Boomwortels : Chapitre 6
Joyeux Noël !
Belmene : et oui, la voilà. Est-ce que ça valait le coup d'attendre?
diama56 : "intrigante et pleine de complots" ? Et encore, tu ne connais pas tous les rebondissements !
Gwenetsi : Merci pour ta super review qui fait bien rire, ça c'est du commentaire ! (un effet de l'AIPM sans doute.)
sheppard 26 : Merci !
cocochaton : Tu as demandé la suite… la voici ! Je suis contente que ça t'amuse, j'espère que ça va continuer sur cette lancée !
Attention !
Avis à tous les lecteurs atteint d'AIPM (Attente Insupportable et Pulsions Meurtrières), vos symptômes risquent de s'aggraver si vous commencez la lecture de cette fic.
Bonne lecture à tous !
M.
Un bras articulé vint se placer à côté de sa tête et Sheppard sentit plus qu'il ne vit une fine aiguille venir se ficher dans son cou. Un sentiment de panique commença à l'envahir alors qu'il forçait sur ses liens pour tenter de se libérer. Mais il était trop bien attaché et ne pouvait pas faire le moindre mouvement.
- Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous me voulez ?
L'homme ne répondit pas, pianotant sur une console non loin de là. Un écran holographique apparu devant lui et d'étranges symboles s'y inscrivirent.
- Vous savez, mon génome si particulier, blablabla et blablabla, on me l'a déjà dit souvent. Mais ça n'a jamais rien apporté de très concret.
Aucune réponse. Sheppard se sentit obligé de faire la conversation. Déjà pour combler le lourd silence, mais aussi pour se déstresser.
- Bon, sinon, vous faites quoi chez les Vanirs ? Interrogatoires, tortures, tests sur cobayes humains ? Ça vous plait de faire tout ce sale boulot pour les Vanirs ? Qu'est-ce qu'ils vous ont fait pour que vous acceptiez ? Un lavage de cerveau ?
Son interlocuteur finit par se détourner de l'écran et eut un rictus en s'approchant de lui.
- C'est fascinant comment votre espèce peut-être bavarde lorsque l'un d'entre vous se retrouve dans cette situation. Cependant, vous être bien le premier qui ne geint pas de peur, ou même ne hurle.
- Ha. Vous m'en voyez ravi. Au fait, je m'appelle John. Et vous ?
- Mon nom ne vous apportera rien. De plus, je n'ai que faire du vôtre. Lorsque j'aurais eu suffisamment de renseignements sur vous et le gène lantien que vous possédez, vous cesserez d'exister. Tout comme nous venons de le faire avec les autres humains que nous avons ramassés sur cette planète, votre conscience sera détruite.
Les mâchoires de John se contractèrent, son esprit tournant à mille à l'heure pour essayer de trouver une solution pour s'échapper de cet enfer.
- Ça ne vous fait strictement rien de tuer toutes ces personnes ?
Nouveau rictus. L'aiguille plantée dans le cou de John se retira et un autre bras métallique sortit d'au-dessus de lui et vint passer lentement sur toute la surface de son corps, comme s'il le scannait.
- Pourquoi me soucierais-je d'eux ? La capacité de réflexion humaine est tellement étroite. Fort heureusement, vous pouvez nous être bien utile. Vos enveloppes corporelles sont bien plus résistantes que celles de notre espèce.
- Que… Quoi ? Qu'est-ce que vous racontez ?
L'homme retourna vers sa console de commande métallique.
- Ce… corps, dit-il avec un certain dégout malgré son visage figé, n'est qu'un substitut. Mon esprit y a été transféré puisque mon précédent organisme arrivait au terme de son fonctionnement. Cependant, même s'il présente de nombreux avantages, l'humain a malheureusement un défaut : la capacité neuronale de votre cortex cérébrale est limitée et une suractivité l'endommage irrémédiablement. C'est ce qui fait toute l'infériorité de votre espère. Dans quelques jours, je serais dans l'obligation de changer à nouveau de corps. Fort heureusement, nous disposons pour le moment de suffisamment d'humains pour y transférer nos consciences. Le temps de trouver une solution afin construire des enveloppes corporelles plus viables et adaptées à nos besoins. Peut-être prendrais-je le vôtre afin de faire quelques expériences avec.
John resta abasourdi quelques minutes. L'homme en face de lui n'était en rien humain et ces attentions à son égard ne le rassuraient aucunement. Cependant, il profita du fait que son interlocuteur soit beaucoup plus bavard pour en apprendre plus. De toute manière, il allait le "tuer", qu'est-ce que cela changerait s'il lui racontait ou pas ses plans ?
- Sans vouloir être égoïste, vous êtes sur d'avoir vraiment besoin de moi pour ça ?
- Les marqueurs génétiques lantiens présents dans votre ADN nous permettraient l'utilisation de technologies que se refusent toujours à nous. Trouver ce gène nous sera d'une grande utilité, nous pourrons l'implanter dans nos embryons.
- Vos embryons ? Vous allez avoir des bébés ? Je vous rappelle que techniquement, vous ne pouvez pas vous reproduire.
- Les matrices de conception qu'utilisent les Wraiths sont parfaites pour permettre le développement des corps que nous voulons, expliqua le Vanir sans le regarder. Les gamètes humains peuvent contenir le support génétique que nous souhaitons, notamment ce gène particulier des Lantiens. C'est aussi pour cela que nous avons besoin d'humains mâles et femelles. Une fois le corps terminé notre conscience pourra y être téléchargée.
Le Colonel déglutit difficilement, son imagination travaillant à lui montrer des images d'hybrides humains/wraiths/vanirs.
- Vous savez, il y a un tas d'autres solutions moins embêtantes pour les autres espèces que la vôtre. Je ne sais pas… Vous auriez pu tenter l'Ascension ! Il parait que c'est super d'être un Être supérieur.
- Accéder à ce plan d'existence ne nous permettrait pas d'accéder à ce que nous désirons réellement.
- Ha bon ? J'avais entendu dire que ça donnait de grands pouvoir et toute la connaissance de l'Univers… Ça ne vous suffit pas ?
- Vous, petit humain insignifiant, vous ignorez tout de ce qu'est vraiment l'Univers et tout ce qu'il y a au-delà. Il a tellement plus que de faire ce que vous nommez Ascension. Vous ne pouvez même pas imaginer avec votre esprit limité la valeur du savoir de l'Arbre des Origines.
Le docteur Daniel Jackson tâtonna à côté de lui pour mettre la main sur le stylo qu'il était censé avoir posé, son regard ne lâchant pas les caractères Anciens qui s'affichaient sur l'écran de la console du laboratoire.
- Mais qu'est-ce que… murmura-t-il en fronçant les sourcils.
Attendre l'autorisation de Woolsey pour avoir accès à cette pièce lui fut difficile. Mais les découvertes qu'il avait faites avec ses différents assistants valaient le coup de ces quelques minutes d'impatience chronique. Jusqu'à présents les chercheurs avaient eu très peu d'informations sur la période d'avant la guerre Anciens/Wraith, il y a plus de 10 000 ans. Fasciné par ce qu'il pouvait lire, il ne remarqua pas une fine silhouette se glisser prés de lui.
- Coucou ! fit vivement une voix à ses côtés, le faisant brusquement sursauter.
- Vala ! souffla-t-il, la main sur le cœur. Ça ne va pas la tête ?
- Allons mon Daniel, ne me faites pas croire que vous êtes cardiaque, vous avez survécu à bien pire.
- Que vous je ne crois pas.
L'ancienne pirate croisa les bras et le fusilla du regard tandis que l'archéologue remontait la monture de ses lunettes sur le haut de son nez.
- Votre compagnon de jeu n'est plus avec vous ? demanda-t-il en se retournant vers la console lantienne.
- Ha oui, Torren. J'ai du le rendre à son père, apparemment il fallait qu'il dorme. Il est tellement adorable !
- Humhum, approuva vaguement Jackson.
L'homme ne l'écoutait absolument plus, totalement plongé de nouveau dans ses textes Anciens. Il en ressortit de nouveau brutalement lorsque Vala le pinça au bras.
- Hey !
- Danny, j'ai fait l'effort de traverser la moitié de la Cité pour venir vous voir, vous pourriez au moins me prêter un peu d'attention et vous occuper de moi !
Il bougonna.
- La moitié de la Cité… vous avez pris un transporteur.
- Ce n'est pas le moyen qui compte, c'est la distance.
Soupir affligé. Daniel prit un sourire suffisamment large pour cacher qu'il était ironique.
- Que puis-je faire pour vous satisfaire Vala ?
- Hooo, beaucoup de chose… Vous lisez quoi ?
Il la regarda, un peu surpris qu'elle s'intéresse à son travail.
- Et bien, je l'ignore encore. Il semblerait que ce soit des recherches sur les origines de l'Univers, mais il y a un fichier crypté avec des codes d'accès compliqués, des énigmes et d'autres phrases encodés…
- Je vois le genre. L'habituel Ancien. Je peux vous aider ? Vous vous rappelez que je suis super forte en énigme !
Rayonnante et joyeuse elle s'était précipitée sur la console que consultait Daniel, mais il lui attrapa les mains avant qu'elle ne puisse l'atteindre.
- Vous ne touchez à RIEN !
Vala soupira et pencha la tête sur le côté.
- Daniel, vous m'avez fait venir sur Atlantis comme assistante, mais vous ne me laissez même pas voir sur quoi vous travaillez. Je m'ennuie à mourir, je veux seulement m'occuper et me rendre utile en vous aidant.
Amadoué par son discours, Daniel finir par abdiquer.
- D'accord, MAIS avant de faire quoi que ce soit, vous me demandez la permission.
Vala fronça le nez, agacée qu'il continue à la traiter comme une gamine.
- D'accord. Vous me rendez mes mains maintenant ?
Gêné, l'archéologue la relâcha et se détourna pour cacher le léger rougissement de ses joues.
- Bon, on s'y met ?
Teyla aida tant bien que mal Rodney à réajuster le bras de Ronon sur son épaule. Pressés par les armes des gardes Vanirs pointées sur eux, ils reprirent leur route forcée dans les couloirs sobres et métalliques. Le Satédien avait émis un peu plus tôt quelques réticences à suivre les directives qu'on leur avait imposées, ce qui lui avait valu des tirs paralysants pour le raisonner. Depuis ce moment là, McKay ne cessait de le maudire, obligé avec Teyla et Larryn de se relayer pour le traîner jusqu'à leur prochaine cellule.
Le petit groupe formé des quatre humains, du wraith en tête et de deux vanirs à l'arrière, arriva à l'intersection de deux couloirs. Des silhouettes apparurent soudainement devant eux, braquant des armes dans leur direction. Les deux femmes eurent le réflexe de plaquer un Rodney tétanisé et un Ronon inconscient au sol alors qu'une rafale de rayons énergétiques passa juste au dessus de leur tête. Leur escorte s'effondra et elles purent enfin relever les yeux quand les tirs s'arrêtèrent.
Lorne et deux de ses hommes apparurent devant eux.
- Tout va bien ? demanda Evan.
- Major ? s'exclama Teyla étonnée.
Le militaire en rigola presque. Il aida l'Athosienne à se remettre sur pieds.
- Surpris de nous voir?
- Pas qu'un peu oui ! s'écria Rodney en se relevant, mi-hystérique, mi-colérique. Qu'est-ce que vous faites là ?
- On s'ennuyait alors on est parti se faire une petite balade, rétorqua un des militaires de SGA-2 qui se penchait pour ramasser le corps massif de Ronon, toujours inconscient au sol.
- Foss… gronda d'avertissement Lorne pour rappeler à l'ordre le jeune lieutenant nouveau dans son équipe. Ça faisait une heure qu'on avait plus de nouvelles. Vous connaissant, on s'est dit que vous auriez besoin d'un peu d'aide, non?
Teyla acquiesça, Rodney se renfrogna et Larryn haussa les sourcils, interrogative.
- Où est le Colonel ? demanda Lorne en le cherchant du regard. Laissez-moi deviner, il a été choisit pour qu'ils puissent faire des expériences sur lui…
- Vous vous attendiez à quoi ? râla Rodney. Qu'une fois pour changer ce soit moi ? Trop tard, mon tour est déjà passé !
SGA-2 soupira, affligée.
- Je peux aller le chercher, proposa Larryn. Il y a peu de gardes, les Vanirs ne semblent pas s'attendre à ce que des humains puissent s'échapper. Il vaut mieux y aller en petits groupes, pour ne pas se faire remarquer.
- Ok, approuva rapidement le Major. Foss, vous allez avec elle, on se retrouve au Jumper.
Le Général O'neill remonta nonchalamment la fermeture éclaire de sa veste grise et rouge, se disant que les uniformes d'Atlantis étaient décidément plus confortable que son costume d'apparat, nettement moins protocolaire, et un peu plus classe que les treillis qu'il portait du temps de SG-1. Il fourra ses mains dans les poches de son pantalon et déambula dans les couloirs avant de se rappeler que l'heure de contact avec la Terre approchait et qu'il fallait qu'il se rende en salle de la porte pour transmettre son rapport. Il hâta sa démarche et y arriva au même instant où Woolsey sortait de leur bureau.
- Richard, le salua-t-il.
- Jack, répondit celui-ci.
- Alors, on tente l'expérience ? questionna le Général en se frottant les mains.
Ils prirent tous les deux place à côté des techniciens, en face d'un écran de communication et d'un ordinateur. Woolsey tapota son oreillette pour contacter Zelenka.
- Docteur, où en êtes-vous ?
" J'ai terminé de raccorder les cinq générateurs à naquada dernière génération en parallèle. Nous allons brancher le système de la porte dessus dans quelques secondes, il vient d'être déconnecté de l'alimentation des E2PZ(1). D'après nos calculs, vérifiés par McKay si ça vous rassure, nous pouvons disposer d'approximativement 10 minutes de communication avant que les générateurs ne s'essoufflent." lui répondit le Tchèque. " C'est bon, vous pouvez y aller maintenant."
- Amélia, demanda le diplomate en se tournant vers elle. Composez la Terre s'il vous plaît.
La technicienne s'exécuta et l'anneau commença à enclencher les huit chevrons. Le vortex se forma correctement et la communication fut établie.
- Hank ! Ça va ? Comment se porte notre bonne vieille Terre ? s'exclama Jack par écrans interposés lorsque le visage de son ami apparu, ne laissant pas le temps à Richard d'ouvrir la bouche pour parler.
- Bonjour Atlantis ! Pas au meilleur de sa forme malheureusement Jack, répondit le Général en charge du SGC, les traits tirés, visiblement très fatigués. L'annonce de l'existence du projet Stargate a créé une sacrée pagaille. Heureusement que l'ONU avait plutôt bien planifié son coup pour rassurer la population et limiter les débordements. Mais il y a toujours quelques bandes d'illuminés pour se promener sur les toits avec des pancartes de bienvenue(2). Les documentaires explicatifs du docteur Jackson font fureur. Son livre est en rupture de stock et ses vidéos(3) ont été téléchargées des milliards de fois. On me dit même que l'Air Force n'a jamais eu autant de demandes d'engagement depuis sa création.
- Beaucoup d'appelés, peu d'élus, déclara platement Woolsey.
- Tout va bien alors ? résuma Jack.
Le visage de Landry se referma, sombre.
- Pas tellement. Il semblerait que les noms des militaires et des scientifiques travaillant sur le projet ont été révélés. On ignore encore comment cela c'est produit. En attendant, ils ont tous décidé de rester à la base ainsi que leur famille pour que leur protection soit assurée. Vous avez vraiment de la chance d'être loin de tout ça, tranquillement au fin fond d'une autre galaxie.
O'neill et Woolsey s'entre-regardèrent un instant.
- Tranquille ne serait pas vraiment le mot que l'on pourrait utiliser.
- Nos rapports sont en train de se transférer, déclara Richard
- Oui nous les recevons, confirma le Général du SGC. Vous avez des problèmes avec les wraiths ?
- Ho si ce n'était que ça ! Juste une nouvelle menace pour l'Humanité, encore et toujours…
John souffla. L'homme était partit, satisfait des tests qu'il avait effectué sur le terrien. Le Colonel supposait qu'on allait probablement venir le chercher et à priori, soit le balancer dans l'espace, soit retirer son esprit de son corps pour l'utiliser par la suite… Rien de bien réjouissant dans ces alternatives. L'attente devenait légèrement angoissante d'autant plus qu'il ne pouvait toujours pas bouger, faire le moindre geste. Un grincement lui indiqua que la porte s'ouvrait, et du coin de l'œil, il vit deux vanirs en combinaison s'approcher de lui. En fermant les yeux, il pesta intérieurement contre son boulot qui le fourrait toujours dans ce genre de situation et contre un quelconque Dieu, s'il en existait un, qui faisait exprès pour que le sort s'acharne sur lui. Sheppard se demanda comment il allait pouvoir s'en sortir cette fois-ci.
Un bruit sourd d'un corps chutant par terre répondit à sa question. Il rouvrit les paupières et aperçu une masse de cheveux blonds et bouclés au dessus de lui.
- En train de faire un petit somme Colonel ? lui demanda Larryn.
- Vous me connaissez, toujours à roupiller dès que l'occasion se présente.
La Travellers attrapa un couteau qui ressemblait étrangement à un scalpel sur une desserte à côté de lui et commença à entailler ses liens afin de le libérer rapidement.
- Oula, allez-y doucement, je ne veux pas finir manchot ! plaisanta-t-il pour se détendre.
A ces mots, Larryn stoppa tout mouvement et se pencha au dessus de lui, plaçant son visage à quelques millimètres du sien.
- Il faudrait mieux dans votre situation que vous ne remettiez pas mes talents en question.
Tandis qu'elle lui parlait, la femme avait fait courir la lame du couteau le long des vêtements du Colonel, descendant vers le bas de son ventre. John déglutit mais lui adressa un sourire d'approbation. Elle se redressa et le dernier lien qui le retenait à la table fut coupé.
- Y a du monde qui arrive ! aboya le lieutenant Foss depuis la porte, qui était resté en arrière pour les couvrir.
Larryn s'empara de son arme et le rejoignit pour enclencher les hostilités. Elle en lança une autre à John. Mais au lieu de la suivre vers la sortie, il prit la direction opposée.
- Mais qu'est-ce que vous foutez ? s'écria Larryn en tirant à plusieurs reprises dans le couloir pour tenir éloignés les Vanirs qui approchaient.
- On ne peut pas la laisser là ! répondit-il en courant vers la table au fond du laboratoire où reposait la femme.
John s'apprêta à la prendre par l'épaule afin de la secouer pour qu'elle se réveille lorsque son regard capta les traits de son visage. Il fit un bond en arrière, comme électrisé. Une Wraith !
Il n'avait pas pu deviner sa nature, ses longs cheveux noirs l'avaient cachée. Sa peau, translucide et parsemée de tâches sombres, laissait penser qu'elle devait être bien mal en point. La créature avait sans doute dut ressentir sa présence près d'elle, car elle entrouvrit les yeux et ses lèvres abimées formèrent quelques mots aussi légers qu'un souffle. John se rapprocha avec précautions, bien qu'elle soit toujours entravée à la table.
- Aidez-moi, finit-il par entendre dans un murmure presque inaudible.
Sa tête glissa sur le côté, signe qu'elle était retombée dans l'inconscience. Le Colonel resta plusieurs secondes stupéfait. Il ne s'était pas attendu à se retrouver face à cette créature et encore moins qu'elle vienne lui réclamer assistance.
- SHEPPARD ! hurla Larryn pour qu'il se presse, ne comprenant pas pourquoi il mettait autant de temps à venir.
Le Colonel maugréa et attrapa le couteau que la Travellers avait utilisé pour le libérer puis s'attaqua aux liens qui la retenait captive. Il prit soin d'entraver sa main nourricière, ne souhaitant pas avoir de mauvaise surprise si jamais elle venait à se réveiller. Sans plus de cérémonie, il l'attrapa et la fit basculer sur son épaule tel un vulgaire sac de pommes de terre, mais nettement plus léger. De sa main libre il se saisit de son arme et rejoignit Larryn et Foss pour leur prêter main forte.
- Qu'est-ce que vous comptez faire de… ça ? lui demanda avec dégout la jeune femme entre deux tirs.
- Cadeau souvenir pour mes supérieurs.
Le lieutenant Foss tira encore quelques coups avant que le calme ne revienne.
- Je crois qu'il n'y en a plus de danger. On ferait mieux d'y aller avant que d'autres ne rappliquent.
Sheppard approuva d'un signe de tête et tous les trois se levèrent de concert pour avancer méthodiquement dans les couloirs pour rejoindre les autres. Ils progressèrent rapidement mais soudainement Larryn les arrêta.
- Attendez, je crois que j'ai entendu quelque chose.
- Raison de plus pour ne pas s'attarder, rétorqua le lieutenant en vérifiant tout autour d'eux.
John lui fit signe de se taire et les deux hommes la regardèrent coller son oreille contre la paroi métallique.
- Il y a quelque chose derrière.
Sheppard lui désigna un petit boitier accroché au mur un peu plus loin.
- Vous croyez que … ? proposa-t-il.
- Y a qu'une seule manière de le savoir.
Larryn pointa son arme dessus et tira. La chose reçut une décharge et des étincelles en sortirent, prouvant qu'elle avait été endommagée. Sur le mur, des fentes apparurent, se dessinant dans le métal et une porte coulissante s'effaça devant eux, dévoilant une pièce exigüe où s'entassait une dizaine d'enfants en pleurs.
John et Larryn s'entre-regardèrent un millième de seconde avant de se pencher pour les sortir de là.
- Foss, vous ouvrez le chemin jusqu'au Jumper ! Ça m'étonnerait qu'on continue à passer inaperçus très longtemps.
Le petit groupe se dirigea progressivement vers le hangar.
- Aller aller on se dépêche ! cria Sheppard pour qu'ils accélèrent le mouvement, s'emparant d'un bambin pour qu'ils avancent plus vite.
Lorsqu'ils arrivèrent à leur destination, John fut interpellé par la voix de Teyla et elle apparut, montrant où se dissimulait le Jumper. Une fois tout le monde monté à bord, il activa la fermeture de la porte et se fraya un chemin pour rejoindre le poste de conduite et le mit en route.
- Ravi de vous revoir en entier Colonel, mais une petite question, comment on sort d'ici ? demanda Lorne qui passa à l'avant de la navette pendant que Teyla installait correctement les enfants à l'arrière et que le reste de l'équipe du major sécurisait la Wraith.
- J'ai eu le temps d'y réfléchir, déclara John en activant l'armement de l'engin.
- Holà une seconde ! Vous vous rendez compte de ce que vous aller faire là ? questionna Rodney, comprenant les prochaines intentions de John. Le hangar est pressurisé, si vous faites sauter les portes, le vide spatial va aspirer tout l'intérieur du vaisseau.
- Les seules personnes encore vivantes que l'on puisse sauver sont toutes ici, lui répondit sombrement le Colonel en lui désignant d'un mouvement de la tête les personnes derrière eux. Le Jumper sera protégé par son bouclier une fois l'occultation coupée.
Sans la moindre hésitation ou scrupule, il désactiva leur camouflage et lança quelques drones qui vinrent frapper les portes du hangar. Celles-ci sautèrent et comme l'avait prédit McKay, la navette et tout ce qui se trouvait dans le vaisseau Vanir fut absorbé au dehors.
Samantha Carter entra de nouveau dans l'infirmerie et chercha Jennifer du regard. La jeune femme rangeait des flacons sur une étagère tandis que Carson Beckett inventoriait d'autres produits sur un ordinateur à l'autre bout de la pièce. Les infirmières bavardaient entre elles, profitant de ne pas avoir de patients pour le moment. Keller se retourna lorsque la scientifique s'avança vers elle.
- Ha Sam ! Vous avez pu dormir un peu ?
- Vaguement. Pas suffisamment à mon goût. Alors, comment je vais ? demanda-t-elle.
Le docteur se saisit de son dossier et lui sourit franchement.
- Félicitation ! se réjouit-elle. Vous n'avez pas la grippe pégasienne ! Vous n'imaginez pas combien c'est un soulagement pour nous, ajouta Jennifer en montrant l'équipe médicale. Un tiers de la population de la Cité est nouvelle, donc ne l'a pas encore eu. Une telle épidémie plomberait fortement notre moral. Bref. Je n'ai pas encore reçu vos résultats d'analyse sanguine, ça ne devrait plus tarder.
Elles se sourirent et Jennifer lui indiqua un siège pour s'assoir en attendant, pendant qu'elle poursuivait son rangement.
- Alors, commença Samantha sur un ton détaché pour entamer la conversation. Il parait que Rodney et vous, vous vous… fréquentez ?
Le docteur Keller faillit lâcher les petites bouteilles en verre qu'elle tenait en se retournant vers elle.
- Rumeur de labo, expliqua Carter. Les assistants ricanent et les ragots vont bon train quand la pause café de McKay est inhabituellement longue. Et qu'il va de plus en plus souvent à l'infirmerie pour rien.
L'astrophysicienne omit volontairement le fait qu'elle avait fait du chantage à Zelenka pour tout savoir et que des paris avaient été ouverts pour savoir combien de temps la jeune femme pourrait supporter le caractère du scientifique. Elle avait d'ailleurs déjà disputé Jack et Daniel d'y avoir prit part sans lui demandé son avis.
Jennifer détourna le regard en rougissant.
- On a essayé d'être... discret. Je ne suis pas du genre démonstratif… J'espère que ça ne vous dérange pas.
Samantha ouvrit grand les yeux.
- Que ça ne me dérange pas ? Pourquoi ça me dérangerait ?
- Et bien, vous étiez le "grand amour" de Rodney, sa "muse", son "inspiration"…
L'ancienne militaire éclata de rire, en pleurant presque. Keller rentra la tête dans ses épaules, gênée et stupéfaite d'avoir déclenchée une telle hilarité chez son amie.
- Quoi ? Est-ce que j'ai dit quelque chose de faux ?
- Non non, l'arrêta tout de suite Samantha que des soubresauts de rire continuaient à agiter. C'est vrai que Rodney a eu une petite période "d'addiction", si vous me permettez le terme. Mais il n'y a jamais eu de réciprocité, et heu, je dois même vous avouer que je suis très heureuse que vous soyez ensemble. Je suis très heureuse de votre bonheur et pour moi c'est une assurance de tranquillité.
L'attention des deux femmes fut attirée par une soudaine agitation dans la salle des patients et qui coupa court à leur discussion.
Todd s'était soudainement relevé sur sa couchette, les yeux exorbités, humant l'air par grande respirations, comme dans une transe. Le garde chargé de sa surveillance sursauta et pointa son arme dans sa direction, ne sachant pas quoi faire. Carson délaissa son inventaire et s'approcha d'eux, indiquant au Marine de baisser son arme, voyant clairement que le Wraith n'avait pas d'attitude menaçante.
- Que ce passe-t-il ? demanda-t-il rapidement.
Le Marine ouvrit la bouche pour se justifier, mais Todd fut bien plus rapide que lui et le coupa.
- Je sens la présence d'un autre wraith !
Beckett se figea à son annonce, ses muscles contractés et la gorge nouée. Il porta immédiatement la main à son oreillette et demanda à parler de toute urgence à Woolsey ou O'neill. Il fut mis en communication avec ce dernier.
- Général nous avons…
"Un problème, je m'en doute oui. L'équipe de Sheppard vient de rentrer avec un invité surprise, rendez-vous au hangar à Jumpers, je vous prépare une escorte armée." Répondit la voix d'O'neill dans l'oreillette.
La transmission se coupa, le laissant plus que perplexe et inquiet.
- Eva ! interpella-t-il une infirmière. Sortez le kit de secours et prenez un brancard !
Jennifer délaissa Samantha pour aider la jeune femme blonde qui s'exécutait.
Quelques minutes plus tard, les deux médecins et leur équipe quittaient au pas de course l'infirmerie. Ils arrivèrent peu de temps après en même temps que les dirigeants de la Cité et de militaires armés près de la navette qui atterrissait.
La porte du Jumper s'ouvrit, dévoilant Lorne et Foss qui maintenaient debout la créature inconsciente tandis que Ronon, qui avait reprit ses esprits, pointait son arme sur la tempe de cette dernière si jamais elle venait à se réveiller. Les deux militaires la placèrent sur le brancard à l'aide des infirmiers et la sanglèrent.
Carson étira le gant en latex de sa main gauche pour mieux l'enfiler et s'approcha de la civière. Il resta quelques instants déconcerté devant la patiente qu'on lui amenait avant que son professionnalisme ne reprenne le dessus.
A suivre…
Voilà, un chapitre long, que j'ai même raccourci plusieurs fois... J'espère que ça vous fait plaisir !
En tous cas, je vous souhaite à tous un très joyeux Noël, peut-être le Père Noël et moi-même serons-nous vraiment sympa en vous laissant un cadeau supplémentaire sous le sapin (s'il est encore là) pour le Nouvel An !
Biz, M.
(1) : Franchement, comment ils pourraient contacter la Terre avec des E2PZ vides ?
(2) : Indépendance Day m'a beaucoup marqué.
(3) : (www).(youtube).(com)/watch?v=pAHgB-k-jD8
