Esmée PDV

Au petit matin du 3 aout, je me suis réveillée un peu après 5H00 du matin.

A mes cotés, Carlisle dormait encore , profondément.

Il faisait chaud, dehors, je le voyais à la luminosité qui entrait déjà dans la chambre.

Heureusement, à l'intérieur, l'air conditionné rendait l'atmosphère agréable.

Je me suis levée, courbaturée et vaguement angoissée.

J'ai du aller faire pipi, pour la millième fois de la nuit au moins…

Puis je me suis recouchée, et de manière très inattendue, je me suis rendormie, plus profondément que depuis des semaines.

Je me suis à nouveau réveillée, vers 10H00 du matin.

La maison était très calme, et je me suis souvenue que Emmett devait amener les filles, à savoir, Rosalie, Alice et Bella, à Port Angeles, parce que Nessie, la petite chatte de Rose, mais qui finalement appartenait à toute la famille, avait un RDV chez le vétérinaire.

Aucune des filles n'était majeure, mais Emmett si, et il allait signer la décharge pour l'opération de sa patte.

Carlisle ne devait plus travailler à partir du lendemain, et il devait actuellement être en pleine opération.

Vu le silence dans la maison, Edward et Jasper devaient encore dormir.

Je me suis extirpée hors du lit, et Jake est venu me faire fête.

Je l'ai caressé un bon moment, avant de me rendre dans la cuisine.

J'ai mit de l'eau à bouillir pour le thé, et j'ai vu Edward arriver, seulement vêtu d'un boxer noir, les cheveux totalement emmêlés, les yeux encore gonflés de sommeil et un petit sourire affectueux en coin.

Il m'a déposé un baiser sur la joue:

« Salut m'man! »

« Bonjour mon grand! »

Il m'a prit la bouilloire des mains et a entrepris de préparer le petit déjeuner.

Jasper a surgit immédiatement, portant lui aussi juste un boxer, gris foncé dans son cas, et l'air aussi peu réveillé qu'Edward.

« Ca va maman? Toujours 3 en 1? »

« Toujours! »

Aie-je répondu gaiement, tandis qu'Edward riait en regardant la montagne que formait mon ventre.

Jasper s'est mit à tartiner des toasts et m'a empêché de préparer le plateau.

Alors je suis sortie sur la terrasse pour les attendre, je me suis installée dans un fauteuil, contemplant les balançoires, tout en grattant la tête de Jake, qui ne me lâchait pas d'une semelle depuis mon lever.

Je me sentais barbouillée, et Jane appuyait si fort sur mon utérus que ça en était vraiment douloureux.

J'avais hâte d'en finir.

Les garçons sont arrivés avec le plateau et j'ai siroté mon thé, mais je n'ai pas pu avaler la moindre bouchée de toast ou d'œufs brouillés.

Je me sentais bizarre, et au bout de quelques minutes, je me suis aperçue que Jazz et Edward me fixaient, inquiets.

« Ca va maman? »

A demandé Edward, les sourcils froncés.

« Oui, c'est juste que j'ai mal par moment… »

« Tu crois que ça commence? »

A insisté Jasper, le visage tendu.

« Non, je n'ai pas si mal, ne vous en faites pas! »

Mais je n'ai pas pu me lever pour aller m'habiller, trop mal fichue…

Les garçons ont été adorables, comme ils savaient faire, et ont rangé la table, me proposant un peu plus de thé.

J'avais la nausée.

Les bébés ne bougeaient pas beaucoup mais une sensation de pesanteur me tiraillait les entrailles.

Je portais un pyjama short de grossesse en fin tissu blanc et je me suis aperçue que je transpirais tellement qu'il collait à mon torse et mon ventre, en devenant transparent.

Gênée , j'ai demandé à Jasper de bien vouloir me ramener des vêtements.

Edward et lui étaient en train de jouer avec Jake, et Jasper m'a rapidement ramené un fin pantacourt en lin noir et une blouse de coton que j'aimais beaucoup, couleur taupe.

J'ai demandé aux garçons d'aller à l'intérieur, le temps que je m'habille, et ils ont filé avec le chien.

J'ai eu un mal fou à m'habiller.

Je n'ai pas réussit à mettre mes sandales, et je me suis contentée de remettre mes tongs de cuir.

La douleur était vive à présent, et j'ai rappelé les garçons, me demandant si le travail ne commençait pas pour de bon.

Ils ont commencé à se baigner, et moi j'ai arpenté la terrasse en long en large et en travers, incapable subitement de rester assise.

Je n'avais jamais eu de contractions d'accouchement, parce que pour Jazz et Rose la césarienne avait été programmée, mais j'étais à peu près sure que c'était ça.

La douleur était sourde, intense , rythmée, et me faisait gémir, à présent.

L'assistant de Carlisle m'a appelée 3 fois, et les 3 fois j'ai mentit, lui disant ressentir de légères douleurs, alors que cela devenait intense.

Mais je savais que j'avais le temps ,avant que cela devienne sérieux.

Du moins…Je le croyais!

Edward a eu Bella 6 fois au téléphone en 2H00 et Jasper a également appelé Alice plusieurs fois.

L'opération de Nessie se passait bien.

J'en étais ravie.

Vers 13H00, Edward et Jasper sont sortis de la piscine, affamés, et ont proposé de faire griller des saucisses.

Rien que l'idée me soulevait le cœur mais j'ai malgré tout approuvé.

Edward était en train de piquer les saucisses tandis que Jasper allumait le feu, tout à coté de moi, quand un événement que je n'avais pas du tout prévu s'est produit.

J'ai perdu les eaux.

Debout, à coté du barbecue…

Ca a tout éclaboussé dans un rayon de 2 m alentours, y comprit les jambes nues de mes fils.

La honte m'a submergée, devant les visages totalement effarés de Jasper et Edward…

Pas longtemps.

Parce qu'une douleur atroce m'a envahie me faisant crier, et même ployer les jambes.

J'ai crié autant de surprise que de douleur.

En une seconde je me suis retrouvée soulevée de chaque côté par mes fils, affolés.

« Maman! On appelle une ambulance! »

« Non! Jasper calme toi! Ce n'est que le début! On va y aller par nos propres moyens! »

Mais Edward appelait déjà son père…

Bien sur il est tombé sur l'assistant:

« Vous pouvez dire à mon père que ma mère est en train d'accoucher? Elle a perdu les eaux! Oui! Il y en a de partout! »

Il a raccroché tandis qu'une nouvelle contraction m'envahissait, me faisant crier à nouveau.

Jasper menaçait de s'évanouir, plus pale qu'un vampire, et Edward lui a tapoté les joues, pour l'aider à ne pas tomber.

Sans que je ne puisse les en empêcher, les garçons m'ont trainées jusqu'au fauteuil de jardin le plus proche, et ont commencé à se tordre les mains en tournant sur lui-même, pour Jasper, et à s'agiter dans tous les sens, pour Edward.

En attendant que Carlisle rappelle, j'ai comprit qu'il fallait les canaliser…

« Edward! Jasper! Allez donc chercher les valises! »

Ils ont filé d'un seul mouvement avant de revenir au bout de 3 secondes, comme un seul homme.

«Jazz, reste avec elle, tiens lui les mains, je m'occupe des valises! »

A intimé Edward à son frère.

Jasper a broyé ma main dans les siennes, tout en hurlant à l'attention d'Edward:

« Pourquoi c'est moi qui reste avec elle? »

« T'es son fils! »

A crié Edward depuis le couloir.

« TOI AUSSI! »

A beuglé Jasper, affolé.

Ils ont réussi à me faire rire!

Jasper, en short de bain, totalement paniqué, a tenté de reprendre le contrôle de lui-même:

« Ca va maman, ça va aller, c'est sur , hein! Je vais appeler Rosalie pour qu'elle me dise ou est son livre sur l'accouchement pour savoir quoi faire, en attendant tu NE BOUGES PAS! OK? »

Je n'ai pas pu lui répondre, parce qu'une nouvelle contraction m'a faite hurler, avec la douce impression que mon ventre était attaqué au lance flamme.

De l'intérieur.

Jasper a réussit à dégager une de ses mains des miennes et a téléphoné.

J'ai comprit qu'il avait Carlisle en ligne à un petit détail:

« PAPAAAAAA! C'est Jasper! »

« papa »…Tiens donc…Mais une nouvelle contraction démoniaque m'a prise de nouveau ,coupant cours à toute réflexion, tandis que Jazz beuglait dans le téléphone:

« Elle a mal! Elle crie! ET FORT! Il faut lui faire une césarienne! MAINTENANT! »

Evidemment je n'ai pas entendu ce que Carlisle lui a répondu mais après avoir raccroché Jasper s'est tourné vers moi:

« IL ARRIVE! »

Edward est revenu, ployant sous le poids de plusieurs sacs bourrés à craquer.

Il s'est adressé à Jasper:

« Je le savais que c'était pas une bonne idée de laisser Alice préparer les valises pour la maternité! »

Les contractions se sont accélérées, et malgré tous mes efforts je ne parvenais pas à retenir mes cris.

Jasper et Edward, ensemble ou alternativement, me tenaient les mains, me passaient de l'eau sur le visage, et téléphonaient à leurs chéries et/ou sœurs respectives.

Vaguement, j'ai comprit que Nessie était laissée seule à la clinique vétérinaire, et qu'Emmett et les trois filles se rendaient directement à l'hôpital de Port Angeles.

J'ai vu la voiture de Carlisle débarquer sur les chapeaux de roue et j'ai su que j'allais enfin pouvoir me reposer sur lui.

Carlisle PDV

Heureusement, quand Marcus, mon assistant m'a prévenu que ma femme était en train d'accoucher, le plus gros du travail était fait.

J'ai finit les dernières sutures sur la rate de mon patient, et j'ai laissé Marcus se charger de la fin de l'opération.

Mon cœur battait à tout rompre.

Le grand jour était arrivé!

J'ai roulé en tachant de maitriser ma vitesse, recevant 5 appels de Rosalie, qui m'a quasiment percé un tympan, tant ses cris d'excitation étaient perçants!

En me garant devant la maison, j'ai éclaté de rire.

Esmée était assise sur un des fauteuils du salon d'extérieur, Edward et Jasper, autour d'elle, en short de bain, lui tenaient les mains, tandis que le chien, la tête appuyée sur les genoux d'Esmée, la regardait d 'un air inquiet.

Une montagne de valises les entouraient .

J'ai bondi hors de ma voiture et me suis précipité vers ma femme:

« Esmée, ça va? »

« Ben…J'ai mal, vraiment mal! Je veux une césarienne! »

Jasper est intervenu:

« Elle crie à chaque contraction! C'est pas normal qu'elle souffre autant! Bon sang papa, fais quelque chose! »

Edward, pour bien approuver les dires de son frère m'a montré sa main, ou de très visibles marques de dents étaient apparentes:

« Regarde! Elle m'a même mordu tellement elle souffre! »

J'ai prit ma femme par les épaules et j'ai tenté de rassurer tout le monde:

« La douleur des contractions est assez impressionnante, mais ne vous en faites pas, on part tout de suite, et tu auras une péridurale ma chérie! Habillez-vous les garçons! »

Ils ont enfilé chacun un bermuda et une chemise à manche courte qu'ils n'ont pas prit la peine de boutonner, et ils ont chargé les valises dans le coffre de ma voiture.

Pendant ce temps, je me suis accroupi auprès de ma femme et j'ai minuté les contractions avec elle.

Elle en a eu 3 en moins de 10 mns, et quand elle m'a mordu à mon tour, j'ai comprit que le travail était plus avancé que je ne le pensais.

Elle s'est allongée à l'arrière, mais ni Edward ni Jasper n'étaient en état de conduire, alors j'ai assis Jasper de force à l'arrière, près de sa mère, et j'ai prit le volant, Edward à mes cotés.

Le trajet jusqu'à Port Angeles prenait normalement 45 mns, mais là j'ai mit plus d'une heure, car je ne voulais pas trop bousculer ma femme, et on s'est arrêté plusieurs fois, pour qu'elle puisse sortir et se mettre en position accroupie, accrochée à mon cou, cela la soulageait.

Une fois enfin à la maternité, Rosalie a surgit de nulle part et s'est jetée sur sa mère.

Alice avait déjà réquisitionné un fauteuil roulant sur lequel on a installé Esmée en toute hâte, et nous nous sommes dirigés en troupeau très indiscipliné vers les salles d'accouchement.

La sage femme au bureau d'accueil a eu un mouvement de recul en nous voyant surgir, ce que je ne pouvais que comprendre: je poussais le fauteuil, Esmée, gémissait fortement, sa main ancrée dans celle de Rosalie, Bella et Alice courraient à nos cotés, et nous étions suivis par Edward, Jasper et Emmett, portant chacun deux énormes sacs…

Mais ce n'est que quand la sage femme a dit, d'un ton très ferme:

« Pas de chien dans l'enceinte de l'hôpital! »

Que je me suis rendu compte que Jake avait réussi à monter dans la voiture, et nous avait suivi, la langue pendante et la queue remuante…

J'ai tendu mes clés de voiture à Emmett, qui est allé ramené le chien.

Pendant ce temps, la sage femme est entrée dans la salle d'accouchement avec Esmée, et m'a montré l'endroit ou enfiler une tunique bleue, ainsi que des sur chaussures.

Rosalie est entrée avec moi et je l'ai saisie par les épaules au moment ou elle s'emparait d'une tunique:

« Rose…C'est MA femme et ce sont MES enfants! C'est MOI qui entre! Je ressors après pour vous donner des nouvelles, et je te jures que tu pourras entrer l'embrasser, mais c'est MOI qui accompagne ma femme lors de son accouchement, je suis bien clair? »

Elle a hoché la tête, et a fondu en larmes.

Jasper l'a prit dans ses bras, j'ai déposé un baiser sur la tête de Rosalie, ennuyé de la voir ainsi pleurer, puis je suis entré dans la salle d'accouchement.

Esmée masquait comme elle le pouvait sa panique, mais quelque chose dans son expression m'a clairement indiqué que ,finalement , j'allais peut-être du laissé Rosalie assister à la naissance à ma place…

La sage femme m'a sourit:

« Elle est à 8 cms! C'est formidable! »

Mais Esmée n'avait pas l'air de partager cet avis: elle m'a saisi par la tunique bleue et m'a secoué comme un prunier:

« Elle dit que c'est trop tard pour la péridurale! Que l'anesthésiste est occupé et que le temps qu'il arrive je serai en train de pousser! Mais c'est hors de question tu m'entends Carlisle? Tu vas aller me chercher cet anesthésiste c'est comprit? »

J'ai déposé un baiser sur son front en sueur et je lui ai dit:

« Je m'en occupe mon amour! »

Je suis ressorti, collant un sourire encourageant sur mon visage et Rosalie est entré à ma place.

J'ai dit aux enfants:

« Tout se passe bien, ça devrait être bientôt fini! »

J'ai marché jusqu'aux salles d'opération et j'ai sonné.

Je connaissais l'infirmier qui est venu me répondre, et je lui ai expliqué la situation rapidement.

L'ai navré, il m'a confirmé que l'anesthésiste était indispensable: on opérait d'une tumeur une personne âgée et cardiaque, il ne pouvait quitter son poste.

J'ai alors téléphoné à l'anesthésiste de l'hôpital de Forks, qui m'a juré sauter en voiture et arrive rle plus vite possible.

Je suis retourné auprès de ma femme.

Rosalie était déjà dans le couloir et je l'ai regardé, surpris.

Elle a haussé les épaules:

« C'est atroce! Elle a mal, et elle m'a fait mal, elle m'a serré le bras comme une dingue! »

Edward a agité sa main devant le nez de sa sœur:

« Et encore te plains pas! Moi elle m'a mordu! »

Je suis entré dans la salle d'accouchement, passablement inquiet…

Esmée pleurait, et m'a tendu les bras.

Je l'ai serrée contre moi:

« Peter, l'anesthésiste de Forks, arrive! »

« HEIN? Mais il sera pas là avant près d'une heure! »

« C'est le mieux que je puisse te proposer, celui d'ici ne peux vraiment pas venir! »

Une autre contraction est venue, et malgré mon empathie pour sa souffrance, j'étais vraiment heureux de constater que tout se passait bien.

Encore mieux que je ne l'avais espéré.

La gynécologue de garde est arrivée et Esmée l'a attrapée par le bras:

« C'est horrible! Je n'en peux plus! JE VEUX UNE CESARIENNE! »

La gynéco l'a dévisagée et a éclaté de rire:

« Vous voulez rire? Vous accouchez sans souci, aucune raison de faire une césarienne voyons! N'est-ce pas Carlisle? »

J'ai haussé les épaules, prenant grand soin de ne prendre partie ni dans un sens ni dans l'autre.

Une autre contraction a coupé cours à la discussion et Esmée m'a broyé chaque phalange avec détermination. Je n'allais pas pouvoir opérer avant un bon moment!

La gynéco a examiné Esmée pendant la contraction, commentant avec enthousiasme:

« Génial! C'est parfait! La tête du premier bébé est en excellente position! Ca va être du gâteau! »

Esmée l'a littéralement insultée:

« Bon sang mais vous m'avez fait mal! Vous êtes dingue ou sadique? »

La gynéco a hurlé de rire:

« Mais c'est que ça fait mal d'accoucher, vous savez! Mais dans votre cas c'est bientôt terminé, ne vous en faites pas! »

Je me suis dandiné, mal à l'aise.

Je venais de me rappeler que cette gynéco portait le prénom de Jane, et j'avais très peur qu'Esmée ne le lise sur son badge et refuse d'appeler ainsi notre fille.

On nous a laissé seuls un moment et Esmée s'en est prit à moi pendant une demi heure, entre chaque contraction.

Le moins qu' on puisse dire, c'est que j'en ai prit pour mon grade…

« TU ES UN MENTEUR CARLISLE CULLEN! JE DEVAIS AVOIR UNE CESARIENNE SI JE LE DEMANDAIS ET AU FINAL JE ME RETROUVE A ACCOUCHER SANS MEME UNE PERIDURALE! »

« MAIS FAIS QUELQUE CHOOOOOOOSE! »

« VA CHERCHER L'ANESTHESISTE! JE T'EN SUPPLIIIIIIIIE! »

« FAIS MOI LA TOI LA CESARIENNE! »

« JE TE DETESTE! »

« JE VEUX DIVORCER! »

La gynéco est alors entrée, tout sourire:

« Ah, elle demande le divorce, on ne doit pas être bien loin de l'expulsion! »

Juste derrière elle, mon ami Peter est entré, essoufflé:

« Je suis là, allez, on y va pour la péridurale Esmée! »

Ma femme l'a regardé comme s'il était une apparition divine, et Jane (la gynéco) a levé les yeux au ciel, puis m'a soufflé:

« C'est trop tard! »

« Je sais, mais ne compte pas sur moi pour le lui dire! »

Esmée a prit la position semi assise nécessaire à la pose de la péridurale, mais à peine Peter avait-il commencé, les mains encore humide du lavage, à préparer ses instruments, qu'Esmée a gémit:

« CA POUSSE TOUT SEUL! »

Peter s'est relevé, impuissant, et la sage femme a aidé Esmée à se remettre en position sur le dos, et l'a examinée:

« Elle est à totale et la tête est bien engagée… »

Je me suis emparé de la main d'Esmée qui n'en menait pas large:

« Carlisle…Je n'y arriverai pas! J'ai trop mal, je suis trop fatiguée, Je…Je suis trop vieille! »

Je n'ai rien répondu, me contentant de l'embrasser et de caresser son front, tout en regardant la sage femme et la gynéco préparer les instruments et les champs stériles.

Esmée a continué:

« Carlisle! Je te jure que j'en suis incapable! »

Alors, instinctivement, j'ai trouvé les mots:

« Je te croie mon amour, je te demande juste d'essayer de pousser au moins deux ou trois fois, et si ça ne se passe pas bien, elle te mettra les forceps , d'accord? »

« Une seule fois! »

« Au moins deux ma chérie! Tu peux le faire, je vais t'aider, je suis là, je t'aime tu sais, je suis très fier de toi! »

« Moi je te déteste! »

La gynéco a rit et s'est adressé à la sage femme:

« Elle déteste son mari et elle est en pleine phase de désespérance, ça sera bientôt le moment! »

Et effectivement, sur la contraction suivante, ma femme a commencé à pousser…

J'avais assisté à nombre d'accouchement, j'avais moi-même pratiqué la césarienne de la mère biologique d'Edward et Alice, mais là…

Rien ne m'avait préparé à ça!

Esmée a poussé une première fois, m'a regardé, l'air surprise:

« Je …Je suis obligée de pousser! Ca me soulage! »

J'ai sourit, malgré ma propre peur et mon émotion intense.

Elle a poussé, encore et encore.

Au terme de 12 minutes d'efforts expulsifs, la gynéco m'a dit de regarder.

Une petite tête noire de cheveux était en train d'apparaitre.

Une poussée de plus et notre fils naissait!

J'ai aidé Esmée à attraper le bébé par les bras et à la poser sur sa poitrine, tandis que la gynéco dégageait le deuxième bébé.

Jane a immédiatement rejoint son frère tout contre la poitrine d'Esmée, qui , épuisée, ne réalisait pas bien.

Mais je lui ai dit, avec autant de douceur que possible:

« Regarde! Ils sont là! Nos bébés! »

Elle les a regardé, et a fondu en larmes avec moi.

Ils n'étaient pas si petits que ça, du moins ils étaient bien plus gros qu'Edward et Alice à la naissance.

Ils n'étaient prématurés que de 3 semaines et respiraient de manière efficace et autonome.

Esmée les embrassait, encore et encore, et je ne pouvais m'arrêter de les caresser;

Nous étions dans notre bulle de bonheur, et il a fallu en sortir pour examiner rapidement les bébés.

Ils allaient bien.

Jane pesait 2kgs 500 et le petit garçon 2 kgs 750.

Jane était blonde, et ressemblait beaucoup à Jasper et Rosalie.

Le petit, lui, était le portrait craché d'Alice.

Esmée me l'a dit:

« On dirait Alice! Regarde! Il a la même moue qu'elle! »

Alors ça m'est venu d'un seul coup!

« Il faut l'appeler Alec alors! »

Esmée a approuvé immédiatement:

« Oui! Alec et Jane! »

La gynéco, occupée à vérifier l'intégrité du placenta qu'Esmée venait d'expulser s'est écriée:

« Jane? Comme moi! »

Esmée l'a regardée, puis a froncé les sourcils et m'a dévisagé:

« Trop tard! On y est habitués! C'est Jane! »

« Mmmmhhh….. »

«Visiblement ,ma femme n'appréciait vraiment pas la grande Jane!

Quand Esmée a été un peu nettoyée, et les bébés calés contre elle, chacun un sein dans la bouche, j'ai fait entrer les enfants quelques minutes.

Rosalie et Alice en premier, qui n'ont pas prononcé une seule paroles, sanglotant d'émotion tout du long, puis Jasper et Edward, qui sont entrés en se la jouant décontractée mais qui ont eux aussi fondu en voyant les bébés, retenant leurs larmes à grand peine.

Puis, pour finir, Emmett et Bella, qui ont, finalement, été les seuls à sortir quelques mots, essentiellement pour nous féliciter et nous dire à quel point nos bébés étaient beaux. Mais ça, on le savait déjà.

Une fois dans la chambre, nous avons simplement profité de notre bonheur.

Esmée était épuisée, mais le bonheur lui donnait de l'énergie.

Alice, qui savait qu'on avait appelé son petit frère Alec en raison de leur ressemblance frappante, ne se tenait plus de fierté.

J'ai cru mourir de rire en entendant Edward se vanter auprès de Bella:

« Oui, je t'assure, aucun souci, avant que mon père arrive j'ai aidé ma mère, je lui tenais la main, tout ça, hein Jazz? »

« Ouais, moi aussi! »

« Oui oui! »

Esmée m'a fait un clin d'œil, amusée.

Visiblement Alice et Bella se sont laissées duper, mais on en avait cure.

On regardait nos enfants nouveau-nés et on était heureux.

La phase de désespérance est une phase très courante: elle survient tout à la fin de l'accouchement, juste avant la phase d'expulsion, et se caractérise par un intense désespoir maternel, avec des suppliques du genre « tuez moi » et parfois une grande agressivité vis-à-vis du conjoint et du personnel médical (personnellement, pour la naissance de mon fils, j'ai dit à la sage femme que je ne voulais pas pousser et qu'elle allait devoir attraper mon bébé, juste après je me suis mise à pousser comme une furie et mon bébé est né en 3 poussées, en moins de 4 minutes, le tout sans péridurale, et avec un mari à moitié évanoui. Ahem^^)