Auteur : Jennifer Carter

Traducteur : Severus Snape

Correctrice : Agatha Brume

Disclaimer : Les personnages et l'histoire appartiennent à leurs créateurs respectifs. En revanche, la traduction est à moi.

Résumé : Parfois il n'est pas utile de partir dans un autre monde pour vivre la plus belle des aventures...

Warning : Rated M. Certaines situations décrites (viol, enfant battu...) et l'emploi de termes crus sont de nature à heurter la sensibilité de certaines personnes.

NdT : Bonjour,

Actuellement en vacances, j'en profite pour ne rien faire ou presque. Je me suis donc finalement dit que je pourrais vous donner un petit quelque chose à vous mettre sous la dent.

Profitez-en bien.

Bonne lecture à tous.


Guérison

(Plusieurs mois plus tard)

"Mon POV"

Après plusieurs mois, ils me laissèrent finalement sortir de Cheyenne Moutain. Bien que l'on m'eu retirée tous les plâtres, Papa me porta dehors le jour où nous partîmes. Ils avaient préparé une chambre dans chacune de leur maison pour moi. Daniel conduisait avec Teal'c à ses côtés pendant que maman, papa et moi nous assîmes sur la banquette arrière. C'était l'heure de déjeuner et Daniel suggéra McDonalds.

Je connaissais McDonalds mais je n'y étais jamais allée. Leurs enfants se moquaient de moi par ce qu'ils y mangeaient et pas moi. Je me détendis en entrant dans le restaurant sur le dos de papa. Les gens me fixèrent. Je suppose que c'était parce que j'étais sur son dos.

Papa me commanda un happy meal avec un cheeseburger. Il s'amusa avec le jouet. Après avoir mangé de la farine d'avoine matin, midi et soir pendant des années, j'étais anxieuse. Ils vérifiaient attentivement que je mange bien tout.

Après mangé, ils m'emmenèrent à la galerie marchande. Ils voulaient que je choisisse quelques jouets pour la maison. Ma maison. De toute façon, après ce repas, je commençais à m'endormir. Même si je mangeais régulièrement à la base, je m'endormais toujours après. J'étais au chaud et confortable dans les bras de maman. Je m'allongeais donc sur le siège et mis ma tête sur ses genoux. Papa mit mes jambes sur les siens. J'étais dans cet état, entre la veille et le sommeil.

J'entendis Oncle Danny dire : "Nous sommes arrivés."

Papa rit sous cape. "Emmène-nous à la maison de Sam, Daniel. Elle dort. Nous ferons ça plus tard."

"Ok."

La dernière chose dont je me souviens fut papa me portant à l'intérieur et m'installant dans le lit. Je pense que Daniel et Teal'c restèrent un moment mais ils étaient partis quand je me réveillai. Maman et papa étaient dans le canapé en train de se câliner quand je descendis en boitillant. Ce n'est pas si facile quand une jambe n'est pas assez forte pour vous porter.

"Salut," dis-je, endormi. C'était encore une phrase que j'avais emprunté à papa.

"Salut mon ange. Viens ici," dit maman.

Je me pelotonnais sur le canapé entre eux et maman m'entoura de ses bras.

"Comment as-tu dormi ?" me demanda-t-elle.

"Bien je crois. Quelle heure est-il ?"

"3h00," dit papa.

"Pourquoi m'avez-vous laissé dormir si longtemps ?"

"Tu en avais besoin. Plus tu dors, plus tu deviens forte," dit-il.

"Ouais, ouais, ouais. J'ai juste l'impression de dormir tout le temps."

"Nan, tu es juste fatiguée à cause des médicaments et des exercices que te fait faire Janet," dit-il.

"Je sais."

"Hé devine quoi ?" demanda maman.

"Quoi ?"

"Ton père a décidé que nous allions faire un barbecue le 4 et Daniel et Teal'c vont tirer un feu d'artifices. Une sorte de 'Bienvenue à la maison' pour toi."

Je m'assis et maman me laissa faire. Je ne dis rien. Je pense qu'ils comprirent que quelque chose allait se passer. Peut être s'attendaient-ils à ce que je sois excitée ? Probablement. Je sais pas.

"Chérie, qu'est-ce qui ne va pas ?" demanda papa en mettant ses bras autour de moi. Je reposais ma tête sur son épaule et jouais avec la ficelle de mon short.

"Je n'ai jamais vu de feu d'artifice. Ils me gardaient toujours enfermée au sous-sol," murmurais-je.

"Et bien, ça n'arrivera plus jamais, mon soleil."

"Je sais, mais j'aimerais pouvoir tout oublier."

"Chérie, ça pourrait t'aider d'en parler…"

"Nan. Ca n'arrivera pas," dis-je en me levant.

"Ma puce…"

"S'il te plait papa. Je veux juste oublier," suppliais-je.

Il m'attrapa gentiment par les hanches et me ramena sur le canapé.

"Nous t'aiderons. Je te le promets."

Ils avaient déjà décidé que je passerais une semaine chez maman et une chez papa. Quand j'étais chez papa, maman restait avec nous. Quand j'étais chez maman, papa restait avec nous. De cette façon, nous étions toujours ensemble et personne ne découvrait la vérité sur eux deux. J'étais enfin en sécurité et commençait à trouver le bonheur. J'avais enfin trouvé une maison… enfin deux, mais pour moi, elles n'étaient qu'une.

Quand maman et papa étaient en mission, je vivais chez Janet et Cassie. Après avoir passé dix ans seule et apeurée, j'avais une famille et des amies. Mais plus que tout, le plus important… j'étais en sécurité.

Puis je faillis de nouveau tout perdre…

------------------------------

(4 juillet)

C'était le 4 juillet et SG-1 était de repos pour la semaine. Ils étaient donc tous là. Janet et le Général Hammond étaient là également. Nous allions nous amuser. Je n'avais jamais vu de feu d'artifice. Papa avait préparé quelque chose de grand pour mon premier 4 juillet avec eux… avec ma famille.

Nous avions fini de manger. Daniel et Teal'c se préparaient à tirer le feu d'artifice. Je jouais avec le chien de Cassie. Janet l'avait amené car Cassie passait ses vacances avec des amies.

"Jessie, arrête de courir après ce satané chien et viens voir," hurla papa par dessus la musique. Tush de ZZ Top passait sur la chaîne.

J'aimais le rock. Il aimait le classique et le jazz. Nous aimions tous deux ZZ Top. Je courus vers lui et il me jeta, gloussante, sur son épaule. Il s'assit sur une couverture et me mit sur ses genoux. Il m'embrassa sur le côté de la tête et fit signe à maman de venir avec nous. Elle s'assit près de nous et se pencha pour m'embrasser sur la joue.

Teal'c envoya la première fusée et je fus en admiration. Je n'avais jamais rien vu d'aussi beau. Je me penchais en avant et restais là, bouche ouverte. Maman poussa papa du coude et hocha la tête dans ma direction. Il sourit, mit sa main sous mon menton et me ferma la bouche. M'entourant de ses bras, il se pelotonna contre moi et dit : "Alors, t'en penses quoi ?"

Je souris et m'appuyais contre lui. "C'est la plus belle chose que j'ai jamais vu."

"Et bien, je peux penser à une… non… deux choses qui sont bienbien plus belle," dit papa.

"Quoi ?" demandais-je en ne quittant pas des yeux le feu d'artifice.

Comment quelque chose peut-il être plus jolie que ça ?

"Toi et ta mère," murmura-t-il en m'embrassant l'arrière de la tête. Je gloussais et il dit : "Dis donc, tu connais les règles. Pas de gloussements." Je gloussais encore et il me chatouilla.

"Papa, arrête !" me plaignis-je mais ils savaient que ça ne me dérangeait pas tant que ça.

La sonnette retentit.

"Daniel, tu peux aller ouvrir ?" demanda maman.

"Bien sûr."

Papa sourit et mit ses bras autour de la taille de maman. Elle se laissa aller à son étreinte. Je souris intérieurement.

Daniel revint. "Euh… Jack ? Ce type dit qu'il connaît Jessie."

"Debout mon cœur," dit papa.

Je me levais et me tournais pendant que maman et papa se levaient à leur tour. Je me figeais. C'était lui. Il m'avait retrouvée.

Bordel. Je savais que ça arriverait. J'ai essayé de leur dire.

"Te voilà. Ca fait des mois que nous te cherchons. Ta mère est malade d'inquiétude."

Je m'éloignais à reculons de lui et de papa. "Non, non, non, non, non."

Papa attrapa mon bras et me cacha derrière lui. Il me tint fermement jusqu'à ce que je passe mes bras autour de sa taille et posait ma tête contre son dos en tremblant violemment. Tout ce qu'il dit fut : "Jessie ?"

"C'est lui," murmurais-je. Maman s'avança et mit ses bras autour de moi par derrière. Elle posa sa tête sur la mienne.

Ils n'avaient pas besoin de demander 'qui'. Ils savaient tous exactement de qui je parlais.

(Va à l'intérieur. Dis à Janet d'appeler la police.) – Papa

(J'ai peur, maman.) Je savais qu'ils pouvaient sentir la peur dans mes pensées.

(Tu es en sécurité. Je ne le laisserais pas te faire encore du mal.) – Maman

(Promis ?)

(Nous te le promettons. Maintenant, rentre et dis à Janet d'appeler la police.) – Papa

(Ok)

Maman avait entendu la conversation donc elle me laissa partir. J'eus un frisson en passant à côté de lui. Il essaya de m'attraper mais je disparus dans la maison.

------------------------------

"POV de Jack"

"Bordel ! C'était quoi ça ?" cria-t-il.

Je m'approchai de lui. "Asseyez-vous Mr. Evans. La police arrive."

"Quoi ? Qui êtes-vous et comment connaissez-vous mon nom ?" demanda-t-il en reculant. Il se heurta à Teal'c qui lui saisit le bras d'une prise vicieuse. Il leva les yeux vers Teal'c. Ce denier lui sourit et le força à s'asseoir.

"J'ai promis à Jessie que je tuerai l'homme qui l'avait battue et violée," dis-je, en avançant lentement.

"Je ne sais pas de quoi vous parler," insista-t-il en luttant contre Teal'c.

"Joue pas les idiots, connard. Jessie nous a tout racontés," dis-je en frappant l'homme. La Général Hammond et Sam m'attrapèrent chacun un bras.

"Jack !", s'exclama-t-elle.

"Qui êtes-vous ?" répéta-t-il en crachant du sang.

"Colonel Jack O'Neill, US Air Force, Deux l. Je suis son père."

Il rit amèrement. "Je ne penses pas. J'ai un papier qui certifie que je suis son père. " Le courage lui revenait car George et Sam me tenaient.

"Vous avez peut être un papier, mais j'ai quelque chose de plus important. Quelque chose qui prévaudra devant n'importe quel tribunal."

"Vraiment ? Et qu'est-ce que c'est ?"

"Le sang," dis-je en souriant diaboliquement à l'homme. "Je suis son père biologique."

Ils me lâchèrent.

"Ce n'est pas possible ! Ils ont vérifié. Elle n'a aucune famille !"

"Faux," dit Sam en s'avançant et en prenant ma main. "Il est son père." Je serrais sa main, mélangeant mes doigts aux siens. "Et je suis sa mère."

Nous entendions les sirènes qui se rapprochaient. Puis elles s'arrêtèrent devant la maison.

"Danny, va faire entrer les gentils policiers, s'il te plait," demandais-je poliment.

"Bien sûr, Jack."

Il alla à la porte et les fit entrer. Ils le suivirent à travers la maison vers le jardin de derrière.

"Y a-t-il un problème ici ?" demanda l'un des policiers.

Je le reconnus immédiatement. Pete Shanahan. Un abruti fini. Ce flic avait demandé à Sam de sortir avec lui de nombreuses fois mais il ne savait rien de Jessie ou moi. En plus, ce n'était les affaires de personne à part nous.

Pete inclina la tête vers Sam et sourit.

"Sam, c'est bon de te voir. Que se passe-t-il ?" Puis il vit nos doigts entrelacés et ses yeux s'agrandirent.

Je pris la parole. "Détective Shanahan. Nous, Sam et moi, voulons que cet homme soit arrêté."

"Pour quelle raison ?" demanda Pete en essayant de passer outre la vue de nos mains jointes. Merde, si ça n'avait pas été aussi sérieux, j'aurai apprécié ça.

Sam s'éclaircit la gorge et dit: "Pour viol."

"Qui a-t-il… ?"

"Notre fille, Jessie," répondit-elle.

"Votre… quoi ?" demanda-t-il, incrédule.

"Fille. Celle de Jack et moi."

"Hein ?"

Vraiment brillant n'est-ce pas ?

"Comment avez-vous… ?"

"Pete ?" demanda son partenaire.

Pete secoua la tête, essayant de s'éclaircir les idées. "Avez-vous des preuves qu'il l'est violé ?"

Je commençais à m'énerver. "Son journal."

Je me tournais vers Fraiser. "Allez dire à Jessie que nous avons besoin de son journal."

Nous restâmes là en silence pendant qu'elle courait vers la maison. Puis Pete demanda : "Quel âge a la victime du viol ?" Il avait l'air… je sais pas… énervé peut être.

A l'entendre dit comme ça, Sam fondit en larmes. Pete fit un pas vers elle au moment où je l'attirais dans mes bras. Pete me jeta un regard furieux.

"Viens là, chérie," dis-je en la prenant contre moi et en cachant ma tête dans son cou. Je la tins quelques minutes.

"Papa ?"

Nous levâmes tous les yeux pour voir Janet descendre les marches avec Jessie en la tenant par la main… elle avait son journal dans l'autre main. Elle tremblait de peur, essayant de rester aussi loin que possible de lui.

"Viens là, ma puce," dis-je en lui tendant la main. Je n'avais pas lâché Sam.

Le Général Hammond nous regardait bizarrement. Mais nous n'étions pas en service et j'essayais de mettre les choses au clair… pas seulement pour Pete mais pour tout le monde. Sam était à moi. Jessie était à moi. Je ferais tout ce qu'il faudrait pour les protéger.

Elle lâcha la main de Janet et courut vers nous, en larmes. Nous la prîmes dans nos bras, sanglotante. Je lui pris le journal t le tendit à Pete.

"Tout est là-dedans."

"Quel âge a la victime ?" répéta-t-il.

"Elle a un nom lieutenant. Elle s'appelle Jessie O'Neill. Elle a dix ans."

Je pouvais être énervé si je voulais. Je suis son père... c'est permis.

"Colonel, avez-vous des preuves physiques que cet homme l'ai violée ?" dit-il d'une voix de petit futé.

Janet s'avança avant que je puisse faire ou dire quoi que ce soit.

"J'en ai."

"Et vous êtes ?" demanda-t-il faussement (???).

"Dr. Janet Fraiser. J'ai examiné Jessie il y a cinq mois et c'est là que j'ai découvert qu'elle avait été violée. Le rapport a été transmis à la police de Colorado Springs. Les résultats sont à mon laboratoire."

Jessie releva la tête d'un coup en entendant ça.

Oh oh. C'est pas bon signe.

Elle s'écarta de nous.

"Quoi ?" demanda-t-elle en s'éloignant à reculons. "Comment… comment avez-vous pu ? Vous ne m'avez pas dit ça."

Elle courut dans les escaliers en pleurant puis entra dans la maison.

Pete sourit d'un air satisfait. "Typique."

Je devais vraiment me retenir pour ne pas lui coller une raclée.

"J'ai besoin de ces résultats pour une analyse ADN."

Oh oui… j'allais lui mettre une peignée juste parce qu'il était là.

Une fois encore, je suis son père. J'ai le droit d'être en colère.

"Vous les aurez demain matin," répondis-je.

Pete fit signe à son partenaire qui passa les menottes à Mr. Evans, lui lut ses droits et l'emmena vers la voiture. Pete se tourna vers Sam.

"Sam, j'aimerais te parler… seul."

Il me regarda et sourit malicieusement. J'eus le sentiment qu'il allait recevoir un choc.

Je regardais Sam qui roula des yeux. Elle se pencha en avant et m'embrassa sur la joue.

"Ca va aller," murmura-t-elle. "Va t'occuper de notre fille. J'arrive dans une minute."

"Tu es sûre de ça ?"

"Ouais. Il est temps que je le remette à sa place."

A la surprise générale, je me penchais et pressais mes lèvres contre les siennes. Je n'avais jamais fait ça devant quelqu'un excepté Jessie. Elle ouvrit les lèvres et j'approfondis le baiser. Nous restâmes ainsi plusieurs secondes. Nous grognâmes tous deux quand nos lèvres se séparèrent. J'appuyais mon front contre le sien. Nos respirations étaient lourdes. Après quelques secondes, je la laissais partir.

"Je t'aime," murmurais-je.

"Je t'aime aussi," répondit-elle sur le ton.

Puis je me tournais et jetais un regard suffisant à Pete avant de rentrer dans la maison.

J'aimerais être une souris pour voir la suite.

------------------------------

"POV de Sam"

Pete grogna et se tourna vers moi. "Pourquoi ?"

"Pourquoi quoi ?" demandais-je en essayant de m'éclaircir les idées. Jack m'avait complètement embrouillé l'esprit avec ce court mais intense baiser. Waouh, la vache. Je secouais la tête pour essayer de revenir sur terre.

"Pourquoi lui ?" dit-il avec colère.

"Pourquoi pas ?" dis-je. "Nous avons une fille ensemble. En outre, ma relation avec Jack O'Neill ne te regarde pas."

"Sam, ça fait six mois que j'essaies de sortir avec toi. Tu ne réponds pas au téléphone. Tu n'ouvres pas quand je sonne. Et pas une fois… pas une, n'as-tu mentionné avoir une fille… une fille avec lui. Ton frère n'en a jamais parlé non plus," dit-il avec dégoût.

"Parce que cela ne vous regarde pas, lieutenant."

"Mais…" commença Pete.

"Sam !" Daniel arriva en courant dans les escaliers. "Sam, viens vite ! Janet, toi aussi."

"Quel est le problème Daniel ?" demandais-je.

"C'est Jessie. Elle est blessée."

Je passais en courant devant Pete. Il attrapa mon bras.

"Nous n'en avons pas fini," grogna-t-il.

Le faisant lâcher prise, je le giflais violement.

"Si, lieutenant, nous en avons terminé." Me tournant vers Daniel, je lui demandais : "Daniel, peux-tu lui montrer la sortie s'il te plait ?"

Je courus dans la maison, la panique grandissant en moi. Ils étaient rassemblés dans la salle de bain. Je vis Jessie couchée sur le sol dans les bras de Jack avec seulement une serviette autour d'elle. Son corps était rouge vif, presque boursouflé. Il la tenait aussi serré que possible pendant qu'elle sanglotait incontrôlablement.

Je tombais sur les genoux à côté d'eux et posais ma main sur l'épaule de Jack.

"Mon Dieu Jack ! Que s'est-il passé ?"

"Quand je suis entré pour la voir, elle était sous la douche… seulement de l'eau chaude. Elle répétait sans cesse 'Je n'arrive pas à être propre. Je ne peux pas le faire partir.' J'ai coupé l'eau chaude et mis en route l'eau froide aussi vite que j'ai pu. Mais…" Les mots lui manquèrent alors qu'il me lançait un regard désespéré.

Janet s'avança. "Tu as fait ce qu'il fallait, Jack." Elle se tourna vers moi. "As-tu de la crème pour les brûlures ?" Je lui montrais simplement l'armoire à pharmacie.

Janet s'agenouilla à côté d'elle, essuyant gentiment ce qu'elle pouvait avec la serviette.

"Jack, lève là," demanda-t-elle.

Il la déplaça aussi doucement que possible. Elle pleurnicha de douleur et Jack réprima un sanglot.

"Chut, ma puce," dit-il en l'embrassant sur le front. "Je sais que ça fait mal." Il fit signe à Janet. "Faites ce que vous avez à faire."

Jack la tint tendrement mais fermement pendant que j'aidais Janet à mettre la crème. Elle arrêta de sangloter. Quand nous eûmes finis, il la souleva et l'emmena dans sa chambre. Il la mit le dos à Janet et mis des vêtements secs à Jessie. Elle ne fit pas un bruit alors que ça devait lui faire un mal de chien.

Nous l'allongeâmes sur le lit et nous assemblèrent autour. Le téléphone sonna. Le Général Hammond alla décrocher. Elle ne bougea même pas.

"Elle pourrait entrer en choc, Jack," dis-je.

Il s'assit sur le lit et posa sa main sur son front. "Allez, chérie. Reviens avec nous. Reviens avec moi. S'il te plait."

Le Général Hammond revint. "C'était le lieutenant Shanahan. Cet… homme… est mort. Il a essayé de s'échapper et ils ont été forcés de lui tirer dessus (de l'abattre ???)."

"Parfait. J'aurais seulement aimé pouvoir le faire moi-même," dit Jack amèrement. "Tu as entendu ça ma puce ? Il est mort. Il ne peut plus te faire de mal." Toujours pas de réponse, juste des tremblements. "S'il te plait, chérie. Reviens-moi,"supplia-t-il d'une voix brisée.

"Jack, je crois qu'elle fait un choc," dis-je en essayant de combattre la peur qui menaçait de me submerger.

------------------------------

"Mon POV"

"Non," murmurais-je, les faisant tous sursauter. Janet s'approcha du lit pour jeter un œil à ma peau rouge. Après l'avoir laissé faire, je parlais. Ils voulaient tout savoir… et bien, j'allais leur dire. S'ils ne voulaient plus de moi… à ce moment là, je ne m'en préoccupais pas.

"C'était le jour où j'ai eu sept ans. C'est là que c'est arrivé la première fois. J'avais des ennuis deux semaines auparavant et ils m'avaient envoyé à la cave sans rien à manger. Mais c'était comme d'habitude de toute façon."

"Jessie…" commença papa mais je lui coupais la parole.

"Je me téléportais dans la cuisine. Ils avaient cadenassé le frigo mais je savais ce qu'il y avait dedans. Je téléportais du fromage dans ma main et j'entendis quelqu'un derrière moi. Je savais que j'étais prise."

Je fis une pause.

"Les premières semaines ce n'était que des petites choses… des aliments, des jouets pour leurs enfants, de la bière, des trucs comme ça. Je ne pensais pas faire de mal à quiconque. Je voulais juste être désirée… je voulais faire partie de la famille. Ils commencèrent à mieux me traiter. Ils me donnèrent de la vraie nourriture au lieu de restes. J'avais finalement l'impression d'être acceptée."

Je pris une profonde inspiration. "Puis les choses changèrent. Il voulait plus… des choses plus grosses. Des bijoux pour elle, de plus gros jouets pour eux, un portefeuille plein d'argent. Je lui ai dit 'non'."

Je m'assis dans le lit. "Cette nuit là… quand je lui ai dit que je ne le ferais plus… il se soûla."

Je regardais papa. Ces yeux étaient fermés. Des larmes coulaient silencieusement sur son visage, ses poings étaient fortement serrés. Quand je m'arrêtais de parler, il ouvrit les yeux. LA douleur dans son regard était si intense que je dû détourné les yeux. Je regardais maman et vis la même expression. Nul part où regarder, alors je baissais les yeux sur la couverture.

"Il vint dans ma chambre cette nuit là. Il me tendit une feuille de papier avec quatre mots : mains, ceinture, fouet ou torsion (wrench). Il me dit de choisir."

Je ris amèrement. "Je pensais que choisir les mains étaient le plus sûr… Dieu !" criais-je.

Mon cri fit sursauter tout le monde et papa se rapprocha un peu, essayant de m'empêcher de continuer de parler. Maman mit sa main sur son épaule et, quand il la regarda, elle secoua la tête. "Laisse-la parler."

Il attrapa sa main dans la sienne et embrassa sa paume. Il posa sa joue dans la main de maman pendant que je continuais.

"Il retira mes vêtements… puis il mit… il mit… il mit ses…" Je m'arrêtai et pris une inspiration profonde et tremblante. Papa laissa couler ses larmes silencieusement sur son visage.

"Après ça, je ne choisis plus jamais ses mains. Après cette nuit, je choisis toujours la torsion. A chaque fois. Pendant trois putains d'années, j'ai choisi la torsion. Mais, une fois de temps en temps… il disait que c'était pour s'assurer que je savais où était ma place."

Papa tendit sa main vers moi. "Jessie…" commença-t-il.

"Non," murmurais-je en me reculant. "Ne pose pas ta putain de main sur moi." J'avais un vocabulaire qui m'était propre… un mauvais vocabulaire pour une enfant de dix ans. Il laissa tomber sa main. Je ne pouvais supporter de voir la douleur dans ses yeux. Sortant du lit, je marchais vers la fenêtre.

"Cette dernière nuit fut la pire. Je refusais de voler encore quelque chose pour eux. Il ne me donna pas le choix. Il utilisa les quatre… les quatre."

Maman commença à pleurer. Je ne sais pas si c'était mes mots. Peut être ma voix… vide. Aucune émotion. Peut être les deux. J'avais le choix entre une voix vide ou hystérique. La dernière solution était la pire.

"La dernière chose dont je me souviens c'est elle rentrant dans ma chambre et me disant que c'était ma faute. Tout était de ma faute car je lui avais désobéi. Je sus que je devais partir. Je sus que si je ne le faisais pas, il me tuerai."

"J'attendis quelques jours. Je pensais pouvoir reprendre des forces et me téléporter ailleurs. Quand ce fut possible, je le fis." Je regardais à travers la fenêtre. "Je rêvais de la Porte des Etoiles depuis trois semaines. Je savais que ça arriverait. Je savais que je serais en sécurité là-bas. Je savais exactement où j'allais. Je savais comment y aller. Je ne savais pas combien de temps je pourrais tenir, mais je savais que je n'allais pas mourir dans cette maison."

"Je m'évanouis en arrivant." J'observais leur reflet pendant que maman et papa s'approchaient de moi. "Quand vous m'avez trouvée, j'étais là depuis deux jours. Quand j'étais réveillée, je voulais mourir. Quand je dormais, je voulais dormir. C'est tut ce que je voulais… mourir."

Je m'arrêtais de parler et me tournais pour leur faire face.

Le Général Hammond s'avança. "Pourquoi choisissais-tu la torsion ?" demanda-t-il.

"Quoi ?" répondis-je en ne quittant jamais papa et maman des yeux.

"Tu as dit que tu choisissais toujours la torsion. Pourquoi ?"

Je haussais les épaules. " Pourquoi pas ?"

"Que pensais-tu à chaque fois que tu choisissais la torsion ?"

"Aucune importance."

"Je demandais juste."

"A chaque fois que je choisissais la torsion, je pensais 'qu'il aille se faire foutre'. Il ne pouvait rien me faire de pire alors qu'il aille se faire foutre."

Papa et maman arrivèrent à ma hauteur. "Ce n'était pas ta faute Jessie," dit papa.

J'acquiesçais. "Je sais Jack," dis-je calmement. Ils notèrent que je ne l'avais pas appelé papa. Il le remarqua et recula, une grande douleur dans le regard.

Ils tendirent leurs mains vers moi. "Chérie, ce n'était pas ta faute," dit maman.

Je me reculais. "Je le sais, Sam." J'avais cessé de les appeler 'papa' et 'maman'. Technique de distanciation par les mots.

Ils mirent chacun une main sur chacune de mes épaules. "Ma puce, ce n'était pas ta faute," dit papa.

Je les envoyais balader et reculais encore. "Non. Ne faites pas ça."

Simultanément, ils dirent : "Ce n'était pas ta faute."

Je levais mes mains et me reculais contre le mur, les larmes coulant de nouveau.

"Ne vous foutez pas de moi. S'il te plait, maman… papa. Pas vous deux… s'il vous plait," les suppliais-je.

Papa avança et dit : "Ce n'était pas ta faute, mon cœur."

Je tombais sur les genoux et mis ma tête dans mes mains. Le barrage céda.

"Oh, mon Dieu ! Pourquoi m'a-t-il fait ça ? Qu'avais-je fait de mal ?" criais-je.

Je commençais à me frapper la tête contre le mur, essayant d'en finir avec ses souvenirs. Maman et papa me prirent dans leur bras et murmurèrent : "Tu es en sécurité. Ca va aller."

"Qu'avais-je fait ?" criais-je encore.

"Tu n'as rien fait, ma puce. Ce n'était pas toi," dit papa.

"Si. C'était ma faute. Si je n'avais pas ces foutus pouvoirs, rien de tout ça ne serait arrivé," pleurais-je.

"Si Thor ne t'avait pas enlevé à nous, rien de tout ça ne serait arrivé," dit maman à travers ses sanglots en me tenant aussi serré qu'elle pouvait sans me faire mal.

Je me crispais. "Oh merde, pas encore…" criais-je avant…

"It's easier to run (C'est plus facile de fuir)
Replacing this pain with something numb (De remplacer la douleur par quelque chose d'insipide)
It's so much easier to go (Il est tellement plus facile de partir)
Than face all this pain here all alone (Plutôt que de faire face à toute cette douleur seule)
Something has been taken from deep inside of me (Quelque chose a été pris au plus profound de moi)
A secret I've kept locked away no one can ever see (Un secret que j'avais gardé enfermé pour que personne ne le voit)
Wounds so deep they never show they never go away (Des blessures si profondes qu'on ne les voit pas, qu'elles ne partent jamais)
Like moving pictures in my head for years and years they've played (Comme bougé des images dans ma tête pendant des années et des années ils ont)
If I could change I would take back the pain I would (Si je pouvais changer, je retirerais la douleur, je)
Retrace every wrong move that I made I would (Corrigerais chaque mauvais movement que j'ai fait)
If I could stand up and take the blame I would (Si je pouvais me lever et prendre le blame je le ferias)
I would take all my shame to the grave (J'emmènerais toute ma honte dans la tombe)
It's easier to run (C'est plus facile de fuir)
Replacing this pain with something numb (De remplacer la douleur par quelque chose d'insipide)
It's so much easier to go (Il est tellement plus facile de partir)
Than face all this pain here all alone (Plutôt que de faire face à toute cette douleur seule)
Sometimes I remember the darkness of my past (Parfois je me souviens des ombres de mon passé)
Bringing back these memories I wish I didn't have (Ramené ses souvenirs que j'aimerais n'avoir pas eu)
Sometimes I think of letting go and never looking back (Parfois j'aimerais laissé filer et ne jamais regarder en arrière)
And never moving forward so there'd never be a past (Et ne jamais advancer pour ne pas avoir de passé)
If I could change I would take back the pain I would (Si je pouvais changer, je retirerais la douleur, je)
Retrace every wrong move that I made I would (Corrigerais chaque mauvais movement que j'ai fait)
If I could stand up and take the blame I would (Si je pouvais me lever et prendre le blame je le ferais)
I would take all my shame to the grave (J'emmènerais toute ma honte dans la tombe)
Just washing it aside (Simplement la nettoyer)
All of the helplessness inside (Tout l'abandon intérieur)
Pretending I don't feel misplaced (Prétendant que je suis à ma place)
It's so much simpler than change (C'est tellementplus simple que de changer)
It's easier to run (C'est plus facile de fuir)
Replacing this pain with something numb (De remplacer la douleur par quelque chose d'insipide)
It's so much easier to go (Il est tellement plus facile de partir)
Than face all this pain here all alone (Plutôt que de faire face à toute cette douleur seule)"
(1)

Je finis la chanson sous les regards choqués de tous. Je sanglotais violement.

"Bordel ! Pourquoi ?" hurlais-je.

Ils me bercèrent et me cajolèrent pendant ce qui sembla être des heures. Quand je fus finalement presque complètement calmée et que les sanglots agitant mon corps n'étaient plus que des frissons, papa me souleva et m'allongea sur le lit.

"Je te protègerais, ma puce… je te le promets," murmura papa en m'embrassant sur le front.

"Nous te le promettons," dit maman.

Janet fit signe à tout le monde de sortir, mais papa et maman refusèrent.

"Nan," dirent-ils.

"Ok… ok," dit Janet alors qu'elle pressait les autres de sortir de la chambre. Elle attendit que papa et maman soient prêts à se mettre au lit avant de partir. Elle ne voulait pas me laisser seule juste au cas où je me réveillerais. La dernière chose qu'elle vit en fermant la porte fut papa m'étant ses bras autour de moi et maman nous entourant tous deux.

------------------------------

"POV de Janet"

Le général Hammond s'immobilisa en bas des marches.

"Que se passe-t-il maintenant, Dr. Fraiser ?"

"Maintenant ? Elle commence à guérir."

"C'était quoi cette chanson ?" demanda-t-il.

"Je ne sais pas," répondis-je.

Daniel prit la parole. "Elle a dit que quelque fois un souvenir faisait surgir une chanson et qu'elle ne pouvait pas l'arrêter."

"Et ben," fut tout ce que je pus dire.

Nous restâmes tous les quatre là à parler des évènements de la soirée pendant de nombreuses minutes avant que je ne dise : "Je vais jeter un coup d'œil sur elle encore une fois avant de partir."

"Nous vous attendons là, docteur," dit le Général.

Je remontais l'escalier et ouvris la porte. Je e reculais vers le haut des marches.

"Général." Je leur fis signe de monter.

Pensant que quelque chose n'allait pas, ils arrivèrent en courant. Je mis un doigt sur mes lèvres.

"Regardez," murmurais-je.

Nous regardâmes dans la chambre et, pour la première fois depuis des heures, nous sourîmes. Jessie était roulée en boule sur le côté, son petit corps tenu de façon protectrice par Sam. Jack était face à elles et les entourait de ses bras.

"Ce serait une photo parfaite pour un chantage," murmura Daniel en souriant.

Nous rîmes tous doucement, mais nous nous arrêtâmes quand Jessie s'agita, criant dans son sommeil : "Non… Pas ça ! Pas ça !"

La main de Jack caressa ses cheveux. Il l'embrassa sur le front.

"Shh… ma puce… tout va bien. Papa est là."

La main de Sam caressa son dos. "Shh… maman est là."

Après de longues minutes, elle se calma finalement. Ils continuèrent de la caresser doucement jusqu'à ce qu'elle redevienne silencieuse. Puis la main de Jack trouva automatiquement celle de Sam et leurs doigts s'entremêlèrent.

"Vous avez vu ça ?" dit Daniel.

Je me tournais vers le Général Hammond. "N'y a-t-il pas quelque chose que vous puissiez faire pour eux ?"

"Comme quoi ?" demanda-t-il.

Je haussais les épaules. "Je ne sais pas ! Parler au Président pour eux. Demandez-lui de leur faciliter les choses pour qu'ils soient une vraie famille. Tous les trois. Ensemble."

"Il y a beaucoup de choses à prendre en considération, Docteur. La sécurité de leur équipe tout d'abord."

Teal'c parla. "Général Hammond. Pour moi, ça ne me gène pas qu'ils soient ensemble. Après toi, n'est-il pas vrai que Jessie nous accompagnera lors de certaines missions ?"

"Oui, si je peux avoir les autorisations nécessaires, éventuellement… quoiqu'elle n'a que dix ans. Mais…"

Je lui coupais la parole." Pas de 'Mais' Général. Ces deux personnes méritent d'avoir un semblant de vie normale. Ils ont eu un enfant ensemble par tous les saints ! Pensez à cet enfant couché entre deux personnes qui l'aiment et qui donneraient leur vie pour elle... et l'un pour l'autre."

"Je sais," dit le Général en se grattant la tête. Il finit par acquiescer. "Je vais voir ce que je peux faire."


A suivre…

(1) Easier To Run – Linkin' Park