Disclamer: quelqu'un aurait une bonne vanne pour un disclaimer ?
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Je m'éveillais
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BONG !
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Ma tête heurta le plafond.
Putain, c'est quoi ce bordel encore ?
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Je tentai d'allumer la lampe de chevet sur ma droite.
Je ne rencontrai qu'un mur en métal
Je tentai alors de me tourner sur ma gauche.
Idem.
Un doute s'installa en moi.
« Toto, on est plus dans le Kansas ! »
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Ben quoi ? J'ai vu le Magicien d'Oz.
Bon, d'accord, je l'avais vu parce que je m'étais trompé et que j'avais cru rentrer dans un cinéma porno.
Je n'avais pas fait gaffe quand j'avais suivi le type qui portait un grand imper en plein mois de Juillet. J'avais cru que c'était un pervers, et des fois, un pervers, c'est pépère : le mec est tellement excité par ce qui se passe à l'écran qu'il se rend même pas compte que tu lui suces…le sang
Bon, revenons à la chose la plus importante. C'est-à-dire moi évidement.
De moi et du fait que je n'étais plus dans ma chambre d'hôtel. A moins bien sur qu'un architecte fou se soit amusé à totalement redécorer ma piaule pendant la journée.
Donc, j'étais dans une boite de métal. Et puis du genre hermétique la boite. Du bout du pied je vérifiai quand même que je rencontrai bien une nouvelle paroi métallique. Je ne pris même pas la peine de tendre mes bras au dessus de ma tête après.
Bon, Kay, t'es dans la merde. Tu fais quoi maintenant ?
Plan B ?
Plan B !
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J'en entends un qui me demande déjà ce que c'est qu'un plan B.
Bon, on va faire simple. Tu permets que je te tutoie ?
Disons que tu veux faire un truc vraiment difficile, genre croquer la fille du président des Etats-Unis.
Je te l'accorde, c'est un challenge, mais tu fais ça qu'une fois par siècle et puis tu ne vas pas passer ton éternité à te lamenter et à te faire chier dans ton coin, hein ? Hein ?
Reprenons…Donc, tu veux faire ça bien, genre artiste. Tu fais des tas de repérages, tu fais des plans de l'architecture interne du bâtiment d'après les photos que tu trouves à la bibliothèque, tu soudoies des mecs et tu découvres qu'il y a un traiteur Thaï qui vient livrer cette semaine là, tu te débarrasses du livreur et tu enfiles son uniforme. Tu prends même le temps de changer la photo du mec par ta tronche sur son laissez-passer et tu te pointes comme une fleur à la maison blanche en passant devant les gus de la sécurité. Tu vois, un plan bien chiadé, hein ? Ben ça, c'est le plan A.
Le plan B, c'est ce qui se passe après que l'un des trous du cul des services secrets se demande soudain pourquoi ce n'est pas le mec habituel qui vient et qui entreprend de téléphoner au proprio du restaurant.
Ouais, t'as compris : j'te rentre dedans, j'te pète les dents.
J'adore les plans B.
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Donc, j'appliquai le plan B habituel, à savoir arrêter de se prendre la tête et laissez parler les muscles. Ou encore : t'en à rien à foutre de la discrétion.
Je m'attendais à plus de résistance quand même lorsque ma main passa facilement à travers la paroi au dessus de moi. Par contre, je ne m'attendais pas à rencontrer une matière molle et visqueuse après.
Pour en avoir le cœur net, je ramenai le tout vers moi.
Aucun doute ne fut permis quand je sentis l'odeur. C'était un morceau de barbaque humain, et pas très frais en plus.
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ET MERDE ! Je suis ENCORE à la morgue !
Pourquoi ils se font chier à mettre à ta disposition des morceaux de carton sur lequel est indiqué « Ne pas déranger, ne pas faire la chambre » si ils n'embauchent pas des mecs qui savent lire ?
Bon, d'accord, avoir toutes les caractéristiques d'un mec mort dés que les premiers rayons du soleil se pointent, ça aide pas les abrutis à conserver leur sang froid en me découvrant à poil sur mon lit. Ils faisaient quand même chier à appeler les secours à chaque fois.
Ce n'était pas parce je ne respirais pas, que mon cœur ne battait plus et que j'avais l'air d'être mort depuis deux jours qu'ils devaient tout de suite sauter aux conclusions. Ce n'était pas ma faute si c'était seulement une apparence et que s'ils avaient pris la peine de me coller sous un de leur appareil, ils auraient vu que mon cœur battait en fait très très très lentement. Ce n'était pas non plus ma faute si c'était un effet secondaire de ma nature vampirique. Je ne savais pas pourquoi, mais c'était comme ça. Mon créateur m'avait sorti tout un baratin selon lequel nous étions des êtres maudit par Dieu le Père lui-même et que c'était pour ça que nous ne pouvions pas sortir à la lumière du jour, vu que c'était son grand chef d'œuvre. Je n'étais pas croyant, alors ses explications, il aurait mieux fait de se les garder, on aurait gagné du temps.
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Bon, revenons à ma situation.
Je savais donc où j'étais et je me doutais du pourquoi, me restait plus qu'à trouver une solution pour m'en sortir.
C'était la première fois que je me retrouvais dans leur putain de frigo quand même. D'habitude, c'était dans un sac à cadavre ou plus simplement sous un drap sur une civière. Bon, ce qui me consolait un peu dans ces histoires, c'est qu'à chaque fois, Madame la Chance avait fait en sorte que personne ne me sorte au soleil directement. Un cadavre qui rentre en combustion spontanée, ça doit faire son petit effet.
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Enfin bref, je glissai mes pieds contre la paroi du fond et je pris appui dessus pour avoir plus de force avec les bras, et je me tendis.
CRAC
Ah merde ! Je n'avais pas prévu ça !
La porte avait bien entendu cédée, mais mes pieds avaient fait de jolis trous en bas.
Bon, un problème après l'autre.
Je me hissai hors du sarcophage frigorifique et je jetai un coup d'œil autour de moi.
Ben j'étais effectivement dans une morgue, j'étais toujours aussi clairvoyant. Par contre, la porte de la pièce qui s'ouvrait, ce n'était pas une bonne nouvelle.
En plus, quand t'es à poil, c'est difficile de faire croire que tu es venu pour ton petit cousin…à moins que tu ais des mœurs bizarres.
Le mec qui entrait alarmé par le bruit se figea en me voyant. Ni une, ni deux, je me jetai sur lui, lui réglai son compte promptement et le mis à poil pour lui piquer ses fringues. Je tombai sur mon reflet en me redressant.
Putain, ça me va bien la blouse blanche !
Bon arrêtons le délire, t'as d'autres trucs à foutre là !
Plan A :
1/ Vérifier s'il n'y a pas un dossier me concernant avec de jolis photos anthropomorphiques sous toutes les coutures.
2/ Foutre le médecin légiste à ma place dans le frigo.
3/ Remettre en place la porte du frigo comme je peux
4/ Foutre le camp avant que ça dégénère.
Ah ! Mon dossier ! Bon, autant pour moi, ce n'est pas à cause d'un vulgaire larbin d'hôtel que je suis là, c'est à cause de Jimmy, il a du apprendre à flotter finalement. Les flics ont finit par obtenir un mandat et ils sont tombés sur moi en ouvrant la porte.
Je m'apprêtais à mettre en place le toubib quand je remarquai un œil affolé à travers le trou du fond en forme de pied.
ET MERDE !
Je sautai à travers le cercueil de glace en fracassant le reste de la paroi.
En atterrissant dans un vestiaire, je me retrouvai face à un jeunot à lunettes qui me regardait complètement terrorisé.
Allez, plan B.
C'est toujours beau le bruit d'une nuque qui se brise…
J'en fais quoi maintenant de celui là ?
J'avais beau être dans une morgue, les cadavres n'apparaissaient pas magiquement dedans.
Putain ! Encore du bruit ! Ca va s'arrêter un jour oui ?
Je me ruai hors du vestiaire et hurlai aux bouffons qui se pointaient.
- Oh mon dieu ! Appelez les secours !
Ces abrutis se ruèrent tous les deux dans le vestiaire pour voir qui avait besoin d'un médecin.
Je courus vers le plan de secours pour vérifier où se trouvaient les sorties. Fallait être con pour installer une morgue dans un sous-sol sans fenêtre permettant de s'échapper hein ?
Je me ruai de nouveau dans la salle de découpage, attrapai tous les produits chimiques qui s'y trouvaient, les jetai sur le sol, puis éclatai le mur sous l'interrupteur pour chopper les fils électriques.
Putain, ça fait des jolies étincelles, parfait.
N'oublie pas de virer les détecteurs d'incendies !
J'obéis à mon bon conseil et ressortis rapidement de la pièce.
Les génies qui ne m'avaient pas empêché de partir dans le couloir arrivaient enfin vers moi.
Je leur fis un grand sourire et leur mis une beigne pour les étendre pour le compte, puis me dirigeai vers la sortie de la morgue. Le temps qu'ils émergent, il y aurait tellement de fumée qu'ils finiraient intoxiqués à mort.
En remontant l'escalier, je vis que j'étais dans un bâtiment minuscule en fait, sans doute une annexe de la morgue principale de la ville.
Je fouillai les poches de la blouse. J'aurais du jouer au loto ce soir là : il y avait des clefs et un paquet de clopes avec briquet fourni.
S'il y avait d'autres occupants dans l'édifice, ils finiraient grillés eux aussi avec un peu de chance.
Je mis le feu à un maximum de trucs avant de refermer derrière moi la porte d'entrée, puis je cassai la clef dans la serrure.
Bon, ce n'était pas très subtil tout ça, je dois le reconnaitre, mais au moins, le temps que les poulets démêlent cette histoire et se rendent compte qu'il manquait un corps, j'aurai changé de coin depuis un long moment.
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En route pour l'Amérique du sud ! Youpi !
Putain, que je déteste cette partie du monde…
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Et de un... Ils sont plutôt superstitieux là-bas
Et vu le nombre de légendes qui circulent sur les vampires dans ce coin du globe, tu fais UN faux pas et ils te séparent la tête du corps proprement.
J'ai beau être fort, super résistant et tout et tout, quand tu tombes sur des mecs décidés à tout mettre en œuvre pour te décapiter après t'avoir transpercé le cœur, ben t'as quand même peu de chance de t'en sortir.
Ouais, mais c'est que des humains me direz vous…
Ben, ça nous amène au petit deux :
Les vampires qui y croupissent ne te laissent pas vraiment de terrain de chasse important et il te reste que des bleds paumés pour être peinard. Et puis du genre tellement vieux ces vampires, qu'ils étaient là-bas avant que je vienne au monde. Ils y sont arrivés en marchant au fond de l'océan ou un truc du genre. De vraies barges, à peine civilisés et en plus ultra chatouilleux concernant leurs territoires. Bref, si tu fous le pied au mauvais endroit, c'est comme jouer à la roulette russe avec un semi-automatique : t'as aucune chance
Bon, y'a pas que des mecs comme ça, mais tu sais jamais sur qui tu tombes avant que débute l'affrontement.
J'ai eu un petit territoire là-bas autrefois (je l'avais récupéré en éclatant la tête d'un jeunot nouvellement installé), mais les voisins immortels et les péquenots vindicatifs qui s'amusaient à organiser des fouilles de jour pour essayer de me choper m'avaient convaincu de me barrer sous des cieux plus cléments.
Vous me direz : ben et le Canada alors ?
Ben je ne supporte pas leur accent. Me demandez pas pourquoi, mais chaque fois que je tombe sur un putain de francophone, ça me fait grincer des dents.
Donc, direction l'Amérique du sud, probablement le Brésil ou le Paraguay.
Mais avant, j'avais un truc à faire.
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Le prochain chapitre, demain, je ne peux pas faire autrement, j'ai promis à une copine de pas le publier un jeudi soir parce qu'elle ne serait pas devant son pc…
