Chapitre 7 :

La colère des Ombres

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, sauf Selena, Alicia, Arkon, Sunny, Tzakhi, Mayork et Cie.


« Baisers volés Rêves mouvants Que reste-t-il de tout cela »

(Trenet)

Le voyage reprit à travers la montagne. Personne ne parlait. Les paroles du Ginn les hantait, et nul n'osait prononcer un mot, ce peur qu'il soit de trop.

Tandis qu'ils avançaient vers le pied de la montagne, Aéris finit par se décider. Elle se mit au niveau de Selena, Loz étant de front et les deux autres frères derrière.

« Tu connais les Ginns ? » demanda-t-elle doucement.

Selena fit une moue triste.

« Je les connais, oui. Depuis l'âge de treize ans, le jour où ta mère m'a trahie. »

Aéris fronça les sourcils. Les trois frères se lancèrent un regard inquiet. Selena avait parlé avec amertume, sa voix tremblait, comme remplie de douleur.

Sans tenir compte de leurs regards, l'adolescente se lança dans les explications.

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Il faisait noir dans la chambre. Selena n'aimait pas cela. Pourquoi était-elle ainsi ? Ce n'était pourtant qu'un dimanche matin comme les autres, il devait être près de cinq heures.

Assise dans son lit, en chemise de nuit, la jeune fille regardait autour d'elle. Les rideaux de sa chambre étaient tirés, la lumière du soleil passait faiblement au travers, dessinant des ombres sur les murs avec les meubles aux ombres imposantes.

Sunny n'était pas là. Il avait l'habitude de se réveiller vers trois heures pour aller manger en premier sa gamelle dans la cuisine. Mais en cet instant, la jeune fille aurait aimé avoir son fennec auprès d'elle.

« Bien dormi ? » dit une voix étrangère.

Selena sursauta. Elle se tourna vers la porte et vit une personne. Un homme. Il avait la peau blanche, de longs cheveux argentés, le visage anguleux, évoquant plus celui d'un renard que d'un humain. Ses yeux étaient noirs comme ceux d'un requin.

« Qui êtes-vous ? » dit la jeune fille, les mains crispées.

L'inconnu sourit, le sourire d'un renard ayant trouvé un lapin appétissant.

« Je suis Tzakhi, héraut de la Calamité des Cieux, messager du Royaume des Nuages. Et je suis venu te rencontrer, Selena. »

« Me rencontrer ? »

La jeune fille comprit qu'elle ne devait pas rester ici, pas avec cet être. Elle ne savait absolument rien de lui, mais il empestait la malveillance, et elle ne pouvait le supporter. Il fallait qu'elle s'éloigne de lui !

La jeune fille voulut se lever, mais elle se rendit soudain compte que son corps ne bougeait plus. Il était comme paralysé !

« Que… mon corps ? ! »

« Tu ne devrais pas te lever maintenant, dit Tzakhi. Il est encore tôt, tu as largement le temps de dormir davantage. »

Selena leva les yeux, et vit avec horreur que l'être s'était approché. Soudain, il se pencha vers elle et posa ses lèvres sur sa joue gauche. La jeune fille frémit. Ce contact fut aussi brûlant que des pics de glace, comme si des éclats de verre brisé transperçaient sa joue.

Les yeux verts de la jeune fille devinrent noir anthracite. Elle tomba sur le lit et s'endormit, mais pas d'un sommeil sans rêves.

Elle s'éveilla dans une grotte obscure. Des pics de roche pointaient du sol et du plafond. Une fumée bleuâtre régnait dans l'espace, éclairant l'obscurité d'une étrange lumière floue.

« Bienvenue dans mon monde intérieur. »

Tzakhi apparut devant elle. La jeune fille sentit la panique l'envahir. Ici, elle avait encore plus peur que dans sa chambre.

Tzakhi tendit nonchalamment sa main vers elle. Soudain, la fumée se tordit, prenant la forme de serpents qui se mirent à se tendre vers Selena, ouvrant une bouche pleine de crocs fumants, la dardant de leurs yeux de cendres.

La jeune fille voulut activer sa magie du feu, mais rien ne se produisit. Elle n'avait aucune force !

« N'insiste pas, c'est mon monde. Tout s'y passe comme je le veux. »

Selena releva la tête, l'air surprise. Son monde ? Alors… Elle se concentra, puis se mit à se gifler la joue gauche. Tzakhi parut inquiet en la voyant faire.

Il bondit sur elle pour l'arrêter, mais sa réaction ne fut pas assez rapide. La jeune fille disparut.

Selena se réveilla sur son lit, dans sa chambre. Elle avait réussi. Elle s'était réveillée.

À partir de ce jour, plus jamais la jeune fille n'eut droit à un instant de paix. Chaque nuit, les Ginns venaient la hanter dans sa chambre et l'emmener dans leur monde. Chacun vint à tour de rôle, comme s'ils respectaient un protocole de présentation.

Elle rencontra donc Tzakhi, le chef, puis Mayork, et ensuite les deux femmes du groupe, Killièn et Cristéya.

Même si ces années furent particulièrement difficiles pour Selena, ces luttes nocturnes endurcirent son esprit. Elle apprit à survivre, et elle apprit tout sur les Ginns en visitant leur monde.

Par exemple, les hommes avaient la peau blanche et les femmes bleue. Comme les nuages et le ciel. Voilà pourquoi on les appelait ironiquement le Peuple des Nuages. Les femmes avaient des ailes de chair, contrairement aux hommes. Un signe de domination, car ce peuple suivait un ordre matriarcal.

Le groupe de Tzakhi représentait les derniers survivants des enfants d'Eris, celle que les Cetras avaient nommée Calamité des Cieux, et les humains Jenova. Elle portait différents noms dans les mondes qu'elle avait visités puis détruits par le passé. Certaines civilisations de l'Orient sur Terre l'appelaient Eris, déesse de la Discorde, ou les Celtes la nommaient Reine de la Nuit.

Mais pire encore, Selena l'avait appris au cours d'une dispute avec Tzakhi, lors de sa deuxième visite onirique : les Ginns étaient autrefois, il y a plus de quinze millions d'années, les créateurs de l'univers. Ou plutôt, de l'univers où avaient été construits d'autres univers, des galaxies, des planètes…

Ils étaient alors des êtres purement spirituels et purs. Mais Eris, alors appelée Eülyn qui signifiait « lumière », avait succombé à l'orgueil et en voyant les habitants de différents mondes commencer à tout abîmer, gâcher, elle fut prise de colère et se mit à tout détruire, jugeant qu'elle pourrait recréer quelque chose de mieux plus tard.

Son époux, Odorlèn, terrifié par le changement de son épouse, s'enfuit dans un monde : la Terre. Là, il s'unit à une humaine et une lignée spéciale d'êtres fut créée : les Enfants de l'Aube. Et la dernière représente de cette lignée avait été Soluènn, la mère de Selena.

Voilà pourquoi aujourd'hui, les Ginns ne cessaient de martyriser Selena. Elle était le symbole de la trahison d'Odorlèn, l'époux de Jenova.

Curieusement, Selena n'avait jamais eu affaire à Jenova en personne. Mais elle ne s'en plaignait pas. Elle avait déjà tant à faire avec la clique de Tzakhi…

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« … Et quatre ans plus tard, Arkon est venu pour enlever ma grand-mère, m'emmener au Royaume des Nuages et je t'ai rencontrée en cours de route, Aéris. Vous connaissez tous la suite », acheva Selena.

Tous hochèrent la tête, commençant à comprendre la situation. C'était donc ça…

« Tu as dû souffrir », dit Kadaj.

Ce n'était pas qu'une affirmation, c'était une façon de lui dire qu'il s'imaginait parfaitement quelle torture mentale la jeune fille avait dû endurer. Et il l'admirait. Elle avait réussir à tenir tête à toute une bande de Ginns, tandis que lui…

Selena détourna le regard, frémissant face à tout ce que représentaient les paroles du jeune homme.

« On pourrait faire une pause ? » demanda Yazoo.

Il montra du doigt une grotte sur le flanc de la montagne à leur droite. Selena demanda à Sunny de devenir une boule de feu et d'éclairer la grotte, qu'ils voient si elle n'était pas déjà habitée.

Le fennec obéit et se recouvrit de flammes. Il entra, suivi par les cinq compagnons.

Cette grotte ne présentait rien de bien particulier, pourtant… Dès que Selena eut foulé le sol, elle s'arrêta. Cet endroit… Mon dieu, elle le connaissait !

Elle voulut tout de suite se retourner pour ordonner aux autres de faire demi-tour, mais tous étaient déjà entrés. Et la sortie avait disparu.

« NON ! On n'aurait pas dû entrer ! » dit Selena.

« Pourquoi ? » dit Loz.

« Cette grotte est à Tzakhi ! C'est son univers ! »

Derrière la paroi de roche, le dénommé Tzakhi sourit.

Bien deviné, ma chère Selena. Mais tu t'y es pris un peu tard. Maintenant, que le spectacle commence !

Il claqua des doigts. À l'intérieur de la grotte, tous virent des cristaux verts se mettre à luire, au plafond. Et le peu de roche noire à découvert se mit à bouger, comme si elle devenait une matière gluante et vivante.

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L'obscurité, le vide, le néant… Il n'avait que ces pensées à l'esprit depuis un temps indéfinissable.

Il marchait depuis longtemps à travers la brume. Parfois, des arbres se formaient autour de lui, et cela le rassurait un peu. Il n'y avait guère de changement dans cet endroit.

Dès qu'il osait s'arrêter, il voyait des filaments de lumière verte se former autour de lui, essayant de l'absorber pour qu'il ne fasse qu'un avec la Rivière de la Vie.

Mais jamais il ne s'était laissé faire. Chaque fois, il repartait, fuyant le destin qui était pourtant réservé à chaque mort de la planète.

Pourquoi ? Il ne savait plus, à force. Mais il savait qu'il ne voulait pas mourir. Pas maintenant. Quelque chose n'allait pas. Ce n'était pas normal.

Il ne se souvenait même pas d'être mort ! La dernière chose dont il se souvenait, avec une netteté parfaite, était la page d'un des rapports qu'il avait trouvé dans le manoir de Nibelheim. Puis après… plus rien.

Il avait ressenti un tel désespoir en lisant ces maudits livres. Pourquoi les avait-il lus, d'ailleurs, puisque cela avait causé sa perte ? Parce qu'il voulait connaître la vérité, voilà tout.

Mais s'il avait su qu'il se retrouverait soudain ici, dans la Rivière de la Vie, à errer comme une âme en peine…

Sephiroth secoua la tête. Que s'était-il passé, après ? Son corps était-il tombé à terre, l'avait-on enterré ? Ou Hojo l'avait-il récupéré pour faire d'autres expériences glauques dessus ?

Il ne savait pas. Et il ne voulait pas savoir.

Hélas, à mesure que le temps passait, son âme s'épuisait. Il avait beau fuir, il ne pouvait éviter la force de la Rivière de la Vie qui le traquait.

Bientôt, il se laissa tomber au sol pour faire une nouvelle pause. Il finit par entrevoir des lueurs vertes au sol. Le jeune homme plia ses genoux pour se redresser, quand il s'aperçut de quelque chose de différent.

Cette fois, les filaments verts ne s'approchaient pas de lui. Ils s'unissaient devant lui, pour former une masse compacte.

Méfiant, le jeune homme mit la main devant ses yeux. Lorsque la lumière s'estompa, il fut surpris de voir qui se tenait devant lui.

C'était une jeune fille qu'il pensait ne jamais revoir un jour.

« Soluènn ? ! »

La concernée lui sourit, mais un sourire triste. Sephiroth reconnut sans peine ses grands yeux verts mélancoliques. Elle portait une robe blanche ample, qui lui donnait un air svelte et fragile.

« Je suis heureuse de te revoir, Sephiroth. Ça faisait si longtemps, plus encore pour moi que dans le monde des vivants ! »

« Alors… toi aussi, tu es morte ? »

La jeune fille secoua la tête.

« J'ai dû le faire, pour vous protéger tous. »

« Nous protéger ? »

Les souvenirs affluèrent. Sephiroth fut surpris qu'ils lui reviennent aussi facilement, après tout ce temps.

Une nuit de pluie, devant un hôpital, dans un autre monde, face à deux créatures vêtues de capes noires… Et puis ce grand flash doré…

« Que s'est-il passé ? » dit Sephiroth.

« Je suis morte. J'étais déjà très faible, après l'accouchement. L'effort que j'ai fait pour utiliser la matéria et vous ramener sur Gaïa m'a tuée. »

« Pourquoi ? ! Pourquoi as-tu fait ça ? On aurait pu te protéger ! Tu as pensé à Genesis ? Tout le monde t'en voulait, nous pensions tous que tu nous avais trahis ! »

Soluènn baissa la tête, comme si les paroles de Sephiroth la blessaient.

« Je sais, mais je devais le faire. Cela a affaibli les deux créatures, elles ont cessé d'agir pendant cinq ans. Mieux valait un sursis, fût-il court, plutôt que de voir quelqu'un mourir. »

Sephiroth fit silence, secouant la tête négativement. Alors, elle n'avait pas changé, dans le fond. Elle avait toujours désiré mourir pour protéger ceux qu'elle aimait, les protéger jusqu'à la mort.

« Et ta fille ? Qu'est-elle devenue ? » demanda le jeune homme en s'adossant à un arbre, les bras croisés.

« C'est justement pour ça que je viens te parler. »

Sephiroth haussa un sourcil, soudain plus attentif. Que se passait-il ? Avec surprise, il vit deux autres personnes apparaître près de Selena. Il reconnut Angeal et la Cetra Ifalna, qu'il avait vue il y a plusieurs années, dans les labos d'Hojo, quand il travaillait encore pour la Shinra.


Bande-annonce :

Selena : « Ah, au fait, vous avez mangé avant de partir ? »

Des cristaux verts explosent, Selena déchaîne sa force avec Sunny.

Loz : « Non, et on commence tous à avoir faim. »

Loz se bat contre une chose gluante. Yazoo semble englué dans le mur. Kadaj protège Aéris dans ses bras.

Aéris : « Bon, alors filons faire un tour à la cafétéria. »

Soluènn pose sa main sur la joue de Sephiroth qui semble troublé.

Selena : « Par ici, c'est au bout du couloir. »

Dans une salle sombre, sur un trône flottant au milieu d'un lac de lave, Mayork est à genoux devant une ombre.

Tzakhi : « Tiens, où sont-ils partis ? Je ne les sens plus dans mon univers. »

Arkon apparaît et dit quelque chose en direction du trône.

Arkon : « Je dois toujours tout faire moi-même ? »

Selena tombe à genoux et voit son cœur se mettre à briller. Caché dans l'ombre, Tzakhi rit, un sourire dément étirant ses lèvres.

Selena : « Prochain épisode : Même dans l'obscurité… Ah, on y est, c'est là ! Ils ont quoi, au menu ? »


Et voilà ! Je sais, ce chapitre est très court. Désolée, mais je n'ai pas beaucoup de temps avec l'approche du réveillon.

Mais je voulais vous dédier ce chapitre, un peu comme un cadeau de Noël, car je ne pourrai rien écrire pendant le 24 et le 25 décembre. Le 26, je ne sais pas, je verrai en fonction des fêtes.

Nmfrter, Ayame-Nightbreed, Yukira Shiroi, la-meurtrière-barbare, Ravenhill, Ysa666, Tskukiyo2894, Lunastrelle, Emma Kansakie, MaryIshtar, Naucicka, aojiroi tsuki no senritsu, Cally-sama, et tous mes autres lecteurs anonymes…

À tous, je vous souhaite un joyeux Noël et une très bonne année 2009. Puisse cette année vous apporter un nouveau bonheur et beaucoup de prospérité, autant en écriture que dans votre vie.

Grosses bises, Melior.