Désolé pour le léger retard, j'ai eu un inconvénient hier... Et à partir de maintenant, je ne publierai qu'une fois semaine, soit le lundi si possible, sinon le mardi, comme aujourd'hui. C'est que j'ai rattrapé les chapitres que j'avais déjà écrits, alors pour me laisser le temps de faire les prochains...

Bonne lecture!


Sephiroth était un être animé par la haine.

Pourtant, il avait connu un autre sentiment auparavant, un sentiment beaucoup plus beau. Il avait aimé, un peu trop fort, et d'un amour malheureusement jamais réciproque. Elle s'appelait Aeris, elle avait les cheveux châtains qui flottaient au vent et des yeux émeraude dans lesquels il aimait trop se plonger. Elle était son ange.

Ils s'étaient connus tout jeunes, et avaient partagé la même vie pendant toute leur jeunesse et leur adolescence. Sephiroth en était tombé amoureux sans réellement s'en rendre compte, presque par hasard, un beau jour d'été où, pour une fois, elle avait les cheveux défaits. Il était tombé amoureux un jour où le soleil était plus beau, plus doux, où les fleurs qu'ils sentaient depuis leur jeunesse étaient tout à coup cent fois plus sublimes. Il était tombé amoureux un jour où son sourire était un peu plus magnifique, et ses yeux verts, un peu plus tendres.

Un homme était arrivé. Dès le premier regard, Sephiroth savait qu'il venait de perdre sa tendre au profit de quelqu'un de bourru, de mauvaise foi, et stupide. Il savait que ce Cid, nouveau dans la place, pilotait un avion et qu'il emmènerait sa belle Aeris loin de lui, beaucoup trop loin.

C'est à ce moment que la haine s'était emparée de son cœur. Il la méritait plus que lui. Il l'aimait plus fort, mieux, d'un amour plus beau et plus digne d'elle. Ce Cid ne la comprenait pas, et ne pouvait simplement pas la comprendre. Pourtant elle le choisissait, cet homme qui ne la comprendrait jamais, et le délaissait, lui, alors qu'il l'aimait si fort.

Quand elle était partie dans cet avion, Sephiroth n'était déjà plus tout à fait sain d'esprit. Il était trop tard pour lui. Son cœur avait été arraché à vif, et aucun anesthésiant n'aurait pu soulager sa douleur incommensurable.

C'est pourquoi, quand ils étaient revenus pour lui montrer leur enfant, un beau garçon d'à peine deux ans, aux cheveux blonds comme son père et aux yeux bleus, tout comme lui, il avait empoigné l'arme qu'il gardait toujours et avait tiré. Sur ce Cid, cet homme de malheur. Il avait déchargé son pistolet au complet sur lui, le criblant de six balles tout près de son cœur – là où lui-même avait été blessé si fort.

Puis il s'était retourné sans un regard, laissant son amour écroulé sur le sol, tenant la dépouille de son défunt mari en lui ordonnant de se réveiller et de ne pas la laisser seule. Il avait laissé ce petit garçon tout regarder sans comprendre, avec une curiosité dans les yeux qu'il ne voulait pas voir. Il était parti sans rien demander, parce qu'il n'avait rien à demander, et qu'au final, sa tendre Aeris ne l'avait quand même jamais choisi.

Il avait reçu, quelque temps plus tard, une lettre qu'il avait lue sans laisser couler la moindre larme. Il avait depuis longtemps perdu la capacité d'être réellement malheureux. Tout ce qui lui restait, c'était la haine, un vide impossible à combler, et un petit enfant blond aux yeux bleus comme son père, son père que Sephiroth détestait plus que tout au monde.

Il éprouvait des sentiments mitigés pour cet enfant. Il était à la fois le fils de la femme qu'il avait le plus aimé et celui de l'homme qu'il avait le plus détesté dans sa vie. Simplement poser les yeux sur lui était douloureux. C'est pourquoi il avait décidé de s'en débarrasser. Il l'avait confié à un de ses meilleurs amis, Hojo, scientifique aux mœurs douteuses. Sephiroth en savait trop sur lui pour que le scientifique ébruite qu'il avait un fils, même s'il était adoptif, et l'homme aux cheveux bruns y avait tout à gagner, car il pourrait utiliser cet enfant comme il le voudrait. Le marché avait rapidement été conclu.

Cloud se retrouva donc enfermé dans un sous-sol, où on lui injecta du Mako pour en faire un SOLDAT et où on l'entraina à devenir une machine à tuer, ni plus ni moins. Ce jeune garçon innocent apprit à manipuler des armes en même temps qu'il apprit à marcher. Ses nuits, il les passait attaché sur une table, où on lui injectait des produits dont il ne sut jamais le nom, ni même les effets. Il était à la fois un rat de laboratoire et une future arme. Le petit jouet d'un scientifique sans scrupules.

Lorsqu'il eut dans la dizaine d'années, Sephiroth s'était senti curieux et avait enfin demandé à le revoir, après tout ce temps. Quand il avait vu l'enfant qui ressemblait de plus en plus à son père tout en étant le portrait craché de sa mère – dans sa façon d'être, peut-être, ou dans son regard –, sa haine s'était ravivée. Elle n'était jamais complètement disparue, mais il avait fini par l'oublier. Ce petit garçon blond, trop mignon pour son propre bien, lui rappelait tout ce qu'il avait tant voulu enfouir au plus profond de lui-même.

Il avait décidé, en voyant ce petit, qu'il se vengerait. Vraiment, cette fois. En détruisant ce qui restait de celle qu'il avait aimée, en détruisant tout ce qui restait de celui qu'il avait tué. Il n'existait qu'une méthode pour le détruire complètement, d'autant plus qu'il ressemblait beaucoup trop à Aeris. Vraiment trop. Beaucoup beaucoup trop.

Sephiroth avait demandé à Hojo de le laisser seul avec l'enfant, d'abord gavé de calmants. L'homme était entré dans la pièce, où seulement une table d'opération avec un petit garçon attaché dessus l'attendait, et s'était régalé de cette vision. Il s'était approché, lentement, et avait plongé son regard dans les yeux bleus qui étaient un peu ailleurs, comme toujours.

L'officier avait enlevé les vêtements du petit sans que celui-ci ne réagisse. Il était trop habitué à se faire manipuler de la sorte pour vraiment s'en soucier. Puis l'adulte avait défait sa propre braguette, sans prendre la peine d'enlever le moindre de ses habits. Il était alors monté sur la petite table, avait écarté les jambes du garçon et avait admiré la vue un moment. Le blond était resté amorphe, pas tout à fait là, pas tout à fait ailleurs non plus. Un peu nulle part.

Sans prévenir, l'homme aux cheveux argentés avait enfoncé son sexe entre les fesses du petit garçon, le pénétrant rapidement et complètement. Celui-ci avait hurlé à la mort, plus fort que jamais auparavant. Il avait crié sans s'entendre, souffert plus que jamais sans comprendre et regardé la silhouette au-dessus de lui sans réellement la voir.

Sephiroth avait commencé son mouvement sans attendre, prenant décidément son pied à la fois sur la situation et sur l'entrée étroite de son fils adoptif. L'acte le soulageait d'un poids qu'il ne savait pas qu'il portait sur ses épaules. Serein, il se sentait serein, et un sourire avait pris place sur son visage. Voilà ce qu'il devait faire pour enfin se sentir mieux !

Il avait éjaculé au plus profond du garçon – de cette façon, Cloud devenait en quelque sorte son propre fils. Il s'était retiré du corps maintenant sans vie – il s'était évanoui sous la douleur – et avait replacé son uniforme dignement avant de s'en aller. Hojo s'occuperait de tout nettoyer.

Le lendemain, il était revenu, et avait violé à nouveau le blond. Il avait commencé à lui murmurer des paroles, des ordres que l'enfant suivrait et qui scelleraient enfin sa vengeance. Il était revenu tous les jours suivants, inculquant à son enfant une manière d'agir qui le torturerait plus que n'importe quoi d'autre. Tout cela, dans le but de se venger de personnes qui étaient mortes depuis bien longtemps.

À ses quinze ans, Cloud avait réussi à s'enfuir. Sephiroth n'avait jamais compris comment il avait réussi cet exploit. Il l'avait cherché désespérément, sans jamais le trouver. Jusqu'au moment où Cloud avait tué Tifa. Sans qu'il en soit mis au courant, il avait soudoyé la police, pour qu'elle ne l'enferme pas. Il avait d'autres projets pour son fils adoptif. Des projets dont il se régalait déjà. Sa vengeance n'était pas terminée. Elle ne le serait jamais, tant qu'il était encore en vie.

Il n'avait depuis longtemps plus une seule pensée pour Aeris, ou même Cid. La vengeance était devenue le but de sa vie, et la raison en était complètement perdue.

~xxx~

Mon très cher Sephy,

Je sais que tu n'y comprendras rien. Je sais que tu ne me pardonneras pas. Mais je t'écris cette lettre parce que je voudrais me justifier à tes yeux. C'est certainement impossible, mais qui ne risque rien n'a rien, n'est-ce pas ?

Maintenant que j'y pense, je ne t'avais jamais expliqué pourquoi j'ai choisi Cid. Je ne l'ai probablement pas fait parce qu'il n'y a aucune raison. L'amour ne se commande pas, Sephy. Toi-même tu dois le savoir plutôt bien. Cid avait ce petit quelque chose, caché derrière sa prétention et sa mauvaise foi, qui en faisait un être humain généreux. Tu ne l'as jamais compris.

Je ne t'en veux pas. Je comprends pourquoi tu n'as jamais pu le supporter. Maintenant qu'il est trop tard, je le comprends... j'aurais aimé le voir plus tôt. Tout aurait peut-être été différent.

Tu étais comme mon petit frère, celui que je n'ai jamais eu. Je t'ai aimé plus que quiconque, et peut-être même plus que Cid. J'aimerais que tu t'en souviennes, Sephy, tu étais ma moitié, une part indissociable de ma vie. D'ailleurs, je l'avais dit à Cid, je m'en souviens très bien, je lui avais dit que s'il me choisissait, il te prenait toi aussi. La mine qu'il a faite était tellement drôle, j'aurais aimé te la montrer.

Lui non plus ne t'a jamais beaucoup aimé. Cela me faisait souffrir, plus que tu ne peux l'imaginer. Je pense qu'il sentait les sentiments que tu éprouvais pour moi. Pourtant il ne me l'a jamais dit. Je ne veux pas le racheter à tes yeux, Sephy, ce n'est pas mon intention avec cette lettre, mais tu sais, il a vraiment essayé de t'apprécier. Il n'a jamais tenté de te faire le moindre mal et, à bien y penser, il agissait avec toi probablement mieux que toi avec lui.

Je ne te condamne pas, Sephy, j'aimerais que tu le comprennes clairement. Je t'aime toujours autant. Je ne t'en ai jamais voulu. Et encore à ce jour, je ne t'en veux pas. Je te pardonnerai toujours, peu importe ce que tu feras. Parce que tu es mon petit frère adoré, celui que je n'ai jamais eu.

J'ai peur, Sephy. J'ai peur de te détester. J'ai peur de vouloir me venger. Je ne veux pas te perdre, je voudrais que tu sois heureux, si cela est encore possible. J'aimerais tellement pouvoir te serrer dans mes bras, en ce moment, et te dire que tout va bien, que je te pardonne, qu'en fait il n'y a rien à pardonner et que tu es et resteras toujours l'homme le plus important de ma vie. J'aimerais te dire tout cela, mais je n'en ai plus la force.

Maintenant je comprends que j'aurais dû te choisir. J'aurais dû, mais j'aimais Cid, Sephy. Je l'aimais, et je l'aime encore. J'ai peut-être fait le mauvais choix, mais je ne le regrette pas. Il était un homme bon et aimant. Le temps que j'ai passé avec lui fait partie de mes plus tendres souvenirs.

Tu sais, le souvenir que je garderai toujours au creux de mon cœur, celui le plus important de toute ma vie, c'est ce moment où nous nous sommes rencontrés pour la première fois. C'était dans cette église, tu te souviens? Où il y avait des fleurs de toutes sortes qui poussaient au travers du béton. J'y jouais souvent, et cette journée-là, tu y es tombé du ciel.

Quand j'ai vu tes cheveux argentés, tes yeux bleus, ton visage si fin, j'ai su que tu étais véritablement un ange. Le mien. Mon tout petit ange bien à moi. Sephy, je n'oublierai jamais les moments que nous avons passé là, à nous amuser comme de petits fous. Je n'oublierai jamais ces regards que nous échangions, nos conversations qui tournaient souvent au ridicule, cette complicité que nous n'avons jamais perdue. Je n'oublierai jamais que tu étais mon ange tombé du ciel.

J'aurais dû t'aimer. L'amour est bien cruel. Tu étais pourtant tellement important pour moi, mais je n'ai jamais pu t'aimer de cette façon-là. C'est peut-être moi qui suis cruelle, Sephy. J'avais envie d'être heureuse. J'étais égoïste.

Sephy, je meurs aujourd'hui parce que je ne veux surtout pas te détester. J'ai peur de prendre ce même fusil qui repose entre mes mains et de le pointer sur toi. La peine de perdre Cid est si immense pour moi que je m'en sens véritablement capable. Je veux partir avant de te détester, avant de prendre ce pistolet, avant de tout détruire et pour de bon, cette fois.

Ce n'est pas de ta faute, Sephy. Rien n'est de ta faute. Tout est de ma faute, c'est moi qui suis égoïste, cruelle, et qui n'assume rien jusqu'au bout. Je sais que je devrais rester avec toi, je le sais bien, mais je ne le peux pas. Je n'en ai pas la force.

Je n'ai qu'une seule volonté, et je sais qu'elle est bien cruelle et égoïste venant de ma part, mais je veux que tu prennes soin de mon enfant. Il est tout petit, trop petit, et incapable de s'en sortir par lui-même. Oublie qu'il est le fils de Cid, même s'il lui ressemble terriblement, et souviens-toi qu'il est d'abord et avant tout mon fils, donc un peu le tien aussi. S'il te plait, occupe-toi de lui, donne-lui un père aimant, ne le laisse pas tout seul dans ce monde trop rude pour un si petit enfant.

Sephy, j'aurais tant de choses à te dire, mais je vais m'arrêter ici. J'espère que tu comprendras ne serait-ce qu'un peu ce qui me motive à prendre ce pistolet aujourd'hui.

Ta tendre Aeris, qui t'aimait plus que quiconque