Boomwortels : Chapitre 8


Je tiens tout d'abord m'excuser pour une si longue attente pour ce chapitre. Je sais que c'est impardonnable.

Bravo à Gwenetsi qui a réussit à trouver qu'il était impossible que Teal'c se trouve à faire de la politique sur Dakara, puisque cette planète a été dévastée durant la saison 10 d'SG1 (je l'avais dit dans le chapitre 4, jolie bourde de ma part, mais heureusement réparable). Elle a eu le droit de me poser 5 questions. J'espère qu'elles t'ont apportée satisfaction. ET ARRETE DE ME MENACER DE MORT !

Belmene : Ok pour le "smack langoureux", je vais essayer de le caser quelque part !

diama56 : continue à rester dans le coin, Todd va encore être là quelques temps…

yellou : :) La voilà ! (enfin)

Light : Merci, ravie que ça te plaise !

Merci à ma béta chérie :) je ne sais pas ce que je ferais sans toi !

Bonne lecture à tous !

M.


John Sheppard passa une main lasse sur son visage encore emprunt de sommeil. Les réveils matinaux n'étaient pas ce qui lui manquait le plus depuis qu'il n'avait plus le commandement militaire d'Atlantis à sa charge. Néanmoins, de temps à autre, il acceptait de remplacer le Général afin que ce dernier puisse profiter de quelques temps de pause.

Ce matin là donc, très tôt, le Colonel déambulait dans la Cité, en se disant qu'O'neill était un veinard de pouvoir profiter d'une grasse matinée alors que lui-même n'en avait pas eu depuis un sacré bout de temps. Il était passé voir les différents militaires postés en garde pour la nuit afin d'avoir leurs rapports, s'était assuré qu'une relève vienne les remplacer. Il avait même fait un tour aux laboratoires scientifiques afin d'en chasser McKay qui s'y était encore endormi sur ses calculs, la joue gauche marquée par les touches de son clavier d'ordinateur, de la bave au coin des lèvres.
John finit son tour d'inspection en se dirigeant d'un pas tranquille vers l'infirmerie. Mais l'ombre d'une silhouette se détachant derrière une baie vitrée dans l'orée du jour naissant sur un balcon retient son attention. Il passa sa main devant le détecteur pour que la porte s'ouvre et sortit au dehors. John reconnu Larryn, accoudée à la rambarde, grâce à sa chevelure bouclée et dorée dans la lumière du soleil levant.

La Travelers se tourna vers le nouveau venu, un sourire accroché aux lèvres, qui disparut aussitôt dans une moue boudeuse et charmante lorsqu'elle s'aperçut de qui il s'agissait.

- Sheppard ? Qu'est-ce que vous faites là ?

- Bonjour à vous aussi Larryn.

Il vint s'installer à côté d'elle, posant ses coudes près des siens, les faisant se frôler. Le visage neutre, un peu renfermé, la femme l'avait regardé faire, mais le Colonel ressentait de sa part une légère réticence.

- Vous ne semblez pas contente de me voir. Il y a un problème ?

- Je ne m'attendais pas à vous rencontrer ce matin, c'est tout, lui répondit-elle les lèvres pincées.

- Ho.

Le silence s'installa tandis qu'elle retournait son regard vers l'océan. Lui continuait à la fixer intensément.

- Si vous continuez à m'observer ainsi, je vais finir par devoir vous faire mal, s'agaça-t-elle. Pourquoi restez-vous là ?

- Je cherche ce que j'ai pu dire ou faire pour que vous soyez irritée comme ça contre moi ? Pourquoi voulez-vous que je parte ?

Larryn soupira fortement et croisa les bras, s'éloignant de lui sur le balcon.

- J'aimerais être un peu seule, c'est possible ?

Surpris par son attitude, John haussa les sourcils d'interrogation. Il finit par abandonner, sachant qu'il ne pourrait gagner une bataille contre elle. Il hocha simplement la tête, mais se jura de tirer tout ceci au clair. Sheppard repassa la porte et la ferma derrière lui après un vague signe d'au revoir auquel elle ne répondit pas, la tête dirigée vers une autre direction. Il se retourna pour continuer son inspection en direction de l'infirmerie lorsqu'il faillit rentrer dans quelqu'un.

- Colonel, excusez-moi.

- Y a pas de problème Lorne, répondit le militaire en reconnaissant le Major de SGA-2 qui le saluait formellement.

Sheppard le laissa passer et vit avec le plus grand étonnement son subordonné se diriger vers le balcon qu'il avait quitté quelques secondes plus tôt. La vitre opaque des fenêtres lui permit de voir les deux ombres se rejoindre et un curieux sentiment désagréable s'insinua soudainement en lui quand il constata qu'Evan ne se faisait pas chasser tel un malpropre comme il l'avait été. Mécontent, John enfouit ses poings dans ses poches et serra les dents, la mine sombre et se remit en marche ruminant ses pensées.


Assis contre un amoncellement d'oreillers, le Wraith grogna après l'infirmier qui déposa un plateau repas devant lui pour le petit déjeuner. Blasé, l'homme se contenta de ce remerciement impoli et laissa tout loisir au garde armé de dessangler les mains de la créature afin qu'elle puisse se nourrir. Todd manipula dans une délicatesse maladroite la fourchette en plastique avec ses longs doigts fin et planta rageusement les petites dents de son nouvel instrument de torture dans les minuscules morceaux de viande, tellement crue qu'on aurait pu la croire encore vivante. Il finit par amener la nourriture à sa bouche après l'avoir longuement reniflée et la mastiqua avec hargne.

L'air détaché qu'il maintenait sur son visage ne le quitta pas, même lorsque deux hommes entrèrent dans la pièce, comme s'il s'attendait depuis longtemps à leur visite. Todd reposa son couvert sur le bord de son assiette avec une lenteur calculée.

- Monsieur Woolsey, quel honneur de recevoir votre visite si matinale, ironisa Todd sans lui accorder le moindre regard, essuyant du dos de sa main le mince filet de jus qui avait coulé sur ses lèvres.

Richard s'arrêta à quelques pas du lit et croisa les bras, attendant que le Wraith veuille bien lui accorder un peu d'attention. Todd finit par se tourner vers eux, mais se focalisa vers la personne qui accompagnait Woolsey.

- Nous n'avons pas été présentés il me semble, demanda-t-il gravement à ce visage qui lui était inconnu.

- Exact, je suis le Général O'neill, chef militaire de l'expédition, répondit Jack en s'avançant un peu plus vers lui.

- Général O'neill… murmura la créature en humant l'air. Seriez-vous lié d'une quelconque manière à Samantha Carter ?

O'neill haussa les sourcils, intrigué par sa question. Il vit Woolsey plisser les yeux en le regardant mais détourna son attention du diplomate, préférant l'ignorer comme il l'avait toujours si bien fait avec les gens de son "espèce" : les bureaucrates.

- Nous avons travaillé ensembles par le passé, oui. Pourquoi ?

- Une certaine… "impression" émane de vous, répondit Todd énigmatiquement avec un petit sourire qui dévoila au Général de belles rangées de dents pointues.

O'neill fit une grimace bizarre et se balança sur ses jambes, les mains enfoncées dans ses poches, comme il avait l'habitude de faire lorsqu'il ne saisissait pas quelque chose et qu'il s'en fichait.

- Comment trouvez-vous le service d'étage ? détourna-t-il la conversation en désignant le plateau d'un mouvement de tête.

- Pas fameux, lui répondit la créature avec dédain.

- Oui, nourriture et hôpitaux, ça ne va jamais ensemble.

Un raclement de gorge de la part de Richard Woolsey mit fin à cette discussion pour le moins incongrue. Jack regarda ailleurs, dissimulant son sourire. Todd pencha la tête sur le côté en observant le petit humain qui venait de les interrompre.

- Les Docteurs Keller et Beckett m'ont annoncé que la femelle wraith serait hors de danger. La génothérapie semble avoir fonctionné. Ce ne serait plus qu'une question de jours avant qu'elle ne se réveille et que l'on commence à la nourrir. Nous pensions l'interroger pour avoir plus d'informations sur les intentions de notre ennemi.

Le grand Wraith plissa les yeux en regardant intensément le diplomate.

- J'essaye déjà de maintenir dans son esprit un sentiment de confiance afin de la rassurer dans cet environnement qu'elle ne connait pas. Elle est jeune, faible et très influençable. Sa force mentale semble avoir été brisée, ce qui est fort regrettable, elle aurait pu faire une très grande reine dans d'autres circonstances.

- Ses informations pourraient nous être vitales, à vous, comme à nous, éclaircit Jack en attrapant un tabouret roulant de médecin pour s'assoir dessus. Nous pensons que votre collaboration pour qu'elle nous révèle tout ce qu'elle sait serait utile.

- En somme, vous réclamez mon aide, sourit Todd d'un air ravi.

- Et bien, oui, vous pourriez nous aider, approuva O'neill.

- Haaaa, oui, je pourrais… à certaines conditions, bien entendu.

- Evidemment ! Sheppard m'a tellement parlé de vous, ça m'aurait étonné que vous ne marchandiez pas.


Un bruit très léger, à peine audible, lui parvint aux oreilles. Daniel releva la tête de l'écran de son ordinateur et fronça les sourcils pour tenter de le percevoir de nouveau. Assis sur ce stupide tabouret inconfortable depuis de longues heures, il se demanda s'il n'avait pas rêvé, la fatigue commençant à l'accabler. Ses travaux de transcription et de traduction avançaient à grands pas, découvrant de nouveaux pans de l'histoire des Anciens. Depuis qu'il avait investit la salle pour ses recherches, Daniel la quittait rarement, si ce n'est lorsque Jack, ou plus souvent Vala, ne vienait le houspiller pour qu'il aille manger, dormir ou faire un tour par les sanitaires.

Le bruit recommença. Des pas, précipités et courts, un souffle saccadé et étouffé. Daniel se redressa subitement et regarda autour de lui dans le laboratoire.

- Docteur Jackson ?

Un de ses assistants en traductions le fixait, attendant que l'archéologue réclame quelque chose de sa part, le voyant chercher quelque chose des yeux.

- Vous avez entendu ? demanda Daniel.

- Entendu quoi ?

Les autres scientifiques avaient stoppé leurs recherches et s'étaient retournés vers lui, intrigués. Certains commencèrent à s'inquiéter. Cet homme avait fait parti de l'équipe SG1 durant une dizaine d'années, si son instinct le titillait, c'est qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. Pire encore, si cela se produisait dans Pégase : quelle chose de dangereusement impensable pouvait vous tomber dessus à tout moment, croiser un extraterrestre vampire venu aspirer votre force vitale au détour d'un couloir étant un exemple parmi tant d'autres sur une très longue liste. Et les scientifiques savaient qu'Atlantis, bien que semblant un endroit ou l'on se sentait en relative sécurité, pouvait apporter son lot de surprises fortement désagréables(1).

L'inquiétude commença à se transformer en angoisse quand Daniel leva la main pour qu'ils arrêtent de parler entre eux. Mais certains continuèrent à murmurer, se demandant pourquoi ils avaient refusé une surveillance militaire. L'archéologue activa son oreillette tout en continuant à surveiller la salle, la forte impression d'être épié plus tenace que jamais.

- Salle de contrôle ? demanda-t-il lentement mais pas trop fort. Ici le Docteur Jackson, combien de personnes pouvez-vous détecter dans le labo d'histoire ?

Les longues secondes de silence le firent attendre avant qu'une voix ne lui réponde.

- Docteur Jackson, nous détectons huit signes vitaux dans votre pièce, annonça le technicien en salle de la Porte.

Daniel dut s'y reprendre plusieurs fois pour bien dénombrer ses assistants et lui-même, mais il n'arrivait qu'au nombre de sept à chaque fois. Il fit signe de se taire à ceux qui s'apprêtaient à l'interroger. L'anxiété dans la pièce augmenta d'un coup et une femme émit un petit cri suraigu, tétanisée. L'archéologue lui envoya un regard noir et elle se plaqua les mains sur la bouche pour ne plus émettre le moindre son, mais ses épaules se secouèrent comme si elle se retenait de sangloter.

Jackson tendit l'oreille pour tenter de détecter d'où venaient les bruits qu'il avait perçus. Lorsqu'il retourna la tête sur le côté, il aperçu une ombre se faufiler derrière une console de commande, en direction de la sortie. Il indiqua à son équipe de rester là. Des petits pas saccadés lui permirent de savoir que la "chose" se déplaçait désormais rapidement dans le couloir et il se mit silencieusement à sa poursuite. Marchant sans bruit et avec précaution, il fouilla dans ses poches pour trouver une quelconque arme qui pourrait le défendre. Le canif de secours offert par Cameron Mitchell lors de leur dernière expédition ensemble lui sembla bien dérisoire si jamais il devait se retrouver face à un Wraith.

Les bruits s'arrêtèrent et Daniel en fit de même.

Songeant qu'une attaque surprise de sa part pourrait être un avantage, il plia les jambes pour se préparer à sauter. Mais l'intrus fut plus rapide que et vient se placer devant lui, barrant son chemin.

- Torren ?

Daniel lâcha aussitôt son couteau qui s'écrasa par terre. Le petit Athosien lui fit un sourire qui dévoila ses dents et tendit les bras vers l'adulte.

- 'Ani ! s'exclama le bambin en s'accrochant à lui.

- Mais qu'est-ce que tu fais là tout seul ? demanda-t-il en se soulevant en l'air.

L'enfant battit des mains et des pieds, ravi.

- Lalalalalalalaaaaaa, chantonna-t-il.

- Moué, je paris que Vala était chargée de te surveiller, soupira Daniel, affligé.

- Docteur Jackson ? l'appela une voix toute tremblante derrière lui.

Il se retourna, l'enfant toujours dans ses bras, pour découvrir ses assistants, qui ne laissaient dépasser que leurs têtes de l'encadrement de la porte du laboratoire.

- Tout va bien ?

Daniel explosa de rire.

- Regardez donc qui est venu nous rendre visite !


Sheppard marchait d'un pas rapide, jetant un coup d'œil circulaire dans le mess et finit par trouver la personne qu'il cherchait. Ayant fait un détour auparavant par les laboratoires scientifiques, il avait découvert les assistants et techniciens en train de se la couler douce, profitant de l'absence de leur tyran de supérieur. McKay s'était octroyé une pause pour aller se sustenter, à l'appel du déjeuner, mais n'en était toujours pas revenu. L'astrophysicien se trouvait assis dans le coin la plupart du temps occupé par les scientifiques, attablé devant Zelenka qui déblatérait sur un sujet que John n'arrivait pas à saisir vue la distance à laquelle il se trouvait. Jennifer était à ses côtés, collée à lui et le couple écoutait religieusement le Tchèque. S'approchant d'eux, le Colonel capta quelques brides.

- Et là, Leonetti m'a demandé d'ouvrir la porte du balcon parce qu'elle semblait verrouillée. Quand j'ai réussi, ils étaient en train de s'embrasser ! (2)

Rodney s'esclaffa.

- Sacré Lorne ! ricana-t-il

- Le Sergent Leonetti était tellement embarrassé qu'il s'est enfui en courant ! ajouta Radek pour continuer à amuser son auditoire restreint.

Les scientifiques avaient l'habitude de subir diverses plaisanteries (plus ou moins sympathiques) de la part des militaires, alors quand l'occasion se présentait de pouvoir leur rendre la pareil, ils en profitaient allégrement. Lorsqu'il s'aperçut de la présence du Colonel, Zelenka arrêta de pouffer pour reprendre un air sérieux. Rodney et Jennifer se retournèrent vers lui.

- De quoi parliez-vous pour autant rigoler ? demanda John qui s'installa à leur table.

- Rien de bien intéressant, répondit un peu vite le Tchèque.

Ce dernier en profita d'ailleurs pour s'éclipser rapidement. Le docteur Keller gloussa en dissimulant sa bouche derrière sa main.

- Nous parlions du Major Lorne et de son charme irrésistible qui attire tant les femmes, finit par divulguer McKay comme s'il parlait de la pluie et du beau temps en engloutissant dans sa bouche un gâteau à la crème.

- Rodney ! s'exclama Jennifer en donnant un coup de coude dans les côtes de son petit-ami trop bavard.

McKay avala de travers et manqua de s'étouffer. Keller se précipita pour lui sauver la vie, lui tendant un verre d'eau. John, lui, ne dit rien et se renfrogna. La scène qu'il avait vécue ce matin-là avec Larryn, puis l'arrivée d'Evan, lui revint en tête. Ainsi, Lorne avait une relation avec la belle Travelers.

- En même temps, reprit le médecin en chef d'Atlantis une fois son petit ami remis de ses émotions, ça faisait un moment qu'on les voyait se tourner autour, il fallait bien que ça arrive !

Sheppard haussa les sourcils. Comment ça un moment ? Evan et Larryn ne se connaissaient pas depuis si longtemps.

- Ils ne m'ont pourtant pas parus si proches, avança-t-il prudemment.

- Vous rigolez ! s'exclama vivement Rodney. Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure !

- Un vrais coup de foudre, renchérit Jennifer.

John rumina leurs paroles. Comment avait-il pu être aussi aveugle alors que même McKay avait remarqué ce qui se passait sous son nez ?


Lentement, encore dans les limbes, son esprit émergea dans un environnement cotonneux, accompagné de bruits sourds. Immobile, elle sentit qu'elle ne pouvait esquisser un geste, son corps précédemment endolori ne souffrant plus, mais privé de toute sensation. Elle avait faim, mais ne pouvait protester ou réclamer. Des sons lui parvinrent, étranges comme des mélodies qui s'entrecroisent, mais qui deviennent peu à peu assourdissantes. Et toutes ces présences autour d'elle, qui s'activent frénétiquement, mais sans lui accorder la moindre attention. L'une d'elles se détacha alors de la masse grouillante et vient caresser son esprit, chaleureuse, rassurante, pour qu'elle se rendorme tranquillement. Elle tenta de percevoir son identité, mais se fit gentiment refouler. Une immense langueur la prit et elle s'enfonça peu à peu dans un sommeil réparateur, profitant de ces instants de paix, sous la vigilance de son protecteur.


A suivre…


(1) : Faut-il réellement faire une liste des trucs bizarres découverts sur la Cité qui nous ont valu de longues minutes d'angoisse pour nos héros ? (Virus, …)

(2) : Pour découvrir la scène dans son intégralité : Romance du Major Lorne en six tableaux de Cliop Reap