perdre. Sam les mena rapidement aux abords de la salle de contrôle, structure centrale du temple. La large entrée était grand ouverte. Deux Jaffas postés devant montaient la garde et trois savants travaillaient sur le décryptage des symboles dessinés sur les murs. Sortant leurs zats, Ba'al et la jeune femme s'avancèrent lentement afin d'attaquer simultanément les cinq hommes, mais s'immobilisèrent lorsque la voix d'une sixième personne se fit entendre.

Celle-ci apparut au détour d'une salle adjacente avec dans les mains, une petite sphère argentée que Sam reconnut comme étant un appareil de communication Goa'uld. L'homme était à l'instant même en communication avec les Grands Maîtres sur les résultats de leurs recherches.

La jeune femme se tourna alors vers Ba'al et le rejoignit à l'écart, dans un couloir isolé.

- On va attendre qu'il ait fini, dit le Goa'uld lorsqu'elle parvint à sa hauteur.

Elle acquiesça et vint s'appuyer contre le mur de pierre. La voix du savant résonnait étrangement dans le silence du vieux temple et l'obscurité de leur cachette renforçait l'atmosphère inquiétante des lieux.

Le soupir qu'elle lâcha malgré elle attira l'attention du Goa'uld. La proximité de Ba'al ne l'aidait guère à se détendre.

Elle leva la tête un bref instant et, malgré la pénombre, croisa son regard.

Pourquoi se tenait-il toujours aussi près d'elle ? se demanda Sam nerveusement avant de sursauter.

Posté à présent juste devant elle, le Goa'uld s'était penché et observait son visage avec attention.

- Qu'est-ce que vous faites ? lança-t-elle avec le plus de froideur possible.
- J'admire mon jouet, lui répondit-il avec, sur ses lèvres, un sourire cruel.

Pétrifiée, la jeune femme le vit lever une main vers elle et se plaqua instinctivement contre le mur froid et humide du couloir.

Que voulait-il ? Quel était le but de son jeu ? Elle avait déjà eu à faire à Ba'al bien avant tout cela et jamais il n'avait vu en elle autre chose qu'une « femelle » sans grand intérêt. Alors pourquoi faisait-il cela ?

Elle regarda sa main avancer avec effroi tout en cherchant à se rassurer. Que risquait-elle vraiment, ici, dans ce temple occupé par les ennemis de Ba'al ? Il n'allait tout de même pas risquer de faire capoter la mission pour... Pour quoi au juste ? Que voulait-il vraiment ?

Mais alors qu'elle sentait déjà ses doigts frôler la peau de sa joue, un grognement s'échappa des lèvres du Goa'uld et il se figea. Sa large main se mit à trembler. Ses sourcils se froncèrent et Sam sentit son coeur se glacer.

- Carter...
- Mon Colonel ! répondit-elle avec effroi.

Il ne fallait surtout pas qu'il intervienne ! La protéger ainsi ne ferait que l'affaiblir et il allait avoir besoin de toutes ses forces pour combattre Ba'al. Sam ouvrit donc la bouche pour le supplier de lâcher prise mais se contint au dernier moment. Si elle lui demandait aussi ouvertement une telle chose et que Ba'al était encore lucide, celui-ci ne mettrait qu'un instant à comprendre qu'il se tramait quelque chose. Il n'avait certainement pas conscience de se faire manipuler par le Colonel.

Partagée entre l'envie de voir émerger ne serait qu'un instant son supérieur et celui de le voir préserver leur seule chance de se sortir de cette situation plus que dramatique, Sam posa une main fébrile sur son épaule.

- Mon Colonel ! ne put-elle que bredouiller, fixant avec avidité les traits crispés de son visage.

Le corps fut pris de soubresauts, Jack semblant en proie à un puissant combat mental et Sam eut honte d'attendre avec espoir le résultat de cette lutte intérieure.

Un gémissement s'éleva, étouffé par la voix forte mais lointaine du savant. Chacun s'acharnait à prendre le dessus, à écraser son ennemi et anéantir ses efforts de reconquête.

Enfin, au bout d'une minute interminable, « il » redressa la tête.

Lorsque Sam plongea dans un regard chaud et sans conteste ami, elle en éprouva une telle joie que sa culpabilité et sa notion du devoir s'effaça quelques précieux instants. Les deux mains fébrilement agrippées à lui, elle observa le visage de son supérieur avec un plaisir nouveau. Il n'avait pourtant pas changé. Il y avait toujours la même dureté, le même dynamisme dans ses traits. Mais il était redevenu « Lui ».

La respiration haletante, il posa à son tour une main sur le bras de la jeune femme et Sam sourit en l'entendant de nouveau l'appeler par son nom.

- Carter... Je... Je suis désolé.

Le corps de Jack s'affaissa légèrement et elle dut l'aider à se maintenir debout en passant l'un de ses bras autour de sa taille. Ce combat contre Ba'al l'avait épuisé. Le front du Colonel vint donc se poser sur son épaule et elle sentit confusément son coeur battre plus vite.

- Pourquoi ? demanda-t-elle dans un murmure.
- ... Pour votre père...

Sam ferma les yeux, soudain honteuse des pensées injustes qu'elle avait pu ressentir envers lui après le décès de Jacob. Elle glissa une main timide sur sa nuque et se pressa doucement contre son corps dans une étreinte qu'elle voulait rassurante.

- Non... Ce n'était pas vous. Je sais que vous avez tout fait pour l'aider.
- Mais je n'ai pas été assez fort...

La jeune femme secoua lentement la tête et s'écarta légèrement de lui afin de l'aider à se redresser et croiser son regard. Elle lui sourit une nouvelle fois, mettant dans ce geste toute sa reconnaissance et son admiration.

- Vous avez fait tout ce que vous pouviez et vous avez gagné. Mon père est vivant. Vous avez vaincu Ba'al.

Les yeux de Jack s'assombrirent et ses doigts se crispèrent sur les bras de Sam. Avec confusion, elle sentit l'une de ses mains glisser lentement sur son épaule, frôler son cou et caresser doucement sa joue pâle.

- Carter...

Hypnotisé par la soudaine intensité de son regard et le timbre chaud de sa voix, Sam ferma les yeux afin de mieux les savourer.

Que se passait-il ? Pourquoi se montrait-il si familier brusquement ? Que cherchait-il à lui dire ?

- Le moment opportun... il vous faudra fuir.

Elle rouvrit aussitôt les yeux et croisa son regard.

- Sans vous retourner.

Une vague de panique vint brusquement la saisir. Quel était exactement son plan ? Pensait-il pouvoir forcer Ba'al à faire une erreur qui les mènerait le Goa'uld et lui à la mort ?

Elle ne voulait pas de cela ! Elle ne voulait pas qu'il se sacrifie encore !

Elle ne voulait pas de ces adieux.

- Mon Colonel... murmura-t-elle, bouleversée.

Les doigts de Jack quittèrent sa joue pour frôler ses lèvres et l'empêcher de poursuivre. Son corps massif se dessinait en contre jour et ses larges épaules semblaient la protéger de tout ennemi extérieur. Son visage était à présent à quelques centimètres seulement du sien, et sa main froide, de nouveau sur sa joue, contrastait étrangement avec les vagues de lave qui déferlaient dans ses veines. Elle étouffait. Cette proximité soudaine et la terreur de le voir disparaître lui ôtaient toute énergie. Incapable d'ordonner ses idées, Sam sentit avec incrédulité son souffle tiède frôler sa bouche et un doute vint brusquement la saisir.

Dans un geste instinctif, elle recula légèrement la tête et chercha le regard de son supérieur, mais sentit de nouveau son esprit s'amollir sous la chaleur de ses yeux.

Elle rêvait... C'était même impossible. Jamais jusqu'ici, malgré les dangers et les risques, ils n'avaient changé leur ligne de conduite.

Jamais ils ne s'étaient permis le moindre écart.

Mais jamais jusqu'ici, ils n'avaient vécu une telle situation...

- Carter, murmura-t-il encore, ses lèvres à quelques centimètres à peine des siennes.

Sa voix rauque eut raison de ses faibles suspicions et elle ferma les yeux. Un frisson de plaisir parcourut tout son corps lorsque son souffle se mêla au sien. Pourtant, malgré les plaintes de la jeune femme, il dévia lentement de sa trajectoire, frôla doucement la peau de sa joue pour rejoindre finalement la naissance de son cou.

- Vous êtes pathétique, lui souffla-t-il alors à l'oreille.

Pétrifiée, Sam regarda son supérieur se redresser et lui sourire avec un dégoût et une suffisance insupportables.

La jeune femme lâcha le corps du Goa'uld, au bord de la nausée. Une main invisible était en train de broyer son coeur à la faire hurler de douleur.

- Vraiment pathétique, renchérit Ba'al. J'ai cru pourtant, à un moment, que vous aviez compris. Mais vous êtes si pitoyablement faible et prévisible. Et dire que vous représentez la minorité intelligente de votre espèce.

Les joues écarlates, humiliée, Sam voulut le repousser mais il s'écarta de lui-même en riant franchement.

Il s'amusait, il jouait avec ses sentiments. Comment pouvait-il savoir ? Comment avait-il deviné ? Elle ne laissait plus rien paraître depuis si longtemps. Etait-ce donc si évident ?

***

Ba'al s'esclaffa encore quelques secondes puis soupira de contentement.

Son test s'était avéré des plus satisfaisants. Il avait définitivement vaincu O'Neill. Malgré ses sentiments pour la jeune femme, celui-ci n'avait même pas bronché lorsqu'il s'était approché de Samantha Carter. Mieux encore, cette dernière avait répondu à ses avances avec un désir inattendu et jubilatoire ! Avec quelle délectation, il avait vu son visage se décomposer lorsqu'elle s'était enfin rendue compte de la supercherie. Savoureux !

Un silence prolongé le sortit de ses pensées. Le savant avait apparemment fini son rapport. Il se tourna donc vers la jeune femme afin de lui faire signe de le suivre et croisa son regard fermé.

- Allons, l'encouragea-t-il donc, rieur. N'oubliez pas que « papa » a sa vie entre vos mains.

La mâchoire crispée, elle consentit cependant à le suivre.

Lentement, silencieusement, ils avancèrent vers la salle gardée et passèrent entre les deux jaffas sans que ceux-ci ne se doutent de leur présence. Une fois à l'intérieur, ils armèrent leurs zats et ouvrirent sans attendre les hostilités. Les savants n'eurent même pas le temps de donner l'alerte et s'effondrèrent aussitôt. Le bruit des décharges avertit cependant les gardes et ceux-ci pénétrèrent vivement dans la salle. Ils ne firent néanmoins pas long feu. Sam, ayant prévu leur intervention, les assomma de deux tirs précis et se tourna vers Ba'al. Celui-ci était déjà en train de faire disparaître les corps et sourit en découvrant le regard réprobateur de la jeune femme. Il avait déjà remarqué la colère muette du Shol'va lorsqu'il avait dématérialisé les Jaffas présents dans le vaisseau des Grands Maîtres.

Leurs scrupules étaient vraiment risibles.

Enfin seuls, Ba'al fouilla dans son sac à dos, en sortit l'imposant ZPM et tourna un regard scrutateur vers la salle. Aussi large que haute, elle ne contenait que l'imposant et familier fauteuil en son centre, mais celui-ci était, pour l'heure, totalement désactivé. Il ne leur fallut que peu de temps pour trouver l'emplacement susceptible de recevoir le ZPM, la structure de cette pièce étant relativement similaire à celle en Antarctique. Une fois mis en place, l'énergie déployée activa l'ensemble du dispositif et Ba'al prit place sur le fauteuil avec un puissant sentiment de victoire.

***

Sam le regarda faire, soucieuse. Bien que relativement similaire à l'arme présente sur Terre, celle-ci possédait quelques variantes qui l'inquiétaient fortement. La taille du temple, notamment, laissait imaginer une puissance de feu bien supérieure à celle qu'elle connaissait.

- Que comptez-vous faire exactement ? demanda-t-elle tandis qu'apparaissait déjà au-dessus d'eux une image holographique représentant la galaxie où se trouvait le vaisseau des Grands Maîtres. Les drones n'ont pas une portée aussi grande. Vous ne parviendrez jamais à les atteindre.
- C'est là que vous vous trompez. Amet m'a transmis l'un des textes écrits sur ces murs. Cette arme est différente de celle que vous connaissez. Elle est beaucoup… beaucoup plus efficace, dit-il avec, sur ses lèvres, un sourire satisfait. Maintenant silence ! Je dois me concentrer.

Sam se tut et quelques secondes plus tard, un grondement sourd apprit à la jeune femme le début des hostilités. L'espace d'un instant, elle entendit des cris ; des cris de terreur et de souffrance résonner dans le temple même, puis le silence. Un silence total. Ba'al venait de faire disparaître tous les Jaffas présents sur la planète, désireux de ne pas être interrompu dans cette macabre extermination.

Le regard levé vers l'hologramme, Sam comprit rapidement que les points rouges présents sur la carte indiquaient l'emplacement des vaisseaux des Grands Maîtres. Soudain, venus de nulle part, plusieurs points couleur or apparurent et se dirigèrent à vive allure vers eux. Les impacts furent rapides, empêchant la moindre tentative de fuite et, quelques secondes plus tard, les points rouges avaient tous disparu.

Un puissant éclat de rire s'éleva brusquement dans la pièce et Sam se tourna vers Ba'al. Les yeux toujours fermés, celui-ci riait à gorge déployée, se concentrant déjà sur une autre région de la galaxie. Comment savait-il où se trouvaient les vaisseaux de la flotte des Grands Maîtres, elle n'aurait su le dire, mais elle connaissait suffisamment le Goa'uld pour savoir qu'il disposait d'un réseau d'espions assez conséquent.

Quant à l'arme… Comment pouvait-elle atteindre des vaisseaux aussi éloignés ? Sam ne pouvait que spéculer sur la particularité des drones utilisés. Peut-être étaient-ils munis d'une technologie permettant le déplacement subspatial ? Mais pour que Ba'al puisse encore les diriger à des années lumières de lui, ils devaient forcément être reliés à des bornes disséminées dans la galaxie...

- Les Portes des Etoiles… murmura la jeune femme en redressant la tête.

Les Portes pouvaient très bien contenir un dispositif permettant de répercuter à travers l'espace les ordres émis par Ba'al.

Levant de nouveau la tête vers l'hologramme, elle vit lentement, méthodiquement, la flotte des Grands Maîtres se désagréger sans avoir la moindre chance de contre-attaquer. Comment les Anciens avaient-ils pu mettre au point une arme si destructrice et pourquoi ? Songeaient-ils alors à la menace Wraiths et à un moyen d'y mettre définitivement un terme ? Si cela avait été le cas… ils s'étaient élevés un peu trop tôt…

Dans un soupir, Sam chercha pour la énième fois dans son esprit un moyen de contrer Ba'al et de sauver son père hélas, sans l'intervention du Colonel, elle ne voyait guère comment y parvenir. Elle savait parfaitement qu'une fois l'extermination des Grands Maîtres achevée, leur marché volerait en éclat et Ba'al mettrait un point d'honneur à tous les tuer, et ce, avec plus ou moins de lenteur. Comment pourrait-elle seulement empêcher cela ?

Mais alors qu'elle désespérait de trouver une solution, un grognement attira soudain son attention et elle se tourna vers le Goa'uld. Son visage n'avait plus cette suffisance si détestable et ce sourire cruel mais une haine farouche et une colère indescriptible. Sam leva aussitôt les yeux vers l'hologramme, pleine d'espoir, mais le massacre se poursuivait sans faiblir.

- NON !! rugit pourtant Ba'al, les mains, le corps tout entier crispés sur le large fauteuil.

Consciente que seul son supérieur pouvait être à l'origine de cette rage subite, la jeune femme s'avança vivement vers lui et s'écria :

- Mon Colonel !!! Allez-y !! Tenez bon !! Il faut que vous repreniez le dessus !! Faites le disparaître !! Battez-vous !! Battez-vous, Mon Colonel !!

Elle se tut un bref instant et releva les yeux vers l'hologramme mais rien ne se produisit. Les drones poursuivaient inlassablement leur funeste besogne. Elle reprit donc ses encouragements avec plus de force, le regard rivé aux points rouges qui disparaissaient à un rythme de métronome. Au bout de plusieurs minutes de cris et de suppliques, Sam perdit espoir et sentit des larmes de frustration lui piquer les yeux.

Tout cela allait donc se finir ainsi ?

Son père exécuté à leur retour. L'esprit du Colonel prisonnier à jamais de ce monstre. La Tok'ra annihilée. Et SG1 certainement destiné à disparaître.

Une obscurité soudaine la tira de ces sombres pensées. L'hologramme avait disparu et Ba'al se redressait sur son siège, le front moite, la respiration saccadée. L'espace d'un bref instant, Sam eut un dernier sursaut d'espoir et posa une main timide sur le bras de l'homme mais le regard haineux qu'elle rencontra la fit vivement reculer.

***

- Espèce de… rugit-il en faisant un pas dans sa direction.

D'un puissant revers de la main, il frappa la jeune femme en plein visage et celle-ci vint violemment percuter le mur, quelques mètres plus loin. Il la regarda s'effondrer au sol avec un plaisir vengeur mais sa colère restait plus grande que jamais.

Il venait de tout perdre ! Absolument tout ! D'une soixantaine de Hat'ak, sa flotte était à présent réduite à deux ou trois vaisseaux qu'il avait réussis à sauver in extremis en reprenant finalement le dessus sur O'Neill après un combat acharné.

A peine avait-il détruit le dernier vaisseau des Grands Maîtres qu'il s'était senti happé puis violemment relégué au rôle de simple observateur. Avec une rage indicible et un profond sentiment d'impuissance, il avait vu son armada se désagréger sous ses yeux et chacune de ses tentatives de domination avait lamentablement échoué. Les encouragements de Samantha Carter avaient semblé décupler les forces d'O'Neill dès lors qu'un « Mon Colonel » passait le barrage mental que nécessitait l'utilisation de l'arme. Et ce fut seulement lorsqu'elle se tut qu'il put reprendre peu à peu le dessus.

Ba'al savait à présent pourquoi O'Neill était ainsi capable de dominer la symbiose. Il avait eu, ou plus exactement, ils avaient eu un éclair de conscience lors de leur conflit, assis sur ce fauteuil créé par et pour les Anciens et leurs descendants. C'était justement ce gène qui posait problème. Ba'al avait du mal à l'admettre mais une nouvelle étape dans l'évolution de l'espèce humaine avait été franchie et O'Neill en était le bénéficiaire. Certes, cette petite avancée n'était pas assez conséquente pour empêcher la domination du Goa'uld mais était au moins suffisante pour rendre instable la symbiose.

Voilà pourquoi son plan avait dramatiquement échoué.

Le regard rivé à la forme immobile à quelques pas de lui, Ba'al sentait sa haine s'accroître à chaque seconde. A quoi lui servait une victoire contre les Grands Maîtres sans sa flotte pour dominer le reste de ses ennemis ? Il était dorénavant relégué au rang de simple Goa'uld et tout était à refaire ! Son antipathie pour son hôte et tout ce qui avait trait à lui n'avait plus de limites.

S'avançant vers la jeune femme à peine consciente, il agrippa le col de son gilet et la força à se relever. Il la maintint contre le mur et observa avec délectation son visage en sang, son corps brisé. Il entendait hurler O'Neill dans sa tête, il sentait sa rage et sa peur mais il savait aussi que son hôte avait utilisé toutes ses forces pour détruire sa flotte. Il ne pouvait plus intervenir pour la protéger.

Alors, avec un plaisir mauvais, il frappa la jeune femme. A chaque coup, il entendait les os se briser sous ses poings. Encore et encore, il laissa parler sa cruauté jusqu'à ce que son visage n'ait plus de forme. Jusqu'à ce que les cris d'O'Neill aient cessé. Jusqu'à ce que la vie ait quitté le corps de Samantha Carter.

Mais tout cela n'était pas suffisant.

*******************************

Daniel et Teal'c se levèrent vivement lorsque le vaisseau se mit à décélérer. Le voyage d'à peine une heure leur avait semblé interminable tant leur inquiétude était grande. S'approchant du pilote et peu d'humeur à apprécier la beauté du paysage, ils attendirent avec une impatience à peine contenue l'atterrissage du vaisseau. L'imposant temple des Anciens se tenait au centre d'une large plaine et le Cargo n'eut que l'embarras du choix pour se poser. Malgré la poussière soulevée par les réacteurs, les deux hommes virent Ba'al sortir aussitôt du temple, à travers la vitre du cockpit.

- Mon Dieu, balbutia Daniel, glacé.

Teal'c sur les talons, il se précipita vers la sortie et s'élança à la rencontre du Goa'uld. Celui-ci marchait tranquillement vers eux, portant Sam sur son épaule. Lorsqu'il les vit s'approcher, il laissa tomber le corps du Major Carter à terre et poursuivit sa route sans s'arrêter.

- Ramenez-la au vaisseau, ordonna-t-il sèchement lorsque les deux hommes passèrent en courant à côté de lui.

Daniel avait eu le cœur serré en voyant la dureté avec laquelle la tête de la jeune femme avait touché le sol et il pressa un peu plus le pas. Mais lorsqu'il parvint à sa hauteur et découvrit son visage défiguré et maculé de sang, il se figea, au bord de la nausée.

- … Sam... balbutia-t-il, pétrifié.

Les yeux exorbités, le corps glacé, il ne pouvait détacher son regard du corps torturé et sans vie de son amie. Pendant près d'une heure, il avait redouté le pire tout en espérant secrètement que Jack parviendrait à la défendre et il avait, à présent, devant lui ce qu'il avait si douloureusement craint. Ce qu'il avait imaginé dans le pire de ses cauchemars.

- Daniel Jackson, intervint doucement Teal'c en posant une main sur son épaule.

Mais sourd à son appel, le jeune homme sentit ses jambes fléchir sous son poids et il s'effondra à genoux, une main devant ses lèvres exsangues.

- … Mon Dieu… Comment avons-nous pu la laisser partir seule avec ce monstre ? gémit-il, partagé entre la douleur et la culpabilité.
- Daniel Jackson, dit de nouveau le Jaffa. Elle n'est pas morte.

Le jeune homme mit quelques secondes avant de réagir. Il leva un visage décomposé vers Teal'c. Celui-ci le regardait, avec dans les yeux, une assurance troublante.

- … Comment ?
- Ba'al nous a demandé de prendre le Major Carter avec nous. S'il n'avait pas l'intention de la réanimer avec le sarcophage, il l'aurait laissée ici.

Encore sonné par leur horrible découverte, les mots le pénétrèrent avec une extrême lenteur. Quelques secondes plus tard, pourtant, l'espoir jaillit de ses entrailles comme un torrent de lave, lui redonnant quelques couleurs.

- … Vous croyez ?
- C'est certain. Allons-y.

Teal'c se pencha et avec une extrême douceur, prit le corps de la jeune femme dans ses bras. Daniel, de nouveau lui-même, se releva vivement et aida son ami à se redresser.

- Que s'est-il passé d'après vous ? Est-ce que Jack est intervenu ? Est-ce que Ba'al a réussi à détruire la flotte des Grands Maîtres ?
- Etant donné qu'il n'y a plus âme qui vive ici, je pense que Ba'al a réussi à utiliser l'arme, dit Teal'c avant de regarder avec douleur le visage abîmé de Sam. Mais c'est la colère qui l'a poussé à faire cela. Tout n'a pas du se passer comme il le souhaitait.

Daniel acquiesça mais préféra se détourner du triste spectacle qu'offrait la jeune femme. La haine et la douleur bataillaient ferme dans son cœur. Il n'osait imaginer la violence des coups et la souffrance de Sam. Silencieux, les deux hommes rejoignirent rapidement le vaisseau et évitèrent autant que possible le regard du Goa'uld.

Leurs plaintes, leurs cris auraient inévitablement été reçus par des propos cruels et ils ne se sentaient pas le courage de les supporter. Ils partirent donc se réfugier dans la soute arrière et ne levèrent les yeux que lorsque la porte les séparant du cockpit se referma soudainement.

Ils étaient de nouveau prisonniers.

*****

Ba'al verrouilla le sas et vint s'asseoir à côté de son pilote. Il allait devoir rejoindre au plus vite ses derniers vaisseaux avant que la destruction de la quasi-totalité de sa flotte ne parvienne aux oreilles de ses Jaffas. S'ils doutaient de sa survie, ils risquaient de rallier le camp des rebelles et sa situation serait alors dramatique.

Mais le plus urgent pour lui était de retrouver son Prima et voir ce qu'était advenue la Tok'ra. Leur capture restait un exploit déterminant dans sa reconquête du pouvoir.

- Mets-moi en communication avec Kal'im, ordonna-t-il.

Le Jaffa pianota quelques secondes puis lança un appel standard. L'attente fut longue mais au bout d'un temps interminable le visage dur et autoritaire du Prima apparut à l'écran. Il s'inclina aussitôt en découvrant la présence de son maître.

- Mon Seigneur…
- Qu'as-tu à me dire sur la situation actuelle ?
- … Hélas, nous avons été attaqués pendant votre absence et n'avons eu aucun moyen de riposter... commença-t-il, avec dans la voix, une inquiétude justifiée.

Mais Ba'al l'interrompit aussitôt.

- Je sais cela. Tu es toujours avec la Tok'ra ?

A la pâleur soudaine de son Prima, la mâchoire du Goa'uld de contracta davantage.

- Je suis désolé, Mon Seigneur. Un engin nous a frappé de plein fouet et quelques Tok'ras ont profité du chaos pour se libérer. Après avoir libéré les autres, ils ont rapidement investi les lieux. Ils étaient trop nombreux… Nous n'avons rien pu faire.

Le Goa'uld n'en fut guère surpris. La première cible d'O'Neill avait été le croiseur où la Tok'ra était retenue prisonnière. Il avait lancé contre le vaisseau un seul drone dans un tir précis mais non destructeur. Ba'al avait espéré un instant que cette diversion ne serait pas suffisante. Hélas…

Débordant de haine, le Goa'uld desserra à peine les dents lorsqu'il demanda :

- Ro'han ?
- J'ai fui avec, Mon Seigneur.
- … Bien.

Ce petit mot fut reçu avec un soulagement indescriptible et Kal'im s'inclina devant son maître, reconnaissant.

- Donne-nous vos coordonnées, poursuivit le Goa'uld. Nous arrivons.

Le Prima s'exécuta avec hâte et la communication fut coupée.

Le reste du voyage fut silencieux. Ba'al ne décolérait pas. En l'espace de quelques malheureuses minutes, il avait tout perdu. Son armée, sa flotte, ses prestigieux otages… Son pouvoir. Et pour lui, il n'y avait qu'un seul et unique responsable.

O'Neill.

A SUIVRE…