Voilà le dernier chapitre! Merci à tous pour vos reviews! J'espère que cette fin vous plaira! A bientôt j'espère!
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Quatrième partie
Lorsque la porte de la soute arrière s'ouvrit, Teal'c et Daniel se relevèrent, chacun de part et d'autre du corps de Sam. Quelques minutes auparavant, le jeune homme avait déplié le bandana qu'il gardait dans l'une des poches de son pare-balle et avait recouvert le visage défiguré de la jeune femme dans un geste douloureusement solennel.
La voir ainsi avait été insupportable.
Quelques Jaffas les maintinrent en joue et ils durent ôter leurs gilets et donner leurs armes pendant qu'on emmenait le corps du Major Carter. Les deux hommes la regardèrent disparaître avec espoir et suivirent sans broncher les gardes jusqu'à leur cellule.
Ce fut lors du trajet dans les couloirs pourtant familiers du Hat'ak que Teal'c comprit qu'ils ne se trouvaient plus sur le même vaisseau. Ils en eurent confirmation en pénétrant dans une salle bien loin de la structure large et morcelée de leur ancienne cellule.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Daniel pour la forme. Où sont les Tok'ras ?
Le Jaffa ne prit pas la peine de répondre. Il n'en n'avait pas la moindre idée. Ils s'assirent donc tous les deux par terre et attendirent avec inquiétude le retour hypothétique de Sam.
Une heure plus tard, des pas se firent entendre et Teal'c et Daniel se relevèrent promptement. Le cœur plein d'espoir, ils regardèrent la porte de leur cellule s'ouvrir et deux Jaffas apparaître, tenant chacun par un bras un corps inanimé. La surprise fut si grande que personne ne bougea lorsque les gardes laissèrent tomber lourdement au sol leur fardeau. Il fallut attendre le départ des deux hommes pour que Teal'c confirme enfin ce que Daniel semblait espérer.
- C'est lui.
A peine avait-il prononcé ces quelques mots qu'ils s'agenouillaient et se hâtaient de retourner le corps inerte du Colonel O'Neill.
Le visage était blême, les traits tirés et l'archéologue leva un regard inquiet vers le Jaffa.
- Vous êtes sûr que Ba'al n'est plus là ?
- Certain.
Un sourire soulagé détendit un court instant la mine soucieuse de Daniel.
Enfin, une bonne nouvelle, songea-t-il.
Il se pencha alors vers son ami inconscient et secoua doucement son épaule.
- Jack, vous m'entendez ?... Jack ? Est-ce que vous m'entendez ?...
Au bout de quelques secondes d'appels, un grognement sourd lui répondit :
- Artter rer re rrrier dran res roreirres…
Teal'c haussa un sourcil perplexe et Daniel s'approcha un peu plus d'O'Neill.
- Jack ? Qu'est-ce que vous avez dit ?
- … Arrêtez de me crier dans les oreilles ! grommela-t-il plus distinctement tout en levant une main molle sur son visage pour se frotter les yeux. J'ai un mal de crâne… Qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai jamais eu une gueule de bois pareille…
Il ouvrit alors les paupières et laissa son regard fatigué glisser sur le décor environnant. Il fronça aussitôt les sourcils.
Une cellule Goa'uld ?
- Qu'est-ce que… grommela-t-il avant de se figer, livide.
Les tortures. La possession. La trahison. Carter… Tout lui revint brusquement avec une précision répugnante.
Il tenta de se redresser mais grimaça de douleur. Sa tête lui faisait un mal de chien, sa gorge était pâteuse et irritée. En imaginant le Goa'uld s'extraire de son corps, Jack fut pris de nausée.
Teal'c posa une main sur son épaule et, après avoir glissé son bras dans le dos de son ami, il l'aida à se mettre sur ses pieds.
- Jack ? Pour Sam… commença Daniel avant d'être interrompu.
- Ba'al a ordonné qu'elle soit réanimée, rassura aussitôt O'Neill.
L'archéologue et le Jaffa se concertèrent du regard, soulagés, puis ce dernier se tourna vers Jack.
- Que s'est-il passé, O'Neill ?
Celui-ci soupira et commença un long et laborieux résumé de la situation. Quelques minutes plus tard, les deux hommes acquiesçaient, en partie satisfaits.
- La Tok'ra est libre, les Grands Maîtres sont anéantis et Ba'al a perdu la quasi-totalité de sa flotte, résuma Daniel, en souriant doucement. Vous n'avez pas chaumé.
- J'ai tué Carter, lâcha Jack sèchement. J'aurais du prévoir les représailles de Ba'al. J'aurais du…
Il s'interrompit un instant, la mâchoire crispée. Les images de sa propre brutalité étaient encore si fraîches dans sa mémoire.
L'odeur de son sang, le son atroce de ses os fins se brisant sous ses poings.
Son impuissance l'avait rendu fou de douleur.
Jamais il ne pourrait oublier l'atrocité de cette scène. Jamais il ne pourrait oublier le rire de Ba'al et sa jouissance malsaine lorsqu'elle était tombée morte à ses pieds.
- … J'aurais du garder quelques forces pour pouvoir l'aider à fuir, murmura-t-il en se détournant. Il va chercher à se venger, maintenant.
Daniel et Teal'c ne surent quoi répondre. Ils connaissaient suffisamment Jack pour deviner qu'à cet instant précis, ce n'était pas pour lui qu'il se faisait du souci, mais pour eux. Ba'al savait l'inutilité de blesser le corps d'O'Neill pour le torturer. Frapper ses amis serait beaucoup plus payant.
- Nous devons absolument trouver un moyen de fuir, conclut Jack, déterminé.
Mais ils n'eurent pas le temps de mettre au point un quelconque plan. Les portes de leur cellule s'ouvrirent sur Kal'im et le Colonel fut emmené seul devant Ba'al.
Tout en marchant dans les longs couloirs du vaisseau, Jack tentait de se préparer à ce qui allait suivre.
Le souvenir de tout ce qui s'était passé depuis le début de sa possession était aussi vivace que ses souvenirs propres. Chaque geste, chaque cri, chaque jeu odieux restaient ancrés en lui avec une netteté détestable. La mort de Jacob, le lynchage de Carter. Et ce test stupide servant à déterminer sa faculté d'intervention. Plus que jamais, à cet instant, il voulait oublier cette scène, dans les couloirs du temple. En sachant ce qui allait arriver, il ne devait surtout pas songer plus avant à ce que ce jeu avait mis à jour.
Mais malgré lui, des images apparurent dans sa tête.
Le regard troublé de la jeune femme en croyant le retrouver. Ses gestes tendres et rassurants lorsqu'elle pensait le tenir « lui » dans ses bras. Son affection. Son affection et sa confiance, surtout. Toujours intacte malgré tout.
Puis un gémissement vint se rappeler à lui et Jack sentit sa raison chanceler.
Comment pourrait-il oublier ? Comment pourrait-il seulement oublier la docilité soudaine avec laquelle elle avait reçu ses avances ? Ce flagrant accord face à une situation qu'il avait souhaité un nombre incalculable de fois sans toutefois jamais se le permettre.
En songeant à ce qui les attendait tous les deux et à la possibilité d'être passé à côté de quelque chose qu'ils désiraient apparemment tous les deux sans jamais avoir osé se l'avouer, une profonde lassitude s'insinua en lui.
C'était ce regret-là qu'il emportait à chacune de ses morts. Pourquoi s'en rendait-il seulement compte maintenant ?
Quelques secondes plus tard, lorsqu'enfin les larges portes s'ouvrirent devant lui, son regard croisa aussitôt celui de Ba'al, debout, attendant son arrivée. Le Goa'uld avait retrouvé son ancien hôte mais le sourire qu'il arborait généralement était absent. Ses lèvres étaient pâles et pincées. Ses yeux noirs de rage. Chaque pore de son être reflétait son intense colère.
Jack fut poussé à l'intérieur de la salle et on l'obligea à s'agenouiller devant le faux Dieu.
- Savez-vous à quel point je suis… furieux ? commença Ba'al d'une voix glaciale.
- Oui, je le sais.
- Avez-vous conscience du plaisir que je vais prendre à vous briser ?
- Je doute que vous y parveniez, répondit calmement Jack avec une assurance qu'il était bien loin de ressentir.
A ces mots seulement, un sourire apparut sur les lèvres du Goa'uld.
- Oh si, je vais y arriver. Je vais y arriver car je sais absolument tout de vous. J'ai eu accès à tous vos souvenirs, toutes vos peurs les plus profondes.
D'un geste, il fit signe à son Prima. Celui-ci ouvrit l'une des portes attenantes à la salle et quelques secondes plus tard, Samantha Carter fut conduite devant le Goa'uld. Le visage de la jeune femme était fermé, son regard sans expression jusqu'à ce qu'elle découvre Jack à genoux devant l'ancien hôte de Ba'al. Une lueur d'incrédulité puis d'espoir jaillit dans ses yeux écarquillés et O'Neill lui répondit d'un sourire crispé.
- Mon Colonel… murmura-t-elle seulement, avec dans la voix, une note évidente de soulagement.
- Touchant, n'est-ce pas ? lança Ba'al, sarcastique. Daniel Jackson et le Shol'va attendent tranquillement leur tour mais j'ai choisi de commencer par le meilleur.
D'un bref signe de tête, le Goa'uld ordonna à ses Jaffas de faire agenouiller Sam à côté de Jack mais celui-ci resta résolument tourné vers son ennemi. Il sentait parfaitement le regard de la jeune femme et son désir de croiser le sien mais il persistait à l'éviter dans un besoin totalement irréaliste de se protéger.
Ba'al s'approcha d'eux et s'immobilisa devant lui.
- Comme je le disais, je connais vos peurs. Vous savez… ces fameux cauchemars qui vous réveillent en pleine nuit, haletant et couvert de sueur.
Comme Jack restait obstinément silencieux, Ba'al se pencha légèrement vers lui, un léger sourire sur les lèvres.
- C'est devenu votre obsession, votre hantise. Il n'y a rien que vous craigniez plus que cela.
Le Goa'uld fit un signe à son Prima et celui-ci pointa sa lance sur la jeune femme.
Au prix d'un suprême effort, Jack parvint à étouffer le cri de panique qui menaçait de jaillir de ses lèvres pincées. Les poings serrés, le corps tendu, il prit cependant conscience de l'inutilité de son geste. Ba'al connaissait ses sentiments. Les lui cacher était inutile.
Un ricanement stoppa Kal'im à l'instant où celui-ci armait son tir.
- Votre terreur la plus profonde. Vous l'avez bien cachée. Il m'a fallu du temps pour finalement y avoir accès, susurra Ba'al avant de se redresser. Suppliez-moi. Si vous voulez qu'elle survive, suppliez-moi.
Le sourire suffisant et amusé du Goa'uld lui était détestable mais pour l'heure, seule Sam avait de l'importance. Ba'al se leurrait en l'imaginant mettre sa fierté au-dessus de tout. Il n'éprouvait aucune honte et n'en avait jamais éprouvé à supplier pour la vie de ses hommes. La vie, ou une mort rapide, car il savait que Ba'al ne tiendrait jamais parole. Pour rien au monde il ne voulait être de nouveau le témoin du lynchage de Carter. Aussi ce fut d'une voix forte et déterminée qu'il répondit :
- Je vous en supplie.
Ne s'attendant absolument pas à une réaction si spontanée, Ba'al resta sans voix quelques secondes. Il observa avec fureur le visage résolu levé vers lui, cherchant à y déceler de la honte, de la rage ou tout autre sentiment humiliant mais en vain.
Si Ba'al avait appris à connaître O'Neill, l'inverse était tout aussi vrai. Prévoyant déjà ce qui allait arriver, ce dernier tourna vers Sam un regard grave et la jeune femme ne mit qu'un instant à déchiffrer la lueur de désespoir au fond de ses yeux. La seconde suivante, Kal'im tirait sur la jeune femme et son corps sans vie s'effondrait à terre dans un bruit dramatiquement familier.
Jack serra les dents et leva vers Ba'al un visage ampli de haine.
Il ne voulait pas voir l'image macabre que son esprit matérialisait malgré lui dans sa tête : sa silhouette immobile et recroquevillée, ses cheveux blonds tâchés de sang. Seule sa colère lui permettrait de tenir. Car il devait tenir. Il ne s'agissait que du début. Si Ba'al tenait à le faire souffrir, cette scène risquait de se répéter indéfiniment. Et paradoxalement, ce fut cette quasi-certitude qui le maintint debout tandis qu'on le conduisait dans sa cellule.
Elle allait être mise dans un sarcophage. Il fallait qu'elle soit mise dans un sarcophage…
Concentré sur ce faible espoir, une violence secousse le tira brusquement de ses pensées. Jack jeta un bref coup d'œil derrière lui et profita de la confusion des trois gardes pour attaquer. S'emparant par surprise de la lance Jaffa du premier, il toucha deux d'entre eux et se baissa précipitamment en découvrant le troisième prêt à faire feu. Mais une autre secousse plus violente que la précédente les fit tomber à terre. Jack fut le premier à retrouver un semblant d'équilibre et tira une dernière salve, mettant un terme à ce rapide combat.
Se relevant vivement, plein d'espoir, il fit les quelques mètres qui le séparaient de sa cellule et déverrouilla la porte. Teal'c et Daniel se trouvaient juste derrière, alertés par les secousses et le tir des lances Jaffa.
- Venez ! dit sans attendre Jack en repartant aussitôt.
Réactifs, les deux hommes s'élancèrent à sa suite et prirent au passage les armes des gardes gisant au sol.
- Où est Sam ? demanda Daniel.
- Je ne sais pas, répondit sobrement Jack afin de cacher ses craintes. On va devoir la trouver.
Une nouvelle secousse les obligea à s'arrêter un bref instant.
- Et ça ? grommela le jeune homme en se redressant, le vaisseau enfin stabilisé. Personne n'est censé savoir que Ba'al a perdu la quasi-totalité de ses Hat'aks ! Qui peut bien l'attaquer ? Un des Grands Maîtres aurait survécu ?
Mais Jack secoua la tête et leur fit signe d'avancer.
- Impossible. Ba'al a détruit toute leur flotte.
- Alors qui ?
- La Tok'ra peut-être, même si j'en doute un peu...
- Elle a très bien pu aller chercher de l'aide, indiqua posément Teal'c.
Jack s'apprêtait à ouvrir la bouche pour répondre par l'affirmatif lorsque le bruit familier de grenades se fit soudain entendre.
- Ce sont les nôtres ! s'exclama-t-il avant d'accélérer le pas en direction des tirs.
Ils n'eurent à parcourir que quelques mètres pour parvenir à proximité de la bataille. Ils arrivèrent dans le dos des rangs ennemis et les jaffas, cernés, n'eurent aucune chance. Lorsque les tirs cessèrent, SG1 s'avança prudemment et tomba nez à nez avec SG3.
- Jack ! s'exclama Reynolds avant de retrouver ses esprits et de pointer de son P90 sur lui.
- Eh là ! réagit aussitôt O'Neill, levant déjà les bras en signe de bonne foi. C'est moi !
Comme le leader de SG3 ne semblait pas enclin à le croire sur parole, Teal'c intervint :
- Tout va bien, Colonel Reynolds. Ba'al n'est plus en lui.
La voix sereine du Jaffa et la présence de Daniel à côté vinrent rapidement rassurer l'officier qui abaissa son arme en souriant.
- Content de vous voir aussi ! bougonna Jack en tapant familièrement l'épaule du militaire. Qu'est-ce que vous faites ici ?
- C'est la Tok'ra qui nous a dit où vous étiez. L'un des leurs suivait le Prima de Ba'al depuis leur évasion. On a attendu le moment opportun pour intervenir.
- Avec le Prométhée ?
- Et le Dédale, confirma Reynolds.
Jack acquiesça. Le Prométhée seul, malgré sa technologie Asgard, n'aurait pu venir à bout des trois Hat'aks de Ba'al. Redressant finalement la tête, il posa la question qui lui brûlait les lèvres :
- Vous avez vu Carter ?
Reynolds fronça les sourcils, réalisant qu'en effet, la jeune femme ne se trouvait pas avec son équipe.
- Non, on n'a croisé que des Jaffas.
Jack acquiesça de nouveau, tentant de cacher sa déception et ses craintes derrière un visage sévère.
- Ok… répondit-il sobrement. Il faut absolument qu'on trouve Ba'al. Elle doit être avec lui.
- A quoi ressemble-t-il maintenant ?
- Il a repris son hôte d'origine.
- Très bien. Ce sera plus facile.
Le Colonel de SG3 empoigna sa radio.
- Ici Reynolds. Attention ! O'Neill n'est plus Ba'al. Ba'al a repris possession de son ancien hôte. Je répète, Ba'al a repris possession de son ancien hôte. Est-ce que quelqu'un l'a vu ?
Un silence se fit puis une voix s'éleva par dessus des tirs et autres déflagrations :
- Ici Shermann ! J'ai vu le Prima de Ba'al se diriger vers la salle des anneaux ! On essaie de sécuriser la zone mais ils sont trop nombreux !
- Reçu ! dit Reynolds. Tenez la position ! On arrive !
Ni une ni deux, SG1 et 3 s'enfoncèrent dans les couloirs mais ne rencontrèrent, dans un premier temps, que peu de résistance. La plupart des Jaffas devaient protéger leur Maître près de la salle des anneaux.
- Par où êtes-vous arrivés? demanda soudain Jack en se tournant vers Reynolds.
- Comme on ne pouvait pas utiliser les anneaux pour entrer sans une aide interne, on a attendu que les portes du hangar des Planeurs s'ouvrent. On est passé par là. Des vaisseaux Cargos nous y attendent en ce moment-même. Si nous ne pouvons pas atteindre les anneaux, nous devrons les rejoindre au plus vite. Ba'al a enclenché l'autodestruction du Hat'ak.
Reynolds regarda sa montre et redressa la tête :
- Il nous reste une petite dizaine de minutes.
- Génial, marmonna Jack, de plus en plus inquiet.
Retrouver Carter n'allait pas être facile et les choses se compliquaient grandement si elle n'avait pas été réanimée. Il faudrait alors trouver le sarcophage et la laisser dedans le temps que ses cellules se régénèrent…
Jack grogna, glacé de terreur. Il essuya d'une main tremblante son front couvert de sueur.
C'était tout simplement impossible.
En dix minutes, jamais ils n'auraient suffisamment de temps.
- Mais Ba'al n'a aucun moyen de fuir de toute façon, non ? Avec le Prométhée et le Dédale dehors ? fit remarquer Daniel.
- Il a toujours un vaisseau en orbite autour de son Hat'ak, répondit aussitôt Jack. Il utilise l'invisibilité pour ne pas être vu. Si Ba'al arrive jusqu'aux anneaux… nous n'aurons aucun moyen de l'arrêter.
Après quelques combats relativement courts, SG1 et SG3 rejoignirent Shermann et son équipe, bloqués depuis quelques minutes au croisement d'un couloir.
- Enfin ! s'exclama avec soulagement le Colonel de SG7. On n'a presque plus de munitions !
SG3 s'empressa de distribuer quelques chargeurs et Jack demanda une radio.
- On va les prendre à revers. Je m'occupe du flan gauche et vous, du droit, dit-il à Reynolds. On se contacte dès qu'on est en position.
- A vos ordres !
SG1 et 3 rebroussèrent chemin et se séparèrent afin d'atteindre chacun un autre couloir et contourner le mur Jaffa qui protégeait l'accès à la salle des anneaux. L'avancée devait être silencieuse afin de leur permettre d'attaquer en même temps et ainsi les surprendre.
Jack était en parti rassuré de voir les Jaffas combattre avec tant de détermination. Cela signifiait que Ba'al se trouvait toujours sur le vaisseau.
Longeant le couloir parallèle à celui tenu par les gardes du Goa'uld, les trois hommes sursautèrent lorsqu'une des portes attenantes s'ouvrit brusquement. Ils eurent tout juste le temps de se cacher avant que n'apparaissent plusieurs Jaffas. Ceux-ci examinèrent le couloir désert puis, rassurés, sortirent vivement de la salle.
Jack sentit ses nerfs se tendre lorsque Sam apparut à côté de Ba'al. Elle était bien vivante et jetait un regard noir à l'un des gardes chargé de la faire avancer.
En parti soulagé, il incita cependant son équipe à ne pas intervenir. Ils étaient encore trop éloignés du mur Jaffa. Suivant Ba'al aussi discrètement que possible, ce fut lorsqu'ils arrivèrent à proximité du couloir menant à la salle des anneaux que Jack fit crépiter sa radio. Il n'eut même pas à attendre. Reynolds lui répondit aussitôt de façon similaire et le coup d'envoi fut donné.
SG1 et 3 se mirent aussitôt à tirer, provoquant la confusion dans les rangs ennemis. Déstabilisés, les Jaffas furent contraints de se replier jusqu'à l'intersection des quatre couloirs, trois étant déjà occupés par des équipes SG, le quatrième menant à la salle des anneaux et toujours gardés par les hommes de Ba'al.
- Reynolds ! tonna Jack dans sa radio. Utilisez vos grenades ! Ba'al et Carter sont de notre côté.
- Reçu !
Quelques secondes plus tard, des déflagrations se firent entendre de l'autre côté du large embranchement. S'arrêtant un instant de tirer, O'Neill vit Sam chercher à ralentir l'avancée de Ba'al en se débattant avec force.
- Carter ! appela-t-il afin de signaler à la jeune femme sa présence parmi le tumulte.
Sam tourna aussitôt la tête dans sa direction et, malgré l'atmosphère lourde et enfumée, un sourire se dessina sur son visage crispé. L'instant d'après, elle se remit à lutter avec une telle vigueur que Ba'al fut contraint d'utiliser son arme de poing pour la rendre plus docile.
Dans un grognement rageur, Jack se remit à tirer et tenta une avancée. Ba'al avait réussi à rejoindre l'arrière de ses troupes, et pénétrait tant bien que mal dans le couloir menant à la salle des anneaux.
- Shermann, Reynolds ! Balancez vos grenades !! aboya Jack.
De nouveau, des explosions vinrent réduire les tirs ennemis et les Jaffas durent fuir leur position. Ils pénétrèrent dans le couloir à la suite de leur maître sans cesser pour autant le combat mais ainsi, à découvert, tous finirent par tomber sans avoir la moindre chance de résister. Lorsque le dernier fut tué, Jack rejoignit l'entrée du couloir mais les portes de la salle des anneaux s'ouvrirent brusquement, l'obligeant à reculer.
- Pour l'amour du ciel !! Combien sont-ils ? ragea-t-il en faisant de nouveau feu.
Le Prima et vingt de ses hommes venaient de rejoindre leur maître.
- Venez Mon Seigneur ! s'exclama Kal'im en incitant Ba'al à abandonner le jeune femme. Laissez-la !
- Non ! rugit aussitôt le Goa'uld, les yeux brillants de colère. Elle vient avec moi !
Le Prima hésita puis empoigna le bras de Sam afin d'aider son maître.
Le regard rivé à son second, Jack sentit son ventre se nouer lorsque la jeune femme disparut de sa vue, cachée par un nouveau mur défensif. Ba'al allait bientôt atteindre les anneaux. Il n'y avait plus à tergiverser.
- On y va, hurla-t-il afin d'être entendu de tous malgré les tirs incessants.
Sous son initiative, SG1, 3 et 7 avancèrent en un seul bloc et tentèrent une percée. Passé l'amoncellement de corps du premier mur jaffa, ils arrivèrent de nouveau devant le long couloir menant à la salle des anneaux. La porte était restée ouverte et Ba'al aurait eu cent fois l'opportunité de fuir s'il n'avait pas tenu absolument à prendre la jeune femme avec lui.
A couvert, les équipes SG tiraient sans discontinuer et, dans ce couloir sans possibilité de se cacher, les Jaffas tombèrent comme des mouches. Ce fut lorsqu'il n'en resta plus que trois debout que Jack sortit de son abri et s'élança vers eux. Teal'c fut aussitôt derrière lui et ils parvinrent à éliminer sans trop de mal les derniers gardes.
Lorsqu'ils pénétrèrent dans la salle, Ba'al se tenait au centre, ses bras ceinturant son otage. Il portait au poignet un activateur d'anneaux et semblait sur le point de l'utiliser.
- Plus un geste ! s'exclama aussitôt Jack, son zat à la main.
Ses mains étaient désagréablement moites mais malgré une terreur qui ne semblait plus vouloir le lâcher, il ne tremblait pas.
Kal'im fit mine de vouloir intervenir mais Ba'al le contint :
- Ne tire pas !
Le Prima se figea puis Teal'c et Daniel vinrent prendre place aux côtés de Jack.
- Que les autres n'entrent pas ! lança vivement le Goa'uld à ce dernier.
- Reynolds, Shermann, appela aussitôt Jack. Restez dehors !
Dans son dos, les pas précipités des équipes SG décrurent de suite et un silence tendu s'instaura.
Jack jeta un bref coup d'œil vers Sam et croisa son regard, mais il préféra se détourner et concentrer toute son attention sur le Goa'uld.
- Lâchez-la, ordonna le militaire avec un calme qu'il était bien loin de ressentir.
Un sourire vint étirer les lèvres de Ba'al et celui-ci redressa fièrement la tête.
- Et pourquoi donc ferais-je cela ?
- Parce que si vous ne le faites pas, vous êtes mort, répondit Jack en indiquant Teal'c.
Parfaitement immobile, celui-ci tenait sa lance pointée sur le Goa'uld et n'attendait qu'un signe pour tirer.
- Il sera mort bien avant moi, répondit Ba'al en indiquant son Prima qui faisait de même avec le Jaffa.
- Ça, je n'en jurerais pas.
L'assurance de Jack fit perdre un peu de suffisance au sourire du Goa'uld.
- Libérez-la, répéta le militaire avec plus de froideur. Si vous enclenchez ces anneaux, vous êtes mort.
- Pas si mon Prima est plus rapide.
Chacun sur leurs positions, les deux hommes se jaugèrent en silence. Jack savait Ba'al capable de beaucoup de choses dans le seul but de se venger. Mais Ba'al, lui, connaissait la détermination de son adversaire. S'il emmenait la jeune femme avec lui ou s'il la tuait à l'instant par esprit de revanche, il savait qu'O'Neill n'aurait de cesse de se venger. C'était une chose de rechercher sa haine tandis qu'il croupissait dans une prison à sa merci. C'en était une autre de le faire tout en le sachant libre et capable de le traquer sans jamais faiblir. Etait-il prêt à faire de cet homme son Némésis ?
Devinant la direction que prenaient les pensées du Goa'uld, Jack confirma d'un ton sans appel, cherchant à faire taire le sentiment de peur qui l'étreignait :
- Vous n'aurez aucun repos. Aucun.
Il n'aurait su dire si ces mots avaient eu sur Ba'al une influence quelconque sur son choix mais un changement se fit dans le regard du Goa'uld et Jack crispa sa main sur son arme. Les lèvres de Ba'al s'étirèrent lentement en un sourire amusé et il redressa doucement la tête.
- Cette petite cohabitation a été fort instructive, vous ne trouvez pas ?
Il attendit une réponse mais O'Neill resta silencieux, tendu à l'extrême.
- Vous ne trouvez pas ? insista le Goa'uld tout en resserrant son étreinte autour de la jeune femme.
- Je ne dirais pas ça comme ça… répondit prudemment Jack.
Il n'avait aucune envie de rendre furieux Ba'al en se montrant arrogant.
Mais celui-ci eut un grognement de déception et dit sur le ton du badinage :
- Allons, vous êtes capable de mieux que ça, non ? Où est passée votre verve à mon égard ? Vous avez peur pour elle ? demanda-t-il en désignant la jeune femme du menton.
Là encore, O'Neill ne dit rien.
- Alors ? insista pourtant le Goa'uld avec un plaisir évident.
- … Bien sûr, lâcha Jack à contre coeur, les dents serrées.
Le sourire de Ba'al s'élargit et il frôla la joue de la jeune femme de ses lèvres. Celle-ci tenta de s'extraire à cette caresse mais il la tint fermement contre lui et Jack croisa le regard amusé du Goa'uld.
- On se reverra.
Et sans crier gare, Ba'al poussa la jeune femme vers O'Neill et activa les anneaux. Surpris, les trois hommes tendirent les bras vers elle, et Jack la glissa rapidement entre eux afin de la mettre à l'abri. Lorsqu'il leva de nouveau son arme, les anneaux avaient encerclé le Goa'uld, le protégeant d'éventuelles représailles. Un faisceau étincelant vient bientôt illuminer la salle et dans un crissement strident Ba'al et son prima disparurent.
La main glacée qui enserrait son cœur depuis qu'il était revenu à lui, quelques heures auparavant, se désagrégea peu à peu et Jack bassa son arme en soupirant. Il se tourna vers la jeune femme qu'il maintenait encore derrière lui et l'examina rapidement du regard.
- Vous n'avez rien ?
- Non. Ça va, le rassura-t-elle aussitôt en passant une main tremblante dans ses cheveux.
Après s'être redressée, elle leva les yeux vers lui et sourit devant son air concerné.
- Merci, Mon Colonel. Je suis en un seul morceau.
Jack acquiesça et ne put cacher son soulagement de la voir lui parler avec le même naturel, la même gentillesse qu'auparavant. Alors il lui sourit à son tour et posa une main amicale sur l'épaule de la jeune femme.
- Heureux de l'entendre.
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Sam laissa son regard glisser sur le décor familier de son laboratoire et s'assit sur sa chaise. Elle ouvrit machinalement le denier rapport sur lequel elle travaillait, parcourut les premières lignes mais referma finalement le dossier.
Elle n'avait pas envie de travailler. Elle n'avait pas envie de chasser le sentiment d'allégresse qui l'étreignait depuis leur retour sur Terre.
Pourtant, cette mission avait été un véritable cauchemar à tout point de vue. Violence, haine, souffrance, terreur. Des sentiments qui d'ordinaire étaient difficiles à oublier. Des sentiments qui d'ordinaire mettaient plusieurs jours, voir semaines à se dissiper. Et pourtant…
C'était il y a trois jours. Trois jours que son père avait été tué, trois jours qu'elle s'était vue frappée à mort par Ba'al. Par chance, elle respirait à peine lorsqu'il lui avait asséné le premier coup, et le second l'avait rapidement achevée. Malgré cela, elle avait parfaitement compris qu'il s'était déchaîné sur elle au regard bouleversé de Daniel et à celui, coupable, de son supérieur. Et en y réfléchissant, c'était eux qui avaient le plus souffert.
Alors comment expliquer ce sentiment d'allégresse ?
Par leur victoire ?
Tout était revenu à la normale et même mieux encore. La Tok'ra et son père étaient en sécurité. SG1 avait retrouvé son leader. Les Grands Maîtres étaient vaincus et Ba'al relégué au rang de simple Goa'uld.
Ils avaient même dorénavant accès à une arme défensive construite par les Anciens.
Oui, ils avaient remporté une grande, une immense victoire.
- … C'est vrai, murmura Sam, l'esprit ailleurs.
« Comme je le disais, je connais vos peurs. Vous savez… ces fameux cauchemars qui vous réveillent en pleine nuit, haletant et couvert de sueur. »
Sam soupira, posa ses coudes sur le bureau et vint nicher son visage brûlant dans ses mains.
« C'est devenu votre obsession, votre hantise. Il n'y a rien que vous craigniez plus que cela. »
Malgré elle, un sourire vint étirer ses lèvres puis la jeune femme étendit les bras devant elle et s'affala lentement sur la table.
« Il n'y a rien que vous craigniez plus que cela. »
Un soupir s'échappa de ses lèvres et elle ferma les yeux.
- Fatiguée ?
« Sa » voix grave et familière la fit se redresser à la hâte et Sam sentit ses joues se colorer traîtreusement.
- Mon Colonel ! balbutia-t-elle en le découvrant debout, au centre de la pièce.
Jack sourit gentiment et plongea les mains dans les poches de son pantalon.
- Je ne voulais pas vous déranger.
- Vous ne me dérangez pas.
Heureusement pour elle, il ne fit aucun commentaire sur sa fougue à le détromper et se contenta d'acquiescer, son regard balayant la pièce dans un but évident de gagner un peu de temps. Peut-être cherchait-il ses mots, ou hésitait-il à parler ? Quoiqu'il en soit, lorsqu'il leva de nouveau les yeux vers elle, Sam sentit son cœur manquer un battement.
- Comment…
Il s'arrêta un instant et fit quelques pas vers son bureau.
- Comment vous sentez-vous ? demanda-t-il finalement, scrutant soudain son visage. Est-ce que vous allez bien ?
La jeune femme sourit et acquiesça.
- Tout va bien. Tout va très bien, même.
Un peu surpris, Jack haussa les sourcils et Sam leva vers lui un visage rayonnant. Comment pouvait-elle se sentir si bien après tout ce qui s'était passé ? Comment pouvait-elle éprouver autant de plaisir à sa présence, malgré les évènements affreux de ces derniers jours ?
Mais le soulagement qu'elle avait ressenti en le découvrant de nouveau lui-même dans le vaisseau de Ba'al avait été indescriptible. Le voir remuer ciel et terre pour parvenir à la tirer des griffes du Goa'uld l'avait bouleversée. C'est de cela et uniquement de cela qu'elle voulait se souvenir.
- Et pour tout dire… je suis heureuse, Mon Colonel.
« Il n'y a rien que vous craigniez plus que cela. »
- Vraiment heureuse, insista-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.
Perplexe, Jack examina attentivement le visage de la jeune femme.
Il ne s'attendait absolument pas à une telle réponse. Pendant ces trois jours, il avait évité Carter de peur qu'une fois la tension de ces dernières heures disparue, les sentiments de la jeune femme à son égard aient changé. Il ne voulait pas voir de la crainte dans ses yeux. Il ne voulait pas qu'elle revive les horreurs subies uniquement parce qu'elle se trouvait en sa présence.
C'était pour cela qu'il avait jugé préférable de rester à distance. Il préférait lui donner le temps d'assimiler un peu ce qui s'était passé puis venir prendre la température.
Mais après tout ce qu'elle avait vécu, après tout ce qu'il lui avait fait endurer, serait-elle encore capable de le regarder dans les yeux sans y voir Ba'al ? Il avait tué son père. Il l'avait rouée de coups jusqu'à ce que mort s'en suive. Comment pourrait-elle seulement oublier ?
Et pourtant…
Elle était là, devant lui. Et il n'y avait pas une once de peur dans sa façon bien à elle de l'observer.
Il se détendit. Calquer sa façon d'agir sur celle de la jeune femme lui paraissait la meilleure chose à faire en attendant d'en savoir un peu plus. Se sentait-elle aussi bien qu'elle le prétendait ? Ou faisait-elle semblant ?
- C'est la défaite des Grands Maîtres qui vous rend si heureuse ? demanda-t-il en s'approchant de son bureau pour s'y asseoir tranquillement.
- Non, répondit-elle, acceptant de bonne grâce la tournure légère de cette conversation.
- Celle de Ba'al, alors ?
- Non plus.
Jack fit mine de se concentrer et Sam sourit devant ses mimiques. Lorsque la lumière sembla se faire dans son esprit, il redressa la tête et leva un doigt vainqueur.
- Ah ! L'arme des Anciens ! Vous allez pouvoir l'étudier sur toutes les coutures ! Vous vous tortillez déjà d'impatience !
- Toujours pas, répondit-elle en riant doucement. Et je ne me tortille jamais !
Cette fois-ci, la surprise de Jack fut réelle et il se remit à chercher.
- Le sauvetage de votre père ? se hasarda-t-il sans conviction avant d'enchaîner en la voyant secouer négativement la tête. Le fait qu'on soit tous rentrés sain et sauf ?
Un autre « non » valut à Sam une nouvelle œillade perplexe.
- Je donne ma langue au chat ! s'exclama théâtralement Jack. Alors, Carter ? Qu'est-ce qui vous rend si heureuse ? Une nouvelle diffusion des Simpsons ?
Le nouveau rire de la jeune femme se mua rapidement en silence et elle baissa vivement la tête, les poings serrés cachés sous le bureau. Pouvait-elle se permettre de répondre franchement ? Cela changerait-il quelque chose ? Il était encore si professionnel malgré les révélations de ces derniers jours.
Mais enfin, qu'attendait-elle ? Ses craintes étaient toujours les mêmes que quatre ans auparavant pourtant elle savait maintenant. Elle savait que le temps ne changerait rien. Elle savait qu'ils ne faisaient que nier l'évidence et retarder l'inévitable.
- Alors ? insista Jack avec curiosité.
- … Vos cauchemars, dit-elle si faiblement qu'il se pencha dans sa direction.
- Pardon ?
Elle redressa alors la tête et dit plus distinctement :
- Vos cauchemars, Mon Colonel. La nature de vos cauchemars.
Lorsque Jack comprit la signification de ses paroles, une lueur de panique apparut dans son regard brun et il se détourna, mal à l'aise.
- Ah, ça… marmonna-t-il en se levant.
Sam savait qu'il n'était pas du genre à prendre la fuite, mais l'espace d'un instant, elle se mit à douter.
Il se contenta pourtant de faire quelques pas dans la pièce avant de lui jeter un coup d'œil en biais.
- Oui, eh bien… Ce n'est pas vraiment le genre de chose que vous êtes censée savoir.
Le contraire aurait été surprenant, songea la jeune femme, partageant en partie ses réticences. Désireuse de se trouver sur un pied d'égalité, elle ne mit qu'un instant à se souvenir du jeu ignoble de Ba'al et elle le lui rappela doucement :
- Mais vous avez également appris certaines choses sur moi.
Jack sut rapidement à quoi elle faisait allusion et bien qu'il se détournât, elle vit ses traits se détendre. Un silence méditatif se fit et se prolongea jusqu'à ce qu'il se tourne de nouveau vers elle.
- Et vous êtes heureuse, alors ? demanda-t-il, hésitant. Je veux dire… Malgré tout ce qui s'est passé ? Vous êtes vraiment sûre d'être… heureuse ?
Comprenant ses craintes, elle lui répondit d'un sourire timide mais cependant amusé.
- Je crois que c'est le genre de chose qu'on arrive facilement à analyser. On l'est ou on ne l'est pas. C'est aussi simple que ça.
Elle se tut quelques secondes et sut qu'elle ne trouverait pas meilleur moment pour lui poser la question qui la tourmentait depuis si longtemps. Le corps tendu, les battements de son cœur soudain anarchiques, elle croisa son regard et murmura :
- … Mais est-ce que ça change quelque chose ?
- Que vous soyez heureuse, Carter ?... Ca change absolument tout, dit-il avec douceur.
Ses mains sous la table se détendirent. Ses yeux se fermèrent un court instant et un profond soupir passa le barrage de ses lèvres.
Il ne niait pas. Il ne fuyait pas.
Enfin.
Lorsqu'elle leva de nouveau son visage vers lui, il l'observait avec un mélange d'amusement et de tendresse.
Il hésita alors.
Il hésita un bref instant… puis fit un pas vers elle et s'appuya lentement contre le bureau.
- Un dîner ? demanda-t-il alors, avec sur ses lèvres un sourire qu'elle jugea irrésistible.
Plus que troublée, elle glissa une main tremblante dans ses cheveux et acquiesça, les yeux brillants de plaisir.
- Un dîner.
FIN
ZPM* : E2PZ en français.
Et voilà ! J'ai mis très très longtemps à écrire cette fic. L'action, c'est pas ma tasse de thé et comme le ship m'inspire moins… j'étais bien embêtée ! ^__^°° J'espère quand même que vous avez passé un bon moment, pour ceux qui sont arrivés jusqu'ici ! Pitié, rassurez-moi……………. -__-
