Et voilà la suite
Merci à Zaika et M.E.L pour vos commentaires
Clio... que dire? Encore encore lol J'adore tes commentaires !! Et merci pour tes remarques, toujours constructives
« Combien sont-ils ?
- Une vingtaine Madame.
- Et ils ont parlé de dispositifs encerclant le village ?
- Je pense oui. Kolya n'a pas laissé au garde le temps de développer. »
Elizabeth ferma les yeux et posa ses poings sur la table. Son chef-militaire s'était encore fait prendre au piège en voulant sauver son équipe. Ca devenait un sport chez lui ! Un sport de plus en plus dangereux.
Evan observait sa dirigeante. Elle semblait en proie à la colère, s'il se référait à ses traits tendus. Mais aussi à une grande réflexion. Elle fomentait un plan pour le récupérer. Mais c'était trop long. Beaucoup trop long !
« J'y retourne avec deux équipes de marines !
- Major, on ne peut pas y retourner tête baissée. Il faut un plan.
- On a pas le temps ! déclara Evan en haussant le ton. Le colonel est aux mains de Kolya !
- Il a raison, intervint Ronon. On ne peut pas le laisser. On sait tous ce qu'il est capable de lui faire. »
Elizabeth considéra le satédien un moment. Oui, la dernière fois…
« Je comprends. Je veux le revoir parmi nous au moins autant que vous. Mais je ne risquerai pas la vie d'autres membres sans savoir avant dans quoi nous mettons les pieds.
- Vous ne mettez les pieds nulle part, déclara Evan, les dents serrées. C'est nous ! Laissez-moi recruter des volontaires et on repart.
- Major Lorne ! le calma Teyla. Elizabeth est la seule responsable ici si ça tourne mal ! »
Evan ferma les yeux.
« Excusez-moi. C'est juste que…
- Vous êtes inquiet, le coupa Elizabeth. Nous le sommes tous, reprit-elle d'une voix qui se voulait apaisante.
- Qu'est-ce qu'on fait alors ? demanda Ronon.
- Il faut envoyer un M.A.L.P, dit la dirigeante en jetant un regard à Rodney.
- Elle va être descendue avant d'atteindre le village et de nous donner des informations, précisa le scientifique.
- En plus je suis sûr qu'ils ont posté des gardes devant la porte, soupira Ronon.
- Nous pouvons ouvrir la Porte et lancer des grenades anesthésiantes, proposa Teyla.
- Non, ils auront contacté le village avant que nous ayons fini de composer l'adresse, expliqua Rodney. »
Elizabeth réfléchit un moment avant de se redresser.
« Il nous reste le Dédale. Vous partirez de là en jumper occulté et descendrez vers le village.
- Le Dédale est proche d'Atlantis? demanda Evan.
- Il est à un jour, soupira Elizabeth.
- C'est trop long, s'emporta le major !
- Je suis d'accord, dit Ronon en s'agitant. C'est beaucoup trop long. Il aura le temps de le tuer d'ici là ! »
Elizabeth et Teyla échangèrent un regard angoissé. Oui, c'était un risque…
« Je sais ce que risque le colonel, continua Elizabeth, plus posément. Mais il risquera bien plus si nous passons la porte aujourd'hui.
- On a peut-être une chance qu'il le garde en vie pour négocier, tenta Rodney.
- McKay, il n'a qu'un seul objectif, le coupa brutalement Ronon. Vous le savez. »
Oui, il le savait. Tout le monde le savait. Les deux hommes se vouaient une haine sans nom. Et l'objectif de chacun était clair : éliminer l'autre.
Evan ravala sa frustration, sa peur et sa colère. Il ne devait pas paraître plus inquiet que l'équipe du colonel. Il ne voulait pas attirer l'attention. Et espérait d'ailleurs que ce n'était pas déjà fait.
Ooooooooooooo
John fronça les sourcils et émit un gémissement. Ses côtes… bon sang on lui avait roulé dessus avec un 38 tonnes ou quoi ?
Les yeux toujours fermés, le militaire se redressa pour s'adosser à un mur, tentant de rassembler ses souvenirs. L'attaque, son équipe qui regagnait la Porte, Evan qui revenait pour le sauver.
Il ouvrit brusquement les yeux.
Evan !
Il le chercha instinctivement du regard. Mais mis à part une cellule crasseuse avec un seul fenestron pour faire passer un rayon de lumière, il n'y avait rien… ni personne avec lui.
Mais John ne se sentit pas soulagé pour autant. Il se leva avec difficulté et regarda à travers le minuscule interstice grillagé encastré dans le mur commun à la cellule voisine. Elle était vide…
Il se dirigea tant bien que mal vers le mur opposé et fit le même constat. Il était seul. Et alors que cette constatation aurait dû le désespérer, elle le soulagea. Ses amis n'étaient pas retenus prisonniers. Il n'était pas retenu prisonnier…
Mais son bien-être tout relatif fut rapidement interrompu par des pas résonnant dans le couloir.
Bientôt un visage apparut de l'autre côté des barreaux rouillés.
« Colonel Sheppard, quel plaisir de vous revoir. »
John mit un temps à réagir. Encore lui….
« Kolya… combien de fois devrais-je vous tuer encore pour que vous nous laissiez tranquille ?
- « Nous » ? Mais Colonel, je n'ai que faire des autres maintenant que je vous ai vous… »
Il ne le montra pas, mais à cet instant le cœur du militaire fit un bon dans sa poitrine. Il voulait sa mort, et rien d'autre… Ils en étaient enfin arrivés là…
John se redressa lorsqu'il vit un des gardes Genii prendre une clef et l'introduire dans la serrure de la porte. Il était prêt à toute tenter. Parce qu'une chose était sûre : il n'allait pas rester là sans rien faire et laisser se répéter le petit intermède qu'il avait vécu plus tôt et qui avait consisté pour lui à servir de punching ball à quatre gardes… du moins jusqu'à ce que Kolya n'arrive et ne les tue parce qu'ils s'étaient amusés avec lui sans sa permission. Ensuite… le trou noir… Quoi qu'il en soit, sa tête et ses côtes s'en souvenaient encore…
La grille s'ouvrit enfin. John jeta un bref regard derrière les trois gardes qui se dirigeaient vers lui.
« Je vous déconseille d'opposer une quelconque résistance Colonel, ça serait pire.
- J'ai beaucoup d'imagination, mais je vois mal comment ça pourrait être pire que la dernière fois que nous nous sommes vus, répliqua John en jetant un regard aux gardes qui s'emparaient de lui. Mais ne vous méprenez pas, j'ai apprécié.
- Alors vous apprécierez encore plus ce que je vous ai réservé. Parce que le moment… intense que nous avons vécu ensemble la dernière fois… n'était qu'une mise en bouche, lui sourit le Genii. »
John ne montra aucune émotion, mais son cœur s'emballa. Pire qu'un Wraith qui vous aspire la vie… ?
D'un signe, Kolya ordonna aux trois hommes de sortir le prisonnier de sa cage. Et malgré le conseil de son geôlier, Sheppard tenta de se débattre. Mais cette tentative fut infructueuse et tout ce qu'il récolta fut… un coup dans les côtes, lui faisant étouffer un cri.
Les Genii le conduisirent dans un couloir aussi sale que sa cellule avant de l'entraîner dans une salle sentant le renfermé et la viande avariée. Affaibli, John ne put rien faire lorsqu'ils l'attachèrent à une chaise en métal.
Kolya entra à leur suite et leur fit signe de le laisser seul. Les trois gardes s'exécutèrent, ayant encore en mémoire l'exécution de leurs compagnons.
Lorsque la porte se referma, Sheppard leva la tête vers Kolya.
« Enfin seuls ?
- Oui, enfin seuls, répondit le Genii. »
John frémit au ton de sa phrase. Son attitude était étrange. Il était calme… trop calme. Le colonel sentait que cette fois, les choses seraient différentes… et ce sentiment lui fit froid dans le dos.
« Et pourquoi vous m'avez kidnappé cette fois ? Pour du C4, des jumpers, ou peut-être pour vous assurer une alliance avec des rebelles Genii dans le but de former une armée plus puissante ?
- Oh non, rien de tout cela, je vous rassure.
- Alors qu'est-ce que vous voulez ?
- Vous. »
John le regarda sans ciller.
« Oh, vous n'allez pas me dire que j'ai plus de valeur qu'une armada de drones ou le sérum que nous fabriquons pour la gènothérapie ?
- Colonel, ne vous sous-estimez pas, vous valez bien plus que toutes ces choses. »
Les deux hommes s'affrontèrent du regard. John tentant de contrôler la peur qui s'insinuait dangereusement en lui, et Kolya en souriant de plus belle. D'un sourire mauvais…
Sans un mot, le Genii passa à côté de John pour se diriger vers une table se trouvant derrière lui.
Le colonel eut beau tourner la tête, il ne put apercevoir ce que trafiquait son tortionnaire. Il ferma alors un moment les yeux pour se ressaisir et faire le point. Il était seul, avec Kolya, attaché… à sa merci. Mais ce n'était pas le pire… Il ne voulait rien… en échange de lui… Parce que ce qu'il voulait en fin de compte…. c'était lui. John sentit son cœur battre encore plus vite. Il était vraiment dans de sals draps. Une seule pensée le réconforta alors… eux étaient à l'abri. Lui était à l'abri…et il ne doutait pas qu'ils viendraient le chercher. Parce qu'on n'abandonne pas l'un des siens.
Le colonel rouvrit rapidement les yeux lorsqu' il entendit Kolya revenir vers lui… un étrange appareil à la main.., appareil composé d'un énorme boitier d'où pendaient deux câbles… au bout desquels dansaient dans le vide deux pinces…
Et à cet instant, malgré la règle qu'il s'était imposé de ne jamais montrer ses sentiments à l'ennemi, ses yeux s'agrandirent de peur. Parce que cet appareil, il le connaissait, sous une forme à peu près similaire, sur Terre. C'était un de ceux utilisés par les Afghans pour torturer les soldats américains…
« Je vois que vous connaissez ce genre d'instruments, remarqua Kolya.
- Oui, j'en ai entendu parler, se força à sourire John en balayant la pièce du regard.
- Vous cherchez quelque chose colonel ?
- Je cherche…
- Vos mots ? Oh, vous me décevez John, je vous pensais plus fort… moins peureux… »
Le regard du militaire se fit noir comme l'encre.
« Vous voulez que je vous dise ce que je cherche Kolya ?
-Je suis toute ouïe.
- Je cherche un moyen de vous tuer ! »
Bien qu'il fût en position de force, le Genii sentit un désagréable frisson lui parcourir l'échine. Son sourire s'estompa, mais il reprit néanmoins :
« Et bien moi j'ai cherché… et j'ai trouvé… »
John vit avec une peur grandissante son ennemi poser l'appareil sur une petite table située à proximité. Ses yeux reprirent alors leurs recherches. Une bassine… il fallait qu'il ait prévu une bassine… parce que dans le cas contraire… ça allait vraiment être douloureux…
« Et voilà colonel…dit Kolya en se retournant. Je pense que notre petit tête à tête peut maintenant commencer. »
Une pointe de terreur traversa le cœur de John. Il n'y aurait pas de bassine… simplement cette machine… conçue pour l'électrocuter…
Oooooooooooooooo
Evan tournait et se retournait dans son lit. Il était deux heures du matin et il ne dormait toujours pas. Il soupira et se leva.
A sa fenêtre, il contempla la cité endormie. Les lumières d'habitude si apaisantes ne lui étaient cette fois d'aucun secours.
Il ferma une nouvelle fois les yeux. Où était-il ? Que lui avaient-ils fait ? Etait-il encore en vie ? Tellement de questions, et aucune réponse ! Et cette culpabilité qui ne le quittait jamais ! Pourquoi n'était-il pas arrivé à l'aider, le seconder, comme tout bon soldat l'aurait fait ? Pourquoi avait-il échoué à aider… cet homme… qui le faisait souffrir autant qu'il le faisait vivre ?
Il ferma ses yeux plus fortement encore, retenant une autre vague de tristesse. Il ne devait pas se laisser aller. Il ne pouvait pas, il avait des responsabilités, un devoir ! Il devait réfléchir à une stratégie pour récupérer son… chef militaire.
Il sentit une crampe au niveau de son estomac. Cela faisait plus de 12 heures qu'il n'avait rien avalé, trop préoccupé par les évènements. Et pour être en forme pour la mission qui l'attendait, il savait qu'il devait reprendre des forces. Alors, le cœur lourd et plongé dans ses pensées, il s'habilla et rejoignit le mess.
Les sourcils froncés, tout à l'affinement de sa stratégie, il ne vit pas l'autre personne présente et attablée près de l'entrée. C'est une voix qui le tira de sa rêverie.
« Major Lorne ? »
Le militaire se retourna vers Elizabeth.
« Madame.
- Vous ne dormez pas non plus ?
- Non…
- Vous… voulez vous joindre à moi ? »
Le militaire pouvait difficilement refuser… et de toute manière un peu de compagnie ne pourrait pas lui faire de mal. Alors, après avoir pris un plateau, il vint s'asseoir à côté de la leader. Ils restèrent un instant sans parler, simplement à prendre un peu de réconfort grâce à la présence de l'autre. Ce fut Elizabeth qui brisa le silence.
« Le Dédale arrive demain en fin de matinée. »
Evan serra les mâchoires et hocha la tête.
« Vous irez accompagné de l'équipe de John. »
Nouvel hochement de tête.
« Major, je sais que cette situation n'est pas facile pour vous. »
Cette fois le militaire se crispa.
« Vous étiez là, avec lui, et je sais que vous vous sentez coupable de ne pas avoir pu lui porter secours comme vous auriez souhaité le faire. »
Evan se détendit un peu.
« J'étais revenu pour l'aider et il n'a pas voulu… il m'a sauvé moi alors que j'étais venu pour lui. »
Elizabeth ne fut pas longue à poser sa main sur celle de son collègue, mais surtout ami.
« Ecoutez, nous ne pouvons rien faire d'autre à part…
- Attendre ?
- Non, élaborer une stratégie. »
Le major tourna un visage surpris vers sa supérieure. Elle avait cette flamme déterminée dans les yeux qu'il connaissait si bien, tout comme les 300 personnes présentes sur la cité depuis bientôt 4 ans. Il lui sourit faiblement.
« J'y ai pensé une bonne partie de la soirée et de la nuit, annonça Evan.
- Je vous écoute major. »
Ooooooooooooooooo
« Bon, tout le monde est là ? demanda Elizabeth. »
L'équipe du major Lorne et celle du colonel Sheppard acquiescèrent.
La dirigeante ferma les portes et la réunion ayant pour objectif le sauvetage de John débuta.
« Le major Lorna m'a fait part d'une idée hier, commença la jolie brune.
- Hier ? Mais vous n'avez pas quitté votre bureau et il n'est pas venu vous voir ?! »
Cette remarque du canadien étonna tout le monde.
« Oui, enfin je veux dire… j'ai travaillé dans la salle des commandes et… mh… alors cette idée ? »
Elizabeth posa son regard sur Evan.
« Major, si vous voulez bien exposer votre plan. »
Le militaire se leva. Le plan était simple : arriver à bord du jumper, en mode occulteur, comme cela était prévu, et passer au-dessus du village pour scanner les environs. Ensuite se poser assez près, mais pas trop, du village et organiser des équipes pour la mission en fonction des données recueillies.
« Et vous avez pensé à ça tout seul ? s'étonna Rodney. »
Cadman lui adressa un regard noir. Evan sourit faiblement à Elizabeth.
« Non, on en a longuement discuté avec Elizabeth. On a pesé le pour et le contre et…
- Vous avez pensé au matériel qu'on devrait emmener dans le jumper pour parer aux éventuelles surprises que nous réserveront les Genii aussi ? l'interrompit McKay.
- Oui Rodney, le rassura la dirigeante.
- Oh…
-Les armes utilisées par les Genii sont artisanales. Nous avons l'avantage technologique, leur rappela Elizabeth.
- Vous oubliez qu'ils ont des grenades, des fusils et des armes de poings, intervint Ronon.
- Non, je ne l'oublie pas Ronon. Comme je n'oublie pas les bazookas faits maison qu'ils détiennent. Oui ils pourraient vous abattre en plein vol, reprit-elle alors que Rodney ouvrait la bouche. Mais c'est pour parer à cette éventualité que vous vous mettrez en mode furtif. »
Le canadien referma la bouche.
« Nous disposons de l'effet de surprise et de la supériorité technologique. De plus Rodney et Radek, vous serez là pour régler les problèmes qui pourraient survenir.
- Mais… je suis nul quand il s'agit de se battre, murmura le Tchèque.
- Mais on nous demandera pas de nous battre, soupira Rodney en levant les yeux au ciel. Il y a des militaires payés pour ça ici. »
Lesdits militaires se regardèrent d'un air désespéré.
« On nous paye pas assez cher pour vous récupérer au péril de nos vies si on vous kidnappe Rodney, lui lança Laura.
- Elizabeth ? s'écrira le scientifique d'un air outré.
- McKay, c'est pas le moment ! rugit presque Ronon.
- Ronon a raison, intervint Elizabeth. Le temps nous est compté. Le Dédale… »
Elle s'interrompit dans sa phrase et colla un peu plus son oreillette contre son tympan.
« Est arrivé, termina-t-elle. Est-ce que vous avez des questions ? Non ? Très bien, alors tous au jumper. »
Les équipes se levèrent et tout le monde sorti de la salle. Evan le dernier. Au moment où il allait franchir les portes, Elizabeth le retint.
« Major, ramenez-le nous.
- C'est bien mon intention Madame. »
Un dernier regard et le militaire sortit avec un seul objectif en tête : le ramener, même si lui ne devait pas revenir.
TBC….
EDIT : Tites corrections grâce à Clio
