Comme promis, j'ai fait vite ^^
Merci à tous pour vos reviews !
CHAPITRE 13 :
L'étreinte ne dura pas. Autant Jack avait apprécié de pouvoir l'avoir contre lui à nouveau, autant il la laissa reprendre ses distances. Maintenant qu'il avait dit vouloir ce bébé – et vraiment, bon sang, il le voulait ! – il devait la laisser digérer. Il fallait qu'elle réfléchisse, c'était ce qu'elle faisait toujours. C'était 'qui' elle était. Elle analysait, pesait le pour et le contre… Rien n'avait changé, si ce n'est que cette fois elle avait son intervention en tête.
Et qu'elle ne pouvait plus faire comme s'il n'existait pas.
Sam lui tournait le dos, tentant de reprendre ses esprits. Puis elle jeta un œil au salon délaissé par leurs amis.
–Je crois que j'ai besoin de m'asseoir…
–Bien sûr, dit-il tout de suite en sa suivant.
Elle ne le mettait pas à la porte. Il était heureux qu'elle ne le fasse pas. Il avait l'impression de devoir batailler encore… Connaissant Carter, il ne serait pas surpris qu'elle lui sorte d'autres arguments auquel il n'avait absolument pas pensé.
Contrairement à ce qu'il imaginait, elle ne s'installa pas dans le même fauteuil que tout à l'heure mais s'approcha du long canapé dans lequel Daniel et lui s'étaient assis pendant le film. Sans le regarder, elle lui prit timidement le poignet… et il n'avait pas besoin de davantage d'encouragements pour s'allonger à côté d'elle.
Ils étaient un peu à l'étroit, Sam à moitié sur lui, à moitié sur le côté… mais c'était plus confortable que la couverture qu'ils avaient sur la planète. Ils étaient au chaud, personne ne risquait de les surprendre… Il pouvait sentir son souffle dans son cou et il la sentit s'apaiser petit à petit. Si elle n'avait pas eu le regard perdu dans le vague, il aurait pu la croire prête à s'endormir.
–Le Docteur Chadwick, Janet… elles ne peuvent pas assurer que le bébé sera normal, murmura-t-elle finalement.
–… pourquoi ne le serait-il pas ?
Il ne voulait pas se montrer prétentieux mais il n'y avait rien qui clochait avec ses gènes… L'image d'un magnifique petit garçon passa brièvement devant ses yeux et il ne la chassa pas immédiatement. C'était douloureux de penser à Charlie et à sa mort – il y avait toujours de la culpabilité et une souffrance immense – mais penser à Charlie vivant, sa naissance, sa petite enfance… Il y avait des milliers de souvenirs agréables de son fils.
Il était plus vieux aujourd'hui. Ses genoux grinçaient pas mal quand il leur en demandait trop mais il pouvait toujours très bien supporter le manque de sommeil ainsi qu'une course-poursuite avec des Jaffas de temps en temps.
Il ne se demandait pas s'il voulait recommencer. Une partie de lui n'attendait que ça depuis des années.
–J'ai toujours la protéine goa'uld transmise par Jolinar dans mon sang, expliqua-t-elle en relevant légèrement la tête.
Jack ignorait si les Tok'ras avaient des enfants. Ils se mettaient en couple si on en croyait l'histoire entre Jolinar et Martouf et les avances peu subtiles d'Anise. Mais étant espions toute leur vie, il était peu probable qu'ils fondent des familles. Pendant un bref et terrible moment, il eut la vision d'un bébé avec la tête d'Anise et des yeux qui brillent mais il chassa cette image très vite de son esprit. Il faisait déjà suffisamment de cauchemars sans devoir en rajouter.
Carter était de nouveau perdue dans ses pensées mais à voir sa tête, elle ne pensait pas à la même chose que lui.
–Avec les Goa'ulds qui veulent envahir la Terre, les Réplicateurs qui ont le dessus même sur les Asguards et le NID qui cherche à évincer le Général du SGC, on ne sera jamais certains de pouvoir protéger ce bébé.
Elle avait sans doute raison mais, à ça, il avait une réponse. Remontant sa main dans le dos de la jeune femme, il lui fit simplement remarquer qu'on ne pouvait jamais protéger à cent pour cent un enfant. Il pouvait toujours y avoir des accidents. Il en savait quelque chose.
Comprenant où il voulait en venir, elle se blottit davantage contre lui.
En retrouvant son identité, Jack O'Neill s'était aussi souvenu qu'il avait un fils et que ce fils était mort… Elle n'était pas la seule à avoir eu du mal à retrouver ses marques ou à reprendre la vie là où ils l'avaient laissée.
–Tu te souviens de cette mission, il y a trois ans ? P8X905 ? demanda-t-elle soudainement.
–Sois plus précise.
–La planète sur laquelle tu es devenu… prématurément âgé. A cause du gâteau de Kynthia…
–Oh… celle-là.
Il n'avait pas trop envie de parler de Kynthia et de l'énorme erreur qu'il avait commise là-bas. Surtout pas maintenant qu'ils avaient trouvé un semblant de calme et un terrain d'entente pour discuter sans crier.
–Pendant l'accouchement, j'étais… je ne savais pas 'quoi' faire, je… ne suis… pas vraiment douée avec les nouveau-nés.
Il avait presque oublié cette partie-là de l'histoire ; Daniel aidant à mettre au monde le bébé de la jeune femme d'Argos. Un petit Daniel, si ça mémoire était bonne.
–Si ça peut te rassurer, tu ne seras pas vraiment de ce côté-là cette fois…
Pas que ce soit plus facile en fait.
Il la sentit glousser contre lui et il fut plutôt content d'avoir réussi à la détendre. Ca ne dura pas cependant… Son humeur se modifia en moins d'une seconde.
Jack ne pouvait pas savoir à quel point la grossesse d'une femme faisait penser à la personne qui vous avait donné la vie. Plus encore quand celle-ci n'était plus de ce monde…
–Je m'étais promise de ne pas faire les mêmes erreurs qu'elle, lui confia-t-elle en essayant de réprimer les larmes qui lui venaient insidieusement lui piquer les yeux.
Les hormones étaient une véritable horreur. Ca vous transformait en vraie fontaine ou en hystérique.
–Tu parles de…
–Ma mère.
–Oh.
Il y avait une photo d'elle dans la maison. On pouvait difficilement manquer l'air de famille entre Sam et sa mère. Ella Carter avait été une femme superbe, même si Jack avait clairement une préférence pour Carter. Carter avait pris de Jacob bien plus que son attirance pour l'armée et son caractère. Elle n'avait jamais l'air sage et calme de la femme de la photo, avec ses longs cheveux ondulés et son sourire engageant.
–Ma mère a arrêté ses études quand elle est tombée enceinte de Mark… Et quand elle a voulu commencer à travailler, je me suis annoncée…
Sa confession était difficile à faire. C'était la première fois qu'elle avouait à quelqu'un ne pas avoir été désirée. Ses parents l'avaient aimée, bien sûr, et elle n'avait manqué de rien. Ca aurait été mentir de dire le contraire. Pourtant, Sam s'était toujours dit que quand elle déciderait d'avoir un enfant, ça résulterait d'un vrai choix. Et que le bébé serait conçu sur Terre.
–C'était assez mal vu à l'époque de songer… à l'avortement, pourtant je crois qu'elle y a pensé. Mon père n'était jamais à la maison, elle voyait peu d'adultes, voulait travailler, se sentir indépendante, utile…
Sam Carter était trop féministe pour ne pas comprendre cela.
Jack était quelqu'un de bien moins compliqué. Il imagina la vie sans elle, si elle n'était jamais venue au monde et n'avait jamais été travaillé au SGC. N'avait jamais sauvé la planète. N'avait jamais été coincée quatre moins avec lui sous la surface d'une autre planète. Et une seule pensée lui vint : ça aurait été une perte immense.
& & & & &
Quand Jack rentra chez lui ce soir-là, Sam avait déjà fait la moitié du chemin. Rien n'était vraiment décidé. Elle continuait de réfléchir et elle ne voulait lui donner aucuns faux espoirs. Cependant, elle se faisait peu à peu à l'idée. Son ventre qui s'arrondit, un nourrisson avec des doigts minuscules… Il y avait une garderie militaire avec des horaires flexibles pour tous les enfants ayant au moins un parent travaillant dans l'enceinte de Cheyenne Mountain.
Elle ne connaissait rien aux bébés mais elle pouvait apprendre. Son frère Mark avait bien eu deux enfants… et il n'avait pas eu plus de prédispositions qu'elle pour la chose.
Elle avait vu Jack agir avec Cassandra. Elle savait déjà qu'il était un père incroyable, qu'elle pourrait se reposer sur lui, qu'ils forment ou non à nouveau un couple. Il avait dit vouloir ce bébé et Jack n'était pas le genre d'hommes qui imaginaient gérer un enfant un week-end sur deux ou pendant les vacances tandis que la mère se tapait les biberons et les couches toute la semaine.
Elle ne cessa pas d'y penser pendant toute la soirée, ainsi que le jour suivant jusque dans l'après-midi. C'était dimanche mais qu'importe, le SGC ne fermait jamais. Elle s'y rendit pour rencontrer Janet à l'infirmerie. Elle voulait avoir la photo de l'échographie et en savoir plus sur son bébé. Sa taille, son poids, s'il avait des ongles, si certains organes s'étaient formés, si son cœur battait normalement… Tout ce qu'elle avait refusé d'apprendre trois jours plus tôt, quand elle avait choisi l'IVG, lui semblait tout à coup essentiel.
En sortant de l'infirmerie, elle tenait le cliché du fœtus et une copie de la vidéo de l'échographie. Sam était bien plus émue qu'elle s'attendait à l'être. Heureusement que Janet lui avait laissé de l'espace parce qu'elle n'aurait pas tenu. Croisant Daniel dans les couloirs, elle refusa son invitation à manger un bout au mess. Elle avait besoin d'être seule. Il fallait qu'elle se fabrique de nouvelles défenses. Pour le moment, elle était bien trop vulnérable. Elle avait l'impression d'être complètement à la merci du premier venu. Ce n'était pas un sentiment qu'elle aimait ressentir.
Comme il l'avait promis, le colonel la laissait cogiter.
Elle était indécise ce soir-là, tandis qu'elle se préparait un repas plus ou moins équilibré. Elle était toujours indécise en rentrant dans la baignoire et en s'immergeant dans l'eau parfumée aux sels de bain. Ca ne la détendit pas.
Elle doutait, tout en se déshabillant. Elle doutait pendant qu'elle se mettait au lit.
Les secondes s'égrenaient… Elle suivait la progression grâce aux chiffres de son radio réveil sans pouvoir se réfugier dans le sommeil. A une heure dix-neuf, elle décida que ça avait assez duré. Sans prendre la peine d'allumer la lampe, elle s'empara du téléphone et composa de mémoire le numéro du colonel.
Si elle le réveillait, tant pis. S'il était occupé… tant pis aussi.
Il répondit à la troisième sonnerie.
–… Carter ? Tout va bien ?
Il était tard, c'était logique qu'il soit inquiet. Néanmoins, sur le coup, ça la bloqua. La phrase qu'elle avait en tête quand elle avait pris la décision de lui téléphoner, venait de s'envoler.
Merde.
Avant qu'il ne demande une nouvelle fois si elle allait bien – elle n'était pas certaine de ne pas avoir perdu l'esprit, là tout de suite – elle se lança.
–Je ne suis toujours pas… persuadée d'y arriver et d'être à la hauteur, dit-elle de but en blanc. Mais vous, vous l'êtes, n'est-ce pas ?
Elle ignorait d'où le vouvoiement lui venait. L'habitude, sans doute. C'était plus facile de se dire 'tu' quand on était face à face, c'était comme sur P3R118… Au téléphone, elle avait toujours l'impression de s'adresser à son supérieur. Un supérieur qu'elle réveillait en pleine nuit pour se décharger une nouvelle fois sur lui mais un supérieur tout de même.
Elle n'avait pas envie d'être rassurée. Elle voulait juste… être sûre.
–Vous avez dit vouloir ce bébé… Vous le pensiez, n'est-ce pas ? Vous êtes… prêt pour ça ? Vous n'avez pas changé d'avis ?
–… Je n'ai pas changé d'avis.
Fermant les yeux, elle ne put retenir un soupir de soulagement de franchir ses lèvres. De l'autre côté de la ligne, Jack attendait qu'elle poursuive. Il avait du mal à comprendre… Elle était décidée ? Elle gardait l'enfant ?
D'une voix qui n'acceptait aucune contradiction, elle se mit à parler, disant les choses comme elles lui venaient, sans ordre ni logique.
–Il mesure près de onze centimètres. Le bébé, je veux dire… Il ou elle mesure onze centimètres… J'espère que tu n'as aucun projet pour le mois d'avril car le 7 tu es pris. Ce sera le jour où, a priori, il ou elle viendra au monde. Je vais souffrir le martyre ce jour-là en faisant sortir ce bébé de mon corps et tu seras là pour que je… crie sur toi et te broie la main. Je peux accepter beaucoup de choses mais il n'est pas question que je sois la seule à souffrir, tu m'entends ?
–Le 7 avril, répéta-t-il avec un sourire énorme.
–Ainsi que les dix-huit années qui suivront, crut-elle bon de préciser.
Il ne fallait pas les oublier.
Elle pouvait 'entendre' son sourire et, mon dieu, c'était un sourire communicatif. Elle eut du mal à poursuivre tant ses joues lui faisaient mal. Il y avait encore pas mal de points qu'elle voulait mettre au clair tant qu'elle y pensait. C'était des sujets sur lesquels elle se transigerait pas alors autant le mettre au courant d'emblée.
–Il ou elle portera le nom O'Neill. Pas Carter, ni un nom à rallonge avec un tiret au milieu… Simplement O'Neill. C'est ce que je veux.
Elle entendit distinctement son rire dans le combiné du téléphone et ça la remua. Elle ne l'avait jamais vu rire ainsi, même quand on lui racontait une blague vraiment drôle. Elle était sérieuse pourtant. Il pouvait rire d'elle autant qu'il voulait. Elle n'avait pas fini de parler.
–J'aurai besoin d'aide une fois qu'il ou elle sera né(e), continua-t-elle calmement.
Elle ne suppliait pas pour le l'aide. Non, elle énonçait seulement un fait : il allait lui donner un coup de main. Point à la ligne.
–Je suis parfaitement consciente qu'il y a certaines choses qui ne s'apprennent pas dans les livres… Il va donc falloir m'aider un peu au début, me montrer certains gestes et m'empêcher de commettre des erreurs.
Elle marqua une pause – cinq petites secondes pendant lesquelles elle lui donnait la parole – mais il avait dû perdre sa langue en chemin. Ou alors il était peut-être tombé de son lit et s'était cogné à la table de nuit… Elle n'avait pas dû dire 'tout ça' de la bonne façon. Elle aurait dû être plus douce, moins…
–… quoi d'autre, Carter ? dit-il finalement, beaucoup plus ému qu'elle pensait qu'il serait.
Les voix serrées par l'émotion étaient aussi communicatives que les sourires euphoriques. Pour l'amour du Ciel, ils étaient en train de passer du rire aux larmes ! N'était-ce pas ridicule ?
Elle dût chasser les larmes qui avaient gagné ses yeux avant de se mettre à parler à nouveau.
–Nous ne sommes pas un couple. Nous l'avons été pendant quelques mois et nous allons avoir un bébé… mais nous avions décidé de laisser tout ça derrière nous et ça ne changera pas.
Hésitant pour la première fois depuis qu'elle avait composé le numéro, elle poursuivit :
–Si ce qu'il y a entre nous… s'il doit y avoir à nouveau quelque chose entre nous, corrigea-t-elle, il faudra recommencer du début.
Peu importe qu'elle lui ait avoué son amour hier encore, s'ils voulaient se donner une chance pour que ça marche, il fallait qu'ils recommencent à zéro. Avec leurs souvenirs, leurs identités, leur liberté de mouvement. Le début de leur relation ne pourrait jamais être les sous-sols d'une mine nichée sous la glace. Elle voulait avoir une histoire plus belle à raconter à leur bébé.
–On peut très bien élever cet enfant en étant de simples amis… Je ne t'empêcherai jamais de voir le bébé ou de participer à sa vie. Ce ne sera pas mon bébé, ce sera le tien aussi. Pas question que je l'élève seule… Mais pas question non plus que tu sois avec moi pour être avec lui.
Elle voulait qu'il soit avec elle pour être avec elle. Etre aimée complètement, et pas seulement parce qu'elle portait son enfant. Il fallait que ce soit clair, limpide même car elle ne s'en remettrait pas s'il tenait à ce qu'ils soient ensemble uniquement pour le bébé. Elle l'aimait trop pour ça.
–Tu peux parler maintenant, lui dit-elle avec un rire nerveux.
Etait-il d'accord ou…
–Je dois voir le Général mardi matin pour lui donner ma décision, continua-t-elle, angoissée par son silence. Si tu souhaites venir, on…
–Je viendrai.
–Tu viendras ?
–Je viendrai.
Il avait parlé, il ne s'était pas enfui… Il sera à ses côtés mardi pour faire face à Hammond.
Quelle idée avait-elle eu de parler de tout ça au téléphone ? ! Elle aurait tout donné en ce moment précis pour voir la tête qu'il faisait. Etait-il inquiet ? heureux ? effrayé ? … fatigué ? Il allait quand même être bientôt deux heures du matin et il n'était pas en permission demain. Il devrait se lever pour aller travailler.
A quoi pensait-il maintenant ?
–Est-ce que je peux venir chez toi ?
Oh. Elle avait sa réponse.
Il avait une voix chaude, caressante… Il avait donc bien compris la partie 'repartie du début' mais pensait-il vraiment commencer la séduction dès ce soir ? N'avait-il pas besoin d'un temps d'adaptation pour digérer tout ce qu'elle venait de dire ? S'habituer à l'idée ?
Sa question suffit à la faire frissonner d'anticipation. Elle n'arriverait jamais à lui résister, pas s'il attaquait déjà. Elle était déjà totalement conquise. C'était beaucoup trop facile.
–J'en ai envie, répondit-elle avec honnêteté. Mais…
–C'est trop rapide ?
–C'est ça… Il faut y aller doucement cette fois. Ne pas brûler les étapes…
Elle espérait de toute son âme qu'il réitère son initiative. S'il prenait sa réponse pour un 'non' définitif et ne cherchait plus jamais à venir, elle s'en mordrait les doigts toute sa vie. Elle allait même devenir folle.
Elle regrettait déjà d'avoir refusé. Attendre mardi pour le voir semblait une éternité. D'ici là, elle aurait des milliers d'occasion de laisser la panique la gagner.
Il ne semblait pas non plus vouloir raccrocher. Cette nuit, leur destin venait de se sceller. Leur vie prenait un tournant différent. Dans un peu plus de six mois, il y aurait un être humain en plus sur cette terre. Quelqu'un qui aurait une importance énorme dans sa vie comme dans celle de Jack…
Non, elle ne pourrait pas attendre mardi pour le voir. Y aller doucement, d'accord, mais pas non plus à un rythme de tortue. Après tout, ils pouvaient très bien se rencontrer sans se sauter dessus.
–Janet m'a confié la vidéo de l'échographie… Je ne sais pas si tu as une grosse journée demain au SGC mais si tu veux la voir…
–Je passe chez toi à 18h ?
Elle avait un sourire béat aux lèvres, il faudrait qu'elle trouve un moyen de le dissimuler avant mardi car, présentement, elle était un officier de l'Air Force qui avait fauté avec son supérieur hiérarchique et qui ne s'en repentait absolument pas. Un tel bonheur semblait presque indécent. On allait se retourner sur elle dans les couloirs de la base tellement elle rayonnait.
–A dix-huit heures. C'est parfait, murmura-t-elle en se rallongeant.
Elle était vraiment fatiguée tout à coup. La tension de la journée était complètement évacuée… elle ne ressentait pas encore d'angoisse. Elle avait un nouveau plan d'attaque, incluant cette fois le père du bébé et le SGC.
Il y avait encore des choses qui pouvaient lui péter au visage, elle en était consciente. Il y aurait des gens pour insinuer qu'elle avait couché pour avoir de l'avancement… D'autres pour penser qu'elle avait volontairement fait un bébé dans le dos de son supérieur pour le piéger… Pour le moment, elle s'en foutait complètement. Ca ne l'atteignait pas.
Elle avait Jack O'Neill dans son camp et ils allaient faire ça ensemble.
& & & & &
Daniel fut tiré du sommeil sans ménagement par de puissants coups sur sa porte d'entrée. Attrapant vivement ses lunettes sur la table de nuit, il se dépêcha d'aller ouvrir avant que tout l'immeuble ne soit réveillé.
–Jack ? Je peux savoir ce qui vous prend ?! Il est… plus de deux heures du matin ! s'indigna-t-il, une fois que ses yeux furent suffisamment habitués à la lumière pour lire l'heure à la pendule.
Il ne comprenait pas ce que Teal'c et Jack faisaient chez lui à cette heure et pour tout dire, il avait très envie de retourner se coucher. Le parchemin découvert par SG-8 était une vraie merveille qui lui avait pris toute la journée et une partie de la soirée… Il avait mérité de dormir.
Jack avait l'œil bien trop pétillant pour qu'il soit arrivé quelque chose de grave au SGC. A vrai dire, pour un peu, il aurait sauté sur place. Il y avait réellement quelque chose qu'on ne lui avait pas dit.
–Prenez votre veste, Danny-boy. On sort.
–Quoi ? Maintenant ?
Il était en pyjama. Il faisait nuit… Il ne voyait pas ce qu'il y avait à fêter. Il n'avait pas les idées suffisamment claires pour ça.
–Qu'est-ce qui se passe ? Jack, allez… dites-moi.
Se dépêchant d'enfiler un pantalon et une chemise, il retrouva ses deux amis à l'entrée de son appartement.
–Vous n'allez pas me faire mijoter pendant des heures au moins… Et Sam ? Ne devrait-elle pas être présente aussi ?
Elle ne laissait jamais Jack l'embêter trop longtemps. Elle finissait toujours par vendre la mèche. Ou alors c'était Teal'c qui le faisait. Mais Teal'c semblait peu disposé à le faire aujourd'hui. Il avait un fin sourire aux lèvres et portait sur la tête le bob qu'il réservait aux grandes occasions.
L'attitude de Jack se modifia légèrement quand Daniel évoqua le nom de Sam. C'était léger car le colonel était terriblement doué pour cacher ses émotions. Néanmoins aujourd'hui, le sourire semblait de mise. Celui de Teal'c s'accentua même.
Tout doucement, alors qu'ils gagnaient la voiture de Jack garée sur le parking, il comprit.
Mon dieu, c'était tellement évident ! Comment n'avait-il pas pu y penser plus tôt ?
–Sam garde l'enfant, c'est ça ?
Jack avait un regard que Daniel ne lui avait jamais vu. De la joie, de l'allégresse, et même de l'exaltation. On aurait dit qu'il avait rajeuni de dix ans.
–Gardez ça pour vous pendant encore quelques jours, les gars. Je suis censé voir Hammond dans deux jours… Je ne pouvais tout simplement pas attendre pour fêter ça.
–L'arrivée d'un enfant devrait toujours être célébré, confirma le Jaffa d'un hochement de tête.
–C'est fantastique, Jack, mais vous avez conscience que tous les pubs vont bientôt fermer ? Pour en trouver un ouvert, il va falloir pas mal chercher…
Haussant les épaules, Jack s'installa tranquillement au volant. Il ne pouvait pas dormir une nuit pareille. Impossible. Après que Carter eut raccroché, il était resté extatique un moment. Il avait même pensé faire une crise cardiaque mais son cœur était encore plutôt solide pour son âge. Il ne pouvait aller voir Carter mais il pouvait partager sa joie avec ses amis.
Il avait eu besoin de voir Teal'c et Daniel, d'aller boire un verre, de vivre ce moment particulier avec eux…
Cet événement heureux n'allait pas avoir d'incidence sur leur amitié. Ils resteraient une équipe. Même si Sam ne traversait pas la porte avant plusieurs mois, il supposait qu'elle reviendrait. La guerre continuerait… Il y aurait du travail et ce bébé allait changer pas mal de choses, au quotidien.
S'il était prêt pour ça… ? S'ils pouvaient, tous les quatre, protéger cet enfant des dangers qui rôdaient autour d'eux ?
Ecoutant d'une oreille Daniel expliquer à Teal'c pourquoi 'Anakin' n'était pas un prénom adéquat pour un bébé garçon, Jack se dit que oui, c'était possible.
Il y croyait farouchement.
FIN
L'errance de Sam est finie… J'espère que la fin vous a plu.
Pour les intéressés, je peux d'or et déjà vous dire qu'il y aura une suite mais elle n'est pas encore écrite donc j'ignore quand vous l'aurez. Si je ne change pas d'avis, ce sera une série de neuf OS menant à la naissance du bébé O'Neill.
A bientôt !
