Chapitre 22 UST (ou quand l'auteur a envie de torturer un peu plus ses personnages et peut-être aussi ses lecteurs parce qu'il ne se passe toujours rien)
Kaname suivit Sosuke vers le laboratoire où elle entassa rapidement ses affaires dans son sac sans un mot.
Ce ne fut qu'en voulant le mettre à l'épaule qu'elle réalisa qu'elle n'était pas en état de le porter. En cherchant à se libérer d'Alex, elle s'était déboîté le bras et tordu le poignet. Elle supportait la douleur sans problème, mais pas au point de rajouter une charge dessus.
Sosuke comprit son problème et fit une estimation rapide des dégâts. Son bras droit avait été salement amoché, mais il n'était pas cassé et apparemment, aucun tendon ni ligament n'avait été sévèrement touché. Il fallait remettre l'épaule dans sa position d'origine et lui bander le poignet pour éviter les mouvements brusques pendant quelques jours, mais il n'y aurait pas séquelle.
Tout comme lui, Kaname savait ce qui lui restait à faire. Elle tendit alors la main à Sosuke et lui demanda de la tenir fermement. Elle tira dans la direction opposée et l'articulation se remit en place dans avec un craquement douloureux. Pas un son ne s'échappa de ses lèvres. Elle se contenta de se masser l'épaule d'un air absent pendant qu'il vérifiait que son poignet n'était pas trop gravement blessé.
Puis avant qu'elle n'ait le temps de protester, Sosuke attrapa sa sacoche et son ordinateur et lui tendit simplement son sac à main avant de l'entraîner vers la sortie, sa main ne quittant pas son dos.
Il évita l'ascenseur principal et choisit plutôt de passer par l'escalier de service avant de filer par la cafétéria.
Il n'avait aucune intention de s'éterniser dans les murs de la Ying-Fa. Même s'il pouvait compter sur Mao pour calmer le jeu et peut-être expliquer la situation au capitaine, le lieutenant n'en savait pas assez pour tout régler. Elle avait de quoi justifier les transferts de données de Kaname avant la mission en Thaïlande, mais pour le reste, ça risquait d'être difficile.
Lui-même allait certainement avoir des ennuis s'il croisait ses supérieurs. Non seulement il avait désobéit à un ordre direct, mais il avait trahi la confiance de ceux pour qui il travaillait sans donner la moindre raison de ses agissements.
Son comportement était suspect, et il en avait parfaitement conscience.
S'il n'était pas aussi intimement convaincu de l'intégrité de Kaname, il aurait sûrement douté lui-aussi en voyant son attitude. Mais il n'avait jamais réussi à envisager qu'elle soit passé du mauvais coté. Même quand il l'avait vue avec Oborov, ou sur le terrain, les mains couvertes par le sang de ses victimes, il avait senti le dégoût qu'elle s'inspirait à agir de la sorte. Elle pouvait tuer, tout comme lui, mais elle n'avait pas encore ce détachement spécifique à ceux qui comme lui, était habitué au meurtre. Oter la vie lui coûtait encore.
Elle avait certainement des dizaines de victimes à son actifs, mais ce n'était rien en comparaison des centaines, et peut-être même plus, qu'il avait éliminées depuis son enfance.
Pour cela, il devait l'aider. Quitte à passer pour un traître auprès de ses amis et ses collègues. Tout le monde au sein de Mithril savait ce qu'il ressentait pour elle, ils ne seraient donc pas vraiment surpris de le voir prendre sa défense coûte que coûte. Mais ce n'était pas une raison pour être imprudent et provoquer ses supérieurs.
Il aurait bien le temps de faire aux conséquences plus tard.
Pour le moment, sa priorité était la sécurité de Kaname et sa liberté. Il ne doutait pas que Tessa l'eut bien traitée, mais il n'acceptait pas l'idée de la voir à nouveau prisonnière. Après ce qu'elle avait vécu, elle était capable du pire si jamais elle se retrouvait enfermée, il en était persuadé.
Dès qu'ils eurent quitté le bâtiment, il se détendit et s'accorda un peu de temps pour réfléchir à ce qu'il devait faire.
Il avait prévu de la raccompagner chez elle, seulement il n'avait aucune idée de là où aller. De même, il ne savait pas ce qu'il ferait ensuite.
Naturellement, il prit le chemin de la baie. Après ce qu'elle lui avait dit la veille, il ne l'imaginait pas vivre ailleurs.
Kaname se blottit contre lui alors qu'ils marchaient, puis d'un coup, réalisa ce qu'il venait de se passer et surtout de ce que tout cela impliquait pour Sosuke. Il avait mis sa carrière en danger pour la protéger.
Certes, il lui avait bien expliqué qu'il n'avait plus rien à faire avec Mithril, mais elle le connaissait assez pour savoir qu'il n'utilisait pas l'organisation uniquement parce qu'il y trouvait des avantages. Il était loyal à Tessa, parce qu'ils étaient amis. Tout comme avec les autres membres de l'équipe. Et il les avait tous rejetés pour elle.
Elle s'arrêta et le regarda fixement, essayant de comprendre pourquoi il avait agi de la sorte.
Elle ne lui avait pas donné d'éléments lui permettant de croire qu'elle ne travaillait pas pour l'ennemi. Au contraire. Elle avait avoué avoir collaboré avec Amalgame et utilisé les ressources de la Ying-Fa pour sa vendetta personnelle. Et elle n'en avait absolument pas expliqué la cause.
« Pourquoi ? »
Sosuke se retourna en entendant sa voix et la dévisagea longuement.
Il n'avait rien à répondre. Elle lui avait demandé de ne pas intervenir et pourtant il ne l'avait pas écoutée. Il ne pouvait pas la perdre encore ne fois. Surtout pas à cause d'un mal entendu.
Il lui prit la main et répondit tranquillement : « Je ne veux plus être séparé de toi. » Il avait un tel sourire, à peine visible pour le commun des mortels, mais rayonnant pour ceux qui le connaissaient, qu'elle se sentit rougir.
Kaname bafouilla, voulant lui expliquer que ce n'était pas nécessaire tout en le remerciant, mais il ne la laissa pas parler. A la place, il lui fit remarqué d'un air parfaitement détaché : « Je dois te ramener chez toi, mais je n'ai aucune idée d'où tu habites. »
Sa franchise était rassurante et Kaname sourit. Après avoir cligné plusieurs fois des yeux et réfléchit à ce qu'il lui disait bien sûr.
Si seulement la situation n'était pas aussi compliquée, elle aurait pu vraiment profiter de son temps avec lui. Il était d'une compagnie agréable et elle adorait cette façon qu'il avait de toujours la protéger en la tenant près de lui.
Pourtant, quand elle était au lycée, elle avait détesté son coté envahissant à chercher en permanence un danger, mais maintenant, elle appréciait. Peut-être parce qu'elle avait enfin appris la vraie nature des menaces qui pesaient sur elle.
En tout cas, elle enroula son bras valide autour de son coude en marchant.
Ils avaient un trajet assez long à faire, mais la promenade était plaisante puisqu'ils pouvaient longer le bord de mer.
Sosuke fut surpris quand elle l'entraîna dans le quartier plus sombre derrière le centre d'affaires. Les hôtels de passes et autres clubs de jeux se succédaient et au détour d'une ruelle, il finit par lui demander, non sans une certaine ironie où elle prévoyait de le conduire.
Elle plaisanta un moment, jouant sa peu de se retrouver enfermé seul avec elle, sans la moindre excuse pour lui refuser ses faveurs, mais il ne se laissa pas démonter. Ce n'était pas parce qu'il prenait son temps qu'il redoutait d'être intime avec elle.
Ils continuèrent leur trajet dans le dédale de rues l'humer bien plus légère, quand Sosuke remarqua son changement d'attitude avant sa cause. Elle était souriante et détendue, et l'instant d'après, le charme était rompu. Elle était à nouveau cette mystérieuse espionne, à l'affût de tout.
Puis il réalisa qu'ils étaient suivis. Comment avait-il pu ne pas s'en apercevoir plus vite ? Il ne se méfiait pas, et avait l'esprit ailleurs mais ce n'était pas une raison pour ne pas être vigilent.
Lâchant la main de Kaname, il enroula son bras autour de ses épaules, la resserrant contre lui de façon parfaitement naturelle. Il murmura dans ses cheveux, comme tant d'autres hommes amoureux, sauf qu'au lieu de mots doux, il parlait stratégie d'évasion.
La situation était presque risible tellement elle était prévisible.
En d'autres temps, Kaname aurait eu des envies de meurtres envers qui compte osait troubler son intimité tant attendue avec Sosuke. Mais à l'heure actuelle, elle se devait de contrôler ses émotions et de garder la tête froide. Et elle allait effectivement commettre un meurtre. Et même plusieurs, si ils n'arrivaient pas à se mettre à l'abri à temps.
Le problème était qu'elle n'était pas en état de faire face à cette situation. Et ils étaient trop nombreux pour que ce soit une simple coïncidence.
Elle avait été dénoncée, trahie, vendue, ou quelque chose dans le genre et elle avait une petite idée sur celui qui avait fait ça. La seule question était pourquoi. Il ne pouvait pas être vexé à ce point qu'elle se soit enfuie. Il y avait un vrai problème avec lui et elle ne devait pas trop tarder à lui demander des explications.
Seulement ce point devrait attendre. Elle était accompagnée pour l'instant et en plus de sa propre sécurité, elle devait garantir celle de Sosuke. Il n'avait rien à voir dans cette histoire.
Elle écouta ses propositions pour faire face à leurs adversaires, mais elle l'arrêta rapidement.
Ils n'en avaient qu'après elle, il n'avait rien à craindre. Cette remarque le fit sourire et il ne put s'empêcher de resserrer son étreinte en répondant qu'il ne s'était jamais inquiété pour lui. Il n'avait pas l'intention de laisser seule dans une situation pareille, surtout qu'elle blessée et qu'il était parfaitement entraîné pour gérer ce genre de chose.
Il ne l'avait pas aidé à s'échapper de la Ying-fa pour la voir se faire reprendre par d'autres, qui manifestement avaient des intentions nettement plus agressives.
Sa remarque arracha un sourire à la jeune femme qui comprit sa bêtise. Il n'était pas un lâche et en plus, il savait gérer les conflits, aussi bien en milieu urbain que sur un champ de bataille. Elle n'avait pas à se faire le moindre souci pour lui. Le vrai problème venait de leur environnement. Des innocents risquaient d'être blessés si elle ne se dirigeait pas d'elle-même vers une zone moins fréquentée.
Ce quartier était bien trop touristique, et même si ceux qui y venaient ne cherchaient que des filles trop jeunes ou des plaisirs interdits pour toute personne dotée d'un tant soit peu de morale, elle n'avait pas à leur causer le moindre tort à cause des ses propres problèmes. Mais elle était presque arrivée, c'était dommage de se lancer dans un conflit si près du but.
« Tu es armée ? » finit par lui demander Sosuke en détaillant la foule autour d'eux. Les clients des hotels ne faisaient absolument pas attention à eux, pas plus que les joueurs, trop occupés à chercher leurs futures proies.
Kaname eut un petit sursaut et répondit froidement : « Et je l'aurai mis où ? » Sa jupe n'était pas bien longue et en plus, elle s'était habillée dans sa chambre, le matin même. Il savait parfaitement qu'elle n'avait rien sur elle.
Il la dévisagea et tournant la tête, lui répliqua : « Je t'ai connu assez imaginative... Mais je pensais à ton sac. »
Elle rougit et hésita à répondre. « On ne peut se permettre de se faire remarquer ici, il va falloir se débrouiller autrement. »
Tout le monde autour d'eux devenait suspect. Ils sentaient l'un et l'autre la menace, sans pouvoir en définir clairement la source. Ils n'avaient aucune idée de combien ils étaient, mais ils savaient qu'on les observait.
Kaname finit par accélérer le pas et se faufilant au milieu des badauds, elle essaya de se perdre dans la foule, ou à défaut, de forcer ses ennemis à se dévoiler.
Elle indiqua une vieille bâtisse à Sosuke et lui dit simplement que c'était là qu'ils se rendaient.
Ils finirent par repérer plusieurs Chinois, en costumes sombres, bien trop apprêtés pour être de simples employés de bureau venant se détendre après le travail. Et les filles dans le coin n'étaient pas assez sophistiquées pour attirer une clientèle aisée.
Par conséquent, c'était sûrement des membres des Triades, peut-être même du clan Mung qui cherchait à se venger. Ce fut une raison de plus pour Kaname pour éviter le combat. Ils ne tireraient pas ici, de peur d'effrayer les consommateurs et donc de perdre une partie de leur bénéfice. Tout ce quartier de débauche était sous la tutelle des mafia chinoises, c'était donc une chance pour Sosuke et Kaname.
Dès que son immeuble fut en vue, ils partirent dans un sprint effréné, laissant ses poursuivants stupéfaits. Ils se mirent eux-aussi à courir, mais les deux jeunes gens avaient suffisamment d'avance pour rejoindre le bâtiment avant d'être rattrapés.
La seule chose que Kaname n'avait pas prévu fut l'accueil. En franchissant le seuil de la résidence, ils reçurent un plein sceau d'eau froide, les aspergeant tous les deux de la tête aux pieds. Une fillette se mit à ricaner, visiblement très fière de sa plaisanterie, jusqu'à ce qu'elle croise le regard stupéfait de Kaname.
La gamine se mit à s'excuser en chinois et voulut essuyer sa victime, mais la jeune femme ne la laissa pas faire.
Sosuke les observa, ne comprenant pas un mot de ce qu'elles se racontaient, mais apparemment, il y avait eu mal-entendu sur la personne.
Pendant qu'elles discutaient, le sergent fit un rapide tour d'horizon de l'endroit où il était, et il constatait que son impression était bien justifiée.
L'immeuble où Kaname l'avait entraîné était bien un établissement du même genre que les autres du coin. Le comptoir à l'entrée et les listes des tarifs des chambres à l'heure ne laissait pas beaucoup de place au doute.
Il resta perplexe, pensant qu'elle avait choisi cet endroit pour esquiver leurs assaillants. Mais il commençait à s'interroger sur ses réelles intentions quand elle se retourna vers lui et lui murmura avec un regard lourd et un sourire en coin : « Il va falloir que je te fasse monter. Tu ne peux pas garder des vêtements trempés... »
Sosuke sentit son coeur s'accélérer alors qu'elle lui guidait dans les étages. Elle avait cette façon si particulière de jouer des hanches et il était complètement subjugué. Il la suivit docilement jusqu'au fond du couloir où elle ouvrit la porte de ce qui devait être sa chambre et il rentra derrière elle. En fait, c'était un appartement complet, avec plusieurs pièces, un salon et une cuisine ouverte. Rien de bien exceptionnel, mais il donnait sur la mer. De la fenêtre en face de lui, il avait une vue imprenable sur l'océan.
Kaname retira ses chaussures et laissa ses clés à coté de la porte avant de revenir vers Sosuke. Il aimait l'ambiance de cet appartement qui lui rappelait celui où elle vivait à Tokyo. Il posa ses sacs à ses pieds et la prit dans ses bras. Puis plongeant le nez dans ses cheveux humides, il lui suggéra d'aller de se changer.
Sa main courait le long de son bras, l'effleurant à peine pour ne pas lui faire mal et il fut content de la voir frissonner et se rapprocher un peu plus.
Kaname commença lentement à déboutonner sa chemise et quand il lui mordilla le cou, elle lui proposa une douche chaude, histoire de se détendre les muscles. Il avait porté ses affaires sur tout le trajet, il avait besoin de se remettre. Bien sûr, quand il lui demanda comment allait son épaule, elle répondit avec un sourire charmeur qu'elle n'avait plus mal, mais ça n'empêchait pas d'en prendre soin. Comme Sosuke semblait hésiter et ne pas comprendre ce qu'elle suggérait, elle lui proposa de l'accompagner dans son bain, ce qui laissa le sergent-major sans voix. Elle avait fini de défaire l'avant de sa chemise et jouait avec la boucle de sa ceinture, comme attendant son accord pour poursuivre, mais il n'eut pas l'occasion de donner son avis pour la suite.
Des cris retentirent dans le couloir et bientôt, ils virent débouler en trombe une jeune Chinoise à moitié nue qui se précipita sur Kaname. Celle-ci soupira qu'elle aurait dû verrouiller sa porte, surtout quand deux autres filles arrivèrent à la suite de la première.
Kaname les fit taire d'un regard et n'eut pas le temps de leur demander quel était le problème qu'un énorme gaillard sortit d'une des chambre en hurlant qu'il voulait se faire rembourser. Curieusement, il parlait en anglais, si bien que Sosuke put parfaitement comprendre ce qu'il disait.
Visiblement, il s'agissait d'un client mécontant, puisque les filles qu'il avait payé refusaient de réaliser ce pour quoi il les avait embauchées. Sosuke ne saisit pas exactement ce qu'il voulait, mais la nature des leurs activités ne faisaient aucun doute. Ce fut d'ailleurs pourquoi il fut si surpris quand il vit Kaname prendre part à la conversation et expliquer à cet homme que ses filles n'étaient pas des jouets, mais des professionnelles qui savaient parfaitement ce qu'elles faisaient.
Une autre fille, Chinoise, et apparemment plus âgée que les autres fit irruption au milieu de tout ce chaos et elle fit un rapide résumé de la situation à Kaname avant de s'excuser en entrainant ses collègues avec elle.
Elle allait partir quand elle aperçut Sosuke dans l'appartement de la Japonaise. Là, la jeune femme perdit sa faculté à parler. Elle ouvrit et ferma la bouche à plusieurs reprises, son regard allant de Kaname à Sosuke avant de finir par se fixer au sol. Elle rougit et s'excusa de plus belle du dérangement.
Mais Kaname n'avait pas l'intention d'en rester là.
Le client fut prestement raccompagné vers la sortie par ses soins, laissant Sosuke seul avec quatre prostituées Chinoises, et celle qui devait être leur patronne.
La plus âgée semblait être la seule à parler anglais, et même si elle avait un fort accent, le sergent-major réussit à comprendre quand elle lui demanda pourquoi il était là.
Sosuke bredouilla un peu avant de répondre qu'il avait suivi Kaname et il fut surpris par la mine ébahie de son interlocutrice. Elle traduisit immédiatement l'information pour ses collègues qui se mirent toutes à le dévisager en lui tournant autour.
Il entendait un peu plus loin la voix de Kaname qui sermonait le molosse pour son attitude irrespectueuse et il ne savait comment réagir. Il avait bien compris qu'il était dans une sorte de maison close, mais il n'imaginait pas se retrouver confronter à ce genre de choses juste à coté de chez elle.
Soudain, la jeune Chinoise lui tira la manche et avec un air complice, elle demanda : « Alors c'est vous qui avez remporté la mise ? »
Sosuke cligna des yeux, pas sûr d'avoir saisi le sens de sa question et ne sachant que lui dire, il l'interrogea à son tour : « De quelle mise parlez-vous ? »
La jeune femme détourna le regard et chercha ses mots.
« Et bien, Kaname-san vous a amené ici, et vous... » Elle désigna sa chemise non boutonnée, révélatrice de ce que la Japonaise prévoyait de faire et Sosuke ne put que rougir. Il essaya de se justifier tout en se rhabillant, mais les filles ne semblaient pas vouloir le croire. Elles chuchottaient entre elles en le désignant du coin de l'oeil et il se sentit particulièrement mal à l'aise de ne pas comprendre un mot de ce qu'elles se disaient.
Soudain, alors qu'il pensait avoir touché le fond des surprises, il se retrouva nez à nez avec une grande brune aux yeux verts qui lui souriait.
Elle s'approcha tranquillement, ne le quittant pas du regard. Elle semblait apprécier ce qu'elle avait en face d'elle, détaillant la forme de son corps, moulé dans ses vêtements humides et elle se régalait de son torse encore légèrement exposé par sa chemise entr'ouverte.
Elle dit quelques phrases en chinois et les filles parurent déçues en quittant l'appartement. Une à une, elles saluèrent Sosuke, et celle qui parlait anglais lui proposa même de passer un moment avec elle, puisqu'il n'avait pas gagné, mais elle n'attendit pas sa réponse pour partir, sentant le regard assassin de la Japonaise dans son dos.
« Je ne pensais pas te revoir de si tôt... » Elle avait toujours ce même sourire de celle qui en savait plus que les autres, même si en fait, maintenant, elle n'en savait pas tellement plus que lui.
Il avait fait le rapprochement depuis longtemps et n'était pas plus surpris que cela de la trouver ici. Il était même plutôt rassuré. Ce qui l'étonnait le plus c'était son ventre rond, qui d'un coup, se voyait vraiment. Comme si en quelques jours, sa grossesse avait pris des proportions stupéfiantes.
Comme il restait les yeux rivés sur sa silhouette, elle soupira et finit par demander : « Tout s'est bien passé ? »
Son air moqueur en disait long sur ce qu'elle avait en tête, mais Sosuke n'était pas d'humeur à plaisanter. A la place, il lui résuma brièvement l'incident avec Alex, et il la vit palir.
« Il l'a prise pour moi, ce crétin ! » Elle serrait les poingts, visiblement contrariée. Puis entendant la voix de Kaname dans le couloir qui discutait avec une des filles, elle se dépécha d'attraper un trousseau de clés dans l'entrée et de repartir vers une des portes latérales.
Avant de partir, elle murmura simplement: « On ne s'est jamais vu et tu ne m'as rien dit. Il faut que j'aille réparer les dégâts et si elle sait que tu sais, tu vas avoir des ennuis... »
Ensuite, elle disparut, sans qu'il ait pu lui demander de quoi elle voulait parler.
Bon, ben, comme je l'ai dit dans le titre, il ne se passe pas grand chose. En plus, je l'ai pas relu, alors il est très possible qu'il manque des mots et qu'il y ait des fautes attroces... Désolée.
Du coup, j'ai une petite question, qu'est-ce qui est le mieux : que je reste à un chapitre tous les 15 jours, quitte à ce que ce soit comme celui-ci, court et assez mou, ou je mets à jour moins souvent, mais au moins, c'est fait proprement, avec un vrai contenu vérifié ?
C'est une question assez idiote, puisqu'en fait, plus j'ai de temps, et plus de je traine, mais bon, je me dis que si je me forçais pas à garder un tel rythme, je pourrai peut-être avancer un peu plus en profondeur. Encore qu'au final, ça revient au même...
