Chapitre 4 :

Au nom de tout ce qui est sacré

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, sauf Céallio, Selena, Alicia, Corinne et la maîtresse de l'école.


« Vos yeux seront mes yeux
Et veilleront sur elle.
Les anges, quand il pleut,
ont besoin du ciel.
Toutes les mamans
prient pour leur enfant.

Tendez-lui la main !
Guidez son destin.
Montrez-lui le bon chemin…

Guidez son destin !
Tendez-lui la main !

Car cet ange est le mien… »

Tendez-lui la main - Lady Julianna

Elle n'était jamais vraiment partie. Même après avoir renvoyé tous ses compagnons sur Gaïa, puis demandé à sa mère Alicia de veiller sur sa fille Selena, elle avait continué d'exister.

Parce qu'elle avait déjà survécu à la mort, le jour où le pouvoir maléfique de Loveless s'était éteint.

Parce que la matéria de l'esprit créatif des Cetras était entrée en elle, avait fusionné avec son âme et fait d'elle un être unique.

Et sa fille devait le devenir, elle aussi. Les sbires de Jenova le savaient. C'était pour cela qu'ils avaient voulu la capturer.

Soluènn avait pensé que son sacrifice protégerait sa fille. Hélas… cela n'avait pas suffi.

Debout au milieu de cet immense vide qui représentait… un monde différent de celui des vivants, Soluènn regardait un miroir magique dans un lac, devant elle, au milieu d'une praire couverte de brume.

Elle vit sa fille se faire absorber par la Rivière de la Vie et disparaître, tandis qu'Ifalna détournait le regard.

Soluènn ferma les yeux. Mon dieu, non ! Sa fille… Elle sentit soudain une main réconfortante se poser sur son épaule.

« N'aie pas peur, elle ne peut pas disparaître comme ça, ce serait trop simple », dit Angeal.

Soluènn ne put se retenir d'esquisser une moue désabusée.

« Regarde ce que la mère d'Aéris vient de faire ! Selena s'imagine le pire, maintenant. Elle est train de prendre le même chemin que son père, je… »

« Ifalna n'a pas fini, ne t'inquiète pas. Continuons de regarder. Même si cela représente le passé, c'est aussi le présent et le futur de ta fille et de nous-mêmes, indirectement. »

Soluènn acquiesça, et reprit la contemplation de l'image dans le reflet de l'eau. Ifalna venait de repousser Céallio, ou plutôt Arkon. Ce dernier disparut dans un nuage de fumée.

« Voilà pourquoi il a survécu jusqu'à ce que nous l'ayons rencontré puis tué », dit Soluènn.

« Oui », dit Angeal.

Ils n'en dirent pas plus et reprirent leur contemplation silencieuse.

XxXxXxXxXxXxX

Dès que Céallio eut disparu, Ifalna tomba à genoux, son dos secoué de sanglots silencieux. Selena… Elle était morte, tuée par la folie d'un Cetra manipulé par la Calamité des Cieux.

Selena, son amie qu'elle avait élevée comme sa fille… Mais soudain, elle vit une matéria apparaître sur le sol, devant elle. Elle avait une magnifique couleur dorée, comme un petit soleil. On aurait dit une balle d'ambre.

Ifalna la prit et la regarda. La mémoire des Cetras parcourut son corps et toucha son esprit. La jeune femme sourit, les yeux remplis d'un espoir nouveau.

Avec ça… Oui, avec ça, elle avait une chance d'atteindre Selena ! Fermant les yeux, elle se concentra, insufflant toute l'énergie de son âme dans la matéria.

Un vent chaud se mit à souffler autour d'elle. Mais lorsqu'elle vit l'endroit où la matéria l'avait emmenée, elle ne put réprimer un frisson de peur.

Les plus puissants Cetras avaient le pouvoir de voyager à travers la Rivière de la Vie pour atteindre l'au-delà. Mais jamais elle n'aurait imaginé que cela put être ainsi.

Tout était si… noir ! Elle était au beau milieu d'une immense cité en ruines. Les bâtiments étaient en ruines, les portes défoncées, les fenêtres brisées… Tout était sale. Un vent froid et sombre soufflait constamment, comme s'il entonnait une chanson macabre qui rythmait le mode de vie de cette cité sordide.

Cet endroit sciait aux âmes désespérées. Ifalna eut peur. Selena sombrait dans un désespoir aussi sombre et horrible que ces ruines ?

Raison de plus pour la retrouver et la sauver ! pensa la Cetra.

La jeune fille n'était pas de la planète, elle n'avait pas de lien avec la Rivière de la Vie, même si son père était un humain de Gaïa, un Cetra déchu. Ifalna devait la retrouver et la ramener dans son monde.

La jeune femme parcourut une ruelle et atteignit la place. La fontaine était asséchée, le bassin rempli d'algues noires, sales et gluantes. La statue d'ange qui ornait la source était fendue en deux. L'ange avait perdu une aile.

La jeune femme fut arrachée à sa contemplation de la statue par un bruit provenant d'une maison. Elle se tourna vers l'entrée et entendit un bruit de pas.

« Ifalna ? » dit une voix.

La Cetra sentit les battements de son cœur s'accélérer. Cette voix… Selena ? !

L'adolescente sortit de la demeure et eut un sourire triste en voyant la Cetra.

« Tu es venue, en fin de compte », dit Selena.

Ifalna frémit. L'adolescente avait changé. Sa jolie robe verte était en lambeaux, ses cheveux en bataille et sa peau si pâle !

« Surprise ? Tu ne t'attendais pas à me revoir ici ? » dit Selena.

« Je… j'avais peur pour toi, je… »

Selena eut un sourire, mais il était faux. Elle n'était pas venue en amie, elle n'était pas heureuse de revoir Ifalna.

« Selena, je suis venue te ramener, tu dois… » Ifalna s'interrompit quand elle vit l'adolescente porter les mains à sa robe. Elle écarta son décolleté tout en se retournant.

« Lorsque Céallio m'a frappée… mon aile d'oiseau est sortie. J'avais des cellules de cette créature, la Calamité des Cieux, en moi. Et en arrivant ici… »

La robe glissa le long de son dos, révélant une cicatrice. Comme si on avait arraché son aile. La peau s'était refermée, il ne restait qu'une longue ligne rouge, comme une brûlure.

« La Rivière de la Vie m'a soignée. Je n'ai plus rien de ce monstre en moi. Il ne reste que… moi, et l'héritage de ma mère, une terrienne, et celui des Cetras déchus de mon père, un humain de Gaïa. Je suis désormais plus proche des Cetras que je ne l'ai jamais été ! » dit l'adolescente en se rhabillant.

Ifalna secoua la tête négativement.

« Non… Selena, je suis désolée, mais c'est impossible. Tu ne peux devenir une Cetra, c'est… »

Selena leva les yeux vers Ifalna, l'air triste et choqué.

« Pourquoi ? Pourquoi je n'ai pas le droit d'essayer de devenir meilleure, Ifalna ? POURQUOI ? ! ? »

Elle avait hurlé ce dernier mot avec tant de rage ! Ifalna balbutia :

« P… parce que… tu es différente, je… »

Elle s'interrompit lorsque les yeux verts de Selena se plantèrent dans les siens.

« Je vois… dit l'adolescente. Maintenant, tout s'éclaire. »

« Huh ? » dit Ifalna.

Lentement, Selena se mit à marcher vers Ifalna, et elle reprit la parole.

« Selena n'est pas une vraie Cetra. Elle n'appartient à aucune espèce. Elle n'a pas de lien avec la Rivière de la Vie. Elle n'appartient pas à cette planète. Ce sont les mots que tu as employés. Depuis le premier jour… Depuis ce jour maudit où j'ai eu la bêtise de prendre la main que tu me tendais avec un visage souriant, ta voix si douce, tes mots si réconfortants… Tout ce que tu m'as enseigné… Les cours de combat au bâton, la magie, l'histoire des Cetras et de la Planète… Tu t'es moquée de moi. Tu m'as observée toutes ces années pour étudier l'ennemi qui est arrivé sur la planète dans ce météore. Tu m'as élevée comme un petit chiot adopté par pur caprice. »

Ifalna secoua la tête.

« Non, c'est faux ! Je t'ai toujours considéré comme ma fille, Selena, je… »

« TAIS-TOI ! hurla l'adolescente. Tu ne m'as jamais considéré comme quelqu'un de bien, tu me regardais toujours de haut ! Toi, Ifalna… Tu n'as aucune chance de survivre, maintenant ! L'ère des Cetras est terminée, la Calamité des Cieux vous a touchés trop profondément, vous allez maintenant doucement vous éteindre. Et toi, tu survivras pour voir la planète se détériorer au contact des Cetras déchus, des humains, comme mon père, Genesis! »

Ifalna fit silence, choquée par les propos de Selena. Elle ne reconnaissait plus son élève. Devant elle se tenait une adolescente désabusée, froide, qui avait perdu son innocence et la confiance dans les autres.

« Maintenant, va-t-en ! » cria Selena.

Elle fit volte-face et se dirigea vers le bout de la rue, mais Ifalna courut vers elle.

« Selena, non ! Tu ne peux pas rester là malgré tout, c'est… »

Soudain, elle ne sut comment, Selena se retrouva juste devant elle et la prit par la gorge.

« Ne me touche plus, traîtresse ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE VOIR ! DISPARAIS ! ! ! »

Elle rejeta violemment la Cetra contre le mur d'une maison sur sa gauche. Ifalna tomba au sol en toussant. Elle porta la main à sa gorge endolorie. Sa peau était brûlante.

Selena la regarda avec dédain, puis s'enfuit dans les ténèbres des ruines. Lorsqu'elle fut certaine d'être seule, elle tomba à genoux et enfouit son visage dans ses mains, pour cacher ses larmes.

Mon dieu, qu'avait-elle fait ? Qu'est-ce qui lui avait pris ? Elle… Elle avait laissé libre cours à sa rage et blessé celle qui demeurait malgré tout son amie.

Mais la rancœur était trop forte, Selena avait encore mal. Même si la Rivière de la Vie l'avait soignée, sa cicatrice demeurait et elle avait mal. Autant dans son corps que dans son âme.

Pourquoi Ifalna ne lui avait-elle pas dit dès le début qui elle était ? Pourquoi ne jamais avoir osé dire la vérité ? Si elle le lui avait dite dès le début, Selena aurait paru triste, mais jamais elle n'en aurait voulu à Ifalna. Mais non, la Cetra avait eu peur, peur d'elle pour ce qu'elle était à l'époque : un monstre.

Qu'importe. Maintenant, Selena n'avait plus aucun lien avec la Calamité des Cieux, elle était comme sa mère, une terrienne aux pouvoirs magiques. Elle allait se débrouiller seule et prouver à Ifalna qu'elle était quelqu'un de bien. Oui, elle donnerait tort à Ifalna et attendrait que cette dernière la supplie de la pardonner.

Alors, peut-être, Selena pourrait faire la paix avec elle-même.

Mais d'abord, comment sortir d'ici ? Elle se dirigea vers la rivière qui bordait la ville, à l'ouest. L'eau faisait un grand bruit, mais elle ne reflétait aucune lumière. Après tout, le ciel n'était que nuages et obscurité, comme le cœur de chaque âme errant dans ce monde perdu. Mais cette rivière n'était pas normale, on aurait dit de l'obscurité liquide.

Le vent se fit soudain plus fort. La brume enveloppa la jeune fille. Elle entendait maintenant de nombreuses voix. Leur murmure se mêlait au bruit de l'eau et se rapprochait.

Selena scruta les alentours par-dessus le murmure de l'eau noire, et vit une silhouette qui se tenait sur l'autre rive : une femme vêtue de blanc, ses longs cheveux bouclés couvrant les côtés de son visage. Elle tenait quelque chose de serré contre sa poitrine. Lorsqu'elle tourna son regard vers Selena, celle-ci vit qu'elle pleurait.

« Qui êtes-vous ? » cria Selena. Sa voix tomba dès que les mots sortirent de sa bouche, avalée par le sifflement de la rivière. La femme la regarda de ses grands yeux verts comme si elle essayait de mémoriser chaque ligne de son visage et de son corps. Puis elle parla.

« Selena. » Sa voix était faible et vide, comme si les mots avaient dû traverser un long tunnel. « Pourquoi as-tu fait cela, ma fille ? Ifalna ne t'a jamais trahie, elle ne savait comment s'y prendre pour ne pas te perdre. J'ai moi-même eu tant de mal à rester en vie pour te garder auprès de moi. »

« Maman ? » Selena sentit un froid terrible l'envahir. Le bruit de la rivière devint omniprésent. La femme parla de nouveau.

« Cela fait si longtemps que nous ne nous sommes vues, ma chérie. Pourquoi ne gardes-tu pas espoir ? Pourquoi cèdes-tu à la haine ? Je t'en prie, Selena, rappelle-toi qui tu es et quels sont tes rêves. Au nom de tout ce qui est sacré, accepte la Lumière et reviens ! »

Elle lança l'objet qu'elle tenait contre son cœur. Il éclata en une gerbe d'étincelles dorées qui frappèrent Selena de plein fouet. La jeune fille eut l'impression que le soleil lui-même venait d'entrer en collision avec son corps.

Elle sentit son corps s'ouvrir, comme une noix que le feu ouvrait pour entrer à l'intérieur.

Mais, au lieu de la dévorer, Selena sentit cette étrange source de feu la réchauffer. Comme si elle détruisait toute la haine et la rancœur qui habitaient la jeune fille.

« N'oublie pas, ma chérie… N'oublie pas, je t'attends dans l'antre de la Lumière. Lorsque ton cœur sera guéri, nous nous reverrons. »

Selena sentit la présence de sa mère s'estomper. L'obscurité, les ruines, tout semblait s'estomper au contact de la lumière qui continuait de grandir.

« Maman ! Non, attends ! »

Selena tendit désespérément la main vers elle, mais l'image de sa mère s'éloignait.

L'adolescente disparut dans un puissant flash de lumière dorée.

XxXxXxXxXxXxX

« MAMAN ! »

Selena se redressa brutalement. Ses yeux mirent un moment à s'accoutumer à l'obscurité. Elle vit alors qu'elle était… dans sa chambre, dans le manoir de Lockwood, en Angleterre, sur Terre !

La jeune fille se regarda. Elle portait sa chemise de nuit, elle était dans son lit. Rien ne laissait croire qu'elle était partie sur Gaïa, qu'elle était morte et tout le reste !

La jeune fille sentit quelque chose ramper jusqu'à elle, sur les draps. Elle reconnut la fourrure de Sunny lorsqu'il vint se frotter contre elle, pour la réconforter.

Selena le repoussa et courut dans le salon, devant le grand miroir. Elle fonça dessus, mais heurta la glace de plein fouet. Rien… Son pouvoir avait disparu, elle ne pouvait plus voyager dans d'autres dimensions !

Mais pourquoi ? Elle comprit au contact de la douleur dans son dos. Ce pouvoir, elle le tenait de la Calamité des Cieux. Mais elle ne l'avait plus.

La jeune fille se retourna et abaissa le col de sa chemise de nuit. Oui, la cicatrice était là.

Elle en vit une autre, au niveau de son cœur. Elle avait la forme d'un soleil, elle était presque belle.

Alors, elle n'avait pas rêvé, tout s'était bien produit. Elle se laissa tomber au sol. Mais comment allait-elle faire, maintenant ? Vivre sur Terre, mener une existence ordinaire en se débrouillant avec les pouvoirs qu'il lui restait ?

Elle vit Sunny s'approcher, en couinant pour réclamer de la tendresse. Avec un sourire triste, la jeune fille le prit dans ses bras.

Oui, elle allait devoir s'y faire. Mais Sunny était là, sans oublier sa grand-mère. Et sa mère…

« N'oublie pas, ma chérie… N'oublie pas, je t'attends dans l'antre de la Lumière. Lorsque ton cœur sera guéri, nous nous reverrons. »

Oui, Selena allait devoir affronter cette nouvelle épreuve pour retrouver sa mère. Et qui sait, peut-être même son père ?

Elle verrait. La première chose à faire, pour l'instant… C'était de déjeuner, faire sa toilette, s'habiller puis d'aller au collège.

La vie sur Terre reprenait.


Bande-Annonce :

Alicia : « Dieu merci, Selena, tu es revenue ! J'ai eu si peur ! »

Selena est assise à son bureau dans la salle de classe, parmi les autres élèves, quand elle croit apercevoir une ombre étrangère parmi les files d'élèves penchés sur leurs devoirs.

Selena : « Pitié, grand-mère, j'ai quinze ans maintenant, je suis assez grande pour que tu me câlines encore, et je… Oh, qu'est-ce que c'est ? »

Alicia lit tranquillement un livre dans son salon, quand Sunny, qui dort à ses pieds, se redresse et grogne.

Alicia : « Ah, ça ? Oh, juste le journal Nextweek de la semaine. On raconte que des fantômes hantent les collines du village, ces derniers temps. »

Il fait nuit, les dolmens se dressent sur la colline, la brume donne un aspect étrange aux pierres dressées en cercle autour…

Selena tend une torche devant elle et aperçoit une silhouette. Des cheveux argentés, des vêtements noirs, des yeux de chat verts…

Selena : « Des fantômes, sur les collines où se dressent les ruines des druides d'Angleterre ? Étrange… Une nouvelle aventure en vue ? Prochain épisode : La Porte des Brumes. »

Les pierres dressées s'illuminent, des inscriptions étranges se dessinent dessus.

Alicia : « Selena, arrête, reviens ici ! »


Et voilà ! Vous êtes rassurés pour Selena, j'imagine ? Vous vous demandez qui pourrait être la personne que Selena voit dans le noir, dans la bande-annonce ?

S'il-vous-plaît, laissez-moi des reviews, elles m'aident toujours et m'inspirent pour la suite.