CHAPITRE II
Comme prévu, j'ai passé une longue nuit blanche, grâce à mon très cher voisin ; et lorsque, le lendemain matin « à la première heure », Ivackas arrive, je suis chauffée à blanc. Il m'écoute râler patiemment, se contentant de me demander de baisser un peu le ton, à cause d'Etan, qui est juste à côté et qui est sûrement encore en train de dormir ; ce qui a pour effet direct de me faire hurler de plus belle. Je me fiche complètement de savoir que je le réveille, et ça m'est à peu près égal qu'il puisse m'entendre ou non.
- Bon, est-ce que tu as fini ? me demande-t-il, une fois que je ne sais plus de quel malheur de la terre l'accuser.
- Oui, je grogne en m'enfonçant dans mon oreiller avec mauvaise humeur. Mais j'ai l'impression que tu n'as pas écouté un mot de ce que j'ai dit.
- C'est possible ; mais maintenant, c'est à moi de parler. Tout d'abord, je ne t'ai pas dit qu'il était à côté pour deux raisons : d'une parce que l'infirmerie est publique. Ce n'est pas ta résidence secondaire, et c'est mon métier de soigner tout le monde ; et de deux, je savais comment tu réagirais et que je devais te garder ici tout de même. Et je n'allais pas non plus jeter Etan dehors…
- M…
- Oui, je sais, ça ne t'aurait posé aucun problème, à toi. Bon dieu, t'as un de ces fichus caractères ! Mais j'ai une bonne nouvelle : comme tu sembles être en pleine forme, tu vas pouvoir regagner ta chambre. Je vais faire une prise de sang, et tu pourras y aller. Il suffira que tu restes allongée pendant quelque temps.
Il tire une seringue de son sac et s'approche.
- Qu'est-ce que c'est que ça, encore ?
- Comme je viens de te le dire, je dois te prélever du sang pour les analyses. Et je n'ai pas encore eu connaissance de méthode ne nécessitant pas de seringue.
- Tu crois pas que j'ai eu assez de piqûres comme ça depuis hier ?
- Eva, c'est important.
- Très bien, dis-je du ton du martyr, en tendant mon bras.
Il me raconte ce qu'il va faire du prélèvement, toutes les procédures à accomplir, toutes les étapes de la recherche, et pendant un moment je me demande s'il parle toujours français. Pendant ce temps, il continue à me retirer du sang.
- Dis, tu comptes m'en laisser un peu ?
- J'en suis qu'au deuxième flacon, Eva. Tu ne risques pas de finir anémiée, ne t'en fais pas. Allez, ça ira. Ce sera un peu juste pour toutes les recherches que je dois faire, mais bon... On aura les résultats ce soir, je viendrai te voir à ce moment-là. Casey va venir te chercher et te ramener à ta chambre. Et je ne veux pas que tu en bouges, c'est entendu ?
Compte là-dessus, mon vieux.
- Eva, tu m'as bien compris ?
- Oui, je soupire, je suis pas stupide.
- Stupide, non. Mais tu es bien la plus grande tête de mule que je connaisse…
C'est pas faux.
- Tu ne bouges pas de ton lit, c'est un ordre. Compris ?
- Oui, chef, je grogne.
Bon, c'est vrai que je lui ai déjà fait ce coup-là… Il a l'habitude, il me connaît…
- Alors tu peux y aller.
Il me donne un potion à l'odeur écœurante à boire, qui, paraît-il, me redonnera des forces pour compenser la perte de sang. J'inspecte le contenu du gobelet qui a à peu de choses près l'aspect de la boue qu'il aurait très bien pu aller prélever dans le jardin plus tôt. Eurk. Dès qu'il a le dos tourné, je jette son médicament dans un des pots de fleurs. Casey arrive à ce moment-là. Je l'attrape par le bras et je le traine dehors avant qu'Ivackas ne change d'avis.
- Est-ce que ça va ? me demande Casey une fois que nous sommes à une distance suffisante du docteur.
- Un peu fatiguée. Ivackas m'a prélevé des litres de sang…
- Et les résultats ?
- Ce soir.
- Tu as peur ?
- Pff… De quoi ?
- Oh, arrête !
Mine de rien, il me connaît bien, Casey. Il sait bien ce qui m'inquiète, au fond. Il faut probablement être la plus grande idiote de la terre pour avoir peur de résultats qui expliquent pourquoi je guéris facilement, pourquoi des blessures qui devraient me tuer ne me font pas plus mal que des égratignures. Seulement, dans mon univers, les réponses que l'on obtient ne sont jamais celles que l'on souhaite entendre, ma famille en a assez fait l'expérience.
- Laisse-moi tranquille, je grogne en tournant la tête.
Il sourit en voyant qu'il a tapé en plein dans le mille, passe son bras autour de mon cou pour m'attirer vers lui et me tient un moment comme ça tandis que nous marchons toujours. Et pendant un moment, la peur s'en va.
- T'as pas passé une bonne nuit, toi. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Etan était à l'infirmerie, aussi.
- Aïe. Vous vous êtes encore disputés ?
- Comme d'hab. Je me suis demandé si je n'allais pas en profiter pour le jeter par la fenêtre. Heureusement qu'Ivackas a bien voulu que je sorte, parce que j'aurais pas tenu longtemps. Et puis, le peu de temps qu'il m'a laissée dormir, j'ai fais des rêves bizarres et pas agréables, je râle.
Casey sourit en hochant la tête. Même si mon acharnement concernant Etan l'amuse, il est une des – très! – rares personnes à ne pas le partager. Malgré nos innombrables discussions à ce sujet, je n'ai jamais pu savoir clairement ce qu'il en pensait. C'est juste quelqu'un qui, de façon générale, ne pensera de bien ou de mal d'une personne que s'il est directement confronté à elle ; et ça me dépasse un peu que, alors que tout le reste de la BGU – voire de la planète – a pu se faire une idée sur Etan Almasy, Casey reste si peu concerné. Il m'écoute toujours patiemment, me sermonne un peu quand il estime que j'ai exagéré, mais de façon générale, il reste neutre, et peu convaincu de mes déclarations d'innocence concernant l'origine des disputes avec Etan. Évidemment, il n'a pas tort, mais je ne trouve pas que ce soit une raison pour ne pas me soutenir.
Nous traversons les longs couloirs de la BGU. Ils sont pleins de monde, et voir toutes ces personnes marcher dans tous les sens me donne vite le tournis. Casey doit me tenir plus fermement et il accélère le pas, un peu inquiet. Je commence à me dire que j'aurais peut-être dû le boire, ce maudit médicament…
Nous croisons plusieurs élèves de notre classe, qui viennent me demander de mes nouvelles. Je n'ai même pas la force de leur répondre, nous passons devant eux en les ignorant ; j'entends juste vaguement Casey leur lancer des excuses et nous continuons. Plus loin, nous croisons aussi Kern qui, sans doute effrayé par la perspective de croiser Ivackas s'il se rapprochait de l'infirmerie, nous attendait en embuscade près de la porte des dortoirs. Il lance un regard inquiet à un Casey visiblement mécontent, m'offre un bouquet de fleurs en s'excusant encore une fois et s'enfuit sans demander son reste. Bouquet qui, une fois que nous avons dépassé le champ de vision de celui qui me l'a offert passe par la première fenêtre que nous trouvons. La dernière fois qu'il m'a offert des fleurs pour s'excuser de m'avoir envoyé à l'infirmerie, il les avait cueillies dans le jardin de la BGU, et il y avait des guêpes cachées à l'intérieur. J'ai pas fait attention quand je les ai prises. Résultat : retour direct à l'infirmerie moins d'un quart d'heure après en être sortie. Alors merci bien.
On arrive dans la chambre double que je partage avec Bess et je me mets immédiatement au lit. J'ai l'impression de ne plus avoir de forces. J'aurais vraiment dû la boire, sa fichue potion. Casey me borde comme si j'étais une petite fille, puis me laisse sans même que je m'en rende compte. Je suis complètement dans les vapes et je ne tarde pas à m'endormir.
Je me réveille au bout de quelques heures, plutôt en forme. Il me faut quelques instants pour comprendre par quoi j'ai été réveillée. On croirait qu'un troupeau de T-rex a été lâché dans le couloir et se dirige vers ma chambre. La porte s'ouvre à toute volée. Mais ce n'est pas un T-rex.
Pire que ça.
C'est ma sœur, Léna.
- EVAAAA ! s'écrie-t-elle en bondissant sur le lit pour se jeter à mon cou.
- Mmmf… Léna… arrête… tu m'étouffes…
Je me demande si elle sait qu'elle est rentrée parce que je suis censée être gravement blessée… Seigneur, cette gamine a beau n'avoir que six ans, c'est un vrai rouleau compresseur…
- Oh, pardon !
Elle s'assoit à côté de moi, le visage grave.
- J'ai eu tellement peur ! Maman a dit que tu étais blessée ! C'est pas grave, hein ?
Voilà qu'elle a les yeux pleins de larmes, maintenant.
- Mais oui, ça va. Si je peux survivre en vivant avec toi, je vois pas ce qui pourrais me tuer, je rigole en la chatouillant.
Elle se tortille de rire, rassurée. J'aperçois alors Maman, qui se trouve sur le pas de la porte, à nous observer. Elle me sourit et rentre.
- Est-ce que ça va, ma chérie ? Demande-t-en s'asseyant sur le lit.
- Je viens de survivre à une tentative d'assassinat de plus i peine trente secondes, je ris.
- Léna, chérie, laisse ta sœur tranquille, elle a besoin de se reposer.
- Oh, ça va en fait. Ça aurait pu être pire. Ivackas ne comprend pas comment j'ai pu m'en sortir à aussi bon compte, d'ailleurs. Et moi non plus. Depuis toute petite, j'arrive à survivre à toutes sortes d' accidents dans ce genre sans le moindre problème… Remarque, je ne me plains pas.
- Tu peux remercier ton ange gardien, sourit Maman. Parce qu'il en a du boulot, avec toi.
Je ris. Ce n'est pas faux, évidemment ; mais puisqu'il est si efficace, cet ange gardien, pourquoi ne pas en profiter, hein ?
Maman est tellement jolie ! Elle a une superbe chevelure d'un noir profond, de grands yeux noirs brillants et un sourire magnifique. J'aurais vraiment aimé lui ressembler. Moi, je tiens plutôt à mon père. Tout le monde le dit. J'ai ses yeux bleus, des cheveux châtains, et son sale caractère. Pas vraiment grande. Plutôt ronde. Vraiment banale, quoi. Grand-père Laguna prétend que je ressemble à ma grand-mère, Raine. Je préfère nettement cette comparaison. Tiens, mais…
- Où est Papa ? je demande.
- Heu, il est…
- A l'infirmerie ! s'écrie Léna. Il est allé voir…
- Léna, tais-toi, tu veux, l'interrompt Maman.
- A l'infirmerie ? Mais qu'est-ce qu'il fait là-bas, je …
Puis je comprends. Ma voix se coupe, et une grosse boule se forme dans ma gorge. Maman fait sortir Léna de ma chambre, malgré ses protestations.
- Ma chérie, me fait doucement Maman, je t'en prie ne réagis pas comme ça, il est juste…
- ...allé voir Etan, c'est ça ?
J'aurais dû m'en douter. Il est allé voir ce garçon directement, à peine arrivé. Et moi, il…
- Eva…
- Non, mais ne t'en fais pas, il n'y a aucun problème, dis-je, la voix tremblante de colère. Sa propre fille a été blessée, mais il s'en moque ; lui, c'est Etan qu'il va voir! Nooon, il n'y a aucun problème pour moi. Pourquoi? Ça t'en pose un, à toi ?
Je deviens complètement hystérique, là, mais c'est plus fort que moi.
- Eva, il voulait juste parler au docteur…
J'ai l'impression que je n'arrive plus à respirer et les mots ont de plus en plus de mal à sortir ; non... ne pas pleurer… Reprends-toi, ma fille. Bon sang, mais calme-toi, qu'est-ce qui t'arrive... Respirer… Il faut respirer calmement. Maman se lève et se dirige vers la porte.
- Tu es épuisée, je vais te laisser te reposer, je crois que tu ne sais plus ce que tu dis, me dit-elle doucement.
- Oh que si je sais ! Je braille en me redressant dans mon lit. Je ne dis que la vérité depuis tout à l'heure, tu le sais très bien ! Mais vas-y, va le voir ! Et dis-lui bien que surtout, c'est pas la peine qu'il se presse de venir me voir. Je suis pas encore mourante. Présente-lui mes excuses!
- Je suis vraiment désolée que tu penses une chose pareille de ton père, Eva, dit-elle tristement avant de sortir et de refermer la porte .
Des larmes de rage coulent sans que je puissent les arrêter. Je… j'ai toujours su qu'il préférait Etan, après tout. Mais là, je sais pas… j'ai pas pu me contrôler... c'est pas comme si ça me faisait quelque chose, je m'en fiche après tout, hein. Oui, la fatigue, c'est ça.
Faut vraiment que je dorme…
Comme si ça ne suffisait pas, la porte s'ouvre à nouveau, sur une Quistis éberluée.
- Mais qu'est-ce qui se passe, ici ? Je viens de voir ta mère sortir, complètement bouleversée ! Qu'est-ce qu'il y a ?
- Ri… rien du tout, je hoquète, alors que je sanglote comme jamais.
- Eva. Je veux savoir.
- Laisse-moi tranquille…
- Eva, qu'est-ce que tu as dit à ta mère ?
- Juste la vérité. Ce n'est pas de ma faute si elle ne veut pas l'admettre.
- C'est à propos d'Etan, c'est ça ?
- Mais qu'est-ce que vous avez tous avec ce garçon ?!
C'est quand même pas croyable ! Pourquoi est-ce qu'il est toujours question de lui ? Quistis vient s'asseoir sur le bord de mon lit, le visage grave.
- Tu as vu ton père ?
Je lui envoie un regard foudroyant, elle capte tout de suite le message.
- Bon, je n'insiste pas. Je venais prendre des nouvelles, mais je vois que ce n'est pas vraiment le moment.
J'arrive à grande peine à reprendre le contrôle de moi-même. Pour me faire penser à autre chose, elle me parle de tout et de n'importe quoi ; de Selphie qui ne devrait plus tarder à accoucher mais continue à cavaler dans tous les sens, d'Irvine qui se comporte toujours comme un gamin… D'Ellone qui pense rajouter une nouvelle aile à la fac de Winhill qui se trouve victime de son succès... Au bout d'un moment, ça finit par marcher plus ou moins, je suis plus calme.
Quistis est un professeur formidable. C'est un peu une mère, pour tous les élèves de la BGU, et après Maman, c'est la personne que j'admire le plus. Mais elle doit repartir : il est tard et elle doit préparer des cours pour demain - cours auxquels je ne pourrai pas insister, ordre du médecin, comme elle me le répète d'un ton ferme afin de couper court à toute protestation de ma part. On frappe à la porte au moment où elle se lève. Décidément, ils se sont tous donné le mot pour me pourrir la journée…
La porte s'ouvre et Ivackas entre, un dossier à la main. Tiens, je l'avais oublié, celui-là. Il salue Quistis qui sort et referme doucement la porte derrière elle.
- Bonsoir.
- Les résultats ? je devine.
- Heu... oui.
- Et ça n'a rien donné ?
- Eh bieeen… non.
Tu m'étonnes.
- Alors, docteur, qu'est-ce que vous recommandez, maintenant ?
- Écoute, tu d…
- Alors là je t'arrête tout de suite, c'est hors de question.
- Mais je n'ai même pas fini ma phrase !
- Oui, mais je sais ce que tu vas dire.
- Alors pourquoi tu me l'as demandé ?
- Je suis fatiguée, Ivackas, je soupire en me massant les paupières. Ça a juste ralenti ma réaction. Je n'irai pas voir le professeur Geyser.
Ça fait des années qu'il me bassine avec son graaand Professeur Geyser, le génie, la légende. En fait, c'est rien de plus qu'un vieux dingue. Mais Ivackas l'admire - que dis-je, l'adule, pour tous les grands travaux qu'il a menés.
- C'est la seule solution. Il n'y a que lui qui puisse découvrir ce qui se passe.
- Il est complètement sénile !
- Ne parle pas comme ça de lui ! C'est un très grand savant ! Il saurait sûrement résoudre ce mystère…
- C'est non.
- J'ai parlé à ton père.
Et voilà.
- Il est d'accord.
J'aurais dû m'en douter.
- J'arrive pas à croire que tu m'aies fait ça ! je fulmine.
- Enfin, Eva, c'est pour ton bien !
- Et ça ne compte pas si je ne suis pas d'accord ?
- Non. Tu as rendez-vous dans deux jours, répond-t-il tranquillement en refermant mon dossier et en le calant sous son bras. D'ici là, tu ne bouges pas de ta chambre.
- Tu me le paieras.
- D'accord. Autre chose ?
- Je suis tout le temps fatiguée, je geins en me laissant retomber sur mon oreiller. J'ai l'impression d'être une vraie larve, j'en ai marre. Ça va durer combien de temps, encore ?
- Je t'avais dit de boire le médicament.
- Qu'est-ce qui te fais croire que je ne l'ai pas fait ?
- Mon géranium crevé.
- Il est crevé, et tu voulais que je boive ça ? Je demande, ahurie.
- Eva, ce produit n'est normalement pas fait pour les plantes. Tu sais, il faudrait vraiment que tu comprennes que si je te dis ou je te donne quelque chose, c'est pour ton bien. Mon métier, c'est de soigner. Soigner, tu comprends ce que ça veut dire ? Tu vois, continue-t-il en adoptant le ton qu'on prend pour s'adresser à un demeuré, le médecin, il donne des médicaments à des gens malades. Pas pour les faire clamser, mais pour les guérir.
- Ça va, je grogne. Désolée d'avoir blessé ton ego.
- Bien. D'ici deux ou trois jours, tu iras mieux.
- Tu veux dire que tu ne vas rien me donner ? Tu vas me laisser comme ça ? Je comprends, indignée.
- Ça te servira de leçon. Mon... ego s'en remettra avant toi, je peux te le garantir.
Indignée au possible, je le regarde, la bouche bée, sans trouver mes mots.
- Et les potions comme celle que je t'avais prescrite ne se préparent comme ça. Alors j'aime autant les garder pour ceux qui ne considèrent pas que mon seul but dans la vie est de les envoyer à la morgue, répond-t-il d'un ton acide.
- Hé ! Je proteste. J'ai dit que j'étais désolée.
- Et tu le pensais tellement... grince-t-il. De toute façon, d'ici quelques jours tu pourras te lever. Mais pas d'entraînements avant une semaine.
- Une semaine ? T'es pas bien ! Je ne peux pas rester une semaine sans rien faire !
- C'est ce qu'on va voir...Tes professeurs sont prévenus, de toute façon. Alors si tu tentes quoi que ce soit...
- Ivackas ! Je m'écrie, ulcérée par son toupet.
- Va falloir que tu t'y fasses. Je suis le médecin, et tu dois écouter ce que je dis. Pour ton bien. Pense à la potion qui a desséché mon géranium alors qu'elle devait te soigner... me nargue-t-il.
- Mais qu'est-ce que je vais faire en attendant ?
- J'en sais rien. Mets-toi au tricot. Fais-toi un joli pull. Allez, il faut que j' y aille.
Je le regarde sortir, la bouche bée de stupéfaction et d'indignation.
Je t'en ficherai, moi, des tricots.
Commentaire de l'auteur :
En corrigeant, j'ai hésité à le regrouper avec le premier chapitre. Puis je me suis dit, pour un début, pas la peine de faire trop long, le premier chapitre servait juste à présenter en gros les personnages, pas la peine d'en faire des tonnes.
Principalement, j'ai modifié le passage où Casey raccompagne Eva à sa chambre, et la fin de la discussion entre elle et Ivackas, même si la conclusion est la même.
A plus !
