Enfin un nouveau chapitre! Non, je n'abandonne pas cette histoire... disons que j'ai eu certains problèmes d'inspiration, mais j'ai passé par dessus. Cela dit, n'attendez pas avec trop d'impatience le prochain chapitre non plus, il pourrait ne venir qu'en septembre...
Voici un chapitre-choc. Je vous laisse juger par vous-même!
Bonne lecture!
Le général Sephiroth était à la base militaire depuis une semaine déjà, alors même qu'il n'aurait dû rester que quelques jours. Sa mission n'était pas encore accomplie, à savoir promouvoir certaines recrues au rang de Première Classe. Cela n'aurait dû lui prendre que quelques jours tout au plus, et malgré tout, il n'avait pas encore rendu son verdict. Personne n'était en mesure d'expliquer pourquoi, et le militaire restait évasif sur le sujet.
On aurait dit que l'argenté faisait tout son possible pour être près de Cloud. Que ce soit sur l'heure des repas, où il mangeait à seulement quelques tables de lui, ou pendant les entrainements, il était omniprésent. Le blond sentait que quelque chose se tramait. Un général ne se préoccupait pas autant d'un simple Deuxième Classe sans bonne raison.
Cloud était à deux doigts de se souvenir de son passé, il le sentait. À deux doigts de tout comprendre, autant ses délires que les raisons qui l'avaient poussé à tuer Tifa. Sa vérité, celle qu'il avait enfouie au plus profond de son inconscient pour tenter de vivre normalement, allait bientôt lui éclater à la figure, et à ce moment-là, il savait qu'il ne pourrait plus rien contrôler. Son double n'attendait que ce moment, celui où il comprendrait ce qu'il était, pour prendre sa place définitivement.
Sephiroth semblait lui aussi attendre ce moment. Le blond le voyait, il comprenait très bien ce que cette attente signifiait. L'argenté prenait son mal en patience, il attendait que lui-même s'autodétruise pour le posséder définitivement.
À dire vrai, le rôle exact du général restait assez flou dans la tête du Deuxième Classe. S'il semblait évident qu'il était mêlé à son passé – ne serait-ce que par les références à son enfance et à Tifa –, il ne savait toujours pas de quelle façon exactement. Il ne voulait pas le comprendre, il sentait qu'il ne le devait surtout pas.
Il était pris dans l'engrenage. Et il savait que celui qui actionnerait le levier n'était nul autre que Zack.
~xxx~
Zack venait de prendre une grande décision : il devait arrêter d'éviter le problème. Il savait que rien de bon ne pourrait advenir s'il continuait à éviter la question comme il le faisait. Il ne lui suffisait que d'un peu de courage.
C'est pourquoi il avait invité une fois de plus son amour dans sa chambre, cette fois pour avoir une véritable conversation. Ils se regardèrent un moment, l'un face à l'autre, avant que Zack ne s'assoie sur le lit et ne fasse signe à l'autre de faire de même. Quand tous deux furent installés confortablement, le brun lança, faute d'une meilleure introduction :
- Cloud, il faut qu'on parle.
Le blond sursauta, très légèrement, et baissa le regard. Ses pensées étaient confuses, mais parmi celles-ci, il sentait une chose essentielle : il devait à tout prix le faire taire. Cependant, comme il ne savait pas comment, il se contenta de rester assis sans rien dire.
- Si tu ne veux pas me parler de ton passé, entama le brun, en hésitant, alors je ne t'obligerai pas. Mais je veux savoir une chose : est-ce que tu m'aimes?
La dernière phrase avait été dite avec une voix anormalement aigüe. À dire vrai, le brun avait le visage en feu, les mains qui tremblaient, et il avait réuni tout le courage qu'il possédait dans cette seule phrase. Il avait aussi la tête baissée, ce qui l'empêcha de voir le changement qui s'opéra sur le visage du blond. Son cœur battait tellement fort qu'il n'entendit pas le bruit qu'il fit en bougeant légèrement sur le lit. Ce n'est que lorsqu'il se retrouva en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire sur le dos, les poignets emprisonnés au-dessus de sa tête par le blond, qu'il remarqua enfin que la situation évoluait d'une drôle de façon.
Il s'apprêtait à demander ce qu'il se passait lorsqu'il remarqua l'expression sur le visage de son petit ami. Sa bouche s'arrêta net et ses yeux s'agrandirent sous l'horreur. Ce n'était pas le Cloud qu'il connaissait qui se tenait à califourchon sur lui. Ses yeux brillaient de sadisme, et sa bouche était étirée en un rictus qui lui donnait froid dans le dos. Il tenta de crier, mais rien ne sortit de sa bouche.
Sous ses yeux ébahis, la silhouette au-dessus de lui sortit un couteau de sa poche de la main droite, tout en le maintenant dans sa position avec la main gauche. Il en lécha la lame sensuellement, tout en le fixant droit dans les yeux. Puis il éclata de rire, un rire qui n'avait absolument rien de joyeux. Il se calma rapidement, et son visage s'approcha du sien, pour plonger plus profondément dans son regard.
- Zack, lui murmura-t-il d'une voix qu'il ne lui connaissait pas, tu m'appartiens, et je vais te le prouver.
Sur ces mots, il utilisa sa lame pour ouvrir sa chemise, faisant sauter tous les boutons. Zack essaya de se débattre, mais sa poigne était beaucoup trop forte. Il ne savait pas que son coéquipier possédait une telle puissance. Il lui semblait que dans leurs entrainements, il montrait une force normale, sans plus. Pourtant, en ce moment, il était au moins deux fois plus fort que lui.
Le brun ne comprit pas exactement ce qu'il se passa à ce moment-là. Il avait mal, de cela il était certain, et il entendait un bruit qui ressemblait à un rire, mais il ne savait pas exactement. Il ferma les yeux, se cambra, et tenta de supporter la douleur qui assaillait son torse. Au travers de cette sensation, il crut comprendre que le blond avait utilisé son couteau pour le couper, mais comme cette affirmation ne semblait faire aucun sens dans sa tête, il l'ignora. Quand la douleur devint enfin plus supportable, il rouvrit les yeux.
Il pleurait, il riait, il léchait son couteau, il souriait, il se penchait sur lui, il le touchait avec son propre sang, il le regardait, il pleurait à chaudes larmes et il riait, il riait et il pleurait et plus rien n'avait de sens, il déchirait son pantalon, oh merde il était nu sous lui, et il le touchait toujours plus, oh mon dieu il allait vraiment – ses yeux se remplirent de larmes, il ne comprenait rien, pourquoi est-ce qu'il agissait comme ça? – il se déshabillait lui-même, il se rendait compte que l'homme sous lui ne pouvait rien faire tant la surprise et l'horreur était grands, il lui écartait les jambes – pourquoi, alors qu'il croyait qu'il l'aimait, que son amour était réciproque, qu'il suffisait de parler pour que tout soit régler? – son sexe était déjà gorgé de sang, prêt à s'enfoncer en lui, et il s'enfonça sans aucun préambule, avec violence, et il bougea plus violemment encore, et il riait et il pleurait et il souriait et il coupait et Zack criait peut-être, surement, mais il ne comprenait pas grand-chose, il avait mal, affreusement mal, tout était sombre autour de lui, plus rien ne parvenait jusqu'à son cerveau, il ne réussit qu'à prononcer une seule phrase, une phrase qui n'avait aucun sens, il le sentait, mais il ne savait pas pourquoi.
- Cloud, sauve-moi !
Puis tout devint sombre.
~xxx~
- Est-ce que tu m'aimes ?
Cloud sut à cet instant que Zack venait de dire la seule phrase qu'il aurait dû à tout prix éviter. La situation était complètement différente que celle avec Tifa, mais cela n'avait plus d'importance. Il y avait beaucoup plus urgent pour l'instant, et c'était que Cloud sentait le contrôle sur son corps le quitter de plus en plus.
Paniqué, il tenta, sans y parvenir, de se retenir dans son propre corps, mais rien n'y fit. Sa conscience le quittait, et son double prenait de nouveau sa place. Il ne pouvait que craindre le pire.
Il vit le visage de Zack se contorsionner pour montrer toutes les émotions qu'il ne voulait absolument pas y voir. Il se vit lui-même, comme en dehors de son corps, lui parler et le couper d'un couteau qu'il ne se souvenait même pas avoir sur lui.
Il essaya de se fermer les yeux, sans y parvenir – il les tenait ouverts –, tenta de ne plus entendre – il tendait l'oreille –, il ne pouvait même pas perdre connaissance, tout lui apparaissait plus clairement qu'il ne l'aurait voulu et il était impuissant à y changer quoi que ce soit, impuissant à ne pas être spectateur de cet horrible spectacle qu'il avait déjà vu, dont un acteur avait été changé mais dont l'histoire restait la même, il ne comprenait que trop bien l'incompréhension de Zack – son nom lui faisait mal, plus mal que n'importe quoi –, il pleurait, comme si son double avait compris son immense désespoir, mais il riait également de ce désespoir, il se moquait de lui, au travers de tout cela, en sourdine, il entendait une voix, une voix qui lui dictait de drôles de choses, qu'il ne comprenait qu'à moitié–
«Cloud, mon adorable Cloud, tous ceux que tu aimeras, tous sans exception, tu les détruiras comme je te détruis en ce moment. La seule manière de montrer ton amour sera de les violer, puis de les tuer. Je te répéterai ces ordres jusqu'à les imprimer au plus profond de toi.»
ces mots qui tout d'un coup semblaient enfin prendre un sens, il le sentait, tout s'emboîtait à la perfection dans sa tête, son passé oublié, Sephiroth, l'autre silhouette, Tifa, tout s'organisait dans un désordre affreux, un boucan épouvantable, une cacophonie qui pourtant ne sut enterré les plaintes de Zack, le fouillis dans son cerveau s'harmonisa dans la plus grande discorde alors qu'il s'enfonçait en lui, horrifié, il sentit le plaisir l'envahir, tétanisé il ressentit la joie de son double, son contentement, il se mêlait à lui, pour commencer à disparaître, bientôt sa conscience mourrait et son double prendrait sa place, définiti–
- Cloud, sauve-moi !
Une bouée de sauvetage, un phare en pleine mer, un rayon de soleil parmi les nuages. Cloud entendit cet appel et émergea des tréfonds de son âme, bouscula son double pour reprendre les commandes.
Il resta un instant immobile, complètement figé. Puis, lentement, il se retira du corps évanoui Zack et se laissa retomber à côté. Il n'avait pas encore joui, mais c'était décidément le dernier de ses soucis. De plus, son érection commençait à se détendre d'elle-même, le choc de retrouver son corps étant assez grand pour lui enlever tout désir.
Cloud rassembla tout le courage qui lui restait et se releva. Après s'être habillé, il se força à regarder son petit ami – enfin, ex-petit ami – pour voir les dégâts qu'il avait causés. Retenant un vomissement, il se déplaça vers la petite toilette et, sans rencontrer son regard, prit une serviette qu'il humidifia. De retour dans la chambre, il entreprit de nettoyer sa victime de fond en comble et pansa les blessures qui le nécessitait. Il put constater sa propre cruauté et c'est les mains tremblantes qu'il réussit sa besogne.
Sans plus réfléchir, il installa la couette par-dessus son amour et se pencha au-dessus de lui. Il songea pendant une seconde à déposer un baiser sur son front, mais se renfrogna au dernier moment. Il n'avait plus le droit de le toucher. Il avait tenté l'impossible en se liant avec lui et avait évidemment échoué. Il était le seul coupable de cette tragédie qu'il aurait pourtant pu éviter.
Le visage de Zack, paisible, contrastait avec la peur qu'il avait montrée plus tôt. Cloud se dit à cet instant que le mieux pour lui était encore qu'il disparaisse complètement de sa vie. Le plus jeune serait triste, il le savait, mais après un moment, il trouverait quelqu'un d'autre et referait sa vie. Cloud ne pouvait rien lui apporter, et même s'il était conscient qu'il était le pire des salauds en le laissant, il ne pouvait rien faire d'autre. Rester avec lui – s'il voulait encore de lui – serait tout aussi affreux, sans compter qu'il pouvait rechuter à tous moments.
C'est pourquoi il se releva et se retourna, sans un seul adieu. Il referma sans faire le moindre bruit la porte et marcha d'un pas décidé dans les couloirs. Il connaissait parfaitement sa destination.
Il toqua à une porte, qu'on ouvrit quelques instants plus tard. Une silhouette se dévoila et le laissa entrer, ce qu'il fit sans se faire prier. Le silence perdura avant que l'autre lui dise, au creux de l'oreille :
- Je savais que tu me reviendrais, mon adorable Cloud.
Il put entendre distinctement le rire de son double résonner dans sa tête.
