Auteur : Jennifer Carter
Traducteur : Severus Snape
Correctrice : Agatha Brume
Disclaimer : Les personnages et l'histoire appartiennent à leurs créateurs respectifs. En revanche, la traduction est à moi.
Résumé : Parfois il n'est pas utile de partir dans un autre monde pour vivre la plus belle des aventures...
Warning : Rated M. Certaines situations décrites (viol, enfant battu...) et l'emploi de termes crus sont de nature à heurter la sensibilité de certaines personnes.
NDT : Bonjour à ceux qui viennent par là et aux autres.
J'aurai pu encore une fois faire un copier/coller d'une NdT précédente mais bon, ça craint un peu si jamais vous les lisez. Ca c'est le genre du truc qu'on peut se permettre quand on est sûr que personne ne se poile en lisant votre superbe prose …
Cela faisait un petit moment que je n'avais rien mis pour cette trad' de fic alors … quelques mots.
Donc comme d'hab', Tag n'a rien bêtalecté puisque … Bravo !!! C'est encore un militaire qui gagne une tringle à rideau ©, et non pas le Captain Kirk mais Jack … elle n'accroche pas vraiment à cette histoire.
En revanche, Rumeurs …. Là.
Je disais donc, le chap' vous ai livré une nouvelle fois brute de décoffrage. Mais ne soyez pas trop durs, elle bosse pour le TO et, pour ne pas changer -lève les yeux au ciel à force de se répéter-, elle est grave à la bourre. En plus, elle a une méthode de travail… qui n'est pas la même que le mienne dirons-nous.
Il reste trois pages à faire pour le chapitre 8 et elle me corrige pratiquement la totalité du 9… la logique féminine, allez comprendre …
Sur ces belles paroles, bonne lecture et encore une fois penser à ce joli bouton violet qui n'attend pour vibrer que de se faire presser.
Big Bizz
© Pour ceux qui n'aurait pas reconnu ou qui sont trop jeunes pour avoir connu, cette phrase n'est pas de moi. Je n'ai fait qu'outrageusement l'emprunter à un Grand de l'humour, j'ai nommé M. Michel Colucci mieux connu sous le pseudonyme de Coluche.
Résurrection
"POV de Sam"
Lorsqu'elle cessa de respirer et que son cœur s'arrêta, le mien se brisa. Le trou béant qu'elle laissait ne pourra jamais guérir. Mais, en voyant le chagrin de Jack – pour la perte non d'un mais de deux enfants – je sus que je devrais être forte. L'heure n'était pas encore au deuil pour moi.
Après notre arrivée chez les Nox, Jack lutta brièvement lorsqu'ils essayèrent de lui prendre. Je sais qu'il essayait de s'accrocher à elle, de garder son corps chaud. Merde, si elle était dans mes bras, je ferais la même chose. Je réussis finalement à lui faire lâcher prise.
"Jack, regarde-moi." Je mis mes mains de chaque côté de son visage. "Regarde-moi, Jack." Je vis le désespoir dans ses yeux et il s'enfonçait rapidement. Si je le perdais cette fois, je ne le récupèrerais jamais.
"Venez avec moi," dit Lya.
"Viens, Jack," dis-je doucement en lui prenant la main. Elle prit les devants et je la suivis silencieusement en tenant fermement la main de Jack. Je le tirais gentiment et il venait de son plein gré, comme un enfant en confiance.
Mon bébé est parti. Dieu, qu'est-ce que je fais encore là ?
Je réprimais un sanglot alors que Lya nous faisait entrer dans une petite hutte. "Où est ma fille ?" demandais-je en tremblant.
"Les anciens s'en occupent."
"Vivra-t-elle ?"
Elle ne dit rien. Elle se détourna et parti, nous laissant seuls. Je me tournais vers Jack. "Jack ?" Je m'y mes mains sur son visage.
"Je l'ai laissé tomber," dit-il d'une voix pleine d'angoisse.
"Non," répondis-je doucement, mes larmes commençant à couler. Je ne pouvais pas les retenir plus longtemps.
"Si," dit-il en saisissant mon poignet. "Je lui ai dit que je la protègerais. Je l'ai abandonné." Il posa son front sur le mien. "Je l'ai abandonné." J'étais en train de le perdre. Je devais faire rapidement quelque chose.
"Si tu l'as laissé tomber, alors moi aussi," dis-je. "Je suis sa mère. Je suis censée être là pour la protéger."
Je me détournais et m'éloignais de lui. Je fixais le paysage à travers la fenêtre depuis quelques minutes lorsque je l'entendis bouger derrière moi.
"Jack, moi aussi j'ai mal… plus que tu ne peux l'imaginer. J'ai perdu une part de moi… une part de moi que je ne retrouverais jamais. Ca fait tellement mal et je ne peux rien y faire." Je me tournais vers lui et il me prit dans ses bras. Je m'autorisais à pleurer. Nous le fîmes ensemble.
"Chérie, je suis désolé. Je suis désolé," dit-il. Nous nous enlacions… debout, assis, peu importait. Nous nous enlacions. Aucun de nous ne dit un mot pendant de longues minutes. Nous nous enlacions et pleurions.
"Que faisons-nous maintenant, Jack ?" demandais-je, émotionnellement épuisée.
"Je ne sais pas. Mais j'ai promis…" Il s'arrêta et prit une inspiration tremblante. "J'ai promis à Jessie que je prendrais soin de toi… et je le ferais."
Il m'attira à lui. Nous nous embrassâmes lentement pendant plusieurs minutes. "Je t'aime, Jack." Il essuya mes larmes.
"Je t'aime aussi, Samantha."
Nous tombâmes dans le sommeil profond qu'induit un profond chagrin. Ce fut bien plus tard que nous nous réveillâmes au son de…
(Maman ? Papa ? Où êtes-vous ?)
Jack leva vivement la tête, les yeux remplis de surprise… et d'autre chose… d'espoir.
(Jessie ?) Je l'appelais avec mon esprit, sachant que Jack faisait la même chose.
(Où êtes-vous ? Je suis entourée de trolls géants ! Où suis-je ?)
L'un des Nox entra. "Venez avec moi."
Jack prit ma main et me tira dehors. Nous le suivîmes dans une autre hutte. Il ouvrit la porte et nous fit signe d'entrer. Jack me regarda et serra ma main. Nous entrâmes.
------------------------------
"Mon POV"
"Maman ! Papa !" criais-je en sautant de mon lit et en courant vers eux.
Bien que ce ne soit pas la première fois, ils eurent tous deux l'air choqués. Maman me tendit ses bras et je me jetais dedans. Elle me souleva et me serra contre elle en sanglotant, "Mon bébé. Ma petite fille chérie."
"Maman !" Je pleurais également. Elle me tint quelques minutes puis me posa. Je me tournais vers papa. Il pleurait en silence, mais il refusait de me regarder. Je m'approchais de lui. "Papa ?" dis-je, incertaine de ce qui n'allait pas… de pourquoi il ne voulait pas me regarder. "Papa, regarde-moi. Je suis là. Je vais bien."
"Je suis désolé, chéri. Je suis tellement désolé. Tout est de ma faute." Je lui touchais le bras pour essayer de l'obliger à me regarder. Il ne voulait pas.
"Non, papa. Ce n'était pas ta faute."
Il n'écoutait pas. "Je les ai laissé te tirer dessus. Si je t'avais laissé nous téléporter au SGC, ça ne serait pas arrive."
"Papa… papa… écoute-moi… s'il te plait. Ca devait arriver. C'est arrivé. Je devais mourir pour gagner quelque chose… je pense."
Il finit par poser les yeux sur moi. Ses défenses s'effondrèrent. Il me souleva de terre et me serra contre lui comme avait fait maman. Elle s'approcha de nous et papa la serra contre nous. Nous restâmes ainsi un long moment. Nous ne bougeâmes que lorsque quelqu'un s'éclaircit la gorge quelque part dans la pièce.
Je tournais la tête et vit un troll. Je me figeais dans les bras de papa. "Tout va bien, chérie. Ce sont des amis… des alliés même," dit-il.
"Ils ont l'air de trolls géants."
Cela les fit rire. Nous nous assîmes et papa me posa sur ses genoux, ni l'un ni l'autre ne me lâchant la main. Bien qu'en sécurité dans ses bras, j'eus soudain très peur. Je savais instinctivement que ces trolls m'avaient énormément aidé. Comment ? Je sais pas. Je ne pouvais que supposer. Mais je n'étais pas certaine de vouloir savoir.
"Merci," dit papa. "C'est tout ce que je peux dire." Il sanglota en m'embrassant sur le sommet du crâne.
"Jessie O'Neill," dit-elle.
J'essayais de me faire toute petite. Merde. Ca ne marchait pas. "Oui… c'est moi." Papa m'avait appris que quand rien d'autre ne fonctionnait, le sarcasme faisait généralement l'affaire.
Elle sourit gentiment. "Je suis Lya. Nous sommes les Nox. De quoi te souviens-tu ?" demanda-t-elle.
Je fermais les yeux et tremblais. J'avais soudain très… très froid. Maman enroula une couverture autour de nous trois. Aucun de nous n'était prêt à rompre tout contact physique. "C'est mieux, chérie ?"
Je frissonnais de nouveau. "Je me souviens," murmurais-je.
"De quoi te souviens-tu ?" insista Lya.
Je regardais maman avec désespoir. "Tout… je me souviens qu'on m'a tiré dessus et… je me souviens de ma mort."
La poigne de papa se resserra, devenant presque douloureuse. "Jessie…" Il ne put poursuivre.
Je me tournais pour le regarde. "C'est rien, papa," dis-je alors qu'il me serrait contre sa poitrine. Maman murmura quelque chose dans son oreille et il lui fit un sourire humide.
"Moi aussi," dit-il en l'embrassant doucement.
"Louez une chambre," marmonnais-je. Ouais, j'étais en vie… et je faisais de nouveau la maline. J'obtins un éclat de rire de chacun d'eux. Ils commencèrent à me chatouiller. Je savais qu'il essayait de me faire oublier. J'endurais la torture pendant quelques minutes quand il devint évident que je ne pouvais plus respirer.
Papa arrêta et me remit sur ses genoux. Frottant mon dos, l me tendit une gourde d'eau. J'en bus un peu.
"Désolé, chérie."
"C'est rien."
Lya s'approcha. "Tu vas devenir une alliée puissante contre les Goa'uld."
Un autre me regarda. "Connais-tu tous tes talents ?" A cette question, je me crispais de nouveau.
Maman m'attira sur ses genoux. Je secouais la tête tandis qu'elle me caressait le bras. Je les enroulais autour de son cou et enfouis ma tête sur son épaule, m'obligeant à me détendre.
"Penses-y un moment."
"Ecoutez, ce n'est pas que nous ne vous sommes pas reconnaissant ou autre…" Papa toucha ma tête, me faisant lever les yeux vers lui. "Nous vous sommes plus reconnaissants que nous ne pourrions vous le dire." Je souris tandis qu'il me baisait le front. "Mais laissez-la tranquille, ok. Laissez-la se reposer."
Je reposais la tête et commençais à somnoler. Mourir était vraiment épuisant. Je ne voulais pas admettre ce que je savais déjà. Je savais quels pouvoirs j'avais. Je savais quels pouvoirs j'aurai. Je savais comment les faire surgir. Je ne voulais simplement pas y penser maintenant. J'étais en sécurité et au chaud dans les bras de maman. J'étais là où je voulais être.
Maman parla. "Pouvez-vous nous laisser quelques instants seuls ?"
"Bien sûr. Je m'excuse," dit-il et il partit.
Papa se leva et ferma la porte. Se tournant vers nous, il sourit. "Sam, regarde," dit-il en tendant le doigt vers moi.
Elle me bougea de façon à voir mon visage. "Mono ange," murmura-t-elle. J'étais dans cet état entre le sommeil et la veille. Je savais que j'avais un sourire benoit sur le visage. Pour la première fois en deux jours, j'avais l'air paisible. J'étais à la maison… de nouveau. Du moins aussi proche que je pouvais y être… pour l'instant.
------------------------------
"POV de Sam"
"Donne," dit Jack en tendant les bras pour la prendre mais je n'étais pas prête à la lâcher. Je venais de la retrouver et je n'allais pas la laisser partir… pas maintenant. Je secouais la tête et la tint plus serré.
"Pas encore. Je l'ai."
Il comprit. "Viens mon cœur," dit-il en m'aidant à me lever avec Jessie dans les bras. Il nous emmena jusqu'à un lit dans un coin de la pièce. Il m'aida à garder mon équilibre pendant que je posais Jessie. Je me couchais derrière son petit corps et Jack fit de même avec moi.
"Je t'aime, Sam," murmura-t-il.
"Je t'aime, Jack," répondis-je.
Ensemble, nous dîmes, "Je t'aime, Jessie."
"Je vous aime aussi," murmura-t-elle, endormie.
La dernière chose dont je me souvins avant de m'endormir était ce sentiment de chaleur émanant de part et d'autre de mon corps. J'étais dans les bras de l'homme que j'aimais pendant que je tenais notre enfant.
------------------------------
"Mon POV"
Quand je me réveillais le lendemain matin, j'étais seule. Je commençais à paniquer. Ce rêve m'a foutu la trouille. Je sais que j'ai pleuré. En six mois, je me suis habitué à avoir quelqu'un prêt de moi en me réveillant, même si c'était dans la pièce d'à côté. Mais cet endroit n'avait qu'une pièce. Je savais que ma mère et mon père n'étaient pas là. Je m'assis, me balançant d'avant en arrière, des larmes coulant sur mes joues. J'imagine que les évènements des deux derniers jours me rattrapaient. J'étais de nouveau un petit enfant effrayé.
Se réveiller seul n'est pas assez pour faire peur aux gens en général. Mais, se réveiller seul sur une planète alien m'a foutu la trouille. Ca et mes rêves. Rien de mieux que mourir pour réveiller une imagination hyperactive.
"Hé mon ange, tu es réveillée." J'entendis maman derrière moi. Je n'arrivais pas à me retourner pour sauver ma vie.
Je ne me tournais pas… je continuais simplement à me balancer. Trop apeurée. Totalement effrayée.
"Chérie, qu'est-ce qui se passe ?" demanda papa en tendant la main vers moi. J'hurlais et m'éloignais de lui dès qu'il me toucha. Je m'allongeais et me mis en boule, tremblante de peur. Le cauchemar était encore frais dans ma tête.
"Vous m'avez laissé seule," fut tout ce que je parvins à dire… murmurer… enfin quelque chose.
Il s'allongea derrière moi. M'entourant de ses bras, il me câlina comme un bébé. "Pardon de t'avoir laissé seule." Comme je ne disais rien, il continua. "Les Nox voulaient nous parler seuls. Je te promets que ça n'arrivera plus."
Maman s'agenouilla à côté de nous. "Chérie, qu'est-ce qui s'est passé ?"
"Je n'en veux pas." Je m'assis et mis mes genoux sous mon menton. "Je ne veux pas de ces pouvoirs."
"Ils sont cool," dit maman.
"Mais ils sont l'unique raison qui font que je sois désiré."
"Conneries !" dit papa. Je sursautais devant sa colère et essayais de m'éloigner. Il me serra contre lui. "Tu es désirée car nous t'aimons. Pas à cause de tes pouvoirs."
Je pleurais toujours. "Mais je veux être normale. Je n'ai rien de spécial. Pourquoi moi ?"
"Mon œil que tu n'es pas spécial," dit maman. "Tu es très spécial. Ton père et moi t'aimons. Tu es la meilleure chose qui nous soit jamais arrivée. Nous t'aimons plus que n'importe toi sur cette planète."
Avant qu'elle ne puisse dire autre chose, papa ajouta, "Ou aucune autre." Je sais qu'il essayait de me faire sourire mais ça ne marcha pas.
"Mais je ne veux pas être différente. Je veux juste être une enfant normal. Je ne veux pas que tout ceci arrive."
"Chérie, je ne sais pas pour ta mère mais moi, je ne suis PAS normal," dit papa. "De tout ce que j'ai vu, être normal est très surfait."
"Mon bébé, regarde-moi. Ton père n'avait jamais été accusé d'être normal." Je rigolais un peu à son jeu. "C'est mieux," dit-elle en m'embrassant le front.
"Tu nous pardonnes ?" demanda papa.
"Bien sûr." Je me levais et marchais jusqu'à la fenêtre. "C'est juste…" Je m'arrêtais en me rappelant l'aspect flippant de mon rêve. Je tremblais de nouveau.
"Juste quoi chérie ?" demandèrent-ils en s'approchant de moi. Maman mit ses bras autour de moi. "Chérie, parle-nous ?"
"Juste des rêves."
Elle tourna mon visage vers elle. Elle utilisa son pouce pour effacer mes larmes. "Quel genre de rêves, chérie ?"
"Des cauchemars." Je tremblais et elle me serra dans ses bras. "Je les appelle des rêve-souvenirs." J'enfouis ma tête dans sa poitrine.
Maintenant, c'était le tour de papa de m'embrasser la tête. "Des rêve-souvenirs ? Quel genre de souvenirs ?"
"Je ne sais pas… des choses qui ne sont pas encore arrivées. Tout ce dont je me souviens, c'est la douleur, le noir et encore de la douleur. Il y avait autre chose."
"Quoi ?"
"Je ne peux pas… vous ne me croiriez pas."
"Tu sais bien que si. Tu peux tout nous dire."
"Il y avait quelqu'un là-bas. Ces yeux brillaient. Il avait ce truc sur la main." Je fermais les yeux, essayant de refouler le souvenir. "Ca faisait si mal mais je ne pouvais pas l'arrêter. Je sentais la douleur tandis qu'il la tenait au-dessus de ma tête." Je les regardais enfin. "Ca m'arrivait à mi mais ce n'est pas encore arrivé. Vous comprenez ?"
Ils me regardèrent comme si j'avais perdu l'esprit. Je m'éloignais de nouveau. "Je savais que vous ne me croiriez pas," dis-je en croisant les bras.
Maman se tourna vers papa. "Jack, Lya a dit que ses capacités allaient grandir. Et si la prémonition en était une ?"
Ils s'avancèrent tous deux vers moi. Maman mit ses bras autour de moi et posa son menton sur ma tête. Papa nous entoura toutes deux.
Mais je ne sentais rien. "Ca arrivera… sauf si je trouve un moyen de l'empêcher," dis-je.
"Comment pourrais-tu faire ?"
"Je ne sais pas… je peux l'empêcher, n'est-ce pas ?" Je me tournais vers eux, les yeux emplis de peur. "S'il vous plait dites-moi que oui."
Maman me serra plus fort. "Nous t'aiderons."
"Mais…"
Papa me prit gentiment des bras de maman. "Mon soleil, s'il y a…" Il me tourna vers lui. "Jessie, chérie, regardes-moi." Je le fis. "S'il y a une chose que ta mère et toi m'avez appris ces deux derniers moi, c'est que nous ne savons pas ce qui va arriver. Tu m'as appris à vivre chaque jour comme si c'était le dernier." Il posa ses mains de part et d'autre de mon visage. "Oublie le passé. Ne penses pas au futur. Vis ici et maintenant."
Je ne pus m'en empêcher. Bien que la situation soit sérieuse, je rigolais.
"Qu'est-ce qui est drôle ?"
Je regardais maman et elle rit aussi. "Qu'est-ce qui vous fait rire ?"
"C'était… euh… profond, papa," dis-je.
"Je peux être profond quand je le veux," dit-il en me chatouillant brièvement. Puis il se reprit son ton sérieux. "Tu comprends ce que je veux dire ?" demanda-t-il en caressant mes cheveux.
"Je crois." Je détournais les yeux.
"Qu'est-ce qu'il y a ?"
"Rien," dis-je en tournant de nouveau mon regard vers lui. "C'est juste que… j'ai peur."
"Chérie," dit papa. "Quoi qu'il arrive, nous y ferons face tous ensemble… toi, ta mère et moi." Il m'embrassa puis embrassa maman sur la bouche.
"Beurk," dis-je en me reculant pour avoir la place de m'enfuir. Ils rirent tandis que je courais entre eux. Ils me plaquèrent sur le lit. Maman me tint pendant que papa me chatouillait sans merci puis nous nous rendormîmes.
Quand je me réveillais, j'eu une seconde de panique. Puis je réalisais que nous étions toujours sur la planète des Nox. Maman et papa dormaient toujours. Je savais qu'ils étaient plus fatigués que moi. Même dans leur sommeil, ils pleuraient pour moi. Putain, je pleurais sur moi. J'avais perdu une innocence que je ne retrouverais jamais.
J'avais eu un autre rêve-souvenir et il m'avait fait trembler dans mon sommeil. Papa avait remis la couverture sur moi et maman m'avait serré plus fort. Je me callais contre elle et m'endormis de nouveau.
------------------------------
"POV du Général Hammond"
J'appelais le Dr Frasier et lui demandais d'apporter le journal de Jessie. L'attitude de Jacob allait devoir changer. Je n'arrivais pas à croire qu'il agissait ainsi. Sa fille venait juste de perdre son unique enfant et tout ce qu'il voulait savoir était comment elle l'avait eu.
Je lui tendis le journal. "Lis ça."
"Qu'est-ce que c'est ?"
"Le journal intime de Jessie. Elle y a consigné tout ce qui lui est arrivé."
"Ca ne peut pas être si terrible, George."
"Non Jacob. C'est pire… bien… bien pire."
Vingt minutes plus tard, il posa le livre et me regarda. "C'est vrai ?"
"Oui."
"Que dieu les maudisse."
Quelqu'un frappa à la porte. "Entrez."
Un lieutenant s'avança. "Voici le dossier que vous avez demandé mon Général."
"Merci lieutenant."
Il se tourna pour partir mais s'arrêta à la porte. "Monsieur, avez-vous eu des nouvelles de Jessie ?"
"Non, mon garçon. Pas encore."
"Bien monsieur," dit-il en saluant et en partant.
"Attendez une minute, lieutenant," dit Jacob.
"Monsieur ?"
"J'aimerais vous poser une question."
"Monsieur ?"
"Vous tenez à l'enfant... Jessie."
"Oui, monsieur," dit-il. "Tout le monde y tient."
"Tout le monde ?"
"Oui, monsieur. Tout le SGC."
"A cause des ses talents," dit Jacob, pensant que c'était aussi simple que ça.
"Non, monsieur," dit le lieutenant avec emphase.
"Alors pourquoi ?"
"Parce que c'est une enfant géniale. Même avec l'enfer qu'elle a traversé, elle trouve toujours du bon dans les gens." Il fit une pause. "Elle me fait rire. Quand je suis stressé à cause d quelque chose, elle arrive toujours à me faire rire. Je pense à ce qu'elle a traversé en dix ans et mes problèmes ne me semblent plus aussi important."
"Je vois."
"Ce sera tout, monsieur ?"
"Oui."
Le lieutenant acquiesce et quitta la pièce, fermant la porte derrière lui.
"Jacob, c'était quoi ça ?"
"Qu'est-ce qui était quoi, George ?"
"Interroger ce lieutenant sur le pourquoi il s'inquiétait pour Jessie."
"Simple curiosité." Il regarda le dossier devant moi. "C'est quoi ?"
"Le dossier médical de Jessie," dis-je en le faisant glisser vers lui. "Lis-le."
Je quittais la pièce. Je n'aimais pas être dans la même pièce que ces photos. Le simple fait d'y penser me rendait malade. Je laissais Jacob seul pour lire le dossier et regarder les images. Je revins quinze minutes plus tard pour l'entendre jurer.
"Alors ?"
"Selmac est très agité à cause de ce que nous avons lu et vu dans ce dossier." Il secoua la tête. "Cette pauvre enfant." Il leva les yeux. "Avez-vous découvert qui lui a fait ça ?"
"Oui. Il est mort. Tué par la police en tentant de s'échapper."
"Bien."
Je ris amèrement. "Quand il est arrivé chez Jack l'autre nuit, j'ai cru qu'il allait le tuer de ses propres mains. J'aurais dû le laisser faire. Nous lui aurions tous fourni un alibi."
"Il tient vraiment à elle, n'est-ce pas ?"
"Oui, Jacob. Il l'aime probablement autant qu'il aimait son fils."
"Et Sam ?"
"Elle aime Jessie. Ils donneraient tous les deux leur vie pour elle."
"Que ressent Jack pour Sam ?"
"Je n'ai pas demandé."
"Mais tu as de soupçons."
"Franchement, Jacob. Ils ont eu un enfant ensemble. Il y a entre eux un lien qui va au-delà de tout règlement qu'il pourrait violer."
"Jacob ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais il fut interrompu par…
Activation non-programmée de la Porte
Nous arrivâmes tous deux dans la salle de la Porte au moment où l'iris se fermait. "Qui est-ce ?" demandais-je lorsque le vortex s'établit.
"C'est le signal de SG-1, monsieur."
Ca y est.
"Ouvrez l'iris."
La Dr Jackson et Teal'c entrèrent dans la même pièce que nous lorsqu'il l'iris s'ouvrit. "Général ?"
Je secouais la tête et levait une main, devançant toute question supplémentaire. Le même Nox que l'autre fois arriva… Lya, je crois.
"Général Hammond," dit-elle.
"Vous avez des nouvelles de Jessie ?" Je retins mon souffle.
"Oui. L'enfant vit."
Des vivats éclatèrent de partout dans la pièce et ailleurs. Une très bonne journée. Une très, très bonne journée.
TbC…
