CHAPITRE XIII

Mon cœur fait un bond dans ma poitrine.

- CASEY !

Il se tient dans l' embrasure de la porte. Il sourit, mais il est visiblement très fatigué. Il doit s' appuyer sur Sofia pour tenir debout.

- Salut ! Fait-il simplement.

Je me lève précipitamment pour le rejoindre en faisant tomber ma chaise en arrière et je me jette sur lui, folle je joie. Il me serre de toutes ses forces pendant plusieurs minutes en riant.

- Faites un peu attention, me gronde Sofia. Il faut qu' il s' asseye.

- Ca va, dit Casey en me faisant un grand sourire. C' était tout ce dont j' avais besoin pour aller mieux. Mais enfin, ne pleure pas toi, rit-il en prenant mon visage entre ses mains. Je vais bien, tu vois...

Je me mets à rire comme une idiote tout en pleurant. Mais il m' avait fait une de ses peurs…

Je l' aide à s' asseoir à table, et il salue tout le monde d' un mouvement de la tête. Les plus jeunes sont ravis. Ils n' avaient pas eu l' occasion de lui parler et de le remercier jusqu' ici. Jusqu' à ce que j' arrive, ils ne savaient même pas comment il s' appelait, puisque Casey était inconscient la plupart du temps. Léo ( il me semble… ) lui prépare à manger et les autres l' assaillent de questions.

Moi j' ai l' impression d' être sur un nuage. Je suis assise à côté de lui, je lui tiens la main et il faudra m' arracher le bras pour m' éloigner de lui. J' étais sûre d' avoir à partir sans qu' il se soit réveillé - je préfère ne pas parler de ce que j' avais craint d' autre, mais il me jure encore une fois qu' il se sent mieux.

- Et je viens avec vous, d' ailleurs.

Là, tout le monde se fige sur place et se regarde. Je me tourne vers lui, hésitante. Ce n' est pas que je sois contre, bien au contraire mais…

- Casey, tu es sûr que tu es en état ?

- Laissez-moi au moins jusqu' à demain, plaide-t-il. Je sais que je ne suis pas encore en grande forme, mais j' irai beaucoup mieux d' ici là.

- Il vous faudra beaucoup plus de temps que ça pour être en état d' effectuer un tel voyage, dit Sofia, les sourcils froncés. Vous sortez de plusieurs jours de maladie, ce n' est pas en une journée que vous réussirez à vous rétablir totalement, voyons…

Pourtant, son ton lorsqu' elle parle à Casey - ou peut-être en général juste quand elle ne s' adresse pas à moi, je ne suis pas sûre - semble bien moins agressif…

- Je sais que vous avez déjà beaucoup fait pour moi, lui dit-il. Je ne peux pas rester. Ma place est auprès de ceux qui vont se battre pour sauver la BGU.

Personne n' a le cœur de le contredire. Nous - parce qu' évidemment, maintenant, tout le monde a décidé de partir - ne demandons pas mieux, qu' il puisse venir. Surtout moi. Mais d' un autre côté, je vois bien qu' il est toujours très faible.

- Ils n' ont pas de véhicule, proteste Sofia d' un ton catégorique. Vous n' êtes pas en état de supporter des heures de marche.

- On a qu' à fabriquer une sorte de civière, propose Gustave.

- Non, vous n' aurez pas à me porter, je peux très bien marcher.

- On pourrait reculer le jour du départ alors, dit Charlène.

Est-ce qu' un ou deux jours d' attente avant le départ ça ferait une grande différence, au point où on en est ? J' ai bien peur que ça ne fasse qu' augmenter les chances de nous faire repérer.

- Vous avez encore besoin de soins pour vos blessures, fait remarquer Sofia, comme si ça résolvait l' affaire.

- Ca je pourrais m' en occuper, à la limite, je dis en souriant à Casey.

- Mmf, oui, entre deux coups de pistolet, c' est ça? S' exclame-t-elle d' un ton pincé. J' ai fait des études de médecine, je crois savoir que ce n' est pas votre cas? Si vous êtes tellement décidé à partir, je vous accompagne.

Je manque de m' étouffer.

- Certainement pas !

- Ce sont des blessures sérieuses qui nécessitent des soins spéciaux. Alors à moins que vous n' ayez envie que son état ne s' aggrave…

- Répétez ça encore une seule fois et…

J' étais sur le point de dire que je lui arracherais ses dents de cheval mais Casey toussote ostensiblement et redemande de l' eau.

- Je suis de nous tous la seule qui ait les connaissances nécessaires, je me trompe? Demande-t-elle d' un air suffisant.

Evidemment que non. A vrai dire il n' y a pas grand chose qui s' oppose à ce qu' elle nous accompagne, si ce n' est la profonde antipathie qu' elle m' inspire.

- On est déjà assez nombreux comme ça. Je ne sais déjà pas comment on arrivera à passer inaperçus…

- Un de plus ou un de moins ne fera pas de grande différence, dans ce cas.

- Ca c' est le raisonnement qu' un gamin de 10 ans ferait, je réplique tout en étant consciente que le niveau du mien n' est en ce moment pas tellement plus élevé.

Les regards furieux que nous nous lançons alertent sûrement les autres car ils changent de sujet.

- Alors on va où, au fait ? Demande Gustave.

Bonne question. Ca fait des heures que nous discutons et nous ne sommes encore mis d' accord sur rien, on est mal partis… Mais l' autre dinde ne perd rien pour attendre.

Tout le monde se tourne vers Hans. C' est lui qui est censé diriger, après tout. Il se contente de regarder le carrelage, embarrassé.

- On avait pensé à Winhill Garden, avant que vous n' arriviez, répond Léo-Roy devant le mutisme de l' auto-proclamé chef.

- Oui, bien sûr, la fac de Winhill, s' empresse de reprendre Hans.

Etan pousse un soupir agacé.

- Etan vous a déjà expliqué le problème je crois, je réponds calmement.

- C' est que… balbutie Hans.

- "C' est que" quoi ? Je demande, tout en voyant parfaitement où il veut en venir.

Les sourcils froncés, Hans toussote.

- Hé bien, sauf votre respect, Mademoiselle Leonhart, je pense qu' Almasy n' a pas vraiment son mot à dire dans cet histoire pour… hem, des raisons évidentes…

- Non, moi je ne vois rien d' évident. Expliquez-vous.

Il se gratte la tête et jette un petit coup d' œil à Etan qui continue à fixer le vide devant lui comme s' il n' entendait pas. Je suis assise face à Hans, les bras croisés. Je sens le regard étonné de Casey posé sur moi mais il ne dit rien non plus pour mettre fin au silence embarrassé de Hans.

- Très bien, je dis finalement. Pour commencer: "Almasy" comme vous dîtes a pour prénom Etan, au cas où vous l' ignoreriez. Il a beaucoup de défauts, mais il n' est pas Seifer si c' est que vouliez dire par là. Et Etan a été d' une aide très précieuse depuis le début contre les soldats d' Esthar. Je ne serais sans doute pas ici s' il n' avait pas été là.

Là, de surprise, Etan lève carrément la tête pour me regarder avec de gros yeux, mais je fais comme si je ne remarquais rien. Je ferai mieux de faire un peu gaffe à ce que je raconte si je ne veux pas qu' il devienne insupportable, celui-là…

- Ensuite, il a plus d' expérience au combat que la plupart des Seeds de la BGU, même que vous je parierais. Et il a beaucoup voyagé. Dans notre situation, je pense que ce qu' il sait est à prendre en considération, et même un Seed aussi réfléchi que vous devrait le reconnaître.

Il ne percute pas au sarcasme. Il sourit et se redresse comme si je venais de faire de lui le chef de l' univers.

- Bien sûr, bien sûr, toussote-t-il. Dans ce cas là, Etan aura sûrement une solution à proposer?

Etan se met à parler à contrecœur. Il est toujours réticent au fait que tout le monde vienne.

- Notre plan était d' atteindre une ville non occupée par Esthar et d' y trouver un moyen de contacter l' une des universités. Pil Hunna est à environ 50 km d' ici, peut-être plus selon l' itinéraire que nous devrons emprunter pour éviter de tomber sur des troupes. Je suis allé me renseigner tout à l' heure : les soldats ne sont pas là-bas pour l' instant, on aurait peut-être une chance de ce côté. Il est à peu près certain que nous ne pourrons atteindre aucune université directement, étant donné que la procédure d' évacuation est enclenchée dans toutes les facs dès que l' une d' elles se fait attaquer. Une fois à Pil Hunna, il faudra faire en sorte de leur faire savoir où nous nous trouvons, et attendre les ordres.

- Il faudrait déjà réussir à sortir d' ici, fait remarquer Gustave. Comment est-ce qu' on peut s' y prendre avec tous ces soldats?

- On ne doit pas être aussi nombreux, dit Etan d' un ton catégorique. Pour toutes les raisons que j' ai déjà évoquées. Casey, je suis désolé, mais on ne peut pas se permettre d' emmener des blessés avec nous, ça nous retarderai inutilement et te mettrai encore plus en danger que nous. Sofia, on ne peut pas raisonnablement se permettre d' emmener en plus des gens qui n' ont pas de rapport avec ce conflit. Vous n' avez pas la moindre formation au combat. On ne peut pas perdre de temps à vous protéger aussi, sans parler de vous quatre, ajoute-t-il en se tournant vers les plus jeunes. Je sais que vous êtes pleins de bonne volonté, mais ça ne suffit pas toujours. Ils sont beaucoup plus forts, plus nombreux, mieux armés et mieux préparés que nous. Ils peuvent contrôler des territoires entiers. Nos seuls avantages résident dans la rapidité et la discrétion. Eva et moi avons l' habitude de ce genre de travail, avec… éventuellement… Hans, termine-t-il d' un ton où pointe légèrement le doute.

Sauf qu' Etan, il ne connaît pas Casey. Il peut être aussi très têtu quand il le veut. Comme en ce moment. Il nous suivra en rampant derrière s' il l' a décidé.

- J' irai mieux d' ici demain j' en suis sûr. De toute façon vous ne pouvez pas partir ce soir, il est trop tard, n' est-ce pas? Vous ne pouvez pas certainement quitter la ville en plein jour à cause des soldats. Pour vous préparer vous devrez attendre au moins jusqu' à la tombée de la nuit demain.

- C' est vrai, Etan, je fais remarquer.

Je sais que ce n' est pas une bonne idée et que dans l' état où il est il serait plus en sécurité ici, mais je ne peux pas m' empêcher de vouloir qu' il vienne. Le laisser encore une fois, ce serait au dessus de mes forces. Tous les autres renchérissent, appuyés par Hans.

Etan soupire. Il finit par se rendre, bien qu' il soit manifestement toujours contre.

Reste à savoir comment on va organiser ça. Il est convenu que nous profiterons de la journée de demain pour préparer notre équipement et que nous partirons au milieu de la nuit, au moment où les soldats prennent leur pause. Nous aurions du mal à leur donner une explication à notre départ à tous…

La nuit est tombée. Pour le moment Etan et moi retournons à l' hôtel. Sur le chemin, je vois bien qu' il est pensif. Il n' a pas dit un mot depuis la fin de la discussion de tout à l' heure et j' espère que ça va rester comme ça. Je n' ai pas du tout envie de reparler de ce que j' ai dit à Hans à son sujet. Mais je m' en doutais, c' était trop beau pour durer. Une fois couchés, alors que j' essaie de m' endormir, j' entends:

- Eva ?

- Mmh…? je grogne.

- Tu dors?

- Oui.

Ce qu'il peut être stupide par moment… Il semble hésiter avant de poursuivre.

- Tu le pensais vraiment?

- Non.

Il comprend évidemment que je savais qu' il me poserait la question sinon je lui aurais demandé de quoi il pouvait bien être en train de parler. Tant pis.

- Je crois que si.

-Alors pourquoi est-ce que tu me le demandes? je dis en poussant un soupir excédé.

Comme si je me serais amusée à dire un truc pareil si je ne le pensais pas…

- Merci, dit-il au bout d' un moment alors que je pensais qu' il s' était endormi.

- Etan, tu es pire qu' une fille des fois…

Les rayons de lumière des lampadaires qui pénètrent dans la chambre à travers les volets troués laissent apparaître un sourire sur le visage d' Etan, qui est allongé, juste à côté de moi, les bras sous la nuque. C' est bien ce que je pensais, il va plus me lacher avec ça…

- De toute façon, c' était surtout pour remettre l' autre à sa place, je dis en baillant.

Je me retourne pour lui tourner le dos en tirant la couverture puis je fais mine de m' endormir.

Comme nous serons beaucoup plus nombreux que prévu, les provisions que nous avions déjà ne suffiront pas. J' ai insisté pour que Casey prenne un bon repas et se repose au maximum pour être en forme pendant que nous nous en occuperons.

Léo, Gustave, Charlène et Sofia ( puisqu' on va aussi avoir à se la coltiner finalement) sont chargés d' aller dès l' aube se procurer de quoi manger chacun de leur côté afin que les quantités de nourriture achetées ne paraissent pas suspectes.

Question équipement, ce n' est pas mieux: ils n' avaient fait aucun préparatif. Aucun n' est armé à part Casey dont ils ont tout de même eu la présence d' esprit de conserver l' arme. Même Hans a " oublié " la sienne. L' après midi je les accompagne tous chez Albertide qui ne m' a pas oubliée et me lance un regard noir tout en me présentant ses armes. S' il savait combien d' hommes j' ai pu tuer ces derniers jours, il ferait peut-être moins le brave. Charlène choisit un grand arc, Roy et Léo des katanas. Gustave prend un nunchaku et Hans, malgré mes conseils, une gunblade qu' il arrive à peine à soulever. Comme nous n' avons évidemment pas de quoi payer, je signe un papier qui permettra à Milenius de se faire payer une fois que… qu' on aura réussi à retrouver la BGU ou n' importe quelle autre fac. Il a commencé par faire des difficultés, mais en entendant que j' étais la fille du proviseur, il finit par accepter.

Une fois rentrés, chacun prépare son sac. Etan et moi avons déjà récupéré les nôtres et payé l' hôtel. J' ai mis dans mon sac un supplément de médicaments, d' antidotes, et de potions au cas où on arriverait finalement à se débarrasser de Sofia en cours de route. Oui, je garde un petit espoir…

La nuit tombe au bout d' une éternité. Sofia dit au revoir à son père. Malgré mes remarques quant au danger qui la guettaient - sans préciser que j' en ferais partie si elle gardait cette attitude - il ne s' est pas opposé au départ de sa fille qu' il regarde partir, plein de fierté, la larme à l' œil. Pendant un moment, je vois le visage de mon père se superposer au sien, et mes yeux se brouillent. A ce moment-là, je sens une main prendre la mienne. Je tourne la tête.

- C' est le moment, murmure Casey.

Il a l' air d' aller beaucoup mieux ce soir, finalement. Pas tout à fait comme avant l' accident, mais il ne nous ralentira pas. J' ai intérêt à faire attention à ce qu' il ne surmène pas quand même. Il est capable de cacher sa fatigue pour ne pas nous retarder.

Nous sortons alors qu' il est près de minuit. Les rues sont complètement vides et silencieuses. Nous nous dirigeons trois par trois vers l' entrée : moi avec Casey et Sofia ( elle nous lache pas, ma parole…), Etan avec Léo ( ou en tout cas l' un des jumeaux) et Charlène, Hans avec Gustave et Roy. Nous arrivons facilement jusqu' à l' entrée quelques minutes avant que les soldats ne prennent leur pause. Ca ne durera que quelques minutes, et ils ne partent pas pour autant mais vont dans la petite cabane sur le côté, ce qui veut dire qu' il nous faudra être rapides et surtout silencieux.

Une fois qu' ils se sont éloignés, le groupe d' Etan passe en premier. Nous les suivons puis vient le groupe de Hans. Nous longeons la ville pour nous éloigner de l' entrée puis nous nous dirigeons droit vers la forêt. Pour l' instant il n' y a aucun problème. Nous sommes là tous les neuf.

- Bon, on ferait mieux de s' éloigner tant qu' il fait nuit, décide Hans.

Le fait d' être le chef l' oblige à prendre la tête, ce qui n'a pas l' air d' être pour le rassurer. Etan suit, légèrement sur le côté et moi je marche près de Casey tandis que les autres suivent. Nous préférons attendre d' être plus loin de la ville pour parler. Seul le bruit des branches que nous écartons sur notre passage troublent la forêt.

Pil Hunna se trouve tout au sud de la Plaine de Galbadia, près d' une ancienne base militaire. Ca nous rapprochera de Winhill. Ce n' est pas ça qui nous aidera, mais ça me rassure un peu, au moins.

Nous faisons une pause au bout de quelques heures au grand soulagement de tout le monde. Nous nous installons à un endroit où les arbres forment un petit cercle, pas très loin d' un petit ruisseau. Nous mangeons un morceau, puis tout le monde va faire une sieste pendant que je fais une garde avec Léo…

- Non, moi c' est Roy !

- Désolée.

… pendant que je fais une garde avec Roy qui a été désigné par Hans. Le pauvre était terrifié à l' idée de se retrouver seul face à un monstre alors je lui ai proposé mon aide. Quand Hans a vu ça, il a immédiatement proposé de me remplacer, mais j' ai dit non. Je n' arriverai pas à dormir de toute façon.

J' en profite pour aller voir les environs. C' est complètement désert. On dirait que nous avons réussi à nous éloigner pas mal de la ville, et sans alerter les soldats, en plus. Bonne nouvelle. Mais on est pas encore sortis d' affaire, je réponds à Roy qui m' en fait la remarque.

- Vous pensez qu' ils pourraient aussi se trouver là où on va?

- Je t' ai dit d' arrêter de me vouvoyer, je répète pour la quatrième fois depuis que nous avons commencé à parler.

- Pardon. Il pourrait aussi y avoir des soldats d' Esthar là où on va?

- C' est possible qu' au moment où on arrive il y en ait, oui. Il faut s' y préparer.

Les armes, c' est pas pour faire joli, mon vieux…

Il se tait et continue à scruter la forêt en dessinant machinalement des formes géométriques dans la poussière avec son katana. La garde se passe sans problème, en dehors d' un monstre qui passait dans le coin et nous a attaqué, mais je l' expédie rapidement avec l' aide du gamin. Sofia refait les pansements de Casey et après avoir mangé un morceau, nous repartons.

Le voyage n' est pas évident. Nous nous détournons plusieurs fois de la piste parce que Hans est totalement incapable de maintenir un cap s' il n' y a pas une route tracée sous ses pieds et des panneaux plantés tous les trois mètres pour annoncer la direction. Il nous mène à deux reprises droit dans des nids d' Elmidéas. Nous mettons un temps pas possible à nous en débarrasser parce que les plus jeunes et Sofia n' ont jamais eu à combattre. C' est Etan qui tue la plupart de ceux qui les attaquent. Même Hans est à la ramasse, je dois venir à son aide en invoquant Sheba. Casey a repris des forces, il parvient à s' en débarrasser grâce à Dekku, son G-Force, mais à la fin, il est complètement épuisé, l' invocation lui a demandé beaucoup d' énergie.

Après la deuxième fois nous sommes complètement crevés. Nous décidons de faire une pause sur place et de manger un peu.

C' est Hans qui se colle à la cuisine, sous le regard noir de tout le groupe. Il semble ne pas être plus perturbé que ça par la tournure désastreuse que prennent toutes ses initiatives. J' étais un peu réticente à l' idée de lui confier en plus la cuisine, mais contre toute attente, le repas est délicieux.

- Tu aurais mieux fait de devenir cuisinier plutôt que Seed, je dis après avoir fini.

Les plus jeunes n' osent pas m' approuver et se replongent dans leur assiette. J' ai dû intervenir plusieurs fois parce que Hans les envoyait chercher de l' eau ou du bois dans la forêt, ou encore les envoyait en reconnaissance tous seuls, pendant que lui même restait tranquillement allongé sur son sac de couchage. A chaque fois, il m' a écouté et est revenu sur ses décisions, alors que quand Etan lui faisait une remarque il n' en tenait pas compte.

- T' as la côte on dirait, me fait remarquer Casey quand il me voit revenir.

Il est allongé dans son sac de couchage. Sophia vient de lui refaire ses pansements et lui a donné des médicaments, puis elle est repartie. Je m' assieds à côté de lui.

- Il m' épuise… je soupire en me passant la main sur le front. Dès que je décide de faire quelque chose, il se jette sur moi pour me proposer son aide. Tout à l' heure j' allais juste chercher du bois, il a dit que j' allais me blesser et que je ferais mieux d' aller me reposer. Il croit que je suis en porcelaine, ou quoi? Il m' énerve, je peux rien faire. Et encore, s' il le faisait mieux que moi, mais même pas ! On va à la catastrophe avec un type pareil pour nous diriger. Pendant un moment, en apprenant qu' il y avait un Seed j' ai été soulagée que les choix ne dépendent plus de moi ou d' Etan. Mais s'il faut résoudre tous les problèmes qu' il créé en plus, on s' en sort pas. J' arrive pas à croire qu' on accepte des gens aussi nuls parmi les Seeds… Alors qu' Etan connaît les environs. Il aurait facilement pu nous diriger, mais Hans refuse de l' écouter.

Je m' aperçois alors que Casey me regarde d' un air gentiment moqueur.

- Quoi?

- Oh, rien. C' est juste qu' il y a eu pas mal de changements avec Etan, on dirait.

- Oui. Maintenant, j' arrive à rester à moins de trois mètres de lui. Ça c' est du changement, je plaisante.

- Allez…

- Bon, oui, il y a eu du changement. J' ai révisé certains de mes jugements, on va dire. J' ai réalisé que j' avais été injuste à certains égards et je l' ai même reconnu, si tu veux savoir.

Casey a la gentillesse de ne pas enfoncer le clou, il sourit simplement en me disant que j' ai fait des progrès. Je lui ai raconté tout ce qui s' est passé pour Etan et moi depuis l' attaque de la BGU, jusqu' à notre fuite du vaisseau d' Esthar. Par moment, j' ai l' impression que ça fait des siècles, tout ça...

Je lui ai expliqué en détail le peu que je savais de la machine que possède Esthar, et il est lui aussi très soucieux à ce sujet. Sans parler du fait de ne pas savoir exactement ce qu' ils mijotent. Il s' inquiète d' abord un peu à mon sujet à cause de ce qu' on m' a fait dans le vaisseau, mais je lui assure que je n' ai rien. Je n' ai aucun des symptômes qu' Etan m' a décrits, j' ai vraiment réussi à résister.

Comme nous allons devoir repartir, je retourne ranger mes affaires dans mon sac quand Hans s' approche derrière moi.

- Laissez. Je vais le prendre, moi, me dit-il. Je n' en reviens pas qu' aucun des garçons n' ait proposé de vous aider, mais c' est vrai que c' est peut-être trop pour eux…

Je ferme les yeux et serre les poings pour me forcer à garder mon calme. On atteint des sommets, là.

- Vous avez déjà votre sac à porter.

- Bah, c' est rien, ça, rit-il.

Restons calme. Très bien. Il veut porter mon sac? Il va pas être déçu.

- Puisque vous insistez si gentiment… je dis en me tournant vers lui avec mon sourire le plus hypocrite. J'ai juste quelques petites choses à rajouter et j' arrive.

Je m' éloigne pour me diriger vers le ruisseau. M' assurant qu' il ne peut pas me voir, je choisis des cailloux assez gros, dont je remplis un sachet que je mets ensuite dans mon sac à dos. Je le tire ensuite sur quelques mètres pour revenir vers les autres sans qu' ils ne remarquent quoi que ce soit.

Ils me rejoignent tous quelques secondes plus tard. Je désigne à Hans mon sac posé par terre en souriant. Il se précipite pour le porter, et reste un instant au dessus avec les bretelles dans les mains, surpris par son poids. Il n' a pas réussi à le lever d' un centimètre.

- Wow. Il est drôlement lourd… Vous avez mis des briques dedans ou quoi? Demande-t-il en riant.

- Comment vous avez deviné! je m' exclame, feignant le ton de la plaisanterie.

Il tente encore une fois de le lever, pour s' assurer du poids.

- Mais si c' est trop lourd pour vous, laissez tomber, je vais le porter moi-même, je fais d' un ton innocent, sachant qu' il refusera.

- Trop lourd? Non, pas… pas du tout, enfin… Vous pensez! On a l' habitude de ça, pendant les entraînements. Ce n' est… pas si lourd que ça en fait, j' ai déjà porté beaucoup plus, sans aucun problème…

- Alors si on se remettait en route? Je propose avec enthousiasme.

Il hisse mon sac sur son dos pendant qu' il garde le sien sur l' épaule, puis il avance en titubant pour que nous le suivions. Je parie qu' il ne tiendra pas 100 mètres.

Au bout de vingt, il souffle déjà comme un phoque et ralentit. Nous finissons rapidement par le dépasser. Casey est légèrement devant moi, en pleine discussion avec Gustave et les jumeaux, pendant que Charlène marche à côté d' eux. Sofia doit être quelque part derrière moi, je m' en fiche. Etan arrive à ma hauteur.

- T' exagère, quand même, me souffle-t-il.

Je m' apprête à lui répondre vertement mais je m' aperçois qu' en fait il sourit d' un air amusé en disant ça.

Je hausse les épaules.

- C' est lui qui a insisté.

- Pas pour porter dix kilos de cailloux.

- Je dirais plutôt vingt…

- Il essayait de te rendre service.

- Le meilleur service qu' il pourrait me rendre ce serait d' aller se jeter dans un ravin et d' emmener Sofia avec lui. Je ne lui ai rien demandé. Il m' énerve à toujours me traiter comme si je n' étais bonne à rien alors que Monsieur est Seed.

Je jette un œil en arrière. Au même moment Hans bombe le torse et se redresse l' air de rien, en me souriant. Il y a deux secondes, je suis sûre qu' il était à moitié courbé sous le poids de mon sac. Il sue à grosses gouttes.

- Ca lui fera les pieds, dis-je d' un air détaché en me retournant.

Nous faisons une autre pause à l' orée d' un petit bois à la tombée de la nuit, après avoir parcouru sans problèmes de nombreux kilomètres à travers les plaines.

C' est à moi de m' occuper du repas, et le résultat est un massacre. Heureusement, Charlène parvient à rattraper ça en préparant autre chose, mais les autres ont prudemment proposé de me remplacer la prochaine fois.

Cette fois c'est à Gustave et Charlène de veiller pendant que nous nous reposons un peu, Etan les aidera aussi puisque Monseigneur Dolnert le Brave ne semble pas décidé à bouger son royal derrière - sans doute trop épuisé par la marche. Je dois reconnaître que finalement, il a réussit à porter mon sac jusqu' au bout, mais à peine arrivé, il est allé s' allonger et s' est endormi.

Je me réveille au bout de deux heures pour prendre la relève. Ils n' ont pas rencontré de problème. Ils retournent près des autres pour dormir jusqu' à l' aube.

Au bout d' une heure, l' un des jumeaux se réveille et me rejoint.

- Roy, c'est ça?

- Raté, sourit Léo en s' asseyant.

C' est quand même dingue, je me trompe à chaque fois… D' accord, je ne suis pas vraiment d' un naturel très observateur, mais quand même… Ils se ressemblent trop. Les mêmes cheveux blonds en bataille, le même nez fin, les mêmes yeux gris, la même bouche.

- Tant pis, j' abandonne. Je n' y arriverai jamais, je pense. Est-ce qu' il y en a qui arrivent à vous reconnaître?

- Mes parents ont parfois du mal. Les profs, n' en parlons pas.

- Et il y a un moyen pour vous différencier?

- J' ai un grain de beauté sur le haut du dos.

- Ca m' aide beaucoup. Pourquoi tu ne dors pas?

- Je me suis assez reposé. Et puis, Hans ronfle.

Le paysage s' éclaircit devant nous, le soleil commence à se lever. Derrière, Charlène se réveille. Elle vient nous apporter de quoi prendre le petit déjeuner.

- Bonjour Eva, bonjour Léo!

- Mais comment toi tu sais que… ? Je demande, bouche bée.

Elle rit.

- J' ai l' habitude. On se connaît depuis longtemps.

Ils se connaissent surtout parce qu' elle est sa petite amie, je l' apprends quelques secondes plus tard. Mais petite amie ou non, elle a quand même pas le pouvoir de regarder à travers les vêtements, que je sache. Et elle ne se trompe jamais. Sofia se réveille aussi. Elle commence à se diriger vers nous, mais quand elle voit que je suis là, elle s' arrête et fait mine d' aller chercher quelque chose dans son sac puis se dirige vers Casey pour aller le soigner.

- Ce qu' elle peut m' énerver…

- Qui, Sofia?

Oups, je ne m' étais pas rendue compte que j' avais dis ça à voix haute.

- Pourquoi est-ce qu' elle a voulu nous accompagner ? Je demande. Il faut vraiment qu' elle soit complètement cinglée. Elle n' a absolument rien à voir avec cette histoire. Et puis elle est incapable de se défendre toute seule.

- Elle se fait du souci pour Casey, elle est juste protectrice, dit Léo.

- Elle est pas protectrice, elle est obsédée, je rectifie.

- Elle n' est pas obsédée, elle est amoureuse, dit Charlène.

- Hein? De qui? Je demande, abasourdie.

- Eh bien, de Casey.

- Mais… elle ne le connaît même pas !

Elle hausse les épaules et rejette ses cheveux en arrière d' un geste de la main.

- J' imagine qu' à force de le soigner, des liens se sont noués.

Je tourne la tête vers Sofia. Je remarque que je ne l' avais jamais vu avec un air aussi doux que quand elle est avec Casey. Alors ce serait juste pour lui qu' elle est venue? Alors qu' elle ne le connaît même pas ?

- Je confirme, elle est cinglée, je marmonne.

Tout le monde est amoureux de tout le monde dans cette histoire, c' est vraiment n' importe quoi. Casey, qu' est-ce qu' il en pense? Il n' a pas l' air de faire plus attention à Sofia qu' à Hans, il est comme ça avec tout le monde. Il faudra que je lui en parle.

Quelques minutes plus tard, c' est au tour de Sa Majesté de se lever. Il ne se trompe pas non plus sur le prénom de Léo, et il n' est pas sa petite amie pourtant. Je commence à croire qu' il n' y a que moi ici qui passe mon temps à jouer aux devinettes. Une fois que tout le monde a émergé, nous reprenons la route. Je note tout de même que Hans ne m' a pas proposé de reprendre mon sac.

Si nous gardons un bon rythme et que Hans arrive à ne pas nous perdre, nous devrions atteindre Pil Hunna dans l' après midi.

Nous sommes maintenant à découvert. Nous parcourons à la hâte une grande plaine couverte d' herbe jaunie par la sécheresse pour nous diriger vers la prochaine forêt. A partir de là, il faudra consulter à nouveau la carte, mais en gros on a juste à traverser la forêt en nous éloignant de la montagne pour nous diriger vers l' ouest. Nous arrivons relativement vite devant la forêt mais j' ai rapidement l' impression que quelque chose cloche. Je fais s' arrêter tout le monde.

- Non, on est pas perdus, fait Hans, le teint pourpre, s' attendant à ce que je fasse une remarque.

- Il y a quelque chose qui approche, murmure Etan, lui aussi en alerte.

Il sort son arme et scrute les herbes hautes. Je sors également la mienne et les autres nous imitent, inquiets.

- Rapprochez-vous, je dis aux plus jeunes. Il ne faut pas vous éloi…

Avant que j' ai pu achever ma phrase, je sens quelque chose me percuter violemment. Je suis projetée quatre mètres plus loin, le souffle coupé. Alors que je me redresse, je vois la chose balayer Casey d' un grand coup de son bras énorme. D' autres monstres arrivent de tous les côtés. Je n' en ai jamais vu de pareils. Ce sont des créatures humanoïdes, avec un corps démesurément développé pour une aussi petite tête. Ils doivent faire plus de trois mètres de haut et à peu près autant de large, mais se déplacent à une vitesse hallucinante, compte tenu de leur corpulence. Ils galopent pour nous foncer dedans, et leur poids fait trembler le sol. Je compte douze de ces bestioles.

Tous les autres crient et courent dans tous les sens, c' est la panique totale. Je me relève en reprenant mon arme pour frapper le premier monstre qui court vers moi. Je m' écarte au moment où il allait me rentrer dedans et en pivotant sur moi-même je le frappe à la tête et à l' épaule mais la lame rebondit. Sa peau est dure comme du bois, il n' a pas une écorchure. Il se tourne vers moi avec un petit rire rauque, puis me charge à nouveau.

Après avoir été dégommés deux ou trois fois, les autres se décident quand même à se défendre. Charlène, qui n' a qu' un arc et des flèches trop fins pour être efficaces, semble en mauvaise posture, mais elle arrive à aller se réfugier auprès de Léo. A mon grand soulagement, Casey s' est relevé et il attaque les monstres avec sa gunblade, sans plus de succès. Il réussit à se rapprocher de moi après avoir écarté quelques monstres et nous nous mettons dos à dos.

- Les armes ne suffiront pas, me crie-t-il. Ils doivent avoir un bouclier. On peut frapper longtemps avant qu' il cède. Il va falloir appeler les G-Forces, en espérant que ça suffira.

J' aperçois Etan à ce moment-là. Le visage fermé, il frappe frénétiquement un des monstres dont le bouclier finit par céder. Il abat à nouveau son arme. Le sang gicle du dos du monstre qui finit par s' effondrer. Alors qu' il tente de se relever, Etan l'achève en le frappant au cou. Puis il va aider Sofia qui vient de se faire jeter à terre.

Mais il en este encore onze, de ces monstres. Si on doit passer autant de temps sur l' un d' entre eux pour en venir à bout, combien de temps on va réussir à tenir? Sofia et les autres n' ont pas de G-Force, et Etan ne peut pas appeler le sien. Il ne reste plus que Casey, Hans et moi. Ca risque de faire juste.

Tandis que Casey va rassembler Sofia, Etan et les jumeaux, je cours jusqu' à Hans pour lui faire passer le mot, en évitant l' assaut d' une des bestioles qui me fonçait dedans à toute allure. Il a l' air complètement hagard et il agite sa gunblade dans le vide. Je dois répéter quatre fois pour qu' il me comprenne.

- Le G-Force ? M… mais…

- Oui, le G-Force. Mais il faut d' abord rejoindre les autres. Dépêche !

Je cours auprès de Gustave et Charlène pour les aider. Le premier a le bras en sang et le t-short déchiré. Charlène a une grosse plaie à la jambe et du sang coule sur sa joue. Je retiens les monstres en leur criant de rejoindre le reste du groupe. Je n' arrive pas à éviter un coup, je retombe sur le ventre. Je rampe pour faire demi-tour et les rejoindre mais l' un des monstres m' attrape par la jambe puis me jette sur Roy et Casey qui étaient venus me secourir. Nous tombons à la renverse. Casey m' attrape le bras pour m' aider à me relever, mais deux monstres galopent vers nous à une vitesse dangereuse.

Au moment où ils arrivent, ils butent contre la bulle de protection de Sheba, puis un grand vent glacial les repousse plusieurs mètres en arrière. Secoués, il ne tardent pourtant pas à se relever. Mais Sheba se tient entre eux et moi. Les bras tendus en avant, elle projette de grands morceaux de glace sur les monstres tandis qu' une tornade glaciale fait rage autour d' elle. Nous en profitons pour nous éloigner et rejoindre les autres mais je m' aperçois que Casey a trébuché. Roy aussi le remarque et s' apprête à faire demi-tour pour l' aider, mais je le pousse vers les autres.

- J' y vais! Va rejoindre Léo et les autres, il y a le G-Force de Casey qui les protège ! Je lui crie en le poussant pour qu' il rejoigne les autres.

- Mais c' est moi Léo ! Crie-t-il en s' exécutant.

Deux monstres gisent sur le sol à côté de celui qu' Etan a éliminé tout à l' heure. Charlène, Hans et Gustave se battent tous les trois contre l' un des monstres qu' ils ont encerclés et le frappent autant qu' ils le peuvent. Son bouclier cède, et il finit par tomber aussi. Devant Roy et Sofia, Dekku, le G-Force de Casey se bat contre quatre des monstres. Il creuse des trous dans le sol avec ses immenses griffes pour s' enterrer et les surprendre par dessous puis il les tire sous terre. Etan se bat juste à côté pour repousser les monstres qui les attaquent par derrière. J' ai rejoint Casey qui se relève, indemne. Alors que nous rebroussons chemin pour rejoindre les autres, il me devance même et va aider le groupe à Hans.

J' enfonce ma lame dans les côtes des d' un monstres qui s' apprêtait à me frapper. Il crie et se débat, m' arrachant mon arme des mains. Les yeux écarquillés, je le vois s' avancer vers moi, le poing prêt à s' abattre sur moi, mais Sheba arrive et le repousse et lui jetant un grand bloc de glace. Puis elle le gèle et le fait voler en éclats. Je me relève en hâte et je récupère mon arme.

Mais ça y est, il n' en reste plus un seul. Essoufflés, nous nous regardons pour nous assurer que nous sommes bien tous là, et entiers. Nous sommes tous dans un état lamentable. Gustave a apparemment été jeté dans une mare de boue, ce qui, mélangé à du sang donne un résultat plutôt répugnant. Les jumeaux se sont débrouillés pour avoir la même entaille à la joue et à la jambe, et ils s' appuient l' un sur l' autre pour tenir debout, leur katana dans l' autre main. Hans a réussi l' exploit de se blesser au dos avec sa propre gunblade. Sofia est complètement échevelée, elle a de la terre sur le visage et les jambes, et du sang coule de son avant bras. Etan saigne du bras et a un côté du visage qui commence à virer au bleu. Quant à moi, j' ai l' impression que chaque os de mon corps a été fracturé. Charlène a le bras démis et saigne toujours abondamment au front. Sofia va la soigner, aidée de Léo. Les G-Forces flottent toujours au-dessus de nous. Et je réalise qu' il n' y a eu que ces deux-là durant tout le combat. Je vais voir Hans, qui s' est laissé tomber sur le sol.

- Ton G-Force! pourquoi tu ne l' as pas appelé ? Je lui demande, furieuse.

- Mais je… je…

- Je t' ai dit qu' on aurait besoin des G-Forces. Pas besoin d' être Seed depuis 50 pour savoir que c' était une urgence! Qu' est-ce que tu attendais pour invoquer le tien! Je hurle. Il te fallait quoi? Des morts ?

Il est assis par terre, et il joue avec les brins d' herbe.

- HANS !

Il sursaute. Il prend une grande inspiration avant de marmonner:

- Jépadjéforce.

- QUOI?

- Je n' ai pas de G-Force, répète-t-il à peine plus fort.

- Mais qu' est-ce tu racontes ? Je demande, abasourdie. C' est obligé que t' aies un G-Force si tu es S…

Oh non.

Respire. Ca ne peut pas être ça, c' est pas possible…

- Hans, tu es bien Seed, n' est-ce pas? Je demande.

Tout le monde s' est levé et rapproché de nous. Il est toujours assis, le regard rivé sur le sol.

- Hans ? Je répète, un ton au dessus.

- Non, murmure-t-il.

- Quoi! S' écrit l' un des jumeaux, scandalisé. Mais t' es qui, alors?

- Je… suis le fils du cuisinier de la BGU.

Nous restons tous bêtes devant lui. Il nous raconte qu' il était parti faire des courses à Balamb le jour de l' attaque. Quand il s' est rendu compte de ce qui se passait et qu' il a rencontré les petits et Casey qui les défendait, il leur a raconté qu' il était Seed pour être sûr qu' ils seraient obligés de l' emmener.

- Je suis désolé.

Je suis sidérée. Cet espèce de sale imposteur s' est obstiné à nous faire courir des risques insensés, a failli nous faire tuer je ne sais combien de fois et c' est tout ce qu' il trouve à dire ! Avant que qui que ce soit n' ait pu réagir je me jette sur lui pour le frapper.

- Je vais le tuer ! Je hurle en me débattant tandis qu' Etan essaie de me retenir par la taille pour m' empêcher de me ruer sur Hans. Lache-moi ! Je vais le tuer !

Mais je ne suis pas la seule. Gustave aussi s' est jeté sur Hans, et ça, Etan et Casey ne s' y étaient pas attendu. Ce sont les jumeaux qui finissent par l' attraper -- sans trop se presser quand même. Gustave est certainement celui sur lequel Hans a le plus abusé de son autorité ; il m' a raconté toutes les corvées qu' il devait faire tout seul sous peine d' être dénoncé pour avoir séché les cours. Je me suis dégagée de l' emprise de Etan en le poussant, mais cette fois je me fais arrêter par Casey qui ne veut pas me laisser passer et essaie de me calmer pendant que Hans se fait tout petit.

Puis alors que tout le monde est en train de hurler à qui mieux mieux, un ronflement de moteur nous fait tous nous taire sur le coup. Une explosion a lieu à deux mètres de nous et nous sommes repoussés par le souffle. Complètement sonnée, j' atterris sur Charlène et Roy et une pluie de terre s' abat sur nous. En regardant au-dessus de moi, j' aperçois plusieurs vaisseaux, dont l' un se met à nous tirer dessus.

commentaire de l' auteur :

Je sais, j' avais promis d' être plus régulière pour poster les chapitres, mais pour une fois j' ai une bonne excuse ! mode je-raconte-ma-vie-passionnante : on : je viens de déménager et il a fallu un bon moment avant que je ne retrouve internet ! mode je-raconte-ma-vie-passionnante : off

Bref, passons à l' essentiel.

On m' avait fait une remarque sur ma façon de terminer mes chapitres toujours au bon moment, j' allais pas changer. hahaha

Encore une fois, normalement ça n' aurait dû se terminer ici, mais ça faisait encore 5 pages de plus minimum( sur mon ordi en tout cas). Je préfère essayer de tourner autour de 20 (désolée, faudrait que je voit combien de caractères ça fait, ce serait plus précis, je sais…) histoire de ne pas trop déséquilibrer. Déjà que certains des premiers chapitres font facilement la moitié de ceux que je fais maintenant, faut que je fasse attention à ne pas encore les allonger.

Et puis, j' ai beaucoup plus développé le voyage que prévu. En fait, ici c' est beaucoup de petites scènes entre les personnages qui allongent le chapitre, mais j' avais envie de montrer les personnages au maximum pour une raison que vous comprendrez au prochain chapitre.

Et, comme vous pouvez le deviner, il va encore y avoir une scène plutôt mouvementée, alors autant vous laisser respirer juste après ce combat déjà plutôt long - que je me suis trop éclatée à écrire ! Et surtout, le but est de tenir tout le monde en haleine jusqu' au prochain chapitre, hé hé…

Princesse d' Argent : pas de problème, j' adore quand les lecteurs essaient de faire un peu de psychologie sur les persos lol ça me permet de savoir si je les décris assez bien pour qu' on puisse les cerner merci en tout cas !

Laeneth : wi, elle est bien censée avoir de la famille, mais j' ai complètement laissé ça de côté, supposant d' une part que le père de Linoa pourrait très bien être mort ( ce qui m' arrangerait )

, ou que ça pourrait être lui le fameux maire enlevé ( mais Eva aurait été un minimum inquiète, à la réflexion…) En résumé, j' avais pas envie de m' embêter avec ça j' avoue. Alors disons que le papi est mort, waaala ! ( désolé, vieux)

Lunenoire : wé je sais, vachement rapide, le réveil pour quelqu' un au bord du coma, hein ? lol ça fait cliché à mort, le réveil du gars quasiment mourant quand la fille le rejoint, mais bon… on peut bien se permettre une tite faiblesse de temps en temps :p Pour la romance, désolée je peux pas encore répondre.

Loufoca lovegood : merci beaucoup !

Biz biz à tous - ou plutot toutes !