Et voilà la suite, du point de vue de Zack! J'espère que vous aimerez!
Bonne lecture!
Anéanti était un mot faible pour décrire l'état d'âme de Zack.
Il se souvenait parfaitement des mots de celui qu'il aimait. Il ne s'en souvenait que trop bien. Le ton de voix neutre, parfaitement froid, ne laissait place à aucun doute : Cloud était sérieux. Il ne voulait rien savoir de lui.
Zack se recroquevilla dans son lit. Depuis que le blond lui avait avoué sa haine, il s'était trainé jusqu'à cet endroit pour s'y morfondre. Il avait cru que l'autre l'aimait bien. Il avait cru que lui-même pourrait peut-être le sauver. Il avait cru tant de choses qui s'avéraient fausses...
Il était redevenu ce petit garçon qui n'avait plus aucune confiance en lui. Son assurance avait été piétinée, détruite, par ces quelques mots prononcés sur un ton de voix méprisant. Il ne savait plus très bien comment il était supposé continuer à prétendre être l'homme arrogant qu'il était devenu. Il ne savait plus très bien comment retrouver sa confiance, après le rejet si cinglant qu'il avait essuyé.
Sincèrement, il ne comprenait pas. Il pensait que Cloud était malheureux, et qu'il souhaitait en vérité s'ouvrir au monde. Il croyait que le blond avait bel et bien des émotions, mais qu'il s'empêchait de les exprimer. Il réalisait enfin qu'il se voyait lui-même comme son sauveur. L'enfer est pavé de bonnes intentions, c'est ce qu'on dit apparemment, et Zack en faisait enfin les frais.
Une douleur insupportable le prit quand il réalisa une fois de plus à quel point il avait été aveuglé par son amour. Il aurait dû comprendre que Cloud ne voulait vraiment rien savoir de lui, et que les quelques signes qu'il voyait n'étaient pas réels. Peut-être qu'il souffrirait moins en ce moment.
Quand Cloud l'avait amené dans cette pièce, il avait cru que c'était une bonne nouvelle. Tout s'était effondré si rapidement. Son monde avait été détruit en si peu de temps. Il était passé d'une joie insupportable à une peine tout aussi peu supportable, et ce, sans réellement comprendre. Ça avait été si facile. Lui qui avait travaillé pendant si longtemps à le faire sourire, tout son projet avait pris fin de la manière à laquelle il pensait le moins.
Il avait tout imaginé, sauf que Cloud le détestait. Il n'avait jamais envisagé cette possibilité. C'était tout simplement inconcevable. Qu'il ne l'aime pas comme il l'aimait lui, c'était une chose, mais qu'il le méprise...
Zack émit finalement un sanglot et laissa une larme couler. D'habitude, il ne pleurait jamais. Mais cette fois-ci, c'était beaucoup trop. Être si peu aimé par la personne qu'il adorait... il ne pouvait pas le supporter.
Il s'endormit sans réellement s'en rendre compte, au milieu de ses larmes et de ses idées noires.
~xxx~
Zack se réveilla en sursaut, cinq bonnes minutes avant que son cadran ne hurle. Il fixa le plafond pendant un long moment, tentant ainsi de reprendre contact avec la réalité. Son cauchemar avait été éprouvant, et le plus difficile pour lui-même, c'était de se rendre compte qu'il ne racontait que la stricte vérité.
Finalement le réveil put enfin émettre son bruit strident, ramenant définitivement le brun dans le monde réel. Il se leva, arrêta le cadran et s'étira. Il ne se sentait pas vraiment en bonne forme, mais il devait quand même se présenter aux exercices. Il songea tout à coup qu'il aimerait vraiment partir en mission, si possible sans Cloud, pour enfin l'oublier et reprendre sa vie.
Il enfila son uniforme sans jeter un seul regard au miroir qui trônait dans la chambre. Il ne voulait surtout pas rencontrer ses propres yeux bleus, qui lui rappelleraient inévitablement les siens. Il aurait tant voulu pouvoir tout oublier d'un seul coup et passer à autre chose!
Lorsqu'il entra dans la cafétéria pour prendre son petit déjeuner, il reconnut la chevelure blonde qu'il voulait à tout prix éviter. Il se dirigea plutôt vers un groupe d'hommes un peu plus loin, avec qui il avait déjà discuté un peu. Maintenant qu'il ne se concentrait plus sur Cloud, il pouvait songer à se faire de nouveaux amis.
Il tenta de ravaler la boule qui se forma dans sa gorge face à cette pensée et salua la petite troupe qui discutait vivement, comme à l'accoutumée. Il prit place parmi eux et tenta d'engager la conversation, sans réellement y arriver. Au bout d'un moment, il laissa finalement tomber ce projet et se contenta d'engloutir son repas sans lever la tête. La déprime ne partirait pas rapidement, il le sentait. Pourtant il devait reprendre sa vie. Cloud l'avait rejeté. Il n'avait plus rien à attendre de lui.
Il se leva un peu trop brusquement, ce qui fit sursauter tous ses camarades. Un silence de mort s'installa entre eux alors qu'il ramassait son plateau pour aller le porter au bon endroit. Zack eut soudain envie de rire. Il était pathétique. S'il continuait dans cette direction, il deviendrait seul au monde, comme Cloud.
La boule retourna dans sa gorge alors qu'il marchait dans les couloirs pour se rendre à ses premiers exercices. Il avait envie de tout sauf d'oublier son amour. Il avait envie de tout sauf de lâcher prise, et pourtant... le visage inexpressif du blond qu'il aperçut lorsqu'il pénétra dans la salle d'entrainement lui rappela que, peu importe son envie à lui, s'il n'était pas réciproque, il ne pouvait rien y faire.
Zack détourna rapidement le regard et s'installa le plus loin possible de l'objet de toutes ses pensées. Quand il effectua les exercices répétitifs, son cerveau ne put s'empêcher de retourner sans cesse aux évènements de la veille. Il ne voulait plus y penser, mais c'était comme une rengaine, qui revenait continuellement. Ce n'était pas sa première peine d'amour, mais c'était certainement celle qui lui avait fait le plus de mal. Tout cela parce qu'il avait espéré.
L'espoir, émit Zack doucement en un profond soupir. L'espoir, c'était apparemment ce qui maintenait les gens en vie, mais il lui semblait plutôt que c'était ce qui les détruisait. Pour lui, il était pareil à une condamnation, cet espoir qu'il avait ressenti. Il décida alors qu'il n'espérerait plus. De cette façon, il ne serait plus autant déçu, et il souffrirait beaucoup moins.
Quand il atteignit sa chambre après son diner qu'il avait passer seul, il se sentit faible. Extrêmement faible. Comme si un camion venait de lui passer dessus, et qu'il avait répété le même exercice plusieurs fois. Il s'assit sur son lit, enfoui son visage dans ses mains et se massa les tempes. Il avait mal à la tête. Un boule dans la gorge, qui ne partirait pas de sitôt. Et l'envie de tout foutre en l'air et de partir loin, loin de là, loin de ce Cloud qu'il aimait toujours éperdument et qui pourtant le détestait.
Sincèrement, il ne savait pas ce qu'il aimait en lui. Il ne lui avait montré que des points négatifs de sa personnalité. Tout ce qu'il avait vu de positif s'était avéré faux. Pourtant, c'était stupide, mais il espérait encore... il espérait encore qu'il y avait une raison à ce comportement, que le plus vieux SOLDAT des deux avait menti dans un but qu'il ne connaissait pas. Zack avait envie de se frapper la tête contre le mur pour espérer encore de la sorte, alors qu'il venait de se jurer de ne pas le faire, mais il ne pouvait s'en empêcher. Son instinct lui disait qu'il y avait quelque chose d'étrange dans le comportement de Cloud.
Le brun se coucha dans le lit et posa sa tête sur l'oreiller. Il observa le plafond tout en réfléchissant intensément. Il tenta de rester le plus objectif possible, et se rappela tout ce qu'il savait du blond. Une chose l'intriguait profondément, et il ne savait pas s'il devait y accorder de l'importance ou non. À leur première rencontre, il avait pris la peine de lui donner son nom. C'était anodin, et pourtant, venant de lui, cela semblait signifier beaucoup plus.
Toujours en regardant dans le vague, il se remémora les évènements de la veille, et c'est alors qu'il se souvint que Cloud avait semblé légèrement hésitant avant de se lancer. Il n'en avait pas fait grand cas sur le moment, les mots eux-mêmes lui ayant fait trop de mal pour qu'il puisse y réfléchir. Cependant, maintenant qu'il était à tête reposée, il se souvenait parfaitement que le blond avait eu une drôle d'expression avant de lui dire qu'il le détestait. Mais, encore une fois, devait-il y accorder la moindre importance? Ne cherchait-il pas simplement ses mots?
Il devait avouer que le simple fait que Cloud n'ait pas parler pendant tout ce temps était étrange. S'il l'horripilait vraiment, ne l'aurait-il pas dit plus tôt? Pourquoi prendre la peine de le tolérer aussi longtemps? Il n'avait jamais semblé agacé par sa présence, bien au contraire. En fait, il n'avait jamais eu l'air agacé par quoi que ce soit, ce qui rendait son discours encore plus étrange.
Zack ne comprenait plus rien. Il ne savait plus que croire, qui croire. Et si tout ce qu'avait dit Cloud était faux, pourquoi lui mentir? À quoi cela l'avançait-il? Quelle raison pouvait le pousser à de tels extrémités?
Le SOLDAT poussa un long soupir et ferma les yeux. Tout était si compliqué. Pourquoi le blond était-il si compliqué à comprendre? Pourquoi son expression restait-elle toujours aussi distante, comme s'il n'était pas tout à fait là, ni tout à fait ailleurs... un peu nulle part? Que lui était-il arrivé pour qu'il semble souffrir à ce point, tout en ne le montrant pas du tout? Et, plus que tout, est-ce qu'il souffrait vraiment?
Est-ce que c'était lui qui déduisait les mauvaises choses? Est-ce que c'était lui qui ne voyait que ce qui l'arrangeait? Il ne le savait pas, et c'était cette ignorance qui le rendait hésitant. Si au moins il avait pu dire sans l'ombre d'un doute que le blond ne le détestait pas vraiment et qu'il avait menti... il se sentirait la force de continuer son plan. Mais il n'y avait aucun moyen d'en être certain.
Il se tourna sur le côté, rouvrit les yeux et rencontra son reflet. Il lança à voix haute :
- Est-ce que tu penses qu'il ment, toi?
Malgré la stupidité de poser cette question à son propre reflet, Zack se sentit un peu revigoré. Il inspira profondément, expira longuement, puis se fit un sourire. Son assurance lui revenait, lentement mais surement. Elle lui revenait, et tous ses soucis semblèrent de plus en plus amoindris.
Il décida alors qu'il demanderait des explications. Il talonnerait le blond aussi longtemps que nécessaire, mais il devait savoir, sans l'ombre d'un doute, si celui-ci le détestait vraiment.
