MEL : xdr merci pour ton commentaire (même je te l'ai déjà dit ) et oui Teyla joue et jouera encore un rôle...

Clio : j'en reviens toujours pas de tes analyses!! Surtout ne t'arrête pas ! Et tu vas enfin savoir laquelle de tes hypothèses est la bonne . Cela dit tu m'as donné une ou deux idées qui ne m'avaient pas traversé l'esprit

Ticoeur : oui qu'est-ce qu'ils sont lents ces militaires Oo Non mais je vous jure Oo

Or donc : la suite !

Cela faisait deux semaines que John pouvait circuler dans la Cité comme bon lui semblait, à condition de ne pas trop forcer. Deux semaines qu'il avait commencé les séances de rééducation pour retrouver le plein usage de son épaule. Enfin, deux semaines qu'il se comportait à nouveau normalement avec… lui. Evan.

Le colonel avait d'abord eu peur. Il ne se le cachait plus. Au début il avait craint que son subordonné n'interprète mal ce retour à la normal. Parce que John le savait : Evan avait encore des sentiments pour lui. Il l'avait deviné avant que le major ne bafouille dans ses explications sur une possible rumeur. Mais que pouvait-il faire ? Lui tourner le dos pour toujours ? Tous ça parce qu'il l'aimait ? Il l'aimait. Cette phrase sonnait si étrangement dans son esprit. Il était aimé d'un homme…

« Colonel, attention ! »

John sortit de ses pensées et avisa Carson à ses côtés. Il avait manqué de l'éborgner en faisant un moulinet avec son épaule.

« Désolé Doc.

- Vous êtes dans la lune aujourd'hui, remarqua l'écossais en massant l'épaule du militaire.

- Oui, un peu.

- C'est le poker de ce soir qui vous tracasse ?

- Oh non, je suis sûr de flouer Rodney.

- Colonel, vous n'avez pas honte de lui voler le quart de sa paye tous les samedis soirs ?

- Non, en fait ce qui m'embête vraiment c'est qu'il doit me signer une reconnaissance de dettes quand il y a cinq samedis dans le mois ! »

Carson leva plus haut le bras de John.

« Eh ! Aîe !

- Oh pardon, je suis désolé.

- Menteur. »

Le médecin cacha un sourire et continua d'assouplir, plus doucement cette fois, les muscles de son patient.

« Nous serons combien ce soir ? reprit Carson au bout d'un moment.

- Il y aura vous, Rodney, Ronon, moi et… peut-être le major Lorne. Je vais voir si je peux convaincre Cadman et Teyla aussi, acheva rapidement le militaire en regardant droit devant lui.

- Bonne idée, plus on est de fous plus on rit. »

Sheppard hocha faiblement la tête en esquissant un sourire.

« Eh salut Doc, lança Evan en entrant, suivi de son équipe. Oh pardon Monsieur, je ne savais pas que vous étiez là.

- Y'as pas de mal major.

- Comment allez-vous colonel ? demanda Cadman en examinant son supérieur sous toutes les coutures.

- Je vais bien lieutenant, merci.

- C'est un sacré bleu que vous avez là, fit observer Radek en contournant le lit où était installé le militaire.

- Si ça continue je vais faire payer la visite ! siffla le colonel.

- Désolée Monsieur.

- Infirmière, vous pourriez vous occuper de l'équipe du major Lorne ? demanda Carson. »

Une femme brune d'une quarantaine d'années apparut alors et fit signe aux nouveaux arrivés de la suivre de l'autre côté du paravent.

Evan jeta un dernier regard à John avant de la suivre, le cœur serré. Le bleu était vraiment impressionnant…

« Au fait les gars, ça vous dirait un poker ce soir ? lança Sheppard.

- J'aimerais, répondit le premier Zélenka, mais Rodney m'a dit qu'il devait se coucher tôt ce soir, alors je suis de corvée d'analyse des fluctuations des ondes émises par le dernier artéfact ramené de…

- Ca veut dire non, le coupa Lorne. »

Carson et John échangèrent un regard amusé. Ils pourraient faire chanter Rodney avec ce mensonge. Et le colonel avait déjà une petite idée de la manière dont il pourrait profiter du pauvre scientifique…

« Et vous major ? reprit Sheppard.

-Moi ? Oui, avec plaisir.

- Ok, et vous Cadman ?

- Avec grand plaisir Monsieur !

- Super, alors on sera six.

- Qui sont les autres ? demanda Radek.

- Ronon, Carson et… Teyla, répondit John. »

L'infirmière finit rapidement d'ausculter l'équipe SGA-2 qui fut autorisée à reprendre ses activités.

« A ce soir, lança Laura en sortant de l'infirmerie, bien vite suivie par un Radek qui pestait déjà en Tchèque d'avoir deux fois plus de travail à accomplir parce que Monsieur le Canadien devait reposer son précieux cerveau.

- A ce soir, leur fit écho John en remettant sa chemise.

- J'apporte les bières ? demanda Evan, toujours derrière le paravent.

- Ouais, bonne idée !

- Très bien alors à ce soir Monsieur.

- A ce soir. »

John entendit les pas du major s'éloigner. Il se détendit un peu.

« Vous avez fait beaucoup de progrès en une semaine colonel, observa Carson.

- Vous voulez dire que je peux reprendre les missions plus tôt ?

- Non, je veux juste dire que vous avez fait des progrès. »

Sheppard marmonna quelque chose dans sa barbe s'apparentant à un « c'est pas juste » et se leva du lit.

« Ah ce soir colonel. Même heure ?

- Ouais, même heure et préparez-vous à cracher tout ce que vous avez !

- Nous verrons colonel.

-C'est tout vu, lança John en sortant de l'infirmerie. »

Ce soir… ce soir il se retrouverait dans la salle de détente avec lui. Sheppard sentit son cœur s'accélérer. Ridicule ! Il devait se calmer ! Evan ne tenterait rien ! Il était droit et il avait compris ! Il ne tenterait rien… personne ne tenterait rien et ils passeraient tous une bonne soirée !

ooooooooooooooooooooooooooo

« J'ai faim, on pourrait ouvrir un paquet de chips?

- McKay ! le réprimanda John. On attend les autres ! »

Le docteur McKay prit un air pincé.

« Vous êtes sûrs qu'ils vont venir au moins ? »

Le regard noir que lui jeta le colonel à cet instant répondit à sa question.

« Oh, ça va, je demande ! C'est qu'il est déjà 21h et…

- Vous venez de sortir de table, soupira Laura en le regardant d'un air consterné.

- Peut-être… mais j'ai pas pris de dessert ! »

Les deux militaires secouèrent la tête en se jetant un regard où se reflétait leur désespoir.

Rodney en profita pour tenter une approche par la droite vers un paquet de noix de cajou resté à proximité de sa main. Mais un grognement de Ronon l'en dissuada.

« Désolé du retard, annonça Evan, essoufflé, en entrant dans la salle de repos.

- Je devais finir d'ausculter un patient, s'excusa Carson en arrivant à sa suite.

- Pas de problème, sourit John.

- Parlez pour vous, marmonna Rodney.

- Teyla est pas avec vous ? demanda Ronon.

- Non, elle a préféré se coucher tôt ce soir, répondit Carson en prenant place autour de la table. »

Sheppard prit le jeu de cartes pour cacher son trouble. Il savait pertinemment pourquoi elle n'était pas venue…

« Bon alors les cartes ? Ca vient ? demanda Rodney, impatient.

Vous êtes pressé de perdre ?

- Ou presser de manger ? sourit Ronon. »

Mais le scientifique balaya ces sarcasmes d'un haussement d'épaule, sous les regards amusés des autres atlantes. Ceux de John et Evan se croisèrent… pour s'éviter bien vite la seconde d'après. L'un reprit contenance en distribuant les cartes et l'autre les bières.

La partie s'engagea…

…. Et deux heures plus tard :

« C'est bon je me couche ! soupira Carson en abattant rageusement ses cartes sur la table.

- Le Scottish perd ses nerfs ? lança un John passablement éméché.

- A votre place je me méfierais de ma prochaine visite de contrôle colonel.

- Oh si on peut plus rigoler.

-Excusez-moi si je ne prends pas bien le fait de me faire prendre 200 dans la soirée.

- Eh, c'est le jeu ! Cadman ?

- Oh non, j'arrête pour ce soir ! Je vais me coucher ! annonça la jeune femme en se levant….pour se rasseoir aussitôt. Enfin, quand la pièce arrêtera de tourner. »

Les atlantes, tous plus ou moins ivres, éclatèrent de rire.

« Rodney ?

- Moi je continue ! Je vais me refaire je le sens !

- Ca fait une heure que vous dire ça, lui fit remarquer John.

- Oui, mais là je le sens vraiment!

- Je me coucherais à votre place, lui conseilla Ronon.

- Et pourquoi Monsieur le Satédien ? demanda le canadien le regard vitreux.

- Parce que je le connais et cette fois il ne bluffe pas, répondit l'ex runner en observant le scientifique avec défiance. Vous devriez arrêter la bière non ?

- Non ! Pourquoi ? Je suis pas soule !! ! Et comment vous le savez qu'il bluffe pas?

- Parce que j'ai bien regardé ses gestes et ses regards durant toute la partie. Là, il ne bluffe pas.

- Vous l'avez bien observé dis donc, sourit bêtement le canadien en donnant un coup de coude à Ronon.

- Bon McKay ? l'interrompit brutalement le colonel Sheppard, faisant sursauter la tablée.

- Oui, oh ça va ! Je me couche pas !

- Ok, Ronon ?

- Moi si !

- Lorne ?

- Je vais faire confiance à Ronon sur ce coup, je me couche.

- Alors ? demanda Rodney en lorgnant les cartes de John.

- Alors…vous me devez 300 monsieur le géni! Et pas canadiens ! annonça fièrement le militaire en posant ses cartes sur la table.

- Oh non, souffla Rodney.

- Oh si, sourit John.

- Vous auriez dû m'écouter, soupira Ronon.

- Ca compte pas ! s'écria le canadien.

- Oh ? Et pourquoi ? demanda Sheppard en ramenant à lui la somme mise sur la table.

- Parce que… parce que… Je suis soule !

- Ah tiens, y'a deux minutes vous l'étiez pas ! répliqua sarcastiquement le militaire.

- C'est ce qu'on dit quand on est soule. »

John se pencha en travers de la table et lui souffla :

« Fallait pas boire si vous tenez pas l'alcool. »

Rodney le regarda se rasseoir… avec un peu de difficulté, les yeux hagards.

« Si c'est comme ça, je vais me coucher ! dit-il en se levant dignement… avant de tituber. »

Heureusement, Ronon le rattrapa avant qu'il ne tombe lamentablement au sol.

« Je crois qu'il vaut mieux que je le raccompagne.

- Vous jouez plus ? demanda John.

- Non, je préfère pas.

- Vous aussi vous en avez marre de vous faire prendre des raclées ? »

Le Satédien se pencha vers lui et, lui adressant un sourire plein de sous entendus, lui murmura :

« A demain en salle d'entraînement. »

Avant de prendre Rodney par l'épaule et de le guider vers la porte.

« Bonne nuiiiiiiiit, cria le scientifique en franchissant le sol. »

Les atlantes restant éclatèrent de nouveau de rire.

« Bon, je vais me retirer, annonça Laura en se levant, cette fois plus lentement.

- Attendez, je vous raccompagne, se hâta de proposer Carson. »

Les deux terriens titubèrent et se retrouvèrent bientôt dans les bras l'un de l'autre. Un dernier signe de la main et ils franchirent à leur tour la porte.

John reporta son regard sur Evan.

« Major, un dernier tour ?

-Non, je pense que je vais arrêter là aussi.

- Oh, bon d'accord.

- Je vous aide à ranger ? demanda Lorne en se levant.

- Non, c'est bon, je… »

Mais John se tut. Il s'était levé trop vite et avez eu un trou noir.

« Bon sang, mais vous avez mis quoi dans la bière ?!

- Rien de spécial. C'est juste de la bière athosienne.

-De la bière athosienne ?! Je comprends mieux maintenant !

- Alors, un coup de main ?

- Oui, c'est pas de refus ! »

Evan prit les paquets de chips et les canettes de bière vides avant de les jeter à la poubelle… tandis que John rangeaient les cartes. La pièce fut rapidement remise en ordre.

« Bon, je crois qu'il ne nous reste plus qu'à aller se reposer, annonça le major en jetant un dernier regard à la pièce.

- Ouais, c'est ce que j'allais proposer ! »

Le colonel fit trois pas en direction de la porte avant de chanceler. Et s'il n'y avait pas eu Evan pour le rattraper, lui aussi se serait écroulé.

Lorsqu'il sentit les mains de son subordonné sur lui, John ne put empêcher un frisson de le parcourir. Il se redressa et s'écarta un peu.

« Merci, mais ça va aller.

- Je pense au contraire qu'il vaut mieux que je vous raccompagne, du moins jusqu'à vos quartiers.

- Non, ça va aller, lui assura le colonel en avançant encore… jusqu'à se retenir au chambranle de la porte. Ou pas… bon ok pour un coup de main, mais personne ne doit savoir. »

Le major fronça les sourcils. Que devait-il comprendre… ?

« Non, personne ne saura Monsieur. »

John acquiesça. Il n'avait aucune envie que toute la cité soit au courant de sa cuite.

Evan passa un des bras de son supérieur sur son épaule et le fit avancer.

« Comment ça se fait que vous n'êtes pas dans le même état que moi ? demanda Sheppard alors qu'ils sortaient du transporteur et se dirigeaient vers ses quartiers.

- Parce que j'en ai bu un peu moins que vous.

- Ah oui, c'est une bonne explication, concéda John. »

Cette réflexion fit sourire le major.

Encore quelques mètres et ils arrivèrent devant les quartiers du colonel. Celui-ci leva la main pour ouvrir la porte, mais son bras retomba aussitôt. Il avait l'impression qu'il pesait aussi lourd que Ronon.

« Attendez, je vais le faire. »

Evan actionna le système d'ouverture et la porte les laissa enfin entrer dans la pièce seulement éclairée par les deux lunes et la lumière du corridor…. Puis bientôt uniquement par les rayons lunaires.

Le major plissa les yeux et au bout d'une seconde, avisa le lit de son supérieur. Son esprit embrumé laissa cependant passer une pensée qui fit rougir Evan. La dernière fois qu'ils avaient été assis sur un lit… mais il balaya bien vite cette idée pour aider son colonel à rejoindre son matelas.

Tout aurait dû bien se passer. Il aurait dû l'aider à s'asseoir, lui souhaiter une bonne nuit et rejoindre ses propres quartiers.

Oui, mais c'était sans compter… un club de golf gisant à même le sol et que le major n'avait pas vu.

Tout se passa alors très vite. Evan dérapa dessus, fit basculer John sur le lit et se retrouva sur lui, son visage à quelques centimètres de celui de son supérieur.

Si la lumière des lunes était faible, elle leur permit toutefois de bien discerner les traits de l'autre et le sentiment qu'abritait le regard de l'homme se trouvant en face.

De surpris, celui d'Evan passa à gêné.

De surpris, celui de John passa à déterminé.

Le colonel passa une main sur la nuque du major et l'embrassa avec force, l'autre main passant dans son dos pour le serrer contre lui.

Lorsqu'il se détacha de lui, John murmura deux petits mots : « Je t'aime ».

Deux petits mots avant de retomber, étendu sur le lit, les yeux fermés, et de se laisser aller à un sommeil alcoolisé.

TBC