Je sais que j'ai mis le temps à poster mais sachez que ce chapitre est fini depuis... hier! Et Ellana a fait un rapide travail de correction car le voici déjà.

Je rappelle à ceux qui me posent des questions dans les reviews qu'il est nécessaire de laisser son e-mail si vous voulez une réponse...

CHAPITRE 8 :

Jonah !

Son cri le retint malgré lui. Il avait beau essayé de prendre de la distance… la faire souffrir était quelque chose qu'il ne supportait pas. C'était encore plus dur que d'éviter de la croiser en travaillant… Plus dur que les cauchemars qui hantaient ses nuits… Plus pénible que cette ère glacière.

Et ça n'avait rien à voir avec le fait que parler trop fort – et donc crier – éveillerait l'attention des surveillants et des autres travailleurs. Ceux-là même qui prendraient la séparation du couple comme une ouverture vis-à-vis de la jeune femme.

Restant immobile à fixer les pistons et les réacteurs de la mine, il ne fit aucun geste vers elle… mais il la laissa poser sa main sur son épaule et il se retrouva naturellement à la serrer dans ses bras. L'étreinte avait un côté désespéré.

Il savourait le fait de pouvoir encore le faire.

Je ne comprends pas, Jonah… Parle-moi ! Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ?

Elle releva la tête vers lui, son corps toujours collé contre le sien. Il ne pouvait pas lui parler. Il n'avait pas envie de le faire. La seule chose qu'il voulait était l'embrasser, encore et encore. Puis l'emmener dans un endroit discret… Faire l'amour avec elle.

Ca faisait plus de neuf semaines qu'ils s'aimaient… Il avait la sensation de ne jamais avoir été aussi heureux. Il bossait comme un acharné dans cette mine, mangeait une horreur de gruau… et il était persuadé d'être complètement et définitivement très heureux.

Grâce à elle.

Tu t'es souvenu de quelque chose ? demanda-t-elle devant son mutisme.

Il la serra plus fort.

Depuis que Carlin leur avait parlé de ses rêves et qu'ils avaient tout mis à plat, elle cherchait à se rappeler, toujours convaincue qu'ils avaient quelque chose à accomplir de 'plus important qu'aider leur peuple à lutter contre une ère glacière'. Ca semblait aberrant. Et pourtant…

… non, rien.

Il ne mentait pas vraiment. Il n'était sûr de rien.

Pour le moment, il n'était certain que d'une chose et ça la concernait totalement…

Prenant son visage entre ses mains, il l'embrassa avec toute la douceur du monde, chassant du mieux qu'il pouvait cette terrible certitude qu'il n'en avait pas le droit. Le baiser dura longtemps. Therra ne refusait jamais ses étreintes. Elle lui avait dit un soir que c'était comme recharger ses batteries. Il n'était pas sûr de ce qu'était une batterie… elle voyait ça comme une espèce de générateur.

Tu agis bizarrement… fit-elle remarquer avec un pli d'inquiétude sur son joli visage. Si retrouver mes souvenirs doit signifier te perdre, je ne suis pas sûre de le vouloir encore…

Il l'embrassa encore, ne sachant quoi dire pour la rassurer. Il était presque certain de ne pas en avoir le droit.

Ceci, dit-il en approchant son front du sien, est vrai. Peu importe tes souvenirs ou les miens, Therra… Tu peux croire en nous.

& & & & &

Sam se réveilla sur la table de soin, ignorant totalement depuis combien de temps elle était là. Le massage avait été divin… Cette femme était réellement douée. Sam ne pensait pas pouvoir se relâcher autant, être à ce point détendue…

La masseuse l'avait recouverte d'une serviette éponge épaisse ainsi que d'une couverture. Elle avait conseillé à Sam de garder les yeux fermés afin de rester dans cet état de béatitude plus longtemps.

Mue par la force de l'habitude, elle avait obéi et s'était endormie.

Reprenant tout doucement pied avec la réalité, Sam enfila son peignoir et récupéra sa montre. En comptant le massage d'une heure, elle estima son sommeil à vingt minutes. Il lui restait une demi-heure pour regagner la chambre, choisir une tenue confortable et rejoindre Tracey à la terrasse du restaurant.

Elle n'avait pas envie de faire d'efforts. Après tout, elle était une militaire couverte d'ecchymoses… et enceinte. Ce n'était pas le moment de se mettre sur son trente et un ou de chercher un homme.

D'ailleurs, à cet instant, elle ne voulait absolument pas d'un homme. Faire une croix sur Jonah avait été trop pénible et elle n'avait pas besoin de nouvelles rencontres pour savoir que jamais, avec personne d'autre, elle ne retrouverait un tel sentiment.

En arrivant ce matin, Tracey l'avait encouragée à choisir ce qui lui faisait envie. Sam avait accepté le soin du visage et le massage et refusé tout ce qui était manucure et soins beauté. Sur le terrain, de beaux ongles manucurés ne feraient pas long feux… Et de toute façon, se présenter à l'hôpital pour un avortement avec des ongles peints lui paraissait presque irréaliste.

Sa maigreur était un autre problème.

Avant la mission de quatre mois sur la planète glacée, elle avait un poids correct mais les semaines de privation ainsi que ces mois à ne manger que du gruau et du pain sec avaient eu un effet désastreux sur son organisme. Désormais, elle avait l'habitude de manger beaucoup moins et même si elle avalait des mets plus diversifiés, elle n'avait plus les formes d'avant la mission.

Janet lui avait fait déjà plusieurs remarques sur son besoin de se 'remplumer'. Le docteur Chadwick avait fait quelques allusions… Tracey avait été plus directe.

–Pas question que tu te laisses dépérir, Sam !

Comment lui dire que sa solution aux nausées matinales avait été de ne plus manger avant midi ? Bien sûr elle n'avait pas compris tout de suite qu'il s'agissait d'un symptôme de grossesse. Elle avait réellement cru que son corps n'était plus habitué à la nourriture riche de la Terre. D'où les envies de rendre, les vertiges, … Son absence de règles se justifiait par sa perte du poids trop rapide. Elle avait les seins lourds uniquement parce que les soutiens-gorge d'ici étaient différents de ceux qu'elle portait là-bas…

Inconsciemment, elle avait trouvé des justificatifs à toutes les anomalies qu'elle ressentait depuis son retour. Si le Dr Anderson n'avait pas reçu les résultats de sa prise de sang et ne l'avait pas convoquée, il aurait été possible qu'elle découvre sa grossesse qu'après six mois ! Et là, il aurait été trop tard pour l'IVG.

Elle allait déjà presque arriver à la date limite.

Encore une fois, le repas se passa dans la bonne humeur. Tracey avait le chic pour amener la conversation sur des sujets légers qui ne la plongeaient pas dans des réflexions sans fin. Ca permit à Sam d'arriver jusqu'au dessert sans trop de mal. Elle choisit une coupe de fruits rouge avec de la glace. La crème glacée était le met qu'elle avait retrouvé avec le plus de plaisir – ce qui était paradoxal car où mieux que sur une planète recouverte de glace ne pourrait-on pas trouver de la crème glacée ?

Tracey s'arrangea pour que son fils passe la nuit chez son père et elles restèrent sur la terrasse à profiter du temps clément jusqu'à ce que les premières étoiles apparaissent. Elles en étaient arrivées à parler de l'armée, ou en tout cas des éléments que Sam pouvait évoquer sans trahir le Secret Défense.

Quand la jeune femme monta finalement se coucher, elle avait encore en tête toutes ces images d'elle débutant dans l'Air Force… Pilotant des F14, tenant tête à son premier officier supérieur, bien avant son arrivée à Cheyenne Mountain… Au lieu de lui rappeler de bons souvenirs et de la mettre à l'aise, ça ne fit que lui remémorer tout ce qu'elle risquait de perdre si sa grossesse venait à se savoir.

Monter en grade, surtout pour une femme, n'était pas quelque chose de facile. Se faire respecter n'allait pas de soi, il fallait faire ses preuves, toujours avoir une longueur d'avance… Elle avait réellement travaillé dur pour arriver au grade de major et avoir sa place dans le projet le plus important et le plus passionnant qui soi… Être la fille d'un général ne l'avait pas aidée, au contraire.

Bon sang, elle méritait sa réussite !

Il suffirait que sa relation avec Jack O'Neill devienne publique et toutes ces années à batailler pour gagner le respect de ses collègues, de ses supérieurs, tomberaient à l'eau. Car il était évident que si elle avait couché avec son CO pour devenir major, elle avait fait de même avec tous les officiers de pouvoir pour arriver là où elle était… Il n'y avait pas de demi-mesure dans l'armée.

Elle ne devait pas penser à Jonah, à Therra ni à la façon dont ils auraient accueilli cet enfant sur P6X342 car ça n'avait aucun sens. Peu importaient les promesses faites là-bas… ils n'étaient plus ces personnes !

C'est sur ces dernières pensées qu'elle s'endormit, pour la première fois d'un sommeil sans rêve.

& & & & &

Le colonel O'Neill n'avait demandé aucun renfort supplémentaire. Il n'y avait aucune raison pour qu'ils aient besoin de trois soldats pour ramener Carter au SGC. Teal'c, Daniel et lui suffisaient amplement. Cependant, le Général ordonna qu'ils soient accompagnés et Jack dut bien faire avec.

Jusque là, il avait naïvement cru pouvoir avoir une conversation privée avec son second avant tous le déchaînement de Cheyenne Mountain – la réparation de l'iris, les examens médicaux et la possible enquête interne. Daniel et Teal'c n'étaient pas un problème. Ces deux-là avaient appris avec le temps à quel moment il était judicieux de s'éclipser et même si ça n'avait pas été le cas, un simple regard de Jack aurait fait l'affaire.

Il était une vraie boule de nerfs depuis le réveil. Daniel doutait, d'ailleurs, qu'il ait beaucoup dormi.

Les six hommes avaient débarqué à l'hôpital un peu plus d'une demi-heure avant l'heure de son IVG. Ca laissait de la marge pour se placer aux entrées et l'intercepter avant qu'elle ne monte. Teal'c était parti superviser les trois soldats à l'entrée des Urgences aux cas où elle choisirait de passer par là. Daniel et Jack attendaient sagement dans la voiture à l'autre entrée. Jusqu'à présent, aucune trace d'elle et le silence était particulièrement pesant.

Daniel avait ouvert la bouche une ou deux fois mais avait fini par la refermer avant de dire quelque chose qui attiserait inévitablement la colère de Jack. Bien sûr, le colonel était calme. Il savait qu'il fallait la jouer en douceur pour ne pas que les choses dégénèrent quand ils auraient retrouvé Sam. En tout cas, Daniel espérait qu'il savait.

Il était visible sur son visage qu'il n'avait pas digéré qu'elle lui cache sa grossesse et choisisse d'avorter sans le lui dire… Tout son être se révoltait contre cette finalité, Daniel le voyait bien et il le comprenait. Après avoir perdu un fils, Jack ne vivrait pas bien la perte d'un autre enfant. Même si c'était juste la possibilité d'un autre enfant.

De l'avis de Daniel, Sam avait bien fait de ne rien lui dire.

En lui cachant ses projets, elle le protégeait d'une certaine manière… Et Daniel ne voulait pas seulement parler de sa carrière dans l'Air Force. Il voyait bien ce que son amie essayait d'éviter. Dommage que ça n'ait pas marché.

Maintenant que son secret était éventé, ça changeait toute la donne.

Teal'c, toujours rien de votre côté ? questionna Jack dans sa radio, un quart d'heure avant l'heure du rendez-vous.

Carter avait l'habitude d'être en avance.

Rien, O'Neill. J'ai pris la liberté d'envoyer un garde devant la porte du Dr Chadwick.

Jack avait un mauvais pressentiment. Suivant son instinct, il sortit du 4x4 pour se diriger vers l'hôpital. Daniel et lui étaient presque devant les ascenseurs quand le lieutenant Meyers donna l'alerte.

Le major Carter vient de passer devant moi, mon colonel. Dois-je vous attendre ?

L'ascenseur prenant trop de temps à arriver, Jack s'élança dans les escaliers. Il les monta quatre à quatre en jurant. Il ne comprenait pas comment Carter avait pu passer sans qu'ils la voient !

Mon colonel, quels sont les ordres ?

Vous restez là où vous êtes et vous attendez. Si elle sort, retenez-la.

Le Dr Chadwick était au courant qu'ils la cherchaient. Elle ne ferait pas l'IVG aujourd'hui. Jack le savait. Pourtant ça ne l'empêcha pas de presser le pas.

& & & & &

L'hôpital de Colorado Springs était déjà plein de monde à 9h du matin. Sam allait d'un couloir à l'autre, sans véritable but défini. Elle avait dit au revoir à Tracey tôt ce matin en prévoyant des ralentissements sur la route mais ça avait finalement très bien roulé. Elle avait quarante minutes d'avance pour son rendez-vous avec le Dr Chadwick. Elle avait d'abord pensé attendre sagement dans sa voiture puis avait eu la bougeotte et depuis elle passait d'un étage à l'autre en essayant de vider son esprit.

Tracey avait bien proposé de l'accompagner mais Sam avait décliné. Elle ne voyait pas comment elle récupérerait sa voiture si elle la laissait à deux cents kilomètres de Springs et il valait mieux pour son amie qu'elle reprenne le cours normal de sa vie.

Sam allait elle-même reprendre le cours de la sienne d'ici quelques heures.

S'installant dans la salle d'attente de l'étage pédiatrique, la jeune femme regarda les enfants et leurs mères patienter pour être reçus par le médecin. Il y avait un petit garçon – les cheveux châtain coiffés dans tous les sens – qui lui rappelait étrangement Jack. Après dix minutes, Sam sortit de la pièce, le cœur au bord des lèvres.

Tout ceci était ridicule !

Elle pourrait toujours avoir des enfants plus tard ! Avec un homme à ses côtés, quelqu'un qui ne risquerait pas sa longue carrière pour lui avoir fait un bébé sur une autre planète… et qui ne ruinerait pas la sienne par la même occasion.

Elle avait pris la bonne décision. C'était le seul choix possible.

Son cœur battait moins rapidement lorsque dix minutes avant l'heure, elle prit place dans la salle d'attente du Dr Chadwick. Avant d'entrer, elle aperçut un soldat en service semblant surveiller quelque chose mais, plongée dans ses pensées comme elle l'était, ça ne lui fit ni chaud ni froid. La salle d'attente était complètement vide, contrairement à la dernière fois. Sam resta debout à fixer une affiche contre la brutalité dans les couples jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur la doctoresse.

–Major Carter ? s'exclama-t-elle réellement surprise. Vous ne devriez pas être au SGC ?

–… au SGC ? pourquoi donc ?

La confusion devait se lire sur son visage car le docteur jeta un œil dans le couloir et laissa la porte ouverte. Trois secondes plus tard, deux hommes pénétraient dans la petite pièce, essoufflés par leur sprint.

Mon Dieu… non !

Quelque chose dut se briser en elle quand elle les reconnut… C'étaient bien les dernières personnes qu'elle souhaitait voir maintenant.

A SUIVRE…

Ne me tapez pas! Un auteur blessé a plus de mal à écrire ^^