Merci MEL pour ton commentaire (même si je te l'ai déjà dit lol). J'apprécie beaucoup.

Ticoeur : tu vas enfin savoir ce qui arrive au plat de pâtes ... ou pas Oo lol

Clio : Que dire à part : ouha quel commentaire Oo Merci encore cent fois de tes remarques et de tes analyses, c'est la plus belle récompense pour un auteur! Et merci d'être fidèle au poste même dans l'ignorance totale du nombre de chapitres (on est deux dans ce cas).

Voici la suite

« Quoi.. ? parvint à souffler John en la fixant dans les yeux, l'angoisse lui tenaillant l'estomac.

- John, je veux d'abord vous rassurer. Je n'ai rien dit à personne. Et je ne compte pas le faire. »

- Ce n'est pas pour autant que le militaire se détendit. Il s'efforçait de ne rien laisser paraître, mais le fait était qu'il sentait la peur s'insinuer en lui. Une peur comme il en avait rarement ressentie.

« John…

- Non ! aboya-t-il, faisant sursauter son amie. »

Teyla fronça les sourcils et se recula légèrement. Ce n'était pas de l'énervement ni de la colère qu'elle lisait en cet instant dans les yeux de son ami. C'était de l'appréhension…. Non… pas de l'appréhension. De la peur… Elle se troubla. Elle n'avait jamais lu ça dans ses yeux.

La jeune femme allait reprendre la parole lorsque Carson arriva, le souffle court.

« J'étais dans le couloir et j'ai entendu crier. Qu'est-ce qui se passe ? demanda l'écossais en glissant son regard de l'un à l'autre.

- Rien, se reprit John, les traits tendus. Je remerciais Teyla qui allait….

- Feuilleter les revues que vous avez sur votre table, sourit l'athosienne à l'attention du médecin qui les dévisageait l'un après l'autre, incrédule. »

Le militaire fut un instant décontenancé. Un instant de trop. Carson hocha la tête et les laissa.

Le sourire de façade de Teyla s'estompa un peu et elle se rapprocha de Sheppard.

« John, écoutez…

- Non, c'est vous qui allez écouter ! s'exclama le militaire à voix basse en jetant des regards aux alentours. C'est quoi cette histoire?! Comment vous pouvez affirmer des trucs comme ça ?! Vous vous rendez compte ?! Vous pensez deux secondes aux rumeurs qui pourraient courir si on surprenait cette conversation ?! »

Le militaire la regardait durement. Il était impensable que quiconque soit au courant de ce qui se passait ou de ce qui s'était passé. Il ne savait plus. Ses pensées s'embrouillaient sous l'effet des sédatifs et de la peur. Mais aussi un peu sous l'effet de la colère. Contre lui, contre Evan et contre celle qui avait découvert le pot aux roses.

Teyla garda le silence un moment. Elle ne s'était pas trompée. Elle en était persuadée. Mais elle se demandait maintenant si elle avait eu raison de discuter de ça avec John. Elle se doutait que des deux, c'est celui qui accepterait le moins de se confier. De plus il était peut-être encore trop tôt. Alors, pour couper court à ce qui aurait pu rapidement se transformer en dispute, la jeune femme se leva.

« Je vais vous laisser vous reposer colonel.

- Oui, je crois que vous feriez bien d'en faire autant, répondit Sheppard sans la quitter du regard. »

Le cœur serré, Teyla ne releva pourtant pas. Elle se contenta d'acquiescer et de tourner les talons. Elle murmura un dernier « personne ne sait » avant de gagner la sortie de l'infirmerie.

Ooooooooooooooooooooo

Trois jours. Cela faisait trois jours que John ressassait les paroles de Teyla. Trois jours aussi qu'il semblait absent quand ses amis lui rendaient visite. Enfin surtout quand Rodney et Ronon venaient lui faire un petit coucou. L'équipe du major Lorne avait dû reprendre les missions. Quant à Teyla, elle était partie quelques temps sur une planète alliée pour effectuer des transactions commerciales. Du moins était-ce l'excuse qu'elle avait donnée à son équipe et à Elizabeth.

Mais le colonel, lui, savait ce qu'il en était. Il avait eu trois longues journées pour y penser. Trois longues journées pour réfléchir aux récents évènements. Et une chose était certaine : il s'en voulait de s'être comporté de la sorte envers elle. Elle avait cherché à l'aider, comme toujours, et il avait été froid et blessant. Parce qu'il avait eu peur. Peur que ce que savait Teyla ne soit connu d'autres personnes. Mais durant le court laps de temps qui s'était écoulé entre sa dernière visite et aujourd'hui, le militaire avait pu constater que rien ne semblait avoir changé sur la cité. Aucune rumeur ne circulait. Sinon son indicateur personnel, alias le Docteur Rodney McKay, le lui aurai signalé.

« Et bien colonel, que voilà une mine bien sombre, sourit Carson en le tirant de ses pensées. Vous devriez être heureux, vous sortez aujourd'hui.

- Oui, c'est vrai. Heureusement, je devenais dingue ici !

- Et moi donc, murmura le médecin.

- Quoi ?

- Rien du tout. Je vous ai dit qu'on venait vous chercher ?

- Carson ! Je suis assez grand pour me déplacer de l'infirmerie à mes quartiers sans avoir besoin d'un garde du corps.

- C'est pour être certain qu'il ne vous arrive rien de fâcheux, du moins aujourd'hui.

- Et encore moins d'une nounou ! »

L'écossais leva les yeux au ciel et ouvrit les draps du lit où reposait son patient le plus… coriace.

« Allez, habillez-vous au lieu de rouspéter. »

C'est marmonnant quelque chose dans ses dents que John se leva. Trop vite. Il dut rapidement se rasseoir.

« Vous pensez toujours qu'une présence n'est pas nécessaire ? demanda Carson. »

Pour toute réponse, Sheppard lui lança un regard en biais.

« Qui est-ce qui vient me nurser alors ?

- C'est moi, résonna une voix derrière lui. »

John se raidit. Une seconde seulement. Trop peu pour que Carson ne se doute de quoi que ce soit.

« Major…

- Bonjour Monsieur, lui sourit Evan en venant se poster devant lui.

- Major, je vous le confie. Surveillez-le de près ! »

Lorne prit sur lui pour ne pas montrer la gêne qu'avait occasionnée cet ordre. Quant au colonel, il fut subitement très intéressé par le sol de l'infirmerie.

« Ne vous en faites pas Doc, ça ira, reprit Evan sur un ton neutre.

- Bien, je vais faire quelques visites à domicile et je reviens.

- Des visites à domicile ? demanda John en se levant, cette fois plus lentement.

- Oui, Rodney se plaint d'une douleur dans le genou et ne se sent pas de marcher jusqu'ici.

- Vous allez nous le pourrir si vous continuez à la chouchouter comme ça, observa Sheppard en prenant ses affaires laissées sur une chaise à côté de son lit.

- Oui, mais que voulez-vous, je ne peux rien lui refuser… »

Evan cacha un sourire. C'était vrai que l'écossais et le canadien étaient très liés, même si le Docteur Mckay s'ingéniait à dissimuler cette amitié… Chacun d'eux savait à qui s'adresser pour partager ses soucis ou ses joies…

« Bien, je vais vous laisser. Colonel, n'oubliez pas notre séance de demain.

- Ca fait cinq fois que vous me la rappelez, ça devrait rentrer. »

Carson leva les yeux au ciel et tourna les talons. C'est en se faisant la remarque qu'il n'aurait jamais cru avoir affaire à un patient plus coriace que Rodney qu'il quitta l'infirmerie.

« Vous savez, vous n'êtes pas obligé de rester là, vous pouvez y aller, dit John en se dirigeant à reculons vers la partie de la salle réservée aux changements de tenue de l'équipe, ne souhaitant pas plus que ça montrer son sous-vêtement à son subordonné. Je dirais rien à Carson.

- Je sais Monsieur. Mais je préfère m'assurer que tout va bien. »

John lui adressa un rapide hochement de tête avant de disparaître derrière le drap blanc, laissant un Evan rêveur.

Une fois à l'abri des regards, le militaire ferma les yeux et se passa une main dans les cheveux pour tenter de se calmer un peu. Le revoir faisait toujours battre son cœur plus rapidement qu'il ne devrait. Il ne se contrôlait que difficilement en sa présence. Il avait dans un premier temps attribué ça au traitement que Carson lui avait administré durant tous ces jours. Mais maintenant qu'il avait réduit les doses, il avait bien été obligé de faire un constat : rien ne changeait ! Il avait toujours cette boule à l'estomac lorsqu'il le voyait, cette douce chaleur qui l'envahissait quand le major posait les yeux sur lui. Le colonel soupira. Non… rien ne changeait. Mais peut-être que tout reviendrait à la normale quand son organisme aurait fini d'évacuer toutes ces drogues ?

« Un problème Monsieur ? demanda Evan.

- Non, aucun, le rassura John en se reprenant. »

C'est sans trop de mal que Sheppard enleva sa chemise de nuit avant d'enfiler son pantalon. Il serra les dents lorsque son épaule droite fut mise à contribution, mais ne souffla mot pour ne pas alerter Evan.

La tâche fut plus difficile quand il dut mettre sa chemise. Car si l'épaule droite passa tant bien que mal… le militaire ne put empêcher un cri de douleur de passer ses lèvres quand il essaya de faire de même avec son épaule gauche.

Cette fois le major ne resta pas les bras croisés et s'approcha du paravent.

« Monsieur, laissez-moi vous aider.

- Non, ça va major. Je suis encore capable de mettre ma mhh ! »

Nouveau cri de douleur. Evan n'y tint plus et passa de l'autre côté du drap, trouvant son supérieur dos à lui. Et quel dos… musclé, bronzé, les muscles roulant sous sa peau…Le militaire dut faire un effort sur lui-même pour faire fi des sentiments et des sensations qui l'envahissaient subitement, comme à chaque fois qu'il se trouvait en sa présence.

« Tournez-vous Monsieur. »

John frissonna. Le sentir si près de lui…son corps à quelques centimètres du sien…Il ferma les yeux. Stop !

« Major, qu'est-ce que je vous avais dit ?

- Je sais, désolé.

- Vous avez une fâcheuse tendance à désobéir, soupira Sheppard en se tournant finalement vers Evan.

- J'ai un excellent modèle Monsieur, sourit le major en faisant doucement passer l'épaule du colonel dans la manche de sa chemise. »

John serra les dents. Ce n'est que lorsqu'il fut entièrement couvert qu'il put enfin se détendre.

« Merci Major. »

Evan hocha la tête et se recula.

« Vous voulez votre veste ?

- Merci, mais ce que je voudrais surtout c'est sortir d'ici.

- Après vous. »

C'est avec un grand plaisir que Sheppard sortit dans le couloir. Il ferma les yeux pour savourer cet instant.

« Monsieur, ça ne va pas ? demanda Evan, soudain inquiet en positionnant ses mains près des hanches de son supérieur, prêt à intervenir.

- Non, ça va très bien, le rassura John en ouvrant les yeux. »

Le major retira bien vite ses mains et se détacha de lui.

« Je profite juste de pouvoir enfin mettre un pied devant l'autre. »

Evan lui sourit faiblement. Il n'avait rien vu…

Les deux militaires cheminèrent dans le couloir côte à côte, John échangeant des signes de tête avant les membres de la Cité qu'il croisait et qui étaient visiblement heureux de le revoir sur pieds, Evan surveillant le moindre signe de son supérieur laissant présager d'une quelconque faiblesse. Tout ça dans une totale discrétion ! Teyla était la seule à être au courant que quelque chose s'était passée… se passait… ? Quoiqu'il en soit cela devait rester ainsi !

C'est donc à une distance raisonnable qu'Evan se tint de son supérieur. Du moins jusqu'au transporteur. Car une fois à l'intérieur…

John sentit son cœur faire une nouvelle embardée. Phénomène qui se répétait trop souvent à son goût. Surtout lorsque la raison de son emballement était un militaire… un homme. Il fallait qu'il reprenne ses esprits ! Il glissa son doigt sur la partie de la Cité où étaient regroupés les quartiers. L'instant d'après les portes s'ouvraient, laissant rapidement sortir deux atlantes… bien rouges.

« Ca se passe bien les missions ? demanda John pour tenter de penser à autre chose qu'à ce corps qui avait été si près du sien la minute d'avant. Trop près.

- Oui, la routine. Aucune bestiole de l'espace ne nous est tombée dessus ces derniers jours. Une première, termina le jeune homme en riant nerveusement.

- Vous avez pas à vous en faire. En général elles n'attaquent que mon équipe. Je crois qu'on a tiré la carte poisse en traversant la Porte. »

Le sourire d'Evan se fit plus franc alors qu'ils arrivaient devant les quartiers de John.

« Bon, je crois que vous pouvez me laisser là.

- Vous êtes sûr ?

- Mais oui.

- Très bien. Je vous souhaite une bonne fin de journée Monsieur.

- Merci. »

Lorne tourna les talons.

« Major ?

- Oui Monsieur ?

- Appelez-moi John. »

A peine ces mots furent-ils prononcés que le colonel s'engouffra dans ses quartiers. Il referma bien vite la porte, sans se retourner. L'instant d'après, il s'adossait à la porte les yeux fermés.

TBC