Chapitre 11 Séparation
Mikhaïl Oborov était assis sur la couchette de sa cellule, à attendre ce qui était inéluctable.
Les Mung avaient échoué et il se retrouvait maintenant prisonnier de Mithril, sans le moindre espoir d'évasion. Après la disparition de la base de Nelkan et le démantèlement de plusieurs de leurs sous-filiales, Amalgame était clairement en difficulté. Surtout le plan recherche. Par conséquent, ils n'allaient pas perdre du temps à lui courir après pour le moment.
Il avait déjà eu de la chance de pouvoir rejoindre Hong Kong et faire jouer les anciennes alliances. Même s'il n'avait pas réussi à gagner sa liberté, il avait de bonne chance de rester en vie. Tant qu'il ne parlait pas trop.
Mithril avait besoin de ses informations et il ne risquait rien tant qu'il avait des choses à leur fournir. Il fallait simplement tenir assez longtemps pour que ses alliés se ressaisissent et viennent le chercher. Il devait donc distiller ses renseignements avec parcimonie, ne révélant rien de trop compromettant mais suffisamment de détailles pour être intéressant et ne pas se faire éliminer.
Il était toujours en train de réfléchir à la meilleure stratégie à adopter quand l'espionne qui l'avait piégé fit son entrée.
Elle était accompagnée d'un jeune homme en uniforme militaire qui ne devait pas avoir tellement plus de vingt ans.
Oborov les regarda avec mépris et ne se fatigua même pas à se lever. Il savait ce qui l'attendait, alors autant se ménager.
Kaname s'approcha et sourit. L'ironie de la situation ne lui échappa pas. Cette fois, elle était debout, avec le pouvoir en main pendant qu'il était prostré sur le lit. Pourtant, elle n'aimait pas être en face de lui. Ce type la dégoûtait. Il avait joué avec son corps sans scrupule et n'avait même été capable de la reconnaître. Avait-elle changé à ce point ?
Les autres n'avaient pas eu de problème en la revoyant… D'un autre coté, il ne s'était pas beaucoup intéressé à son visage, il ne l'avait peut-être même jamais regardé.
Une lueur macabre s'immisça dans ses yeux et Sosuke s'approcha à son tour, pour éviter qu'elle ne commette l'irréparable. Mais elle n'avait pas l'intention de le tuer. Elle avait bien trop besoin de lui, et son principal problème, hormis le manque de temps, était qu'il était pleinement conscient de sa position. A ceci près, que comme les autres, il se trompait sur son identité.
Kaname se retourna vers Sosuke et lui sourit, faisant clairement comprendre qu'elle se chargeait de l'approche. Il n'était là qu'en soutien, au cas où sa méthode ne suffirait pas.
Elle se pencha au-dessus du scientifique, qui la regardait toujours avec le même mépris, et son sourire sardonique, mais elle n'était pas impressionnée.
Elle se mit à lui parler en russe tout en jetant un regard à Sosuke pour vérifier qu'il comprenait, même s'il ne disait rien et proposa d'un ton calme.
« On peut faire ça de plusieurs façons, vous savez. Vous êtes coincé ici et vous avez ce qu'on veut, donc on doit pouvoir trouver un terrain d'entente... »
« Je doute que vous me laissiez sortir, donc je ne vois pas où est mon intérêt à vous aider. »
Il jouait les durs, mais ni Sosuke ni Kaname n'était dupe. Il ne tiendrait pas longtemps sous la torture. Le problème était qu'elle n'aimait pas l'idée d'en arriver là. Elle avait d'autres approches même si elle n'était pas ravie de cette solution non plus. Elle avait eu sa dose de sang pour la journée et préféra une méthode plus douce.
« Si vous êtes coopératif, je pourrais me montrer gentille... » Et pour prouver qu'elle ne mentait pas elle commença doucement à faire jouer ses doigts sur l'épaule du scientifique tout en entrouvrant son col.
Sosuke la regarda un peu surprise, mais ce n'était rien en comparaison de la stupéfaction d'Oborov.
Kaname s'installa sur ses genoux et lui demanda de l'aider encore une fois. Elle alla même jusqu'à lui caresser la joue du bout des doigts.
Le scientifique lui prit la main et répondit simplement qu'il en faudrait plus pour le convaincre. Puis il partit dans un grand éclat de rie devant la mine défaite du soldat qui ne semblait pas comprendre à quoi jouait sa collègue.
Mais Kaname ne se lassa pas démonter. Elle sourit et comme il tenait toujours sa main, la posa sur sa cuisse avant de la faire remonter vers ses hanches.
« Et il faudrait quoi pour vous convaincre ? » Elle continuait de faire glisser sa paume sur son corps, passant sur son ventre, et poursuivant son ascension lentement. Comme il ne répondait pas, elle se pencha un peu et murmura : « Allons, ne soyez pas timide… Vous savez que j'ai besoin de vous. Alors, soit on le fait en douceur, soit je vous laisse à mon camarde, ici présent. Mais j'ai peur que ce soit moins plaisant… »
Elle ne le quittait pas de yeux et il avait du mal à rester concentré. Bien sûr, ce n'était peut-être qu'une stratégie, mais elle avait raison sur un point, il était le seul à avoir les informations qui pouvaient l'intéresser donc elle devait être conciliante.
Comme pour tester sa bonne volonté, Oborov posa son autre main directement sur ses seins et sembla apprécier leurs contacts.
Sosuke se crispa, mais réussit à ne pas intervenir. Elle n'allait quand même pas coucher avec ce type devant lui ?
Le scientifique remarqua le changement d'attitude du soldat et en profita pour demander : « On pourrait peut-être avoir un peu d'intimité… »
Kaname réfléchit un instant, le laissant toujours la toucher sans retenue, et énonça sur son ton le plus posé : « Il me faudra déjà quelque chose pour prouver votre bonne volonté, puisque vous avez clairement les garanties de la mienne… »
Oborov soupira et tout en déboutonnant sa chemise demanda ce qu'elle voulait savoir précisément.
Kaname se redressa, et Sosuke perçut un court le malaise dans son regard. Elle détestait ce qu'elle faisait, mais elle n'avait pas vraiment le choix. Pourtant, il ne pouvait la laisser continuer ainsi. Il la prit par l'épaule et la força à se lever en demandant au prisonnier comment il s'était retrouvé avec les Mung et ce qu'il comptait faire avec sa nouvelle identité.
Oborov soupira, mais il était rassuré. Cette question démontrait qu'ils ne savaient rien ou presque sur ses recherches, et donc, qu'il allait pouvoir gagner du temps. Il parla de la destruction de plusieurs laboratoires dans le nord de la Chine et comment il avait dû prendre la fuite pour éviter les autorités internationales. Il donna quelques noms, déjà bien connus des services de renseignements, et présenta sa collaboration avec les Triades comme une sortie de secours vers une retraite bien méritée.
Kaname n'y croyait pas une seconde, et visiblement Sosuke non plus. Pourtant, il avait clairement anéanti ses chances en lui posant des questions aussi faciles. Maintenant, elle allait devoir donner encore si elle voulait d'autres informations.
A moins que…
Oborov la regardait avec envie, détaillant ses formes avec ses yeux malsains et elle y vit une opportunité. Il la prenait réellement pour une mercenaire prête à tout.
« Vous avez bien appris votre leçon, mais il nous faudra des choses qui ne soient pas de notoriété publique. Comme les entreprises qui finançaient vos recherches, ou l'emplacement des autres laboratoires… » Elle se remit une mèche derrière l'oreille et commença à l'entortiller autour de ses doigts. Sa patience s'émoussait.
Sans complexe le scientifique demanda une contrepartie pour ses réponses et là Kaname vit rouge.
Elle lui décocha un regard noir et lui dit simplement : « Une contrepartie ? Parce que vous croyez peut être qu'on est quitte ? »
D'un geste vif, elle bondit sur le prisonnier et le plaqua fermement contre le lit.
« Je crois que c'est un juste retour des choses. Vous connaissez le proverbe, œil pour œil, dent pour dent… » Et comme pour prouver son point, elle appuya son genou sur sa braguette.
« Maintenant, tu bouges, et tu peux dire adieu à ta virilité. » Elle se retourna vers Sosuke et lui demanda son couteau.
« C'est presque trop facile… » Kaname semblait ravie et Sosuke aussi. Il avait eu très peur en la voyant séduire cet homme, mais maintenant, il était à la fois impressionné par ses talents et amusé de la facilité avec laquelle elle avait profité de la situation. Bien sûr, il aurait préféré une approche plus traditionnelle, mais quelque part, il aimait l'idée qu'elle contrôle ce type aussi facilement, se servant uniquement de son point faible contre lui, sans réellement le blesser.
Oborov essaya de négocier pour qu'elle le lâche, mais elle ne fit que resserrer sone emprise pour lui prouver qu'elle ne plaisantait pas.
Le scientifique frissonna et commença à parler d'une voix plus aiguë.
« Mais de quoi vous parlez ? Je ne vous ai rien enlevé… ce n'est même pas moi qui me suis occupé de l'insimi… » Il s'arrêta net en sentant la pointe du couteau sur son entrejambe. Elle la faisait aller et venir lentement, appuyant juste assez pour qu'il sache qu'elle était là, mais sans lui faire mal.
« Vous me confondez avec une autre, je pense. Moi, je suis la pauvre petite Whispered qui veut récupérer ce que le vilain scientifique lui a pris. Donc comme vous ne voulez pas être circoncit, vous allez me dire où ils sont. Et me le dire maintenant, parce que je ne suis pas patiente. »
Oborov la regarda avec des yeux incrédules. Elle ne pouvait être celle qu'elle prétendait. Il chercha un signe quelconque de soutien vers Sosuke, mais celui-ci était repartit dans son coin, comprenant qu'il n'avait pas de vraie utilité pour l'instant.
« Vous mentez ! Mademoiselle Chidori a été conditionnée, je l'ai vue moi-même après les premières séances. Elle n'aurait même pas pu marcher seule ! Et vous êtes en bonne santé… Si en plus, on rajoute le traitement pour augmenter ses capacités et les injections pour… » Encore une fois, il fut interrompu. Cette fois, la lame était sous son cou, prête à l'égorger.
« Je sais ce qu'ils m'ont fait. Ce que vous, m'avez fait… » Elle se pencha au-dessus de lui, plus terrifiante que jamais, le couteau se rapprochant dangereusement du visage du scientifique.
« J'ai bien retenu la leçon, voyez-vous. Pas de plaie mortelle, pas d'atteinte aux organes vitaux, et on ne touche ni au bras droit, ni à la mâchoire pour que le sujet puisse encore fournir ses informations. C'est bien ça les règles, non ? » Elle avait un ton cassant et sec, crachant ses mots avec autant de dégoût que possible et Sosuke dut retenir un frisson. Ce qu'elle venait d'énoncer était effectivement les règles de base enseignées par les Russes pour l'interrogatoire des prisonniers. Il les avait apprises quinze ans plus tôt avant d'être envoyé sur le terrain.
Si elle connaissait elle-aussi ces règles, c'était certainement qu'elle avait été interrogée. Mais pourquoi ? Par qui ? Il la regarda faire, et retrouva dans ses gestes et son attitude un comportement familier, mais pas le sien malheureusement. Plus celui de l'homme qu'il considérait comme un père et qui les avait lâchement trahis sans raison.
Toujours son arme à la main, maintenant sous l'œil d'Oborov, Kaname poursuivit.
« Je devrais certainement vous faire bien plus qu'une petite frayeur, mais je n'ai pas le temps de m'amuser. Alors on va faire ça vite. J'ai déjà obtenu les codes d'accès du labo ainsi que les références des dossiers. Je sais que tout est stocké à Irkoutsk, ce qu'il me faut maintenant, ce sont les noms de ceux qui ont travaillé sur le projet. Et les adresses où les 'prototypes' ont été envoyés. Et je vous conseille de ne pas me faire attendre. »
Oborov déglutit lentement. Il ne s'attendait pas à tomber sur elle, et encore moins à ce qu'elle veuille ce genre d'informations. Il jeta un œil en direction de Sosuke, mais il ne contenta de hausser les épaules et lui suggéra de coopérer, parce qu'il n'avait aucunement l'intention d'intervenir pour la calmer. Il ne savait pas de quoi elle parlait, mais après ce qu'il venait d'entendre, il la considérait en droit de tout faire à ce scientifique. S'il était responsable de ce qu'elle avait vécu, il se chargerait lui-même de lui faire comprendre le sens du mot contrepartie. Mais il ne pouvait pas le lui dire ainsi. A la place, il expliqua calmement que Mithril avait les renseignements nécessaires pour une nouvelle intervention en Sibérie et à la frontière chinoise, donc il ne pouvait rien lui apprendre d'utile.
Le scientifique parut surpris mais essaya de gagner du temps. Il croyait en son projet et ne voulait pas laisser tout détruire pour des principes idéalistes. Il proposa des arrangements et commença à tergiverser, en expliquant que la base d'Irkoutsk était imprenable à cause de sa position stratégique sur les bords de la rivière Angara et que le labo ne pourrait jamais être atteint, même avec les codes, puisqu'il y avait un système de reconnaissance spécifique inviolable. Il ne donnait aucune réponse aux questions de la Whispered, mais c'était tout de même des renseignements utiles.
D'un coup Kaname se leva et rendit son arme à Sosuke. Elle lui demanda en japonais quelles informations ils avaient, étant sûre qu'Oborov ne comprenait et fut étonnée de découvrir qu'il s'agissait d'un pur coup de bluff.
Elle ne pensait pas que le sergent-major connaisse ce genre de méthode, mais apprécia le geste. Ils apprenaient beaucoup sur l'autre en peu de temps. Ils échangèrent un léger sourire, visiblement contents de ce qu'ils avaient obtenu puis Kaname repartit vers leur victime.
Elle s'installa sur une chaise et lui dit simplement : « Je vais vous expliquer un peu mieux la situation, puisque vous n'avez pas l'air de comprendre. Je veux récupérer ce qui m'appartient. Alors soit je le fais avec votre aide et vous avez une chance de vous en sortir en un seul morceau, soit je fais appel à une aide extérieure, qui est très intéressée également par ces prototypes et non seulement vous êtes un homme mort, mais votre famille également, sans compter tous ceux qui vous sont chers, ou avec lesquels vous avez travaillé. Et bien sûr, le projet sera définitivement abandonné, toutes vos recherches détruites, alors que pour moi, je ne m'intéresse qu'à ce qui me concerne. »
Kaname attendit et comme prévu, Oborov demanda de quoi elle voulait parler. Elle se pencha alors vers lui et lui glissa à l'oreille : « Leonard Testarossa… » Sosuke ne put retenir un haussement de sourcil. Que venait-il encore faire dans cette affaire ?
Elle eut un sourire mauvais qui s'agrandit en voyant l'air apeuré du scientifique. Elle lui montra la table d'un geste insistant et dit simplement :
« Je veux tout par écrit. On revient dans dix minutes, alors ne perdez pas de temps… »
Et d'un signe de la main, elle désigna la porte à Sosuke.
-oOo-
Dim n'arrêtait pas de pester devant son ordinateur. Les essais n'étaient pas du tout concluants et il ne comprenait pas d'où venait le problème. Il avait passé en revue le programme plusieurs fois, et tout sembler tourner à merveille.
Tessa et Milla, bien que sans être spécialistes de la question avaient elles-aussi relu le code et personne ne pouvait trouver la source de la défaillance.
Kurz était toujours dans l'AS à essayer de le faire bouger comme il fallait, mais aucune des commandes ne répondait normalement.
Dim s'était occupé du nouveau système d'exploitation et Milla s'était chargé de l'adapter à son modèle d'AS, mais rien ne fonctionnait. Depuis qu'elle rejoint Mithril cinq ans plus tôt, la jeune femme avait amélioré considérablement leurs modèles, participant à la construction de l'ARX-8, mais aussi en reprenant tout le design des Gernsback et retravaillant les M9 pour les rendre plus performant.
Sa limite venait du matériel informatique qu'elle n'arrivait pas à bien maîtriser mais qui avait été compensé par l'arrivée de Dim, spécialiste du sujet.
Pourtant à l'heure actuelle, ils n'étaient parvenus à aucun résultat et la tension devenait palpable.
Dim, en particulier, tournait en rond et n'arrêtait pas de pester devant son ordinateur, ne semblant pas comprendre ce qu'il avait fait.
Dès que Tessa lui posait une question sur une partie du programme, il se mettait à paniquer et était incapable de lui fournir une explication claire.
Heureusement pour lui, le capitaine fut interrompue dans son raisonnement par l'arrivée de son commandant et de son lieutenant, venant faire leur rapport sur Chu-Jung Mung et Gin Holdman.
Ils avaient obtenu plusieurs noms de sociétés écrans permettant le blanchiment de fonds servant au financement de diverses activités terroristes en Asie continentale et en recoupant les informations avec celles du département des renseignements, ils pensaient pouvoir démanteler quelques réseaux, en particulier sur le trafic d'armes et d'enfants qui sévissaient entre la Thaïlande et la Chine du Sud.
Tessa s'excusa auprès des deux Whispered, et quitta le laboratoire avec son équipe pour organiser leur nouvelle opération sans se soucier davantage de leur programme.
-oOo-
Pendant que le scientifique écrivait, Sosuke tenta d'en savoir un peu plus sur ses sujets de recherches et sur ce que l'espionne voulait tellement récupérer, mais il n'eut droit qu'à un soupire fatigué avant qu'elle ne lui tourne le dos pour se plonger dans son téléphone.
« Ce type est un porc… Encore plus que l'autre, je crois… » Elle parlait sans le regarder, toujours perdue dans la contemplation de son appareil.
« Au moins, tu n'as pas eu à en faire trop… » Il avançait sur un terrain dangereux, il le savait, mais il avait besoin de réponse. Il ne devait pas la brusquer, mais lui montrer qu'il s'intéressait à elle, à ce qui lui était arrivé, sans la juger ni la dénigrer.
Elle appuya encore sur quelques touches puis referma le téléphone avant de lever à nouveau les yeux vers son interlocuteur.
« Ouais… j'avais pas prévu ça en fait. »
Elle détourna un peu la tête, puis poursuivit d'un ton las. « Je ne peux pas les forcer à parler, mais je suis coincée. J'ai besoin de savoir. Et je ne suis pas une fan de la violence… » Elle eut un sourire désabusée avant d'ajouter froidement : « Et c'est moi qui dis ça… »
« Les interrogatoires ne sont jamais faciles. » Il voulait la rassurer, mais il se sentait complètement impuissant. Si seulement elle s'ouvrait un peu, lui parlait. Encore une fois, il essaya.
« Il t'a… il travaillait avec toi ? » Il cherchait ses mots, ne sachant pas comment tourner sa question, sans la heurter.
Kaname le regarda et regarda la porte de la cellule. Une fois de plus, elle soupira.
« Oui et non… il a plutôt… » Elle frissonna et il vit ses yeux briller un peu trop à son goût. Quoi que ce type lui ait fait, ça devait être épouvantable pour qu'elle soit dans un état pareil. Elle prit une profonde inspiration et répondit simplement : « J'étais… j'étais son sujet d'étude… son rat personnel… sa chose. »
Sosuke resta sans voix. Puis la voyant tremblante, il se surprit lui-même et sans un mot, la prit dans ses bras.
Kaname ne pleurait pas, elle en était incapable. Dès qu'elle le sentit près d'elle, elle se raidit, mais en quelques secondes, elle se laissa aller. Sa chaleur, son parfum, sa force. Il était parfait. Elle se sentait en sécurité avec lui, comme elle ne l'avait plus été depuis des années. Naturellement, elle se blottit un plus contre lui, profitant au maximum de ce contact qu'elle savait éphémère.
Tout en lui caressant les cheveux, Sosuke s'excusa de ne l'avoir laissée, comme si c'était de sa faute ce qu'elle avait vécu. Il avait juré de venir la chercher, mais il avait trahi sa parole.
Kaname sourit et leva alors la tête vers lui.
« Je t'ai attendu. J'ai remplis ma part, je crois… »
Sosuke baissa les yeux, se perdant à nouveau dans ses pupilles chocolat et murmura des excuses une fois de plus.
« Je ne parlais pas de me libérer… » Elle rougit un peu et ajouta : « Je parle de l'autre partie de ta promesse… »
Sosuke rougit à son tour, comprenant à quoi elle faisait allusion. Malheureusement, il n'eut pas le temps de lui dire que le sujet était toujours d'actualité. Oborov tambourinait à la porte de sa cellule pour annoncer qu'il avait ce qu'ils demandaient.
Kaname se libéra et reprit son masque froid en rentrant. Elle arracha les feuilles des mains du scientifique et parut satisfaite de ce qu'elle lisait. Ici et là, elle fronçait les sourcils, mais dans l'ensemble, elle était ravie.
D'une petite voix, Oborov demanda si Leonard allait venir et Kaname éclata de rire avant de lui expliquer la situation.
« Aucune chance qu'il se déplace jusqu'ici. Il est relativement en froid avec sa sœur depuis quelques années et je doute qu'il soit très bien accueilli… » Elle jeta un œil du coté du soldat qui effectivement n'était pas enthousiaste à l'idée de recevoir le Whispered qui l'avait humilié des années plus tôt. Il n'avait jamais digéré sa défaite face au frère de Tessa et surtout, il ne lui pardonnerait jamais d'avoir enlevé Kaname.
En souriant, la jeune femme remercia le scientifique et promit de le tenir au courant de la progression de sa mission. Puis elle sortit, toujours suivie de Sosuke et se dirigea vers l'ascenseur.
Elle avait toutes les données en main pour avancer et ne comptait pas perdre une seconde. Elle avait besoin d'explication pour lire certains passage des notes du scientifique qu'elle n'avait pas bien compris, mais pour le reste, elle était prête et n'avait plus qu'à prévenir sa complice.
Arrivés au laboratoire, Kaname et Sosuke furent surpris de n'y trouver que Dim et Milla. Ils s'attendaient à voir le reste de l'équipe, mais Milla expliqua qu'ils avaient une nouvelle opération en cours et qu'ils devaient être dans le bureau de Tessa pour l'organiser. Sosuke tiqua, n'ayant aucune envie de partir, mais il savait qu'il était attendu.
Kaname remarqua sa gêne et saluant les autres Whispered, elle attrapa le bras du soldat et l'accompagna vers le bureau du capitaine. Tout en marchant, elle lui annonça ses projets, sans rentrer dans les détails, et comme elle le sentait se crisper de plus en plus elle le rassura.
« Ne t'inquiète pas pour moi, je vais me débrouiller. Ce ne sera pas la première fois ! File rejoindre ton équipe. »
Puis le voyant hésiter, elle ajouta simplement : « Tu as tes priorités et j'ai les miennes. Si tu y vas maintenant, j'aurai moins de remords à partir de mon coté... » Elle avait l'air décidée et sûre d'elle, mais il n'arrivait pas à se résoudre à la quitter de cette fois, sans lui avoir parler. Il ne voulait pas la forcer, pourtant, il devait la convaincre de rester.
Sosuke lui prit la main et murmura : « Tu ne peux pas me laisser... » Il la regardait droit dans les yeux, incapable de penser à autre chose qu'aux quatre années qu'il avait déjà perdues.
« Je te promets de revenir. » Et toujours souriant, elle s'approcha de lui et lui caressa la joue. « Je tiens toujours mes promesses, moi... »
Il fut un peu surpris mais lui sourit également : « Moi aussi. »
Et devant sa mine dubitative il ajouta : « Tu ne m'as laissé beaucoup de temps... Il s'est passé pas mal de choses en quatre ans et je ne savais pas si tu étais toujours... intéressée... » Il rougit un peu et baissa les yeux.
Kaname s'amusa de sa réaction et répondit : « C'est plutôt moi qui avais des raisons d'avoir des doutes. Entre Tessa et Milla, tu as l'air d'avoir du succès avec les filles, particulièrement les Whispered ! Et je compte pas toutes celles que je connais pas ! »
Elle le regardait avec un sourire espiègle qu'il trouvait irrésistible. Il avait envie de l'embrasser, lui dire et lui montrer qu'elle était la seule qui comptait, mais il n'osait pas. S'il commençait, il serait incapable de s'arrêter et il devait rejoindre ses coéquipiés dans le bureau.
Avant de frapper, il se pencha vers elle et lui murmura : « J'attends que tu reviennes pour remplir ma part. »
Kaname ne le quitta pas des yeux comme il passait la porte et répliqua simplement : « Ca me va. Par contre je te préviens, la prochaine fois que je te vois, je ne me contenterai pas d'un baiser... »
Il referma derrière lui et elle repartit vers l'entrée pour appeler sa complice.
Alors là, j'avoue, je suis fière ! A peine huit jours entre deux chapitres... Bon je sais, ça n'avance pas des masses et en plus, je les sépare alors que j'avais dit que je les ferai travailler ensemble. Mais en fait, je sais pas ce que je vais faire. Donc voilà. Et sinon, je suis pas très contente par les changements d'humeur et de comportement des protagonistes, mais bon, j'ai fait ce que j'ai pu. J'ai déjà réécris deux fois le début pour pas être trop glauque du coté de Kaname, alors j'ai pas eu envie de tout reprendre.
Et pour les suites, c'est à voir. Si vous avez des préférences, faudra me dire !!
Ah et pour ceux qui ne seraient pas au courant, la promesse dont je parle est à la fin de TMMD, la dernière fois qu'ils se parlent quatre ans plus tot. Kaname fait promettre à Sosuke que la prochaine fois qu'ils se verront, il devra l'embrasser pour de bon, et en échange, elle promet de l'attendre et de tenir bon. Ensuite il lui dit qu'il l'aime et qu'il viendra.
La scène complète dispo en trad sur le site de la sentaa, comme d'hab !!
