ATTENTION, CE CHAPITRE EST EXTREMEMENT CRU, NOIR, DUR ET GLAUQUE. AMES SENSIBLES S'ABSTENIR ABSOLUMENT ET JE NE PLAISANTE PAS DU TOUT !
Je le savais déjà, mais l'entendre me le dire me fait un bien fou. Il referme les bras sur moi et, une fois encore, cette impression de cocon protecteur me submerge. On reste un moment comme ça, puis il penche la tête vers moi. Je sais ce qu'il veut, ce qu'il va faire et ne cherche pas à l'en empêcher. Mon cœur s'emballe, alors que ses lèvres se posent sur les miennes doucement, presque délicatement. Comme s'il craignait de me blesser. Trop délicatement à mon goût. Je glisse une main derrière sa nuque et appuie le baiser, faisant jouer ma bouche contre la sienne dans un désespoir affectif grandissant. Sa langue effleure mes lèvres, se glisse entre elles, je l'accueille et débute avec elle un ballet endiablé. Sûrement trop, car Keiichiro s'écarte doucement, ma laissant frustré.
- Il vaut mieux s'arrêter pour l'instant, me dit-il. N'allons pas trop vite. Je ne voudrais pas que tu regrette ensuite.
Il a raison, bien sûr, mais ça n'enlève rien à ma frustration. Il se décale, m'embrasse chastement sur le front, me dédie un magnifique sourire et se tourne pour reprendre la préparation du repas.
- Keii… (le diminutif vient tout seul) Quand tu partiras pour le combini, je pourrais t'accompagner ?
- Mais tu ne risque pas de t'ennuyer à la boutique ? demande-t-il en assaisonnant le bouillon placé dans une casserole.
- Je ne veux pas rester seul.
- Je comprends. Alors viens si tu veux.
Il a l'air détaché dans ses paroles, mais son ton indique que ma volonté de rester près de lui, lui fait plaisir même si c'est par instinct de conservation. Il termine rapidement sa tâche, puis nous nous attablons, parlant de tout et de rien. Je me sens presque léger, de savoir qu'il veille sur moi. Après avoir débarrassé la table, je m'assois près de lui sur le canapé et il passe un bras autour de mes épaules, caressant tendrement celle qui se trouve à sa portée. C'est si agréable, que je me laisse couler avec bonheur dans cette affection dont il ne demande manifestement qu'à m'abreuver. Je pose la tête sur son épaule et il m'embrasse dans les cheveux. C'est plus fort que moi, je tourne la tête vers lui, quémandant un nouveau baiser. Il sourit, manifestement attendri et pose la main en pouce sur ma joue, dont il caresse la pommette du pouce. Pour un peu, je me mettrais à ronronner comme Nyanta. De nouveau, ses lèvres se posent sur les miennes. Je ferme les yeux, attentif aux détails qui m'avaient échappé la première fois : leur douceur, leur rondeur, leur souplesse, leur goût, leur texture…
- Tu me fais penser à Nyanta quand il était petit, murmure soudain Keiichiro.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Lui aussi était sans arrêt en demande d'affection.
- Désolé, fais-je, penaud, en me décollant de lui.
- Ne sois pas idiot, ce n'est pas pour ça que je disais ça. Au contraire, je trouve ça craquant.
L'adjectif me fait rougir. Encore.
- Et ça aussi ça l'est, ajoute-t-il avant de m'embrasser sur le bout du nez, ce qui me fait éternuer.
- Tout à fait comme Nyanta, rit-il alors.
Et je ris avec lui. Comme tout me parait simple en cet instant. Si simple, si naturel. Comme si c'était dans l'ordre des choses que je me trouve ici avec lui maintenant.
Nous regardons encore un peu la télévision, échangeant de temps à autre un petit baiser, puis il regarde l'heure.
- Oh il faut qu'on y aille. Si je suis en retard, Massu va râler. Tu as un pull ? Il fait froid dehors.
Je secoue la tête. Le mien est encore gorgé d'eau.
- Je vais te prêter un gilet, dit-il en se levant.
Je le suis du regard et un petit sourire nait sur mes lèvres. Keiichiro revient quelques instants plus tard et me tend un vêtement en chaude maille grise, fermé par une fermeture éclair. Je l'enfile, en retrousse les manches et le referme, puis met mon manteau et mes chaussures. Il fait de même, prend ses clés, referme la porte et la verrouille, puis s'empare de ma main.
Dehors, l'air est toujours froid, mais la flamme d'amour qui brûle dans le cœur de mon compagnon me réchauffe. J'ouvre d'ailleurs la bouche pour lui dire quelque chose, quand je remarque que plusieurs hommes nous encerclent. Pas rassuré, je serre davantage la main de Keiichiro, d'autant que leurs mines patibulaires ne me disent rien qui vaille.
- Que voulez-vous ? demande-t-il, manifestement prêt à en découdre s'il le faut.
- Attrapez-les, ordonne sans répondre l'un de nos assaillants.
Pris de panique à ces mots, le cœur battant de terreur à en éclater, je me mets à courir droit devant moi, mon protecteur sur mes talons, mais ils sont rapides. Trop rapides. Lorsque je me retourne après quelques mètres en n'entendant plus la respiration de mon compagnon, je constate avec horreur qu'il gît à terre, inanimé et que deux hommes sont en train de le hisser dans un van.
- KEII ! hurlé-je, avant de me sentir ceinturé par l'arrière.
Je tente de me débattre, mais un lige humide se pose immédiatement sur mon nez. Je n'ai pas le réflexe de bloquer ma respiration et inspire. Une poignée de secondes plus tard, ma vision s'obscurcit. Ma dernière pensée est que nous sommes tombés dans un piège.
Des voix me parviennent de façon assourdies, mais je ne les identifie pas. J'essaye d'ouvrir les yeux, mais mes paupières semblent collées. La tête me tourne et j'ai la bouche pâteuse comme si j'avais pris une cuite mémorable la veille, sauf que je n'ai rien bu. Dans un effort surhumain, j'ouvre finalement les yeux, mais ma vue est brouillée. Je distingue des formes floues, qui peuvent correspondre à tout et n'importe quoi. Je les referme, me sentant mal et tente de me redresser un peu plus. Impossible, quelque chose m'en empêche. Mais quoi ? Je remue un peu les mains, réalise vaguement qu'elles sont étrangement placées dans mon dos et tout aussi vaguement qu'il y a du métal autour de mes poignets. Qui cliquète dans le mouvement. J'essaye de réfléchir à ce que ça peut être, mais mon esprit a l'air perdu dans une mer de brouillard à couper au couteau et, alors que je me concentre pour comprendre quand même ce qui se passe, le brouhaha de voix se précise.
- Vous en avez trop mis, espèce d'abrutis ! crache avec colère une voix claire.
- On était pris par le temps, se justifie une autre, manifestement plus âgée.
- Et s'il se réveille jamais avec vos conneries ?
- Désolé…
Un bruit de coup, puis une exclamation. Je rouvre péniblement les yeux.
- Yuya, regarde, il est réveillé !
La voix furieuse se tait et des bruits de pas résonnent. Il y a un léger froissement de tissu et un visage familier apparait à la hauteur du mien.
- Sympa la sieste improvisée, hein, Sa-to-shi ?
Je le connais, ce visage, mais j'ai le cerveau encore trop embrouillé pour faire un quelconque rapprochement avec quoi que ce soit.
- Il est trop dans le coltard pour percuter ce qui se passe, reprend la voix, familière également, qui s'était exclamée à mon réveil.
- Ah non, pas question. Il faut qu'il soit bien conscient de tout.
Le possesseur de la voix claire me gifle une fois, deux fois, trois fois. Ma tête ballote, mais je vois mieux. Les formes floues se précisent. Je distingue des murs métalliques, des poutres en béton, des amas de ferraille un peu partout. Sous mes fesses, le sol est en béton aussi. Je suis dans un entrepôt. Une nouvelle gifle reporte mon attention sur celui qui est accroupi face à moi. Et que je reconnais maintenant parfaitement.
- Tegoshi… fais-je avec effarement.
- Tu vois que les coups marchent toujours, fait celui-ci en à l'intention d'une personne située derrière lui.
Je me démonte le cou pour essayer de voir. Je n'aurais pas du. Nino. Evidemment. Je vais our me relever mais, à nouveau, quelque chose m'en empêche. Je comprends alors que je suis attaché. Menotté au le poteau contre lequel je suis appuyé. Il y a un blanc, puis je sursaute violemment.
- KEII ! crié-je, me souvenant soudain de la dernière image que j'avais eue de lui avant de perdre conscience à mon tour.
- Ah tu parle de ton « ami » du combini. Celui avec qui tu étais main dans la main. Celui qui t'aime, ricane Tegoshi. Tu me remplace vite je trouve, Sa-to-shi. Je ne te pensais pas si volage.
Il éclate d'un rire malsain et s'écarte de mon champ de vision. Sous mes yeux horrifiés, je découvre avec horreur que Keiichiro est pareillement entravé, mais également bâillonné et qu'il gît presque entièrement nu, ses vêtements déchirés et visiblement terrifié.
- Non… Non ! NON ! fais-je en finissant par crier.
Kamisama, non, s'il vous plait non… Pas lui…
- Oh ne t'inquiète pas, on a juste voulu voir comment il était foutu, il ne lui est rien arrivé. Pour le moment du moins.
- Pour le moment ?
Ma voix est montée dans les aigus sous l'effet de l'épouvante.
- Sa sauvegarde physique ne dépend que de toi, explique-t-il. Si tu nous obéis sagement, il ne lui arrivera rien. Si par contre tu ne fais pas ce qu'on te dis, nos amis ici présents (il désigne le groupe de brutes) se feront un plaisir de lui passer dessus. Un par un. Et comme ils sont très généreusement pourvus, ça risque d'être plutôt douloureux, si tu vois ce que je veux dire.
Au fur et à mesure de sa tirade, je vire au livide. C'est encore pire que ce que j'avais imaginé dans mes pires cauchemars. Normalement, c'est le genre de chose qui n'arrive que dans les dramas... Ma vie est un drama… Un drama bien noir, bien glauque et bien déprimant… Qui a dit que quand on touche le fond, on ne peut que remonter ? Quand on touche le fond, on creuse, j'en suis la preuve vivante. Dévasté, je regarde Keiichiro, donc le seul tort est de m'aimer et d'être proche de moi. Ses yeux sont brillants de larmes et, même si je suis trop loin pour le voir vraiment, je sais qu'ils recèlent une profonde terreur. Au moins aussi grande que la mienne. En écoutant les paroles de son bourreau, il gémit de peur à travers son bâillon et tente de se relever.
- La ferme, toi ! Tiens-toi tranquille !
Chaque ordre est ponctué d'un violent coup qui projette un instant sa tête sur le côté avant qu'elle ne revienne à sa place initiale. J'ai peur qu'il ne lui brise les cervicales. J'ai tellement peur pour lui, que j'en tremble et en pleure.
- Non… Pitié, laissez… Laissez-le… balbutié-je, déployant des efforts surhumains pour parler. Je… Je ferais ce que… vous voudrez… mais laissez-le…
- Excellente décision.
- Mais si tu désobéis, on te drogue comme on avait dit et ton pote se fera tellement défoncer qu'il pourra plus jamais s'asseoir, appuie Nino.
- Tttttt, voyons, Kazu, ne sois pas vulgaire.
- Désolé.
De nouveau, le regard noisette du plus jeune se pose sur moi mais je détourne le mien vers Keiichiro, alors que les doigts agiles de Tegoshi défont le zip du gilet et se faufilent sous mon t-shirt pour caresser ma peau à découvert. Je ne peux même pas me débattre, car ils risqueraient de mettre leur épouvantable menace à exécution. Je préfère encore me sacrifier.
- Tu me jure qu'il est presque vierge ? demande soudain Tegoshi.
- Quasi. Il a eu qu'un seul mec et ça a pas duré. Il a pas du se le faire plus de trois ou quatre fois.
Des larmes d'humiliation, de honte, de douleur et d'impuissance roulent sur mes joues, alors que Nino révèle sans le moindre scrupule ce que je lui avais un jour confié sous le sceau du secret et me traîne dans la boue en me traitant comme un morceau de viande.
- Oh ouais, ça va être encore meilleur… murmure mon bourreau, un sourire pervers aux lèvres.
Il fait glisser ses doigts sur mes flancs, éprouve du bout des doigts la bosselure de mes côtes, le dessin de mes abdominaux, remonte sur ma poitrine. Des pouces, il fait rouler mes tétons, que je sens durcir sous la sollicitation. Il continue encore et encore, avant de remplacer ses doigts par sa bouche. Je le sens suçoter et mordiller ces petits morceaux de chair et mon traître corps, depuis longtemps sevré de la moindre caresse, commence à réagir alors que mon esprit refuse ce qui se passe. Un coup de langue menace de me faire gémir et je me retiens de toutes mes forces de le faire. Je ne veux pas lui faire ce plaisir.
- Regarde, Yuya, il se mord les lèvres, remarque alors Nino. Ca veut dire qu'il se retient.
- Ca veut aussi dire qu'il aime, triomphe Tegoshi, avant de me fixer. Ne te retiens pas. Je VEUX t'entendre gémir.
- Ja… Jamais.
- Quoi ? J'ai mal entendu je pense. Tu as déjà oublié que l'intégrité physique de ton « ami » repose sur ta capacité à nous obéir et à nous satisfaire ?
Je ferme les yeux sans répondre. Je n'ai pas le choix, mai déteste par avance ce que je vais faire
Les caresses reprennent, plus lentes, plus insistantes et, sans que je le veuille, un premier gémissement franchit mes lèvres.
- Depuis le temps que je voulais l'entendre… commente Nino, manifestement satisfait. Continue, Yuya.
Ne se le faisant pas dire deux fois, les mains de mon bourreau descendent vers mon bas-ventre et, tandis que l'une se pose sur ma cuisse, l'autre effleure mon membre. Un gémissement plus sonore s'élève de ma gorge. J'ai l'impression d'être un prostitué, d'autant que mon corps réagit vraiment. Je suis tellement humilié d'être traité et utilisé comme un jouet…
- La vache, il bande déjà ! s'exclame soudain Tegoshi, ajoutant encore à ma honte de moi-même. Ca l'excite ! Il attendait que ça au final !
- En même temps, à vivre comme un moine, c'est pas étonnant. Je sais même pas s'il se touche, ce petit saint. Ca va être le pied intégral.
Les mains du plus jeune défont la ceinture qui retient sur mes hanches le pantalon trop grand de Keiichiro. J'espère qu'il ne regarde pas… Quoique vu les commentaires qui fusent, il n'en a pas besoin. Celui-ci défait, il en glisse une dans mon boxer et entreprend de me caresser longuement alors que, sans que je puisse les retenir, les plaintes de plaisir se succèdent.
- Han putain, il est trop bandant, je tiens plus, fait Nino en défaisant son pantalon.
Je voudrais que le sol s'ouvre sous moi et m'engloutisse, je voudrais mourir dans les secondes qui suivent. Mais c'est impossible et je ne peux que continuer à gémir de plus belle, car Tegoshi a ôté la gangue de tissu qui l'empêchait d'accéder librement à mon sexe. Il le prend en bouche et y donne des coups de langue en même temps qu'il entame de rapides va-et-vient. Malgré moi, je me cambre et halète. A cette allure, je vais partir. Je ne veux pas, mais mon corps, une fois de plus, n'est pas d'accord. Il crie « encore ! » alors que mon cerveau hurle « ça suffit ! ». Et mon corps est plus fort que mon esprit pour le moment…
- A… Arrête… fais-je, le souffle court.
- Quel… menteur ! fait Nino dont la respiration saccadée ne me dit que trop bien ce qu'il est en train de faire.
- Kazu a raison. C'est mal de mentir, Satoshi, approuve Tegoshi en accompagnant sa phrase d'un mouvement de poignet et d'un coup de langue qui me font gémir une fois de plus. Tu ne veux pas du tout que j'arrête. Au contraire, tu veux que je te libère.
- N… Non…
- Non ? tu dis le contraire de ce que clament le gonflement et la rigidité de ton sexe, mon cher. Sois honnête avec toi-même.
- Or… dure…
Une gifle accueille cette insulte que j'ai eu tant de mal à formuler, car mon corps n'en peut plus. Mon bas-ventre trop tendu me fait mal.
- Puisque tu le prend comme ça, je te laisse, fait-il en se redressant, me laissant haletant et dans un état indescriptible sans que j'en meure de honte.
- Tu le laisse ? Mais je croyais que tu voulais…
- Oh oui je veux, ne t'inquiète pas. Mais d'abord, je veux l'entendre me supplier de le libérer.
- Pas mal… Tu as vraiment des idées de… Haaaaaaaaaaaaaaaan !
Le cri poussé par Nino ne laisse aucune place à l'imagination quant à ce qui vient de se produire. Je suis révulsé, écœuré, dégoûté. Encore plus que la fois précédente et c'est de moi-même que je pense ça. Parce que je vais finir par craquer physiquement vu mon état, c'est une question de secondes.
Il me domine de toute sa taille à présent et un sourire tordu a pris place sur sa bouche.
- Allez, Satoshi, dis « fais-moi jouir, je t'en supplie ».
Je reste muet. Malgré l'ignoble situation, je ne veux pas en rajouter à une humiliation déjà assez cuisante à mon goût.
- Dis-le ! gronde Nino qui s'est rapproché.
Je continue à me taire obstinément.
- Bon, comme tu veux. Les gars, éclatez-vous ! Koyama-kun est tout à vous !
J'entend des grognements réjouis et le cri de terreur de mon compagnon, même s'il est étouffé par son bâillon.
- Non ! crié-je, de nouveau en larmes. Je… Je vais le dire… mais ne lui faites pas de mal…
- Sois convaincant alors.
Mes yeux me font mal à force de pleurer. Mon entrejambe me fait mal à force d'être sous tension. Mon cœur me fait mal de tout ce qui se passe. Mais je ne suis qu'un pantin entre leurs mains diaboliques.
- Fais… moi jouir… je t'en supplie, murmuré-je, au supplice psychologique.
- Sois plus convaincant ou non seulement ton ami aura mal, mais je te laisse dans cet état.
- Fais-moi jouir, je t'en supplie ! crié-je, dévasté.
- Mieux. Beaucoup mieux. Puisque tu as obéi, je vais te satisfaire.
De nouveau, je sens son souffle brûlant sur mon membre palpitant. Il en lèche lentement l'extrémité, puis referme la bouche dessus et amorce de rapides va-et-vient. Je gémis si fort, que mes plaintes résonnent dans l'entrepôt. C'est aussi immonde qu'indécent. Il accélère de plus en plus et soudain…
- Haaaaaaaaaan ! Yuuuuuuuuuuuuu ! hurlé-je en me libérant brusquement entre ses lèvres.
Mort de honte et haletant, je réalise à qui je viens de penser en atteignant la jouissance. Yoko. C'est sont image qui s'est substituée à celle de Tegoshi dans mon esprit. Je ne sais pas pourquoi.
- « Yu » ? relève Nino, avant de comprendre. Oh le vilain qui pense à son colocataire en éjaculant… Je savais bien que j'avais raison. Tu l'aime, ce mec. Mais c'est con, c'est pas lui qui t'aura en premier.
Il éclate d'un rire démoniaque alors que son comparse se lèche les lèvres après avoir avalé ma semence.
- Ca c'est méchant pour Koyama-kun qui se languit d'amour pour toi, fait Tegoshi en jetant un coup d'œil à l'intéressé, avant de s'adresser de nouveau à son comparse : A mon avis tu te trompe, Kazu. Je crois qu'il se touche en pensant à Yokoyama-kun et qu'en plus il ne rêve que de se la prendre bien profond.
- Pitié, finissez-en, murmuré-je, brisé de l'intérieur par tout ce que je vois, entends et subis.
Que cette infernale spirale de souffrance morale s'arrête enfin…
- Tssss, que tu es pressé, sourit le plus jeune d'un air de plus en plus malsain. On commence tout juste à s'amuser. Mais comme tu veux.
Il s'écarte, le temps de me débarrasser totalement de mon pantalon et de mon sous-vêtement et je sens son regard brûlant sur mon corps dénudé. Un instant plus tard ses affaires se retrouvent au sol, révélant l'étendue de son… désir. Cette fois, je suis fichu. Personne ne pourra plus me sauver de l'ultime déchéance.
Il écarte mes jambes sans douceur et s'agenouille entre elles… Une épouvantable douleur me déchire soudain le bas du dos et je hurle de souffrance. Il a pris possession de moi d'un coup brusque, sans la moindre préparation et, à voir à travers le voile liquide qui trouble ma vision, son visage est tordu de plaisir.
-Han putaiiiiiiin ! Han, Kazu, tu sentirais ça… Il est tellement étroit que c'est… un bonheur ! commente Tegoshi en commençant à aller et venir dans mon corps.
Et apparemment, le fait de m'entendre geindre de douleur à chacun de ses mouvements l'excite encore plus, car il accélère la vitesse de ses passages en moi. Encore et encore et encore. Il ne semble se rassasier ni de ma douleur ni du reste. J'ai l'impression qu'on me déchire les entrailles avec un fer chauffé à blanc tellement la souffrance est insupportable, mais il s'en moque éperdument. Puis, après un moment, il se retire et, dans un long râle rauque, se déverse sur moi.
- Vache, j'ai jamais pris mon pied comme ça. Vas-y, Kazu, tu vas adorer.
Non… Non… Ca suffit, arrêtez… C'est ce que j'aimerais dire, mais je ne peux plus rien faire d'autre que sangloter convulsivement. Yu… Yu ! YU ! Viens me sauver, je t'en supplie… Arrache-moi à ce monde de souffrances… Mais c'est impossible. Il ignore où je suis. Je suis voué à leur servir de jouet, encore et encore. Je hurle de nouveau lorsque Nino prend à son tour place en moi. Je l'entends vaguement clamer son plaisir de m'avoir enfin, puis ma vision s'obscurcit mon audition s'assourdit et je sombre dans une bienheureuse inconscience.
