Voilà le dernier chapitre de cette fic…Je suis un peu nostalgique…Il y aura un bonus centré sur Edward et Bella, puis ce sera vraiment finit…
Merci de m'avoir lue, je ne savais vraiment pas, en me lançant dans cette fic centrée sur Esmée et Carlisle, si elle allait pouvoir plaire. Ca a été le cas et c'est une grande satisfaction personnelle! Alors…Merci encore!
Esmée PDV
Les bébés ont grandit.
Très vite, ce qui est souvent le cas des bébés de petit poids de naissance.
A 3 mois, ils avaient récupéré une taille et un poids normaux pour leur âge, et Alec dépassait notablement sa sœur, à présent.
J'avais craqué quand ils ont eu deux mois et demi , tellement j'étais fatiguée avec les tétées incessantes et Carlisle m'a obligée à leur donner un biberon de lait le soir, arguant que nos enfants avaient besoin d'une mère vivante et en bonne santé, pas d'une martyre!
On a réussit alors à mettre en place un rythme: j'allais me coucher vers 21H00 après une mini tétée câlin et alors Carlisle leur donnait un biberon et les couchait dans leur lit commun. Ils ont commencé peu après à faire leurs nuits et tout à coup c'est devenu vivable!
Le mois de septembre avait été très dur pour moi.
Carlisle avait repris le travail et les ados étaient retournés au Lycée la même semaine.
Je me retrouvais seule pour tout gérer!
Tous les quatre, en outre, préparaient leur graduation et je ne voulais pas que Rose passe trop de temps à s'occuper de son frère et de sa sœur.
J'ai vite comprit que j'allais devenir dingue, enfermée à la maison toute la journée, surtout isolée comme je l'étais.
Après la naissance de Jazz et Rose, j'avais reprit la fac à peine un mois après ma césarienne, et mes enfants allaient en crèche toute la journée.
Ca ne les avait pas tué, même si je regrettais de ne pas en avoir assez profité quand ils étaient bébés. Je les avais allaités aussi, mais seulement trois mois. Avec Jane et Alec, je voulais vraiment un allaitement long, même s'il devenait partiel.
Alors, un soir de la fin du mois de septembre, j'ai pratiquement prit Carlisle à la gorge:
« On va recruter une nounou pour les bébés! J'ai BESOIN de faire autre chose! De travailler! D'avoir un rythme d'adulte! Au moins à mi-temps! »
Il a levé les mains en l'air et m'a sourit:
« OK, OK! Je comprends, et tu le sais! »
Mais trouver une nurse a été assez compliqué, à Forks.
Pour en finir, nous avons recruté une jeune amérindienne, à peine plus âgée que nos enfants et sans véritable qualification mais qui était enjouée et dynamique.
Leah aimait les enfants, c'était une évidence.
Elle a écouté mes exigences sans piper mot et elle a accepté le fait de devoir donner du lait maternel à la tasse à bec à mes enfants quand je m'absenterais.
Nous avons convenu qu'elle viendrait tous les jours de 9H00 à 15H30, et sans doute plus par la suite.
Rosalie, au début, a prit l'arrivée de Leah comme une offense personnelle.
Elle a fait une crise de jalousie, persuadée que les bébés allaient aimer Leah plus qu'elle.
J'étais assez agacée par son attitude et c'est Carlisle qui s'est chargé de remettre les points sur les i avec ma fille.
Et puis, bien entendu, Leah et Rosalie sont devenues copines très vite!
J'ai alors trouvé un équilibre, et c'était vraiment bien!
Je n'ai pas eu trop de mal à me refaire une place dans ma profession, ayant quitté le milieu depuis moins d'un an. Certains marchés m'étaient passés sous le nez, forcément, mais je n'avais pas d'épée de Damoclès financière sur la tête, grâce à Carlisle, et j'ai décidé de ne pas m'en faire. Je savais bien que je ne pourrai plus me donner autant dans mon job, de toutes façons, avant que Alec et Jane aient au moins 4 ou 5 ans. C'était pareil pour Carlisle, qui limitait ses heures de garde, parce que nous voulions voir nos bébés miracles grandir!
Début octobre, Carlisle et moi sommes sortis le soir tous les deux, pour la première fois depuis la naissance des jumeaux.
Officiellement, nous en avions confié la garde à Rosalie, qui passait la soirée à la villa avec Emmett.
Ce dernier était entré dans une école de mécanique, et ils ne se voyaient plus que les soirs et les WE, ce que Rose vivait comme la fin du monde…
Mais en fait, quand on est partis, les 6 ados étaient là.
Jasper faisait rire Jane et Bella serrait Alec dans ses bras.
Je me suis sentie un peu bizarre, quand nous sommes entrés dans le restaurant ou nous avions eu notre premier RDV, exactement un an plus tôt…
Carlisle PDV
Un an.
Une année entière s'était écoulée!
J'avais du mal à y croire.
Il me semblait que c'était hier que je me rendais en catastrophe dans le bureau du proviseur, parce qu'Edward s'était battu avec un camarade. Je me souvenais si bien de ce que j'avais ressenti en voyant Esmée pour la première fois.
Je l'avais trouvée belle, sensuelle, avec tellement de classe, de féminité…Et son attitude dans le bureau, à la fois calme, déterminée et posée m'avait plu. J'avais pensé que je l'aurais voulue elle, comme mère de mes enfants!
Et moins d'un an plus tard cela s'était réalisé!
Esmée était devenue ma femme, et la mère de nos enfants. Nos bébés, bien entendu, dont j'étais si fier et si amoureux, mais aussi d'Edward et Alice.
Mes petits écorchés vif, qui s'étaient tellement épanouis depuis que nous formions une famille.
J'étais bien, heureux.
Nous avons parlé, bien entendu.
Nous avons ri en nous remémorant nos débuts, les disputes de Rose et Edward, qui perduraient, hélas, les amours de Jasper et Alice, qui perduraient aussi, à notre plus grande joie et l'histoire d'amour passionnée entre Bella et Edward, qui était toujours aussi belle et intense.
Et puis, à un moment, j'ai senti Esmée se tendre et je l'ai vue se tortiller sur son siège.
Elle se crispait et mon cœur s'est affolé.
Un horrible moment j'ai eu peur qu'elle ne veuille s'enfuir, elle aussi.
Des flash back terribles m'ont assaillis.
Ma gorge s'est desséchée, j'ai prit ses mains dans les siennes et , rassemblant mon courage je lui ai demandé:
« Qu'Est-ce qui t'arrive Esmée? Et ne me dit pas rien, je vois que tu as un souci! »
Elle m'a sourit et s'est penchée vers moi:
« J'ai des fuites de lait… »
Le soulagement a été brutal et intense.
J'ai regardé ma femme et j'ai éclaté de rire, sans pouvoir me retenir.
Elle était gênée et essayait de me faire taire:
« Carliiiisle! Chuuut! Mais chuuuuuut! Tout le monde nous regarde! »
Mais je ne pouvais lâcher ses mains ni arrêter de rire. Finalement, je me suis penché sur elle et j'ai cherché ses lèvres.
Puis je lui ai passé ma veste, pour qu'elle cache les auréoles qui se formaient sur le devant de sa robe, heureusement noire!
Elle a secoué la tête:
« Je n'ai pas amené de tire lait! »
« On va devoir partir, alors? On a pas eu de dessert! »
Elle a rosit:
« Tu peux peut-être m'aider? »
Je l'ai dévisagée sans comprendre.
Puis tout s'est éclairé et j'ai approuvé.
Nous nous sommes levés et approchés du serveur. J'ai prit ma voix de médecin:
« Excusez, moi, ma femme qui a accouché il y a peu a un léger malaise, je vais la faire étendre quelques minutes dans la voiture et nous revenons dès qu'elle se sentira mieux. Prenez donc ma carte bancaire en guise de caution! »
« Bien entendu Monsieur…Madame, voulez-vous que nous appelions un médecin? »
« Inutile, mon mari est justement médecin! »
Nous sommes sortis, tandis que je lui tenais le bras.
Dans la voiture, toutes lumières éteintes, elle a défait sa robe à tâtons et j'ai cherché sa bouche.
Nous nous sommes embrassés un moment puis j'ai trouvé ses seins, durs et gonflés, en effet!
J'ai tété un peu, en riant, et elle riait plus que moi.
Mais j'ai réussit à vider suffisamment ses seins pour éviter la catastrophe!
J'étais plus qu'excité, du coup mais il fallait retourner dans le restaurant avant qu'ils n'appellent les pompiers ou la police!
Nous avons fini notre repas en riant, et en nous faisant du pied sous la table.
Je retrouvais la Esmée de débuts, mutine et débordante de joie de vivre!
Rentrés à la maison, les bébés, ô joie, dormaient tous les deux!
Esmée s'est jetée sur le tire lait et Emmett, Edward et Jasper ont précipitamment quitté le salon.
Esmée avait décidé que dans le cadre d'un allaitement les seins d'une femme n'ont plus rien de sensuel et elle refusait de se cacher pour allaiter ou tirer son lait, sans non plus exhiber ses seins à tout va.
Mais les ados males de la famille ne vivaient pas les choses aussi bien qu'elle!
Une fois qu'elle a eu tiré son lait, tout en parlant avec Alice, Rosalie et Bella, nous sommes allés nous coucher.
Nous avions déjà eu des rapports depuis son accouchement, mais pour dire toute la vérité, Esmée s'était endormi avant que j'ai eu finit…
Ce soir, j'entendais bien que ça soit différent!
Je l'ai déshabillée moi-même et nous avons rit parce que sa robe était toute mouillée!
Mais rapidement l'excitation a remplacé les rires et je l'ai renversée sur le lit.
Nos lèvres étaient devenues brulantes, et nos corps impatients.
J'ai laissé mes lèvres naviguer sur son corps que j'adorais de plus en plus, jusqu'à trouver sa féminité.
Malgré ma profession, j'étais éblouie que son sexe, qui s'était écartelé pour faire naitre nos enfants, soit à nouveau celui d'avant, dédié au plaisir des yeux et des sens…
Je l'ai embrassé avec reconnaissance et amour.
Puis, écartant ses lèvres intimes, je suis allé trouver son clitoris et je l'ai longuement préparée, le titillant et le malaxant de ma langue et de mes doigts.
Quand elle s'est tortillée pour se dégager, je l'ai laissée faire et elle est venu prendre mon membre dressé dans sa bouche.
Elle était une experte à ce petit jeu et j'ai fermé les yeux pour ressentir la caresse, ma main enfouie dans se cheveux la guidant subtilement.
Quand elle a lâché ma verge je l'ai allongée sur le dos et l'ai enfin pénétrée.
Nous avons fait l'amour avec passion, nos yeux soudés, nos lèvres se trouvant régulièrement.
Elle a joui la première, et j'ai ri de la voir prendre son plaisir, son visage transfiguré par l'orgasme, plus belle encore qu'à l'accoutumée.
Puis je l'ai fait positionner en levrette et j'ai cherché mon propre plaisir.
Elle était redevenue aussi serrée qu'avant et mon orgasme n'a pas été long à venir.
Je me suis laissé aller sur le coté, ma femme dans mes bras.
Elle s'est endormie tandis que nous nous murmurions des mots d'amour et je l'ai suivie de très près dans le sommeil.
Esmée PDV
J'avais, quelque part, le sentiment d'avoir rajeuni.
A l'âge de 8 mois, mes enfants sont entrés à la crèche, quelques heures par semaine.
Leah continuait à venir, bien sur, mais ils avaient aussi besoin de voir des enfants de leur âge.
Jane et Alec étaient de bébés terriblement gâtés!
Par toute la famille, et, je l'avoue volontiers, surtout par moi, et plus encore par Carlisle.
Ils avaient l'habitude d'être le centre d'intérêt et cela nous préoccupait, Carlisle et moi;
Dans la famille, tout le monde leur cédait toujours tout!
Alec, dès l'âge de 6 mois a prit l'habitude de retenir sa respiration jusqu'à obtenir ce qu'on venait de lui refuser…Et Jane, elle, avait une méthode des plus sauvage! Par jeu, ou par colère, elle attrapait les cheveux de quiconque passait à sa portée et tirait sans pitié, déclenchant les hurlements de douleur du membre de la famille ainsi torturé.
Et le pire de tout, c'est que ça la faisait beaucoup rire! Rose, Bella et moi avons prit l'habitude de nous attacher les cheveux en un chignon très serré. Leah a mit un serre tête en permanence, tout comme Alice. Emmett et Carlisle avaient les cheveux suffisamment courts pour que les petits doigts de Jane ne puissent pas agripper grand-chose, mais Jasper et Edward étaient ses victimes favorites. Ils ne pouvaient pas attacher leurs cheveux qui étaient trop courts mais assez longs pour que le bébé puisse les attraper et refusaient de se raser le crane. Alors Jane s'en est donnée à cœur joie avec ses frères! Mais à ce moment là déjà, Jasper et Edward étaient bien trop fous de leur petite sœur pour cesser de la prendre dans leurs bras!
Bref, la collectivité allait leur faire du bien!
J'étais fière de mes enfants.
De ma famille.
La première fois avait été un drame, plus qu'un échec.
Je ne pouvais pas considérer mon union avec Royce King comme un échec car nous avions eu deux magnifiques enfants, sans lesquels je ne pouvais imaginer de vivre.
A cause de lui, des années durant notre vie avait été un enfer. J'avais du fuir, me cacher, protéger mes enfants par des méthodes illégales!
J'avais même du changer de nom. Mon nom de naissance était Withlock, celui de femme mariée, et le nom de naissance de mes enfants était bien sur King, et durant les années ou nous devions nous cacher de Royce j'avais prit un autre nom pour brouiller les pistes. J'avais choisi Hale, parce que je trouvais que sa sonorité était simple mais classe.
Lorsque j'avais raconté cette anecdote à Carlisle, il avait sourit:
« En effet, c'est simple mais classe. Exactement comme toi ma chérie! »
Après la mort de Royce, j'aurais pu reprendre mon nom de jeune fille ou bien le sien. Mais à ce moment là Jasper et Rosalie avaient 6 ans, et portaient le nom de Hale depuis l'âge de 2 ans. Nous en avons parlé et nous avons décidé d'un commun accord de garder Hale, officiellement.
L'avocat qui s'était chargé de notre demande de changement de nom , un dénommé Jason Jenks, m'avait draguée sans retenue des mois durant, mais je ne regrettais absolument pas de ne pas lui avoir cédé, pas plus que je ne pouvais réellement en vouloir à Royce, parce tout cela nous avait mené à notre vie actuelle.
Celle d'une fraie famille.
L'année suivant la naissance de Alec et Jane, Carlisle a adopté mes enfants et moi les siens.
Nous nous sommes contentés d'une adoption simple, sans changement de nom ni de filiation, parce que Jasper et Alice disaient très clairement leur intention de se marier un jour.
Mais désormais, officiellement, nous étions tous liés.
Nos 6 enfants hériteraient un jour de nous.
Sans distinguo d'origine.
Nos enfants, et puis c'est tout!
Carlisle PDV
Le lendemain du jour ou nous sommes passés au tribunal pour l'adoption mutuelle (de jeunes adultes, en plus!) j'ai contacté Renata.
Elle a été surprise et sur la défensive, mais j'avais besoin de régler mes comptes avec elle.
Mes enfants l'avaient fait, mais pas moi.
Je l'ai dit à Esmée. Elle comprenait. J'avais des choses à dire à Renata.
Elle a accepté de me rencontrer, malgré ses réticences.
On s'est donné RDV dans un restaurant de Seattle.
Elle est arrivée, très en retard.
Je l'ai reconnue tout de suite.
J'avais beau ne pas l'avoir vue en chair et en os depuis 18 ans, elle n'avait pas changé.
Elle était à peine plus grande qu'Alice et j'ai été frappé par sa ressemblance avec Edward.
Même cheveux, même bouche, même regard vert.
Elle avait vieilli, bien sur, mais bien. Son corps était parfait, comme celui d'une danseuse.
A peine assise, je lui ai sourit:
« Merci Renata! »
Elle ne savait visiblement pas si je plaisantais ou pas.
Elle n'osait rien dire et s'est mise à se ronger les ongles. Je me suis souvenue d'elle à 19 ans, quand je ne pouvais pas résister à son caractère de cochon et sa moue boudeuse…A présent, cela n'avait plus aucun effet sur moi.
« Je suis sérieux . Tu vois, pendant des années, j'ai espéré que tu reviennes. Je t'aurais reprise tu sais, et sans conditions en plus. En fait, j'ai attendu ton retour jusqu'à ce que je rencontre Esmée. Jusqu'à ce que je m'aperçoive que tout cela n'était que chimère…Je croyais t'aimer mais en fait c'était plus une addiction destructrice. Avec Esmée, je vis un vrai amour, tu sais. L'équilibre parfait, l'entente simple et facile. Tu as eu raison de partir, parce entre nous, ça n'aurait jamais été ça. »
Elle a secoué la tête et j'ai vu une larme sur sa joue:
« Je suis heureuse pour toi. Tu as raison, ça n'aurait jamais pu marcher entre nous. Je n'aurais jamais pu te pardonner de m'avoir imposé une maternité dont je ne voulais pas! »
J'ai levé les yeux au ciel.
« Je ne t'enchainais pas Renata, si tu l'avais vraiment voulu, tu aurais pu avoir un avortement… »
« Sans doute…Mais tu ne te rends pas compte de l'emprise que tu avais sur moi Carlisle…Tu as toujours agit comme si j'étais la méchante dans l'histoire, et ça a sans doute été vrai pour nos enfants, mais pas pour toi. Toi, tu voulais me modeler à ta façon. Tu espérais que j'arrête la danse? Est-ce que moi je t'ai demandé d'arrêter la fac de médecine? J'avais un destin à accomplir tu sais, et deux enfants ne pouvaient pas en faire partie! »
« Bien sur que si! Je veux bien admettre que j'étais trop dominateur mais parce que la brèche était ouverte Renata! Tu te comportais en gamine! »
« J'en étais une… »
Je n'ai pas répondu et je l'ai regardée.
C'était vrai. Renata n'avait pas encore 20 ans quand Edward et Alice étaient nés.
Mon cœur s'est serré.
Renata me regardait, les mâchoires serrées, et sa souffrance rentrée m'a touché, plus que je n'aurais cru possible si longtemps après.
« Je suis désolé. Je n'ai jamais pensé t'imposer des enfants. Je croyais sincèrement que tu les aimerai autant que moi, que tu pourrai être mère et danseuse. Visiblement ce n'était pas possible. Tu as bien fait, de partir, tu es devenue ce que tu voulais être, et moi aussi tu vois. Je voulais te dire ça Renata. Je t'en ai beaucoup voulu, mais plus à présent. A présent, malgré ce que nos enfants ont enduré je ne choisirai pour rien au monde une autre option. Merci d'avoir eu le courage de partir ce jour-là, plutôt que de rester sans en avoir envie et le faire payer à Edward et Alice… »
Elle a soupiré.
« Moi aussi je t'en ai voulu Carlisle…Tu voulais que je sois une mère parfaite. Tu attendais de moi des choses que j'étais incapable de donner. Tu aurais pu me laisser au moins la place que je réussissais à tenir. J'aimais envoyer des cadeaux aux enfants, je me disais que ça maintenait un lien mais toi…Toi tu m'en as empêché! Je n'ai pas été à la hauteur, c'est un fait, mais je crois que tu n'as jamais rien fait pour que je puisse l'être. Tu aurais pu venir me chercher, c'est un peu ce que j'attendais, quand je suis partie. Que tu viennes me chercher et que tu me dises que tu revoyais tes exigences à la baisse et que j'allais pouvoir être une danseuse avant tout, que les bébés allaient être élevés mais pas QUE par moi…Que…Non, tu as raison, je sais ce que tu penses…On ne peut pas être mère à temps partiel, n'Est-ce pas? »
« Je ne pense pas…Pas dans ma conception de la famille. Mais tu sais, Esmée travaille et j'en suis très fier! »
« J'ai essuyé les plâtres? »
J'ai réfléchit un instant.
Oui, c'était vrai, elle avait essuyé les plâtres.
En quelque sorte…Je voyais la vie différemment à 43 ans qu'à 25...Ma propre mère avait été une maman poule et en effet je m'étais attendu à ce que Renata en soit une aussi. Ce dont elle était incapable.
Nous avons mangé un moment en silence.
Puis elle m'a demandé:
« Tu as des photos? Des enfants…? »
J'ai sorti mon ipod:
« Regarde…Là c'est Edward…avec sa petite amie Bella…La Alice et Jasper…Là Emmett avec Rosalie, qui tient Alec dans ses bras. Et là c'est Esmée qui tient Jane sur le dos du chien… »
Elle a rit à travers ses larmes.
Elle a longuement regardé la photo d'Edward et de Bella.
Puis elle m'a dit:
« Il me faisait peur. Edward. Quand il était bébé. Il était fragile, plus qu'Alice. Il avait tellement besoin de moi…J'étais en train de m'attacher à lui. Et ça me terrifiait… »
« Il est heureux à présent. Il appelle Esmée maman, et Bella est son âme sœur, ça en est impressionnant. »
« Il l'appelle maman? Et Alice? »
« Non, pas Alice. Parce qu'elle est en couple avec Jasper elle dit qu'elle aurait l'impression de coucher avec son frère! »
Nous avons rit, d'un rire qui ressemblait aux larmes.
« Par contre, à présent, Rose et Jazz m'appellent papa. Et en fait, tu sais, Alice appelle Esmée, mamou…Mais je crois qu'elle tient de toi cette gamine, elle est plus têtue encore que Rosalie et crois moi, ce n'est pas peu dire! »
Le reste du repas a été détendu.
Nous nous étions enfin dit ce que nous avions sur le cœur.
Je me rendais compte de mes propres erreurs, et j'allais enfin cesser de blâmer Renata pour des fautes dont elle n'était qu'en partie responsable.
Je l'a prise dans mes bras au moment de nous quitter.
« Je te souhaite d'être heureuse, pour de bon! »
« Toi aussi Carlisle! Je ne regretterais plus, à présent… »
Elle n'a pas attendu ma réponse et s'est éloignée rapidement. De dos elle ressemblait encore plus à l'adolescente qu'elle n'avait jamais cessé d'être.
Simplement savoir qu'elle avait eu des regrets, qu'elle avait aimé nos enfants, à sa façon, me faisait du bien.
Je suis rentré à Forks en écoutant la musique de ma jeunesse à fond. Queen, ABBA, Pink Floyd…
Esmée était là quand je suis revenu.
Assise sur la terrasse, Jane à coté d'elle, qui jouait avec un ours en peluche qu'elle tapait par terre avec détermination.
J'ai sourit.
J'avais aimé Renata, mais mal sans aucun doute. J'avais voulu la modeler à ma façon. J'avais cru que lui couper les ailes nous rendrait heureux.
J'aimais Esmée, plus que tout, elle était mon univers.
Elle aimait notre vie, elle aimait son travail, autant que je l'aimais moi.
Nous étions libres, mais ensemble.
Et j'ai su que nous avions fait le bon choix.
Je me suis penché sur elle et nous nous sommes embrassés tendrement.
J'ai prit Jane dans mes bras et l'ai couverte de baisers sous l'œil amusé de ma femme.
On a entendu des pleurs dans le baby phone.
« Alec a fait une bonne sieste, il va avoir faim! »
A dit Esmée en souriant.
Calant Jane sur ma hanche gauche, je suis allé chercher Alec qui m'a offert un immense sourire édenté.
Je l'ai installé sur mon autre hanche et nous avons rejoint Esmée.
Elle a installé Alec dans sa chaise haute et lui a donné un biscuit pendant que j'écrasais une banane bien mure pour son gouter.
Esmée ne m'a rien demandé, et je l'ai bien reconnue là: discrète et pudique.
Mais je lui ai raconté ma rencontre avec Renata.
C'est elle qui a eu le mot de la fin:
« A présent, c'est vraiment finit. Tu peux dire que tu as tourné la page! »
« C'était déjà vrai à l'instant ou je t'ai rencontrée tu sais! Mais maintenant je n'ai plus de rancœur! »
Nous nous sommes souris tandis que Jane trottait derrière le chat sur la terrasse.
J'ai tendu la main pour caresser ses mèches blondes.
Elle s'est tournée vers moi et m'a offert un grand sourire:
« papa! »
« Oui mon ange! »
Alec, pour ne pas être en reste a regardé Esmée:
« mama! »
Nous avons éclaté de rire.
Mon cœur s'est envolé.
Papa, maman.
Enfin mes enfants pouvaient prononcer ces mots quotidiennement.
Les 4 grands, flanqués bien entendu d'Emmett et Bella étaient allé fêter leur adoption.
Rosalie a téléphoné pour avoir des nouvelles des bébés.
Derrière elle, j'entendais Jasper et Edward rire et se chamailler.
Visiblement ils en étaient arrivés aux mains , morts de rire, et j'entendais Alice et Bella leur hurler d'arrêter leurs bêtises.
J'ai repensé à leur première rencontre. Quand Edward avait tabassé Jasper, et blessé Bella…
Deux ans plus tard, Bella et Edward étaient amoureux fous et Edward et Jasper se présentaient mutuellement comme frères.
Rosalie n'était plus la gamine butée et capricieuse qu'elle avait été, mais une jeune fille heureuse et épanouie. Alice était amoureuse et elle croquait le vie à pleine dents.
Comme nous tous, finalement.
