Je suis trés heureuse que ce début d'histoire vous plaise. Ce chapitre est sans doute difficile à lire, d epart le passé des protagonistes, cependant, et hélas, je me suis inspirée de faits réels, surtout concernant le passé d'Esmée, qui est strictement ce que vit actuellement une amie ...
Esmée PDV
Alice est sortie de la voiture la première, sautillante.
Je lui ai sourit.
Elle portait un slim gris foncé, un gilet de coton à capuche rouge ouvert sur un tee shirt blanc avec le dessin d'un panda armé d'une mitraillette, et le slogan « arms the animals » était écrit en gros. J'ai éclaté de rire en le lisant. Jasper l'a soulevée dans ses bras et ils ont échangé un rapide bisou.
Elle rayonnait en regardant mon fils et ce dernier avait un air plus heureux que je ne lui avais jamais vu.
Alors, j'ai su que j'allais adorer Alice Cullen.
Elle m'a saluée gentiment et je me suis tournée vers son père, tachant de paraître naturelle.
Edward était avec lui.
Ce dernier m'a dit bonjour, visiblement gêné.
Je lui ai sourit et n'ai pas pu m'empêcher de le décoiffer encore plus qu'il ne l'était déjà.
Puis j'ai enfin regardé le Dr Cullen dans les yeux.
« Bonjour Dr Cullen! »
« Je vous en prie, appelez moi Carlisle! »
« Très bien, moi c'est Esmée »
Il me regardait avec intensité et n'avait pas encore lâché ma main, quand il l'a enfin fait j'en ai été chagrinée.
Je leur aie poliment proposé de rentrer boire un verre.
Carlisle a regardé sa montre et m'a dit:
« Edward et moi nous rendons à Port Angeles au cinéma, mais nous avons un petit quart d'heure de battement! »
Nous sommes entrés et Edward s'est assis prêt d'Emmett, riant avec les autres.
« Je peux vous proposer du vin cuit, de la bière, des jus de fruits… »
« Un jus de fruit sera parfait, je vais conduire! »
J'ai ramené un verre de jus de pomme pour lui et moi et une bouteille de coca pour la bande d'ados qui s'est jeté dessus comme s'ils venaient de traverser le Sahara sans eau et sans escales.
Nous avons rit en les regardant.
C'était une bande de joyeux adolescents.
Carlisle m'a dit:
« Ils dévorent à cet âge, mais c'est normal! »
« En effet! J'aime les voir manger, d'ailleurs! »
Il s'est adressé à sa fille:
« Alice! Amène ton sac ma chérie! »
Puis il s'est tourné vers moi:
« À ce sujet, Alice et moi avons préparé quelques petites choses! »
Alice a ouvert son sac de voyage et en a retiré 4 pizzas surgelées, 5 ou 6 boites de biscuits, 3 l de jus d'orange, un sachet de bananes, oranges et raisin, et même un poulet rôti tout cuit dans un papier de cuisson d'une excellente marque.
J'étais réellement surprise, les parents d'Emmett n'avaient jamais eu ce genre de geste.
Carlisle a interrompu mes remerciements:
« C'est normal voyons! Vous accueillez Alice tout le WE! »
Il a donné le signal du départ à son fils peu de temps après, trop rapidement pour que nous n'ayons le temps de parler d'autre chose que de la météo, et de nos chers adolescents.
J'ai vu Edward embrasser sa sœur et Rosalie, serrer la main d'Emmett et celle de Jasper, tout en lui présentant à nouveau visiblement ses excuses.
Il m'a saluée aussi, sur le pas de la porte et quand son père lui a tendu son trousseau de clés il n'a pas commenté et est allé s'asseoir coté passager.
Nous étions seuls, Carlisle et moi, devant ma porte.
J'ai déglutit.
Il a passé sa main dans se cheveux, exactement comme le faisait Edward et il m'a dit, la tête légèrement penchée:
« Ce soir je me consacre à mon fils, qui en a besoin je pense, mais j'ai envie de vous inviter à dîner, peut-être demain soir, si cela vous dit?… »
Mon cœur a bondit de joie et j'ai taché de ne pas trop sourire.
« Si vous pensez que ma maison sera encore debout quand nous reviendrons, j'en serais ravie! »
Il a eu l'air soulagé et heureux.
Il m'a serré la main et s'est dirigé vers sa voiture en me regardant:
« Je vous appellerai demain, mais vers 18H000, ça irait? »
« Parfait! »
Je suis rentrée quand ils ont démarré et j'ai regardé Emmett et Jasper jouer à la PlayStation en hurlant comme des sioux en riant.
J'ai rangé les provisions et j'ai préparé des haricots verts et des pâtes pour accompagner le poulet rôti.
Les enfants sont venus en troupeau indiscipliné quand je les ai invité à passer à table et je n'ai même pas eu un os à donner au chien des voisins.
Alice est restée pour m'aider à débarrasser.
Du coup les autres ont fait de même:
« Dis donc Alice, je vais t'inviter plus souvent! »
Jasper a ouvert de grands yeux:
« Oh oui! »
Faisant éclater de rire tout le monde.
Je me suis réfugiée dans mon bureau tandis qu'ils transformaient mon salon en piste de danse.
Heureusement, je n'avais pas de voisins dont la maison serait collée à la notre.
Vers 1H00 du matin j'ai envoyé tout le monde au lit et ils ne se sont pas fait prier.
J'ai préféré ne pas réfléchir à pourquoi…
Le samedi ils se sont tous levés très tard et j'ai moi aussi fait la grasse matinée.
Dans l'après-midi j'ai expédié les garçons récupérer la commande de courses au Wallmart, pendant que les filles se maquillaient dans la chambre de Rosalie.
Je les ai rejointe et Alice s'est proposée pour me faire l'œil charbonneux, j'ai volontiers accepté.
Le cœur battant, j'ai prit l'air de rien et j'ai dit:
« Au fait, ce soir vous serez livrés à vous-même, je sors, je compte sur vous pour que la maison reste debout, canalisez les garçons, comprit vous deux? »
Alice a approuvé de la tête et Rose a avancé une moue boudeuse:
« Tu vas ou? »
« Au restaurant! »
« Toute seule? »
« Non! »
« Ben avec qui alors? »
« Le père d'Alice m'a invitée! »
J'aurais sans doute du attendre qu'Alice ne soit pas en train de me passer le mascara, parce que sous l'effet de la surprise elle a bien faillit me crever un œil.
Elle s'est répandue en excuses tandis que Rosalie me dévisageait comme si une corne m'avait subitement poussé au milieu du front.
J'ai enragé:
« Tu as un souci Rose? »
« Bah ouais! C'est bizarre, c'est le père d'Alice qui sort avec ton fils! »
Alice a haussé les épaules:
« Meuh ne t'en fais pas! Ils seront sages, ce n'est pas comme s'ils étaient jeunes! Mon père a 41 ans alors tu vois! »
J'ai noté silencieusement que Carlisle avait donc 3 ans de plus que moi…
Rosalie n'avait pas l'air convaincue par les paroles apaisantes d'Alice et j'ai levé les yeux au ciel.
J'avais pour principe de ne pas coucher au premier RDV, bien sur, mais l'attitude de ma fille me donnait très envie de transgresser cette règle!
Du coup, je me suis abstenue de faire participer les filles quand au choix de ma tenue.
Je me suis décidée pour un pantalon noir dont j'aimais la coupe, et un chemisier vert foncé, qui se mariait bien avec ma couleur de cheveux.
J'ai enfilé mon blouson de cuir marron et je me suis parfumée.
Alice m'avait très bien maquillée.
Je suis sortie à 17H45 pour donner mes dernières instructions.
Jasper m'a regardé, surpris.
Emmett bavait presque de surprise.
« Bon, j'y vais, dans peu de temps. Vous avez les pizzas pour ce soir, avec la salade composée ainsi des glaces et des fruits en dessert. Soyez sages! »
« Alors c'est vrai que tu sors avec le père d'Alice? »
M'a demandé Jazz, mi figue, mi raisin.
« Oui c'est vrai! »
Un silence de mort a accueilli ma déclaration et seul Emmett l'a brisé:
« Ben amuse toi bien Esmée, et si t'as un souci tu m'appelles et je viendrai, hein! »
Alice lui a lancé sa manette de wii à la tête:
« Hé! C'est de mon père que tu parles je te rappelle! »
« Désolée Lilice, mais on sait jamais! »
Alice lui a sauté dessus et ils se sont chamaillés en riant comme le faisaient souvent Jazz et Rose.
J'ai rit tout en prenant mon sac.
J'ai vu la BMW noire se garer souplement devant chez moi et j'ai du me faire violence pour ne pas courir dehors.
J'ai attendu qu'il sonne et j'ai même compté jusqu'à 20 avant d'ouvrir la porte.
Il est entré après m'avoir embrassée sur les deux joues.
Il sentait divinement bon et j'étais sure d'être rouge vif.
Alice s'est suspendue à son cou et je les ai regardé, émue. L'amour qu'il portait à ses enfants était palpable, tout autant que l'affection d'Edward et Alice à son égard.
Nous sommes partis et une fois dans la voiture j'ai eu le trac.
Mais il a été prévenant:
« Votre journée n'est bien passée? »
« Très bien, assez bruyante! »
Il a sourit un peu tristement:
« La mienne a été trop calme. Edward a joué du piano toute l'après-midi, il est assez triste, depuis la bagarre. Il est désolé de s'être emporté, mais je crois qu'avoir frappé une fille le démoralise totalement »
« C'est tout à son honneur! »
Il roulait en direction de Port Angeles.
« Je fais ce que je peux, mais Edward souffre plus qu'Alice de ne pas avoir de mère »
« Je comprends, ça, Jasper souffre aussi de ne pas avoir de père »
Nous sommes restés un instant silencieux, repensant chacun à nos blessures anciennes, puis il a enchaîné:
« Vous vivez à Forks depuis longtemps? »
« « Un peu plus de 3 ans. On ne dirait pas en y arrivant, mais y vivre a son charme! »
Il a rit et a enchaîné:
« Je voulais un coin tranquille pour mes enfants. Seattle m'offrait des possibilités professionnelles mais je veux passer du temps avec mes enfants. Du temps en quantité et en qualité! »
« Vous êtes un père exceptionnel! »
« Je ne sais pas…Il y avait une place à prendre… »
« Vous êtes divorcé? Excusez moi si c'est indiscret. »
« Non, pas de soucis…Non je ne suis même pas divorcé, je n'ai jamais été marié. C'est une triste histoire, en fait. J'étais étudiant en médecine quand j'ai eu une aventure avec une patiente. C'est interdit, bien sur, mais j'avais 25 ans…Elle …Renata était danseuse. Mais elle se torturait littéralement pour garder la ligne. Quand elle est tombée enceinte, accidentellement, j'en ai été surtout soulagé: elle n'allait plus pouvoir se faire vomir et se purger comme à son habitude. Mais elle a très mal vécu sa grossesse et encore plus lorsque nous avons apprit que nous attendions des jumeaux. Quand les enfants sont nés elle a refusé de s'en occuper, préférant reprendre dès que possible ses exercices et un régime strict.
Au bout de 2 mois, quand elle s'est mise à piquer des crises dès qu'un des bébé se mettait à pleurer je lui ai dit qu'elle était libre de partir, que je ne laisserai jamais personne faire du mal à mes enfants… Croyez le ou non mais elle a fait ses bagages et elle est partie en moins d'une heure. Elle n'a même pas embrassé les enfants en quittant la maison. J'étais soulagé, en fait…Je, …Je suis désolé Esmée, de vous raconter tout ça, je le fais rarement et ça me soulage… »
« Ne vous en faites pas, c'est normal, je comprends, plus que vous ne le croyez! »
Il s'est garé devant le « diamant bleu » un restaurant français très chic.
Une fois installés il m'a gentiment interrogée:
« Et vous, Esmée, quelle est votre histoire de parent célibataire? »
« Elle n'est pas tellement gaie…Je me suis mariée à 20 ans avec un copain de fac. Il était beau, gentil, parfait…Du moins c'est-ce que je croyais…Je suis tombée enceinte un an plus tard, volontairement. Et Royce a commencé à devenir bizarre. Il répétait tout le temps que le bébé l'épiait. Qu'il allait le mater. Quand on a su que c'était des jumeaux il m'a accusé de l'avoir fait exprès. Après la naissance il s'est calmé un moment. Je croulais sous les couches, les nuits blanches et les biberons et il ne participait pas, ou presque pas. Et puis, un soir, les enfants avaient 17 mois, il est revenu saoul.
Il…Il m'a frappée et il a réveillé les enfants en criant.
J'ai réussit à m'interposer entre lui et les bébés, je ne sais toujours pas comment, l'instinct de la maman loup, je suppose.
Je l''ai frappé avec une poêle en fonte et il a passé plusieurs jours à l'hôpital. Je n'ai pas été inquiétée parce que j'avais été battue et que j'en portais les marques. Mais j'ai profité de son absence pour m'enfuir.
J'ai mit mes enfants, leurs jouets, le chat et deux cartons de vêtements dans ma voiture et j'ai roulé droit devant moi.
Au début on ne vivait que quelques semaines dans la même ville, pour éviter qu'il nous retrouve.
On a passé 6 mois à Reno, un an à Pasadena. A un moment il a retrouvé notre trace, alors que les enfants avaient 6 ans. On vivait à Sacramento, à cette époque là. J'ai fuit sans rien du tout, cette fois là, juste les enfants, parce que la directrice de l'école m'a prévenue qu'il rodait autour de l'école.
Il est mort quand mes enfants avaient 8 ans et ça a été un terrible soulagement.
Aussi affreux que ce soit de le dire, c'est vrai. »
Il l'a prit la main à travers la table et nous sommes restés silencieux.
Puis il m'a dit:
« Alice et Edward ont voulu reprendre contact avec leur mère, il y a deux ans. Ils ont trouvé sans problème ses coordonnées sur internet, elle est toujours danseuse, dans une troupe très connue. Avec mon aide ils lui ont envoyé une lettre, et des photos d'eux. Elle a répondu. Rapidement en plus. Mais elle a envoyé une lettre à Alice, uniquement. Elle lui disait qu'elle était mince, fluette, très jolie, qu'elle ferait une parfaite danseuse. Elle l'invitait à la rejoindre.
Pas un mot pour Edward, rien, absolument rien. Et pas un mot affectueux même envers Alice. Non elle s'adressait à…à une pouliche prometteuse. Ca m'a fait mal, ça a mit Alice en colère, mais ça a détruit Edward. Il s'est renfermé sur lui-même. Avant ça il était un ado gai et enjoué. Je l'ai amené consulter, bien sur, mais rien ne peut remplacer l'amour d'une mère, rien »
J'ai refoulé mes larmes et nous avons commencé en silence nos entrées.
Il a rompu le silence:
« Malgré tout, je suis très heureux avec mes enfants. Ils sont tout ce que j'ai et je suis fier d'eux! »
« Vous pouvez l'être! Alice a été la seule à m'aider hier soir! »
Il a rit, mais ses yeux brillaient de fierté.
Nous avons parlé encore, très longtemps.
De nos enfants, évidemment, de nos situations si étrangement similaires, mais aussi de cinéma, de théâtre et de musique.
De nos vies professionnelles également.
Il était chirurgien, et il m'a raconté des anecdotes, tristes ou joyeuses. Je lui ai raconté mon parcours entièrement autodidacte.
« On a connu des jours très dur financièrement, mais je suis fière de nous avoir tiré de la misère, les enfants et moi. Je ne suis pas riche mais je n'ai plus peur du lendemain! »
Nous sommes repartis vers 2H00 quand les employés ont ostensiblement commencé à monter les chaises sur les tables autour de nous.
Dans la voiture le silence s'est installé, bienfaisant.
Il s'est garé devant chez moi et nous avons levé les yeux au ciel.
2 voitures inconnues étaient garées devant chez moi.
Il a soupiré; joyeux:
« Edward est venu, c'est la Volvo des enfants, là! »
« Par contre l'autre je ne sais pas à qui elle appartient!
De la musique techno nous est parvenue, entêtante, quand nous sommes sortis de la voiture.
Il m'a regardé, un peu nerveux:
« Merci pour cette soirée, Esmée, c'était »
Je ne l'ai pas laissé finir je me suis approchée encore plus prêt de lui et je lui ai tendu les lèvres.
Il s'en est emparé vivement et nous nous sommes embrassés, nous serrant l'un contre l'autre, passionnés.
Sa langue était douce et tendre contre la mienne et malgré la pluie et le froid nous avons continué longtemps.
Ce n'est que quand le porche s'est éclairé que nous nous sommes séparés.
