Mon réveil sonne. Le bruit strident me réveille en sursaut et je grogne vaguement. Un jour, il faudra vraiment que je pense à m'en trouver un avec une sonnerie agréable. Si ça existe. Je l'éteins, me redresse, bâille et m'étire, puis jette un coup d'œil machinal à l'écran à cristaux liquides. Il est vingt heures. Bien, au moins, j'ai le temps d'émerger tranquillement. Je rejette la couette et frissonne. Note pour moi-même : dormir en boxer quand on approche de l'hiver, c'est le mal. Je me lève et, en traînant les pieds, ouvre la porte de ma chambre pour aller au salon. Je frissonne de nouveau. J'ai l'impression qu'il y a une différence de température de vingt degrés entre les deux pièces. En traînant les pieds dans mes pantoufles, je traverse le salon pour gagner la salle de bain, ce qui est toujours mon premier geste le matin. Enfin ce qui, pour moi et mes horaires décalés, tient lieu de matin. En arrivant devant la porte, je m'immobilise. Un bruit d'eau. Il y a déjà quelqu'un. Impossible, je vis seul, il y a un problème quelque part. Je commence à essayer de réfléchir à ce qui se passe (je dis bien essayer, parce que tant que je n'ai pas pris un café…), quand j'entends soudain un miaulement. Un miaulement ? Je tourne la tête, la baisse et aperçoit un chat noir à mes pieds. Malgré moi, je fais un bond en arrière. Je déteste les chats. Qu'est ce qu'il fiche là, celui-l… Je m'interromps car tout me revient d'un coup. L'emménagement, les copains bruyants, le chat… Yokotruc. Et merde, c'était pas un cauchemar finalement. J'ai bel et bien un colocataire maintenant. Et des plus casse-pieds en plus. Merveilleux… Je grogne de nouveau. Je ne suis pas en retard, mais je n'aime pas trop qu'on chamboule mes habitudes. Il commence vraiment mal la cohabitation, ce Yokotruc. Je me détourne pour aller à la cuisine, le chat me suit. Je souffle un « dégage, sale bête », mais l'animal a l'air de s'en moquer comme de sa première croquette et en plus, il me regarde d'un air moqueur. Comme son maître la veille. Bon... Bon, bon, bon... Ne pas s'énerver. Rester zen. Ca va aller. Tout ira mieux après un bon café bien fort. En inspirant pour rester calme, je sors une tasse du placard au dessus de l'évier et la pose sur le plan de travail. Après avoir lancé la cafetière, je m'asseois sur l'un des hauts tabourets de bar et ferme les yeux, écoutant le silence seulement troublé par le son de l'appareil en marche et me disant qu'il suffira que je mette quelques règles au point avec mon colocataire une bonne fois pour toutes. Je jette un coup d'oeil à l'horloge. Qu'est ce qu'il fabrique ? J'ai besoin de la salle de bain moi aussi. Il pense qu'il est tout seul ou quoi ? Non, Toshi, reste calme. S'énerver comme hier ne changera rien du tout à part provoquer d'autres agaçantes répliques dont il a l'air d'être friand. Qu'est ce que c'est son nom complet encore ? Yokohama... Yokowama... Yokoyoma... Ah, non pas possible, je n'arrive pas à le retenir. J'ai bien l'impression que mon cerveau l'a condamné à « Yokotruc » pour de bon. Bon, ben tant pis. C'est pas la fin du monde non plus.

Le bruit d'une porte qu'on ouvre. Et celui de la cafetière qui s'arrête. Il choisit son moment pour sortir. Je soupire et décide de commencer par un café en ignorant le chat qui me regarde toujours. Je m'en verse une tasse, en bois une gorgée et grimace. Ouch, je l'ai bien chargé aujourd'hui. Même pour moi qui l'aime bien corsé, il est très fort. A réveiller un mort. J'en bois malgré tout quelques gorgées supplémentaires, puis repose le récipient et me dirige vers la salle de bain alors que l'horloge indique vingt heures vingt cinq. Evidemment, on se croise. Il ne porte qu'une serviette autour de la taille. Il n'a même pas eu la décence de s'habiller avant de sortir. Je l'ignore lui aussi. Il vaut mieux, sinon je vais encore être désagréable. Mais Yokotruc n'a pas l'air du même avis.

- Enfin réveillé ? me dit-il, moqueur. C'était une bonne grosse sieste, hein.

Reste calme, Toshi, reste zen. J'essaye de m'auto-persuader, mais ce n'est pas brillant.

- Je ne faisais pas une sieste, je faisais ma nuit, c'est clair ?

Un brin sec, Juste un brin. La fin est sûrement en trop, mais tant pis.

- Comment ça « ta nuit » ? Tu fais quoi comme boulot ? s'étonne-t-il.

- Je vous ai dis de ne pas me tutoyer.

Je le répèterais autant de fois qu'il faudra pour qu'il percute. Comme on dit, il comprend vite mais il faut lui expliquer longtemps.

- Ca ne répond pas à ma question.

- Infirmier de nuit, réponds-je.

J'aurais du me taire, mais bon je me dis que, sa curiosité (parfaitement déplacée dans la mesure où on ne se « connait » même pas depuis vingt-quatre heures) satisfaite, il va me laisser tranquille. Je m'enferme à mon tour dans la salle de bain, règle l'eau pour qu'elle soit bien chaude et, après avoir retiré mon boxer, me glisse sous le jet avec délices. Je soupire de bien-être. Pour moi, c'est le meilleur moment de la journée. Je remercierais toujours le propriétaire d'avoir fais un appartement à l'occidentale. Je n'ai rien contre les traditions japonaises, mais il faut avouer qu'elles ne sont pas toujours des plus pratiques.

Après un long moment, je quitte la douche, me sèche et cherche mes vêtements. En pure perte, parce que, comme un idiot, je les ai oubliés dans l'armoire qui est... Merde... Merde et double merde... Toutes mes fringues sont dans l'armoire, dans ce qui est maintenant SA chambre. Cette fois, je me maudis moi-même. Faut-il être crétin pour ne pas s'en être rendu compte avant... Bon, à ma décharge, j'ai l'excuse d'avoir vécu seul dans cet appartement pendant près d'un an et donc, de m'y être organisé comme je voulais. Ce qui incluait utiliser la seconde chambre comme dressing, même si je n'avais pas assez d'affaires pour en remplir la moitié. Enfin bref, je suis dans une sacré panade... et en plus, je n'ai pas le choix puisque je ne peux pas arriver à l'hôpital avec mes vêtements de la veille. Question d'hygiène. Ah je suis trop bête. En soupirant, je passe dans le salon et quelque chose attire mon regard. Quelque chose que je n'avais pas remarqué tout à l'heure : mes vêtements. Eparpillés n'importe comment sur les meubles, certains ayant même chuté à terre. Je vois rouge. Alors, la guerre est VRAIMENT déclarée ! Je prends le temps de les ramasser et de les replier avec soin, les empilant sur le canapé en vérifiant qu'aucun n'est abîmé. Je vais m'habiller, fonce ensuite jusqu'à sa porte comme un boulet de canon et entre sans frapper. Je fulmine.

- C'est quoi votre problème ?

Oui, je crie, mais il y a de quoi. Et ce bête type, qui, allongé sur son lit à lire un magazine, ne réagit pas. Il y a un long silence puis, enfin, il se redresse en position assise et tourne la tête vers moi.

- Quel problème ? Je n'en ai aucun.

Je manque m'étrangler devant son outrecuidance (je sais, plus personne n'utilise ce mot, chut).

- Ah non ? fais-je, peinant à me contenir. Et mes vêtements dans tous les sens dans le salon ?

- Ah ça, fait-il comme si c'était le cadet de ses soucis, ce qui est probablement le cas. J'avais besoin de l'armoire et tes vêtements gênaient.

- Vous auriez pu me demander de les déplacer au lieu de vous comporter comme un sauvage !

Respire, Toshi, respire. Il ne vaut pas la peine que tu t'énerve comme ça. Je ferme les yeux et compte très lentement jusqu'à dix, en m'efforçant de respirer au même rythme. Il ne doit pas être loin de vingt et une heures, je ne vais pas tarder à partir pour l'hôpital et si j'arrive dans un état pas possible, je ne ferais rien de bon et les patients qui n'y sont pour rien en pâtiront. Je me sens très fatigué d'un coup. Les trois jours suivants où je suis de repos seront plus que bienvenus. J'inspire de nouveau profondément et m'étonne que Yokotruc n'ait pas profité de mon silence pour me lancer une pique fielleuse. Je rouvre les yeux et en comprend immédiatement la raison : il est parti. D'accord, donc en plus d'être un sauvage horripilant, il est impoli. Ca commence à faire beaucoup pour le même homme. Je quitte sa chambre, rejoint le salon pour reprendre mes vêtements et les ramener dans ma chambre, avant de retourner à la cuisine dans l'intention de grignoter avant de partir. Pas de chance, il est déjà là, devant les fourneaux… et ça sent terriblement bon. Mon ventre gargouille bruyamment, me rappelant que je n'ai pas mangé avant de me coucher et qu'il faut peut-être faire quelque chose. J'essaye d'ignorer Yokotruc qui sifflote en tournant quelque chose dans une casserole, tandis que je fouille le placard à la recherche de ma marque préférée de nouilles instantanées, dont j'ai toujours une réserve au cas où. Réserve totalement vide. Ce qui est impossible puisque, justement, c'est ma réserve. Et pourtant, je dois me rendre à l'évidence : il n'y a plus l'ombre d'un paquet. Et je n'ai pas à chercher le coupable bien loin.

- Qu'est ce que vous avez fais de mes nouilles ? abois-je.

Pour qui se prend-il, ce type, à la f…

- J'ai simplement pensé que quelqu'un qui travaille de nuit a besoin de se nourrir mieux qu'en mangeant ces cochonneries, dit-il en tournant la tête vers moi.

- En quoi ça vous reg…

- Alors j'ai fais du curry pour deux, conclut-il.

Là, c'est très bête, mais j'en reste littéralement bouche bée. Je ne pige rien, mais alors rien du tout. Depuis son arrivée, la veille, ce type a mis ma vie sans dessus-dessous, il me la pourrit et hop, d'un coup, il joue les bons samaritains. Ce Yokotruc a un sacré grain, c'est moi qui vous le dis. Je le fixe en clignant des yeux. Non, impossible qu'il soit devenu sympa en une « nuit ». Je ne suis pas si crédule, il y a forcément baleine sous gravillon.

- C'est quoi l'entourloupe ?

- Ce que tu es suspicieux…

J'ai peut-être des raisons pour ça, crétin…

- Ne me tutoyez pas et répondez à la question.

- Assieds-toi et mange, fait-il sans m'avoir écouté, en posant devant moi une assiette fumante et bien garnie.

J'ai envie de lui dire d'aller au diable, comme l'aurait si bien fait mon ami Matsumoto Jun, mais mon estomac qui crie famine ne semble pas d'accord. Pourtant, j'hésite encore. Son attitude est louche. Un tel revirement est anormal. Je jette un coup d'œil à l'assiette qui a l'air de me dire « mange-moi ! » (la traîtresse) et suis du regard Yokotruc qui s'assoit face à moi. Je suis ses mouvements du regard, puis regarde l'horloge. Merde, je vais être en retard si je ne me dépêche pas ! Alors tant pis pour mes soupçons, je me jette sur le curry comme un goinfre. Et je le regrette immédiatement. C'est bouillant mais surtout… over méga hypra épicé ! A croire qu'il a vidé le pot de curry dans le mélange tout prêt ! Je sens mon visage virer au rouge brique et je cherche avidement de l'eau. Evidemment, elle n'est pas sur la table. Je fusille du regard mon « charmant » colocataire qui, non seulement n'a pas mangé (et je sais pourquoi maintenant) mais me regarde d'un air hilare. C'était une entourloupe, je le savais ! Ce mec est un sadique doublé d'un malade ! Je me précipite vers la cuisine en quête du liquide bienfaiteur, ouvre le robinet d'eau froide et met ma bouche dessous pour tenter d'apaiser le feu intérieur qui me consume. Je sais très bien que, dans ces cas-là, il faut plutôt boire du lait, mais je suis allergique au lactose, donc il n'y en a pas dans le frigo. Et l'autre allumé qui est mort de rire… Je vais le tuer…

Le feu de ma gorge laborieusement apaisé, je me tourne brusquement vers lui, les yeux brûlants de haine..

- Vous ! Je vais…

- … Etre en retard au travail, non ? insinue-t-il perfidement en me montrant l'horloge murale.

Qui indique vingt et une heures dix. Merde. Merde et merde. Je fonce jusqu'à l'entrée et me chausse en quatrième vitesse. Jamais ce genre de chose ne m'est arrivé. C'est à cause de ce [censuré] de Yokotruc. Je décide de laisser la voiture pour le scooter, ça ira plus vite.

- Vous ne perdez rien pour attendre !

C'est la dernière chose que je crie avant de passer la porte et la dernière que j'entends, c'est son rire moqueur. S'il me cherche, il va me trouver !

Heureusement, je ne suis pas arrivé en retard, mais c'était juste. Merci le scooter qui permet de slalomer (dangereusement, je le reconnais) entre les voitures. A peine arrivé à mon poste, j'ai été submergé d'appels de patients. C'est la même chose presque toutes les nuits, ce qui me conduit toujours à me poser la même question : quand dorment-ils ? Ils sont malades et devraient donc rester tranquilles la nuit, mais non… Et encore, s'ils sonnaient pour des raisons importantes… mais là encore, ce n'est pas le cas. En général, c'est pour des futilités du genre « sensei, je n'ai plus d'eau » (j'ai beau leur dire sur tous les tons que je suis infirmier, pas médecin, c'est comme si je parlais aux murs. Pour eux, homme en blouse égal docteur, donc je laisse courir maintenant).

Après trois bonnes heures à courir au chevet des uns et des autres, je m'octroie une pause bien méritée avec mes collègues et amis depuis dix ans. Tous les cinq assis autour d'un café dans la pièce qui nous est dévolue, nous échangeons des anecdotes, quand soudain, Aiba remarque :

- T'as l'air crevé, Oh-chan.

- Faut dormir la « nuit », ajoute Nino en souriant.

- Si vous saviez…

J'ai soupiré. Il n'en faut pas plus pour attiser leur curiosité car, ils le savent, je ne me plains jamais.

- Bah raconte, me presse Jun.

Alors je leur dis tout : l'arrivée en fanfare de Yokotruc et ses potes, l'emménagement, le chat diabolique, les vêtements, le curry… Quand j'en arrive là du récit, Sho explose de rire.

- Te marre pas, lui fais-je sur un ton de reproche.

- Non non, c'est pas toi, c'est la quantité de trucs qui t'es arrivée en même pas vingt-quatre heures, se défend-t-il.

- A qui le dis-tu…

- Il a réussi à te faire perdre ton légendaire sang-froid. Rien que ça, c'est déjà un exploit, note Nino.

- J'avoue, approuve Sho.

- Il est comment, ton Yokotruc ? Mignon ? demanda soudain Jun.

Je le dévisage, ahuri par la question totalement hors de propos. J'ai mal entendu ou…

- Jun, c'est pas le sujet, le réprimande Masaki.

- Je sais, mais ça coûte rien de demander.

- Toi, il faut vraiment que tu te trouve quelqu'un, soupire Sakurai. Ca devient infernal.

- Je demanderais pas mieux, figure-toi, se défend le plus jeune de la bande. Mais si tu crois que c'est facile avec les horaires qu'on fait. Alors, Oh-chan, il est mignon ?

- Mais j'en sais rien !

S'il croit que je l'ai regardé… Yokotruc ne m'intéresse pas le moins du monde, alors vraiment, ce genre de considération… Je lève les yeux de mon gobelet dans lequel je viens de boire une gorgée et croire le regard de Jun, qui me fixe avec un air de chien battu qui aurait rendu le petit Yuya kawaii, mais n'allait pas au visage de lover de mon ami. Je soupire et réfléchis.

- Il a un visage trop particulier pour être qualifié de « beau » ou de « mignon », mais il est intéressant dans sa particularité.

- Oh oh… « intéressant dans sa particularité », relève Sho avec un sourire en coin. Tu l'as bien regardé, dis donc. Et le petit Tegoshi, il ne t'intéresse plus ?

- Quoi ? Non mais arrêtez, c'est Jun qui m'a posé une question, je lui ai répondu, c'est tout !

Je me défends trop et trop vite et en plus, je me sens rougir, ce qui me rend encore moins crédible.

- A d'autres, on te connait, ne, me fait Sho en souriant.

Je soupire. Même pas la peine de nier avec eux.

- Alors, t'as avancé avec lui ou pas ?

Aiba, toujours plein de tact.

- Non.

- Tu lui as dis au moins ?

Sakurai, curieux.

- Non plus.

- Ah bah c'est sûr que ça va pas avancer si tu lui parle pas.

Jun, pragmatique.

- Mais pour lui dire quoi de toute façon ? Je ne suis même pas sûr de ce que je ressens. Il m'attire, oui, mais au-delà de ça…

- Rien ?

Nino, attristé.

- Rien.

- Pas de boule dans la gorge, de mains moites, de papillons dans l'estomac ?

- Non.

- Pas de bonheur infini en le voyant, de bafouillages incompréhensibles ?

- Rien, je vous dis. D'ailleurs, c'est quoi ces clichés sur l'amour . Aucun de vous n'a jamais été amoureux, alors niveau experts en sensations… Il faut arrêter les dramas, les gars, ça ne vous réussit pas.

Il y a un silence. Chacun finit son café en jetant un coup d'œil désespéré à la pendule. Dans trois minutes à peine, il va falloir y retourner. On aime tous notre métier, mais parfois, il nous pèse et on est tous d'accord là-dessus.

- Et pour Yokotruc, tu vas faire quoi ? me demande Sho en renfilant sa blouse.

- Je te rappelle que le meurtre est puni par la loi, me prévient Nino en l'imitant.

- J'en sais rien. J'ai bien envie de lui rendre la monnaie de sa pièce pour le curry, mais je ne sais pas comment.

- Si t'as besoin d'un plan, tu sais où me trouver, me dit Jun.

Ca, c'st sûr que les plans et lui… Des fois, ils sont complètement délirants, mais en général, ils fonctionnent. Je dirais même que plus ils sont improbables et compliqués, mieux ils marchent. C'est un paradoxe que je ne me suis jamais expliqué.

- Jun, par pitié, ne l'encourage pas, le réprimande de nouveau Masaki.

Ces deux-là n'arrêtent jamais, mais au fond, ils s'adorent.

- Oh-chan, ça ne va rien arranger de répliquer à la vengeance par la vengeance, me dit Nino. Laisse courir, il finira par se lasser.

- Et par me prendre pour un tapis sur lequel il peut s'essuyer les pieds parce que je ne réagis pas ? Très peu pour moi. Il n'y a pas écrit « victime » sur mon front.

Oui, j'ai un brin d'orgueil et alors ? Tout homme (ou femme d'ailleurs, je ne suis pas misogyne) en a. Le mien est juste un tout petit peu plus développé.

- Allez, il faut y retourner, lance Sho. Te prend pas trop la tête à cause de ce Yokotruc, Oh-chan.

- Tu as raison, je vais l'ignorer.

- Enfin une parole censée ! J'ai bien cru qu'on avait perdu notre si raisonnable Toshi !

Je donne une tape à l'arrière du crâne de Masaki en souriant.

- Aibaka !

On rigole tous et on quitte la salle de pause pour quatre nouvelles heures de labeur.