MEL : Et oui il s'en est tiré... mais dans quel état Oo
Clio : Oui Evan est d'une nature différente de celle de Sheppard, mais ils sont tout deux militaires alors une chose est sûre : ils n'expriment jamais leur inquiétude, surtout pas face aux autres. Et oui tu as tout à fait raison : ils n'ont jamais exprimé clairement leurs sentiments. Mais... ça ne sera pas toujours le cas... (ben oui sinon où serait la NC? Oo lol). Et s'il te plaît continue avec tes rhétoriques, qui sont loin d'être brouillonnes lol. Encore merci pour ton com de la semaine dernière, il m'a fait énormément plaisir, comme les précédents. Et j'espère que cette suite te plaira tout autant .
PS1 : Non je ne sais pas encore combien de chapitres contiendra cette fic Oo Suspens...
PS2 : Merci à Clio d'avoir pointé les fautes que mon esprit embrumé et enfiévré par plusieurs heures d'écriture n'avait pas identifiées!!
John dormait. Ou du moins faisait-il semblant. Seule astuce qu'il ait trouvée pour être tranquille et ne pas se faire embêter par les infirmières lui demandant sans cesse s'il n'avait pas faim, pas froid, s'il n'avait pas envie d'un magazine... Il soupçonnait l'une d'entre elle d'avoir un faible pour lui. Bon, rien d'étonnant ! Mais cette fois il n'avait aucun moyen de s'échapper si la dame se faisait trop pressante. Alors… il avait simulé un profond sommeil. Avec succès ! Cela faisait maintenant une demie-heure qu'il était tranquille et qu'il somnolait. Ce furent des voix qui le tirèrent de sa torpeur. Son esprit fatigué fit un effort pour capter les bribes de conversation. Réflexe militaire. Deux voix masculines lui parvinrent.
« Oui… s'en remettra.
- Je peux… ?
- Il dort… mais ne le réveillez … »
Puis des pas venant se firent entendre, venant dans sa direction. John se tint immobile.
Evan apparut derrière le paravent blanc. Enfin. Enfin car deux bonnes heures s'étaient écoulées entre le moment où il avait pris sa décision de venir le voir et sa venue effective. La raison de ce retard ? Ne pas attirer l'attention et spécialement celle de Teyla. Il fallait prendre toutes les précautions possibles ! Le militaire hésita un peu avant de s'avancer. Il se trouvait bête à cet instant précis. Il ne devait pas le réveiller et pourtant il devait lui parler. C'était bien pour cette raison qu'il était venu ! Mais Carson était encore là ainsi que deux infirmières. S'il faisait demi tour maintenant, cela semblerait louche. Alors, c'est à pas de loup qu'il s'approcha du lit où reposait son supérieur. Il prit une chaise et s'installa près de lui.
Le major ne dit rien pendant plusieurs secondes, se contentant de regarder John. Mauvaise idée… il sentit son cœur battre plus fort à la découverte de ces traits au repos. Chose qu'il n'avait jamais eue l'occasion de voir jusqu'à présent. Et ses cheveux noirs plus ébouriffés que jamais lui donnaient encore plus de charme.
John se sentait observé. Et il détestait ça. Surtout lorsqu'il ne savait pas qui l'observait. Ses sourcils se froncèrent malgré lui.
Evan se figea. Etait-il réveillé ? Si ce n'était pas le cas, il allait l'y aider. Parce qu'une chose était certaine : il ne pouvait pas rester là à le regarder indéfiniment. D'abord parce que cela pourrait paraître suspect, ensuite parce que les sentiments qu'il tentait de refouler depuis qu'il était là n'allaient pas tarder à l'envahir. Et ça, il ne pouvait pas se le permettre… du moins en public. Alors….
« Monsieur ? Vous êtes réveillé ? »
John ne fit plus aucun mouvement. Cette voix. Sa voix. Oh non…. Pourquoi était-il là ? Il lui avait donné un ordre pourtant ! Non, c'était stupide ! Il ne pouvait pas l'empêcher de venir lui rendre visite. Et même, à bien y réfléchir, c'était la meilleure solution. Après tout, il avait fait partie de la mission, tout comme Laura et Radek qui étaient venus prendre eux aussi de ses nouvelles.… et il l'avait sauvé, alors c'était normal qu'il soit là. Il l'avait sauvé. A cette seule idée, son cœur se serra. Il avait risqué sa vie pour lui. Et avec les Genii, « risquer sa vie » prenait un sens bien net. Il avait été là pour lui alors qu'il le rejetait, l'ignorait depuis toutes ces semaines. Toutes ces pensées le traversèrent dans un nuage de coton. Les médicaments lui embrumaient l'esprit. Mais pas assez pour ne pas savoir qu'il lui devait bien plus qu'un simple merci. Il lui devait des excuses. Cesser de lui faire payer son erreur.
John ouvrit les yeux.
Evan s'arrêta un bref instant de respirer. Il se sentait à nouveau transpercé par son regard. Il se sentait à nouveau transporté.. et mal à l'aise…Il devait se reprendre. Il était là pour une chose bien précise.
« Mon colonel ?
- Major, marmonna John en se redressant sur ses oreillers. »
Les deux hommes se regardèrent un instant avant qu'Evan ne se souvienne de l'alibi qu'il avait pris pour pouvoir approcher son supérieur sans éveiller les soupçons.
« Je vous ai apporté des magazines. Un de surf et un de golf. »
Evan était nerveux. Ca s'entendait au son de sa voix. Mais John était heureusement trop groggy pour s'en rendre compte.
« Merci major. »
Lorne le gratifia d'un faible sourire avant de détourner les yeux et de se lever pour poser les revues sur la table à côté de John.
Le colonel le regarda faire. Son cœur s'accéléra de nouveau. Comme à chaque fois qu'il se trouvait en sa présence. Mais cette fois il ne parvint pas à se calmer. Le traitement que lui administrait Carson combattait sa volonté. Et ses sentiments en profitaient pour réapparaître.
Evan se rassit aux côtés de son supérieur. Son regard balayait toute la pièce, en évitant soigneusement de se poser sur lui. Il devait rassembler ses pensées et ses idées pour lui parler. Alors qu'il s'apprêtait à se lancer, Sheppard lui coupa l'herbe sous le pied.
« Major, commença-t-il. »
Lorne reporta son attention sur lui.
« Oui Monsieur ?
- Ecoutez… merci.
- Vous l'avez déjà dit, répondit Evan, nerveux.
- Non, pas merci pour les magazines. Enfin si, merci, je trouverais le temps moins long… »
Un faible sourire dessina les lèvres du major. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas été lui avec… lui.
« Mais merci d'être venu.
- On n'abandonne pas l'un des nôtres. »
John encra son regard dans celui de son subordonné.
« Oui, mais vous avez fait vite. Si vous étiez intervenu quelques heures plus tard… »
John laissa sa phrase en suspens. Evan soupira. Oui, quelques heures plus tard et il aurait été trop tard.
« Ne pensez plus à cela. Vous êtes là, chez vous, et vous vous en êtes sorti. C'est le principal. »
Le colonel hocha lentement la tête.
« Oui…grâce à vous. »
Evan sentait une douce chaleur l'envahir sous ce regard brillant. De quoi au juste ? De reconnaissance ? Oui, cela ne pouvait être que de la reconnaissance. Et c'était déjà beaucoup. Il fallait qu'il coupe court à cet entretien au plus vite avant que le même incident que la dernière fois ne survienne.
« Monsieur, si je suis venu, c'est pour vous parler d'une chose…
- Je vous écoute. »
Le ton de John était redevenu professionnel. Et ce changement aida Evan. Plus que le ton doux, même si gêné, qu'il avait employé jusqu'à présent.
« Teyla est venue me voir dans mes quartiers. »
Le colonel ne dit rien, le laissant continuer, avec néanmoins une pointe d'appréhension.
« Et je pense… »
Evan regarda autour de lui avant de continuer, à voix basse.
« Je pense qu'elle a un doute monsieur. »
John baissa les yeux et s'agita dans son lit. Cela ne l'étonnait pas de la part de l'athosienne. Elle savait lire dans les cœurs. C'était un de ses nombreux dons.
Devant le mutisme de son supérieur, Evan sentit l'anxiété monter.
« Je ne pense pas que qui que ce soit d'autre ait des doutes…, continua le major, tentant de capter le regard de John. Je vous promets que je… »
Il stoppa net. Il s'apprêtait à lui dire qu'il faisait tout pour cacher ses sentiments. Autant lui avouer tout de suite qu'il l'aimait… Le major sentit le rouge lui monter aux joues. C'était la première fois qu'il voyait ses sentiments envers le chef militaire de la cité avec autant de netteté. Il l'aimait. Oui. Mais c'était impossible. Et pour sauver leurs carrières, il devait tout faire pour brouiller les pistes.
John sentit son cœur bondir.
« Terminez votre phrase major, dit-il d'un ton monocorde ne laissant percer aucun sentiment. »
Evan l'observa un moment avant de reprendre.
« J'ai tout fait pour ne pas… pour qu'on pense que tout était comme …pour que personne… »
Il n'y arrivait pas. Quelle que soit la tournure de sa phrase, il ne pouvait pas dissimuler la vérité.
Et John le sentit. Il ferma les yeux. Cette vérité qu'il niait depuis des semaines. Depuis ce qu'il appelait pour lui « l'incident » pour s'empêcher de penser à ce qu'il avait ressenti, pour empêcher d'éventuels sentiments de monter à la surface.
C'est d'une voix faible, presque en un murmure, qu'il dit :
« Major… je m'excuse de m'être montré si dur avec vous. »
Ca, Evan ne s'y attendait pas ! Il pensait au mieux qu'il allait garder le silence, au pire qu'il allait passer ses nerfs sur lui. Mais cette phrase. Ces… excuses… non, il était loin de l'envisager. Pris au dépourvu, il ne réagit pas tout de suite. Ce fut uniquement lorsque le regard de John se posa de nouveau sur lui qu'il reprit contenance. Il baissa les yeux et commença à se triturer les mains. Mais une seconde seulement.
« Je comprends Monsieur, furent ses seuls mots. »
Les deux hommes se regardèrent un bref instant. La gêne était palpable.
« Monsieur, poursuivit Evan au bout de quelques secondes. Pour ce qui est d'une possible rumeur…
- Je ne pense pas que vous…. Que nous ayons de quoi nous en faire. Si rumeur il devait y avoir, Mckay aurait changé de comportement. Et pour le moment il me fait … suer du matin au soir. Comme d'habitude. Donc… »
Le major et le colonel échangèrent un regard. John rassurant, Evan rassuré.
« Je crois que je vais vous laisser, se reprit le premier le major. Vous devez vous reposer.
- Oui. Et merci encore pour ça, dit John en jetant un regard aux magazines posés sur la table.
- Je vous en prie. »
Après un bref signe de la main, le major tourna les talons.
« Vous reviendrez demain ? s'entendit dire Sheppard alors que son subordonné allait passer de l'autre côté du paravent. »
Evan stoppa net, la gorge un peu sèche et le cœur battant.
« Oui… si vous voulez.
- Enfin quand je dis vous, c'est… toute l'équipe.
- Oh. Oui, nous passerons Monsieur. »
Un dernier regard gêné, une dernière esquisse de sourire et Evan sortit de l'infirmerie, laissant un colonel perdu dans ses pensées. Pourquoi lui avoir posé cette question alors que jusqu'il y a quelques jours il le fuyait comme la peste ? Même lui n'arrivait pas à comprendre ce changement d'attitude. Ces médicaments atténuaient non seulement la douleur mais aussi sa lucidité. Vivement que cette période « infirmières qui vous chouchoutent et vous shootent » soit terminée !
Du moins c'est ce que sa raison lui dictait. Parce que pour ce qui était de ses sentiments… c'était une toute autre histoire. Une histoire où sa période d'invalidité pourrait être un tournant dans sa vie.
oooooooooooooooooooooooo
« Qu'est-ce c'est que ça ? demanda Ronon en désignant deux paquets que Rodney tenait dans ses mains.
- Oh, c'est… euh… des petits trucs que j'ai réussis à avoir d'un peuple avec qui on fait du commerce. Ca sert d'être amis avec les paysans de la galaxie. Ils créent des tucs intéressants parfois. »
Teyla jeta un regard de reproche au scientifique tandis que Ronon approchait son nez des colis.
« C'est de la nourriture ?
- Et bien… oui. Vous ne savez pas ce qu'ils vous donnent à manger à l'infirmerie, c'est affreux.
- C'est pour ça que vous avez demandé des plateaux supplémentaires la dernière fois que vous y êtes resté ?
- J'avais faim. Développer des supers pouvoirs ça creuse ! »
Les deux pégasiens échangèrent un regard amusé alors que le trio tournait à l'angle d'un couloir menant à l'infirmerie.
« Bref, quoi qu'il en soit, j'ai pensé que des produits locaux dont le colonel raffole pourraient lui remonter le moral !
- Et c'est très gentil à vous Rodney, lui sourit Teyla alors qu'ils atteignaient l'entrée de l'antre des médecins de la cité. »
Les trois atlantes ralentirent le pas. Cela faisait une semaine que le colonel Sheppard était revenu sur la Cité et à peu près…. cinq jours qu'il menait une vie d'enfer à toute l'équipe médicale. Rodney et surtout Teyla avaient tenté de le raisonner : il ne servait à rien de s'énerver, il sortirait lorsque Carson lui en aurait donné l'autorisation. Seul Ronon comprenait ce que pouvait ressentir John. Rester enfermé était la pire des choses pour un militaire, et plus généralement pour un homme de terrain.
« Allez Carson… s'il vous plait !! Je me sens mieux !! »
Ronon barra le passage à Rodney qui s'apprêtait à entrer, arrêtant par là-même Teyla.
« Attendez que ça pète, murmura le satédien. »
Le canadien posa sur l'ex runner un regard d'incompréhension, mais comprit rapidement le bien fondé de sa réaction.
« Colonel !! Vous me demandez ça tous les jours et dix fois par jour !! Maintenant ça suffit !! Si vous continuez, je vous … je vous envoie sur un vaisseau ruche ! »
Des bruits de pas précipités se firent entendre. Une seconde plus tard, c'est un Carson énervé et désespéré qui jaillit de l'infirmerie, manquant de bousculer Ronon.
« Je… je n'ai jamais vu un patient aussi… insupportable ! Je vous passe la relève avec grand plaisir ! Et bon courage ! »
Rodney jeta un regard à Ronon.
« Allez-y le premier. »
Le satédien leva les yeux au ciel et entra dans la salle.
« Allez-y, allez-y, honneur aux dames, bafouilla le canadien en faisant signe à Teyla de passer devant lui. »
La jeune femme cacha un sourire et rejoignit Ronon qui était déjà auprès de John.
« Vous pouvez pas savoir comme je suis content de vous voir ! soupira le militaire. Vous voulez bien débrancher la perfusion que je puisse me tirer d'ici? »
Ronon haussa un sourcil et regarda Teyla qui venait d'arriver.
« Colonel, vous savez bien que c'est pour votre bien si le Docteur Beckett vous garde ici.
- Ronon, la prochaine fois venez seul, rouspéta John avant se rallonger.
- Vous dites ça parce que vous savez pas ce que je vous amène, les interrompit Rodney en déposant ses deux surprises sur la table. »
Un délicieux fumet vint aussitôt chatouiller les narines d'un colonel Sheppard subitement très intéressé.
« Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il en lorgnant les paquets.
- Je ne suis pas très sûr des noms mais disons que c'est ce qui ressemble à tes pâtes bolognaises et… à du beefsteak assaisonné de cette sauce que vous adorez. Enfin… on pense tous que c'est du beefsteak mais… est-ce que l'un d'entre vous a déjà vu une vache sur M4X-234 ? Eh, attendez, est-ce que quelqu'un a déjà vu un animal sur une seule planète que nous avons visitée ? »
Teyla secoua la tête et reporta son attention sur le colonel, laissant Rodney à ses doutes et à ses craintes.
« Comment vous sentez-vous John ?
- En pleine forme !! C'est ce que je me tue à expliquer à Carson ! râla-t-il en ouvrant les paquets d'un air gourmand.
- Encore trois jours et vous serez libre, le rassura Ronon.
- Ouais… je sais… Y'a pas de couverts ?
- Ah si, attendez ! dit Rodney avant de sortir de sa poche un couteau et une fourchette dont le militaire s'empara aussitôt.
- Je vous aime McKay !
- Ne le répétez pas trop souvent, je pourrais faire encore plus de jaloux ! »
John stoppa aussitôt ses gestes et observa son ami le cœur battant. Sentant tous les regards posés sur lui, Rodney crut bon de s'expliquer.
« Oui, si les femmes scientifiques avec lesquelles je travaille le savaient… elles pourraient me tuer. »
Il se racla la gorge et se dandina d'avant en arrière.
« Alors, c'est bon ? reprit le canadien comme si de rien n'était.
- Ouais, super bon ! répondit John, plus détendu.
- On vous nourrit pas ? sourit Ronon.
- Si mais si vous saviez ce qu'ils enlèvent comme sauces pour être sûrs qu'on mange sainement !
- Ah, vous voyez ! intervint Rodney d'un air triomphant.
- Je vois surtout que nous ne sommes pas les seuls à être venus vous voir aujourd'hui, remarqua Teyla en jetant un œil aux magazines disposés sur la table.
- Oui, Radek, Cadman et Lorne sont venus me voir. Tout comme Elizabeth. »
John avait lâché cette phrase avec le plus de naturel possible, mais l'athosienne sentit bien la légère hésitation qu'il avait eue lorsqu'il avait prononcé le nom du major.
« Golf, surf… ouais, rien de bien intellectuel, dit Rodney en feuilletant une des revues. »
Le miltiaire la lui prit rapidement des mains en lui lançant un regard en biais avant de réattaquer sa viande.
« Alors comment ça va vous ? demanda le militaire.
- Très bien, lui répondit Teyla avec le sourire. Je médite souvent et ça me fait beaucoup de bien.
- Je m'entraîne, lança Ronon.
- Mon génie est mis à contribution chaque jour, sourit Rodney, d'un air content de lui.
- Plus de mission hein ?
- A vrai dire… on ne veut plus partir sans vous, répliqua Teyla.
- C'est pas pareil. On s'ennuie, continua Ronon.
- Encore faudrait-il qu'on nous le demande. »
Les deux pégasiens échangèrent un regard.
« Eh, attendez ! On vous l'a demandé ? s'écria Rodney. Pourquoi à vous et pas à moi ?
- Peut-être parce que vous savez pas tenir correctement une arme ? lança Ronon.
- C'est pas vrai ! J'ai fait des progrès au stand de tirs !
- Quoi qu'il en soit, tempéra Teyla, nous sommes une équipe. Et je ne me vois pas partir en mission autrement qu'avec vous trois, termina-t-elle en regardant chacun des trois hommes dans les yeux.
- Pareil pour moi, dit le satédien.
- Oui, oui, moi aussi, moi aussi, s'agita Rodney, les regards pesant sur lui.
- Merci les gars, dit John, légèrement gêné tout de même. »
Un court silence s'instaura alors jusqu'à l'arrivée d'un Carson plus détendu. Du moins jusqu'à ce qu'il prenne son patient la fourchette dans le plat de viande.
« Colonel ! Mais… Rodney !!
- Je dois y aller, lança le canadien avant de partir précipitamment de l'infirmerie. »
Le regard de l'écossais se posa sur Ronon.
« Je vais m'entraîner. »
Le jeune homme disparut presque aussi vite que le scientifique.
« Teyla, vous auriez dû les en empêcher.
- Je sais… mais je n'avais pas le cœur à dire non à Rodney. Il a choisi ces cadeaux avec tellement de soin.
- Ah oui ? s'étonnèrent John et Carson.
- Oui. Il est même allé jusqu'à proposer un vol en jumper aux enfants du cuisinier qui vous a concocté ces plats. »
Le militaire et le médecin se regardèrent avec stupeur.
« Eh bien… je vais déguster cette vache… ou quoi que ce soit, avec plus de plaisir encore ! déclara John.
- Profitez bien de ces instants parce qu'à partir de demain je vous remets aux patates à l'eau, le prévint Carson avant de disparaître derrière le paravent. »
Teyla laissa passer un moment avant de glisser la tête derrière le drap blanc pour s'assurer qu'aucune oreille indiscrète ne viendrait les gêner.
« Vous voulez me dire quelque chose ? demanda Sheppard en attaquant son plat de pâtes.
- A vrai dire… j'aimerais discuter de quelque chose avec vous oui.
- Ok. Asseyez-vous, vous serez plus à l'aise. »
Un peu nerveuse, la jeune femme prit un siège placé à proximité et s'assit à côté de John.
Voyant qu'elle ne parlait toujours pas, il décida de l'aider un peu.
« Vous pouvez y aller, je vais plus vous manger avec ce que McKay m'a ramené ! »
L'athosienne esquissa un sourire et se lança.
« Je voudrais vous parler… de quelque chose de personnel.
- Oh, oh, vous voulez des conseils pour savoir comment envoyer balader un homme qui vous colle de trop près ?
- Pas exactement…mais je prends bonne que vous pourriez m'y aider, lui sourit-elle plus franchement. En fait, reprit-elle un instant plus tard, je voudrais des conseils pour savoir comment aider un ami à faire face à ses sentiments pour une personne… avec laquelle il a peur de s'engager.
- Ah ? demanda John en tâchant de faire taire ce cœur qui ne cessait de bondir de plus en plus fort dans sa poitrine.
- Oui…
- Mais vous êtes sûre de vous ? Je veux dire… vous les connaissez si bien que ça ?
- Oui je les connais bien. John….je vous connais bien. »
Le militaire se figea aussitôt, faisant tomber sa fourchette qui s'enfonça lentement dans le plat de pâtes.
TBC
