Merci pour les bons commentaires!

Pour ce chapitre, eh bien, désolé, il est vraiment court, mais je n'avais pas trop le choix. Enfin, pour ma part, je l'aime beaucoup, mais je vous laisse juger!

Bonne lecture!


Cloud était désespéré.

Il tentait par tous les moyens de dégouter Zack, mais il n'y avait rien à faire. Ce dernier le collait de plus en plus, le suivant jusqu'aux toilettes pour lui parler et tenter de faire des blagues. Sincèrement, le blond ne comprenait pas ses intentions. Que lui voulait-il au juste? Pourquoi l'importuner autant? Ne voyait-il pas qu'il ne voulait rien savoir de lui?

En fait, il savait bien qu'il ne voulait pas rien savoir de lui, et probablement que Zack le comprenait également, ce qui expliquerait son comportement. Malgré tout, il était tout de même vachement insistant. Le SOLDAT savait que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne s'ouvre au nouveau – si ce n'était déjà fait.

C'est en tremblant légèrement que Cloud accueillit cette réalisation. Ils étaient encore en tête à tête pendant leur repas du soir, et Zack discutait avec une fougue et un enthousiasme peu communs. Le blond savait maintenant qu'il était beaucoup trop tard. Il devait employer les grands moyens, sinon une tragédie allait se produire.

C'est pourquoi il se leva de table et sortit de la cafétéria, accompagné par l'homme aux cheveux noirs qui ne le quittait pas d'une semelle. Il marcha au travers des couloirs jusqu'à une salle qu'il savait déserte et y pénétra, suivi de l'homme qui semblait si heureux qu'il ne tenait pas sur place. Cloud ne savait pas à quoi il pensait, mais il était légèrement malaisé de le voir si heureux simplement parce qu'il l'avait amené dans un endroit désert.

Le blond se racla la gorge, se préparant aux mots qu'il avait à dire. Il savait que s'ils blesseraient leur destinataire, c'était surtout lui qu'ils blesseraient. Il devait néanmoins les dire, ne serait-ce que pour le sauver, lui.

- Écoute, Zack... Il faut que tu arrêtes ton petit jeu. Tu vois pas que tu me déranges?

- Mais, tenta l'homme qui fut immédiatement coupé par son interlocuteur.

- Je vais te le dire simplement, pour que tu comprennes.

Sur ces mots, Cloud s'approcha de son «ami» et plongea son regard dans le sien. Il eut une légère hésitation qui, il l'espérait, ne fut pas visible, avant de lui lancer, sans la moindre émotion :

- Je te déteste. Tu m'horripile. Tu me dégoutes... je veux plus jamais voir ton visage, tu m'entends?

Le blond put voir l'expression de souffrance qui passa sur le visage de son vis-à-vis. Pendant une infime seconde, il ressentit le besoin de le prendre dans ses bras, pour lui dire qu'il ne signifiait rien de ce qu'il venait de prononcer et que s'il le faisait, c'était pour son propre bien, mais il se contenta de déglutir et de détourner le regard. Il ne fallait pas qu'il lâche maintenant, sinon tout ce qu'il avait fait plus tôt n'aurait servi à rien.

Il sortit finalement de cette pièce où l'air commençait à manquer et partit à courir dans les couloirs. Il devait se défouler. Bouger, pour tenter d'oublier la méchanceté de ses paroles, pour tenter d'oublier le visage de l'homme qu'il appréciait beaucoup trop, pour tenter d'oublier qu'il venait une fois de plus de détruire une des rares amitiés qu'il aurait pu établir. Il devait courir pour oublier qu'il était un monstre qui ne pourrait jamais se lier avec les autres.

Quand il atteignit enfin sa chambre, il jeta un regard vers la glace et, dégouté de lui-même, il projeta son poing contre celui-ci. Son reflet se brisa en milles éclats qui vinrent se ficher dans son poing droit. Il ignora la douleur qui l'empoigna à nouveau et ne put s'empêcher de repenser à sa tendre Tifa, celle qu'il avait aimé de tout son cœur et qui pourtant était morte par sa faute. L'odeur de sang lui rappelait ce moment. Avec un mal de cœur atroce, il se souvint de ce corps sans vie, couvert de blessures, et sa propre détresse face à la situation, face à lui-même et ce qu'il avait fait.

Le barrage mental que Cloud avait construit pendant cette dernière année céda complètement. En boule sur le sol, il se mit à rire, pleurer, hurler, sans aucune logique. Les souvenirs, parfois vrais, parfois faux, lui revenaient sans cesse. Tifa qui sourit, Tifa qui rit, Tifa qui vit, Tifa qui le chicane gentiment, Tifa qui lui sourit innocemment, Tifa qui pleure amèrement, Tifa qui souffre, Tifa qui a mal, Tifa qui ne lui pardonnera jamais, sa tendre et chère Tifa qu'il avait tant aimé. Une silhouette au-dessus de lui, une souffrance, des cheveux gris il lui semblait – non ils étaient plutôt bruns – non maintenant ils étaient gris – des yeux bleus – noirs plutôt? – non bien bleus – une voix mielleuse, qui lui dictait doucement de cruelles vérités – cruellement de douces vérités? – une voix qui lui répétait les mêmes mots, doucement, pour les imprimer à jamais dans sa

« Cloud, mon adorable Cloud, tout ceux que tu aimeras souffriront par ta faute. Tu leur infligeras ce que je t'infliges. Il ne sert à rien de t'enfuir, mes mots te poursuivront toujours, même si tu les oublies. »

mémoire une souffrance intolérable, une lumière aveuglante, une main au dessus de lui, Cloud croyait hurler mais il ne savait plus très bien s'il avait une voix ou non, ses mains étaient attachés il croyait mais rien n'était certain, il était couché sur le dos et une lumière l'aveuglait, mais il voyait quand même la grande, trop grande silhouette qui se penchait sur lui, lui murmurait à l'oreille, le touchait où il voulait qu'on le laisse tranquille, il hurlait qu'on arrête de le toucher il croyait mais peut-être que rien ne sortait, la silhouette souriait cruellement il lui semblait mais il ne pourrait pas le jurer, il fermait les yeux mais il voyait encore ce regard bleuté, trop bleu, beaucoup trop bleu qui le scrutait, l'écorchait, l'observait, avec quelque chose de bizarre, une drôle de lueur qu'il ne comprenait pas, ce regard ce regard ce regard–

Cloud s'éveilla en sursaut. Il regarda autour de lui : il était sur le sol, des éclats du miroir l'entouraient. Son regard tomba sur sa main ensanglanté et les évènements de la veille lui revinrent en mémoire. Il s'était endormi au travers de sa crise, sans s'en rendre compte, et avait ainsi passé la nuit par terre. Il se leva et passa à sa petite salle de bain. Le tout petit miroir lui renvoya le regard d'un mort. Il n'en fit aucun cas et nettoya sa blessure, avant d'y appliquer un pansement. Il s'en sortait, tranquillement mais surement. Il s'en sortait, comme la dernière fois, celle d'avant, et l'autre avant. Comme toujours.

Il entra dans la petite douche et se nettoya de fond en comble. Il enleva toutes traces de folie sur sa peau ravagée, il en retira tous les mauvais souvenirs. Il récura ce mal-être qui l'avait habité la veille, il effaça définitivement toute trace de souffrance. Lorsqu'il sortit de la douche, il était un homme nouveau, plus fort qu'avant, et surtout entier.

Il enfila son uniforme sans se regarder dans la glace complètement défaite sur le sol. Il se pencha et empoigna les plus gros morceaux pour les jeter. Ensuite il prit un linge et nettoya le sang qui avait coulé sur le sol. Cloud était en vie, il existait, et tout ce qui lui était arrivé avant n'était plus.

Après avoir passé le seuil de la porte, il se dirigea comme d'habitude vers la cafétéria, où il entama son premier repas de la journée. Il n'avait pas faim, mais pas mal au cœur non plus. Cela faisait un an qu'il n'avait plus faim. Il finit son plateau, le porta à l'endroit indiqué et se dirigea vers la première aire d'entrainement. Il s'y installa au garde-à-vous, cette position qui lui plaisait, et attendit les ordres. L'ordre était de retour dans sa vie. Le chaos chassé.

Il n'eut pas un seul regard pour Zack, qui restait en retrait. Il n'osa pas tourner ses pensées vers lui. Tout ce dont il avait besoin, c'était de l'ordre. Le reste lui était complètement inutile.