Chapitre dix
Hermione était assise dans l'avion, aux côtés de Harry, Ron et Ginny. Sirius, Lily et James n'étaient pas très loin, ainsi que Lissa, Christian et Rose. Ginny posa sa main sur celle d'Hermione.
- Comment te sens-tu?
Hermione réussit à sourire.
- J'ai le trac.
Harry lui sourit à son tour.
- Et moi donc.
Ginny regarda tour à tour son petit ami et sa meilleure amie.
- L'avion atterrit dans une heure. Et le conseil aura lieu demain. Ne croyez vous pas qu'il est un peu tôt pour avoir le trac?
Hermione soupira.
- C'est irrationnel, Ginny. Nous n'y pouvons rien.
- Tout à fait, renchérit Harry.
Ginny leur adressa un regard espiègle à tous les deux.
- Hé bien, je connais un moyen de combattre l'irrationnel.
Hermione la regarda avec intérêt. Ginny était si insouciante, pleine de joie de vivre, même si elle pouvait se montrer sérieuse et efficace dans les situations critiques, comme elle l'avait prouvé tout récemment. Si quelqu'un pouvait redonner le sourire à Hermione et éclipser son angoisse, c'était elle.
- Que suggères-tu? l'encouragea Hermione.
- Nous voyageons en première classe, avec tous les avantages, n'est-ce pas?
- C''est juste, fit Harry en jouant avec ses cheveux roux.
- Hé bien, des cookies, des milkshakes et un bon film pourraient vous changer les idées.
Ron se redressa brusquement, ce qui ne surprit guère Hermione. Quand il s'agissait de nourriture et plus précisément de sucreries, il réagissait toujours très vite.
- Ca, c'est une valeur sûre! S'exclama-t-il.
Sur ces mots, il en tapa cinq à Ginny. Celle ci interrogea Hermione et Harry du regard.
- C'est d'accord, dit Hermione.
- Pourquoi refuser? renchérit Harry.
Peu de temps après, Hermione dégustait un milkshake à la vanille savoureux, en plus d'être incroyablement épais et crémeux. Les cookies, avec leur texture riche et sucrée, n'étaient pas en reste. Le film était agréable, et les éclats de rire communicatifs de Ginny et Ron ajoutaient à cet effet. Aussi, elle passa un bon moment, même si son angoisse n'avait pas totalement disparu.
Lorsqu'ils avaient tué Voldemort, ils avaient prévenu l'académie et raconté toute l'histoire. Deux évènements révolutionnaires s'étaient produits. Voldemort avait été tué et des Strigoï, dont Harry, étaient revenus à la vie. Madame Kirova avait eu du mal à y croire mais Harry et l'autre Strigoï s'étaient présentés. Le médecin de l'académie les avait auscultés, Hermione et les autres avaient témoigné de leur transformation et l'autopsie avait prouvé que Voldemort était redevenu un Moroï avant de mourir. Cependant, lorsqu'on avait demandé à Hermione comment elle avait trouvé le remède miracle, elle avait refusé de le révéler. Elle avait posé ses conditions. On devait donner plus de droits aux dhampirs.
Par conséquent, ses amis, tous ceux qui avaient été impliqués, et elle, avaient été convoqués à la Cour, par la reine Tatiana. Ils devaient prendre part à un conseil autour duquel ils débattraient des évènements et Hermione, ainsi que Lily, poseraient leurs conditions pour révéler le moyen de guérir les Strigoï.
La crème glacée, les pépites de chocolat firent le plus grand bien à Hermione. Le film également, si ce n'est qu'elle eut l'impression que la durée du vol s'était réduite à cause de lui. Aussi, l'avion atterrit trop vite à son goût.
Hermione était déjà allée à la Cour plusieurs fois, du fait de son statut de Moroï de sang royal. Cela ne l'empêcha pas d'être impressionnée. Elle s'installa dans sa chambre, qu'elle avait demandé à partager avec Ginny, afin de se sentir moins seule.
À peine s'était-elle assise sur son lit avec Ginny qu'on frappa à la porte. Ginny, qui avait encore la pêche, se leva.
- Je vais ouvrir, annonça-t-elle.
Elle joignit le geste à la parole et Lissa entra, suivie immédiatement par Rose. Hermione leur adressa un large sourire.
- Salut les filles! Vous n'êtes pas fatiguées?
Lissa sourit.
- Hé bien, on vous propose justement de nous détendre toutes les quatre au spa.
Les yeux de Ginny pétillèrent.
- Au spa?
Lissa acquiesça.
- Le spa de la Cour. La reine Tatiana nous l'offre.
Hermione esquissa un sourire.
- C'est gentil à elle, mais elle ne m'achètera pas de cette façon.
Rose éclata de rire.
- Bien dit! Mais rien ne nous empêche d'en profiter. Considérons que c'est une manière de nous remercier d'avoir fait le chemin jusqu'ici. Ainsi, nous ne nous sentirons pas redevables.
Hermione hocha la tête.
- Vu comme ça...
Elle se leva et suivit ses amies.
La soirée fut agréable. Hermione se sentit reposée, régénérée. Parmi les masseurs, l'un d'eux avait une relation amicale avec Rose. Il s'appelait Ambroise et c'était un dhampir qui avait refusé de devenir un gardien. En vérité, c'était l'amant de la reine. Comme il la connaissait bien, il révéla à Hermione qu'elle serait sans doute favorable à son projet. Elle était moins rigide qu'elle en avait l'air et n'était pas contre la possibilité que les Moroï se battent aux côtés des dhampirs en utilisant leurs pouvoirs magiques. Hermione en avait été très surprise, mais il semblait sûr de lui. En outre, il était très sympathique.
Le soir, on leur servit un repas exquis. La reine ne s'y joignit pas, préférant dîner seule. Cela rassura Hermione à qui la présence de la reine aurait mis la pression.
Lorsqu'elle alla se coucher, elle trouva difficilement le sommeil. L'angoisse avait rejailli.
- Hermione?
L'intéressée se retourna en soupirant vers son amie, dont les yeux la fixaient dans l'obscurité.
- Oui, Ginny?
- Tu n'arrives pas à dormir, n'est-ce pas?
- Oui.
- Je comprends. Mais tu as tous les atouts dans ta manche. Qu'est-ce que tu risques? La contrariété ou un refus de la reine? Elle ne te jettera pas en prison, quoi qu'il arrive.
Hermione soupira de nouveau.
- Ce n'est pas pour moi que je m'inquiète.
Elle n'osait pas en dire plus mais Ginny prit la relève.
- Pour Sirius, alors?
Hermione tressaillit.
- Comment...euh, oui. C'est mon gardien et...
- Tu es amoureuse de lui. Inutile de le cacher.
Ginny s'était exprimée d'une voix posée qui contrastait avec la nervosité d'Hermione.
- Oui.
- Et lui aussi.
Hermione sentit la panique l'envahir.
- Non! Enfin... nous n'avons rien fait d'illégal.
- Relax, Hermione. On sait que vous vous tenez à carreaux jusqu'à ton diplôme. Mais tout le monde l'a compris.
L'inquiétude d'Hermione s'accrut.
- Y compris Ron?
Ginny secoua la tête.
- Non, pas encore. On a un mois pour le préparer en douceur. Pour en revenir à Sirius, c'est vrai qu'il risque d'être sanctionné par la reine. Il a laissé Harry se faire enlever par des Strigoï et a enfreint les règles en t'exposant à un combat contre les Strigoï et Voldemort.
Hermione opina du chef.
- C'est bien ce qui m'inquiète.
- D'un autre côté, tu es en position de négocier. Tu pourrais mettre la situation de Sirius parmi tes conditions pour révéler le remède.
Une lueur d'espoir jaillit dans l'esprit d'Hermione.
- Oui! Je vais le faire.
Ginny lui adressa un regard approbateur.
- Et ce n'est pas tout. Tu as détruit plusieurs Strigoï en contrôlant le feu. Or, d'après Ambroise, Tatiana Ivashkov est favorable au fait que les Moroï se battent.
- C'est vrai, admit Hermione.
- Alors garde ça à l'esprit demain et maintenant, endors-toi.
Hermione sourit.
- D'accord. Merci, Ginny.
Sur ces mots, elle se retourna et ferma les yeux, la poitrine plus légère.
Le lendemain matin, un coiffeur vint s'occuper des boucles d'Hermione. Lissa l'avait engagé. Elle prêta également des robes à Hermione et Ginny, tandis que Rose porterait un uniforme tailleur de gardienne. Lissa s'occupa également de les maquiller toutes les trois. Elles étaient parfaites pour l'audience qui aurait lieu à midi.
Quand Hermione s'apprêta à pénétrer dans la salle du conseil, Lily lui pressa les doigts.
- Tout va bien se passer, ma chérie, lui souffla-t-elle.
Hermione lui sourit. Elle avait toujours le trac mais se sentait de taille à affronter la reine. Elles entrèrent dans la salle, accompagnées de Harry , Lissa et les autres. La reine les attendait, vêtue d'un tailleur bleu, ses cheveux gris tressés. Deux de ses conseillers étaient présents. Elle s'avança vers eux.
- Bonjour à tous.
Elle échangea une brève poignée de main avec chacun d'entre eux, y compris Sirius.
- Asseyons-nous, décréta-t-elle.
Ils obtempérèrent. La reine prit place en bout de table et elle fit signe à Hermione de s'asseoir près d'elle. Hermione, quelque peu intimidée, obéit, mais se sentit rassurée quand Lily prit place à ses côtés. Elle lui pressa la main sous la table, ce qui procura un sentiment de confiance envers Hermione.
La reine prit la parole.
- Bien. Nous sommes ici pour débattre du fait que Harry Potter ici présent a été transformé en Strigoï et ramené à la vie.
Au moins, elle venait directement à l'essentiel. Elle observa Harry de ses yeux bleus et froids, où l'on pouvait déceler une lueur d'intérêt. Harry soutint son regard.
- Comment vous sentez-vous, Harry ? demanda-t-elle.
Ce dernier parut quelque peu surpris par cette marque de bienveillance, bien qu'elle fut probablement à mettre sur le compte de la politesse.
- Je vais très bien, merci. Je ne cesse de remercier le ciel pour avoir été sauvé.
La reine hocha la tête.
- En effet. Il est surprenant que vous ayez conservé en partie votre âme et vos pouvoirs en étant Strigoï. Mais nous nous pencherons sur la question plus tard.
Sur ces mots, elle reporta son regard sur Hermione.
- Vous avez trouvé le moyen de ramener à la vie un Strigoï.
Cette dernière hocha la tête.
- Oui.
- C'est vraiment extraordinaire. Pourtant, je n'ai jamais sous estimé votre intelligence. Les professeurs de l'académie Saint Vladimir me renseignent régulièrement sur leurs meilleurs élèves et ils ne cessent de tarir d'éloges à votre sujet.
Hermione ne put réprimer un sourire.
- C'est gentil.
Toutefois, elle n'allait pas se laisser avoir par ces flatteries.
- C'est pourquoi je vous propose de vous inscrire à l'université de la cour, sous notre protection, à l'instar de Vasilisa Dragomir ici présente.
Cette université était l'une des plus prestigieuses de la communauté vampire. Hermione la connaissait et rêvait d'y aller. Cependant, elle serra les dents.
- C'est une offre merveilleuse, que je serais ravie d'accepter, sauf si elle vous sert de monnaie d'échange pour le remède.
Hermione s'était exprimée calmement en regardant la reine droit dans les yeux et elle devinait le sourire de ses proches, notamment Sirius. Quant à Tatiana, elle fronça les sourcils, mais pas de contrariété lui semblait-il.
- Bien. Quelle serait votre monnaie d'échange, dans ce cas ?
- Pour commencer, je voudrais que Sirius Black ne soit pas licencié ou sévèrement sanctionné pour ses erreurs.
Le regard de son interlocutrice se fit sévère.
- Il a fait preuve d'irresponsabilité quand les Strigoï ont enlevé Harry et a caché la vérité concernant la situation de Harry, jusqu'à ce qu'il redevienne Moroï. Je ne peux pas fermer les yeux là dessus.
Hermione hocha la tête.
- Je comprends, mais...
La reine la fit taire d'un regard.
- Voici ce que je vais faire. Sirius Black sera suspendu pendant trois mois et devra effectuer des travaux d'intérêt général à la Cour. Ensuite, il rejoindra les gardiens qui vous seront assignés.
Sur ces mots, elle regarda Sirius et Hermione l'imita. Ce dernier rassura Hermione du regard.
- Merci, votre altesse. J'ai mérité plus que cette punition.
Elle le gratifia d'un hochement de menton et regarda Hermione.
- Était-ce votre seule condition ?
Hermione secoua la tête.
- Non, ma reine. Il y en a une autre.
La souveraine la regarda d'un air patient.
- Laquelle ?
Hermione ouvrit sa sacoche et en sortit un dossier épais.
- Je voudrais que les Moroï traitent les dhampirs en égaux. Qu'ils aient le droit d'accéder aux mêmes professions que les Moroï et pas uniquement celle de gardiens.
Les yeux de la reine s'agrandirent.
- C'est très ambitieux. C'est même révolutionnaire.
Hermione poussa le dossier vers elle.
- Il y a dans ce dossier plusieurs études prouvant que les dhampirs ont des capacités intellectuelles égales à celle des Moroï.
La reine étudia le dossier avec intérêt. Puis elle regarda Hermione.
- Est-ce vous qui avez fait tout ce travail ?
Hermione acquiesça.
- Oui. J'ai été aidée par Lily.
- Je le lirai avec plaisir. Je ne peux pas changer les choses d'un seul coup mais je peux mettre en oeuvre un projet à long terme, commencer à faire voter des lois pour la scolarisation obligatoire de tous les dhampirs et aménager des cours supplémentaire pour eux. Je peux aussi créer des postes. Cela vous va ?
Hermione hocha la tête, souriant malgré elle.
- Oui.
La reine sortit alors une feuille sur laquelle elle griffonna et signa. Elle la poussa vers Hermione.
- Voilà. Je m'y engage envers vous par écrit. Maintenant, à vous de respecter votre engagement.
Un sourire se dessina sur les lèvres d'Hermione.
- Bien. Pour sauver un Strigoï, il faut...
XXX
Six mois plus tard
Hermione sortit de la bibliothèque universitaire en compagnie de Lissa et Rose. Les deux Moroï de sang royal, toutes deux brillantes, avaient pris l'habitude de réviser ensemble. À l'université, les seuls dhampirs présents étaient des gardiens. Pour l'instant. En six mois, les choses avaient changé. Tatiana avait réussi à faire passer des lois sur les dhampirs. Elles étaient passées plus facilement du fait que les Moroï avaient réalisé qu'ils pouvaient, grâce à leur magie, se protéger plus facilement des Strigoï. Ainsi, elle avait réussi à imposer un test d'aptitudes intellectuelles à tous les jeunes dhampirs et Moroï, afin de les mettre sur un pied d'égalité. La scolarité obligatoire n'était plus qu'une question de temps, ainsi que l'aménagement de cours supplémentaires.
Comment en était-on arrivé là ? Hermione était devenue célèbre dans le monde des vampires, ainsi que Lissa et Lily, comme des faiseuses de miracle. Ainsi, on les écoutait et elles exerçaient une influence considérable sur la communauté dhampir comme Moroï.
Seule ombre au tableau, Hermione ne voyait plus Sirius. Ils étaient officiellement ensemble mais Sirius avait tant de travail qu'ils n'avaient pas le temps de se voir. Il lui manquait terriblement. Peu de temps après les dix huit ans d'Hermione, ils avaient fait l'amour, ce qui rendait à Hermione la nécessité de se le sortir de la tête impossible.
- Qu'est-ce que vous faites, ce soir ? s'enquit Hermione.
Elle avait besoin d'une soirée entre filles. Lissa et Rose la regardèrent d'un air désolé.
- Je vois Christian, ce soir, fit Lissa.
- Et moi je passerai la soirée avec Dimitri, ajouta Rose.
Voilà au moins deux couples qui avaient pu se réunir. Hermione était contente pour eux. Lissa lui adressa un sourire.
- Mais je crois qu'il y a un dhampir qui t'attend.
Hermione haussa les sourcils.
- Neville ?
En effet, Neville Londubat s'était remis et la perte de sa mère l'avait changé. Il était devenu un très bon gardien. Il ne lâchait pas Hermione d'une semelle. En entendant ce nom, Rose leva les yeux au ciel.
- Mais non. Neville est adorable mais c'est quelqu'un d'autre qui t'attend. Vas-y avant que je botte tes fesses royales.
Hermione s'élança vers le portail. Un homme grand et mince, doté de longs cheveux noirs,au regard brûlant et sensuel l'attendait.
- Sirius ! S'exclama Hermione.
Ce dernier lui sourit.
- Ma punition est levée. Je suis désormais ton gardien. Plus rien ne nous séparera.
Hermione sourit, le coeur gonflé de joie.
- Plus rien, renchérit-elle.
Sur ces mots, elle l'embrassa. Ils pourraient se battre ensemble, faire leur vie ensemble. Avoir des enfants dhampirs, qui connaîtraient un monde plus juste envers eux.
FIN
