Les droits : Les personnages et les situations extraits de l'œuvre de Go Nagaï et des animes correspondants (Mazinger Z, Great Mazinger, Grendizer) et présents dans cette fiction sont la propriété de leurs auteurs.


11. La cité des sables

Koji étant revenu à lui et Vénusia ayant terminé le récit des évènements s'étant déroulés les années précédentes, les jeunes gens se dirigèrent vers le fond de la pièce dans laquelle ils étaient retenus prisonniers et qui comportait une porte que Tetsuya tenta d'ouvrir, sans beaucoup de conviction. À sa grande surprise, celle-ci n'opposa cependant aucune résistance ce qui leur permit de découvrir une salle d'eau sommaire comprenant des toilettes et une douche. Vénusia fit remarquer la présence d'un verrou intérieur puis le pilote referma la porte en soupirant. Il avait espéré autre chose sans toutefois savoir bien quoi. À ce moment-là, ils perçurent des secousses et s'assirent sur le tapis afin de ne pas perdre l'équilibre.

« Que peut-il bien se passer ? questionna Sayaka.

- Ils dissimulent sans doute leur vaisseau dans l'eau, lui répondit Vénusia. Leurs appareils sont submersibles et il semblerait que le lac leur serve de refuge.

- Il faut que nous sortions d'ici, annonça Tetsuya avec conviction.

- Tu oublies les lassos, lui rappela la jeune femme. Même si nous arrivions à sortir de cette pièce, je doute que nous ne parvenions à aller bien loin et si nous nous trouvons sous l'eau, cela complique encore les choses. Pourquoi ne pas attendre la décision de Zhork ? Il a peut-être des intentions pacifiques.

- Ah oui ? répliqua Koji. Tu sembles oublier que ses hommes auraient pu nous tuer ce matin. Je n'ai aucune confiance en lui, il prépare sans doute quelque chose. De plus, à la centrale photonique, il avait bien précisé qu'il comptait nous enlever.

- Peut-être voulait-il simplement que nous lui indiquions ce qu'était devenu Actarus, poursuivit-elle. De toute façon, que pouvons-nous faire ? Nous ne sommes même pas armés. Nos pistolasers sont restés dans nos O.V.T. et nos geôliers possèdent leurs lassos.

- À propos, questionna Sayaka, ne trouvez-vous pas que ce sont d'étranges armes ? Ils paralysent mais ne tuent pas, ce ne sont pas des armes à proprement parler.

- Il n'y a pas que cela qui soit étrange, lui répondit Tetsuya. Leur technologie semble au moins égale à celle des terriens puisqu'ils sont capables de construire des vaisseaux qui voyagent dans l'espace et pourtant, ils n'ont pas trouvé mieux que des verrous pour fermer leurs portes, le manque de confort à bord est surprenant et leurs appareils ne sont même pas armés. Quoi qu'il en soit, Vénusia a raison, nous ne pouvons pas faire grand chose pour l'instant. S'il n'y avait ne serait-ce qu'un meuble dans cette pièce, nous aurions peut-être pu nous en servir pour tenter quelque chose. Mais nous n'avons rien pour nous protéger de leurs lassos et les extraterrestres me semblent les utiliser assez habilement toute tentative serait vouée à l'échec. Même si nous prenions Zhork en otage, ses hommes n'hésiteraient probablement pas à utiliser leurs armes puisqu'ils ne risqueraient pas de blesser leur chef.

- Et le tapis ? proposa Vénusia.

- Il est sans doute trop lourd », lui répondit Tetsuya en haussant les épaules.

Koji se dirigea vers l'une des parois de la pièce, s'agenouilla et tenta de soulever l'un des bords du tapis.

« Rien à faire, annonça-t-il, il est fixé au sol.

- Koji pourrait nous servir de paravent, plaisanta Sayaka un sourire malicieux sur les lèvres.

- Pardon ? répliqua aussitôt celui-ci en relevant la tête. J'ai dû mal entendre, là !

- Pourquoi pas ? continua la jeune femme en se mettant à rire. Tu as l'habitude maintenant et cela nous permettrait peut-être de nous enfuir, nous reviendrions te chercher plus tard.

- Ah oui ? riposta le jeune homme que la plaisanterie n'amusait pas. Je ne trouve pas ça drôle ! Et pourquoi ce ne serait pas toi qui jouerais ce rôle rien que pour que tu apprécies l'effet que cela fait ?

- Moi ? Espèce de rustre !

- Rustre ? Moi ? s'exclama Koji en se relevant. Tu oublies que je n'ai pas hésité à m'attaquer à Zhork pour te défendre tout à l'heure et…

- Ça suffit vous deux, intervint Vénusia. Ce n'est pas le moment de vous disputer. Vous règlerez vos différents plus tard, nous avons autre chose à faire pour l'instant. »

Les deux jeunes gens en convinrent de mauvaise grâce et tous les quatre discutèrent encore un moment afin de chercher une solution à leur problème. Ils se turent enfin après avoir décidé de profiter de la première opportunité qui se présenterait sans toutefois avoir d'idée bien précise sur ce qu'ils pourraient tenter. À plusieurs reprises, ils avaient perçu des allées et venues dans le couloir sur lequel donnait la pièce où ils étaient retenus prisonniers.

Le silence régnait désormais dans leur lieu de captivité. Sayaka, assise dos contre la paroi du vaisseau, observait ses compagnons : Vénusia somnolait étendue sur le tapis et Tetsuya, allongé sur le dos, semblait fixer le plafond, perdu dans ses pensées. La jeune femme regarda discrètement Koji. Il était assis, une jambe étendue, l'autre repliée. Son coude prenait appui sur le genou de cette dernière et sa main disparaissait dans son abondante chevelure noire. Le regard dirigé vers le sol, il semblait absent. Peut-être réfléchissait-il encore à un moyen d'échapper à leurs ravisseurs ? Malgré la situation critique dans laquelle elle se trouvait, Sayaka avait retrouvé son optimisme et ne s'inquiétait pas outre mesure. Le jeune homme avait toujours réussi à s'en sortir et elle était persuadée qu'il en serait de même cette fois-ci, d'autant plus que Tetsuya se trouvait là, lui aussi. Elle ferma les paupières et laissa ses pensées vagabonder. Des souvenirs de l'époque durant laquelle Koji se trouvait au laboratoire d'énergie photonique lui revinrent en mémoire et elle s'y abandonna durant un moment. Puis elle rouvrit les yeux et observa de nouveau le jeune homme.

Bien du temps avait passé depuis leur première rencontre mais il était clair qu'il lui plaisait toujours autant. Elle se souvenait parfaitement de l'instant où elle avait subitement pris conscience de l'attirance qu'elle ressentait pour lui. Elle rentrait d'un combat contre un des robots du Docteur Hell durant lequel Koji lui avait sauvé la vie. Afrodita A avait été très abîmée durant cette bataille et, comme le jeune homme ne connaissait pas encore bien toutes les commandes de Z, il n'était pas parvenu à la faire monter à bord de la machine. Sayaka avait demandé à Boss de la ramener tandis que Koji partait devant en contrôlant plus ou moins bien son robot. Arrivée au laboratoire, elle avait posé son casque puis elle l'avait aperçu dans sa nouvelle tenue : une combinaison rouge et jaune qui venait tout juste d'être terminée et qu'il porterait désormais lorsqu'il piloterait Z. Elle l'avait trouvé tellement beau ! Durant toute la durée de la lutte qu'ils avaient menée côte à côte contre leurs ennemis, elle n'avait jamais cessé de l'aimer même si rien de concret ne s'était passé entre eux. Ensuite, ils étaient partis poursuivre leurs études aux Etats-Unis et elle avait espéré que ce séjour lui permette de vivre une relation sérieuse avec lui. Sayaka soupira. Cela se serait peut-être passé différemment si elle s'était comportée autrement. Elle le savait, elle était trop jalouse et se mettait en colère trop facilement cela avait toujours agacé Koji. Mais qu'y pouvait-elle ? Elle ne pouvait pas s'en empêcher, c'était plus fort qu'elle, principalement lorsqu'il s'agissait de lui ! Lorsque celui-ci avait quitté les Etats-Unis pour travailler au centre du professeur Procyon, elle avait décidé de se tourner vers l'avenir. Cela n'avait pas été facile. À maintes reprises, elle avait été tentée de lui téléphoner ou de lui écrire, mais elle avait néanmoins tenu bon. Il lui avait d'ailleurs semblé qu'elle était finalement parvenue à l'oublier. Cependant, depuis que le destin les avait remis en présence l'un de l'autre, quelques semaines auparavant, elle se rendait compte qu'elle n'avait pas réellement renoncé à lui. Elle continuait de l'observer, il était toujours aussi immobile et elle se demanda ce qui pouvait être possible entre elle et lui. Même si elle attachait une certaine importance au fait de rester elle-même, elle était cependant prête à faire quelques efforts pour que cela se passe bien entre eux. Mais lui, que souhaitait-il ? Que pouvait-elle espérer d'un homme qui n'avait même pas pris le temps de la contacter en plusieurs années, malgré le fait qu'il connaissait les sentiments qu'elle éprouvait pour lui ? La lutte contre Véga n'expliquait pas tout. Même en tant de guerre, il est possible de trouver un moment pour contacter les personnes chères, surtout avec les moyens de communication existant à leur époque. Koji ne la considérait-il donc uniquement comme une coéquipière vis-à-vis de laquelle il ne ressentait que des sentiments inspirés par les dangers qu'ils avaient traversés ensemble ? Il était certain que risquer sa vie côte à côte créait des liens mais il était tout aussi certain que cela n'était pas suffisant pour susciter l'amour, la jeune femme en était bien consciente. De plus, depuis qu'elle l'avait revu, il ne lui avait pas manifesté d'attention particulière. Certes, il avait pris des risques pour la défendre contre Zhork et ses hommes, mais elle le connaissait, il aurait agi de la même manière pour quelqu'un d'autre. Et pourtant, le revoir lui avait redonné un espoir auquel elle ne pouvait s'empêcher de s'accrocher. Elle s'interrogea : peut-être fréquentait-il une autre femme ? Cette hypothèse lui sembla cependant peu probable. Si cela avait été le cas, cette femme l'aurait certainement accompagné lors du week-end qu'ils avaient passé au laboratoire d'énergie photonique ou tout du moins, quelqu'un y aurait probablement fait allusion, à moins que... Elle savait qu'elle n'avait rien à redouter du côté de Vénusia. Il était clair que Koji et elle n'étaient que des amis. Mais qu'en était-il de Phénicia ? Lorsque, durant ce même week-end, elle avait sous-entendu une éventuelle relation entre eux, Koji n'avait pas donné de réponse très claire, il lui semblait même qu'il avait plutôt éludé la question en prétextant la guerre contre Véga. Bien sûr, Phénicia n'était plus là désormais, elle était même très loin, mais le voyage d'une planète à l'autre n'était pas irréalisable, Actarus et sa sœur l'avaient déjà entrepris et cette dernière pouvait très bien le refaire en sens inverse. D'ailleurs, peut-être avait-elle prévu de revenir ? Et si Phénicia et Koji s'étaient promis de se revoir ? Sayaka se sentait de plus en plus nerveuse : elle ne pourrait pas rester bien longtemps dans l'incertitude, il fallait absolument qu'elle sache ! Le plus simple serait de poser carrément la question au jeune homme. Elle risquait cependant de se faire rabrouer, il ne s'était jamais bien gêné pour lui dire ce qu'il pensait de son comportement. Il pourrait très bien lui répondre que sa vie privée ne la concernait pas et il aurait raison. Non, ce n'était pas la meilleure solution, d'autant plus qu'elle avait décidé de lui montrer qu'elle avait changé, il ne fallait pas qu'elle fasse preuve d'indiscrétion. Son regard se déplaça de Koji à Vénusia. Et si elle interrogeait la jeune femme ? Celle-ci avait été suffisamment proche de lui ces dernières années pour pouvoir lui fournir une réponse. De plus, elle la comprendrait certainement. Elle procéderait donc ainsi, et ensuite, elle aviserait en fonction des informations qu'elle obtiendrait.

À ce moment-là, Sayaka entendit des bruits dans le couloir ce qui la ramena à la réalité présente. La porte s'ouvrit. Les quatre jeunes gens se levèrent tandis qu'une douzaine d'hommes pénétraient dans la pièce. Tetsuya ne put s'empêcher de penser que leurs geôliers prenaient vraiment beaucoup de précautions. Pourquoi tous ces hommes alors qu'ils étaient armés ? Avaient-ils donc peur d'eux à ce point ? Koji, quant à lui, ne se fit pas ce type de réflexion tant il se sentait obnubilé par un irrépressible et soudain désir de leur sauter dessus. Les lassos que les nouveaux venus tenaient à la main l'en dissuadèrent cependant. Il se dit que, finalement, Tetsuya n'avait pas tort : dans certaines situations, il était préférable de faire preuve d'un peu de patience et d'attendre qu'une opportunité se présente. Daxia et une autre jeune femme entrèrent à leur tour, portant chacune un plateau qu'elles posèrent sur le tapis et sur lequel étaient disposées de la nourriture et des boissons. Zhork arriva ensuite et s'adressa aux jeunes gens.

« Il s'agit d'un repas froid, vous pourrez le consommer quand vous le souhaiterez. Nous ne mangeons pas aux mêmes horaires que les terriens, je préfère donc vous laisser le soin de gérer cela à votre guise.

- Dois-je comprendre que vous comptez nous garder prisonniers encore longtemps ? s'exclama Tetsuya qui commençait à perdre patience.

- Prisonniers ? lui répondit l'extraterrestre en arborant un sourire bienveillant. Vous vous méprenez, vous êtes nos invités.

- C'est une plaisanterie ? ironisa Koji tout en se demandant s'il serait capable de garder son calme malgré les résolutions qu'il avait prises.

- Aucunement, poursuivit Zhork sans se départir de son sourire. A propos, ces deux jeunes femmes sont à votre service. Vous connaissez déjà Daxia, l'autre se prénomme Louna. Elles s'occuperont de vos repas et vous apporteront des couvertures pour la nuit dans un moment. Par contre, inutile de leur poser des questions, elles ne vous répondront pas.

- Sont-elles muettes ? s'enquit Vénusia, intriguée.

- Non, mais elles ont reçu l'ordre de ne pas vous adresser la parole, elles ne le feront donc pas. Il en est de même pour la plupart de mes hommes. Seuls certains d'entre eux sont autorisés à vous parler. Daxia et Louna peuvent néanmoins vous répondre d'un signe de tête mais ne tentez pas d'obtenir des informations de cette manière-là, nous ne les tenons pas au courant de nos projets. L'une d'entre elles au moins, restera dans le couloir avec plusieurs de mes hommes, armés de lassos évidemment. Il vous suffira de frapper à la porte si vous avez besoin de quelque chose.

- Et vous dites que nous sommes vos invités ? fit remarquer sarcastiquement Sayaka.

- Je préfère prendre mes précautions. Je sens que vos deux compagnons sont prêts à nous sauter dessus à la moindre occasion et il serait dommage que les choses débutent ainsi entre nous.

- Que voulez-vous dire ? poursuivit la jeune femme, subitement atteinte d'un sombre pressentiment.

- Tout simplement que nous allons désormais nous côtoyer et qu'il est donc préférable que nous entretenions de bonnes relations. Cela fait déjà un bon moment que nos vaisseaux ont décollé en direction d'Albina, notre planète.

- Quoi ? s'exclamèrent les quatre jeunes gens d'une seule voix tout en écarquillant les yeux de stupeur.

- Je vous conseille de vous y résigner, continua Zhork sans sourciller. Nous ferons le maximum pour vous rendre la vie sur Albina la plus agréable possible mais nous sommes également prêts à vous éliminer si cela s'avérait nécessaire. »

Sur ces mots, les extraterrestres quittèrent la pièce et fermèrent les verrous de la porte, sous les regards ébahis des jeunes gens.

« C'est pas vrai ! » soupira Koji tout en fixant du regard la porte close.

Vénusia se laissa tomber sur le tapis et se mit à pleurer, le visage dans ses mains.

« Mizar, papa, murmura-t-elle entre deux sanglots. Ce n'est pas possible.

- Pleurnicher ne résoudra pas le problème ! lui lança Tetsuya d'un ton sec.

- Si tu crois qu'elle est la seule à en avoir envie, tu te trompes ! répliqua Sayaka sur le même ton tout en s'agenouillant auprès de la jeune femme et en lui entourant les épaules de ses bras.

- Pour qui se prennent-ils ? s'exclama Koji en serrant les poings de colère. Ils croient donc pouvoir disposer ainsi des gens ! Je vous jure que Zhork ne perd rien pour attendre ! Je vais me charger de lui apprendre les bonnes manières, vous pouvez me faire confiance !

- Il n'est évidemment pas question que nous acceptions cette situation, confirma son frère, mais nous devons agir avec discernement. Toute action précipitée pourrait s'avérer dangereuse, ils n'ont pas l'air de plaisanter.

- Vous me faites rire, ironisa Sayaka, les larmes aux yeux. Que pensez-vous donc pouvoir faire ? Avez-vous vraiment conscience de la situation dans laquelle nous nous trouvons ? »

Se rendant compte de la justesse des paroles de la jeune femme, les deux garçons la regardèrent quelques instants sans prononcer le moindre mot puis Koji s'assit sur le tapis.

« Nous trouverons une solution, lui répondit-il en insistant sur chaque mot. Nous en trouverons une.

- Nous étudierons le problème une fois que nous aurons plus d'éléments en main, ajouta Tetsuya. Pour l'instant, il est préférable de leur donner l'impression de nous soumettre. Ainsi, ils se méfieront moins de nous et ils nous laisseront peut-être plus libres de nos mouvements. Koji, je compte sur toi pour te contrôler, foncer sans réfléchir ne peut que nous mettre dans une situation délicate.

- Hmm… oui, c'est bon, j'ai compris. »

Le voyage se déroula dans une ambiance morose. Leurs activités se résumant à bavarder, manger et dormir, les jeunes gens s'ennuyaient. Les garçons eurent du mal à supporter l'inactivité inhérente à leur situation de prisonniers d'autant plus qu'ils n'avaient, l'un comme l'autre, qu'une envie : se rebeller contre leurs geôliers. Seule la conscience de la nécessité de planifier correctement leur action les en empêchait d'autant plus qu'ils se sentaient aussi responsables de la sécurité et de l'avenir de leurs compagnes. Vénusia, quant à elle, n'avait cessé de se replier sur elle-même depuis l'annonce de leur départ pour Albina. Elle participait de moins en moins aux discussions et perdait l'appétit. Sayaka s'en était inquiétée et avait tenté en vain de la réconforter tandis que Koji et Tetsuya ne savaient pas bien comment réagir face à sa prostration et la tristesse qui émanait de son regard.

Le trajet d'une planète à l'autre sembla prendre plusieurs jours mais les captifs ne purent pas avancer de durée vraiment précise ; ils dormaient et mangeaient lorsqu'ils en avaient envie et ils n'étaient pas sûrs de suivre le rythme des journées terrestres. Malgré le fait qu'ils en avaient fait la demande, ils n'avaient pas revu Zhork. L'un des hommes escortant Louna et Daxia lorsque celles-ci leur apportaient leur repas, leur avait répondu qu'ils s'entretiendraient avec lui lorsqu'ils seraient arrivés à destination. Ils n'avaient donc pas pu obtenir d'informations supplémentaires mais avaient cependant profité des rares visites des extraterrestres pour les observer et avaient remarqué que les hommes portaient tous des gants. Ils avaient donc supposé que ceux-ci devaient les protéger des effets des lassos qu'ils tenaient à la main.

Ils revirent Zhork lorsque celui-ci vint leur annoncer que le voyage allait prendre fin. Lui et ses hommes les conduisirent alors dans une autre pièce remplie de sièges fixés au sol, disposés sur plusieurs rangées et dont les accoudoirs et le dossier comportaient des sangles ressemblant aux ceintures de sécurité des voitures terriennes. Ils étaient tous orientés dans la même direction et faisaient face à l'une des parois du vaisseau sur laquelle était fixé un grand écran. L'extraterrestre leur apprit que l'arrivée présentait des risques de secousses suffisamment importants pour justifier l'utilisation de ces sièges sur lesquels ils seraient donc maintenus. Les jeunes gens s'assirent sur ceux de la première rangée, Louna et Daxia les attachèrent, puis Zhork mit l'écran en marche.

« Voici Albina, leur annonça-t-il.

- Nous sommes en train de survoler une zone désertique, constata Sayaka en apercevant l'étendue de sable qui s'offrait à son regard.

- Notre planète ne comporte qu'un seul type de paysage, celui que vous pouvez observer en ce moment, c'est pour cette raison que nous la nommons également « la planète des sables ».

- Ah oui ? l'interrogea la jeune femme assez surprise. Vous vivez dans des oasis comme dans les déserts que nous avons sur Terre ?

- Non, il ne pousse pas le moindre petit arbuste sur Albina et il y fait trop chaud pour pouvoir y survivre longtemps, sans compter qu'il n'existe aucun point d'eau. Nous vivons dans une cité qui se trouve sous terre. Les vaisseaux vont donc pénétrer dans le sol. Certains d'entre eux sont équipés pour y creuser des galeries au fur et à mesure de leur avancée mais ce n'est évidemment pas ainsi que nous rejoignons notre cité. Nous allons emprunter des routes déjà existantes et qui ont été construites à cet effet, elles sont cependant assez étroites et il arrive parfois que nous heurtions quelque peu la roche, c'est pourquoi nous nous attachons. »

Les albiniens prirent alors place sur les sièges vides et fixèrent leurs ceintures. Koji ne put s'empêcher de repenser à ce que lui avait dit Dalak à propos de l'adaptation des peuples à leur environnement : les albiniens semblaient faire exception et il se demanda comment la vie avait pu apparaître sur une telle planète. Il supposa qu'Albina avait été, dans un lointain passé, aussi verdoyante et hospitalière que la Terre et qu'une catastrophe quelconque l'avait transformée en désert de sable, obligeant ainsi ses habitants à se réfugier sous terre. La fin du voyage se passa sans problèmes mais la pénétration dans le sol fit tout de même un drôle d'effet aux terriens malgré le fait que ceux-ci avaient été prévenus.

Le vaisseau s'immobilisa alors et tous quittèrent leur siège. Zhork invita les jeunes gens à le suivre et ils sortirent de l'appareil, suivis des autres albiniens. Ils se trouvèrent alors dans une grande salle dont le plafond diffusait de la lumière. Ils la traversèrent puis ils passèrent une porte qui débouchait sur un long couloir comportant lui-même d'autres portes assez espacées les unes des autres. Zhork leur expliqua qu'il s'agissait de la zone 5, réservée au logement des vaisseaux. Ils montèrent alors dans un véhicule rectangulaire qui se trouvait là et qui démarra aussitôt. L'intérieur ne comportant pas de siège, ils restèrent debout. Le chef extraterrestre leur donna quelques explications sur les lieux.

« Notre cité est divisée en plusieurs zones. Vous logerez dans la zone 3 et vous serez libres de vous y déplacer comme bon vous semblera, excepté à des moments particuliers durant lesquels vous serez mobilisés pour certaines tâches.

- Certaines tâches ? répéta Sayaka.

- Je vous expliquerai cela plus tard. Je vous indiquerai également les raisons de votre présence ici. Pour en revenir à la cité, il vous est interdit de pénétrer dans les zones autres que celle dans laquelle vous résiderez, du moins sans autorisation. Les passages d'une zone à l'autre sont facilement repérables et, de toute façon, protégés et gardés car tous les albiniens ne sont pas autorisés à les emprunter. »

Le véhicule arriva au bout du couloir et pénétra dans un hall circulaire qui comprenait plusieurs portes. Des hommes, armés de lassos, s'y trouvaient et ouvrirent l'une d'entre elles lorsque Zhork leur en fit la demande. Au bout de ce second couloir, se trouvait de nouveau une porte gardée. Ils descendirent tous du véhicule et la franchirent.

« La cité présente une organisation en étoile, expliqua Zhork. Le hall que vous avez vu est le point de concours de différents couloirs. Chacun d'entre eux débouche sur l'une des zones de la cité. Comme vous avez pu le constater, les portes sont gardées d'un côté comme de l'autre. »

Ils parcoururent quelques mètres puis empruntèrent un couloir perpendiculaire. Les jeunes gens suivirent alors Zhork à travers d'autres couloirs encore, parsemés de portes et le long desquels se trouvaient régulièrement disposés des pots contenant des plantes vertes ainsi que des bancs sans dossier sur lesquels des albiniens étaient assis. Ceux-ci étaient en train de discuter mais se taisaient et observaient les jeunes gens avec attention dès que ces derniers passaient devant eux. Les habitants de la cité croisés au fur et à mesure de leur cheminement faisaient preuve de la même curiosité.

« Ils ont été prévenus de votre arrivée, commenta Zhork, mais ils n'ont jamais eu l'occasion de voir des individus appartenant à un autre peuple que le nôtre, ce qui explique leur attitude, ils s'habitueront vite. »

L'extraterrestre leur désigna alors ce qui ressemblait à un petit magasin de vêtements.

« Vous trouverez de quoi vous vêtir dans ce type de local, il y en a d'autres répartis dans la cité. Il en existe aussi distribuant de la nourriture et autres produits nécessaires dans la vie quotidienne et auxquels vous aurez librement accès.

- Et nous payerons ça avec quoi ? demanda Sayaka.

- L'argent n'existe pas chez nous. Nous nous servons en fonction de nos besoins. Louna et Daxia se chargeront de vos vêtements lorsqu'ils seront à nettoyer. Elles vous apporteront vos repas que vous prendrez dans le local où vous résiderez et s'occuperont du ménage. D'ailleurs nous arrivons. »

L'extraterrestre ouvrit une porte puis appuya sur un interrupteur, ce qui éclaira le plafond. Les jeunes gens pénétrèrent alors dans la pièce dont le sol était dissimulé par un tapis sur lequel se trouvaient dix cubes en bois. Les murs étaient recouverts de dix petites tentures de tissu régulièrement espacées.

« Nous ne disposons que d'un mobilier très sommaire, expliqua Zhork. Vous pouvez utiliser ces cubes comme des tables ou des sièges. L'une des portes au fond de la pièce s'ouvre sur une salle d'eau, l'autre sur un placard mural dans lequel vous pourrez ranger vos vêtements. Derrière ces rideaux, se trouvent des cavités servant de lits, elles sont assez grandes pour que vous puissiez vous y asseoir et vous changer. Vous pouvez constater qu'à côté de chacune d'elles, se trouve un interrupteur permettant d'éclairer le plafond.

- Vous voulez dire que les albiniens peuvent vivre jusqu'à dix dans ce type de pièce ? s'exclama Sayaka impressionnée par l'exiguïté du local.

- La place dont nous disposons pour loger la population est effectivement restreinte. Je ne peux donc pas vous proposer deux locaux. Si cela vous gêne de vivre tous les quatre ensemble, je peux voir pour vous trouver des places dans un local habité uniquement par des femmes pour vous mesdemoiselles et dans un local uniquement occupé par des hommes pour vous messieurs, mais vous devrez les partager avec des membres de mon peuple. »

Tetsuya et Koji interrogèrent leurs compagnes du regard mais celles-ci secouèrent négativement la tête.

« Je préfère que nous restions ensemble, répondit Sayaka, et je crois que Vénusia est du même avis. »

Cette dernière confirma d'un hochement de tête.

« Je vous suggère de vous reposer en attendant que l'on vous serve votre repas, reprit Zhork. Nous avons apporté avec nous des aliments que nous nous sommes procurés sur Terre, cela vous permettra de vous accoutumer petit à petit à notre alimentation. Cela ne devrait pas poser de problème étant donné que nous avons pu nous nourrir sur votre planète sans inconvénient majeur mais si certains aliments ne vous convenaient pas, nous les exclurions de vos repas. Les journées albiniennes étant plus longues que les journées terrestres, vous aurez du mal à vous adapter à nos horaires mais nous pouvons nous organiser pour vous permettre de conserver un rythme de vie proche de celui auquel vous êtes adaptés. Nous nous reverrons dans quelques jours, je vous expliquerai alors pourquoi j'ai décidé de vous amener ici. En attendant, profitez-en pour découvrir la cité, Daxia et Louna vous guideront. Elles logeront dans le local face au vôtre, il vous suffira de frapper à leur porte si vous avez besoin de quelque chose. »

Après le départ de Zhork, les terriens se laissèrent tomber sur le tapis en soupirant. La perspective de vivre dans le sous-sol d'Albina ne les enchantait guère. Depuis leur descente du vaisseau, ni les garçons ni Vénusia n'avaient prononcé le moindre mot. Les deux frères avaient été trop occupés à observer les locaux qu'ils traversaient pour se mêler à la conversation. Quant à la jeune femme, elle se sentait de plus en plus déprimée, elle avait la sensation que chaque minute qui s'écoulait ajoutait un peu plus à sa tristesse.

Après le repas, Koji informa ses compagnons qu'il avait envie de bouger un peu et qu'il visiterait bien la cité, il leur proposa donc de l'accompagner. Sayaka et Tetsuya acceptèrent mais Vénusia déclina l'offre en déclarant qu'elle se sentait assez fatiguée et qu'elle désirait se reposer. Sayaka alla alors frapper à la porte du local d'en face et demanda à Louna de les accompagner. Vénusia les regarda partir le regard vide, referma la porte de son lieu d'habitation puis poussa un profond soupir tout en parcourant des yeux la pièce dans laquelle elle se trouvait avant de se laisser tomber sur le tapis. Elle était accablée, comme écrasée par le poids énorme de ce qu'elle était en train de vivre. Elle se sentait seule, terriblement seule. Certes, il en était ainsi depuis le départ d'Actarus et de Phénicia pour Euphor. L'absence du Prince, en particulier, avait fait naître en elle une sensation de vide que la présence des personnes qui l'entouraient ne parvenait pas à combler. Tant qu'elle s'était trouvée sur Terre, elle s'était rassurée en pensant qu'elle aurait, un jour ou l'autre, des nouvelles de l'homme qu'elle n'avait pas cessé d'aimer depuis plusieurs années et qu'elle le reverrait peut-être, même si cela ne devait être que dans un futur éloigné. Cette perspective lui avait permis de supporter tant bien que mal la solitude qu'elle ressentait depuis qu'elle l'avait vu s'envoler aux côtés de sa sœur à bord de Goldorak. Mais depuis que Zhork leur avait annoncé la terrible nouvelle de leur captivité sur Albina, l'espoir auquel elle s'accrochait jusqu'alors s'était brusquement effrité puis carrément dissous. Cette fois, c'était bien fini. Même si Actarus reprenait contact avec son père adoptif, ce dont elle ne doutait pas connaissant les liens qui unissaient les deux hommes, elle ne le saurait pas. Jamais elle n'aurait connaissance de ce qu'il vivait sur Euphor, jamais elle ne pourrait lire ses messages ou entendre sa voix, jamais elle ne pourrait le revoir… Et ce n'étaient certainement pas les propos de Koji et Tetsuya quant à leur prochain retour sur Terre qui pouvaient la rassurer. Pour elle, ces deux-là déliraient complètement et n'avaient aucune conscience de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Leur projet de quitter la planète des sables ne lui semblait n'être qu'une utopie et elle refusait d'y croire, elle ne croyait d'ailleurs plus en rien, elle ne voulait même plus croire à quoi que ce fut. Ses yeux, déjà humidifiés, ne furent pas capables de contenir plus longtemps les émotions qui l'étouffaient toujours un peu plus au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient et des larmes se mirent à couler sur ses joues. Tout lui semblait tellement vain ! Elle s'étendit à plat ventre sur le tapis et, la tête dans ses bras, elle laissa libre cours à son chagrin.

Dans l'un des couloirs de la zone 3, Tetsuya, assis sur un banc, observait aussi bien les lieux que ses deux compagnons qui se trouvaient dans le local de jeux situé en face de lui, en compagnie de deux albiniens qui s'étaient spontanément proposés de leur apprendre les règles des jeux disponibles. Albina étant une cité souterraine, les intempéries et les variations de température ne l'affectaient pas, ce qui expliquait probablement le fait que la pièce dans laquelle se trouvaient Sayaka et Koji ne comportait que trois murs et qu'elle était entièrement ouverte à l'endroit où il y aurait dû avoir, par rapport à ce qui se rencontrait sur Terre, un quatrième mur doté d'une porte et d'une fenêtre. Personne ne gardait le local qui se trouvait en libre service. Les gens qui le souhaitaient n'avaient qu'à y pénétrer, s'asseoir sur le tapis recouvrant le sol et jouer à l'un des jeux disposés sur des cubes similaires à ceux se trouvant dans ce qui pourrait s'appeler leur « appartement ». Louna s'était assise à proximité des joueurs et les observait silencieusement. Elle avait guidé les trois terriens dans divers endroits de la cité, leur faisant découvrir les locaux susceptibles de les intéresser. Ils avaient d'ailleurs profité de leur passage dans un local dédié à l'habillement pour se procurer quelques vêtements et Sayaka avait pris soin d'en choisir quelques uns pour Vénusia. Tetsuya ne pu s'empêcher de songer que les quatre joueurs prenaient manifestement beaucoup de plaisir à cette activité à en juger par les éclats de rire qui fusaient de temps à autre. Koji, en particulier, semblait aussi insouciant qu'un enfant et Sayaka arborait son plus beau sourire. Lorsque la partie fut terminée, les deux terriens le rejoignirent. Les garçons se saisirent des sacs de vêtements qu'ils avaient déposés à côté du banc et ils décidèrent de rentrer.

« Alors ? interrogea Tetsuya, qui a gagné ?

- Moi, annonça Koji. Cela a été facile d'ailleurs, les joueurs n'étaient pas très doués.

- Ne fanfaronne pas trop, lui rétorqua Sayaka. Il s'en est fallu de peu pour que je gagne, je n'ai pas eu de chance, voilà tout.

- Ça, c'est toi qui le dis, reprit le jeune homme, je ne vois vraiment pas comment tu aurais pu me vaincre. C'est plutôt toi qui fais la maligne, là.

- Ah oui ? riposta la jeune femme en s'arrêtant face à son interlocuteur, les poings sur les hanches. Et toi, tu n'es qu'un menteur !

- Moi ? Un menteur ? répliqua Koji en haussant le ton. Répète un peu pour voir !

- Je ne vais pas me gêner, lui répondit Sayaka en élevant la voix à son tour. Tu…

- Cela suffit, intervint Tetsuya. Vous n'allez tout de même pas vous disputer pour ça ! Voulez-vous vraiment vous donner ainsi en spectacle ? »

Les deux jeunes gens regardèrent autour d'eux mais les passants ne donnaient pas l'impression d'avoir prêté attention à leur dispute.

« Ils semblent indifférents, remarqua Koji en haussant les épaules.

- J'aurais plutôt pensé que les albiniens auraient gagné, fit remarquer son frère. Ils connaissent le jeu tandis que vous y jouiez pour la première fois.

- C'est vrai que c'est étrange, confirma Koji, je me suis également fait cette réflexion pendant que nous jouions avec eux. Ce jeu ne présentait pourtant pas de difficultés, ils m'ont donné l'impression de jouer sans tenter la moindre stratégie. En fait, ils se débrouillaient encore moins bien que Sayaka.

- Tu recommences ? explosa celle-ci. Ne me dis pas que tu ne cherches pas la bagarre !

- Je ne cherche rien du tout, répondit Koji en soupirant, je ne fais que constater les faits. Pourquoi ne veux-tu pas admettre que tu as mal joué ?

- Dis tout de suite que je ne suis qu'une imbécile ! répliqua son interlocutrice de plus en plus furieuse.

- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, rétorqua le jeune homme, agacé. C'est toi qui interprètes tout de travers ! Tu…

- C'est bon, le coupa Tetsuya. Vous n'allez pas recommencer ! »

Ce dernier orienta la conversation sur un autre sujet. Koji songea que Sayaka n'avait décidément pas changé puis il se mit à discuter avec son frère. Louna était restée tout aussi indifférente à la dispute que les passants et continuait de remplir silencieusement son rôle de guide. Sayaka, quant à elle, ne se mêla pas au dialogue des deux terriens. Elle faisait mine d'observer les lieux traversés tout en repensant à ce qui venait de se passer : certes, Koji n'avait pas tout à fait tort, elle n'avait pas très bien joué, et pour cause ! Elle avait été bien trop occupée à le contempler pour pouvoir se concentrer sur ce qu'elle faisait. Mais pourquoi avait-il fallu qu'il le lui fasse remarquer ? N'aurait-il donc pas pu s'en dispenser ?

Lorsque les jeunes gens arrivèrent à destination, ils prirent congé de Louna puis pénétrèrent dans ce qu'ils appelaient désormais leur appartement mais ils ne virent pas Vénusia. Sayaka souleva discrètement le rideau de l'une des cavités murales servant de lit et découvrit qu'elle y dormait déjà. Se sentant eux aussi fatigués, les trois terriens décidèrent de se coucher après avoir rangé leurs acquisitions vestimentaires dans le placard mural à l'intérieur duquel ils découvrirent des vêtements de nuit. Ils se changèrent dans leur lit, dissimulés par les rideaux et se souhaitèrent une bonne nuit avant que Tetsuya n'éteigne la lumière à l'aide de l'interrupteur qui se situait à côté de la cavité dans laquelle il dormirait.

Koji s'assoupit presque aussitôt tandis que son frère songeait à Jun. Il se demanda ce qu'avait pu ressentir la jeune femme en apprenant la nouvelle de sa disparition et cette pensée ne fit que consolider sa volonté de trouver un moyen de rentrer sur Terre. Il ne pourrait jamais se résoudre à ne plus revoir celle avec qui il avait été élevé et qui représentait à ses yeux sa seule vraie famille. Certes, ayant été adopté par Kenzo Kabuto, Koji et Shiro se trouvaient être ses frères également, mais c'était différent, son attachement pour Jun était plus fort. C'est sur cette promesse déjà formulée antérieurement qu'il s'endormit.

Sayaka fut la dernière à trouver le sommeil. Un sourire flottait sur ses lèvres. Malgré sa dispute avec Koji, elle était ravie de la soirée passée à parcourir la cité et durant laquelle elle avait subitement pris conscience que ce séjour forcé sur Albina pouvait néanmoins présenter un avantage : celui de se trouver quotidiennement aux côtés du jeune homme. Elle songea que ce serait peut-être là l'occasion de se rapprocher de lui et c'est sur cette douce pensée qu'elle ferma les yeux.