Bonjour à toutes et à tous.
Désolée pour ce retard de publication monstrueux mais il n'est pas entièrement de mon dû. En effet mon chapitre est terminé depuis presque un mois maintenant.
Seulement Allysa6mal, qui s'était proposée pour être ma bêta pour ce chapitre, ne m'a simplement pas donné de nouvelles. Après plusieurs tentatives, toutes infructueuses, pour la joindre par mail ou sur msn, j'ai fini par me réduire à vous donner cette version du chapitre 2 non relu par bêta.
Je sais que d'autres personnes s'étaient proposées pour être bêta, je les en remercie et ne les oublie pas pour les chapitres suivants à venir, seulement après un tel délais d'attente, je n'avais pas envie de prolonger éternellement votre attente à tous, lectrices et lecteurs fidèles, donc j'ai préféré vous livrer ce chapitre comme tel que d'y rajouter un délai supplémentaire. Excusez d'avance les quelques fautes qui pourraient donc si trouver.
Sur ce je ne vais pas retarder encore plus l'histoire et je vous laisse sur ce second chapitre des Fleurs de Sangs en vous souhaitant une bonne lecture.
Bisous
Anonyma1
Ps : Allysa j'aimerai comme même avoir de tes nouvelles, je pense bien que cette absence n'est pas de ton dû, des problèmes internet ou personnels peuvent toujours arrivés. Je te l'ai déjà dit je ne suis pas un monstre je ne vais pas te faire la leçon si tu a des empêchements mais j'aimerai au minimum être prévenue.
Chapitre 2:
Il était assis sur cette chaise inconfortable depuis des heures et pourtant il n'aurait quitté sa place pour rien au monde. C'était assez ironique quand on y pensait, lui qui avait passablement horreur des hôpitaux et infirmeries, à cause notamment de l'odeur qui y régnait, mélange de médicaments et divers désinfectants, n'aurait pas pourtant pas voulu être ailleurs que sur cette maudite chaise en plastique d'un blanc casé, au chevet d'une des personnes qui comptait le plus pour lui, voire même LA personne qui comptait le plus pour lui.
Il se rappelait encore de l'hébétement et du soulagement qui avait envahi tout le monde suite à l'intervention de ce vampire inconnu dans l'infirmerie de Poudlard cinq heures plus tôt ; il se rappelait aussi du regard trouble et un peu surpris de la Secrétaire d'Etat Miss Ombrage lorsqu'elle avait reprit conscience allongée sur un lit de l'infirmerie, n'ayant qu'un vague souvenir de ce qui s'était passé avant qu'elle ne soit assommée par la porte. Madame Pomfresh lui avait dit, sournoisement, qu'elle s'était évanouie en entrant dans la salle emplie de blessés à cause de l'odeur du sang dans les locaux. Visiblement l'infirmière n'avait pas non plus apprécié l'entrée brusque et indélicate de la femme crapaud dans son antre et avait donc profité de la première occasion pour se venger sans en avoir l'air.
Ombrage avait eut l'air honteuse de s'être ainsi évanouie devant tout le monde, convaincue que cette version des faits étaient la vraie, mais elle avait rapidement reprit du poil de la bête et exigé par sa qualité d'enquêtrice officielle du Ministère que tous les professeurs, présents ou non lors de l'attaque, soit rassemblés à fin qu'elle puisse les interroger.
Et c'était comme ça qu'il s'était retrouvé sur cette maudite chaise qui lui faisait mal dans le dos mais qu'il n'aurait pourtant pas abandonnée au profit d'un autre, quand Sévérus visiblement très contrarié de devoir quitter si vite son fils dont l'état de santé était loin d'être stabilisé pour une « stupide réunion inutile » avait ordonné d'une voix sèche et sans réplique possible : « Draco tu restes avec lui et tu viens me voir au moindre changement ! »
Pomfresh avait alors évacué Hermione et Pansy, renvoyé Fred Weasley dans son lit, mais n'avait rien pu faire pour le jeter lui hors des lieux et Draco en louait encore Merlin. La femme sévère avait juste invoqué une chaise rapidement pour l'adolescent blond, ce qui expliquait son inconfort actuel, avant d'être appelée par un médicomage de Sainte Mangouste pour continuer le transfère des blessés les plus graves mais transportables vers l'hôpital. Il paraissait évidant que la brave femme serait bientôt dépassée par le nombre de patients et la diversité de leurs blessures et elle avait donc commencé lentement mais efficacement le transfère des blessés, un par un, au cas par cas.
Cela ne l'avait pourtant pas empêché de refaire des crochets auprès d'Eiden, lui mettant rapidement mais efficacement une perfusion d'une potion énergisante ainsi qu'une bulle d'oxygène pour l'aider à respirer et toute une batterie de sorts de surveillance au cas où.
Et depuis le début Draco était assis là, veillant sur son petit ami avec vigilance et inquiétude, tenant sa petite main glacée dans la sienne sans même s'en rendre compte, surveillant simplement en silence mais avec application que son amoureux n'aille pas rejoindre les anges...
OoOoO
C'était comme sortir d'un lac très profond, si profond que vous sentiez la pression ambiante s'appuyer avec la douceur d'un pachyderme contre vos tympans et vos tempes. C'était comme sortir d'un lac gelé car, même si vous étiez totalement sec, vous vous sentiez engourdi, au bord de l'hypothermie et qu'il vous semblait simplement impossible d'atteindre la surface. Et pourtant vous continuez à vous battre, à agiter encore bras et jambes, presque désespérément pour regagner la surface et de l'air.
Cette sensation d'être plombé, amarré à une ancre marine très lourde ou un boulet qui vous trainez doucement vers le fond d'une manière inexorable. Désagréable sensation, entre l'inconscience et le réveil, que vous ne souhaitez jamais revivre une fois que vous l'avez expérimentée une fois. Comme si vous étiez drogué, dans une crise de manque juste avant l'injection qui vous serait certainement fatale à long terme mais que vous viviez comme vitale dans l'instant I de l'heure H.
Cette sorte de sensation, Eiden la ressentait à présent.
Son corps semblait s'être fait de plomb ou d'un tout autre alliage très lourd, trop lourd pour sa frêle ossature, et d'autre part c'était comme si un aspirateur très puissant avait ingurgité toute sa force, son énergie et sa motivation. C'était comme être dans une sorte de brume cotonneuse, certes pas vraiment inconfortable, mais terriblement désagréable.
Se retenant à grand peine de soupirer, peut être parce qu'au fond il n'était pas sûr dans avoir la force, le jeune slave fini par soulever infiniment ses paupières, micron par micron, jusqu'à ce que ceux-ci face des millimètres constituant à leurs tours des centimètres et que ses yeux s'ouvrent presque complètement.
Dire qu'il était désorienté aurait été un euphémisme, mais il était tout de même capable d'affirmer certaines choses : d'une il était dans un lit qui n'était pas le sien, dans un lieu inconnu mais très très blanc, trop blanc même si on lui avait demandé son avis car la lumière du jour sur les murs de la pièce lui piquait les yeux ; de deux il avait un affreux mal de crâne accompagné d'une sensation de moiteur qui voulait certainement dire qu'il avait fait ou faisait encore de la fièvre ; et enfin de trois un légère élancement au niveau du bras gauche lui appris qu'on lui avait certainement enfoncé une perfusion dans le bras et que l'aiguille de cette dernière s'était malencontreusement enfoncée dans son tissus musculaire au lieu de la veine visée.
Eiden tenta de s'asseoir ou du moins de se redresser un peu mais le moindre mouvement lui semblait aussi simple en ce moment que de s'arracher les deux jambes à l'aide d'un fil dentaire de mauvaise qualité et le jeune homme dû bientôt renoncer à cette idée pour incapacité physique momentanée. Il se laissa alors retomber sur son oreiller et referma les yeux, beaucoup plus fatigué que ce simple mouvement n'aurait dû lui coûter en énergie, l'obscurité ne tardant pas à le ré-engloutir.
OoOoO
Assis à sa place à la table des serpentards dans la Grande Salle Blaise regardait avec une haine grandissante dans sa poitrine la femme crapaud, Ombrage, l'envoyée du Ministère, traverser la salle comme si le château était à elle. Cette femme, Merlin qu'il pouvait la détester. Il se rappelait encore de sa rencontre avec elle trois jours plutôt, alors qu'il se réveillait dans une chambre impersonnelle de l'hôpital de Sainte Mangouste.
Flash Back.
Le jeune homme ouvrit paresseusement les yeux, regardant autour de lui d'un air vague et tout sauf réveillé. Il avait du mal à se remettre les idées en place après cette espèce d'onde de choc qu'avait provoquée Eiden.
EIDEN !
A peine le nom de son ami, presque son petit frère, avait-il transpercé la brume de son esprit que Blaise s'était redressé vivement sur son postérieur, ignorant les plaintes de son corps douloureux, et regardait autour de lui d'un air affolé et inquiet.
Heureusement ou malheureusement pour lui, son réveil brusque dû enclencher un des sorts de surveillance de l'hôpital et une infirmière souriante vint immédiatement vers lui, une femme petite au faciès de batracien accompagné de deux aurors sur ses talons.
« Bonjours cher, comment vous sentez vous ? » demanda alors l'infirmière avec un petit sourire pour le jeune homme, et un regard agacé vers la femme qui la suivait et fixait l'adolescent comme un crapaud ayant vu une mouche particulièrement savoureuse à portée de langue.
« Je... Bien je crois... Où... »
« Vous êtes à Sainte Mangouste mon garçon » répondit l'infirmière avant même qu'il n'ait eu le temps de finir sa question. « Depuis hier soir. Vous nous avez fait une petite peur mais rien de bien méchant rassurez-vous. Vos blessures ont toutes été désinfectées, pansées et cicatrisées. En revanche je crains bien ne rien pouvoir faire contre les courbatures qui ne saurait tarder. Vous avez eut de la chance, ou de l'adresse au combat, vous êtes l'un des moins blessés de l'attaque de Poudlard »
« Et Théo ? Et Eiden ? Comment ils vont ? »
« Calmez vous mon chéri, je vais faire une recherche si vous voulez mais il me faut le nom complet de vos camarades »
« Hum... oui merci. Théodore Nott et Eiden Snape. Ils sont tous les deux à serpentards avec moi, ce sont les deux seuls autres cinquièmes années de notre maison à avoir participé au combat. Eiden était très prêt du danger et Théo avec moi... Merlin faîtes qu'ils aillent bien »
« Je vais m'en occuper très cher, je vous donne de leurs nouvelles dès que je sais d'accord ? En attendant il faut vous reposez et... »
« Hum...Hum... » Interrompit soudain la femme crapaud qui avait visiblement épuisé son quota de patience.
« Oui ? » demanda l'infirmière un rien irrité par cette femme qui la suivait, elle et ses collègues, partout depuis la veille, leur pompant littéralement l'oxygène.
« Si vous permettez mademoiselle » minauda la femme « Je vais tenir compagnie à ce jeune homme pendant que vous œuvrez plus loin ».
L'infirmière serra les dents mais, sachant qu'elle ne pouvait lutter contre l'autorité judiciaire de la femme, acquiesça brièvement de la tête et sorti de la pièce après avoir vérifié une dernière fois la tension de son patient.
« Monsieur Zambany c'est cela ? » demanda la femme au cardigan rose pelucheux en regardant un dossier de la même couleur.
« Hum oui, et vous êtes ? »
« Doloress Ombrage, Sous Secrétaire d'Etat du Ministre de la Magie Fudge, je suis chargée de l'enquête pour savoir ce qui s'est réellement passé hier soir. Vous avez donc participé à l'attaque du château ? »
« A la défense, corrigea Blaise avec patience mais en fronçant légèrement les sourcils, cette femme ne lui disait rien qui vaille. Il l'avait bien vu froncer le nez à l'entente du nom de sa maison au château et son petit doigt lui disait qu'elle allait lui coller des choses sur le dos...
Fin Flash Back.
Et ça n'avait pas loupé, Ombrage n'avait eu de cesse pendant trois heures de l'interroger sur tout et n'importe quoi - mais alors vraiment n'importe quoi, comme si sa famille avait un quelque conque lien avec l'invasion des zombies sur Poudlard !- et n'avait prêté aucune attention au fait qu'ils soient dans un hôpital ou que Blaise venait de se réveiller d'un court coma magique et nécessitait du repos ou du calme.
Finalement elle avait bien dû repartir mais le garçon gardait une rancune tenace contre la femme et ses préjugés.
Il en était visiblement de même pour Théodore, assis en face de lui, qui s'était réveillé peu de temps avant Blaise et avait été soumis aux mêmes angoisses et au même traitement « en douceur » de la part de la Sous Secrétaire d'Etat que lui. Les garçons n'avaient été soulagés qu'après être sortis de l'hôpital et après s'être revus eux et leurs amis sains et saufs. Cependant tous restaient angoissés du sort de leur dernier camarade. Eiden n'était en effet pas réapparu depuis quatre jours que l'attaque avait eut lieu et tous s'inquiétaient pour lui, d'autant plus après le récit ému de Pansy au sujet de sa presque mort dans l'infirmerie.
Etrangement Draco n'avait pas desserré les dents depuis son engueulade contre Ombrage, alors qu'ils pensaient tous qu'Eiden était mort, et avait une pâleur de peau plus accentuée qu'il ne sied d'habitude aux Malefoy. Blaise avait appris de Pansy encore que le garçon avait veillé sur leur ami jusque tard dans la nuit, quand Pomfresh avait finalement jugé que l'état du garçon était assez stable pour l'envoyer à Sainte Mangouste. Le serpentard blond n'avait pas eu le droit d'accompagner le jeune slave toujours inconscient vers l'hôpital et avait donc regagné sa salle commune sans aucune envie de dormir.
Pansy n'avait étrangement pas parlé de l'engueulade exemplaire bien que totalement inhabituelle de son meilleur ami blond contre l'envoyée du Ministère lorsqu'elle était entrée comme une furie dans l'infirmerie. Cela semblait tout simplement correspondre à la situation et à l'état d'esprit de tout le monde à ce moment là et la jeune fille pensait simplement qu'il n'y avait rien à dire de plus.
OoOoO
Sévérus était assis dans le canapé de ses appartements professoraux, vêtu de son habituelle robe de travail d'un noir d'encre, ses cheveux justes retenus sur sa nuque par un lacet de cuir. Il avait un verre de vodka à la main et y trempait ses lèvres de temps à autres, perdu dans ses pensées.
L'année scolaire avait été rallongée d'une petite semaine à cause de l'attaque qui avait eut lieu sur le château la veille du banquet de fin d'année et qui avait coûté la vie de son ancienne et détestée collègue Alexandra Swaper. Il n'avait jamais eu le loisir de l'avoir en tant qu'élève mais il avait eut sa petite sœur, une jeune idiote écervelée qu'il n'avait pas pu voir en peinture. Pas que ce soit la première de ses élèves qui l'insupporte. Enfin bref, Swaper ne l'appréciait pas à cause de cela, de sa petite sœur chérie qui avait dû se plaindre de lui comme tant d'autre élèves pour sa rigueur et sa partialité, parce qu'il avait été plus que partial pendant des années il fallait bien le reconnaître. Depuis son arrivée dans l'équipe enseignante Swaper n'avait donc eut cesse de lui pomper l'air et, voyant que son petit manège ne fonctionnait pas, elle avait rabattu sa frustration sur Eiden, comme il l'avait fait lui-même autrefois sur Harry.
C'était drôle de voir à quel point deux personnes qui ne pouvaient pas se sentir pouvaient être à ce point semblables sur certaines choses. Enfin, heureusement Swaper n'avait fait qu'ignorer Eiden pendant toute l'année, elle ne l'avait pas vraiment rabaissé. Elle n'y aurait pas eu intérêt d'ailleurs parce que Mage de Combat ou pas, Sévérus se serait fait un plaisir d'aller casser la gueule de cette pouf si elle avait osé ne serait ce que prononcer une syllabe blessante envers son garçon.
Et elle ne l'avait jamais fait. Non. Au lieu de ça elle s'était battu à ses côtés et avait donné sa vie pour protéger son fils le temps qu'il effectue le rituel qui sauverait tout le monde. Le geste n'avait certainement pas été désintéressé, elle ne l'avait protégé que dans l'intérêt général, Sévérus n'en doutait pas un instant. Mais les faits étaient là, elle avait permit à son fils de rester en vie, ainsi qu'à tous les autres enfants de Poudlard, dont son filleul Draco.
Le maitre des potions fini rapidement son verre avant de se lever de son fauteuil, d'effacer d'un geste de la main un pli invisible sur sa robe, et de se diriger d'un pas lourd vers la Grande Salle.
OoOoO
Draco s'assit à sa place à côtés de ses amis pour la cérémonie d'hommage professeur Swaper, morte alors qu'elle lutait courageusement pour sauver le château des zombies maléfiques. Pour être tout à fait honnête, même s'il était reconnaissant à la Mage de Combat de s'être sacrifiée pour aider à sauver le château, Draco n'avait cure de cette cérémonie qui se préparait. Il n'était resté au château que pour être un peu plus longtemps auprès de ses amis, de son parrain et espérant qu'il pourrait revoir son petit ami bien vivant avant de devoir retourner au Manoir où son père lui parlerait encore et encore de son avenir de mangemort.
Draco n'oubliait d'ailleurs pas que s'il avait survécut à sa rencontre avec Voldemort en personne récemment c'était uniquement grâce aux talents de son chéri qui avait réussit à cacher au Mage Noir le plus puissant de ce demi-siècle ses vrais sentiments et ses vraies motivations quant à la guerre à l'extérieur de l'enceinte protectrice de Poudlard. Pour autant le blond n'arrivait pas à se rebeller clairement contre sa famille et leurs idées. Certes il ne voulait pas être mangemort et tuer des innocents par dizaines sur des préceptes de pureté du sang d'un autre âge, mais que gagnerait-il à changer de camps ? Quand bien même ses amis possèdent les même idées que lui et la même envie de fuir ce conflit qu'est ce qu'il adviendrait d'eux s'ils se mettaient leurs familles à dos ? Pansy pourrait se réfugié chez Blaise, ce n'était malgré tout qu'une fille et les filles de mangemorts sont plus facilement excusées de leur désertions car elles n'ont pour mission que de devenir plus tard des femmes et mères de mangemorts. Mais un garçon qui retournerait sa veste, cela ne s'était jamais vu, du moins jamais sans que le dit garçon ne périsse sous les coups de ses parents, de ses frères ou des autres mangemorts.
Et puis il n'y avait pas que les parents de Draco qui étaient mangemort, son parrain, la seule personne qui avait été présente pour lui sans rien attendre en retour depuis son enfance également. Et Draco ne voulait pas lire de la déception dans ses yeux, jamais.
Bref, depuis l'attaque du château Draco était pensif, très pensif, si pensif qu'il n'avait pas décroché un seul mot à qui que ce soit, même l'inspectrice Ombrage avait fait demi tour devant son air refrogné et surtout son nom de famille. Avoir un père dans les petits papiers du Ministre servait parfois.
Le blond senti sa meilleure amie et fiancée officielle lui prendre gentiment la main dans la sienne. Pansy elle-même n'était pas au meilleur de sa forme depuis quatre jours, sa joie de vivre et son enthousiasme avaient été comme soufflé par l'attaque et ses conséquences. Elle qui souriait tout le temps et remontait le moral des garçons d'habitude avait elle-même une panne à ce niveau là.
Peut être était ce parce que pour la première fois la guerre les avait touchés de si prêts, comme atteint dans leurs chaires, malgré leur statu de serpentard, malgré l'identité de leurs parents ; peut être était ce parce qu'ils avaient vu, de leurs yeux vus, ce que la guerre amenait comme pertes, comme blessures et comme chaos.
« Non décidemment », pensa Draco morose en regardant la salle dont les bannières des quatre maisons avaient été remplacé par des tentures d'un noir d'encre et où la table des professeurs avait laissé place à une estrade avec de nombreuses chaise et un pupitre ; « plus rien ne serait jamais comme avant, le temps de l'innocence était fini. »
OoOoO
Albus Dumbledore se dirigea vers l'estrade qui avait été dressée pour la cérémonie d'hommage au sacrifice de son professeur de DCFM, saluant au passage ses collègues et amis, ainsi que l'envoyée officielle du Ministère. Il avait hâte finalement que l'année se finisse, malgré les quelques jours qu'il avait de lui-même rajouté à l'année scolaire pour lui permettre de faire son enquête. Car cette bonne femme horripilante, excusez la familiarité, lui pompait vraiment l'air et il avait plus d'une fois dû se mordre l'intérieur des joues pour ne pas lui dire ses quatre vérités.
Son attention fut détournée de la femme crapaud cependant quand il aperçu son collègue et ami Sévérus s'asseoir discrètement aux côtés d'une Minerva qui lui adressa un faible sourire et se pencha immédiatement vers lui pour des nouvelles. L'homme en noir avait fait l'effort de venir malgré son aversion pour son ancienne collègue et malgré son inquiétude pour son fils unique. Il est des jours où notre image compte plus que tout le reste malheureusement ; ne pas se présenter ici revenait à affirmer qu'on se fichait du sort de Swaper et par extension qu'on soutenait l'attaque faite sur l'école de magie. Une chose que nul ne pouvait se permettre avec Ombrage dans les parages.
Le vieux directeur prit sa place derrière l'estrade et scanna rapidement la foule d'élèves silencieux devant lui du regard. Ses yeux s'attardant quelques secondes sur chacun des enfants qui avaient participé à la sauvegarde de la vie de leurs condisciples. Fred et Georges Weasley avaient un visage grave qui n'allait pas avec leur caractère enjoué habituel et le deuxième frère avait encore quelques coupures non guéries sur la joue et le bras gauche, les serdaigles aussi étaient encore un peu meurtries, de même que les poussoufles. Enfin du côté des serpentards, le vieux sorcier s'attarda plus longuement encore sur les cinquièmes années qui avaient osé braver courageusement les préjugés pour aider les autres. Théodore Nott avait une mine farineuse mais un petit sourire attendrit aux lèvres alors que sa compagne serdaigle s'était assise à ses côtés et lui tenait la main dans une prise à rendre jalouse une pieuvre et ses tentacules, Blaise Zambany caressait doucement les cheveux de sa meilleure amie Pansy Parkinson qui avait posée sa tête sur son épaule. Et la place vide entre la jeune fille et Draco Malefoy était sans doute réservée au troisième « héro » de la bande, le jeune Eiden Snape, qui n'était pas encore au rendez vous.
Albus se reconcentra sur le monde autour de lui et commença alors son discours d'une voix lente et grave, présentant rapidement les officiels venus pour la cérémonie comme cela se doit.
OoOoO
Fred reçu soudainement un coup de coude dans ses côtes pourtant douloureuses de la part de son jumeau qu'il fusilla du regard, avant de voir que le griffondor lui indiquait quelque chose du doigt discrètement. Le roux se pencha alors pour regarder dans la direction indiquée et son cœur se gonfla de soulagement et d'inquiétude en même temps que sa mâchoire se décrochait pour rejoindre le sol.
Une silhouette marchait discrètement, longeant le mur gauche de la Grande Salle derrière la table des serpentards sans que personne ne s'en rende vraiment compte vu que l'attention de tous était capturée par le directeur et son discours rappelant les circonstances de la mort de Swaper maintenant.
Une silhouette fine, maigre, et visiblement en mauvais état qu'ils avaient attendu avec angoisse ces quatre derniers jours.
Le regard bleu de Fred accrocha celui vert et bleu de son ami qui inclina légèrement la tête en salut tout en poursuivant son chemin d'une démarche un peu saoule et tremblante.
Le batteur de l'équipe de griffondor se tourna vers son jumeaux et lu dans son regard ce que lui-même allait dire, alors il hocha simplement la tête de concert avec Georges.
Ils feraient comme ça.
OoOoO
Une légère prise sur son épaule gauche fit sursauter Draco qui était perdu dans ses pensées et il leva les yeux brusquement, prêt à incendier le maladroit qui l'avait touché, lorsque son cœur manqua un battement... puis un deuxième. Il se décala sans même s'en rendre compte, se rapprochant de sa meilleure amie et laissant sa place de libre pour le nouvel arrivant qui lui adressa un très faible sourire avant de s'assoir.
Draco était pétrifié sur place littéralement, contemplant encore et encore le visage et la silhouette de son petit ami.
Partout où la peau de ce dernier était visible ; ses bras, son cou et sa nuque, ses mains et son visage bien sûr ; partout cette dernière était d'une pâleur translucide et partout ses différentes veines se dessinaient en des arabesques allant du bleu foncé au noir. Ses lèvres étaient gercées et violines ; le bout de ses doigts et ses ongles étaient eux aussi d'un bleu noir ; la paume de ses mains était étrangement rosé par rapport au reste de son corps et Draco comprit que c'était à cause des fameuses brûlures dû à sa surcharge de magie qui faisait cet effet. Ces paumes mises à part Eiden avait simplement l'air d'un noyé qu'on venait de sortir de l'eau et qu'on aurait tout juste eut le temps de sécher mais pas encore de réchauffer, il semblait être en hypothermie et les quelques tremblements de sa silhouette n'arrangeait par cette impression inquiétante. Son regard lui-même n'était pas comme d'habitude, il semblait un peu trouble et brillant, mais surtout très fatigué.
L'héritier des Malefoy était complètement subjugué et partagé devant cette arrivée presque inespérée. D'un côté il était ravi qu'Eiden soit vivant et auprès de lui et de leurs amis, de l'autre son cœur et son cerveau criaient ensemble « Alerte ! Aleeeerte ! » devant l'état déplorable de son petit-ami et l'inquiétude le rongeait complètement.
Finalement le blond prit le parti de passer un bras autour des épaules du garçon et de le serrer brièvement mais intensément contre lui avant de le relâcher et de lui faire comprendre par un regard lourd de sens qu'il le garderait très étroitement à l'œil. Eiden ne sembla même pas s'en offusquer et au contraire acquiesça d'un mouvement de tête fatigué avant de faire un léger mouvement vers Pansy et Blaise du doigt. Draco comprit son attention et donna une légère tape dans le dos de sa meilleure amie qui sursauta, amenant les deux adolescents à se tourner vers lui et à voir Eiden qui leur fit un petit sourire las, avant de tourner son attention vers Dumbledore et son discours ; manquant ainsi les visages pâles et angoissés des deux autres serpentards et le regard qu'ils échangèrent avec Draco qui acquiesça lentement et tristement.
Ils feraient comme ça.
OoOoO
« Merci à toutes et à tous d'être venus à cette cérémonie en l'honneur du professeur Alexandra Swaper, vous pouvez maintenant regagner vos différentes salles communes, dortoirs ou bien la bibliothèque. N'oubliez pas que le Poudlard Express par demain matin et que vos affaires doivent être prêtes pour 9 heure 30 dernier délais. Merci »
Sur cette dernière consigne du professeur Dumbledore les trois quart des élèves et enseignants de Poudlard se levèrent de leurs sièges et se rejoignirent en différents petits groupes avant de quitter la salle.
Du côté de la table des serpentards et plus particulièrement des cinquièmes années, Pansy avait bondit sur ses pieds à peine le discours de Dumbledore conclu et s'était précipité vers Eiden qu'elle serrait maintenant de toutes ses forces dans ses bras. Aucun mot n'était prononcé, aucun n'était utile, l'intensité de l'embrassade de la jeune femme suffisait à elle seule à faire passer son soulagement, sa peur, son inquiétude et sa profonde amitié pour le jeune russe qui lui rendit un peu plus faiblement avec un petit sourire doux.
Blaise attendit que sa meilleure amie lâche Eiden avant de faire de même et de serrer le garçon dans une étreinte à lui briser les os. Théodore se contenta d'un sourire sincère et d'une poignée de main ferme.
Cependant les retrouvailles furent écourtées par l'arrivée de Doloress Ombrage, encore et toujours accompagnée de ses deux bouledogues qui s'approcha du garçon d'une démarche ferme et s'annonça avec sa voix de petite fille.
« Hum... Hum... Monsieur Snape je suppose ? »
Eiden tourna son regard vers elle et acquiesça d'un simple mouvement de tête.
« Doloress Ombrage, Secrétaire d'Etat du Ministre Fudge, chargée de l'enquête sur les évènements récents au château, j'aurais quelques questions à vous poser. »
Pansy, Blaise et Draco se rengorgèrent, prêts à lui dire d'aller se faire voir avec ses questions et que leur ami n'était visiblement pas en état de subir un interrogatoire mais Eiden leur coupa l'herbe sous le pied en inclinant respectueusement la tête avant de s'appuyer sur la table pour se relever et de faire un signe de la main en direction des trois officiels pour leur indiquer qu'il les suivait.
Ombrage eut un petit sourire satisfait et tourna les talons, prenant la tête de son cortège, manquant alors, ainsi que ses aurors, le roulement d'yeux de la part du jeune russe qui les suivit malgré tout, toujours en silence après avoir envoyé un petit sourire rassurant à ses amis serpentards et un léger signe de tête en direction de son père qui avait tout suivit depuis l'estrade professorale.
OoOoO
La femme crapaud l'amena dans une salle de classe qui avait visiblement été reconverti pour l'occasion en salle d'interrogatoire vu qu'il n'y avait plus que le bureau professoral et une table avec une chaise dans toute la pièce. Ombrage fit signe au jeune brun de s'asseoir à la table ce qu'il fit sans rechigner, il était encore très fatigué et rester debout pendant des heures était inenvisageable, il y a des batailles qu'il ne sert à rien de mener et se mettre le Ministère à dos faisait partie de celles-ci ; pour le moment du moins.
« Monsieur Snape, comme je vous l'ai déjà dit je suis chargée de l'enquête sur les évènements qui se sont produits lors de l'attaque des zombies sur Poudlard il y a maintenant quatre jours, attaque qui a provoqué l'attaque de votre professeur de défense conte les forces du mal comme vous le savez. Il est de mon devoir d'interroger toute personne ayant des informations sur ce qui s'est réellement passé cette nuit là et les élèves ayant combattus les zombies dont vous faites parti Monsieur Snape sont l'une de ces fameuses sources d'informations. Vous comprendrez donc qu'il m'était impossible de ne pas vous interroger malgré votre état de santé actuel qui me semble plus que précaire. Voulez vous un verre d'eau ? » Proposa finalement la femme avec un sourire gentil qu'Eiden ne pouvait qualifier que d'hypocrite.
Mais avoir grandit à la cour royale russe lui avait appris à se jouer des personnes du type de cette Ombrage, à savoir des personnes vénales prête à tout pour accéder à leur but. Le plus simple était encore de rentrer dans leur jeu tout en les détournant de leur objectif final sans qu'elles ne s'en rendent compte. Or l'objectif d'Ombrage était visiblement de tout lui mettre sur le dos, Eiden n'en doutait pas un instant.
Il fit cependant un sourire poli bien que fatigué à la femme accompagné d'un « Non merci Madame » prononcé d'une voix un peu rauque et casée qu'Eiden ne fit rien pour cacher.
Plus elle le croirait affaiblit, plus ce serait facile de la manipuler le moment venu.
Cela ne loupa d'ailleurs pas car le sourire de la femme crapaud s'accentua un petit peu lorsqu'elle entendit la réponse du garçon.
Elle sorti alors du tiroir du bureau un bloc de papier rose bonbon et une plume à papote avant de s'asseoir en face de lui, un petit sourire hypocrite aux lèvres.
« Monsieur Snape que pouvez vous me dire des circonstances dans lesquelles vous vous êtes retrouvé sur ce champs de bataille ? »
« Après que le professeur Mac Gonnagal eut fait évacuer les élèves les plus jeunes, le professeur Swaper a demandé à ce que les élèves qui savaient se battre à l'épée et qui seraient volontaires l'accompagnent au dehors pour limiter les dégâts que pouvaient faire les zombies. Elle ne l'a pas dit mais il ne faisait aucun doute qu'elle ne voulait que ralentir ces créatures jusqu'à ce que les aurors compétents du Ministère arrivent en renforts. »
« Bien sûr, bien sûr » minauda Doloress avec un petit sourire satisfait pendant que sa plume prenait note de tout.
« Or je savais me battre à l'épée alors j'ai juste participé comme les autres »
« Bien sûr, une belle preuve de courage de votre part que je trouve étonnante venant d'un serpentard. Mais je crois savoir que c'est votre première année ici ? »
« En effet » répondit d'une manière circoncise le jeune russe qui n'aimait pas plus que ça la façon dont la femme dénigrait clairement sa maison.
Ombrage se contenta alors d'acquiescer d'un mouvement de la tête, notant encore quelques informations son sur parchemin enchanté, avant de relever les yeux vers lui et de se redresser un peu, comme pour paraître plus impressionnante qu'elle ne l'était en réalité.
« D'après plusieurs témoignage, il semblerait que vous étiez aux côtés du professeur Swaper lorsqu'elle était morte, à moins de trois mètres j'entends, est-ce exacte ? »
« Tout à fait », répondit calmement Eiden et il vit nettement les lèvres de la femme crapaud face à lui tiquer légèrement.
Visiblement elle s'était attendue à ce qu'il lui mente sur ce fait, ce qui lui aurait donné un peu plus d'appui pour proférer ses accusations. L'affirmation du jeune russe ne l'arrangeait donc pas en ce sens.
« Et » fini par reprendre Ombrage de sa voix de petite fille boudeuse « Il semblerait que le professeur Swaper et vous-même n'ayez pas entretenu des relations très amicales cette année ».
« Le professeur Swaper était mon enseignant, je ne suis pas sûr de comprendre le sens de votre question. Voyez vous en Russie nous ne tâchons pas particulièrement à créer des liens d'amitié avec nos enseignants mais un profond respect nous lient à ces êtres de culture. Est-ce différent ici ? Je ne connais l'Angleterre que depuis le mois de septembre et malheureusement personne ne m'a jamais renseigné sur un quelconque lien amical qu'entretiendraient les étudiants avec leurs enseignants dans votre culture. » Demanda le plus poliment du monde Eiden même si sa petite voix intérieure gloussait des « Niack Niack Niack » quelques peu psychotiques.
« En fait ce que je voulais dire était que le professeur Swaper ne semblait pas vous aimer beaucoup, elle ne vous interrogeait jamais en cours, elle ne vous adressait même pas la parole. Cela à de quoi être frustrant non ? »
« Frustrant n'est pas le terme que j'utiliserai, elle était partiale il est vrai mais cela ne m'a jamais « frustré » comme vous dite. »
« Et qu'elle a été votre réaction envers elle alors ? »
« C'était un très bon enseignant, le fait qu'elle ne « m'apprécie pas » selon vos propres termes n'avait aucune espèce d'importance ».
« Voilà qui me semble quelque peu incongru Monsieur Snape. Comment expliquez-vous alors, malgré cette animosité que le professeur Swaper semblait avoir à votre égard qu'elle se soit trouvé si près de vous pendant l'attaque et qu'elle ait semblé vous protéger avant de mourir ? Ne vous semble t il pas étrange, pour ne pas dire déplacé, que cette personne vous écoute et vous protège particulièrement pendant un combat alors qu'elle ne vous avez témoigné jusque là qu'au mieux de l'indifférence au pire de la haine ? A moins bien sûr qu'elle n'ait eu besoin de votre aide. Ce qui m'amène à la question suivante : Pourquoi la plus jeune et puissante Mage de Combat que nous avons connu depuis près de trois siècle aurait elle eut besoin de vous ? Mise à part votre nationalité vous n'avez rien de bien exceptionnel. Elève studieux de serpentard, fils du directeur de cette même maison, ayant des amis dans les quatre maisons de Poudlard, populaire en somme. Vous êtes souvent cité pour votre gentillesse, pas pour une quelconque puissance magique qui aurait pu servir lors de ce combat. Or de nombreux témoignage rapporte le fait que VOUS avez lancé une puissante charge de magie pour détruire les zombies, si forte qu'on l'a ressenti jusqu'à Londres, sûrement même à travers plusieurs pays frontaliers. Alors Monsieur Snape, qu'êtes vous réellement au juste ?»
« Je ne vois pas où vous voulez en venir Mada... »
« Je veux en venir au fait que vous êtes suspect ! » explosa finalement Ombrage en se levant d'un bond de son siège. « Très suspect. Tant de pouvoir dans un élève de la maison de Serpentard ; élève brillant en cours mais qui se contente visiblement d'un minimum vu vos capacité sur un champ de bataille ; fils d'un homme plus que suspect lui aussi au vu de certaines rumeurs passées et actuelles ; arrivé de nulle part à quinze ans, sans aucune preuve de votre existence avant. J'ai vérifié, aucun élève du nom de Snape n'a fréquenté l'établissement de l'Enseignement Magique Russe d'Igosty ces quatre dernières années. Vous créez des liens suspects entre divers élèves de Poudlard ne s'étant jamais entendu jusqu'ici, vous vous mettez un enseignant à dos et pourtant vous réussissez à ce qu'il vous protège en y laissant sa vie lors d'une attaque de zombie non revendiquée, même pas par Vous-Savez-Qui ; vous frôlez la mort et nécessitez plus de soin que tous les autres combattants et pourtant votre dossier médical reste inaccessible, sous scellé ; enfin vous pratiquez un rituel très puissant qui détruit plus de 600 créatures connue pour être quasiment imbattables, et ce à seulement 15 ans. Alors vous vous le demande une dernière fois : Qu'êtes-vous exactement ? Vous n'êtes pas humain je le sens, je pourrais y mettre ma main au feu, vous êtes une créature pratiquant une magie des plus noire ! Une aberration ! Un... Un monstre ! »
Eiden réduisit ses yeux en deux fentes avant de siffler la voix pleine de mépris et de colère : « Je ne vous permets pas de m'insulter »
« Et bien sachez que je n'ai pas besoin de votre autorisation ! » cracha Ombrage en retour avant de se tourner vers les aurors l'accompagnant « Vous, allez chercher Monsieur le Ministre pour lui dire que j'ai terminé mon enquête et qu'il peut venir de lui-même effectuer l'arrestation d'un monstre particulièrement dangereux. »
« Et pour quel motif ? » grogna un des deux aurors d'un ton bougon
« Utilisation d'un rituel de magie noire, mise en danger de la vie d'autrui et meurtre au second degré du Professeur et Mage de Guerre Alexandra Swaper ! »
Sur cet Ombrage se tourna de nouveau vers Eiden, un sourire qu'on ne pourrait qualifier que de sadique aux lèvres et un air supérieur sur le visage. Eiden se contenta de la regarder dans le retour d'un air complètement placide, si cette idiote voulait se prendre le soufflet de sa vie et ce par le Ministre en personne, qui était il pour l'en empêcher ?
Le garçon dû retenir un sourire alors que la petite voix dans sa tête entamait maintenant des cris de guerre et des hourras sur un air de danse de la victoire. Cette idiote était allé exactement là où elle s'était attendu qu'elle aille ; et tel quelqu'un d'inexpérimenté lançant un boom-rang, Ombrage allait très vite ressentir le retour du bâton en pleine tête. Et le meilleur dans cette histoire était qu'il allait être aux premières loges...
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Albus se releva de son siège perplexe en voyant le Ministre de la Magie en personne, et accessoirement le plus Grand Imbécile qu'il lui ait été donné de connaitre, passer le seuil de la cheminée de son bureau escorté d'un des deux aurors grincheux qui avait accompagné Ombrage depuis le début de cette enquête officielle inutile.
« Cornelius, quelle surprise de vous voir ici en cette triste journée. Voulez vous un peu de thé ? » Proposa le plus aimablement du monde le vieux directeur alors que les rouages de son cerveau se mettaient efficacement en branle pour comprendre de quoi il retournait exactement.
« C'est fort aimable de votre part Dumbledore, mais je suis ici pour affaires, officielles j'entends. Si vous le permettez je vais donc allez rejoindre ma très chère secrétaire Doloress, une brave petite vous avez dû vous en rendre compte. Il semble qu'elle ait terminé son enquête et qu'elle ait besoin de moi et de mes pouvoirs de Ministre de cet Etat pour conclure cette affaire et l'arrestation de quelques coupables ».
« Vraiment ? » demanda le vieux directeur d'un ton neutre ; « Cela ne vous embêtera pas j'en suis sûr si je vous accompagne ? Après tout cette attaque à eu lieu sur mon école, qui comme vous le savez déjà est un Institution indépendante du Ministère depuis 1536 »
Si le Ministre compris la subtile mise en garde contenu dans ses paroles, il ne le montra pas et enjoint simplement le sorcier à le suivre jusqu'à la salle de classe désaffectée qui avait été attribué à la Sous Secrétaire d'Etat, sur sa demande comprenez son exigence, depuis son arrivée.
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Cornelius Fudge était satisfait, extrêmement satisfait même, en cet instant rien n'aurait pu lui sembler plus parfait. Il avait vraiment bien fait d'engager cette petite dans son département, de l'avoir prise sous son aile dès le début, elle était diablement efficace. Grâce à elle et à son travail qu'il devinait acharnée, il allait enfin pouvoir fermer le clapet de ce Dumbledore et sur son territoire même ; dans le même temps qu'il prouverait à la population l'efficacité du Ministère dans la gestion de la guerre contre Voldemort et son enrôlement de mangemorts dès le collège. Grâce à toute cette histoire il pourrait faire approuver et voter son fameux projet de loi qui soumettrait tous les élèves suspects ou venants de familles suspectes à une étroite surveillance, des interrogatoires et emprisonnements s'il le jugeait nécessaire, alors qu'ils étaient encore au collège. Chose qui était jusqu'à lors impossible car comme ce vieux fou de directeur le lui avait rappelé, Poudlard était une institution privée et pouvait ainsi servir de terre d'accueil à tous ces apprentis mangemorts en culotte courte sans qu'il ne puisse rien y faire ; mais ce serait bientôt terminé et l'homme au haut de forme et à la cape rayée s'en frottait mentalement les mains d'anticipation.
L'affaire Harry Potter avait fait beaucoup de mal et la confiance de la population anglaise en lui avait brusquement diminuée suite à cette affaire. On lui avait reproché de ne pas avoir prêté crédit aux révélations du Survivant à la fin du Tournois des Trois Sorciers, d'avoir fait l'autruche pendant un mois et d'avoir ainsi indirectement contribué à la mort du héros. Ce gamin était un flambeau pour la communauté toute entière et sa perte avait été vécue comme un retour à la noirceur du premier règne du mage Noir Maléfique.
Mais grâce à Ombrage et son travail du jour, tout cela serait bientôt effacé et Fudge pourrait enfin jouir de nouveau de la pleine confiance de ses électeurs.
Le Ministre de la Magie, accompagné de son auror Groum et Dumbledore sur ses talons, entra d'une démarche impérieuse et conquérante dans la salle attribué à sa Secrétaire d'Etat et se tourna vers l'accusé pompeusement... avant de se figer quelques secondes devant l'état de santé visiblement déplorable de l'adolescent. Il se reprit pourtant bien vite en voyant le jeune homme se lever de son siège sans qu'on lui en ai donné l'accord.
L'ordre de le pétrifier était déjà sur le bout de sa langue quand il eut l'immense surprise de voir le garçon s'incliner respectueusement devant lui à la manière des sorciers des pays de l'est : à savoir une main ouverte sur le cœur en signe de respect et la tête légèrement inclinée vers le sol.
Une fois son salut effectué l'adolescent se rassit simplement, comme si de rien n'était, et observa de ses yeux verts étrangement pailletés d'un bleu saphir les personnes présentes dans la salle.
« Doloress » commença le Ministre d'une voix peu sûre, tout comme son attitude corporelle s'était quelque peu ramollie d'indécision face à l'attitude du prisonnier.
Il s'était attendu à une personne belliqueuse, hurlant et crachant sur lui et son autorité, pas à un jeune homme visiblement bien élevé qui saurait rester à sa place et attendre patiemment que l'affaire se déroule.
« Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur, je pense pouvoir affirmer que j'ai trouvé le responsable au deuxième degré de toute cette histoire » affirma Ombrage avec la satisfaction d'un crapaud venant de manger une grosse mouche juteuse.
« Êtes-vous en train de prétendre Mademoiselle Ombrage que ce jeune homme à qui nous devons la survie de tous les élèves du château et des membres du personnel présents dans nos murs lors de cette terrible attaque est accusé ? » demanda Dumbledore de la voix la plus douce possible mais où perçait une certaine incrédulité.
Fudge quant à lui s'était brusquement retourné vers le directeur du collège devant ses paroles, puis avait jeter un coup d'œil à l'adolescent qui semblait visiblement épuisé, avant de se tourner de nouveau vers Ombrage, les sourcils froncés d'agacement.
« Expliquez-vous Doloress. Si ce garçon est responsable du secours de ses camarades comment peut-il être coupable de cette attaque dans le même temps ? »
« Je ne prétends pas qu'il ait organisé cette attaque Monsieur le Ministre » minauda Ombrage « Même s'il reste fort probable que son Maitre en soit l'auteur. Seulement il a utilisé visiblement de la Magie Noire pour se débarrasser des zombies. Après tout quoi d'autre pourrait détruire ces êtres de la Nuit si ce n'est une puissante rafle de Magie Sombre ? De plus cette créature n'est pas humaine, je peux en mettre ma main au feu Monsieur le Ministre. C'est un hybride ! Et un serpentard ! Tant de puissance dans un adolescent aussi profondément encré dans la Magie Noire ne peut être que maléfique ! »
Cornelius s'était peu à peu rengorgé au discours enflammé de sa Sous Secrétaire, et un petit sourire satisfait avait commencé à s'étirer sur ses lèvres. Bien. C'était très bien. Cet enfant serait la pierre de fondation de sa nouvelle loi, de plusieurs nouvelles lois, d'une grande réforme qui permettrait aux mineurs d'être enfermés à Azkaban ou condamnés au baiser du détraqueur, grâce à cette affaire il pourrait justifier qu'on se débarrasse de cette racaille de graine de mages noires dès le berceau.
« Très bien. Messieurs les aurors, veuillez menotter ce garçon ».
« Si je peux me permettre Monsieur le Ministre » commença alors d'une voix calme mais froide Eiden en se levant de nouveau de sa place, gardant ses mains appuyées en évidence sur la table pour ne pas qu'on puisse l'accuser de vouloir attaquer qui que ce soit- et aussi parce qu'il n'était pas très stable sur ses deux jambes mais ça ils n'avaient pas besoin de le savoir- « Vous n'y êtes pas autorisé »
« Pardon ! » s'offusqua Fudge tandis qu'Ombrage sortait d'un mouvement vif sa baguette avec un « Espèce de petit... »
« Selon l'article 678 alinéa 5 de la Charte Internationale Des Mages et Sorciers, Charte que l'Angleterre a ratifié en 1835, aucune arrestation d'un mineur étranger à un gouvernement ne peut être effectué par ce même gouvernement sans la présence d'un officiel du pays de l'accusé et une présentation formelle et exhaustive de toutes les preuves que possède le pays accusateur. »
Eiden savoura une microseconde l'air ébahi qui avait envahi tous les visages, y compris celui de Dumbledore, avant de continuer d'un air détaché en regardant spécifiquement Ombrage.
« Et je parle bien de preuves pas de vulgaires accusations issus d'un fantasme quelconque ».
« Vous êtes... » Commença le ministre balbutiant.
« Russe » coupa de nouveau Eiden implacable « Et parfaitement conscient de mes droits. Or je ne vois aucun officiel de mon pays ou de mon gouvernement dans cette pièce, pas plus que je ne vois un dossier solide regroupant témoignages attestés sous contrôle d'officiers de la justice de nos deux pays et preuves matérielles d'une quelconque ingérence de ma part dans toute cette affaire. »
Un silence pesant s'étira dans la salle en même temps que les lèvres fines du Chef de L'Ordre du Phénix sous sa barbe.
« Donc » reprit Eiden. « Vous n'avez aucun droit de m'arrêter. De plus, je porte officiellement plainte contre Mademoiselle Ombrage pour diffamation, accusations et propos raciale, ainsi que pour insulte injustifiées et abus de pouvoir sur ma personne. »
« Vous ne pouvez pas faire ça ! » s'exclama Ombrage folle de rage.
« Techniquement il le peut » interrompit un des deux aurors jusque là silencieux. « Nous sommes quatre témoins en plus de l'accusée et de l'accusateur, ce qui en fait un plainte officielle ».
« N'inversez pas les rôles hybride ! » explosa Ombrage « Vous êtes celui qu'on accuse ici ! »
« Vous êtes tous témoins de cette insulte Messieurs » éluda calmement Eiden. « Il ne me semble pas que Mademoiselle Ombrage soit autorisée à porter un quelconque jugement sur mon lignage dont elle est parfaitement ignorante. De plus vos accusations ne tiennent pas... »
« Elles se tiennent parfaitement ! »
« Dans ce cas où son vos preuves ? » demanda Eiden avec un calme qui jurait complètement avec l'attitude survoltée de la Sous Secrétaire d'Etat de Crétinus Fudge.
« Vous avez détruit tous ces zombies » fit remarquer justement le Ministre en faisant signe à son employée rouge de rage de se taire.
« C'est exacte, je ne l'ai jamais nié. Ce qui serait d'ailleurs complètement stupide vu que mon état de santé précaire vient de l'usage du rituel m'ayant permis cette action, il semble que je sois un peu jeune pour l'accomplir sans y laisser des plumes » répondit poliment Eiden avec une touche d'auto dérision.
« Vous voyez il l'a dit lui-même ! Il a effectué ce rituel noir et... »
« Il ne me semble pas avoir dit à un seul moment que le rituel que j'ai effectué descende de la Magie Noire. » coupa de nouveau Eiden en haussant un sourcil sarcastique « De plus » reprit-il avant que la femme crapaud n'ai eu le temps ou l'occasion de rouvrir sa grande bouche « N'importe quel sorcier possédant un QI supérieur à celui d'un bulot ou d'une huitre SAIT que seule la Magie Blanche la plus pure peut détruire la Magie Noire la plus puissante. OR les zombies sont issus uniquement de Magie Noire comme tout le monde le sait. Je le répète Mademoiselle la Sous Secrétaire, où sont vos preuves ? »
« Vous n'existez pas avant votre arrivée ici en septembre, aucun dossier ne révèle l'existence d'un quelconque Eiden Snape dans les archives du Ministère de l'Education Russe ! »
Si Dumbledore pâlit quelque peu devant cette accusation, se flagellant mentalement d'avoir omis ce détail l'été dernier, Eiden lui garda son calme et son sang froid avant de répondre en détachant toutes les syllabes comme s'il s'adressait à une enfant de cinq ans particulièrement obtus.
« Je ne connais mon père que depuis septembre de cette année, je n'avais même aucune idée de son nom encore moins de son prénom jusque là. Il est donc logique que vous n'ayez trouvé aucun Snape dans les archives de mon ancienne école vu que j'y étais inscrit sous le nom de famille de ma mère. Maintenant si vous avez terminé de m'accuser de tout et n'importe quoi, j'aimerai assez sortir d'ici pour aller m'allonger. Je sors tout juste de l'hôpital et je suis encore très fatigué. »
« Monsieur le Ministre, vous ne pouvez pas le laisser s'en sortir comme ça ! Ce monstre descend d'une famille des plus suspectes, son attitude est suspecte et j'ai des preuves de sa culpabilité ! »
« Maintenant ça suffit ! » affirma Eiden levant la voix pour la première fois depuis le début de cet interrogatoire ridicule. « Monsieur le Ministre, sauf tout le respect que j'ai pour vous, vous feriez mieux de dire à votre employée de se taire ! J'ai fait preuve de patience avec cette femme visiblement hystérique jusqu'ici mais comme tout le monde j'ai mes limites et celles ci sont maintenant atteintes. Je ne lui permettrai pas d'insulter ma famille et ma personne sans aucune raison, et vous ne devriez pas le lui permettre non plus. Ou dois-je prendre les paroles de cette femme comme reflétant l'avis officiel de votre gouvernement ? Cette femme devrait se rappeler d'où est sa place ! »
« Sa place est à mes côtés jeune homme » expliqua Fudge avec autant de diplomatie que possible dans cette situation qui, il le sentait, lui échappait complètement. « Cependant il est vrai qu'elle n'a pas à vous parler de cette façon. Mais s'il y a preuve d'un quelconque préjudice de votre part, je me dois de lancer un mandat d'arrêt contre vous ».
« Très bien », dit simplement Eiden d'une voix redevenue calme. « Donc Monsieur le Ministre vous soutenez cette femme quoi qu'elle fasse, j'en prends note et je suis sûre que Son Altesse Royale Notre Reine Stellania Zorkofsky, Impératrice de Toutes Les Russies sera également ravie de l'apprendre. »
« Parce que vous croyez qu'elle va porter attention à quelqu'un comme vous et à ce que vous avez à dire ? » demanda Ombrage avec incrédulité et un petit sourire ironique.
Sourire qu'Eiden lui rendit puissance mille, ce qui mit tout les officiels anglais mal alaise sur le coup, avant de répondre d'un air détaché.
« Je sais qu'ici votre gouvernement et vos dirigeant sont élus par les citoyens, seulement pour votre information la Russie est sous un régime impérial. Et comme toute monarchie, la Russie et sa Reine possèdent sa Cours. Or Son Altesse Royale Notre Reine Stellania Zorkofsky, Impératrice de Toutes Les Russies, prête particulièrement attention à ce que ses sujets issus des Nobles familles ont à lui dire. Je ne crois pas que Son Altesse va porter attention à mon discours Mademoiselle Ombrage, j'en suis sûr et certain. »
A ce moment précis Doloress Ombrage commença à réaliser qu'elle avait peut être été trop loin dans ses accusations, seulement avant qu'elle n'ait eu le temps de penser à dire quoi que ce soit, le jeune serpentard c'était déjà dirigé vers la porte d'un pas altier, avant de se retourner vers les adultes assemblés dans le milieu de la salle.
« Ma plainte contre Mademoiselle Ombrage est toujours valable. Si vous voulez un conseil amical Monsieur le Ministre, je serai à votre place je couperai les chaines qui m'attache à des poids morts avant de ceux-ci ne m'entrainent vers le fond, sur ce puisque vous n'avez aucun dossier potable et légal à présenter je me retire. Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur, Messieurs, Mademoiselle » salua poliment le garçon avec une inclination légère de la tête pour chacun avant de sortir de la salle et de se diriger vers les dortoirs des serpentards d'un pas léger.
Malgré toute sa fatigue et son mal être général, Eiden avait une folle envie de rire tout d'un coup...
OoOoO
Le trajet dans le Poudlard Express était calme, très calme même en comparaison avec d'habitude. Blaise et Théodore s'étaient lancé dans une partie d'échec sorcier desquels ils avaient réduit au maximum le volume sonore, Pansy lisait un magasine sorcier très en vogue qu'elle avait reçu une semaine avant la fin des classes par hibou et dont elle n'avait eut le temps jusque là que de lire le sommaire, tandis que Draco regardait le paysage défiler par la fenêtre tout en caressant de temps à autres les cheveux d'un Eiden assoupi contre lui.
Personne dans le compartiment n'avait semblé se poser de questions sur la proximité des deux garçons, pas même Pansy et Blaise qui savaient pourtant pour les préférences du blond. Ils avaient tous conclu tacitement que puisqu'Eiden était fatigué et que Draco était le filleul de son père, le professeur de potion du collègue avait dû lui demander de prendre soin du jeune slave. Même les gestes d'affections de l'héritier des Malefoy envers son petit ami avaient été mis sur le compte d'une profonde amitié et de l'inquiétude que tous ressentaient encore vis-à-vis de l'état de santé du jeune androgyne.
Et honnêtement Draco trouvait que la situation n'était pas plus mal telle qu'elle l'était actuellement. Il ne se sentait pas la force de devoir justifier quoi que ce soit à ses meilleurs amis et préféraient largement que sa réelle relation avec Eiden soit cachée aux yeux du monde pour le moment. Ni lui ni son amoureux n'auraient eu l'envie ou la force d'y faire face.
Le blond détourna d'ailleurs son regard de la fenêtre pour le poser rapidement sur le visage assoupi du fils de Sévérus qui avait la tête posée sur ses genoux. Le visage d'Eiden était toujours très pâle, même pour lui, il semblait d'un blanc presque artificiel, et les vaisseaux sanguins sous la peau de ses paupières ainsi que les plus grosse veines sous ses joues se dessinaient toujours en de fines arabesques tirant entre le violet et le bleu encre de chine ; et encore il y avait du progrès depuis son retour la veille, certaines veines paraissant moins nettes, plus comme des reflets sur sa peau de lait.
Le repas de fin d'année dans la Grande Salle la veille au soir avait été le plus triste que Draco ai jamais connu depuis son arrivée à Poudlard, même plus triste que l'année d'avant, et la victoire de Serpentard à égalité avec les serdaigles pour la Coupe des Quatre Maisons, un évènement qui n'avait pas eu lieu depuis plusieurs siècles, n'avait pas réussit à améliorer l'humeur général. Eiden était venu plus faire acte de présence que réellement pour manger vu qu'il avait uniquement tenter de garder les yeux ouverts pendant tout le repas. Draco avait appris de la bouche même de son parrain durant l'interrogatoire d'Eiden, que ce dernier était sorti de l'hôpital contre avis médical et cela n'avait fait que renforcer son inquiétude envers le garçon. Les médicomages disaient tous qu'il s'en remettrait, mais cela prendrait certainement plusieurs semaines, voire mois, s'il ne se ménageait pas au maximum.
C'est aussi pour cette raison qu'il avait été furieux contre Ombrage et le Ministre de la Magie Anglais, encore une fois, quand Eiden leur avait fait à lui, Pansy, Blaise et Théodore un court résumé de ce qui s'était passé pendant son interrogatoire. Comment par Merlin le garçon pourrait il reprendre des forces si ces abrutis lui collaient des accusations pareilles sur le dos ? Ne voyaient ils pas qu'il avait risqué sa vie pour sauver tout le monde ?
Surtout que depuis son retour le garçon semblait à peine tenir debout et c'était une des raisons de l'inquiétude grandissante de ses amis pour lui. Ce n'était pas normal. Tout comme les « soins » qu'il avait reçu de ce vampire inconnu n'étaient pas vraiment courants non plus ; même dans le monde des sorciers. Ce vampire était apparu comme un chevalier servant juste au bon moment pour lui sauver la vie et pourtant personne n'avait fait appelle à lui. Comment par Merlin avait il pu deviner que l'état de santé d'Eiden était à ce point inquiétant ?
Draco ne comprenait pas et pour autant il était certain que s'il revoyait ce vampire il le remercierait chaleureusement, car il n'avait aucun doute que sans son intervention Eiden serait mort à l'heure actuelle et cela le terrifiait au plus haut point. Quelque chose lui disait que Sévérus en savait plus au vue des regards inquiets qu'il posait régulièrement sur son fils durant tout le repas de la veille et même encore ce matin avant qu'il ne monte dans le train avec ses camarades. Draco savait que les professeurs avaient des réunions toute la première semaine du mois de juillet pour faire le bilan de l'année et préparer la suivante, il se doutait donc que son ami ne serait pas avec son père toute cette première semaine mais il ignorait complètement où il allait aller.
Le calme apparent du voyage fut soudain brisé par l'ouverture de la porte de leur compartiment et toute la petite bande de serpentards pure souche se redressèrent, sur leurs gardes, parés à toute éventualité.
Ils furent donc quelques peu rassurés, bien que curieux, en voyant entrer à pas de loup une Hermione Granger timide accompagnée des deux jumeaux Weasley.
« On venait juste voir comment ça va » annonça la préfète des griffondors en désignant son meilleur ami d'un mouvement de tête.
Il fallait bien dire que depuis son retour la veille les griffondors n'avaient même pas eu le temps ne serait ce que d'approcher leur ami. Aussi Pansy se décala-t-elle pour leur faire un peu de place sur la banquette alors que Blaise répondait dans un murmure.
« Il dort quasiment depuis le départ du train. Et vous ça va ? »
« On fait aller merci », répondit Fred pour lui et son jumeau à qui la question était adressée. « Dans l'ensemble ce ne sont que quelques égratignures, rien de bien méchant ».
« Je suis tellement en colère de ne pas avoir pu aider moi aussi ! » s'exclama Hermione toujours d'une voix basse.
« Il en est de même pour nous Hermione » ajouta Draco pour lui et Pansy, ce qui lui valu un regard appuyé de ses deux meilleurs amis : il n'avait pas ouvert la bouche depuis l'incident ou presque. « Mais c'était nos rôles de préfets et préfètes que d'escorter les autres »
Hermione hocha simplement la tête en signe d'accord tacite avec ses dires mais aussi la colère et la frustration que les trois préfets de cinquième année ressentaient encore, avant de se lever et faire quelques pas en direction d'Eiden devant qui elle s'accroupie.
« L'important c'est que tout le monde s'en sorte finalement » murmura t elle, plus pour elle-même que ses voisins en passant une main maternelle dans les cheveux longs de son meilleur ami avant de se redresser et de quitter le compartiment, les jumeaux sur ses talons, après une dernière salutation et un « bonnes vacances » d'usage.
« Ça c'était bizarre si vous voulez mon avis » grogna la seule fille du groupe avant de se replonger dans sa lecture en silence.
Les trois garçons éveillés échangèrent un regard incrédule, puis un haussement d'épaule avant de reprendre leurs activités où ils les avaient laissées.
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Eiden se rassit en se frottant les yeux pour en chasser le sommeil sous le regard amusé et un peu moqueur il fallait bien le dire de ses amis de serpentards. Il avait dormi tout le trajet et ne valait son réveil qu'à un mouvement involontaire de Draco au freinage du train.
« Ton oreiller était confortable ? » taquina Pansy avec un petit sourire.
Le jeune russe la regarda un moment, avant de suivre son regard vers Draco qui était lui aussi moqueur. Il prit alors l'air le plus dégagé du monde avant de répondre « Très » lançant un fou rire général. Théodore lui tendit gentiment une main secourable pour l'aider à se remettre sur ses pieds pendant que Blaise descendait les bagages de tout le monde du filet à bagages. Encore une fois celui d'Eiden était moins encombrant que celui de ses amis puisque son père avait gardé sa malle à Poudlard, disant qu'il la transporterait lui-même le moment venu. Il n'avait donc qu'un sac de voyage léger contenant ses vêtements et effets personnel dont il n'avait pas voulu se séparer, même pour une semaine. Chamallow son chat noir était lui aussi resté à Poudlard à « polluer le salon de divers poils » selon les bougonnements du maitre des potions, mais Eiden savait qu'il n'en pensait pas un mot en vérité.
Bientôt Pansy, Blaise et Théodore sortir un par un du compartiment et Draco referma la porte derrière eux rapidement, avant de se tourner vers Eiden.
Les stores à la fenêtre qui avaient été baissés dès le début de leur voyage n'avaient pas été relevé et ainsi aucune visibilité de l'intérieur du compartiment n'était possible depuis le quai. Draco en profita donc pour embrasser son petit ami avant de lui ordonné de prendre soin de lui dans les prochains jours, ce à quoi Eiden acquiesça avec un simple sourire amusé malgré lui du côté papa poule de son chéri quand il s'y mettait.
Draco prit un air faussement offensé de son sourire avant de sortir du compartiment le nez en l'air, dans une imitation de lui-même en mode snob très réussit qui fit rire le jeune slave dans sa barbe. Les deux amoureux descendirent finalement du train et se retrouvèrent sur le quai, le moment des au revoir officiels étaient venus, et cette année là ils furent donnés avec beaucoup plus de force et d'intensité que les années précédentes.
Deux mois devaient encore s'écouler avant que le temps des retrouvailles ne soit venu, deux longs mois, soixante-deux jours où tout pouvait arriver dans un pays en guerre, le meilleur comme le pire...
Bon j'avoue qu'au départ le chapitre s'arrêtait là, sur cette petite phrase de fin bien sadique comme je les aime et vous aussi. Si si ne niez pas je le sais, c'est pour ça que vous me lisez. Lol.
Mais suite à tout le retard qui a été pris à cause des raisons évoquées plus haut, j'ai décidé dans mon IMMENCE culpabilité euh générosité pardon ;) de vous mettre la fin des vacances (qui à la base faisait un chapitre à part entière).
Considérez ça comme vous voulez : comme un bonus (ce que ça est dans le fond), comme des scènes coupées, comme un interlude (après tout dans l'ensemble c'est plus léger),vraiment comme vous voulez.
Bonne continuation des vacances d'Eiden, et Cie donc et n'oubliez pas la rewiew à la fin !!
Le Qg de l'Ordre du Phénix était toujours aussi miteux du point de vue du jeune russe qui s'avança pourtant docilement dans le hall d'entrée, son sac sur le dos. Son père lui avait procuré un port-o-loin fait de la main même du directeur de Poudlard qui l'avait amené dans un petit parc londonien proche du Square, il n'avait eu alors qu'à s'y rendre à pied, prenant l'air le plus nonchalant qu'il connaissait tout en étant sur ses gardes. Quand il avait été certain que personne ne le suivait il s'était finalement rendu devant la maison invisible aux yeux de ceux qui n'en connaitrait pas l'emplacement exacte et avait frappé doucement contre la porte.
C'était l'elfe de maison de Sirius, une vieille créature grincheuse répondant au nom de Kréature qui était venu lui ouvrir. L'elfe était désobéissant, injurieux et menteur, tout ce qu'un elfe de maison ne devrait pas être en réalité. Mais son côté atypique faisait bien rire Eiden dans le fond, surtout que l'elfe savait être fidèle et obéissant si on savait le prendre dans le bon sens. Dès son premier séjour au Square Grimmaurd le jeune russe avait su se faire accepter de l'elfe rétissant, le tout sous le regard effaré et quelque peu jaloux de Sirius lui-même.
Ses atouts ? très simples. D'un il était un serpentard, l'elfe s'en était rendu compte quand le jeune russe avait fait malencontreusement tomber son écharpe aux couleurs de sa maison devant le petit serviteur qui depuis lors ne l'avait plus insulté et s'inclinait même profondément devant lui lorsqu'il le croisait. De deux il était de descendance étrangère et noble, ça l'elfe sans était rendu compte tout seul à cause de certaines manières qu'Eiden avait acqueries lors de sa seconde enfance en Russie et qu'il refaisait sans même s'en rendre compte, notamment sa manière de saluer les gens qu'il ne connaissait pas ou de se tenir dans un fauteuil même lorsqu'il n'y avait que les yeux d'un esclave pour le voir, et bien sûr son accent russe attestait aussi de sa nationalité. Enfin de trois, parce qu'Eiden avait réussit à se mettre le portrait de la mère de Sirius, la maitresse de Kréature, dans la poche un soir, alors que n'arrivant pas à dormir, il avait descendu ses livres de magie pour les travailler, et notamment ses cours russes sur les arts sombres, interdits d'études en Angleterre. Ce que lui-même trouvait complètement débile, comment vouliez vous combattre la magie noire si vous n'en comprenez déjà pas les bases les plus simples ?
« Oh le petit maître est de retour ! » s'exclama soudain Kréature, faisant sortir le jeune homme de ses pensées. « Comme Kréature est content ! Mais Monsieur Eiden n'a pas l'air bien Monsieur ? Kréature va aller vous préparer quelque chose de réconfortant ! »
Sur cette dernière exclamation le petit serviteur reparti comme il était venu sous le regard amusé bien qu'un peu incrédule de l'adolescent.
« Je serai toi je n'y tremperai même pas les lèvres, quoi qu'il te prépare, ce sera au mieux infâme au pire empoisonné » surgit soudain une voix qui fit sursauter un peu Eiden avant qu'il ne se tourne vers sa provenance, à savoir son parrain accoudé contre le chambranle de la porte de la cuisine. « Viens par là mon bonhomme. Ta boule de poils n'est pas avec toi ? »
Eiden fit simplement non de la tête en s'approchant de l'homme de sa démarche souple.
« Tan pis, j'aimai bien lui faire peur à coup de woaf ! » rit l'animagus avant de faire signe au garçon d'entrer dans la cuisine et de s'asseoir. « Eh bien ça n'a pas l'air d'être la grande forme, à moins que tu ne t'adonne à la mode moldue... qu'elle est son nom déjà ? Ah oui ! Gothique ? »
« Pas vraiment », répondit le jeune russe avec un petit sourire las.
Sirius le détailla de la tête aux pieds alors que l'adolescent faisait visiblement son possible e serait ce que garder les yeux ouverts avant de marmonner.
« Ouais, j'suis pas sûr que ça t'irais en fait, sans offense. Et que dirais tu d'un bon lit hum ? »
« Franchement ? »
L'évadé d'Azkaban eut un simple sourire en coin l'engageant à continuer.
« J'en rêve », conclu donc le garçon faisant éclater de rire son parrain de substitution qui lui prit son sac avant de le guider vers une petite chambre individuelle de la maison qu'il ne connaissait pas jusqu'à lors.
« Descends si jamais tu es réveillé et que tu as faim. Si la cuisine est bloquée pour cause de réunion, demande à Kréature, il semble t'avoir à la bonne sans que je comprenne pourquoi. »
« Moi je suis sûr que si », répondit Eiden avec un baillemment en ôtant ses chaussures sur le pas de la porte.
Quand l'animagus repassa voir si tout allait bien dix minutes plus tard, le serpentard était déjà confortablement installé dans les bras de Morphée.
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« Je crains qu'il ne nous faille encore embauché un nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal ma chère », annonça sur le ton de la conversation le Grand Albus Dumbledore à sa fidèle directrice adjointe, Minerva Mac Gonagal.
«Ça ne fait aucun doute, mais qui voudra bien de ce poste maudit ? Cette pauvre petite Alexandra, mourir si jeune. »
« dans la force de l'âge, certes c'est fort regrettable. » répondit Albus d'une voix lasse. « Bien, nous auront toujours deux mois pour nous décider. Qui se charge d'écrire le programme pour le moment ? »
« Le plus compétent d'entre nous, Sévérus ».
« Hum. Ça pourrait être une idée finalement, de lui remettre le poste de DCFM. »
« Albus vous n'y pensez pas ? Le pauvre est déjà dans une situation délicate entre tous ces... statuts. Et puis il a un fils maintenant, nous ne pouvons pas autant l'exposé. »
« Certes, certes. Disons que c'était une idée en l'air. »
« Que vous saurez ressortir en dernier recours j'en ai bien peur » soupira l'animagus chat pas dupe pour deux ronds depuis le temps qu'elle connaissait le vieux manipulateur qu'était Dumbledore.
« En dernier recours seulement alors, je vous le promet »
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Sévérus entra trempé comme une soupe au 12 Square Grimaud, fuyant la pluie Londonienne qui tombait en trombe d'eau du ciel, cela faisait une semaine maintenant que son fils y était en pension et l'homme des cachots avait terminé son travail pour le directeur de Poudlard et quelques autres petits détails qu'ils lui restaient à régler. Maintenant il n'avait plus qu'à récupérer la chaire de sa chaire, avant de devoir reprendre son rôle dans cette guerre, certainement l'un des plus dangereux qu'il soit : espion.
« Tien, Sévérus. Tu viens récupérer ta marmotte ? »
« Bonjour à toi aussi Tonks. De quelle marmotte tu parles au juste ? »
« Ton garçon. Ce brave Eiden voyons ! Il a passé la semaine à dormir ou presque. Pauvre chéri il a l'air tellement déphasé que je n'ai pas osé le sortir de force prendre l'air. Mais tu devrais y songer bientôt Sévérus. Il est pâle à faire peur vraiment ! »
« Merci de ces précieux conseils Nymphadora », répliqua l'homme avec un sarcasme à peine volé, « j'y songerais. Où est-il ? »
« Dans le salon, il comate en compagnie de Rémus je crois ».
L'espion ne fit qu'un vague grognement en guise de réponse avant de se diriger vers le salon où en effet se trouvait un Rémus lisant un livre vieux et poussiéreux en compagnie de son fils qui, appuyé contre le dossier de son siège, semblait plus rêvasser que réellement lire son propre ouvrage.
Sévérus fut tout de même rassuré de voir que le visage de son visage avait reprit un peu de couleurs ou tout de moins que la plu part de ses veines n'étaient plus aussi visibles. Se rapprochant de l'adolescent il nota aussi que ses lèvres étaient enfin redevenues bleu-rosé et non plus de ce bleu-noir dérangeant. Il y avait du mieux c'était certain même si c'était encore loin d'être la grande forme.
« Bonjour », s'annonça t il enfin, gagnant une salutation polie de Rémus et un sursaut de son fils qui ne l'avait pas entendu venir.
« Décidément pas réveillé », songea simplement l'homme en noir.
« Bonjour Sev', tu m'as fait peur à arriver comme ça, comme un... je sais pas trop quoi en fait mais c'était zarb. »
Sévérus n'eut qu'un sourire en coin un peu moqueur en réponse avant d'embrasser son fils sur le front.
« Tu as l'air un peu mieux mon chat bien que ce ne soit pas encore génial. Je me trompe ? Alors qu'as-tu fait cette semaine ? »
« Dormi. » Réponditsimplement le jeune serpentard. « Te moques pas ça n'a rien de drôle. »
« Oh que si ! » Nepus'empêcherderirelemaitredespotions. « Et puis avoue que tu l'a un peu chercher à te comporter comme un idiot de griffondor hum ? »
« Et j'aurai du faire quoi ? Laisser tout le monde mourir peut être ? » SoupiraEidenplusagacéquevraimenténervémaisaussitroplaspouravoirenviedevraimentseprendrelatêteavecsonpère.
« Je sais mon chat, je sais. » RéponditSévérusplusdoucement. « Tu as fait ce qui te semblait le plus juste et je suis très fier de toi. En même temps que je suis toujours en colère contre toi pour avoir tenter une expérience aussi stupide. Alors disons que l'un dans l'autre, je ne vais pas te punir pour cela, tu es assez puni par ton état de santé actuel et se ne serait pas très juste de toutes façons. En revanche, il y a encore beaucoup de choses sur lesquelles nous allons devoir une discussion mon cher fils, à commencer par ton étrange sauveur... »
« Je... »
« Pas ici Eiden. Ça peut encore attendre que nous soyons à la maison. Va chercher tes affaires que nus puissions y aller », ordonna alors l'espion en anglais.
Le garçon obtempéra et sorti de la salle de sa démarche tranquille.
« Vous partez déjà Sévérus ? » demanda alors Lupin de sa voix calme.
« Oui nous partons, j'ai plusieurs choses à régler avec Eiden notamment et puis il ne peut décemment pas rester ici indéfiniment. Merci à vous de l'avoir gardé cette semaine. »
« Oh Eiden se garde tout seul vraiment Sévérus, ce n'est plus un enfant et je suis certain que déjà plus jeune il ne devait pas être une épine dans le pied de sa nourrice. »
« Hum », acquiesça l'homme en entendant son fils redescendre les marches. « Eh bien à plus tard alors. »
« Au revoir Sévérus, au revoir Eiden au plaisir de te revoir bientôt ok ? »
« Oui monsieur », répondit poliment le jeune slave alors que son père lui prenait son sac des mains et le dirigeait vers la porte d'entrer.
« Bon Eiden surtout tu ne lâche pas me main ! » ordonna le sévère espion avant de les faire transplanner tous les deux.
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Le manoir Snape, récemment acheté et aménagé par les bons soins de Sévérus, était vraiment bien, dans l'ensemble. Lumineux, spacieux sans être grand au point de s'y perdre, il possédait beaucoup d'avantages. Eiden avait été quelque peu surpris quand son père était venu le chercher pour lui montrer le lieu où ils viraient désormais hors périodes scolaires.
Et le must du must, pour Sévérus du moins, était que personne entendez ni Dumbledore et sa clique du Poulet Grillé, ni Voldemort et ses amis reptiliens tarés, n'en connaissait ne serait ce que l'existence, ils y étaient tranquilles, enfin.
Que de belles promesses et de beaux projets, enfin tout ça c'était avant SA présentation bien sûr.
Elle avait pourtant tout prévu, s'était bien habillé, bien coiffée, parfaitement arrangée pour rencontrer enfin le fils de son compagnon. Elle savait pour avoir travaillé avec beaucoup d'entre eux indirectement ou non, qu'il fallait beaucoup de douceur pour aborder les adolescents sinon ils se braquaient tout de suite. Et il avait fallu que ce boulet- il n'y avait vraiment pas d'autres mots, excusez la méchanceté sous-jacente- mette tout simplement les pieds dans le plat.
« Eiden, je te présente Alestia, ta belle-mère ! »
Et ce qui avait dû arriver était arrivé, le môme s'était étouffé consciencieusement dans son verre. Franchement elle le comprenait, annoncer comme ça, ça faisait un choc c'était sûr.
Mais comme même, il y avait une meilleure façon de commencé une relation familiale que se retrouver avec le bustier de sa robe de coton blanc couvert de grenadine !
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Le toc-toc d'un hibou contre sa fenêtre réveilla la jeune fille aux cheveux bruns et touffus en sursaut. Jetant un coup d'œil à son réveil digital elle nota qu'il n'était que 8 heures du matin, pour une fois qu'elle pouvait dormir !
Grommelant contre les volatiles emplumés et leurs propriétaires qui ne savaient pas quand envoyé leurs courrier, Hermione Granger, préfète des griffondors, élève modèle de sa maison voir de son année, se leva donc de son lit pour aller chercher son courrier.
Quelle ne fut donc pas sa surprise en voyant l'enveloppe d'aspect officiel accroché à la patte du hibou, elle qui s'attendait à une lettre amicale !
La jeune fille récupéra finalement son courrier qu'elle ouvrit emplie d'appréhension.
A l'attention de Mademoiselle Hermione Lucie Granger
Objet : Résultats de vos buses.
Rappel pour être admis en niveau supérieur l'élève doit avoir obtenue les note O pour Optimal, E pour Efforts Exceptionnels ou A pour Acceptable. Les notes D pour Désolant et P pour Piètre son éliminatoire.
Métamorphose :
Théorie O
Pratique E
Moyenne : E+
Sortilèges :
Théorie O
Pratique O
Moyenne O
Potions :
Théorie O
Pratique E+
Moyenne O -
Astronomie :
Théorie O
Pratique O
Moyenne O
Défense conte les Forces du Mal
Théorie E
Pratique E
Moyenne E
Histoire de la Magie : O
Arithmancie : O
Soin aux créatures magiques :
Théorie O
Pratique E
Félicitations Mademoiselle Granger vous avez obtenue 8 Buses sur un total de 8.
Les parents d'Hermione furent réveillés en ce samedi matin à 8h 12 par les cris de victoires de leur fille unique.
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Assis sur une des barrières de séparations des quais de l'aéroport, Eiden attendait avec impatience que le vol en provenance de Moscou atterrisse. C'était déjà la troisième semaine du mois de juillet et Mayushka arrivait aujourd'hui.
Au départ, quand Sévérus avait parlé de l'inviter en Angleterre, ils avaient pensé à la mi-juillet, mais suite aux évènements de juin, l'espion avait décidé de repousser l'invitation de la jeune fille d'une semaine, souhaitant qu'Eiden se repose un maximum avant d'avoir de la visite.
Cela avait payé en quelque sorte, le jeune homme était beaucoup moins fatigué qu'au début des vacances, il n'avait même plus besoin d'aller s'allonger pour une sieste l'après-midi maintenant. Et même s'il se couchait toujours tôt le soir, il avait meilleur mine. Ses lèvres et ses doigts n'étaient plus de cette horrible couleur violette et la majorité de ses veines ne se voyait plus. Uniquement les plus grosses au niveau de ses bras et ses jambes et les capillaires de ses paupières et de ses joues étaient encore visibles, et encore, dans une nuance beaucoup plus atténué qu'à sa sortie de l'hôpital. En bref, ce n'était pas encore la grande forme mais l'adolescent allait tout de même beaucoup mieux.
D'autre part le serpentard avait eut une longue discussion en compagnie de son père sur qui était exactement son sauveur vampirique et tout ce qui allait avec. Sévérus n'avait pas très bien prit la révélation selon laquelle son fils, la chaire de sa chaire, avait noué des liens familiaux avec deux vampires, pas plus qu'il n'avait approuvé la révélation de la deuxième enfance d'Eiden en Russie en leur compagnie grâce à un rituel très ancien et un peu sombre malgré tout. Eiden avait alors eu la surprise de sa vie en trouvant pour allié sa belle-mère, Alestia. En effet la femme avait réussit il ne savait comment à démontrer à son père que ce n'était peut être pas plus mal ainsi et que le garçon avait eu raison de faire confiance à son instinct en accordant sa confiance aux deux vampires, sans quoi il ne serait plus de ce monde aujourd'hui.
Avec deux personnes contre lui Sévérus avait bien dû abdiquer et depuis une sorte de lien, encore fragile certes mais un lien tout de même, s'était tissé entre Eiden et Alestia. Le jeune homme n'était toujours pas vraiment alaise autour de sa belle-mère mais leurs relations s'améliorait un peu plus de jour en jour, d'autant plus qu'Alestia avait avoué à Eiden ne pas chercher à prendre la place de sa mère.
Depuis lors c'était beaucoup plus facile pour tout le monde dans le Manoir Snape de s'entendre, et s'ils ne formaient pas encore exactement une famille, ils s'en rapprochaient tous un peu plus avec le temps.
Un avertissement sonore annonçant l'arrivée du vol 45789 en provenance de Moscou sorti Eiden se ses pensées et le jeune homme sauta sur ses pieds pour aller rejoindre la porte de débarquement d'où devrait sortir sa sœur.
Il n'eut à patienter qu'une dizaine de minutes avant de sentir la jeune fille se jeté dans ses bras et le serrer dans une étreinte à l'étouffer.
« Seigneur Zack-En, qu'est ce que tu m'as manqué ! Qu'est ce que tu m'as fait peur ! » S'exclama la jeune fille sans le lâcher.
Eiden lui rendit son étreinte avec la même intensité. Il avait bien entendu écrit à toute sa petite famille dès son retour de Poudlard pour les rassurés sur son état de santé mais cela n'avait pas empêché à ses frères et sœurs de continuer à s'inquiéter pour lui.
« On y va ? » Fini par proposer Eiden en prenant le sac de voyage de sa sœur dans une main et une main de sa jumelle dans l'autre.
« On y va ! » répondit Mayushka avec un petit sourire attendrit. « J'ai hâte de rencontrer enfin ton père ! »
« N'oublies pas Alestia Mach', tu vas voir aussi »
« Oh oui, les Snape tous d'un coup ! » rigola la jeune fille « Alors dis moi, comment ça se passe avec ta belle mère Miette ? »
Les deux adolescents sortirent rapidement de l'aéroport pour trouver une ruelle tranquille d'où ils pourraient activer leurs port-o-loin. Il était prévu qu'ils restent en Angleterre jusqu'au 30 juillet, avant de repartirent pour la Russie où les attendaient Ivan et Stellania.
Bien sûr ils reviendraient quelques jours au mois d'août pour les fameux concerts pour lesquels ils s'étaient engagés en compagnie d'Alexander, mais ça ni Sévérus ni Alestia n'avait besoin de le savoir...
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Eiden ouvrit des yeux fatigués avant de se redresser dans son lit, dans sa chambre du Palais Royal des Ombres Carmines. La veille au soir ils avaient fêtés leurs anniversaires avec Mayushka en compagnie de Stella, d'Ivan, de leur meilleur ami Yann et de leurs marraines respectives, ça avait été une belle fête vraiment. Un agréable dîner en famille. Ils l'avaient fait la veille puisqu'aujourd'hui ils devaient rejoindre des amis d'école pour une sortie quelconque à Moscou.
Le jeune garçon s'appuya sur le matelas de mousse des bois dans le but de se redresser, chassant un papillon bleu et doré qui voletait devant ses yeux tout en cherchant ses pantoufles dans les épais brins d'herbes...
Attendez depuis combien de temps y avait de l'herbe, de la mousse et des papillons dans sa chambre ? Réagit soudainement Eiden, se réveillant enfin.
Sa douillette chambre s'était en effet transformée en une espèce de forêt ou de clairière touffue tout en gardant ses proportions et la forme de ses meubles, ce qui était on ne peut plus incongru. Le garçon se leva d'un bond et se dirigea vers le chêne centenaire-armoire qu'il ouvrit brusquement, provoquant un envol de chauve souris, mu par un étrange instinct.
Sur la face intérieure de la porte de son armoire se trouvait un miroir et le garçon dû fermer les yeux une seconde, pour être sûr et certain qu'il ne rêvait pas, avant de les rouvrir brusquement et de laisser sa mâchoire rencontrer le sol.
« Oh. Mon. Dieu ! » Fini par s'exclamer le garçon au bout d'un long, très long moment.
Quelques coups résonnèrent sur sa porte avant que celle-ci ne s'ouvre sur la figure de sa sœur, déjà levée et habillée.
« Bah alors petit frère t'es encore au li... » Commença t elle moqueuse, avant de regarder autour d'elle stupéfaite.
Son regard fini par accrocher celui de son frère et un sourire taquin s'étira sur ses lèvres.
« Ça ...Ça n'arrive vraiment qu'à toi par vrai ? » demanda t elle mi-figue mi-raisin.
Un nouveau regard échangé entre les deux jumeaux suffit pour qu'ils se retrouvent tous les deux à même le sol, morts de rire.
L'écho de leur fou-rire attira indéniablement l'attention des gardes de l'entrée des appartements royaux, ainsi que celle d'un Ivan plongé dans la lecture du journal dans le salon.
Le vampire se dirigea alors curieux vers la provenance des éclats de rire pour trouver ses deux benjamins assis sur un sol de ce qui semblait être de l'herbe grasse, dans ce qui avait été autrefois la chambre de son jeune frère.
Et, au milieu des végétaux, des papillons de toutes sortes et autres créatures incongrues en ce lieux, Ivan ne pu s'empêcher de remarquer que son petit frère avait une peau un peu plus pâle et des oreilles un rien plus pointue...
Et nous y voilà cher(e)s ami(e)s, la fin du chapitre 2 des Fleurs de Sangs, tant attendu j'ai envie de dire.
Dans le prochain chapitre, la rentrée mais aussi quelques Flash Back sur l'été qui se promettent d'être intéressants. Et, si tout va bien, le chapitre 3 sera lui corrigé par Bêta.
Merci à tous et à toutes de m'avoir lu et à bientôt
Anonyma
