Ce chapitre est bien de moi. Bonne lecture, ce n'est pas très joyeux^^
Pansy commençait à sombrer délicatement alors qu'elle était heureuse. Heureuse avec Millie. Ensemble elles avaient traversé des épreuves, elles ne s'entendaient sur rien et se chamaillaient sur tout et rien, mais elles s'aimaient et ne pouvaient se résoudre à se séparer définitivement.
Elle était à nouveau avec elle pourtant un goût amer subsistait en ce palais d'émotions. Le goût de la culpabilité. Une culpabilité qui était malvenue, tant pour les autres que pour elle-même. Parce que des bras de Millie, elle voyait de loin Luna couler doucement dans l'autodestruction.
L'autodestruction, elle connaissait cela, plus qu'une expérimentation, elle était partie intégrante de la serpentarde. Presque une passion à une certaine époque, une fatalité de la vie qui l'avait rongé, et abîmé au fur et à mesure du temps. Maintenant elle avait l'impression d'être brisée à vie, l'impression qu'elle ne pourrait jamais se réparer entièrement, et la dernière chose qu'elle voulait, c'était voir la petite serdaigle si pure et si innocente devenir comme elle. Elle observait de loin ses ondulations blondes et ce regard détaché. Une boule de plomb lui écrasait les viscères. Il n'y avait pas que de la culpabilité, il y avait plus que de la compassion, il y avait ce sentiment de responsabilité et d'attachement. Luna avait été depuis qu'elle l'avait connu comme une petite sœur. Et plus, qu'une exe, plus qu'une amie, c'était sa petite sœur qui se détruisait sous ses yeux. Elle avait mal, elle ne voulait que l'aider mais la détermination de cette fille, de l'apparence d'une princesse mais au fond autant attirée que la miss Parkinson par les ténèbres, était telle qu'il était presque impossible de l'en détacher.
Pansy avait presque réussi à se sortir de cette logique destructrice mais voyant la fille Lovegood marcher dans ses pas, un sentiment de nostalgie lui naissait. Elle ne voulait que voir ça cesser, sans cesser de voir Luna qui l'évitait. Alors elle prit une décision et arracha sa grande plume noir du bureau médiéval sur lequel elle reposait.
« Luna… Hermione et moi avons tout essayé pour te faire cesser ça, et te faire réaliser que l'on ne peut jouer avec les limites que lorsqu'on en a conscience, et lorsqu'on a acquis la maturité nécessaire au contrôle de soi. Non… en fait on a pas tout essayé. Je vais t'imposer quelque chose, parce que tu ne vois aucun mal à ce que tu fais, tout comme moi je n'en voyais aucun, jusqu'à ce que je réalise beaucoup de choses. Tout ça est trop facile. Alors moi aussi. Je vais replonger volontairement. Ce que tu fais se voit sur ton visage. A chaque fois que tes doigts iront explorer le fin fond de ta gorge afin de te faire régurgiter toute nourriture, je t'imiterais. Lorsqu'une lame ira entamer les fins nerfs de ton enveloppe charnelle jusqu'à faire écouler ce poison pourpre si séduisant je ferais de même. Lorsque je te devinerais en train de fixer le plafond en te complaisant dans ta douleur alors je regarderais le sol, en me remémorant chaque horreur de mon passé jusqu'à ne plus du tout sourire sincèrement. Millie… elle… elle a juré qu'elle me quittera si jamais je retombais là dedans mais… dans ce cas tant pis, ça ne fera qu'une douleur de plus m'entraînant définitivement dans un gouffre sans fond et sans retour.
Tu es en train de te dire qu'il te suffira de me mentir ou de m'éviter, fais le si ça te chante, ça ne changera rien. Puisque si tu m'évite, cela voudra dire que n'as pas arrêté, et donc cela fera une raison de plus pour moi de continuer. Et nous serons perdantes toutes les deux puisque sans aucune utilité nous ne nous verrons plus. En fait, je ne fais pas seulement ça pour que tu arrêtes, mais comme je l'ai dit tout à l'heure, tout est trop facile pour toi et tu n'as pas de contrainte. Je serais ta contrainte, au moins psychologiquement.
C'est dommage… ma dernière année à Hogwartz, la gâcher ainsi. Mais c'est ma décision. Au moins comme ça j'ai un espoir que tu te demandes si ce que tu fais est réellement le mieux à faire.
Au revoir. Pansy. »
La verte et argent lâcha nonchalamment sa plume pour soulager sa main contractée et devenue douloureuse. Elle se leva brusquement, faisant tomber sa chaise en arrière. Elle se recula un peu, poussant le siège et balança un violent coup de pied dans le bureau qui tomba à la renverse dans un fracas assourdissant aux vues de tout ce qu'il y avait dessus quelques secondes avant. Ce vacarme compensait la colère muette qui montait doucement en elle, noircissant les débris de son âme.
Un soupir… soupir d'évacuation de cette tension implacable. Pansy réussit à se calmer. Son regard devint vide, ses mouvements mécaniques, son attitude hypocrite, et son esprit fermé. Elle monta se coucher sans passer par la grande salle pour le repas du soir, et observa les lames qu'elle n'avait réutilisées que très récemment. Et ce depuis longtemps. Elle s'endormit bien plus tard sans les avoir touché mais cette nuit fut agitée.
