Merci pour les bons commentaires!

Alors, deuxième chapitre, cette fois du point de vue de notre brun préféré! J'espère que vous aimerez la personnalité que je lui donne...

Bonne lecture!


Le réveil fut difficile pour Zack. Il n'avait jamais été un lève-tôt, et la sonnerie agressante de son réveil n'était pas pour arranger les choses. En ronchonnant, il se leva finalement et jeta un regard à la glace. Il s'y attarda un moment et se fit un sourire à lui-même. Il s'agissait en quelques sortes d'un rituel qu'il pratiquait chaque matin, pour se donner suffisamment d'assurance pour toute la journée.

Il s'habilla et replaça dignement son uniforme devant la même glace. Il s'y examina de fond en comble, pour être bien certain qu'il était présentable, mais également parce qu'il aimait bien se regarder. Les gens disaient de lui qu'il était égocentrique et prétentieux, mais ils ne comprenaient pas à quel point il était tout simplement génial.

Avec un dernier sourire rempli de confiance, il détourna finalement le regard et sorti de sa chambre. Il lorgna les murs tous identiques pendant un moment et se demanda où diable était la cafétéria. D'un haussement d'épaules, il se dit qu'il la trouverait certainement, car avec son flair infaillible, il était impossible qu'il se perde.

Néanmoins, après quelques tours et détours, il dut se rendre à l'évidence qu'il était perdu. Il s'interrogeait sur l'utilité de donner des cartes aux recrues lorsqu'il repéra enfin un plan sur un mur. Il tenta de le déchiffrer et imprima l'image du chemin dans sa tête.

Au bout de quelques minutes de marche, il atteignit enfin la fameuse cafétéria où un plateau rempli de nourriture infecte l'attendait. Avec une grimace, il l'empoigna et jeta un regard circulaire sur la salle. Il repéra enfin la chevelure blonde qu'il cherchait et s'y dirigea avec un sourire. Il s'agissait de son premier ami depuis qu'il était entré dans SOLDAT, la veille. Il ne savait pas très bien pourquoi il avait jeté son dévolu sur cet homme en particulier, mais il savait bien que, si son instinct lui avait dit que c'était un bon gars, c'était parce que c'était un bon gars.

C'est plein d'assurance qu'il s'assit, sans même lui demander son avis, devant celui-ci et qu'il le salua. L'autre ne daigna même pas lever la tête. Zack n'en perdit pas moins sa bonne humeur et demanda à Cloud s'il avait bien dormi. Devant le manque de réponse, le brun se dit qu'il devait être encore ensommeillé. C'est pourquoi il continua la conversation tout seul, abordant toutes sortes de sujets tous plus futiles les uns que les autres.

Ils finirent leur repas dans la même ambiance. Le blond se leva rapidement et alla placer son plateau sans un seul mot. Zack haussa les épaules et fit de même. Puisqu'il ne savait pas où aller, il suivit son ami à seulement un ou deux pas derrière lui. Les mains dans les poches, il continua de parler de manière très détendue, alors que le destinataire de ses paroles marchait d'un pas précis et déterminé.

Ils arrivèrent finalement à une aire d'exercice, où plusieurs hommes, dont les nouvelles recrues, discutaient en attendant les ordres. Cloud s'installa prestement à son poste et adopta le garde-à-vous, alors que Zack, installé devant lui, le regardait droit dans les yeux tout en souriant et en se taisant enfin.

C'était une tactique que le nouveau avait eu l'idée d'utiliser : il le forcerait à parler en le fixant. C'était infaillible, comme plan, il le savait. Quiconque se sentait observé de cette façon finirait par placer un mot, ne serait-ce que pour détendre l'atmosphère un peu. Néanmoins, celui qu'il fixait ne bougea pas d'un millimètre, et au bout de quelques minutes, ce fut Zack qui sentit la nécessité de placer un mot :

- Enfin, Cloud, dit quelque chose!

Ce dernier garda obstinément le silence. L'homme plus expressif soupira de manière exagérée et posa ses mains sur les épaules de l'autre pour le secouer. Il eut beau le bouger autant qu'il le voulut, ce dernier garda la même expression complètement vide sur le visage.

Frustré, et convaincu de ne pouvoir échouer de la sorte, Zack relâcha enfin son «ami» et se détourna. Il avait décidé qu'il l'ignorerait pendant un moment, pensant qu'il viendrait finalement de lui-même s'excuser.

Il dut se rendre à l'évidence que tout n'était pas aussi simple. Ainsi la journée passa sans que quoi que ce soit de notable n'advienne. Cloud semblait déterminer à ne pas placer un mot, alors que Zack cherchait désespérément un moyen de le faire parler. C'était plus fort que lui. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il devait forcément être malheureux.

Il s'était renseigné sur lui au courant de la journée. Le blond ignorait tous ceux qui s'approchaient de lui, et n'exprimait jamais une seule émotion. Le nouveau SOLDAT sentait que ce n'était pas normal, et qu'il devait y remédier. La veille, il avait quand même pris la peine de lui donner son nom, ce qui voulait dire qu'il n'était pas complètement fermé au monde.

C'est pourquoi, le soir venu, Zack s'installa de nouveau devant lui et monologua pendant un long moment. Il avait toujours quelque chose à dire, et il savait bien qu'il pourrait entretenir ce semblant de conversation pendant plusieurs siècles si la nécessité était là. Néanmoins, il aurait bien aimé entendre de nouveau cette voix qui appartenait à l'homme devant lui. Son espoir ne se réalisa pas.

Lorsqu'il fut de retour dans sa chambre, Zack s'observa de nouveau dans le miroir. Un petit doute commençait lentement mais surement à s'installer dans son esprit. Et s'il n'arrivait pas à le faire parler?

Il ferma les yeux un moment et revit ce regard bleuté qui lui plaisait plus qu'il n'aurait voulu l'admettre. Il souhaitait tellement voir la moindre petite émotion poindre dans ces orbes. Il aurait tout fait pour que l'autre lui rende le sourire qu'il se forçait à produire pour lui. Il voudrait tellement le voir rire, exprimer une quelconque émotion!

Il porta la main sur sa poitrine et sentit son cœur qui s'y débattait. Quelque chose n'allait pas avec lui. Pourquoi s'obstinait-il à faire parler un homme qui ne souhaitait certainement pas être dérangé? Pourquoi souhaitait-il tellement le voir sourire?

Il rouvrit les yeux sur son regard que, pendant une fraction de seconde, il assimila à l'objet de ses pensées. Cela le troubla à tel point qu'il détourna les yeux et se précipita sur son lit. Il ne comprenait plus tellement ce qui lui arrivait, mais cette confiance qu'il se construisait à chaque matin semblait sur le point de s'envoler. Lui qui s'était juré d'être le plus fort se sentait tout à coup extrêmement faible.

Il ramena ses jambes contre lui et s'installa en position fœtale. Il en avait marre de se sentir moins que rien. Son assurance, il l'avait construite à partir de rien. Dans son village natale, Gongaga, il avait toujours été timide et maladroit. Il s'était engagé en vérité pour devenir quelqu'un d'autre, Zack Fair, un véritable SOLDAT qui n'avait peur de rien. Et pourtant, un petit rien l'avait ébranlé et avait semé le doute dans son esprit.

Il devait réussir à le faire parler. Il en allait de sa confiance en lui et de sa propre santé mentale. C'est sur cette note qu'il rouvrit les yeux, se releva et s'installa de nouveau devant la glace, où il se fit un sourire plein d'assurance. Il pouvait réussir. Il fallait simplement qu'il soit fort, et qu'il s'acharne.

Il retira son uniforme et se plongea sous les couvertures. Cela prit peu de temps avant qu'il plonge sereinement dans les bras de Morphée.