Boomwortels : Chapitre 3
Bonne lecture,
M.
L'annonce faite par Sheppard avait obligé Woolsey à stopper immédiatement le débriefing et à en informer O'neill. L'ensemble de la Cité fut presque aussitôt mise en alerte et les détecteurs longue portée placés en surveillance constante afin de détecter une quelconque activité spatiale. Le Général réclama une réunion d'urgence, requérant la présence de certaines personnes.
Les portes de la salle se refermèrent après que le Docteur Jackson soit entré et ce dernier prit place entre le Docteur McKay et le Docteur Beckett. Face à lui était assis le reste de SGA-1 et au bout de table, Woolsey et O'neill. Daniel tapota son stylo contre sa joue en regardant les personnes présentes dans la pièce par-dessus la monture de ses lunettes alors que Woolsey résumait rapidement la situation aux nouveaux venus. Son esprit divagua vers les différentes recherches qu'il comptait reprendre et entreprendre avec les bases de données des Anciens à portée de main rien que pour lui. Ho ! Et il lui faudrait aussi trouver des distractions sécurisées(1) pour Vala, afin qu'elle le laisse tranquille pendant son travail. Il fallait vraiment qu'il pense à tout ça. Il soupira d'avance face à l'ampleur de la tâche.
- Docteur Jackson ? l'interpella la voix lointaine de Richard Woolsey.
L'homme releva la tête, constatant qu'il s'était dangereusement déconnecté de la réalité. A présent tout le monde le regardait, attendant visiblement une réponse à quelque chose.
-Oui pardon, vous disiez ?demanda l'archéologue en réajustant sa monture sur son nez.
- Comme vous avez une bonne connaissance de la culture asgarde et que vous aviez rencontré les Vanirs(2), j'espérais que vous pourriez un peu nous éclairer. Quelles seraient leur intentions ? Pensez-vous que nous pourrions ouvrir un dialogue avec eux ?lui redemanda le diplomate.
Daniel rajusta son assise sur son siège, posa les coudes sur la table en joignant les mains.
- Et bien, le fait est que les Vanirs cherchent par tous les moyens une solution pour assurer la survie de leur espèce et que par la même occasion, ils se fichent royalement des pertes humaines qui pourraient être engendrées. Leurs intentions seraient donc de faire de nous des rats de laboratoires pour leurs recherches. Ensuite pour répondre à votre question sur un éventuel dialogue, de mon vécu je dirais qu'ils ont souvent le monopole de la conversation. McKay peut confirmer.
- Oui, un monopole très… directif et bien armé, approuva Rodney sur un ton ironique semblable à celui de Daniel si ce n'est moins blasé et plus incisif.
Le silence se fit dans la pièce alors que chacun ruminait ses pensées. Carson Beckett finit par s'éclaircir la gorge, légèrement hésitant et prit la parole.
- Pourquoi enlèvent-ils tout ces gens ? Je veux dire, pourquoi autant ? Vous avez parlez d'une quinzaine de planètes où toute vie humaine a disparue. Ont-ils besoin de plusieurs milliers de gens pour ce genre d'expérience ?
- C'est vous le doc, déclara John comme une évidence. Et question clonage vous devez vous y connaitre un peu aussi (3).
Le médecin tourna la tête vers lui.
- Ne le prenez pas mal Carson, s'excusa aussitôt Sheppard se rendant compte de son manque de tact.
- Les Asgards cherchaient eux aussi à mettre fin à la dégénérescence cellulaire de leur corps cloné, reprit Daniel. L'un d'entres eux, Loki, avait fait des expériences sur des humains contre l'avis du grand conseil Asgard et avait pensé que l'ADN du général O'neill aurait pu être une solution puisqu'il possédait le gène Ancien.
- M'en parlez-pas… bougonna Jack. Me cloner sans mon avis, franchement ! Sans offense Doc.
- Vous avez un clone Général ? s'exclama Beckett.
- Si vous êtes sage, je vous organiserais un rencontre un jour.
- Bref ! Coupa le Docteur Jackson qui cherchait à faire avancer la conversation malgré les dérives. On pourrait supposer que les Vanirs cherchent des personnes possédant un génome particulier.
- Ce pourrait-il que ce soient des personnes avec le gène wraith ? demanda Teyla.
L'assemblée se retourna vers Beckett.
- Et bien, ça reste dans le domaine de l'hypothèse, confirma celui-ci, mais oui c'est probable. Le génome wraith présente des particularités sensiblement différentes du notre. L'une d'elles les intéresse peut-être.
- Et bien sur on n'a pas les moyens de savoir laquelle, continua Rodney de mauvaise humeur.
- En fait si, répondit O'neill les yeux rivés sur le stylo qu'il faisait tourner entre ses doigts.
La stupeur se lut sur chacun des visages.
- Le fait est que nous avons sur Atlantis un "invité" depuis quelques mois qui n'attend qu'une chose, c'est de rentrer chez lui, commença à expliquer Richard.
- Todd ? questionna Sheppard se redressant sur son siège, les sourcils froncés.
- Exact. Il y a quelques semaines il a était placé en capsule de stase pour éviter qu'il ne ressente une "faim" trop grandissante qui pourrait affecter son comportement et le rendre dangereux. Nous pourrions le réveiller et il irait récolter des informations pour nous.
- Et vous croyez réellement que c'est une bonne idée ? s'emporta le Colonel. C'est toujours un wraith aux dernières nouvelles. Il n'acceptera jamais de travailler pour nous sans contrepartie. La première chose qu'il va faire c'est de foutre le camp et on ne le reverra plus jamais. Je ne pense pas qu'il ait beaucoup apprécié qu'on le mette de force dans ce caisson. Il aura même toutes les occasions d'aller dire à n'importe qui qu'Atlantis est de retour dans Pégase.
- Moi je propose qu'on s'en débarrasse. J'ai toujours été volontaire pour le faire, annonça Ronon comme une évidence.
- Messieurs… temporisa le Général pour calmer leurs ardeurs. Je comprends tout à fait ce que vous pensez Colonel Sheppard, moi-même j'ai autant confiance en ce Wraith que je pourrais le faire à un Tok'ra.
- Et ce n'est pas peu dire, murmura un peu trop fort Daniel en étouffant son rire dans son poing.
Jack lui lança son regard le plus noir mais son ami se contenta de lui renvoyer un large sourire hypocrite.
- Mais, poursuivit le Général agacé, nous sommes ses derniers alliés : les Wraiths présents dans cette galaxie ont disparu ou se cachent et nous sommes sans doute la seule force armée qui pourrait s'opposer aux Vanirs. D'ailleurs, comment sont-ils au combat ? Quel est leur niveau technologique ? J'ai vaguement vu un rapport là-dessus, mais je n'arrive pas à remettre la main dessus, dit-il avec une moue d'excuse en soulevant quelques feuilles dans les dossiers devant lui.
Le colonel s'apprêtait à lui récapituler ce qu'il avait pu mettre par écrit quand il vit les deux dirigeants de la Cité avoir un micro-sursaut, nettement moins visible chez O'neill, et porter une main à leur oreillette.
- J'arrive tout de suite, répondirent-il simultanément tout les deux.
Ils se levèrent immédiatement et sortirent de la salle. Les autres suivirent le mouvement pour les retrouver en salle de contrôle.
- Un vaisseau est sorti d'hyperespace dans notre système, Général, Monsieurs (4), indiqua Amélia Banks devant la console en les voyant arriver. Pas d'identification pour le moment. J'ai pris l'initiative d'activer l'occultation.
- Avertissez nos vaisseaux de se tenir prêts à toutes éventualités, indiqua O'neill.
Tout le monde se plaça devant le radar, observant le point inconnu se rapprocher peu à peu.
- Je reçois une communication Général, Monsieur.
- Mettez sur haut-parleurs, ordonna Woolsey.
"-tis ?... Est-ce que vous me recevez ? Atlantis, êtes-vous là ? Me recevez-vous ? … Sheppard si vous ne répondez-pas, ne comptez pas sur moi pour sauvez votre postérieur la prochaine fois que vous en aurez besoin ! "
Les deux dirigeants se tournèrent vers John qui ne pu qu'hausser les épaules en grimaçant. Il demanda à Amélia d'ouvrir un canal de communication et une femme blonde aux cheveux bouclés apparue sur l'écran, les bras croisés et les yeux plissés, la mine désapprobatrice.
- Laryn, ça faisait longtemps ! Comment ça va ? s'exclama le Colonel.
"Sheppard, chez nous il est coutume de prévenir ses amis quand on part en vadrouille à la chasse aux Wraiths. Et quand on revient on ramène un petit quelque chose à offrir."
- J'aurais bien aimé vous envoyer une carte postale mais les tarifs intergalactiques sont excessifs.
Ils virent la Travellers froncer les sourcils, ne comprenant pas ce que John venait de lui dire. Il lui fit signe de laisser tomber dans une moue d'excuse.
"Je vois sur mes radars que vous avez ramené un sacré soutient aérien. Jolis vaisseaux. Demandons autorisation d'atterrissage."
Sheppard se retourna vers ses supérieurs pour leur demander leur approbation.
- Digue Nord, et n'abimez pas nos joujoux en passant ! avertit-il finalement, avant que la communication ne se coupe.
Le vaisseau se posa en douceur sur la digue d'Atlantis tandis que les derniers rayons de soleil disparaissaient à l'horizon. Les premiers visiteurs en sortirent et furent escortés par quelques soldats jusqu'en salle de la Porte.
Teyla fut la première à se précipiter vers les nouveaux venus, se jetant dans les bras de son mari qui se trouvait parmi eux, heureuse d'enfin le retrouver. Le couple s'autorisa même un langoureux baiser devant tout le monde, eux d'habitude si discret. L'Athosienne prit dans ses bras son fils en pleurant presque et plusieurs personne crurent qu'elle allait l'étouffer tellement elle le serait fort contre elle.
John observait la scène de loin, un vague sourire sur les lèvres, lorsque quelqu'un vint se planter devant lui.
-Alors Sheppard, c'est quoi cette histoire de carte ?
Il reporta son attention sur la jeune femme qui lui faisait face, un sourire effronté collé aux lèvres. Larryn, dans son éternelle tenue de cuir noir attendait une réponse, les mains sur les hanches, le sourire mutin.
- Ho, ça… c'est juste une petite coutume terrienne d'envoyer à ses amis une image des endroits que l'on va visiter, répondit-il en croisant les bras d'un geste nonchalant.
La scientifique travellers plissa du nez, peu convaincue.
- Vous avez vraiment des habitudes bizarres… Enfin bon, je ne suis pas venue pour discuter avec vous Sheppard, bien que ce soit toujours distrayant. Je voudrais m'entretenir avec vos dirigeants.
John s'inclina en lui indiquant le chemin de son bras, l'invitant à le précéder. Ils arrivèrent montèrent le grand escalier et y retrouvèrent Woolsey et O'neill qui observaient l'activité d'en bas depuis quelques instants.
- Monsieur Woolsey c'est ça? Dit-elle d'entrée en serrant la main de l'homme à lunette. Katana(5) m'a parlé de vous.
Richard hocha brièvement la tête et s'apprêta à lui retourner des mots de politesse mais elle se détourna et fit face au Général.
- J'aurais espéré pouvoir revoir le Colonel Carter, qui dirigeait à mon avis très bien cet endroit.
Jack retient un rire sarcastique et lui adressa un large sourire.
- C'est exactement ce que j'ai pensé lorsqu'il a été nommé à sa place, plaisanta-t-il en désignant Woolsey du pouce. Je suis le Général Jack O'neill, je représente juste les militaires. Je supervise et je donne des ordres quand on a le feu aux fesses.
Larryn sera la main que le vieux militaire lui présentait et afficha un petit sourire, ravie. Elle se trémoussa un peu puis tourna la tête vers John sans pour autant lâcher la main de Jack.
- Sheppard, vous auriez dû me dire depuis longtemps que vous aviez des supérieurs aussi… charmants ! Je serais repassée plus souvent.
Le Colonel lui adressa un sourire qui relevait plus de la grimace. Jack fit un mouvement de poignet pour que la blonde lâche la prise qu'elle avait sur sa main.
- Et si nous allions dans un endroit plus confortable pour nous installer et discuter ? proposa-t-il à la petite assemblée.
Il invita les personnes présentes à le suivre dans la salle de réunion qu'ils avaient quittée une heure auparavant. Larryn et deux autres Travellers s'assirent à l'un des côtés de la table, tandis que Woolsey, O'neill et Sheppard prirent place en face d'eux. Les portes se refermèrent et Larryn commença ses explications.
- Notre vaisseau était chargé de la filature d'un croiseur vanir. Nous l'avons suivi pendant une dizaine de jours, avant d'être repérés. Cinq planètes ont été "dépeuplées" dans ce laps de temps. Les Vanirs placent leur vaisseau en haute atmosphère et une sorte de rayon lumineux parcourt la surface. Ils restent en orbites quelques heures. Nous avons cherché à vous contacter dès que nous avons constaté ces phénomènes, mais vous étiez visiblement occupé ailleurs.
Woolsey hocha la tête.
- La Terre était en danger. Les Wraiths menaçaient de l'envahir, dit-il comme excuse.
- C'est pour ça qu'ils ont déserté le coin et nous sommes partit après eux. Mais on est là maintenant, s'exclama presque joyeusement Jack pour tenter de mettre un peu d'ambiance.
Chose qui ne marcha pas.
- Avez-vous constaté des activités wraiths ? demanda Richard.
- Non, aucunes. Ces planètes avaient été sélectionnées avant le départ des wraiths pour votre galaxie. Certains de nos vaisseaux ont tenté de les empêcher d'agir sur certaines planètes où nous avions installé des colonies, mais la riposte était trop forte. Leurs boucliers étaient trop résistants pour nos armes. Mais vous avez trois vaisseaux maintenant, peut être allez-vous pouvoir plus facilement les repousser que nous.
- Malheureusement, deux de ces vaisseaux vont repartir dans quelques jours. Ce sont les seuls que nous possédons et nous ne pouvons pas nous permettre de laisser notre planète sans la défense spatiale qu'ils apportent.
Un silence gênant vint s'installer.
- Lors de la filature, vous étiez proche de leur croiseur ?questionna soudainement Sheppard, faisant presque sursauter toute la salle.
- Pas trop non, répondit l'un des hommes assis à côté de Larryn, qui était visiblement le capitaine du vaisseau. Notre camouflage a quelques soucis et c'est parce qu'il nous a lâché que nous avons été repérés. C'est parce que nous étions éloignés que nous avons eu le temps de passer en hyperespace.
- A quoi pensez-vous donc Sheppard ? demanda la scientifique travellers en voyant la mine réfléchie du militaire.
John gratta sa joue mal rasée, le front plissé par la réflexion
- Et bien, je me disais qu'avec un jumper occulté, nous pourrions plus facilement les suivre et peut être même nous infiltrer dans leur vaisseau. Qu'en pensez-vous ?
O'neill eu une moue dubitative avant d'hocher la tête.
- Ça peut être une bonne idée. Vous avez plus de moyens qu'on en avait à l'époque pour infiltrer les vaisseaux mères Goa'ulds.
- J'aimerais faire partie de cette infiltration, intervint vivement Larryn. Si vous le permettez bien sûr.
Les hommes d'Atlantis se regardèrent les uns les autres, incertains.
- Ce serait l'occasion parfaite de travailler en collaboration pour cette magnifique alliance que forment nos deux peuples contre un ennemi, ajouta la jeune femme d'une voix suave avec un sourire espiègle.
Les deux dirigeants de la Cité lâchèrent un soupire presque inaudible tandis que Sheppard lui renvoyait un sourire crispé. Il sentait que dans les jours à venir, il allait vraiment bien "s'amuser", oh oui…
Plus tard dans la soirée, le laboratoire médical fourmillait d'activité entre les différents scientifiques qui se partageaient l'espace et les machines en tout genre fonctionnaient et s'arrêtaient dans des bips sonores. Richard Woolsey entra sans cérémonie et chercha du regard Beckett et Keller, tous deux penchés au dessus d'un microscope.
- Docteurs, salua-t-il en s'approchant d'eux.
Les médecins se redressèrent, lui rendant son salut.
- J'aimerais que vous commenciez ce qui a été demandé cet après-midi en salle de réunion.
Le regard de Jennifer alla d'un homme à l'autre, se demandant de quoi il en retournait. Les épaules de Carson se voutèrent alors qu'il lui expliquait la demande du politicien.
- Nous devons sortir Todd du module de stase.
- Et tester la gènothérapie sur lui, ajouta Woolsey.
- Quoi ? s'écria la doctoresse en protestation, mais…
- Vous ne m'aviez pas demandé ça ! s'offusqua Carson, outré.
- Cela va faire plusieurs mois que vous travaillez tous les deux dessus. Vous m'avez dit qu'elle était au point. C'est le moment de la tester alors que nous allons avoir besoin de ce Wraith, répondit platement le dirigeant.
- Oui, mais nous n'avons pas fait d'essais en conditions réelles sur un sujet ! Il reste toujours des choses à vérifier pour affirmer que tout est concluant et...
- Et on ignore tout des conséquences d'une mise en stase sur le métabolisme wraith, poursuivit Jennifer pour terminer la phrase de son confrère. Je vous rappel que nous étions contre votre avis de le mettre dans ce caisson, nous ne savons pas ce que cela a pu produire sur son organisme. Sa "faim" a pu être décuplée ou…
- C'est justement pour cette raison, coupa Richard en haussant le ton, que votre travail sera testé dès son réveil. Maintenant, au lieu de chercher à argumenter pour tenter de me faire changer d'avis, faites ce que vous avez à faire.
Il fit demi-tour et quitta le laboratoire. Jennifer soupira et retourna à son microscope.
- La dernière fois qu'il m'a demandé de sortir quelqu'un de stase et de lui injecter un truc qui devait être "au point", dit-elle en mimant les guillemets, c'était pour vous.
- C'est censé me rassurer ce que vous dites ?
La jeune femme réfléchit quelques secondes.
- Je dois dire que nous sommes tous heureux du résultat.
Elle lui adressa un sourire rassurant auquel il répondit vaguement, se remettant au travail.
Sheppard passa sa main devant le capteur et la porte d'entrée s'effaça.
- Voilà on y est, dit-il. Je suis désolé, nous sommes arrivés il n'y a pas si longtemps, donc on a pas tellement eu le temps de faire quelques arrangements pour les quartiers des invités. J'espère que ça ira.
- C'est parfait, merci Sheppard, répondit Larryn en observant la pièce.
Le Colonel fit quelques pas sur place, comme nerveux et finit par enfoncer ses mains au fond de ses poches pour arrêter de les balancer pour rien le long de son corps.
- Bon et bien, je vais vous laisser. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je ne suis pas loin.
La Travellers croisa les bras, attendant qu'il sorte des quartiers.
- Bonne nuit Sheppard.
- Bonne…
La porte se referma devant son nez.
- … nuit.
La joue de Jack glissa dangereusement sur son poing fermé et il se réveilla dans un sursaut avant que son menton ne rencontre le bord de son bureau. Il papillonna des yeux quelques secondes et grogna contre lui-même en constatant qu'il faisait nuit noire et qu'il régnait un silence absolu. Cela ne faisait pas encore 48h qu'Atlantis avait été ramenée dans Pégase qu'il s'endormait déjà sur des dossiers qui s'entassaient de plus en plus. Foutue paperasse ! Et partager le même bureau que Woolsey dans ce bocal à poisson n'arrangeait pas son état d'agacement. Son collègue avait quitté à 21h pétante son poste de travail parfaitement rangé et ordonné, ses rapports classés et archivés. O'neill hésita à tout envoyer balader. Il finit par prendre le premier papier qui lui passa sous la main et plissa les yeux pour tenter de le lire, l'éloignant ou le rapprochant de lui afin de rendre les petits caractères moins flous. Non, il n'avait pas besoin de lunettes. Ces yeux étaient juste un peu fatigués et c'est pour cela qu'il avait subtilisé la monture de Daniel pour s'en servir de loupe. Il s'apprêta à les sortir de sa poche et les mettre sur son nez quand il vit une silhouette bien connue s'approcher de sa porte vitrée. Il les rangea aussitôt et sourit à son visiteur nocturne qui entrait.
- Carter ? Qu'est-ce que vous faites encore debout à… 2h du matin ?
La femme croisa les bras et le regarda, mécontente.
- Il y a un problème ? demanda le militaire, incertain.
- Oui Général, un gros problème. Est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi une demi-douzaine de caisses au nom de "Jack O'neill" traînent dans mes appartements?
Ledit Jack O'neill la regarda, effarée et rentra la tête dans ses épaules.
- J'aimerais que le propriétaire se décide un peu, poursuivit l'astrophysicienne. Soit il vient les récupérer et les met ailleurs, parce qu'actuellement elles gênent vraiment le passage. Soit il prend enfin l'initiative de les déballer pour les ranger dans les armoires que j'ai laissées vides. Ça va bientôt faire deux jours qu'elles sont là et cette personne ne s'est toujours pas manifestée.
O'neill soupira en laissant aller son dos contre le dossier de son fauteuil.
- Carter…
- C'est juste… coupa-t-elle, que j'aimerais savoir à quoi m'en tenir. Est-ce que je dois encore attendre avant de le jeter dehors ?
Elle le vit passer ses main sur son visage fatigué et lasse. Il écarta son fauteuil du bureau et fit rapidement des tas plus ou moins bien ordonnés de feuilles pour ranger.
- J'arrive. Mais si je prends du retard dans mon boulot, je dirais à Woolsey que c'est de ta faute.
Elle le prit par le bras en souriant et ils quittèrent la pièce tandis que les douces lumières s'éteignirent lentement d'elles-mêmes.
- Une dernière chose, murmura doucement Samantha, j'aimerais que Larryn ne s'approche pas trop de toi.
- Ne t'inquiète pas, j'enverrais Sheppard en première ligne, il a l'air d'adorer ça.
A suivre ...
(1) : dans le sens où l'activité ne porterait pas atteinte à l'intégrité physique ou morale du reste de la population de la Cité des Anciens.
(2) : La tribu perdue, SGA : 5x11.
(3) : le Carson Beckett actuel est un clone créé par le wraith Michael, Kindered 1 et 2, SGA : 4x18 et 4x19. Pour rappel, le Carson Beckett original est décédé lors d'une explosion, Une question d'éthique SGA : 3x17.
(4) : deux dirigeants=deux titres...
(5) : Capitaine d'un vaisseau travellers rencontré dans La tribu perdue, SGA : 5x11.
