Ce chapitre a été écrit et publié par Qyume, je l'ai mis ici pour que certains lecteurs puissent suivre sans avoir à passer de l'uns à l'autre.


Merci

Luna reposa la lettre...
Une larme roula le long de sa joue, sans qu'elle puisse en déterminer la nature.
Elle se sentait exploser.
A l'intérieur.
Elle se laissa tomber sur le dos, dans les draps bleus de son lit. Elle n'arrivait pas fermer les yeux, de peur que ça ne se révèle n'être qu'un rêve, de peur que le parchemin ne disparaisse et qu'elle soit nouveau seule...
Une immense vague de bonheur emportait toute sa raison, toute son intelligence et jusqu'à son envie de penser.

Souvenirs...

Elle se souvenait parfaitement de la première fois ou elle l'avait aperçue. Alors que tout les élèves se dirigeaient vers l'entrée de l'école, elle était, fière, presque hautaine, à contresens surtout. Elle avait rentré la tête dans les épaules, un geste qui ne lui ressemblait pas, et avait continué sa route en se fondant dans la masse.
Elle l'avait regretté ensuite.
Sur le moment, la seule chose qui lui était venue à l'esprit était un sentiment de vulnérabilité.
Immense
Elle avait accepté de ne jamais devoir la revoir et avait continué sa route.

Sauf que...
Elle l'avait revu. Ici ou là, au détour d'un couloir, marchant, forte, souriante ou morose.

Et puis...
Était venu le temps des questions.
Elle observait ses amies s'interroger mutuellement comme des papillons charmants dans le hall d'entrée. Assise à l'écart, comme à son habitude, elle se contentait de choisir les questions comme guide pour mettre un peu d'ordre en elle

Es tu hétérosexuelle?
"Qu'en sais je...? Non"
Es tu amoureuse d'un mec?
"Non. "
Est ce que tu crois aux coups de foudre?
"Non."
Est ce que tu aimes quelqu'un?
"..."

Et puis...
Elle l'avait abordé à deux ou trois reprises, au hasard de leurs rencontre dans les couloirs. Lui faisant part, en quelques mots insignifiants, d'une infime fraction de son admiration.
Elle ne s'était jamais posé la question "est ce que je l'aime?"
La réponse était évidente.
La nature de cette affection, par contre, était loin de l'être.
"Sentiments; es tu rêve, reine ou sœur?"
Luna avait observé Pansy se rapprocher de plusieurs personnes, rompre et se remettre en couple, déprimer, retrouver son sourire pétillant et fascinant, rompre de nouveau, s'énerver, s'attrister.
Et, tout au fond d'elle, elle se détestait des sentiment qui brulaient en elle.

Elle avait tenté d'être là. Le simple fait qu'elle la considère comme une amie illuminait ses journées et soulageait ses peines.
Elle avait aimé ce sentiment d'automne au creux de sa poitrine, lorsqu'elle la contemplait, comme un oisillon infirme regarde la lune.
Et puis un jour, elle avait décidé d'être heureuse.
Elle avait décidé d'oublier.
D'oublier sa passion dévorante.
D'oublier le fait qu'elle se contenterait probablement toute sa vie de la regarder briller là haut.
D'oublier.
Car l'être humain cherche instinctivement à se protéger de lui même.

Et elle avait oublié.

Pas très longtemps
Elle s'était mise en couple avec Ginny. Une jeune fille, grande, forte, magnifique, aux grands yeux envoutants.

Mais...

Il avait suffi de peu pour qu'elle se rappelle.

Elle avait reçu la lettre.

Elle se releva.
Elle avait toujours pris ses décisions importantes sur des coups de tête.
Alors...

Elle saisit sa plume.
Traça quelques mots à l'encre noire sur un morceau de carte, à l'attention de son amie, Ginny.
"Je suis désolée."

Elle s'installa en tailleur par terre, machonna pendant une dizaine de minutes ses doigts et sa plume, puis se décida.

"Pansy...

Je t'aime"