Promesse de l'esprit

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas.

Résumé : Hermione, Harry et Ron sont des Moroï. Sirius est le gardien d'Harry, jusqu'au jour où ce dernier se fait enlever par le Strigoï Voldemort. Sirius veut le retrouver mais il est assigné à la garde d'Hermione.

Pairing : Sirius/Hermione

Note : Ceci est un UA et un cross over entre Harry Potter et Vampire academy

Chapitre cinq

Hermione observa le dessin. Puis elle leva les yeux vers Rose, troublée. Celle ci l'observait avec intensité.

- Tu sais ce que c'est ?

Hermione secoua la tête.

- Non. Mais cela me dit quelque chose.

C'était vrai. Cette marque lui rappelait quelque chose, mais elle n'arrivait pas à définir quoi, ce qui était frustrant. Surtout en cet instant, ou cela pourrait leur permettre de retrouver Harry. Elle devait se souvenir. Elle devait sauver Harry, s'il pouvait encore l'être.

Christian la tira de ses pensées avec un petit rire.

- Voilà ce qui arrive quand on est aussi érudit. On a tellement de connaissances en tête qu'on ne peut pas toutes les retenir.

Hermione s'autorisa un sourire devant son air taquin.

- C'est vrai.

Elle devait se souvenir de ce dessin. Mais comment ? En trouvant un moyen de forcer sa mémoire, sans pour autant qu'elle devienne folle. Peut-être l'hypnose...mas oui ! Une idée venait subitement d'apparaître dans son esprit. Elle se tourna vers Rose et Christian. La première arqua un sourcil.

- Tu t'es déjà souvenue ? Tu es rapide.

Hermione secoua la tête.

- Mais non !

Rose fronça les sourcils.

- Dans ce cas, pourquoi semblais-tu avoir une révélation ?

Hermione esquissa un sourire.

- Parce que je viens d'avoir une idée.

- Laquelle ? S'enquirent Rose et Christian d'une même voix.

Hermione les regarda tour à tour.

- Je pourrais faire une séance d'hypnose avec Lissa.

Leur réaction ne se fit pas attendre.

- Bien pensé, fit Christian, impressionné.

Rose, en revanche, semblait réticente, à la manière dont elle s'était raidie.

- Je m'y oppose. Lissa est fragile quand elle manipule l'esprit. Je pensais que toi aussi, cela t'inquiéterais, Christian.

Ce dernier parut piqué au vif. Ce n'était guère étonnant, dans la mesure ou Rose était douée pour provoquer les gens. D'ailleurs, elle n'avait pas dû accepter très facilement que Lissa prenne Christian comme petit-ami, dans la mesure où il pouvait être dangereux pour elle. Cependant, Hermione les voyait désormais souvent ensemble et ils semblaient entretenir une relation amicale.

- Cela m'inquiète. Mais c'est à Lissa de décider.

Rose ne répondit rien mais il sembla à Hermione comprendre son état d'esprit. Dans la mesure où elle tenait à protéger sa meilleure amie, elle devait penser savoir ce qui était bien pour elle, parfois mieux qu'elle. En effet, les spécialistes de l'esprit étaient heureux quand ils utilisaient leurs pouvoirs, bien qu'ils soient dangereux pour eux. Aussi, Rose devait sans doute redouter que Lissa ne sache pas s'arrêter quand c'était nécessaire. Hermione la comprenait.

- Excuse-moi d'avoir proposé cette idée, Rose. Je vais demander à un professeur ou à la directrice s'ils connaissent ce symbole.

Quelque chose dans le regard de Rose changea.

- Non. Pas Kirova.

Hermione fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Elle s'en servira pour ses intérêts, pas les tiens.

- Notre intérêt est le même. Retrouver Harry ! s'indigna Hermione.

Rose hocha la tête.

- Je n'ai pas voulu dire le contraire. Cependant, elle refusera de partager ses connaissances avec toi.

Hermione perdit patience.

- Dans ce cas, qu'est-ce que je fais ?

Rose prit un air résigné.

- On va tenter le coup avec Lissa. Si elle accepte, je saurai l'arrêter au cas où les choses tourneraient mal.

Hermione la regarda avec étonnement.

-Merci.

Christian lui adressa un clin d'œil, comme pour féliciter Hermione d'avoir réussi à convaincre Rose.

Lissa accepta sans hésiter. Elle était ravie de pouvoir aider et de mettre sa magie au service du bien. Cela dit, Hermione doutait qu'elle ait déjà eu de mauvaises intentions en utilisant une magie qui pouvait soigner les blessures. Cependant, Lissa n'avait jamais tenté d'hypnotiser quelqu'un afin de faire rejaillir ses souvenirs. Elles étaient assises dans un salon pour élèves de l'académie.

- Qu'est-ce que je dois faire ? M'allonger sur un divan ? plaisanta Hermione.

Lissa lui adressa un sourire.

- Non. Il vaut mieux que tu gardes les yeux ouverts et que tu ne me quittes pas du regard. Sinon, il me sera difficile de t'hypnotiser.

Hermione se sentit un peu bête, ce qui était une première pour elle. Lissa lui sourit.

- Détends-toi. Ce ne sera pas désagréable.

Hermione comprit qu'elle utilisait déjà la suggestion car elle se sentit soudainement légère et reposée. Elle ne voyait plus qu'une paire d'yeux d'un vert profond.

- Tu es en sécurité. Tu es bien. Mais tu es assez forte pour remonter dans le passé. Où as-tu vu ceci ?

Un dessin apparut dans le champ de vision d'Hermione. Une tête de mort crachant un serpent. Cette image ne collait pas avec la paix qui l'environnait. Soudain, elle bascula brutalement dans un autre monde.

Elle était avec Harry, ils étaient enfants. Des gens criaient autour d'eux, il y avait une bagarre. Elle reconnut alors ses parents, aux mains de Strigoï. Ils avaient ce dessin sur leur bras. Parmi eux, se trouvait un homme entièrement chauve, au teint encore plus pâle que les autres et dont les yeux écarlates semblaient fous.

Hermione poussa un cri. Subitement, elle revint à la réalité.

- Hermione ! Ça va ? Ne t'inquiète pas, c'est terminé.

Hermione reconnut Lissa. Sa voix suffit à l'apaiser et atténuer son choc. Elle respira un grand coup et se calma.

- Est-ce que ça va ? s'enquit Lissa.

Hermione acquiesça.

- Oui. Et toi ?

Lissa lui adressa un sourire.

- Bien, ce n'est pas pour moi qu'il faut t'inquiéter.

- Je ne suis pas sûre d'être d'accord avec ça, intervint Rose. Tu t'es souvenue de quelque chose, Hermione ?

Cette dernière hocha la tête.

- Pour ça, oui.

Elle s'était souvenue de la mort de ses parents, du fameux moment où Harry avait survécu à Voldemort, le faisant fuir et sauvant la vie d'Hermione par là même. Elle ne tenait pas à en parler. Comme Lissa, Christian et Rose étaient suspendus à ses lèvres, elle décida de dévoiler ce qui était nécessaire.

- Cette marque appartient aux fidèles de Voldemort.

Rose réagit la première.

- Les mangemorts? Ceux qui veulent à la fois la magie et l'immortalité ?

Hermione acquiesça.

- Oui. C'est Voldemort qui a enlevé Harry.

XXX

Ginny avait soif. Après tous ces événements, elle n'avait pas pensé à se nourrir. Harry avait été enlevé et les gardiens venaient de découvrir, grâce à Hermione, que les mangemorts étaient coupables. Sa meilleure amie avait montré la marque à la directrice. Comme c'était Rose qui l'avait dessinée à partir du tatouage qu'elle avait vu sur les Strigoï, c'était donc également grâce à elle également.

Elle voulait apprendre à se battre, pour retrouver Harry. Elle s'entraînait avec Ron depuis longtemps, car il admirait les gardiens et avait donc pris des courts d'arts martiaux. Pourtant, ce n'était pas la même chose qu'avec un professionnel. Pour cela, Sirius était tout trouvé. Elle devait le convaincre mais avant cela, devait se nourrir.

Alors qu'elle se rendait aux sources, elle vit quelqu'un, un garçon qui buvait goulûment au cou d'une humaine. Sa voracité n'était pas naturelle et pouvait être dangereuse.

- Hé, toi : Arrête, c'est dangereux !

Le garçon tressaillit au son de sa voix, et se retourna.

- Ginny ?

Elle poussa un cri en le reconnaissant.

- Harry !

Sans réfléchir, elle se jeta dans ses bras. Il tremblait. Lorsqu'il lui rendit son étreinte, elle réalisa que ses bras étaient glacés. Elle se dégagea et regarda Harry. C'était bien lui, mais il était d'une pâleur de craie et ses yeux étaient cerclés de rouge. Il était devenu un Strigoï.

- Ce n'est pas vrai ! dit-elle d'une voix étouffée. Pas toi !

Elle lut sur son visage une émotion qu'elle n'avait jamais vue sur le visage d'un Strigoï, dans la mesure où ils n'en ressentaient aucune. De la tristesse. Sans doute un effet de son imagination. Harry. L'homme qu'elle aimait, devenu un Strigoï. Il avait perdu son âme. C'était tellement injuste. Elle tenta de se ressaisir. Depuis sa disparition, elle s'était procuré un pieu en cachette. Elle le brandit et menaça Harry, consciente qu'elle ne saurait pas s'en servir.

- Ne m'approche pas.

Harry esquissa un sourire amer.

- Tu es plus courageuse que Cho.

Ginny blêmit.

- Tu as tué Cho ?

Elle ne l'aimait pas beaucoup mais cela ne changeait rien au fait que cette perspective la remplissait d'horreur. Cho ne méritait pas cela et elle avait beau avoir un Strigoï avec l'apparence de Harry en face d'elle, elle ne pouvait réaliser qu'il avait tué sa petite amie.

À sa grande surprise, Harry secoua la tête.

- Non. Je l'ai laissée s'enfuir.

Ginny ressentit un mélange d'incrédulité et de soulagement.

- Pourquoi aurais-tu fais ça ?

Harry plongea son regard vert cerclé de rouge dans le sien.

- Je déteste ce que je suis devenu. Tu devrais me tuer, avant que je ne commette l'irréparable.

Ginny lut la souffrance dans son regard. Cela le rendait...tellement humain. Elle n'aurait jamais cru qu'elle éprouverait de la compassion envers un Strigoï mais c'était Harry et il souffrait. Elle se ressaisit. Peut-être était-ce une ruse. Elle n'avait jamais entendu parler de Strigoï ayant conservé leur âme. Malgré sa méfiance, la question jaillit de sa bouche presque malgré elle.

- Tu veux dire que tu n'as encore tué personne ?

Harry secoua la tête.

- Non. Mais ce n'est plus qu'une question de temps. Tue moi !

Ginny resserra son emprise sur le pieu, puis la desserra. Elle ne pouvait pas faire ça. Elle allait appeler quelqu'un, un professeur. Pas Sirius, car elle ne pouvait imaginer sa réaction en voyant Harry en Strigoï. Harry vit son hésitation et s'empara du pieu. Il le dirigea droit sur lui.

- Non ! hurla Ginny.

Comme par miracle, elle réussit à l'arrêter. Harry, surpris, laissa retomber le pieu.

- Ne fais pas ça, Harry. Je t'en supplie.

Alors qu'elle ravalait ses larmes, Harry la regarda comme s'il la voyait pour la première fois. La souffrance persistait dans son regard et Ginny sut qu'elle était réelle. D'ailleurs, elle venait de se souvenir que les Strigoï étaient non seulement incapables de ressentir des émotions, mais aussi de les imiter. Harry souffrait réellement. Il avait réussi à garder sa part d'humanité. C'était une première dans l'histoire des vampires et cela changeait tout.

- Ginny, pourquoi m'empêche tu de le faire ? Demanda-t-il.

Sa voix était douce, dénuée de reproches et sincère.

- Pourquoi je t'empêche de te tuer ?

Harry acquiesça.

- Oui.

- Parce que je te crois quand tu dis que tu as laissé partir Cho.

Le regard de Harry se durcit.

- Ce n'est pas une raison. Je dois mourir. Même si j'ai gardé une part de mon âme, mon corps a besoin de sang. De beaucoup de sang.

Ginny se rappela qu'ils étaient dans la salle des sources et réfléchit quelques secondes.

- D'accord. Quittons cet endroit. Je vais te procurer des poches de sang et nous allons aller quelque part où on ne te verra pas.

Harry émit un grognement.

- Pourquoi ? Tu veux retarder ma mort, alors que je représente un danger ?

Ginny planta son regard dans le sien.

- Je ne suis pas inconsciente. Seulement, j'ai besoin que tu me donnes des explications. Tu me dois bien cela.

Harry émit un nouveau grognement, puis hocha la tête.

- D'accord.

Elle lui arracha son pieu des mains.

- Et je récupère ceci ! déclara-t-elle sévèrement.

Ginny, toujours ébranlée, alla à la banque de sang de l'académie récupérer plusieurs poches. Ensuite, elle quitta l'académie avec Harry et ils marchèrent dans les bois. Bientôt, ils trouvèrent une clairière et Ginny songea que c'était l'endroit idéal. De nuit, du moins. Si les Moroï enduraient difficilement la lumière du soleil, les Strigoï ne la supportaient pas du tout.

Une fois arrivée, elle tendit une poche de sang à Harry.

- Bois, dit-elle.

- Merci.

Il s'empara de la poche et la vida en quelques lampées. Ginny lui en tendit une autre.

- Encore ?

Harry sembla en proie à un combat intérieur, puis il secoua la tête.

- Non, merci.

Le rouge de ses prunelles était luisant et du sang ruisselait de sa bouche. Il semblait si peu humain. Il sembla s'apercevoir du regard que Ginny lui portait et détourna la tête. Cette dernière s'en voulut et lui tendit une serviette pour s'essuyer.

- Tiens.

Il ne le prit pas tout de suite.

- J'ai honte que tu me voies ainsi.

Ginny se baissa pour voir son visage et lui adressa un sourire rassurant.

- Ce n'est pas de ta faute, d'accord ? Ton corps a besoin de sang.

Harry poussa un juron.

- C'est ça ! Et si je tue des gens, ce ne sera pas de ma faute non plus ? Cela arrivera, Ginny, tôt ou tard.

Ginny prit un air autoritaire.

- Nous discuterons de cela plus tard. Pour le moment, tu vas accepter cette fichue serviette et répondre à mes questions.

Harry, surpris, obéit et s'essuya la bouche. Ginny se rassit près de lui, étonnée par sa propre assurance. Elle avait toujours eu tendance à perdre ses moyens devant Harry, par le passé. En cet instant, c'était tout le contraire. Il la contempla en silence quelques instants. Puis il lui adressa un signe de tête encourageant.

- Que veux-tu savoir ?

Ginny avait plusieurs questions en tête. Elle décida de commencer dans l'ordre.

- Pourquoi Voldemort t'a transformé en Strigoï ?

Harry lui lança un regard surpris.

- Comment sais-tu que c'est lui qui m'a enlevé ?

- Sirius a réussi à tuer deux des Strigoï qui étaient venu t'enlever. Il y avait la marque des ténèbres sur leur bras. Je suppose que tu sais de quoi il s'agit.

Harry esquissa un sourire amer.

- Je ne le sais que trop bien, maintenant.

Ginny fronça les sourcils.

- Je ne comprends pas. Ils ont fait de toi l'un des leurs ? Ils n'ont pas voulu te tuer ?

Harry secoua la tête.

- Non. Ils voulaient faire une expérience. Selon Voldemort, j'ai reçu des pouvoirs particuliers à ma naissance et il pensait que je serais capable de conserver ma magie même une fois devenu Strigoï.

Ginny se rappela d'un détail qui n'était pas moindre. Cela tombait sous le sens.

- Mais oui ! C'est pour cela que tu as réussi à franchir les barrières de protection magique de l'académie !

Harry hocha la tête.

- Oui. J'ai conservé un peu de magie et elle m'aide à lutter contre la soif.

Ginny dissimula un sourire. Elle pensait que c'était une bonne chose mais avait peur que Harry réagisse mal si elle le lui disait. Cependant, Harry sembla deviner ses pensées.

- Ne te réjouis pas trop vite. Ce n'est pas suffisant.

Ginny décida de reporter cette dispute à plus tard en changeant de sujet.

- Comment as-tu pu leur échapper ?

- C'est Voldemort lui même qui m'a transformé. Après, il m'a installé dans une chambre en pensant que je serais inconscient. Mais je ne l'étais pas, alors je me suis enfui pendant la transition. Je me suis ensuite réfugié dans la banque de sang d'un hôpital pendant quelques jours, jusqu'à ce que ma soif se calme. Ensuite, je me suis rendu à l'académie pour vous prévenir du danger et mettre un terme à mon sort.

Ginny médita ces informations quelques instants. Puis une autre question lui vint à l'esprit.

- Quel était l'intérêt de Voldemort de te transformer en Strigoï, s'il ne pouvait pas en profiter ?

Harry tressaillit.

-Il comptait boire mon sang pour s'accaparer mes pouvoirs.