Les droits : Les personnages et les situations extraits de l'œuvre de Go Nagaï et des animes correspondants (Mazinger Z, Great Mazinger, Grendizer) et présents dans cette fiction sont la propriété de leurs auteurs.
12. Confidence pour confidence
La pièce était sombre ; seule la lumière émise par le poste de télévision permettait de distinguer la silhouette installée dans l'un des fauteuils du salon du centre de recherches spatiales. Le professeur Procyon écoutait les actualités d'une oreille distraite ; elles ne lui apprendraient rien sur la disparition des quatre jeunes gens, de toute façon. L'inspecteur Egawa le mettrait au courant bien avant les journalistes si toutefois il y avait du nouveau mais, depuis deux semaines, l'enquête piétinait et le chercheur en connaissait malheureusement la raison. Kurz avait été formel, lui et ses compagnons ne percevaient plus la présence de Koji et la conclusion s'imposait d'elle-même : soit le jeune homme avait quitté l'atmosphère terrestre, soit il était mort. Procyon avait écarté la seconde hypothèse pour une raison bien simple : il ne pouvait pas l'envisager, d'autant plus qu'elle impliquerait probablement la mort de Vénusia, Sayaka et Tetsuya également. Chaque fois qu'il repensait à cette éventualité, il tentait de se rassurer : d'après ce qu'il savait, les extraterrestres avaient projeté d'enlever les jeunes gens, pas de les tuer. Ils étaient donc certainement vivants, il fallait qu'ils le soient sinon ce serait un véritable drame pour deux pères, deux frères et une sœur !
Procyon fut tiré de ses réflexions par la sonnerie du téléphone qui retentit soudain. Il soupira, se leva, baissa le son de la télévision puis se dirigea vers le combiné qu'il décrocha ; il savait qui l'appelait. Depuis deux semaines, tous les soirs à la même heure, il devait faire face au discours d'un père angoissé qu'il essayait de rassurer du mieux possible. En fait, Riguel appelait quatre fois par jour pour demander au scientifique s'il y avait du nouveau, mais durant la journée, Procyon pouvait plus facilement écourter la conversation en rappelant au père de Vénusia qu'il était très occupé par son travail. Ce fut donc avec patience qu'il écouta les plaintes de son interlocuteur auquel il adressa des paroles qui se voulaient rassurantes.
Lorsque Riguel prit enfin congé, le chercheur éteignit le poste de télévision et plongea ainsi la pièce dans le noir. Il se dirigea vers son fauteuil à tâtons et s'y enfonça. Il n'avait aucune envie de regarder le film de la soirée. Il se remémora une nouvelle fois les évènements s'étant déroulés durant ces deux dernières semaines. Environ deux heures après le départ des pilotes pour le lac Motosu, Argoli avait détecté les appareils extraterrestres ; ceux-ci s'éloignaient de la Terre. Cependant, sur le moment, personne n'imagina que les terriens puissent être à bord. Puis, un peu plus tard, ne voyant pas revenir les jeunes gens et ne parvenant pas à les joindre sur leur fréquence personnelle, Procyon avait interrompu le travail qu'effectuaient Cochyre et Kurz afin d'interroger ce dernier. Quelques minutes après, le suprénien lui apprenait qu'il ne parvenait pas à percevoir la présence de Koji et l'informa de la conclusion qui s'imposait. Les recherches effectuées par les enquêteurs auxquels la disparition des jeunes gens avait été signalée n'avaient toujours rien donné et pour cause ! Seuls les bracelets des pilotes avaient été retrouvés, écrasés sur le sol. Alcorak et Fossoirak avaient également disparu et l'exploration du lac n'avait pas permis de retrouver Marinak. Procyon en avait logiquement déduit que les extraterrestres s'en étaient emparés. Mais quelle pouvait être leur motivation ? Il n'en voyait à priori qu'une : les vaisseaux des ravisseurs n'étaient pas armés alors que les O.V.T. l'étaient. Peut-être recherchaient-ils des appareils de combat ? Mais si c'était le cas, pourquoi ne les fabriquaient-ils pas eux-mêmes ? Leur technologie leur permettait de voyager dans l'espace, elle était donc suffisamment avancée pour qu'ils puissent concevoir des armes.
Cette question n'était pas la seule à occuper l'esprit du chercheur. Quel était le lien avec la tentative de détruire la centrale photonique ? Pourquoi Carina avait-elle trahi les siens ? Quel était le rapport entre tout cela ? Une fois de plus, Procyon tenta de trouver une explication logique à ses interrogations et une fois de plus, il échoua. Il poussa un long soupir, il en discuterait probablement le lendemain lorsqu'il rencontrerait le père de Sayaka avec qui il devait s'entretenir au sujet du projet Spatiorak, mais il présageait que cela ne leur apporterait toujours pas de réponse. Alors qu'il réfléchissait au problème, une pensée lui traversa subitement l'esprit. Il se leva et, toujours dans le noir, il se dirigea vers la porte puis sortit de la pièce. D'un pas lent, il parcourut les couloirs du centre en direction de sa chambre dans laquelle il pénétra. Il fit encore quelques pas puis saisit le cadre posé sur la petite table près de son lit et contempla longuement la photo qui s'y trouvait.
« Si tu étais encore avec nous, murmura-t-il soudain, les choses se seraient peut-être passées différemment. »
Il observa la photo de son fils adoptif encore quelques instants avant de poursuivre son monologue.
« Et toi ? Que deviens-tu ? Pourquoi ne donnes-tu pas de tes nouvelles ? »
Il était trop tôt pour dormir ; le chercheur reposa lentement le cadre et revint sur ses pas. Il sortit de sa chambre, parcourut de nouveau les couloirs du centre de recherches spatiales et s'arrêta face à l'ascenseur ; il appuya sur l'un des boutons.
N'ayant plus d'O.V.T. à sa disposition, Procyon avait loué un petit avion et s'était octroyé les services d'un pilote ; ce fut donc à son bord que, le lendemain, il se rendit au laboratoire d'énergie photonique accompagné d'Antarès. Lorsqu'il retrouva Yumi, et après avoir échangé des formules de politesse et parlé de la disparition des quatre jeunes gens durant un long moment, ils abordèrent le sujet qui avait motivé leur rencontre. Les deux chercheurs étaient encore en train de discuter, chacun assis dans un fauteuil, lorsque des coups frappés à la porte les interrompirent.
« Entrez ! », lança Yumi en se levant.
La porte s'ouvrit ; une jeune femme au visage doux et à la chevelure châtain pénétra dans la pièce. Après l'avoir saluée, le chercheur la présenta à son homologue.
« Voici Misato, la jeune femme dont je vous ai parlé lors de notre dernier entretien téléphonique. C'est une cousine de Boss. Elle travaillait ici durant la guerre contre le docteur Hell ; elle effectuait l'entretien des locaux et faisait la cuisine mais elle n'hésitait pas à se battre en cas de nécessité. Elle possède une formation en électronique.
- Enchanté, déclara Procyon en serrant la main de la nouvelle venue. Donc, vous êtes intéressée par un emploi à bord de notre futur vaisseau ?
- C'est bien cela, confirma-t-elle d'une voix assurée. Mon contrat de travail va se terminer à la fin du mois, je serai donc disponible à partir de ce moment-là. »
Ils s'assirent tous les trois ; la conversation se poursuivit et concerna essentiellement le personnel du Spatiorak. L'objectif de ce projet étant la recherche d'énergie, Procyon envisageait donc de proposer à Sayaka de faire partie de l'équipage et il espérait que Tetsuya accepterait un poste de pilote aux côtés de Koji. Il restait à embaucher le commandant de bord, un technicien capable d'effectuer des réparations le cas échéant et une infirmière ou un médecin. Ce serait là l'équipage minimum du vaisseau. Après avoir discuté longuement avec la jeune femme, le chercheur décida de l'engager pour s'occuper des repas et du ménage et le lui annonça aussitôt. Elle le remercia puis l'interrogea d'une voix hésitante.
« Professeur, Sayaka et Koji vont être retrouvés, n'est-ce pas ?
- Vous êtes au courant de leur disparition ? s'étonna son interlocuteur.
- Oui, lui répondit-elle. Je l'ai entendu aux informations et Boss m'en a parlé. »
Procyon et Yumi échangèrent un regard ; ni l'un ni l'autre ne connaissait la réponse mais ils voulaient tous deux croire au retour des jeunes gens. Ce fut donc avec une voix aussi assurée que possible que le chercheur répondit à la question de Misato.
« Oui, ne vous inquiétez pas, je suis sûr que nous les reverrons. »
Bien loin de la Terre, dans la ville souterraine d'Albina, les terriens avaient organisé leurs journées. Ils avaient décidé de se lever et de se coucher aux mêmes heures que les habitants de la cité des sables. Tout comme ces derniers, ils prenaient quatre repas journaliers mais effectuaient une sieste après le troisième afin de supporter la longueur des journées.
Depuis qu'ils étaient arrivés quelques jours auparavant, Sayaka, Koji et Tetsuya avaient quotidiennement parcouru la cité afin de la découvrir tandis que Vénusia ne parvenait pas à s'intéresser à ce qui se passait autour d'elle. Le plus souvent, elle restait à l'intérieur de leur local d'habitation, étendue sur le tapis. Elle passait son temps à fixer le plafond qu'elle trouvait cependant particulièrement laid du fait de la présence des grilles d'aération. Lorsqu'elle se retrouvait seule, elle laissait couler les larmes qu'elle dissimulait à ses compagnons le reste du temps. Les trois jeunes gens n'étaient toutefois pas dupes ; chaque fois qu'ils rentraient, les yeux rougis et gonflés de la jeune femme témoignaient de son désarroi, mais ils ne savaient que faire pour la soulager de sa peine et tentaient tant bien que mal de la réconforter en lui assurant qu'ils retourneraient bientôt sur Terre.
Louna et Daxia leur servaient alternativement de guide et leur avait fait découvrir la totalité de la zone 3. Les terriens avaient du mal à s'y orienter du fait de la similitude que présentaient les couloirs : des bancs, des plantes vertes, des portes accédant sur des lieux d'habitation, c'était à peu près tout ce que l'on pouvait y voir. Par endroits, on y trouvait des locaux permettant de s'approvisionner en nourriture, vêtements et fournitures diverses. Certains se trouvaient en libre service, d'autres étaient occupés par les albiniens qui y travaillaient en tant que cuisiniers, menuisiers, couturiers... ; les adolescents étaient formés par les adultes dans ces mêmes locaux. Certains albiniens avaient invité les terriens à pénétrer dans leurs lieux d'habitation ; les enfants y jouaient à des jeux assez sommaires ou dessinaient mais les jeunes gens n'avaient vu de livres nulle part et personne ne semblait disposer d'un système de communication écrit. Souhaitant se débrouiller par eux-mêmes, Tetsuya et Koji s'étaient procurés du papier et des crayons afin de réaliser un plan qui leur permettrait de sortir sans être accompagnés.
Ce matin-là, pour la première fois depuis leur arrivée, les deux garçons étaient sortis seuls avec l'albinienne qui leur servait de guide. Lorsqu'ils s'étaient levés, Sayaka dormait encore. Tetsuya avait bien compris que Koji commençait à se lasser des attentions permanentes que la jeune femme lui témoignait et n'avait pas suggéré de la réveiller. Ils marchaient donc tous les deux aux côtés de Daxia, toujours aussi silencieuse et discrète. Ils s'arrêtaient régulièrement afin de compléter leur plan. La jeune femme n'étant pas autorisée à leur parler, ils ne pouvaient pas la questionner. Ils interrogeaient donc les albiniens qu'ils rencontraient mais ceux-ci avaient de la difficulté à leur répondre ; ils semblaient ignorer beaucoup de choses sur le fonctionnement de leur cité. Les deux terriens ne désespéraient pourtant pas d'en apprendre plus et tentaient d'obtenir des réponses à leurs questions chaque fois qu'ils avaient l'occasion d'engager la conversation.
Alors qu'ils longeaient un local de jeux, des éclats de voix leur firent tourner la tête. L'un des joueurs qui s'y trouvaient accusait son adversaire d'avoir triché et lui donna un coup de poing en pleine figure. D'autres hommes présents s'en mêlèrent afin de soutenir celui qui s'estimait lésé ; le tricheur supposé se retrouva ainsi seul contre tous et reçut une pluie de coups qui eut pour effet de le projeter au sol. Bien qu'il se trouvait alors à terre et incapable de se défendre, les autres continuèrent à le frapper sauvagement. Offusqués par ce combat inégal, les deux terriens échangèrent un regard et un signe de tête. Ils firent chacun un pas en avant afin d'intervenir et de soustraire la malheureuse victime à l'acharnement de ses agresseurs lorsque Koji sentit que quelqu'un lui saisissait le poignet. Il se retourna et eut la surprise de constater qu'il s'agissait de Daxia. Elle le regarda intensément comme si elle cherchait à lui dire quelque chose, et, tout en lui serrant le poignet un peu plus fort, elle secoua la tête de gauche à droite. Troublé par cette attitude inattendue, Koji se demanda quelles pouvaient être les motivations de la jeune femme lorsque des bruits de lutte le ramenèrent à la réalité. Il détourna le regard en direction du local de jeux et aperçut Tetsuya aux pieds duquel se trouvait un albinien que le terrien venait manifestement de frapper. Les autres joueurs s'étaient reculés et regardaient le pilote d'un air ahuri. Le silence qui régna durant quelques instants fut impressionnant.
« Eh bien ? lança Tetsuya à ceux qui le fixaient. Vous ne vous battez plus ? »
Personne ne bougea à l'exception d'un homme à qui le pilote tournait le dos : il se saisit de l'un des cubes servant de table avec l'intention manifeste de frapper l'importun qui avait interrompu la bagarre.
« Attention ! », s'exclama Koji tout en dégageant son poignet de l'étreinte de Daxia.
Alerté par le cri du terrien qui s'élançait déjà en direction de celui qui s'apprêtait à frapper, Tetsuya se retourna mais l'un des hommes se trouvant là asséna un coup de poing à l'agresseur qui fut projeté au sol.
« Ne le touche pas ! », gronda l'albinien en toisant celui qui se trouvait à terre alors qu'un autre joueur s'approchait des pilotes.
« Vous ne devez pas intervenir dans les bagarres quels qu'en soient le déroulement et l'issue, déclara ce dernier aux deux jeunes gens ; ces affrontements sont fréquents, ils font partie intégrante de la vie de la cité.
- Si c'est aussi normal que cela, répliqua Tetsuya, pourquoi n'avez-vous pas riposté lorsque je me suis interposé ? Ne me dites pas que je vous fais peur, vous êtes bien plus nombreux que nous.
- Ce sont les ordres, déclara l'homme à la peau claire. Quelles que soient les circonstances, nous ne devons pas vous faire le moindre mal. »
Puis, sans laisser aux terriens le temps de réagir, les albiniens présents s'éloignèrent du local de jeux.
« Tu as entendu ça ? questionna Koji ébahi par ce qu'il venait d'apprendre. Ils sont prêts à se laisser frapper sans réagir.
- Oui », lui répondit Tetsuya songeur.
Sayaka ouvrit les yeux tout en s'étirant. Durant quelques secondes, elle se demanda où elle était mais les évènements récents lui revinrent rapidement à l'esprit. Elle soupira en se souvenant de sa condition de prisonnière, exilée quelque part dans l'univers, contrainte de vivre dans le sous-sol d'une planète inhospitalière. Elle tourna la tête en direction de l'épais rideau dissimulant sa couche tout en se demandant si ses compagnons d'infortune étaient déjà levés. La lumière qui filtrait par l'interstice séparant le tissu et le mur le laissait présager même si aucun bruit ne se faisait entendre. Elle écarta l'étoffe, parcourut la pièce du regard et aperçut Vénusia étendue sur le tapis, dos contre le sol. Elle portait encore son vêtement de nuit, une longue robe droite couleur crème lui arrivant au-dessous des genoux et dotée de manches, toutes droites elles aussi. Tout le monde portait cette tenue unisexe pour dormir et les deux jeunes femmes en avaient déploré le manque de féminité, mais elles n'avaient guère le choix. Sayaka observa sa compagne quelques instants ; la fille de Riguel semblait absorbée dans la contemplation de l'une des grilles garnissant le plafond mais elle tourna la tête lorsque la fille de Yumi s'extirpa de la cavité dans laquelle elle se trouvait.
« Je me demande pourquoi ils ont fait ces grilles aussi grandes, commenta Vénusia d'un air maussade tout en dirigeant de nouveau son regard vers l'une d'entre elles. Ce n'est vraiment pas décoratif.
- Probablement pour faciliter l'aération, supposa Sayaka. Cela ne doit pas être évident d'alimenter la cité en air respirable. As-tu bien dormi ?
- Oui, les lits sont assez confortables, répondit son interlocutrice sur un ton qui pouvait tout aussi bien laisser supposer le contraire. Et toi ?
- Moi également. Les garçons sont encore couchés apparemment.
- Non, ils se sont levés il y a déjà un bon moment et sont partis se promener.
- Ah oui ? » répliqua la fille de Yumi en esquissant une grimace de déception.
Vénusia, voyant son air soucieux, tenta de la rassurer.
« Ne t'inquiète donc pas, ils ne risquent rien dans la cité d'autant plus qu'ils sont partis tous les deux. Mais même s'ils étaient sortis seuls, je ne pense pas qu'il y aurait du souci à se faire ; les albiniens sont plutôt prévenants vis-à-vis de nous.
- Ce n'est pas cela... », répondit évasivement Sayaka en évitant de croiser le regard de sa compagne qui l'observait avec curiosité en se demandant ce qui pouvait bien la perturber.
Non, ce n'était pas cela, effectivement. La fille de Yumi ne se faisait aucun souci concernant la sécurité des garçons. Tout comme Vénusia, elle avait bien remarqué que les albiniens manifestaient un empressement certain à apporter leur aide aux terriens lorsque ceux-ci la réclamaient. De plus, ils ne semblaient pas éprouver la moindre animosité à leur encontre et semblaient plutôt ravis de leur présence dans leur cité. Non, ce n'était pas cela qui ennuyait la jeune femme, c'était plutôt le fait que Koji soit parti sans elle. Jusqu'à présent, elle avait réussi à l'accompagner chaque fois qu'il sortait et ceci malgré qu'il lui avait clairement fait comprendre qu'il était capable de se débrouiller sans elle. Cependant, elle insistait tellement qu'il finissait par céder, probablement par lassitude à en juger le soupir qui ponctuait systématiquement son accord. Mais cette fois, il était parti sans elle et elle ressentit un pincement au cœur à l'idée de le savoir seul, ou presque, aux côtés de l'une des deux jolies albiniennes leur servant de guide. Elle souhaita que ce ne fût pas Daxia car elle soupçonnait celle-ci de s'intéresser un peu trop à Koji.
« Bon, en attendant qu'ils reviennent, annonça-t-elle à la fille de Riguel, je vais prendre une douche.
- Inutile, rien ne coule, lui répondit sarcastiquement sa compagne. L'alimentation en eau ne doit pas être évidente non plus. »
Sayaka soupira et se dirigea vers le placard mural afin de prendre des vêtements. Si les tenues de nuit n'étaient pas très séduisantes, il n'en était pas de même des robes que portaient les albiniennes. Celles-ci étaient courtes, sans manches, plus ou moins évasées selon les modèles, et le dégradé des couleurs du tissu était très seyant. Les vêtements masculins, composés de pantalons et de tuniques droites étaient quant à eux beaucoup plus sobres.
Après s'être habillée, la fille de Yumi s'assit auprès de Vénusia et l'observa. Ses yeux étaient cernés et ses paupières gonflées, elle n'avait pas dû passer une bonne nuit même si elle venait d'affirmer le contraire. Peut-être même avait-elle pleuré ?
« Pourquoi n'es-tu pas allée avec eux ? la questionna-t-elle. Cela t'aurait changé les idées.
- A quoi bon ? soupira son interlocutrice d'un air désabusé.
- Tu ne manges plus guère, tu maigris, tu ne discutes plus beaucoup avec nous, tu ne sors presque pas, tu vas y laisser ta santé si tu continues ainsi.
- Quelle importance ? continua la fille de Riguel sur le même ton.
- Vénusia, la gronda gentiment Sayaka, le jour où nous partirons de cette cité, des obstacles se présenteront certainement à nous et nous devrons probablement combattre, il te faudra être en forme pour affronter ces difficultés. »
Délaissant la contemplation des grilles d'aération, la jeune femme se tourna vers sa compagne et l'observa incrédule. Après quelques instants de silence, elle l'a questionna.
« Tu y crois vraiment, toi, en la possibilité de retourner sur Terre ? »
La fille de Yumi ne répondit pas immédiatement. La question de Vénusia la laissa dubitative quelques instants.
« Je ne sais pas, avoua-t-elle enfin. Disons que j'ai très envie d'y croire. Si je n'y croyais pas, je pense que je me trouverais dans le même état que toi. Et puis, je connais suffisamment Koji pour savoir qu'il ne renoncera pas, et Tetsuya non plus, je pense. Ils trouveront sûrement une solution.
- Tu m'as l'air d'avoir vraiment confiance en eux.
- Bien sûr, affirma Sayaka. N'oublie pas qu'ils ont combattu et vaincu le docteur Hell et l'empire de Mykene.
- Hmm, ouais…, admit Vénusia en faisant la moue et en s'asseyant à son tour afin de faire face à son interlocutrice. Mais ils ne seraient pas parvenus à vaincre les forces de Véga. Si Actarus n'avaient pas été là, la Terre serait désormais entre les mains des envahisseurs. »
La fille de Yumi haussa les épaules.
« C'est sûr qu'en possédant des machines telles que vos O.V.T., cela n'aurait pas été possible, reprit-elle avec conviction. Mais s'ils avaient eu un robot comme celui d'Actarus à leur disposition, je suis certaine qu'ils y seraient parvenus.
- Hmm…, fit Vénusia en détournant son regard pour le reporter sur les motifs ornant le tapis. On voit que tu ne connais pas le prince d'Euphor. Lui seul était capable de vaincre les extraterrestres. »
Sayaka perçut la pointe de nostalgie qui transparaissait dans la voix de son interlocutrice et fronça les sourcils. Elle venait subitement de comprendre le véritable problème de Vénusia.
« Ne serais-tu pas amoureuse de lui, par hasard ? risqua-t-elle en observant attentivement la fille de Riguel. C'est pour cela que tu es si déprimée ? »
Surprise, la jeune femme releva la tête mais ne chercha pas à dissimuler la vérité. A quoi cela aurait-il servi, d'ailleurs ? Sayaka s'en rendrait probablement compte un jour ou l'autre.
« Je ne le reverrai jamais, répondit-elle, des sanglots dans la voix. Et tout ça, à cause de Zhork. Je le déteste !
- Je trouvais curieux que l'une des pilotes de la patrouille des Aigles se laisse abattre ainsi. Cela ne collait pas.
- Du temps de la guerre contre Véga, reprit Vénusia, c'était différent. J'étais près de lui, sa présence me donnait une telle force ! Je me sentais capable de réaliser l'impossible à ses côtés. Depuis qu'il est parti, j'ai l'impression de ne vivre que par l'espoir de le revoir tout en n'étant même pas sure qu'il revienne un jour sur Terre. »
Sa voix se brisa sur ces derniers mots. Touchée par la douleur qu'elle percevait chez sa compagne, Sayaka se tut quelques instants avant de prononcer des paroles qu'elle voulait réconfortantes.
« Je suis désolée de remuer tout cela, dit-elle à mi-voix, mais ne t'inquiète pas, si vous êtes amoureux l'un de l'autre, Actarus ne tardera certainement pas à revenir sur Terre.
- Je n'ai pas dit qu'il était amoureux de moi, répliqua la fille de Riguel d'un ton sec.
- Ah… je vois, soupira Sayaka, il ne partage pas tes sentiments.
- En fait je n'en sais rien, soupira à son tour Vénusia en prenant garde de ne pas croiser le regard de son interlocutrice.
- Vous n'en avez jamais parlé ? »
Pour toute réponse, la jeune femme secoua négativement la tête.
« Même pas avant son départ ? insista Sayaka.
- Non, répondit faiblement son interlocutrice en baissant les yeux.
- Mais tu gardes quand même un espoir ? »
Vénusia haussa les épaules tout en faisant une moue désabusée tandis que Sayaka se demandait comment un fait aussi important que celui-ci avait pu ne pas être abordé à un moment ou à un autre, et en particulier avant le départ des euphoriens pour un si long voyage. Le prince n'avait peut-être pas eu conscience des sentiments que lui portait la jeune femme ? La fille de Yumi se racla la gorge, hésita quelques instants puis se décida à aborder le sujet qui lui tenait à cœur.
« Dis-moi, du fait de la guerre, tu as été proche de Koji durant ces dernières années, n'est-ce pas ?
- Oui, pourquoi ?
- S'entendait-il bien avec Phénicia ?
- Oui… enfin… oui et non, ils se chamaillaient et il y avait une certaine rivalité entre eux, mais ils s'aimaient bien.
- Est-ce que Koji était… comment dire... ? » parvint à articuler Sayaka tout en sentant son cœur battre plus fort tant elle redoutait la réponse.
Face au silence et aux yeux interrogateurs de son interlocutrice, la fille de Yumi ne put faire autrement que de préciser sa pensée. Il fallait qu'elle sache ! Le cœur serré d'appréhension et se sentant rougir, elle prit une profonde inspiration et formula sa question d'une seule traite.
« Koji était-il amoureux de Phénicia ? »
Vénusia l'observa attentivement quelques instants puis lui répondit en esquissant un sourire empreint de complicité.
« Oh ! Toi… ! N'aurions-nous pas le même type de problème toutes les deux ?
- Je crois bien que oui, confirma Sayaka en souriant à son tour.
- Tu sais, lui avoua son interlocutrice, j'étais très proche de Phénicia et Koji lui plaisait, cela ne faisait aucun doute. Par contre, en ce qui le concerne, je ne sais pas trop que penser. Ce qui est sûr, c'est qu'il aimait beaucoup faire des courses de moto avec elle, mais elle l'agaçait aussi. J'avais l'impression qu'il la considérait comme une enfant qu'il fallait protéger de ses propres excès. Il est vrai qu'à un moment donné, je pensais que Koji était un peu amoureux d'elle. Peut-être l'était-il réellement ou peut-être était-ce mon propre désir qui me le faisait croire ? J'aurais tellement aimé que nous restions ensemble tous les quatre, moi avec Actarus et Phénicia avec Koji, cela aurait été tellement bien, nous n'aurions jamais été séparés, nous serions restés unis pour toujours. Alors, pour répondre franchement à ta question, je n'en sais rien. »
Elle s'interrompit, soupira puis reprit en baissant tout aussi bien les yeux que la voix.
« Si je comprends bien, tu te trouves dans la même situation que moi ? Koji et toi, vous n'avez jamais abordé le sujet ? Il ne t'a rien dit sur ses sentiments ?
- Oh non ! s'exclama Sayaka. Ce n'est pas cela du tout ! Lors de la guerre contre le Docteur Hell, Koji savait parfaitement que je l'aimais mais mon caractère ne convenait pas à Monsieur ! Et il ne se privait pas de me le faire clairement savoir ! Ce mufle m'a même envoyé en pleine figure qu'il n'avait nullement l'intention d'épouser une fille comme moi alors que je venais de lui dire que je l'aimerais toujours. Je me demande pourquoi je tiens à un tel rustre ! Mais, je n'y peux rien, c'est plus fort que moi. J'ai pourtant essayé de l'oublier. Lorsqu'il était au centre de recherches spatiales, je t'assure que j'ai fait le maximum ; il a vraiment fallu que je me fasse violence pour ne pas lui écrire ou lui téléphoner. Mais je dois maintenant me rendre à l'évidence : depuis que je l'ai revu, je me suis aperçue que je n'avais pas renoncé à lui. Je garde encore espoir et je suis prête à… »
Des coups frappés à la porte interrompirent la jeune femme. Elle se leva aussitôt et alla tirer le verrou pour ouvrir. Deux albiniens lui faisaient face ; ils tenaient chacun un lasso à la main.
« Zhork s'entretiendra avec vous après le second repas de la journée, lui annonça l'un deux sans préambule. Veuillez vous tenir tous les quatre à sa disposition. »
Sayaka hocha la tête en signe d'acquiescement puis les deux hommes s'éloignèrent ; elle referma la porte. Elle baissa les yeux et son regard s'attarda sur les plateaux qui se trouvaient là ; elle avait faim.
« As-tu mangé ? », demanda-t-elle à sa compagne.
Vénusia secoua la tête de gauche à droite.
« Eh bien, tu vas me faire le plaisir d'avaler ce petit-déjeuner, continua Sayaka. Tu en as bien besoin. »
Elles prirent leur repas tout en poursuivant leur discussion. La fille de Riguel fit un effort pour manger un peu plus que d'habitude. Quelques dizaines de minutes plus tard, elles constatèrent qu'il y avait de nouveau de l'eau et prirent une douche.
Peu avant le second repas de la journée, des coups résonnèrent de nouveau à la porte et Sayaka alla ouvrir. Tetsuya et son frère pénétrèrent dans la pièce. La jeune femme aperçut l'albinienne qui pénétrait dans le local d'en face et réprima une grimace de contrariété ; c'était Daxia...
« C'est incroyable ! s'exclama Koji en s'étendant sur le tapis. Les albiniens n'ont pas été capables de répondre à une seule de nos questions. Ils ne s'interrogent même pas. Bon sang, ce que nous avons mangé hier soir était clairement de la chaire animale. D'où viennent ces bêtes ? Eh bien, même ceux qui sont chargés de préparer les repas ne le savent pas. Et les légumes que nous consommons, où poussent-ils ? Ils l'ignorent. Et le bois composant ces cubes qui servent de table, comment est-il obtenu ? Ils n'en ont pas la moindre idée. Et les matières premières nécessaires à la confection des vêtements et des tapis ? Mystère…
- Peut-être que les animaux sont élevés dans l'une des zones nous étant interdites, suggéra Sayaka.
- Cela m'étonnerait fort, répondit Tetsuya en s'asseyant sur le tapis. Il faudrait des prairies pour les nourrir à moins que leur nourriture ne soit purement synthétique mais je doute que cela puisse donner une viande aussi gouteuse. Non, Zhork nous cache certainement quelque chose, la planète des sables n'est peut-être pas aussi désertique qu'il l'affirme. Mais même cela, les albiniens l'ignorent. Ils ne se sont manifestement jamais rendus en surface.
- Ils vous ont peut-être menti, supposa Vénusia. Peut-être en ont-ils reçu l'ordre ?
- Ils paraissaient sincères, assura Koji. Je pense qu'ils disaient la vérité d'autant plus qu'ils ne semblent pas suffisamment malins pour simuler.
- Je suis d'accord avec toi, confirma Tetsuya, ils ne sont pas très futés contrairement à Zhork qui est particulièrement intelligent, lui !
- C'est vrai, acquiesça Sayaka. Au fait, avez-vous terminé le plan ?
- Oui, confirma Koji en s'asseyant à son tour, et nous avons une surprise.
- Une surprise ? continua la jeune femme, intriguée. De quoi s'agit-il ? »
Le jeune homme ne répondit pas et se contenta de sourire pendant que Tetsuya étalait les feuilles de papier les unes à côté des autres. Les deux filles se rapprochèrent pour les observer et ne dissimulèrent pas leur admiration ; leurs compagnons avaient manifestement réalisé un gros travail mais elles ne voyaient pas quel rapport pouvait avoir ce plan avec la surprise annoncée.
« Nous allons utiliser les conduites d'aération afin de nous rendre dans la zone 5, reprit Koji. Elles sont certainement disposées de manière à suivre le schéma des locaux et des couloirs de la zone 3 et le plan nous indiquera la direction à prendre afin de rejoindre le hall central. De là, nous verrons comment atteindre la zone 5 et nous y orienter.
- Je ne comprends pas, s'étonna Sayaka. Pourquoi se rendre dans la zone 5 ?
- Pour nous emparer d'un vaisseau et nous rendre sur Terre bien sûr, répondit le pilote plutôt surpris par la question.
- S'emparer d'un vaisseau ? répéta Sayaka interloquée tandis que Vénusia levait les yeux au ciel. Et vous comptez sans doute demander à Zhork qu'il vous donne des leçons de pilotage afin de préparer le voyage ?
- Pas besoin de leçon, lui lança Tetsuya très sûr de lui. J'ai suivi un entrainement intensif, j'arriverai bien à piloter leur appareil.
- Ben voyons ! continua la fille de Yumi sur un ton ironique. Tu n'as sans doute jamais rien piloté d'autre que ta moto et Great et tu penses que tu pourras t'en sortir aussi facilement que cela ?
- Elle a raison, intervint Koji, c'est moi qui piloterai, j'ai beaucoup plus d'expérience que Tetsuya.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? lui répliqua la jeune femme toujours sur le même ton. L'atmosphère d'Albina te fait délirer ou quoi ?
- Je ne délire pas, riposta Koji à peine agacé. C'est toi qui ne sais pas de quoi tu parles. Je n'ai pas piloté que Mazinger Z et ma moto, figure-toi.
- Ah oui ? continua Sayaka, un brin d'agressivité dans la voix. Eh bien, vas-y ! Parle-nous donc de ta longue expérience pour voir ! Je suis très curieuse de la connaître. »
Vénusia et Tetsuya échangèrent un regard entendu en haussant les sourcils ; il y avait de la dispute dans l'air.
« D'accord, puisque tu y tiens, reprit Koji. J'ai piloté l'O.V.T.1, les O.V.T. du centre de recherches spatiales, le Cosmorak, l'hélicoptère, l'avion, j'ai pratiqué le vélivole, je suis allé dans l'espace à l'intérieur d'une fusée et... ce n'est pas du pilotage mais j'ai même fait de l'escalade. Alors ? Que dis-tu de cela ?
- Cesse de fanfaronner, lui répondit-elle sur un ton moqueur. Tu n'as piloté que des engins terrestres. Tu ne t'imagines tout de même pas pouvoir manier un vaisseau extraterrestre sans avoir la moindre expérience en la matière ?
- J'ai piloté une soucoupe de Véga, ajouta le jeune homme. Vénusia peut te le confirmer.
- Je ne m'en souviens pas, répondit cette dernière d'un ton blasé.
- Mais si rappelle-toi, continua Koji. C'était lors du meeting d'aviation. Je l'ai prise en main immédiatement et il valait mieux car les véghiens ne m'auraient pas laissé le temps d'hésiter.
- Oui, je me souviens maintenant, reconnut la fille de Riguel, mais ce n'est pas la même chose ; une soucoupe n'est pas un vaisseau.
- De toute façon, reprit Sayaka, en admettant que vous arriviez à en démarrer un, à ne pas l'écraser contre les parois des routes souterraines, comment comptez-vous vous diriger vers la Terre ? Si c'est pour s'égarer dans l'espace je préfère encore rester ici. A moins que vous n'ayez l'inconscience de croire que Zhork va gentiment vous indiquer la route du retour ? »
Les deux pilotes se regardèrent quelque peu embarrassés ; emportés par leur enthousiasme, ils n'avaient pas pensé à ce détail.
« Alors ? insista la fille de Yumi. Quelle brillante idée avez-vous eu pour résoudre ce problème ?
- Eh bien..., avoua Koji un peu dépité, nous n'avons pas encore eu le temps de parachever cette partie du plan, mais nous n'y manquerons pas.
- Hmm... nous verrons alors », conclut Sayaka, loin d'être convaincue.
Quelqu'un frappa à la porte et Tetsuya alla ouvrir ; Daxia et Louna pénétrèrent dans la pièce en portant chacune un plateau ; c'était l'heure du repas. Comme à l'accoutumée, Daxia servit Koji en premier et le jeune homme la remercia d'un sourire ce qui agaça prodigieusement la fille de Yumi. Lorsque les terriens furent tous servis, les deux albiniennes quittèrent le local après quoi Sayaka ne put s'empêcher de manifester son mécontentement. Si elle n'avait rien dit jusqu'alors, elle ne pouvait vraiment plus se retenir.
« Je ne vois pas pourquoi Daxia te sert toujours en premier, maugréa-t-elle à l'intention de Koji. Sans doute pour que tu la remarques. Tu devrais la remettre à sa place au lieu d'entrer dans son jeu et lui faire de grands sourires.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? répliqua le jeune homme agacé. Je suis poli, c'est tout. Et puis d'abord, de quoi te mêles-tu ? Ce ne sont pas tes affaires.
- Au fait, continua la fille de Yumi en ignorant la remarque, c'est elle qui vous a accompagnés ce matin. Pourquoi ne m'as-tu pas réveillée pour que je me joigne à vous ? Préférerais-tu sa présence à la mienne, par hasard ?
- Tout à fait, confirma le pilote de plus en plus irrité, elle est plus agréable que toi.
- Quoi ? explosa son interlocutrice. Tu n'es qu'un grossier personnage ! Tu...
- Stop ! intervint Tetsuya d'un ton ferme. Il ne se passe pas deux jours sans que nous n'ayons droit à une dispute. Vénusia et moi, nous aimerions bien que cela cesse. »
Sayaka et Koji se fusillèrent du regard mais n'ajoutèrent pas un mot et le repas se poursuivit dans le calme. Vénusia informa les garçons de l'entretien qui se déroulerait peu après le repas en présence de Zhork. Les terriens n'allaient donc pas tarder à connaître les raisons de leur présence sur Albina...
