Esmée PDV

La semaine nous nous voyons quand nous pouvions, parfois le midi, parfois dans la soirée, selon nos emplois du temps respectifs.

Et nous passions tous nos WE ensemble.

Nous restions avec les enfants à présent, comme nous le leur avions promit, mais nous sortions souvent tous les deux, au restaurant, au cinéma, au théâtre.

Notre entente était parfaite.

Nous étions sur la même longueur d'onde, la plupart du temps.

Bien sur nos méthodes éducatives divergeaient sur certains points de détails, il était beaucoup plus direct et sec que moi, mais je contrebalançais avec ma tendresse maternelle.

Assez rapidement, Jasper s'est rapproché de lui.

Il était évident qu'il avait besoin d'un père. Jasper ;bien sur, ne disait pas directement son désir d'avoir Carlisle en guise de substitut de père.

Mais il s'asseyait toujours prés de lui à table, lui parlait de ses résultats à l'école, cherchait son approbation pour la moindre de ses décisions. Carlisle l'encourageait, le féliçitait et voir l'étincelle de bonheur qui s'allumait dans le regard de mon fils à ces moments-là m'émouvait particulièrement.

Carlisle et moi avons eu une discussion à ce sujet.

Nous sommes tombés d'accord sur le fait que nous respecterions toujours l'éducation que l'autre donnait à ses enfants et que nous resterions toujours ouverts aux demandes des enfants, quels qu'ils soient, sans les obliger à sympathiser à outrance. Le respect devait être le maître mot dans notre couple, et notre famille.

J'étais heureuse de voir que Jasper s'épanouissait ,à présent. Edward, lui aussi était très visiblement heureux ,et même soulagé de voir que son père était heureux avec moi. Je sentais qu'Edward se rapprochait de moi. Un peu comme Jasper avec Carlisle il était à l'aise avec moi et attendait visiblement que je comble une absence. Je faisais très attention d'être toujours positive avec lui, même quand je devais lui faire une remontrance.

Alice avait un caractère différent, elle était bien plus individualiste. Néanmoins, elle acceptait elle aussi avec un visible soulagement notre relation, à son père et à moi. J'ai vite comprit qu'elle avait longtemps tenu la place de la femme de la maison et que me voir l'être à sa place la satisfaisait pleinement. Elle me taquinait parfois, mais jamais elle ne m'a manqué de respect. Et elle ne cachait pas sa joie de pouvoir passer énormément de temps avec Jasper. Celui-ci était plus pudique, mais j'avais remarqué qu'il suivait sans cesse Alice du regard, et interagissait avec elle-même à distance, comme s'ils étaient reliés par un lien invisible, mais très puissant.

Nous avons fêté Noël en famille.

Tous les 6.

Emmett, pour une fois, était avec ses parents et Bella passait la journée avec son père.

Par contre ils nous rejoindraient pour le nouvel an.

Même Rosalie a fait des efforts.

Elle s'habituait à la situation.

Carlisle et moi avions prit une décision, qui était naturelle, sommes toutes.

Ayant peur de la réaction de Rosalie, nous leur avons annoncé notre décision le 23 décembre,pour na pas gacher Noël.

C'est Carlisle qui l'a fait.

Nous avons fait asseoir les 4 ados sur le canapé.

Nous avons attendu que Jasper et Edward cessent de se chamailler. Ces deux là étaient devenus frères, à notre grande joie.

Par contre Alice et Rosalie se tournaient autour sans vraiment se trouver.

Nous savions tous que c'était parce que Rose refusait de s'attacher.

Quand Jazz et Edward se sont assis l'un à coté de l'autre, riant encore, Carlisle a prit la parole :

« Bon, je pense que vous vous en doutez, mais Esmée et moi avons décidé de vivre ensemble. C'est une décision réfléchie, dont nous mesurons les conséquences. Nous allons devoir cohabiter les uns avec les autres, ce qui ne sera pas forcément facile. Mais nous pouvons y arriver, et être heureux, si nous y mettons du notre. »

Rosalie a fondu en larmes et Jasper l'a prit dans ses bras.

Edward a levé les yeux au ciel. Rose et lui ne s'entendaient pas très bien. Tous deux étaient trop entiers.

Je me suis approchée de ma fille :

« Rose…On en a déjà discuté…Je suis sure que tu t'habitueras plus vite que tu ne le penses ! »

Carlisle a posé une main ferme sur l'épaule de ma fille et lui a dit :

« Nous achetons la maison qui est sur la route de Port Angeles. Tu la connais ? »

« Je m'en fiche ! »

A articulé Rosalie.

Les 3 autres ont ouverts d'immenses yeux.

« Tu veux dire la grande villa de verre ? »

A demandé Jasper, qui connaissait bien la ville.

« Oui ! »

J'ai laissé éclaté ma joie.

Carlisle m'avait proposé cette maison, quelques jours plus tôt.

Je la connaissais, comme tout le monde dans la ville.

C'était une maison d'architecte immense et géniale.

Avec un immense jardin, et un accès privé à la plage.

Je bondissais encore de joie en repensant au moment où j'avais comprit que Carlisle était sérieux…

Nous avions signé le compromis de vente la veille.

J'ai sourit aux enfants :

« Nous déménageons le 2 janvier ! »

Jasper a serré Alice contre lui,gémissant de bonheur. Alice se mordillait la lèvre et sautillait sur place.

Rosalie a relevé la tête :

« Je suppose que je vais devoir partager ma chambre avec elle ? »

Sa voix était chargée de colère, mais surtout de peur.

J'ai froncé les sourcils :

« Rose… »

Elle a senti le regard de Carlisle sur elle et s'est excusée. Carlisle m'impressionnait: il réussissait à se faire respecter par ma fille.

J'ai soufflé un bon coup.

« Non chérie, il y a une chambre pour chacun, ainsi qu'un bureau pour Carlisle, un pour moi et deux pièces restantes que nous transformeront en chambre pour les invités ! »

Nous avons parlé de la maison un moment.

Même Rose a finit par regarder les photos que nous avions prises quand nous l'avions visitée.

Puis, nous avons demandé à Alice et Jasper de rester, quand les deux autres sont retournés vaquer à leurs occupations.

Là encore, Carlisle a prit les devants et j'ai savouré son autorité naturelle, simple, gentille mais terriblement efficace :

« Vous deux…Vous êtes amoureux et c'est génial. Mais, durant la semaine c'est chacun sa chambre, vous travaillez au Lycée et faites votre part de travail dans la maison. Le WE ce sera plus souple, bien sur, du moins tant que vos notes et votre attitude seront satisfaisants ! »

Ils ont hoché la tête, enthousiastes.

J'ai sourit à Carlisle :

« Je crois quand même qu'il faudra faire des rondes de surveillance, le soir ! »

Il a ricané :

« Je te jure que je t'occuperai trop , le soir, pour que tu aies le loisir de sortir du lit, alors on va plutot installer des radars de mouvements dans le couloir ! »

Le jour de Noël a été un bon moment.

J'avais parlé à Rosalie, lui demandant de bien se comporter et elle l'a fait.

Nous avions décidé, Carlisle et moi, de faire à chaque enfant un cadeau commun, et lui et moi avons aussi offert à chacun un cadeau personnalisé. Bien sur, je connaissais les gouts de mes enfants et j'ai ainsi pu leur montrer que je ne les oubliais pas, et j'ai également pu montrer à mes « beaux-enfants » que je tenais à eux, et que je me souciais d'eux. D'ailleurs, ça a été facile.

J'ai offert à Edward un métronome pour son piano et une parrure collier/bracelet/Boucles d'oreille fantaisie à Alice.

Nous étions au milieu des cartons, bien sur, mais nous avons ri. J'ai été surprise et heureuse de voir que les enfants nous avaient fait un cadeau en commun à tous les deux. Ils nous avaient offert une BD humoristique sur les familles recomposées et même Rosalie avait signé la page de garde.

La fin de l'année a été consacrée au déménagement.

Il n'y avait que des travaux de peinture à faire faire dans la maison.

Chaque enfant a choisit sa propre décoration.

Le caractère de chacun, ou son implication, s'est vite révélé.

Alice a demandé une chambre avec un papier peint manga et une peinture gris métallisée.

Jasper a choisit une peinture verte, très douce, avec des tableaux et posters représentants la nature.

Edward a choisit la chambre dont toute un pan de mur était une baie vitrée. Du coup, il a opté pour une peinture blanc cassé, mais de toutes façons tous ses murs étaient recouverts d'étagères de livres et de CD.

Rosalie a refusé de choisir quoi que ce soit. Je voyais qu'elle en souffrait, mais elle était butée.

J'ai prit les devants et lui ai fait une chambre dans les rouges, qui était sa couleur préférée.

Je me souviens très bien, qu'une fois que le déménagement a été terminé, je me suis dit qu'à présent, la vie allait être facile, tranquille.

Je me trompais lourdement !

Carlisle PDV

J'étais heureux. Il me semblait me réveiller d'un long sommeil. Etre un père célibataire et un chirurgien m'avait totalement accaparé durant plus de 15 ans. J'avais envie de vivre à nouveau un peu pour moi, à présent. A Seattle, l'hopital était grand et je n'avais jamais eu de souci pour trouver des partenaires sexuelles mais je mettais toujours des limites claires et précises : je voulais du bon temps, pas de relation suivie. Je n'avais pas eu trop souvent à rappeller mes conditions et limites : avoir des jumeaux à charge refroidissait la plupart des jeunes infirmières !

Quand je suis arrivé à Forks j'ai eu un peu peur de me retrouver dans une situation délicate à ce niveau là, mais …Le mirale que je n'attendais plus a eu lieu. Esmée est entrée dans ma vie ! La femme que j'avais toujours cherché sans jamais la trouver, sans même jamais savoir que je la cherchais, existais , et était là, disponible !

J'ai su immédiatement qu'elle était mon âme sœur. Nos destinées étaient étrangement semblables et les réunir m'est tout de suite apapru comme une évidence. Je suis tombé amoureux d'elle en quelques jours. Elle était tout ce que je voulais chez une femme. Elle était douce, maternelle, mais en même temps elle savait élever ses enfants, elle avait un bon niveau intellectuel et nous pouvions discuter d'égal à égal de littérature, de cinéma, de politique, d'éducation et de bien d'autres choses encore ! Bien entendu je la trouvais superbe et elle avait une sexualité assumée et assez libre, sans jamais être vulgaire.

Bref, je nageais dans le bonheur ! Le seul problème se prénommait Rosalie. Je savais que Jasper, Edward et Alice étaient soulagés, en quelque sorte, de notre histoire d'amour, qui leur redonnait la place qui était la leur : celles d'adolescents. L'histoire d'amour entre Alice et Jasper mise à part, je sentais que ma fille était heureuse d'avoir à ses cotés une figure maternelle stable et aimante. Edward lui, ne cherchait même pas à cacher à quel point il était heureux de voir Esmée arriver dans nos vies.

Jasper, je le sentais presque physiquement, s'accrochait à moi et attendait énormément de notre relation, ce qui n'était pas pour me déplaire.

En fin de compte, seule Rosalie faisait de la résistance. Mais je pense aussi qu'elle était la seule à réellement apprécier sa vie d'avant. Elle avait un très fort caractère et elle avait sans doute comprit que nous allions être deux, désormais, pour la cadrer.

En même temps, je sentais son ambivalance. Elle se pliait à mes demandes sans vraiment discuter, se contentant de souffler et de grogner, mais obéissant quand même, et je savais que dans le fond elle avait besoin que je la cadre et la maintienne dans sa place d'adolescente.

Edward et Rosalie ne s'entendaient pas,même s'ils réussissaient la plupart du temps à s'ignorer et se tolérer, mais je voyais que Rose souhaitait avoir une bonne relation avec Alice, sans réussir réellement à s'y investir.

Esmée et moi en parlions très souvent et nous avions très vite comprit qu'en réalité Rosalie avait peur de s'attacher à nous, et que nous disparaissions de sa vie aussi vite que nous y étions entré, la faisant ainsi souffrir.

Mais j'étais sur de nos choix, et de notre avenir commun. Et puis, en novembre, le destin s'est mit sur mon chemin.

Esmée et moi parlions de plus en plus souvent de vivre tous ensemble, bien sur. Dans une nouvelle maison, ou nous pourrions repartir sur de nouvelles bases et nous créer des souvenirs communs, nous créer une histoire familiale.

J'ai entendu parler d'une maison à vendre.

J'avais des moyens financiers confortables, dus non seulement à mon activité professionnelle, mais aussi à l'héritage que m'avait laissé ma mère l'année d'avant.

Je l'avais placé et les intérêts étaient déjà intéressants.

Le Dr Gerandy m'a dit, dans une conversation, que la maison de verre de la route de Port Angeles était toujours à vendre, et que si ça continuait elle allait finir aux enchères.

J'ai demandé à en savoir plus et il m'a orienté vers le cabinet immobilier de sa femme.

Elle m'a amené visiter le lendemain et je suis tombé amoureux de cette maison.

Elle n'avait même jamais été habitée, les propriétaires ayant divorcé quand elle a été achevée…

Elle était immense, et superbe.

Un rêve…

Je n'oublierai jamais la réaction d'Esmée…

Je l'ai embarquée « pour faire un tour ».

Gianna, l'agent immobilier, m'avait confié les clés.

Quand je me suis garé devant la villa, Esmée n'a pas comprit :

« qu'est ce qu'on vient faire ici ? »

« tu connais cette maison ? »

« bien sur ! tout le monde connaît la légende de la maison de rêve inoccupée ici ! »

« elle est à vendre… »

« je sais, elle est très chère ! »

« elle est dans notre budget ! »

« le tien peut-être mais pas le mien ! »

« Esmée…On ne va pas compter ! On peut l'acheter, c'est tout ! »

Elle a regardé la maison, et s'est mordillé les lèvres.

Je savais quel combat intérieur elle se livrait et j'ai sourit, quand elle a cédé et a couru vers la porte d'entrée.

On a visité ensemble, et son émerveillement me faisait rire.

A la fin je lui ai demandé :

« alors ? »

« on choisit notre chambre ? »

On l'a choisit, et on a prit la plus isolée.

Celle qui était entre l'escalier et l'un des bureaux.

On regardait par la fenêtre, et malgré le temps maussade, la vue était paradisiaque.

Esmée travaillait plus de la moitié du temps de chez elle, et je savais que vivre ici serait merveilleux pour elle.

C'est elle qui m'a plaqué contre le mur…

J'ai ouvert de grands yeux :

« je n'ai pas de préservatifs… »

« moi si… »

Je l'ai alors retournée et c'est moi qui l'ai plaquée contre le mur.

Elle souriait et je l'ai embrassée dans le cou, léchant puis mordillant la fine et douce peau.

Nous nous sommes déshabillés au minimum, on était en novembre et la maison n'était pas chauffée.

Mais faire l'amour avec elle, même rapidement, debout contre un mur, était quand même fabuleux.

J'aimais la sentir douce et serrée contre moi.

J'adorais la voir partir dans le plaisir, se donner totalement à moi…

On a eu du mal à partir de la maison, cet après-midi là.

Dans la voiture, je me souviens l'avoir taquinée :

« Esmée…Je vais mettre une légère condition à l'achat de cette maison… »

Elle m'a regardé, ahurie :

« oui…prends la pilule d'abord ! J'en PEUX PLUS des préservatifs ! »

Elle a rit :

« j'ai RDV à Port Angeles dans 3 jours ! Mais pas pour la pilule pour un stérilet ! »

Du coup, j'avais doublement le sourire !

La réaction des enfants a été celle que nous attendions.

Edward, Jasper et Alice étaient des adolescents faciles.

Ils vivaient notre rapprochement sans souci. Avec une joie féroce dans le cas de Jazz et Alice, bien sur.

Edward avait besoin d'Esmée. C'était évident.

Elle lui apportait de la stabilité, comme à moi.

Et Jasper et lui avaient de vraies relations de fraternité.

Noël s'est bien passé.

Nous l'avons fêté dans ce qui était encore pour quelques jours ma maison.

Tout le monde a passé un bon moment, Rosalie a fait des efforts visibles.

J'ai fait très attention à lui offrir un cadeau personnalisé et qu'elle aimerait.

Bien sur, Esmée et surtout Alice m'ont conseillé…

Et quand Rose a ouvert le paquet contenant un sac miu miu, elle n'a pas pu cacher sa joie.

Un peu plus tard dans la journée, elle m'a lancé :

« ne crois pas pouvoir acheter mon affection ! »

« ce n'est pas mon intention Rosalie, je veux juste que tu saches qu'avoir un beau-père peut malgré tout avoir des avantages ! »

Elle a soupiré :

« disons que ça aurait pu être pire ! »

La fin de l'année a défilé à toute allure.

J'étais heureux.

Sous pression, ma vie prenait un sacré coup d'accélérateur.

Mais j'étais heureux, et nous l'étions tous, même Rose, dans le fond, l'était, bien qu'elle se donne beaucoup de mal pour le cacher !

Je n'oublierai jamais le soir du 2 janvier.

On avait passé la journée à déménager.

J'avais mal partout, Alice et Rosalie s'étaient disputées pour les horaires de la salle de bains (Rose avait fait un panneau avec des horaires précis qui bien sur ne convenaient pas à ma fille), Jasper et Edward étaient sur excités et jouaient au ballon dans le couloir du haut, Esmée tenait mordicus à installer sa batterie de cuisine avant de manger.

J'ai réussit à faire un feu dans la cheminée et on a mangé tous les 6 devant la cheminée, au milieu des cartons, engloutissant des pizzas à moitié froide (on avait pas encore retrouvé le micro onde et le four n'était pas branché).

Mais c'est un des meilleurs souvenirs de ma vie !

On s'est tous détendu, progressivement.

Il faisait nuit, et la cheminée a réchauffé la maison tout doucement.

On était tous assis sur le tapis, silencieux, fatigués.

On entendait les bruits de la nature au dehors.

Edward a été le premier à parler :

« on pourrait avoir un chien ! »

Rosalie, comme à son habitude systématique, a contredit Edward :

« Ah non! Plutôt un chat, qui serait à nous tous! ! »

Elle s'est immédiatement renfrognée, se rendant compte qu'elle avait ainsi validé notre existence en tant que famille.

J'ai sourit à Esmée :

« qu'en penses-tu ? »

« Et bien on pourrait aller au refuge animalier demain et se décider sur place! »

J'ai serré Esmée contre mon cœur, savourant la douceur du moment et mon, notre bonheur.

Jasper et Alice s'embrassaient dans la pénombre.

Edward souriait en regardant son piano et Rosalie fixait la cheminée, perdue dans ses pensées.

On est resté un long moment ainsi.

En paix.

Plus pour longtemps…