TURNING POINT

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Le point de non-retour

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Edit

Après avoir vu plusieurs de vos reviews, il nous semble important d'ajouter quelques petites précisions. Tout d'abord a une jumelle sur fictionpress avec des persos nommés Mathieu C. (Draco) et Samy J. (Harry). Ce sont des personnes réelles que nous fréquentions au quotidien et qui nous ont beaucoup inspirées. Cependant, il est vrai que nous crevions d'envie de publier sur fanfiction car nous fantasmions toutes deux (grâce à Amartia surtout qui a initié Tria au yaoi huhu) comme des bêtes sur le couple Drarry. Initialement, nous avions même prévu de ne publier que sur ffnet mais nous avons changé d'avis étant donné que c'était le "couple" Samy/Mathieu qui évoluait devant nos yeux, et non le couple Harry/Draco. Mais nous comprendrons très bien que certains d'entre vous trouvent que notre fic et nos persos originaux ont été dénaturés, nous leur conseillerons donc de s'en tenir à l'une ou l'autre des versions, selon leurs préférences. Nous vous rappelons aussi que la fic originale sur fpcom (vous pouvez la trouver sur le site sous le même nom) compte déjà quatre chapitres donc, si vous avez déjà commencé à lire sur ffnet, résistez à la tentation pour garder le suspens (s'il y a en un XD), et patientez pour voir ce qui va arriver à vos chéris préférés !!

Disclaimer :

Patànous... toujours pas pour notre plus grand désespoir. Toujours à Rowling, pour son plus grand bonheur (on espère).

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Détail important :

Homophobes s'abstenir (sauf ceux que ça peut faire changer d'avis ).

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Bien, on espère que les trois quart de nos lecteurs ne se sont pas enfui après (ou avant) la lecture du précédent chapitre. Pour ceux qui sont restés, premièrement merci, deuxièmement bravo, troisièmement bon courage pour la suite et quatrièmement, une petite surprise pour les fans de yaoi que vous êtes.

Petite précision, vous êtes plusieurs à nous avoir envoyé une review nous disant qu'il y avait un problème de nom au chapitre 2. En fait, je ne comprends pas du tout ce qui se passe car j'ai essayé plusieurs fois de le changer et au final, ça n'a jamais rien modifié. Vous nous excuserez donc pour cette erreur que je vais continuer à essayer de régler. (note de Amartia)

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Scène 3 : Erreur de jeunesse

Deux jours plus tard, la situation n'avait toujours pas évoluée, et Harry et Draco se couchaient et se levaient toujours dans le même silence rancunier. Leurs conversations se limitaient désormais aux convenances élémentaires nécessaires à leur cohabitation.

Draco ne prenait même plus la peine de le réveiller, et les retards de Harry commençaient à s'accumuler.

Celui-ci soupira au-dessus du dessin qui lui faisait office de cours de philo.

Ça devient ridicule. Lui et sa foutue rancune ! Il faut que j'aille lui parler à la récré, sinon il sera capable de me faire la gueule pendant six mois.

Il pivota sensiblement sur sa chaise de manière à jeter un coup d'oeil discret au jeune homme brun qui s'était assis seul dans un coin de la classe. Il arborait un air d'indifférence totale, lui donnant presque l'impression de suivre de cours de Mme Trelawney.

Harry eut un petit pincement au cœur et s'empressa de se détourner.

Pratiquement comme si je n'existait plus pour lui. Fais chier.

- Hey, Harry ! Tu lui fais la gueule, à Draco ?

Harry jeta un regard froid à Neville.

- Bien joué, Sherlock.

Devant l'air surpris de Neville, Harry se fit la réflexion qu'il fallait impérativement mettre un terme à cette dispute, sans quoi il finirait pas devenir aussi sarcastique que Draco.

La sonnerie retentit.

Draco, vous me ferez le plaisir de rester quelques minutes afin que nous discutions de votre orientation. Je sais que vos notes dans toutes les matières sont pathétiques, mais rentrer dans la vie active serait une erreur. Cela va peut-être vous surprendre, mais je ne pense pas que votre cas soit désespéré, ou que vous soyez un idiot irrécupérable. Vous avez d'énormes possibilités en philosophie...

Harry sortit de la salle sans écouter le reste de la conversation. Draco était certes d'une intelligence peu commune, mais le jour où il étudierait quoi que ce soit, et surtout la philosophie, n'était pas près d'arriver.

Il avait besoin d'une clope, se sentant étrangement anxieux en vue de la conversation qu'il devait avoir avec son ami.

Lorsqu'il fut dehors, il se mit à tirer nerveusement sur le malheureux filtre de sa cigarette. Il savait pertinemment comment ça allait se passer : il allait l'accoster en bégayant, et Draco le toiserait d'un regard suffisant, ne prononçant que trois mots alors que lui se confondrait en excuses.

Et tout ça pour quoi ? Quasiment rien puisque Draco serait incapable de mettre sa fierté de côté tant que Harry ne lui aurait pas dit ce qui s'était passé samedi soir.

Se souvenant d'une ou deux de leurs disputes passées, il se dit que le mois à venir ne serait pas des plus joyeux, mais que la rancune de Draco finirait par s'éroder avec le temps.

Il souffla sa dernière bouffée de fumée dans l'air froid du matin, puis écrasa nerveusement son mégot avant de se diriger vers l'entrée du lycée pour trouver Draco.

Ce fut ce moment-là que choisit samedi soir pour revenir lui taper sur l'épaule.

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Harry esquissa quelques pas vers le hall d'entrée, et remarqua un attroupement anormal près de l'écran d'information. Intrigué, il s'approcha, et remarqua qu'il diffusait une image qui lui était vaguement familière.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il.

- J'sais pas. L'écran diffusait les infos en boucle depuis huit heures, et puis ce machin est apparu il y a une trentaine de secondes.

Harry leva les yeux vers l'image et reconnut soudain cette pièce à l'atmosphère intime filmée par une caméra de surveillance.

Oh non. Dites-moi que ce n'est pas vrai.

Ses pires craintes furent confirmée lorsqu'il se vit lui-même entrer dans la pièce.

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Il avait chaud. La moiteur ambiante de la pièce de la boîte de nuit surpeuplée lui tapait sur les nerfs, et il eut soudain l'envie bucolique et inopportune de se vautrer tout nu dans la neige.

Samedi soir en boîte... autant aller se déhancher dans un sauna.

- Je vais boire un truc au bar ! hurla-t-il dans l'oreille de Dean.

- OK, brailla en retour celui-ci, sans arrêter de se trémousser.

Il traversa la piste de danse jusqu'au bar, où la musique était moins forte.

- Une vodka malabar.

- Hey, Harry ! le salua la serveuse.

- Salut Hermione.

La jolie serveuse lui tendit sa commande avec un sourire, et il l'avala cul sec. Elle eut un petit rire :

- C'est pas de la soif, c'est du désespoir !

Il lui sourit et redemanda la même chose.

- Tu es venu avec Dean ?

- Ouais. Y a Alicia, Seamus, Hannah et Cho aussi.

Elle acquiesça, puis demanda d'un ton qui se voulait nonchalant :

- A propos, tu sors toujours avec elle ?

Ses yeux brillèrent quand il secoua la tête.

- Que c'est dommage ! jubila-t-elle. Qu'est-ce qui c'est passé ?

- Bof, tu sais... Ça a foiré, quoi.

Il n'osa pas dire que la raison du foirage était qu'il ne la désirait plus vers la fin de leur relation. Après tout, c'était classique, la passion du début s'était essoufflée.

Elle lui sourit, puis lui tourna le dos pour servir un autre client. Il finit sa deuxième vodka, ses yeux se perdant dans les flashs rouges et jaunes des stroboscopes.

Dommage que Draco n'ait pas pu venir, ça aurait été plus drôle.

Mais celui-ci avait un plan avec une fille, ce soir. Une russe, ou un truc du genre. Enfin, connaissant Draco, ce serait du haut de gamme, quoi qu'il en soit.

Il grinça des dents : combien de temps n'avait-il pas lui même tiré un coup ? Il préféra ne pas faire le calcul, préservant ainsi sa fierté masculine derrière l'excuse de son piètre niveau en maths.

Il détailla le corps de la jolie serveuse, ses hanches ceintes d'une mini-jupe affolante, sa cambrure accentuée par des bottes à talons.

Et si je lui proposais maintenant ?

Il rougit subitement à cette pensée, son manque de confiance en lui se faisant cruellement ressentir.

Il n'était pas Draco. Lui brisait les cœurs, et Harry construisait des relations. Il essayait, du moins, se dit-il en jetant un regard blasé à Cho, qui dansait timidement à l'autre bout de la boîte.

Une voix grave le sortit soudain de sa rêverie :

- Salut, beau gosse.

Il pivota, et fit face à un beau brun, vêtu d'un jean et d'une chemise moulante noire. Il lui adressa un sourire franc :

- Hé, Olivier ! Je savais pas que tu venais ce soir !

- Eh bien je suis là. Désolé de ne pas te tenir au courant des détails de mon emploi du temps, fit-il avec un clin d'œil malicieux. Hermione, tu nous mets deux vodka malabar ?

Puis il ajouta à l'adresse de Harry :

- J'ai vu que tu avais tes préférences.

Harry le poussa, narquois.

- Parce que tu m'observes, maintenant ?

Olivier lui jeta une œillade sans équivoque, mais Harry ne s'en aperçut pas, trop occupé qu'il était à descendre son troisième verre.

Ils discutèrent un petit moment, Olivier agrémentant la conversation d'allusions délicates et mesurées. À moitié frustré et amusé, il constata que Harry était d'une naïveté touchante, ne saisissant visiblement aucun de ses sous-entendus.

Au diable Draco, se dit celui-ci en finissant son verre. Au diable Draco, Cho et les serveuses en mini-jupes.

Sa bonne humeur habituelle et son énergie communicative lui étaient revenues. Olivier posa une main sur son bras.

- On va danser ?

Il accepta avec entrain et le suivit sur la piste.

Quelques minutes plus tard, il se rendit compte qu'il s'amusait. Sa cage thoracique résonnait aux rythmes de la basse, assourdissante, et il riait sans même savoir pourquoi.

Peut-être parce que Olivier riait aussi.

Il se sentait bien, les bulles roses de l'alcool courant dans son sang. Il pensa à Draco. L'alcool le rendait belliqueux et impulsif. Ça lui avait d'ailleurs coûté la symétrie de son sourire, lorsqu'il avait provoqué un espèce de nazi de deux mètres et quelques qui l'avait allongé en une seule droite, emportant au passage la moitié d'une incisive.

- Tiens, dit Olivier, un peu trop près de son oreille.

Il lui tendait une nouvelle vodka, ses yeux d'un noir profond détaillant avec envie le corps ferme de Harry, qu'il jugea sculptural.

Harry le remercia d'un sourire éclatant. Il ne se douta pas le moins du monde que son partenaire se retenait à grand peine de le plaquer par terre et d'enfoncer ses dents dans la tâche de naissance qui ornait le bas de son cou. Comme pour lui porter le coup de grâce, Harry passa inconsciemment sa langue sur ses lèvres rougies par la morsure de l'alcool.

Puis il ferma les yeux, sans cesser de danser, s'abandonnant aux visions psychédéliques que crée l'ivresse lorsqu'elle s'allie à la musique. Comment pouvait-il être à la fois si viril, rayonnant de tant de puissance masculine, tout en gardant les traits d'un enfant, avec sa bouche rose et pleine et ses traits innocents ?

Les têtes se tournaient dans sa direction, et Olivier se rapprocha de lui avec une expression à décourager les plus entreprenants.

Ils dansèrent bientôt si près que leurs mains s'effleuraient, et plus aucun des deux ne savait si ses gouttes de sueur étaient dues à sa propre chaleur ou à celle de l'autre.

Ce fut lorsque la main d'Olivier s'attarda un peu trop langoureusement sur son épaule qu'avec un sursaut de clarté, Harry pris conscience de la proximité de leurs corps.

Il eut un léger mouvement de recul, ce qui n'échappa pas aux yeux scrutateurs du beau brun. Celui-ci réagit avec la rapidité du félin qui sent que sa proie lui file entre les doigts.

- Hé, tu veux pas finir mon verre ? Je commence à être bien entamé.

L'air un peu perdu, Harry attrapa le verre qu'on lui tendait et but mécaniquement le contenu sans mot dire.

La caresse brûlante de l'alcool le détendit de suite. Il se rendit compte qu'il avait merdé : les limites de ce qu'il pouvait encaisser avant d'être raide mort étaient largement dépassées, et bizarrement, cela le fit rire.

C'était un fait, Harry Potter ne tenait pas du tout l'alcool. Et il ne se déroba pas sous la caresse de Olivier. Celui-ci eut un sourire franc qui vacilla un peu quand il décida de tenter le tout pour le tout.

Il se mordit la lèvre en posant une main sur ses reins, priant que le jeune homme ne le repousse pas.

Mais Harry ne lui adressa qu'un sourire surpris et vaguement amusé, avant d'obéir à la pression sur le bas de son dos, et de se laisser entraîner.

- On va où ? demanda-t-il en titubant.

- Tu vas voir. Je suis sûr que ça va te plaire.

Harry ne décela pas l'ambiguïté de la réponse, ou peut-être n'en avait-il pas la volonté. Olivier s'arrêta devant le géant barbu posté devant la salle V.I.P.

- Salut mec ! Dis-moi, ça serait possible de...

- Dubois, j'te coupe tout de suite avant que tu continues, la salle est réservée. Les clients vont pas tarder à arriver.

Olivier adopta aussitôt l'air blasé et rassurant du mec à qui on peut faire confiance.

- Oh, allez. Tu me connais, Goyle, j'suis clean !

Il insista mielleusement sur le prénom du videur, qui frémit. Ses yeux bougèrent à toute allure dans leurs orbites, comme pour vérifier que personne ne les entendait.

- Dubois, je peux pas faire ça... Je pourrais perdre mon boulot, sinon.

La main de Olivier se crispa légèrement sur les reins de Harry, qui n'avait strictement rien compris à l'enjeu de la conversation.

Soudain, Olivier se tourna vers lui et plongea son regard noir dans ses pupilles dilatées.

- Harry, as-tu déjà entendu parler de ce qui s'est passé récemment entre notre cher Goyle et cette mocheté de Marietta Edgecombe ? Eh bien en fait...

- C'est bon, c'est bon ! Je te préviens, Dubois, c'est la dernière fois...

Celui-ci lui adressa un clin d'œil entendu en entrant dans la pièce.

- Et pas plus d'un quart d'heure ! Et ne salissez pas tout !

Olivier referma la porte sur le videur mortifié, puis parcourut la pièce du regard, envisageant divers endroits à fort potentiel érotique où il aurait pu faire son affaire à Harry. La table basse... Le canapé... Le...

Harry s'adossa au mur, les paupières à demi-closes. Le mur.

- Qu'est-ce qu'on fait ici ?

Olivier le cloua d'un regard brûlant et s'approcha de son oreille. Oh oui, le mur.

- Chhh... Laisse-toi faire.

Au contact du souffle chaud contre son cou, Harry pencha instinctivement la tête sur le côté, et Olivier ne put s'empêcher de frôler son oreille du bout de sa langue.

- Mmmh... Je... Mais qu'est-ce que tu fais... soupira Harry, tentant d'émerger du nuage cotonneux dans lequel il se trouvait.

Olivier lui susurra des paroles réconfortantes qu'il ne comprit pas vraiment, et il déposa de légers baisers le long de sa mâchoire, se rapprochant lentement de cette bouche enfantine qu'il convoitait tant.

Dans un mouvement réflexe, Harry leva les bras pour le repousser, mais lorsqu'il posa ses paumes sur le torse du jeune homme et que celui-ci posa enfin ses lèvres sur les siennes, tout ce qu'il put faire fut d'enfoncer ses doigts dans ses muscles en gémissant doucement.

C'était un homme. Celui qui était en train de lui déclencher si rapidement un début d'érection, c'était un homme.

Et même si, le lendemain, il essaierait de croire très fort qu'il était trop saoul pour en avoir conscience, il sentait bien le membre brûlant se presser contre sa cuisse. Et bizarrement, cela ne le dérangeait pas. Il était pourtant certain d'être hétérosexuel...

Mais pour le moment, Harry empaqueta soigneusement ses certitudes et les rangea dans un coin de sa conscience pour mieux les retrouver le lendemain.

Olivier rompit douloureusement le baiser, puis respirant tout contre ses lèvres :

- J'ai tellement envie de toi...

En guise de réponse, Harry le regarda de ses yeux presque entièrement noircis de désir, et cambra le dos pour mieux se presser contre lui.

Olivier laissa échapper un soupir rauque et passa langoureusement sa langue sur la bouche rougie de Harry, celui-ci y répondant instantanément.

Ce geste si spontané finit de redonner à Olivier toute sa confiance en lui : Harry était allé trop loin pour se défiler maintenant.

Les mains sur son torse glissèrent sur ses hanches, et leur baiser se fit plus impatient. Leurs langues se caressaient avec une fièvre de moins en moins contenue, et les mouvements de leurs bassins se firent plus insistants, jusqu'à devenir insupportables.

Ils en voulaient plus.

Maintenant.

Les doigts de Olivier se faufilèrent sous le haut de Harry, caressant le torse lisse et musclé avec envie. Leurs tee-shirts furent alors fébrilement enlevés et jetés au sol, et leurs corps moites de sueur se rencontrèrent, leur arrachant un soupir étranglé.

Olivier glissa un genou entre les cuisses de son futur amant, le clouant un peu plus violemment au mur :

- Ce soir, tu vas jouir entre mes mains... Je vais te rendre fou et tu vas jouir entre mes mains, Harry...

Ces mots se bousculèrent jusqu'au cerveau du jeune homme, s'y concentrèrent en une boule blanche semblable au métal en fusion, et finirent par exploser en rayons brûlants, directement dirigés vers son entrejambe. Il... il allait... aaahh...

- Attend... attend... fit-il d'une voix éraillée.

Sa supplication faillit avoir raison du self-control de son partenaire, qui dû se mordre la lèvre pour arriver à se contenir.

- Je... J'ai besoin... de... souffla-t-il dans le cou de Olivier, ce qui eut pour effet d'accélérer un peu plus son rythme cardiaque.

Olivier lui adressa un regard entendu et, sans le quitter des yeux, fit glisser ses doigts jusque dans la boucle de la ceinture de son amant d'un soir. Il commença à la défaire lentement, trop lentement... et Harry ne put retenir un long gémissement d'anticipation.

Pour réfréner son envie d'accélérer les choses, il entreprit de défaire fébrilement les boutons du jean de Dubois, ses mains moites et tremblantes.

Bientôt, la seule chose qui sépara leurs deux corps fut le fin coton de leurs boxers respectifs, et Olivier passa lentement la paume de sa main sur toute la longueur de la bosse que formait le sexe tendu.

N'y tenant plus, Harry émit un son rauque, et ses doigts libérèrent soudain l'érection brûlante de son partenaire. Par un mimétisme empressé, les doigts de Olivier suivirent le même trajet, et bientôt leurs deux poignets entamèrent le même mouvement rapide, attisant un peu plus le désir qui les torturait.

Des phrases insensées s'échappèrent de leurs bouches, murmures humides susurrés dans le cou de l'autre :

- Aaahh... oui... tu...

- Oh... putain...

Les doigts experts de Olivier dansaient sur la peau fine du sexe érigé, procurant à Harry un plaisir d'une intensité qu'il ne se rappelait pas avoir déjà connue.

Il avait l'étrange impression de se précipiter vers l'orgasme en contemplant son reflet, reproduisant inconsciemment les mêmes gestes, les mêmes expressions.

Soudain, Harry se sentit partir et donna un violent coup de rein dans la main de Olivier, mais son cri de jouissance fut remplacé par un cri de frustration lorsqu'il sentit une ferme pression à la base de sa verge.

Il battit des paupières sans comprendre, et Olivier le regarda de ses yeux profonds, sans pour autant desserrer sa poigne.

- Tu veux jouir, Harry ?

Il haleta sans répondre. Oh oui, il voulait jouir, comme jamais il ne l'avait voulu de toute sa vie.

- Alors dis-le moi.

Il se sentit soudain terriblement vulnérable, comme pris au piège. La pression sur sa queue s'intensifia, et il acquiesça en gémissant.

- Non. Je veux l'entendre ! Est-ce que tu veux que je te fasse jouir ?

Alors il se rendit et soupira :

- Oui... Fais-moi jouir...

Olivier eut un sourire victorieux et se pencha pour l'embrasser délicatement sur les lèvres. Il relâcha doucement sa prise et les ongles de Harry s'enfoncèrent dans son dos. Lentement, ses doigts remontèrent le long du membre gonflé...

Alors, balançant sa tête en arrière, Harry planta sans s'en rendre compte son regard dans le petit œil noir d'une caméra de surveillance, et il jouit en longs spasmes brûlants, aussitôt rejoint pas Olivier.

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D'un air hébété, Draco regardait l'écran qui n'affichait plus que la neige.

Les gloussements des filles et les exclamations de surprise choquées des garçons lui parvenaient comme dans un rêve, assourdis par le bruit de son propre sang qui battait à ses tempes.

Il n'en croyait pas ses yeux. La personne qu'il avait vu jouir à l'écran et celle qu'il côtoyait ne pouvaient être une seule et même personne.

Quelqu'un lui tapa sur l'épaule, mais il le repoussa violemment sans même s'en rendre compte.

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Harry était incapable d'effectuer le moindre mouvement. Une centaine de paires d'yeux était braquée sur lui depuis maintenant plus d'une minute, et il n'avait toujours pas bougé.

Il lui semblait que même son cœur s'était arrêté de battre. Son unique pensée cohérente se résumait à une seule phrase :

Faites que Draco n'ai rien vu. Faites que Draco n'ai rien vu. Faites que Draco n'ai rien vu. Faites...

Ce qui était, et il le savait, car même si Draco n'avait pas vu la vidéo diffusée sur tous les écrans du lycée, il y aurait forcément eu quelqu'un pour s'empresser d'aller lui raconter.

Il ne lui pardonnerait jamais.

La honte lui brûlait le visage, et l'empêchait de lever les yeux pour affronter les regards.

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Draco fixait toujours l'écran. Il le fixait désespérément, comme si les réponses à toutes ses questions qui se bousculaient dans sa tête allaient s'y afficher.

Qu'est-ce que c'est que cette putain de vidéo ? Est-ce que c'était vraiment Harry ? Et... avec Olivier ? En train de... ?

Cette seule pensée l'emplit d'une colère froide, et il dut se faire violence pour la contenir.

Harry n'était pas une tapette. Depuis deux ans qu'il le connaissait, il s'en serait forcément rendu compte. Et JAMAIS il ne se serait permis d'être ami avec lui, pour la simple et bonne raison qu'il détestait les tafioles.

Plusieurs personnes vinrent lui poser des questions sur ce qu'ils venaient de voir, espérant qu'en tant que meilleur ami de Harry, celui-ci lui en aurait parlé.

- Foutez le camp, bande de connards ! Ça ne vous regarde pas !

Et c'était vrai, ça ne les regardait pas. Mais ce qui amplifia sa colère, ce fut de se rendre compte que Harry avait jugé que ça ne le regardait pas à lui non plus.

Il enfonça ses ongles dans ses paumes et tourna les talons, avant de se figer à la vue de Harry qui le regardait, une expression angoissée froissant les traits de son visage.

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Il a tout vu. Il va me tuer.

Le regard froid et brillant de colère de Draco le percuta comme un coup de poing au plexus solaire. L'éclat de ses yeux clairs lui fit l'effet d'une rafale de cristaux de glace, chassant de son corps la moindre once de chaleur.

Dis-lui quelque chose...

Il voulait lui dire qu'il s'en voulait, que c'était une erreur.

Il voulait lui dire qu'il n'avait pas voulu lui mentir, et qu'il n'avait rien dit uniquement par peur de sa réaction.

Il voulait lui dire que tout cela était la faute de Olivier, et qu'il allait le tuer parce qu'il était certain que c'était lui qui avait diffusé la vidéo.

Il voulait surtout lui dire qu'il n'était pas gay.

- Désolé...

Ce fut cependant le seul mot qui sortit de sa bouche, et il regretta aussitôt de n'avoir pu dire autre chose, car le visage de Draco se ferma complètement.

Incapable de soutenir plus longtemps son regard méprisant, Harry baissa les yeux, et la foule qui les entourait s'écarta pour laisser passer Draco.

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C'était notre premier lime, il a pour nous une très grande valeur sentimentale. C'est un peu comme si notre bébé venait d'avoir sa première dent ! Nous implorons donc votre indulgence, surtout que nous avons eu ENORMEMENT de plaisir à l'écrire.