Shall : C'est tout de même un drame, il faut qu'ils souffrent.

Clio Reap : Pour Elizabeth, tout s'éclaire avec ce passage (que tu as pu lire par ailleurs ^^) et pour John que dire à part que ce cher homme intériorise tout et qu'il réfléchit beaucoup. Il se rend compte de pas mal de choses et… ses réactions sont aussi rapides que ses réflexions… xdr alors là tu t'es surpassées en idées tordues O_o. C'est fou tout ce qu'ils auraient pu faire !!! Et qu'ils ne feront pas O_o lol Non mais l'idée du suicide à deux… c'est romantique !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ticoeur : Plus c'est compliqué, mieux c'est ^^. Non mais ils vont parler ne t'énerve pas O_o. D'ailleurs les quelques petits chapitre qu'il reste (pas beaucoup !) vont être consacrés aux discussions.

MEL : Oui c'est un slash, ben il faut varier quoi O_o

Merci encore pour vos coms et maintenant : la suite !!!!!!

Jamais le colonel Sheppard n'avait passé une nuit si longue. Et pour cause : il n'avait pas fermé l'œil. Pas une minute. Passant les heures le séparant de l'aube les yeux fixés sur le plafond de ses quartiers à se repasser les évènements de ces dernières semaines. De ces derniers mois. Comment en était-il arrivé là ? Comment d'un homme à la réputation de Don Juan s'était-il retrouvé à aimer un homme puis à entamer une relation avec une femme qu'il pensait intouchable ? Comment d'un cœur d'artichaut s'était-il transformé en un homme d'une seul être ? Comment se faisait-il que cet être ne soit pas une femme ? Parce que maintenant, après ce qui s'était passé dans ses quartiers, après ce baiser, après la quasi fuite d'Elizabeth, il s'était rendu compte que la personne qui le comprenait vraiment, qui savait le prendre, n'était pas celle avec laquelle il avait développé le plus de complicité. C'était paradoxal ! Tellement étrange… Peut-être parce que cette complicité était amicale… uniquement… platonique ? Comme avec Rodney, Ronon ou Teyla. Mais avec lui, celui-là même qui l'avait fait tour à tour sourire et souffrir, se sentir vivant puis mort, c'était totalement différent. Parce qu'au-delà de l'entente militaire qu'ils avaient développée en mission, au-delà de la simple attirance physique, il avait ressenti quelque chose d'inconnu jusque là. Le sentiment que lui, le major Evan Lorne, le connaissait mieux que personne et vis-versa. Une sorte de coup de foudre au cœur du danger, au seuil de la mort.

Et maintenant, lui, le lieutenant-colonel John Sheppard, était arrivé à un point auquel il n'était jamais parvenu : le point où tout ce à quoi on croit se disloque, tout ce qui fait de nous ce que nous sommes prend un goût d'incertitude… vole en éclat. Il était perdu. Et dans ce labyrinthe qui le tenait prisonnier, il avait entraîné les personnes qu'il aimait le plus.

Pourtant, malgré toutes ces questions, malgré la sensation d'égarement qui s'était emparé de lui, une chose lui apparaissait clairement : il fallait que cette confusion cesse ! Il fallait que sa souffrance prenne fin, que cette sensation de vide s'en aille ! Sinon, il le savait, son travail et son comportement en pâtiraient plus encore.

Son comportement… John soupira. Devait-il aller voir la psy ? C'était bien la dernière personne à laquelle il avait envie de parler ! A vrai dire, il n'avait envie de parler à personne. Une pensée lui traversa l'esprit : « pas même à Teyla. ». Au souvenir de l'Athosienne sortant des quartiers du major, le militaire sentit son cœur se serrer. Il l'avait vite remplacé. Et elle qui se disait son amie…Il soupira de nouveau. Il se sentait seul. Si seul…

ooooooooooooooooo

Evan se leva de bonne heure. De très bonne heure. Il était à peine six heures lorsque, lavé et habillé, il sortit de ses quartiers, une enveloppe blanche à la main. Le regard morne, le pas lent, il marchait au ralenti dans les couloirs quasi-déserts. Lui non plus n'avait pas dormi, ou presque, ayant passé une grande partie de la nuit à élaborer la lettre la plus claire possible. Et cela n'avait pas été une mince affaire, ses larmes et le mal de tête en résultant ne lui facilitant pas la tâche. Des larmes… encore… il était décidément sensible… Pour un homme, cela ne se faisait pas. Et pour un militaire encore moins. C'est vrai. Mais cette fois, cela avait été différent. Ces larmes n'avaient pas été empruntes de tristesse. Non. Elles avaient servi à expulser une partie de sa rage et de sa colère. Contre lui d'abord. Le colonel Sheppard. Lui qui l'avait attiré, séduit, qui l'avait ouvert à un monde que ni l'un ni l'autre ne connaissait. Lui qui lui avait fait goûter un semblant de bonheur pour le lui retirer aussitôt ! Lui qu'il avait été obligé de sortir de sa vie privée pour essayer de l'oublier et maintenant de sa vie professionnelle parce qu'il savait qu'il n'y arriverait jamais autrement ! Mais c'est contre lui-même qu'il éprouvait le plus de rage ! Il était en colère de n'avoir pas su faire la part des choses, de s'être laissé ronger par cette histoire, à laquelle il avait pourtant mis fin croyant ainsi reprendre une vie plus saine, plus normale. Pour finir, il était en colère d'avoir failli à une mission qui aurait pu coûter la vie à un collègue, un ami ! Sans compter les multitudes de petites erreurs lors de ses précédentes explorations qui, si les circonstances avaient été sensiblement différentes, auraient pu avoir des conséquences dramatiques. Il soupira. Il fallait que tout cela cesse !

Et c'est dans ce but qu'il gravit les marches menant au bureau de la dirigeante.

Arrivé devant la porte, il ne vit rien d'autre qu'un garde. Garde qui le salua aussitôt.

Evan lui rendit brièvement son salut avant de lui ordonner de le laisser entrer. Le soldat hésita un moment, ayant reçu des ordres directs du Docteur Weir. Cependant, devant la mine sombre de son supérieur militaire, il obéit.

Le major entra, déposa l'enveloppe sur le bureau, et ressortit aussi sec. Voilà… Ce cauchemar allait bientôt prendre fin.

oooooooooooooooo

C'est fatiguée qu'Elizabeth se réveilla ce matin-là. Elle avait pourtant dormi. Mais son sommeil avait été agité. Par des souvenirs, des craintes… ses rêves avaient été si sombres. En fait, un seul rêve s'était répété jusqu'à son réveil. La scène de la veille, celle où John l'avait embrassée, s'était confondue avec un souvenir pénible, celui du colonel, transformé en Wraith, la tenant par le cou, plaquée contre le mur.

C'est en sueur qu'elle se leva pour prendre une bonne douche. Mais même avec l'eau fraîche ruisselant sur sa peau, elle ne parvint pas à se détendre. Il lui avait fait peur. Comme une fois. Une seule autre fois. Et c'est cette peur qui l'avait faite réagir. Réagir lâchement. Elle s'était enfuie, poussée par la peur oui, mais aussi par la tristesse. Car elle était persuadée d'une chose : quelque chose n'allait pas entre eux. Malgré ce lien si spécial qui les liait, malgré le fait qu'ils soient la plupart du temps sur la même longueur d'onde, malgré l'attirance physique qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre, et enfin malgré le fait qu'ils étaient toujours là l'un pour l'autre. Quelque chose clochait et, pour la première fois, ses talents de diplomate ne lui seraient d'aucune utilité. Pour la première fois elle se sentait perdue. C'est avec ce désagréable sentiment qu'elle prit rapidement une tasse de café au mess avant de se rendre à son bureau. Elle salua le garde en faction et pénétra dans son antre qui lui faisait oublier tout souci personnel, du moins durant quelques heures.

Mais ce qu'elle ignorait, c'est que ces problèmes s'étaient infiltrés dans sa bulle et que sitôt qu'elle ouvrirait cette enveloppe posée en évidence sur la table, ils empireraient. Sitôt qu'elle l'ouvrirait, sa vie changerait.

Ooooooooooooooooooooooo

Dix minutes. C'est le temps qu'il fallut au Docteur Elizabeth Weir pour intégrer la demande de mutation du major Evan Lorne.

Et même au bout de ce laps de temps elle eut du mal à se faire à cette réalité plus que… surprenante. Un de ses meilleurs éléments militaires voulait tout simplement quitter Atlantis.

La raison ? A vrai dire il y en avait plus d'une. La première était l'incompatibilité d'humeur avec son chef militaire. Autrement dit John. Mais ce qui surprit peut-être le plus la jeune femme fut la multitude d'autres facteurs qu'il énonçait : fautes graves en mission, mal du pays qui occupait son esprit au point de compromettre la sécurité de son équipe… et tant d'autres.

Avec cette lettre, il torpillait sa carrière.

Cela ne lui ressemblait pas.

Elizabeth relut ses lignes une fois de plus. Quelque chose l'intriguait. On aurait dit qu'il dissimulait son mal être au milieu de ce flot d'explications. Il cachait quelque chose. Quelque chose de grave puisque cela le poussait à demander officiellement sa mutation.

La dirigeante soupira faiblement en reposant la lettre sur son bureau. Elle aimait beaucoup Evan. Plus qu'un collègue, il était devenu un ami au fil de ces années. Et une chose était certaine : elle ne le laisserait pas partir sans avoir eu une discussion avec lui. Sans avoir fait tout son possible pour l'aider à résoudre son problème.

Elle espérait simplement qu'il serait moins difficile à cerner que John et surtout qu'il se confierait.

Nouveau soupire.

John… Il faudrait aussi qu'ils parlent de ce qui s'était passé hier soir…

Elizabeth consulta sa montre. A cette heure-ci son chef militaire devrait encore être dans ses quartiers.

La diplomate se leva et se dirigea vers les quartiers du personnel militaire.

Quelques minutes plus tard, elle frappait à la porte de John.

Aucune réponse.

Deuxième essai. Toujours rien.

Après un bref coup d'œil dans le couloir lui assurant que personne ne la verrait entrer, elle passa sa main devant le panneau de contrôle.

La pièce était vide. Cela ne lui ressemblait pas de se lever aux aurores. A moins qu'il ne soit allé voir la psychologue… ? Aurait-il suivi son conseil ? Même s'il l'aimait, cela lui semblait… étrange. John Sheppard étant celui qu'il était, il ne suivait ni ordre ni conseil… du moins pas avant qu'ils ne lui aient été rabâchés X fois…Et que la menace d'un entraînement intensif avec Ronon n'ait planée quelques temps au-dessus de sa tête.

C'est dubitative qu'Elizabeth se rendit au cabinet de la psychologue. Mais alors qu'elle s'apprêtait à frapper à la porte, elle entendit des rires. Elle tendit l'oreille. Non… ce n'était clairement pas John qui était à l'intérieur… Elle se redressa et c'est rapidement, sous les regards étonnés de la voir écouter aux portes de quelques membres de l'expédition, qu'elle se rendit au mess.

Puis au hangar à jumpers.

Mais toujours sans succès.

C'est alors que lui vint l'idée d'aller jeter un œil à la salle d'entraînement.

Cette dernière solution fut la bonne.

Le colonel Sheppard s'y entraînait depuis visiblement un petit moment, si on devait en croire son t-shirt mouillé qui lui collait à la peau.

Elizabeth resta un instant à le contempler. Et malgré l'importance du propos qui l'avait conduite à venir le voir, elle ne put empêcher un sourire d'éclairer son visage. Il était beau. Simplement. Elle s'était toujours efforcée de faire abstraction de cet état de fait, mais maintenant qu'ils étaient ensemble… pourquoi se le cacher ?

John frappait de plus en plus fort dans le punching ball. Pour évacuer son stress, sa colère, son impuissance et la sensation de solitude qui l'avait assailli dès le réveil. Ce n'est que lorsqu'un discret raclement de gorge se fit entendre qu'il se retourna. Son cœur se serra un peu plus.

« Elizabeth ?

Bonjour John. »

Les deux atlantes se regardèrent un moment sans bouger.

Ce fut finalement le militaire qui esquissa un mouvement pour aller prendre sa serviette sur le banc. Il s'épongea rapidement avant de s'approcher de la jeune femme. Il ne savait pas comment amorcer la conversation après ce qui s'était passé hier soir.

C'est donc Elizabeth qui s'en chargea.

« Je pensais que tu serais dans tes quartiers.

- Non, j'avais besoin d'évacuer. »

La dirigeante ne sut comment interpréter ses paroles.

« Hier soir… je voulais … enfin je voudrais que tu saches que… je sais pas ce qui m'a pris. »

Elizabeth hocha la tête.

« Je sais que cela ne te ressemble pas. C'est pour ça que j'aimerais que tu me parles de ce qui te travaille. »

John soupira et jeta sa serviette sur le banc. Lui aussi aurait aimé lui dire ce qui n'allait pas. Mais pour ça il aurait été obligé de lui avouer ce qu'il ressentait pour… et il n'était pas prêt pour ça !

« T'en fais pas, ça va aller, lui sourit-il en s'approchant d'elle.

- Attends, l'arrêta-t-elle en mettant une main entre eux. »

Sheppard fronça les sourcils. Elle n'était pas dupe…

« Ferme la porte, je ne voudrais pas qu'on nous surprenne. »

Ou peut-être que si… ? Le militaire se dépêcha de fermer la porte de la salle avant de se retourner vers la dirigeante. Il s'approcha d'elle mais resta à une distance respectable. Il ne voulait plus lui mentir et se mentir par la même occasion. Mais comment lui dire…

« Je voudrais te parler d'autre chose, annonça Elizabeth.

- Je t'écoute, répondit John, un peu soulagé de ne pas avoir à lui parler tout de suite.

- C'est à propos du major Lorne. »

John ne sut ce qui explosa en premier : son cœur ou sa tête. Tout ce qu'il sut c'est que ses oreilles bourdonnèrent un instant.

Elizabeth remarqua aussitôt le changement de couleur du teint de son chef militaire.

« Tu sais de quoi je veux parler n'est-ce pas ?

- Non, parvint à souffler John d'une voix se voulant assurée, mais qui était en réalité très faible.

- John… je voudrais savoir ce qui s'est passé.

- Pourquoi… ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

- Il ne m'a rien dit à proprement parlé.

- Mais alors… de quoi tu me parles ?

- D'une lettre.

- Une lettre ?

- Une lettre. Que j'ai trouvée ce matin dans mon bureau et dans laquelle il exprimait le désir de quitter l'expédition. »

A cet instant John sut ce qui avait explosé en premier : son cœur.

TBC