Chapitre 18 :

Une journée de conseils

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, sauf Selena, Sunny, Arkon, Angelina et Cie.


« On donne des conseils, mais on n'inspire point de conduite. »

(La Rochefoucauld)

Épuisé, Cloud se laissa tomber à terre. Il avait fini. Le dernier pic de la clôture était planté, enfin.

Tandis que le jeune homme se reposait, le vent balaya la plaine de Lockwood. Les moutons avaient enfin regagné leurs pâturages et broutaient. Le soleil de l'après-midi faisait luire leur laine immaculée sur l'herbe émeraude. Au loin, sur la colline, on pouvait voir le cercle de pierres dressées, sinistres doigts d'une main de pierre essayant vainement de sortir de la terre.

En voyant un agneau s'approcher de sa mère, Cloud eut un pincement de cœur. Il pensa à Tifa, et à l'enfant qu'elle allait avoir.

Elle lui manquait. Elle et Avalanche, le 7th Heaven, sa planète…

« Cloud ? Tu as enfin fini. »

Le jeune homme leva la tête et sourit. Aéris se tenait debout près de lui, toujours souriante.

« Le chef de police m'a envoyée te chercher pour te ramener au poste. Mais repose-toi encore, avant, tu l'as bien mérité. »

Elle s'assit près de lui sur l'herbe. Tous deux reprirent la contemplation du paysage un moment.

« C'est beau », murmura Aéris.

Cloud acquiesça.

« C'est vrai. Mais je me demande vraiment pourquoi tu es ici, Aéris. »

« Que veux-tu dire ? »

« Pourquoi es-tu restée sur cette planète après que Selena t'ait ramenée à la vie ? Pourquoi ne pas être revenue nous voir, tous, sur Gaïa ? Tu nous manques tellement, si tu savais ! J'ai moi-même eu tellement de mal à faire ton deuil… » dit Cloud, la gorge serrée par ces souvenirs qui remontaient.

Aéris soupira.

« Cloud… Je ne suis revenue que le temps d'aider Selena et les autres à battre les Ginns. Quand tout sera fini, je retournerai dans la Rivière de la Vie. Zack m'attend, je l'aime… Et toi, tu as Tifa, non ? »

« Oui, c'est vrai. On va se marier. Et… elle attend un bébé. »

« C'est vrai ? ! ? Mais c'est magnifique ! »

Cloud fit la moue, sceptique.

« Tu crois que je rentrerai à temps pour voir mon enfant venir au monde ? » dit-il, inquiet.

Aéris lui prit la main.

« J'y veillerai personnellement, Cloud. Ne t'en fais pas. Il ne te reste plus qu'une dernière corvée, puis tout sera fini. Alors, ne baisse pas les bras et continue. D'accord ? »

Ces encouragements et le sourire magique d'Aéris rendirent espoir à Cloud. Plein d'un enthousiasme nouveau, il se leva et suivit la jeune femme en direction du village, vers le centre de police.

XxXxXxXxXxXxX

Ni Cloud ni Aéris n'avaient remarqué Sephiroth, qui les avait observés, caché derrière un arbre près de la clôture. Il était venu pour s'assurer qu'Aéris ne ferait pas de bêtise.

Depuis qu'il avait vu la façon dont Cloud semblait tenir à elle, il avait eu un peu peur pour Zack. Mais ce qu'avait dit la jeune femme l'avait… rassuré et attristé, à la fois.

Ainsi, la Cetra ne demeurerait pas éternellement en vie. Il soupira. Il revoyait encore sa marionnette tuant celle de la Cetra, dans la grotte de Cristéya. Maudite Jenova ! Si seulement il avait eu le contrôle…

Un peu triste, il se dirigea vers le manoir. Il marcha sans le savoir vers les écuries. Il vit Selena dans l'enclos à chevaux. Elle portait des bottes noires, un pantalon de coton blanc et une chemise de laine sombre. Ses longs cheveux roux étaient détachés, ils flottaient librement dans le vent.

La jeune fille bichonnait une jument grise. En entendant Sephiroth, elle se tourna vers lui et sourit.

Le jeune homme s'accouda à la barrière. Devant son air sombre, Selena hésita puis s'approcha.

« Ça ne va pas, Sephiroth ? Vous semblez triste. »

« Non, ça va, ne t'inquiète pas. Je pensais au passé. »

Selena comprit ce qui se passait.

« Vous pensez encore au spectacle de marionnettes ? Écoutez, je… »

« Non, ne dis rien. Et puis, arrête de me vouvoyer, c'est agaçant, à la longue. »

Selena haussa les sourcils devant le ton sec qu'il avait employé. Un frottement contre son épaule la fit sourire. Elle se tourna vers sa jument et lui frotta doucement l'encolure.

Sephiroth la regarda. Il se souvenait avoir déjà vu les écuries du manoir, lors de sa première visite. Mais à l'époque où Soluènn était en vie, il n'y avait pas encore de chevaux. En ce temps-là, le manoir avait été vidé, pour être vendu.

Et sur Gaïa, il y avait des chocobos, pas ces animaux.

« C'est ça, un cheval ? » dit le jeune homme.

« C'est une jument, elle s'appelle Duélia. Je la sortais pour une petite promenade. »

Soudain, elle eut une idée.

« Ça vous dirait de venir avec moi ? Je peux vous prêter un cheval. »

Sephiroth ouvrit de grands yeux.

« Je n'ai jamais monté un cheval de ma vie ! »

Selena sourit.

« J'ai déjà monté un Chocobo du temps où je vivais chez les Cetras du clan d'Ifalna, moi. Et je sais que c'est le même principe. Allez, venez. »

Elle prit la main du jeune homme qui, ébahi, la laissa l'entraîner vers les écuries, dans un enclos à part. Là, Sephiroth vit un grand étalon noir, qui finissait de boire dans un abreuvoir.

En entendant le bruit de pas des visiteurs, il se tourna vers eux. Tout de suite, Sephiroth fut saisi par la beauté sauvage de l'étalon. Il se dégageait de lui quelque chose de puissant, noble et fier.

L'étalon traversa l'enclos jusqu'à la barrière, et regarda Sephiroth de ses yeux brillants d'intelligence.

« Son nom est Odin, je l'ai nommé ainsi en référence à l'invocation de ta planète », dit Selena.

Odin… Ce nom lui allait bien. Selena sella l'étalon et la jument, tout en veillant à ce que Sephiroth l'observe pour bien retenir.

Puis, elle lui montra comment l'enfourcher. Sephiroth y parvint, non sans quelques hésitations. Une fois sur l'animal, il dut reconnaître que c'était en effet comme un chocobo. Moins confortable, mais pareil.

Les deux cavaliers sortirent de l'écurie et prirent le sentier de la colline. Ils passèrent près des pierres dressées, puis Selena engagea un petit trot vers le bas de la colline. Les moutons dans l'enclos les regardèrent passer.

Puis la jeune fille les mena vers le bord de la mer. Là, elle passa au galop. Sephiroth se prit au jeu et la suivit.

La sensation qui s'empara alors de lui fut merveilleuse. L'ivresse du galop, les secousses rythmées du cheval, l'océan qui s'étendait devant lui dans le soleil couchant… Le jeune homme ne voulait plus s'arrêter. Il avait l'impression que s'il continuait, il laisserait derrière lui ce monde et ses problèmes, que tout ne serait plus qu'une illusion.

Il n'y avait que lui, le cheval et cet endroit, en cet instant. Il se tourna vers Selena. Cette dernière n'avait cessé de lui jeter des coups d'œil tout au long de la promenade. Elle sourit en voyant qu'il allait mieux, maintenant.

Sephiroth, lui, se rendit compte que c'était la première fois qu'il la voyait sourire. Elle était belle. Quand elle souriait, elle semblait rajeunie, elle redevenait la jeune fille de seize ans qu'elle était. Elle n'était plus cette enfant qui avait perdu ses parents trop tôt, et vécu dans un équilibre familial précaire, trahie et désabusée.

Elle est comme moi. Elle n'a jamais connu de vraie famille, elle n'a jamais su qui elle était réellement, et elle doute d'elle, réalisa Sephiroth.

Il cligna des yeux. Que lui arrivait-il ? Une curieuse sensation semblait naître en lui, tandis qu'il regardait la jeune fille. C'était… agréable et douloureux, en même temps. Comme s'il commençait à ressentir plus que de l'amitié.

Enfin, les chevaux ralentirent. Les deux cavaliers restèrent un moment à regarder le soleil se coucher, puis tous deux rentrèrent lentement vers le manoir.

Une fois devant la porte de l'écurie, ils descendirent de cheval. Selena dit à Sephiroth qu'elle allait s'occuper des chevaux, il pouvait rentrer. Le jeune homme refusa d'abord poliment, puis abdiqua devant le ton autoritaire de la jeune fille. Selena avait tenu à engager cette promenade pour que Sephiroth retrouve le sourire, elle tenait à ce qu'il ait le moins de soucis possible en rentrant, pour le dîner.

Le jeune homme quitta donc l'écurie et se dirigea vers la porte du manoir. Il fut surpris de trouver Tom assis sur les marches du perron, en train de fumer la pipe.

« Tom… Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure ? » dit Sephiroth.

« Je voulais juste t'amener les affaires de Cloud. J'y ai trouvé une lettre qui concerne la compagnie pour laquelle tu travaillais autrefois. Tu te souviens, tu m'avais parlé de la Shinra ? Ben tiens. »

Il lui tendit l'enveloppe. Sephiroth la prit en fronçant les sourcils. Une lettre à Cloud ? De quoi pouvait-elle parler ?

« Et aussi… J'voulais te d'mander. C'est vrai, cette histoire ? Genesis est devenu un mauvais gars ? L'a même renié sa fille dès leur première rencontre ? »

Sephiroth baissa les yeux. Tom soupira. Il avait connu Genesis, il avait souvent vu le jeune homme avec Soluènn, à l'auberge ou lors d'une promenade à travers le village, en compagnie de leurs autres compagnons. Sephiroth, Angeal, Ohana, Jug, Baku, Pips, Quick, Genesis…

« C'tait l'bon temps, avant… » dit Tom, songeur.

« Oui », dit Sephiroth.

Le chef de la police émit un soupir. Avec effort, il se leva.

« Fais gaffe, Seph », dit le vieil officier.

« Quoi ? »

« J'tai vu chevaucher avec la p'tite Selena. Tu sais qu'je t'aime bien, t'es un brave gars, mais j'aime encore plus Selena, Soluènn, Alicia, et tous les gens d'cette p'tite ville. J'veux pas que l'même épisode que Soluènn et Genesis s'produise. Ne brise pas l'cœur à Selena. »

Sephiroth fronça les sourcils.

« Je ne suis pas comme Genesis, Tom. Et il ne s'est rien passé entre moi et Selena. Nous nous sommes promenés, c'est tout. »

« Non… Mais ça commence toujours comme ça. Une p'tite discussion par-ci, une p'tite promenade par-là, et d'fil en aiguille. Moi aussi, j'ai été jeune, c'que tu crois ? Fais attention, c'tout c'que j'te d'mande. »

Et sur ces mots, il s'en alla, sans attendre une réponse de la part de Sephiroth. Interloqué, ce dernier le regarda s'éloigner. Qu'est-ce qu'il insinuait ? Qu'il était en train de tomber amoureux de Selena ? Ridicule !

Haussant les épaules, il ouvrit l'enveloppe et lut la lettre. À mesure qu'il lisait, un pli apparut sur son front. Lorsqu'il eut fini, ses mains tremblaient légèrement, de colère.

Il se dirigea vers d'un pas ferme vers le centre de police. Il entra sans prêter attention au préposé du guichet, et traversa le couloir jusqu'à l'unique cellule.

Cloud était assis sur le lit derrière les barreaux, les bras croisés derrière la tête. Il fixait le ciel à la fenêtre d'un air songeur.

« Cloud ? »

L'intéressé tourna la tête et son visage se ferma lorsqu'il vit qui était venu le voir.

« Qu'est-ce que tu veux ? » attaqua Cloud.

« Ça. Qu'est-ce que c'est ? »

Cloud haussa les sourcils en voyant la lettre, puis haussa les épaules.

« T'as été général à la Shinra pendant des années, et tu me demandes ce que c'est ? »

« Je ne parle pas de ça, crétin ! Bien sûr que je sais ce que c'est. Mais toi, qu'est-ce que tu fais avec ça ? Tu n'as quand même pas l'intention de devenir le nouveau Soldat de la Shinra ? »

« Pourquoi, t'es jaloux ? » dit Cloud sur un ton mielleux.

Sephiroth soupira. Bon dieu, que ce type pouvait être puéril, quand il s'y mettait !

« Disons que je vois mal un futur père partir à la guerre et laisser derrière lui sa femme et son enfant », dit Sephiroth sur le même ton.

Cloud pâlit. Il se leva et se mit face à Sephiroth, comme s'il se préparait à le combattre. Les barreaux qui le retenaient dans cette cellule semblaient avoir disparu. Il n'y avait plus que lui et Sephiroth.

« Je t'interdis de t'en prendre à mes amis encore une fois, t'as compris ? »

« C'est toi qui t'apprêtes à faire du mal à Tifa si tu réponds à cette lettre en rentrant sur Gaïa, Cloud ! »

« MOI ? Du mal ! ? ! Oh, ça, c'est la meilleure ! Qui a tué le père de Tifa, il y a neuf ans ? Hein ? Qui ? C'est toi qui l'as blessée quand elle a essayé de t'attaquer dans le réacteur, en plus ! »

Sephiroth serra les dents. Cloud avait raison en un sens, il n'était pas le mieux placé pour lui donner des conseils, mais…

« Cloud, tu as le droit de me haïr, c'est vrai, je ne mérite que ça… Mais Tifa ne mérite pas ce que tu lui infligeras si tu acceptes cette proposition. C'est à cause de ça que j'ai moi-même perdu un des rares amis que j'avais. Genesis ne pensait qu'à son avenir dans le Soldat, il a délaissé Soluènn et aujourd'hui, Selena se retrouve dans la situation où elle est. Si nous en sommes tous là, c'est aussi un peu à cause de la Shinra et des illusions qu'elle a fait miroiter à Genesis. Même toi, tu rêvais de devenir comme moi autrefois, quand j'étais un héros de la guerre de Wutaï. Et regarde où ça t'a mené. »

« J'ai eu tort, en effet, de penser que tu étais humain. Tu n'es qu'un monstre, voilà tout ce que tu es, comme tes frères ! Alors, ferme-la ! T'as jamais eu de famille, t'as pas à me dire comment gérer la mienne ! Ou plutôt, le peu qui en reste, puisque tu as tué ma mère, aussi ! » cracha Cloud.

Sephiroth lui lança un regard mauvais.

« Je suis peut-être un monstre mais toi, tu n'es qu'un sale gosse qui fait preuve de mauvaise foi. Je vais m'assurer que ta peine durera le plus longtemps possible, en espérant que tu changes d'avis un jour. »

Et sur ces mots, Sephiroth fit volte-face et se dirigea vers la porte. Cloud émit un soupir méprisant.

« Oh, et en passant… Je détruis ça », dit Sephiroth.

Il leva la main vers le ciel, la main qui tenait la lettre. Une matéria feu dans le bras du jeune homme s'activa, et réduisit le papier en cendre. Cloud émit un hoquet de surprise.

« Bonne nuit, Cloud. Rêve bien des moutons, car demain, tu t'attaqueras aux pavés de la route de Lockwood », dit Sephiroth sur un ton hypocrite.

Il sortit du poste, ignorant les insultes que Cloud hurlait depuis sa cellule, et qui se répercutaient dans les couloirs, sous l'œil hagard du vigile.

XxXxXxXxXxXxX

Assise sur un siège dans sa chambre, Ohana regardait la forêt par la fenêtre. Healen était une belle région, si verdoyante, si paisible…

Mais en cet instant, elle le savait, la paix n'existait plus dans ce manoir. Elle entendait le bruit de l'hélicoptère de la Shinra dehors, en train d'atterir.

La jeune femme ferma les yeux, avec un air triste sur le visage. Elle aurait tant aimé ne pas se retrouver ici, en cet instant, dans cette situation.

Mais au fond, elle avait toujours su que les choses se termineraient ainsi. Déjà, quand elle était enfant, elle avait été abandonnée par sa famille. Ils l'avaient vendue à une maison de passe pour gagner de l'argent, tant ils étaient pauvres.

Ces quelques années là-bas avaient été un véritable enfer. Mais Ohana avait un jour trouvé sur un client un exemplaire de Loveless. La magie du livre, attisée par le désespoir qui habitait alors l'âme d'Ohana, avait déclenché son pouvoir et tué tous les humains présents dans l'immeuble.

Seule Ohana avait survécu. Elle avait alors conservé ce livre, précieusement, comme un fétiche. Puis, vers l'âge de trente ans, elle avait commencé à perdre le contrôle du livre et senti qu'il ne tarderait pas à s'attaquer à elle.

Elle se trouvait alors à Midgar, dans un bar où elle faisait office de serveuse. Soluènn était arrivée un beau jour, prétextant être une voyageuse de passage.

Et là, le livre s'était à nouveau déchaîné. Ohana, consciente que tout était de sa faute si ce livre s'en prenait maintenant aux gens dans le bar, avait tenté de l'arrêter. Un terrible combat s'était engagé, d'où Soluènn était ressortie gagnante. Elle avait alors proposé à Ohana de venir avec elle, pour l'aider. Elles étaient devenues amies. Et il y avait eu Jug aussi, puis Baku, Pips, Quick, Genesis, Sephiroth, Angeal… Angeal.

Le visage d'Ohana se crispa. Elle sentit des larmes naître sous ses paupières. D'un geste rageur, la jeune femme saisit un coton démaquillant sur sa table de maquillage et ôta le khôl. Elle en avait assez ! Elle allait en finir, il était temps.

Juste à ce moment, la porte de sa chambre s'ouvrit. Elle n'eut pas besoin de se retourner, elle reconnut le pas de Rufus.

« Tu entres sans frapper, maintenant ? » dit Ohana.

Rufus haussa un sourcil. La jeune femme avait un ton méprisant qui ne lui plaisait pas.

« Où est Angelina ? Mes Turks ont enquêté pendant plusieurs jours, personne ne l'a vue ! Qu'est-ce que ça signifie ? »

« Cela signifie qu'elle s'est enfuie, tout simplement. »

Rufus se planta devant la jeune femme. Cette dernière leva les yeux et frémit légèrement. Il avait un air menaçant, comme un fauve prêt à lui sauter dessus pour la dévorer.

« Tu l'as aidée, n'est-ce pas ? Tu sais où se trouve notre fille… »

« Notre fille ? ! ? Mais mon pauvre, quand finiras-tu par admettre la vérité ? Tu crois que c'est une coïncidence si Angelina est née prématurément ? Tu crois que je n'ai aimé personne, avant de te rencontrer ? En fait, non. Tu ne fais pas partie de ceux que j'ai aimés, tu n'entres pas dans cette catégorie. »

Rufus ne réagit pas sur le moment. Ohana crut que ces mots ne l'avaient pas atteint. Mais elle réalisa trop tard son erreur.

Une violente douleur la saisit à la joue. Elle tomba au sol. Rufus venait de la gifler.

« Je suis peut-être un manipulateur cynique et ammoral, mais toi aussi, sale garce. Néanmoins, tu m'as bien eu ce coup-ci, je le reconnais. »

Ohana sentit la main de Rufus la saisir au cou et l'obliger à se relever. Il la plaqua contre le mur. La jeune femme essaya de se débattre, mais il était plus fort.

« Donne-moi une raison, une seule bonne raison de ne pas te faire de mal. Ni à toi, ni à ta fille, quand je la retrouverai pour la tuer », dit Rufus.

Méprisante, Ohana lui cracha au visage. Qu'avait-elle à perdre, à présent ?

Avec violence, Rufus saisit d'une seule main les deux poignets d'Ohana et les mit au-dessus de sa tête. Sa main droite demeurant libre, il essuya sa joue. Puis il saisit la nuque de la jeune femme et l'embrassa, un baiser dur et froid, possessif, pour l'empêcher de respirer. Une larme de frustration roula sur la joue de la jeune femme.

Enfin, après un moment, il se sépara d'elle et la jeta sur le lit. Ohana serra les poings. Elle l'entendit approcher.

Au fond, tout avait commencé ainsi. Et cela allait se terminer de la même façon. Elle ferma les yeux et se concentra. Elle fit le vide dans son esprit et invoqua le pouvoir que Loveless lui avait donné. Chaque possesseur d'un exemplaire détenait un pouvoir spécial issu du livre.

Et en cet instant, Ohana allait utiliser le sien. Soudain, elle se redressa et regarda Rufus droit dans les yeux. La jeune femme tendit la main vers le ciel.

« Apparais, mystère infini ! » cria Ohana.

Soudain, une petite balle de lumière rouge se forma au creux de la main d'Ohana. Puis elle éclata en étincelles, qui se mirent à tournoyer autour d'elles.

Rufus sursauta. Qu'est-ce que c'était que ce pouvoir ? ! Il n'avait encore jamais vu ça !

Ohana serra les dents. Autrefois, ce pouvoir l'avait sauvée des gens qui avaient voulu profiter d'elle, quand elle était une adolescente vendue par sa famille.

Et aujourd'hui… Aujourd'hui, tout était fini. Ohana défit lentement son chignon. Ses magnifiques cheveux noirs se déployèrent autour d'elle, comme les ailes d'un corbeau prenant son envol, pour enfin quitter la cage dorée où il s'était résigné à vivre, par amour pour son unique enfant.

Ohana ferma les yeux. Ses dernières pensées furent pour Angeal Hewley et sa fille chérie, Angelina.


Et voilà ! Dans ce chapitre, Cloud apparaît comme méchant, pas vrai ?

Bah, vous en faites pas, il ne l'est pas, au fond. Mais la rancœur, la haine, ces choses peuvent fort souvent changer les gens et leur donner un tout autre visage.

Mais je vous garantis que Cloud finira par comprendre, vous en faites pas. Je ne hais pas ce personnage, mais je dois d'abord dresser un portrait de son caractère actuel avant de passer à l'évolution mentale.

Ah, et je suppose que vous savez maintenant avec qui Sephiroth risque, je dis bien risque de finir. Parce que je ne sais pas, hein, je tiens au suspens, et il se peut que ça ne marche pas entre lui et Selena, on verra.

Vous vous demandez ce qui va arriver à Ohana, si elle va survivre ou non ? Vous le saurez dans le chapitre suivant, que je vais commencer dès ce soir, les idées continuent de se former dans ma tête.

Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu. Laissez-moi des reviews pour le savoir, comme d'habitude.

Bise et à bientôt, Melior.