La réponse à beaucoup de questions...Je n'ai jamais dit que leur vie allait devenir malheureuse, hein, juste que ça n'allait pas être calme...^^

Carlisle PDV

Le début du mois de janvier a été merveilleux.

Vivre avec Esmée était formidable.

Je touchais du doigt l'expression « nager dans le bonheur ».

Bien entendu, nous avions ramené un chien et un chat du refuge...

Un chat pour Rosalie, et un chien pour le reste de la famille.

Rosalie avait jeté son dévolu sur une chatte à la patte malformée et elle passait beaucoup de temps à s'en occuper.

Visiblement, elle avait l'âme d'une infirmière. Ou d'une parfaite petite maman!

Je découvrais ce coté là de ma belle fille avec joie.

Je l'ai félicitée, d'ailleurs.

Les 3 autres s'occupaient de l'éducation du chien.

Ou plus exactement ils se battaient pour lui lancer une balle et lui donner sa nourriture.

Alice et Jasper ont essayé de nous gruger.

Le premier soir nous avons fermé les yeux sur le fait qu'ils se couchent dans la même chambre, mais le lendemain j'ai littéralement sorti ma fille du lit de Jasper.

Elle a râlé comme un putois mais j'ai eu gain de cause.

Ils ont retenté le coup tous les soirs pendant plusieurs jours.

Mais j'ai mit le chien dans le coup: je l'ai installé sur une couverture dans le couloir: dès que quelqu'un sortait dans le couloir, il aboyait de joie et je n'avais plus qu'à cueillir les coupables sur le fait.

Ils ont finit par laisser tomber, et se contenter des WE.

Emmett et Bella débarquaient pile le vendredi après-midi, un sourire radieux sur le visage.

Edward prenait alors un air extatique et j'étais heureux pour lui, et aussi pour Bella.

Ils étaient heureux ensemble, autant qu'Esmée et moi.

On a passé beaucoup de temps à s'aimer, Esmée et moi.

Nous étions totalement compatibles, physiquement et intellectuellement.

Je n'avais pas l'habitude d'avoir des rapports quotidiens, mais je l'ai vite prise!

Mais mi-janvier, elle a commencé à être fatiguée…

Plusieurs soirs, elle m'a envoyé paître, littéralement.

J'étais surpris, mais je voyais ses yeux cernés, et je ne disais rien.

Mais elle me réveillait pendant la nuit pour faire l'amour et j'en étais ravi.

La journée elle travaillait beaucoup, entre son métier et les taches ménagères liées à une grande famille, et quand un soir je suis rentré pour la trouver en train de pleurer tout en pliant du linge j'ai convoqué les enfants immédiatement.

« Ce n'est pas possible! Esmée ne peut pas tout faire! Nous devons tous participer, dans la maison! »

Alice a levé la main:

« On a qu'à tous avoir un jour de lessive, et chacun plie, repasse et range son linge? »

« Excellente idée Alice! D'autres suggestions? »

Silence absolu.

« Alors l'idée d'Alice est adoptée! »

Restait le problème du ménage,et de la préparation des repas…

Je rentrais souvent vers 20H00 et j'avais envie de profiter de mon temps de libre, et de mes WE. Alors j'ai tout simplement engagé une femme de ménage.

Pour les repas, j'ai du convaincre Esmée, qui, étrangement, se culpabilisait de ne pas cuisiner trois fois par jour:

« Chériez…Le WE on fait des repas plus élaborés, mais la semaine on ne mange à la maison que le soir, un plat de pâtes, de la salade, du jambon ou du poulet froid, ça ira très bien! »

J'étais inquiet: Esmée avait plus de mal à se faire à la vie d'une famille nombreuse que je ne l'aurais cru.

C'est exactement le 5 février que la crise a éclaté.

Nous étions tous dans la cuisine, et Esmée paniquait. Elle s'était endormie sur le canapé en fin d'après-midi, et du coup n'avait pas préparé le repas.

En rentrant j'avais demandé au enfants de venir nous aider.

Rosalie et Alice parlaient de la prochaine fête d'anniversaire de Jazz et Rose qui allaient avoir 17 ans le 16 février.

Edward, d'humeur taquine, prenait un malin plaisir à contredire Rosalie.

Ce n'était que des taquineries, et Rosalie elle même le prenait comme tel.

En fait, moi, je passais un bon moment, et Jasper, assis à coté de moi à table, en train d'éplucher des carottes riait aussi de bon cœur.

Rosalie a dit à Alice:

« Une soirée déguisée ça peut être sympa, aussi! »

Edward a rugit de rire:

« Ah ouais Rose, tu pourras te déguiser en mariée, tiens, se sera ta seule occasion de porter une robe de mariée! Emmett va bien se réveiller un jour ou l'autre et s'enfuir en courant! »

Alice, Jasper et moi avons éclaté de rire.

Rosalie a enchaîné:

« Toi t'as qu'à te déguiser en vampire! C'est tout ce que tu es! Tu es tellement collé à cette pauvre Bella qu'on dirait que tu ne peux pas vivre sans elle! Tu t'abreuves de son sang ou quoi?»

Nouveaux éclats de rire.

« T'as raison sur un point! Je ne peux PAS vivre sans elle! »

Edward a alors saisi une épluchure de carottes et l'a posée sur la tête de Rosalie, qui a crié, mi énervée mi amusée. Se saisissant des épluchures de pommes de terre à pleine main elle les a lancé vers Edward.

Celui-ci a secoué la tête faisant tomber les épluchures à terre et je m'apprêtais à leur dire de nettoyer quand Esmée s'est mise à hurler:

« MAIS VOUS ALLEZ ARRETER!J'EN PEUX PLUS DE VOS IDIOTIES! »

Elle tenait un torchon à la main et elle l'a soulevé en l'air, en donnant un vilain coup sur la tête d'Edward puis de Rosalie.

Un silence stupéfait est tombé dans la pièce.

Edward a ouvert la bouche, autant effaré que moi.

Rosalie a pâlit, a tourné les talons, a ouvert la porte de la cuisine et a disparu dans la nuit.

Esmée s'est effondrée en larmes sur une chaise.

Maîtrisant ma propre colère, je me suis adressée aux trois autres:;

« Montez dans vos chambres, on verra plus tard! »

Je me suis lancé à la poursuite de Rosalie.

Dehors, il faisait vraiment froid et je savais qu'elle n'avait pas pu aller bien loin: elle ne portait qu'un tee shirt et un short de coton.

Je l'ai retrouvée à coté des balançoires.

Elle sanglotait et quand je l'ai prise dans mes bras elle ne s'est même pas débattue.

« ROSE…Je suis désolé…Ta mère est très fatiguée je crois… »

« Je le savais! Je savais que ça allait se passer comme ça!Elle n'est plus ma maman! »

Elle grelottait et je l'ai soulevée dans mes bras et l'ai ramené à la maison.

Je suis monté et j'ai tapé à la porte d'Alice.

Elle m'a ouvert, en larmes.

« Aide Rose à prendre une douche chaude, je dois parler à Esmée! »

Alice a approuvé et je suis allé dans notre chambre.

Esmée sanglotait sur le lit et il m'a semblé ne plus la connaitre.

D'une voix plus froide que je ne l'aurais souhaité, je lui ai dit:

« Esmée…Il faut qu'on parle, là, ton attitude de ce soir est incompréhensible! »

Elle s'est relevée, son visage n'était plus qu'un masque de tristesse et surtout de fatigue:

« Je…Je suis désolée…Je ne voulais pas t'en parler mais c'est plus long que je ne pensais…Je ne tiens pas le coup! »

« Qu'est-ce qui se passe? Je ne comprends plus rien Esmée! »

« Ecoute moi!Je ne l'ai pas fait exprès, d'accord? C'est moi la plus embêtée, OK? »

« QUOI? Mais de quoi tu parles? »

Elle a fouillé dans son sac et m'a tendu une liasse de feuille.

Je les ai parcourues.

J'ai relevé la tête:

Elle reniflait.

« Tu es enceinte? »

Esmée PDV

J'étais vraiment heureuse de vivre dans cette maison.

Tout allait si bien, au début.

Quand on est revenu du refuge avec Nessie et Jake, j'ai comprit que ma fille s'était trouvé une place dans la famille. Un peu à part, mais une place tout de même.

Elle faisait grand cas de la petite chatte amochée.

Elle se la jouait dédaigneuse envers le chien, sous entendant qu'il ne ferait qu'une bouchée de sa petite chatte, mais le deuxième jour, quand elle a trouvé Nessie endormie entre les pattes de Jake, elle n'a rien dit, mais les a mitraillés de photos.

Tout se passait mieux que je ne le pensais, en fait.

Alice et Jasper filaient le parfait amour, comme Carlisle et moi.

Rosalie et Edward se disputaient sans cesse, mais sans réelle agressivité.

J'aimais beaucoup recevoir Bella, le WE. Emmett faisait partie des meubles, mais Bella était encore intimidée.

Elle m'aidait à cuisiner, Edward en remorque, et je savourais le calme de la jeune fille.

Ca me changeait du troupeau habituel.

Mi-janvier j'ai commencé à me sentir mal.

J'étais épuisée. En permanence.

J'ai prit du retard au travail.

J'attendais mes règles. Elles auraient du arriver le 8 janvier mais…Rien.

Je comptais et recomptais les jours, paniquée.

Le 20, j'ai vomit en me rendant à Port Angeles, et j'ai du me résoudre à l'évidence. J'ai acheté un test de grossesse, qui s'est avéré positif.

Je suis restée un long moment prostrée dans ma voiture, avant de rejoindre mon client.

Ce n'était pas mon jour de chance : c'était un client avec lequel j'avais eu des rapports plus que professionnels, jusqu'à ce que je rencontre Carlisle, et il ne prenait pas bien du tout mon éloignement.

J'ai d'abord réussit à rester professionnelle, réussissant à oublier le test dans mon sac, mais quand il a à nouveau tenté sa chance, me complimentant sur mon décolleté j'ai éclaté en sanglots.

Aro Volturi a paniqué :

« Hé ! Je te propose c'est tout ! Ne pleure pas ! »

« C'est pas ta faute ! J'ai prit de la poitrine parce que je suis enceinte figure toi ! »

Il est resté médusé et a reculé sur son fauteuil, avant de me servir un verre d'eau.

J'ai reniflé.

« Pardon… »

« C'est voulu ? »

« Pas du tout ! »

« Ton nouveau mec va le prendre comment ? »

J'ai réfléchit un instant.

Et la réponse s'est imposée à moi :

« Je ne vais pas le lui dire. J'ai 38 ans, lui 41 et nous avons 4 enfants à élever. Je…Je ne vais pas le garder ! »

Il m'a longuement regardée et a secoué la tête, le visage dur.

« Quoi ? »

« Il a le droit de savoir ! »

"Bon, on reprend le choix du parquet, s'il te plait!"

Il n'a pas insisté.

Je savais pourquoi je ne voulais pas en parler à Carlisle. Je n'aurais pas supporté qu'il pense que j'avais essayé de le piéger.

Je suis allé voir mon gynéco, à Port Angeles, dans la semaine. J'étais épuisée, totalement. Et dans ma tête les pensées se bousculaient.

Un bébé. De Carlisle, l'homme que j'aimais. Mais ce n'était pas possible. Ce n'était pas raisonnable, c'était…De la folie. Où alors, ce bébé était un cadeau inattendu ? Mais non, c'était définitivement impossible. Nous étions trop vieux, nos enfants trop grands.

Rosalie répétait à l'envie que nous n'étions pas une famille recomposée, mais une famille décomposée. Peut-être qu'un bébé la composerait une fois pour toute ? Oui, mais dans quelques années le bébé d'Alice et Jasper, pas le notre.

Mon gynécologue était effondré, et abasourdi:

"Je ne comprends pas! Depuis 5 ans que je pose cette marque de stérilet, vous être la première à tomber enceinte!"

Il m'a prescrit une prise de sang. J'étais bel et bien enceinte. Je devais le revoir le 10 février, pour une écho avant l'IVG, qui devait avoir lieu aux alentours du 20 février.

Je maudissais les délais d'attente.

J'étais malade, et si fatiguée que parfois je dormais dans la voiture après un RDV, parce que je n'étais pas capable de conduire...

C'était un poids, une pression, énormes. La culpabilité me guettait de tous les côtés.

Imposer un enfant à Carlisle. Me débarrasser d'un enfant… Je souffrais, et le secret me rongeait littéralement.

Je voyais que Carlisle et les enfants ne comprenaient pas ce qui m'arrivait.

Mes sautes d'humeur, surtout, les déroutaient.

Je n'étais pas du tout comme ça, habituellement.

Et j'ai craqué.

Frapper Rosalie et Edward, même si leur attitude me mettait à bout depuis des jours et des jours m'a rendu encore plus malade.

Et finalement, tout dire à Carlisle m'a soulagé d'un poids énorme.

Il est resté un moment stupéfait, après avoir comprit.

Puis il est venu me prendre dans ses bras.

« Esmée…Mais pourquoi tu ne me l'a pas dit ? »

« Parce que je ne veux pas que tu crois que je t'ai fait un bébé dans le dos ! C'est un accident, et je voulais régler ça toute seule ! »

« Tu as fait les démarches pour ?... »

« Pour une IVG, oui ! Je…J'ai 38 ans tu vois, j'ai passé l'âge… »

« Esmée…J'aurais voulu qu'on en parle, qu'on décide ensemble ! Je ne suis pas un salaud, je ne t'aurais pas accusée ! »

Dans ses yeux, la peine était visible.

« Pardon…Je suis désolée…Je ne sais plus ou j'en suis… »

Nous nous sommes allongés sur notre lit, enlacés.

J'étais infiniment soulagée d'avoir parlé.

Mais lui, qui venait de découvrir la nouvelle, passait par les mêmes étapes que moi un peu plus tôt :

« C'est un tel pied de nez…Tu es la mère idéale, celle que j'aurais voulu pour mes enfants, et quand ça arrive.. »

« C'est trop tard Carlisle… »

« Peut-être pas ! Tu es 38 ans, pas 48 ! Et on a les moyens de se faire aider ! »

« J'ai monté ma société en partant de rien, je suis arrivée là ou j'en suis à force de travail ! Je ne veux pas perdre ça, mais en même temps, il est hors de question que je fasse garder mon bébé 12 heures par jour…Carlisle…C'est juste impossible ! »

Il a reniflé.

« On peut prendre un peu plus de temps pour y réfléchir, quand même ? Si tu mets le raisonnable de côté, de quoi as-tu envie ? »

C'était un coup bas et j'ai éclaté en sanglots. Bien sur, bien sur que j'avais dans le fond terriblement envie d'élever un bébé avec un père qui serait à la hauteur, d'avoir un bébé de l'amour !

« Moi c'est pareil ! Je rêve d'avoir un bébé qui aurait une mère, pour changer ! »

Nous n'avons pas beaucoup dormit. Nous avons parlé, discuté, sans colère, sans reproches. Juste deux adultes qui tentent de faire pour le mieux.

Quand nous nous sommes levés, aucune décision n'avait été prise.

Je penchais, la mort dans l'âme, pour l'IVG et Carlisle aurait préféré garder le bébé, bien que reconnaissant la folie de la situation.

Mais nous étions deux, désormais, pour affronter l'épreuve.

En arrivant dans la cuisine, j'ai réalisé que j'allais devoir m'excuser auprès de Rosalie et d'Edward.

Les quatre enfants étaient là, silencieux et angoissés.

Jasper préparait le petit déjeuner.

Je me suis avancée pour parler à Edward et Rose mais l'odeur du bacon et des œufs m'a frappée de plein fouet.

La nausée m'a tordu le ventre avec violence et j'ai tout juste réussit à atteindre la poubelle, avant de vomir avec violence.

Ils ont crié, surpris et inquiets.

Carlisle a ouvert la fenêtre, Jasper m'a tendu des serviettes de papier.

J'ai réussit à articuler :

« C'est l'odeur du bacon et des oeufs ! »

Edward a attrapé la poêle et l'a mise dehors, sur le rebord de la fenêtre.

J'ai émergé de la poubelle, gênée et épuisée.

Carlisle m'a fait asseoir sur une chaise et Alice m'a servit un verre de lait.

Je l'ai remerciée d'une voix que je n'ai pas reconnue et j'ai porté le verre à mes lèvres.

Mais l'odeur du lait m'a soulevé le cœur à nouveau et cette fois je n'ai eu que le temps de me précipiter au dessus de l'évier pour vomir à nouveau, tremblante, soutenue par Carlisle.

Quand les spasmes se sont un peu calmés, j'ai rincé l'évier, puis je me suis retournée vers eux.

Ils me dévisageaient, interloqués.

J'ai ouvert la bouche pour mentir, mais Rosalie m'a prise de court :

« Maman…Tu…Tu es enceinte, c'est ça ? »

Pour avoir une idée de leur décision,et plus généralement de ce qui va se passer, je vous renvoie juste au titre de la fic...

Par contre; à partir de maintenant cette fic ne sera sans doute plus mise à jour qu'une fois par semaine, sauf si je peux écrire plus que je ne le prévois pendant les vacances.

Je suis en vacances demain soir avec mes enfants et j'ai plein d'activités prévues avec eux! Dont du serviettage et autre bricolage!