MEL : Je prends bonne note de tes sentiments à l'égard des protagonistes O_o

Ticoeur : La discussion John/Evan c'est pas pour tout de suite… mais… je pense que c'est pour la prochaine.

D'ailleurs je tiens à souligner que… c'est bientôt la fin O_o

Trente minutes… voilà le temps qu'il avait fallu au lieutenant-colonel John Sheppard pour gagner les quartiers du Docteur Elizabeth Weir. Comment avait-il pu mettre tout ce temps pour longer… trois couloirs ?

Et bien....

Il avait déjà pris tout son temps pour sortir de la douche...

Puis avait choisi avec un soin tout particulier sa tenue. Il voulait être le plus à son avantage lorsqu'il lui dirait la vérité…Lorsqu'il lui avouerait son mensonge, sa trahison…

Enfin, c'est en cherchant autant que possible les mots justes qu'il avait poussé jusqu'au mess. Mais en vain…il n'avait rien trouvé là bas… ni mots, ni courage… C'est lorsqu'il était passé devant les tasses de café que sa mission se rappela à son bon souvenir.

Alors il était revenu sur ses pas… vers les quartiers de celle qu'il avait crue aimer durant toutes ces semaines… de celle dont il aurait tellement voulu partager la vie…de la femme qu'il respectait le plus sur cette terre et ailleurs.

Et maintenant…il était devant ses quartiers, n'arrivant pas à se résoudre à lever la main pour sonner. Restant bêtement là à regarder la porte, espérant de tout son cœur qu'elle ne soit pas là. Ni ce soir, ni demain…ni jamais…

Souhait totalement irréaliste…

Qu'est-ce que la lâcheté pouvait donner comme idées idiotes…

Il soupira…et fit demi-tour.

C'était idiot d'aller la voir maintenant ! Il était tard, elle avait eu une longue journée, elle ne voudrait certainement pas le voir, elle… était juste devant lui.

Sheppard stoppa ses pas et observa sans bouger la jeune femme brune se tenant à l'autre bout du couloir.

Elizabeth, baissa la tête et essuya aussi vite que possible les traces humides sur ses joues.

Pas lui… elle n'y arriverait pas ce soir… elle le savait. Déjà Evan…

John fronça les sourcils. Ce geste… pourquoi baissait-elle les yeux ? Il s'approcha alors d'elle, oubliant sa hantise de se trouver face à elle.

« Elizabeth, murmura-t-il en arrivant devant elle. Tu.., il regarda à droite et à gauche pour s'assurer que personne ne les entendrait, tu as pleuré ?

- Oui, je crois que j'ai trop travaillé aujourd'hui, expliqua-t-elle avant de passer devant lui. »

Le militaire ne put dire un mot. Elle était déjà devant ses quartiers. Elle ouvrit la porte. Elle ne l'avait pas invité à entrer.

Mais il ne voulait pas renoncer. Pas maintenant.

Maintenant, il voulait être auprès d'elle. Non pas pour l'accabler davantage. Non… Il voulait juste être là pour elle. Pour la soutenir, pour savoir ce qui n'allait pas. Parce que quelque chose n'allait pas… c'était certain…

Alors… C'est avec agilité qu'il se glissa à l'intérieur des quartiers de sa supérieure.

La dirigeante de l'entendit pas se faufiler et dès que la porte se referma, ne put retenir ses larmes plus longtemps.

Elle éclata en sanglots, les mains protégeant son visage.

Trop sous le choc, John ne sut que faire ou que dire. C'était plus grave qu'il ne pensait. Son était était-il dû à l'aveu que Teyla lui avait fait ? Non… pas encore… C'était autre chose… mais quoi ?

Elizabeth, les pleures inondant toujours ses mains, se dirigea à l'aveuglette vers sa salle de bain.

Le colonel resta seul au milieu de la pièce.

Il aurait dû partir, la laisser à sa tristesse… Il était bien la dernière personne à laquelle elle voudrait se confier… Mais peut-être était-ce le moment de lui prouver qu'il pouvait être là pour elle, quelles que soient les circonstances…

Il délirait…dès qu'elle le verrait, elle voudrait le gifler… elle le haïssait… il le savait, et elle aurait raison…

Mais John n'eut pas à s'interroger davantage…

Elle venait de sortir de la salle d'eau…

Elizabeth se figea avant de fermer les yeux. Non, il ne pouvait pas être là… elle était en train de le rêver ! Comment aurait-il pu être dans ses quartiers ?! Mais quand elle ouvrit de nouveau les yeux, elle dut bien se rendre à l'évidence. Elle sentit alors son cœur faire une nouvelle embardée. Il n'arrêtait pas une seconde aujourd'hui…

Les deux leaders restèrent un bon moment à se regarder en chiens de faïence. Sans parler, sans bouger et sans respirer.

Maintenant qu'il était face à elle, le courage semblait faire défaut au militaire. Il savait affronter les ennemis les plus cruels de la galaxie et faire face aux situations les plus dangereuses, mais préserver le cœur des femmes était quelque chose qu'il n'avait jamais maîtrisé. Et en cet instant il aurait tout donné pour savoir comment s'y prendre pour la faire souffrir le moins possible.

La dirigeante se reprit la première et s'avança vers le colonel. Elle espérait qu'il ne l'avait pas entendu pleurer. Parce qu'il était hors de question de paraître faible devant lui !! Plus jamais elle ne lui montrerait ce qu'elle ressentait ! Pas après ce qu'il lui avait fait !

« John, qu'est-ce que tu fais là ? »

Sa voix était neutre, presque impersonnelle, comme si elle s'adressait à un membre quelconque du personnel.

Le colonel se sentit le peu de courage qui lui restait s'évaporer. Alors, avant que toute parcelle n'ait disparu pour de bon, il inspira profondément avant de répondre :

« Je suis venu pour te parler.

- Je n'ai pas envie de parler. Je voudrais que tu t'en ailles. »

Elle lui avait dit ça sans ciller, sans exprimer quoi que ce fut, ni avec sa voix, ni avec ses yeux. C'est là que John comprit que ce qu'il lui avait fait était bien plus grave que ce qu'il avait imaginé. L'impuissance qu'il éprouvait à trouver les mots juste fit alors place au sentiment de culpabilité qu'il tentait de réfréner tant bien que mal depuis des heures maintenant…

« Je ne partirai pas avant de t'avoir tout dit, reprit-il d'une voix calme.

- Teyla s'en ait chargé, tu peux dormir tranquille.

- Dormir tranquille ? Elizabeth…

- Non John, tais-toi. Je ne veux entendre un seul de tes mensonges !!

- Ecoute…

- Non ! C'est toi qui va écouter ! Comment as-tu pu te comporter comme ça avec moi alors que tu aimais quelqu'un d'autre ? !! Est-ce que tu sais seulement ce que ça m'a coûté de me dévoiler à toi ?! J'ai renié tous mes principes pour toi ! J'ai mis de côté ma morale de commandement et j'ai donné à une moitié de moi une place dans ma vie ! Une place que je ne lui avais plus accordée depuis très longtemps ! Je m'en passais très bien jusqu'à ce que tu te décides à me… draguer !! Et je t'ai laissé entrer dans ma vie plus que comme un ami ! J'étais heureuse comme je ne l'avais plus été depuis … je ne sais plus combien de temps ! Et toi, tout ce que tu as trouvé à faire, c'est de me trahir, de me mentir !! De te servir de moi !! Comment as-tu pu me prendre comme bouée de sauvetage à un couple que tu n'es pas capable d'assumer ?! »

A la fin de son discours, c'est face à un militaire défait qu'Elizabeth faisait face. L'assurance qu'il arborait d'ordinaire s'était totalement envolée. Il accusait le choc.

« Sors maintenant ! »

Sa voix tremblait. Elle sentait qu'elle ne pourrait plus tenir très longtemps s'il continuait à la regarder de cette manière. Elle ne voulait plus le voir, plus lui parler ! Elle voulait juste qu'il disparaisse. Mais…

« Non.

- C'est un ordre colonel !

- Non ! reprit-il avec plus de force en s'approchant d'elle. Je ne veux pas que tu penses ça de moi ! Je ne suis pas comme ça !

- Tu es comme ça John ! lui lança-t-il le regard brillant. Tu es un lâche !

- Un lâche ?! Après tout ce que j'ai fait pour cette cité, c'est ça que tu penses de moi ?

- C'est ça que je constate oui !

- Je suis pourtant devant toi pour te parler de nous !

- Quel nous John ?!

- Elizabeth, je ne veux pas te perdre.

- C'est trop tard ! Maintenant, pour la dernière fois, vas-t-en !! ordonna-t-elle au bord des larmes.

- Je ne t'ai jamais trompée !

- Menteur !! »

Cette fois la gifle résonna.

John ferma les yeux, ravalant les larmes qu'il sentait poindre au coin de ses yeux.

La leader se figea. Elle n'avait jamais levé la main sur qui que ce soit, pas même ceux qui l'auraient mérité. Mais il l'avait poussée à bout. Il lui avait menti et persistait dans son mensonge. Il osait la prendre pour une idiote maintenant encore !

Le militaire tourna lentement la tête vers elle et ouvrit les yeux.

Ce que la leader y lut lui fit peur.

« Tu crois que ça me plait cette situation ?! murmura-t-il d'une voix dure. Tu crois que ça me plait de m'avouer que je suis attiré… par un ... homme ?! Tu crois que ça me rend heureux de savoir que je fais souffrir une des femmes que je respecte le plus?! termina-t-il en haussant le ton. Tu ne t'es jamais demandé ce que je pouvais ressentir dans toute cette histoire ?! Je me sens mal, coupable, triste, honteux ! En te draguant, comme tu dis, j'ai voulu tirer un trait sur une situation impossible et faire au mieux pour tout le monde !

- Non, pour toi, parvint à répondre la dirigeante d'une voix faible.

- Non, pour la cité ! Tu crois vraiment qu'on me laisserait à la tête des militaires de cette base si on savait que j'entretiens une relation avec un subordonné ? Un homme qui plus est ?! On me muterait ! Et s'il restait, il aurait des problèmes… et toi aussi !!

- John… tu t'es servi de moi… »

Toute colère avait disparu au profit de la tristesse. Une tristesse immense. Comme si une partie d'elle l'avait quittée.

La voir si désemparée augmenta la culpabilité du militaire. Il lui prit la main et tint bond quand elle voulut se détacher de lui.

« Jamais !! Elizabeth, je t'aime !

- Pourquoi tu continues à me mentir ? Arrête.

- Elizabeth je ne te mens pas. Je ressens quelque chose pour toi. Quelque chose qui va bien au-delà d'une amitié. Mais ce n'est pas… de l'amour… »

La dirigeante baissa la tête avant d'acquiescer. Elle ne pouvait plus se contenir et céda. Une larme coula, puis une autre.

Il n'en fallut pas plus à John pour la serrer contre lui.

Elle voulut se dégager, mais il ne lui en laissa pas l'occasion et la serra plus fort.

« Elizabeth, je n'ai jamais voulu me servir de toi. Tu es une des personnes qui comptent le plus au monde pour moi. Je me rends compte maintenant que je t'ai fait souffrir. Tu as eu le courage de t'ouvrir à moi et de me faire confiance et…je n'ai pas d'excuse. Je sais juste que je suis perdu et que j'aurais voulu que ça marche entre nous. Pardonne-moi, finit-il par murmurer les lèvres perdues dans ses cheveux. »

Les tremblements de la jeune femme se tarirent un peu et elle consentit enfin à rendre son étreinte au militaire.

Les secondes s'égrenèrent…

Ils profitaient tous deux de ce moment qu'ils savaient de plus devoir se reproduire.

TBC