Bonsoir à tous et à toutes, chers lecteurs, chères lectrices.
C'est avec un immense plaisir ainsi qu'un aussi grand soulagement que je vous poste (enfin) le chapitre trois Des Fleurs de Sangs ! J'avoue avoir eu beaucoup de mal à m'y remettre, ce qui explique l'attente assez longue entre ce chapitre trois et ma dernière note. Je ne suis d'ailleurs toujours pas encore totalement satisfaite de ce chapitre mais si je ne le poste pas comme ça, je ne le posterai jamais ce qui serait dommage. ^^
J'ai repris des éléments de l'intrigue du Jardin d'Eiden puisque les Fleurs de Sangs en sont la suite et pour ceux qui n'auraient pas eu le temps ou l'envie de relire ce premier pavé de 40 chapitres, quelques rappels ont été glissés au sein de celui-ci.
J'espère que vous aimerez la suite de l'histoire et que vous serez moins sévère que je le suis moi-même envers ce chapitre. Mais comme on dit « c'est en forgeant qu'on devient forgeron » donc dans mon cas « c'est en publiant de nouveaux chapitres qu'on fera de meilleurs chapitres », du moins je l'espère.
Merci encore à tous et à toutes pour votre patience, votre gentillesse et votre indulgence à mon égare. Je dédie ce chapitre à vous tous qui m'avez soutenue, secouée et attendue pendant ces deux dernière années, à vous qui m'avez redonné le moral et le sourire par vos message, à vous sans qui tout ce que j'écris aujourd'hui ne serait qu'une goutte d'eau dans l'océan virtuel d'internet. Merci à vous chers lecteurs et lectrices, je vous adore.
Bonne lecture et à bientôt
Anonyma.
N'hésitez pas à me laisser votre avis sur ce chapitre après votre lecture, les encouragements et critiques (constructives) sont toujours les bien venus.
Chapitre trois : Retour, Détours.
Chaleur.
Une sensation moite et collante qui semblait se coller à votre peau, qui ralentissait tous vos mouvements, qui engourdissait votre cerveau. Une chaleur caniculaire, désagréable, redoutable.
Pour la deuxième année consécutive l'Angleterre était en proie à une vague de chaleur sans précédant. Le thermomètre ne cessait de grimpé, encore plus haut, toujours plus haut, jusqu'à l'implosion.
Aucun endroit n'était assez frais, assez éloigné de l'astre solaire, même le fin fond d'une grotte, pour espérer échapper à cette vague de chaleur qui s'était abattue soudainement sur le pays à la moitié du mois d'aout. Et depuis quinze longs jours déjà, la chaleur régnait en maitre et ralentissait la vie de tout et de tout le monde.
Cependant en ce premier septembre, les écoliers anglais avaient bien dû faire avec, retrousser leurs manches, prendre leur courage à deux mains. Bref! Sortir par la chaleur épouvantable pour se rendre à l'école. Une double mauvaise nouvelle pour la plus part d'entre eux.
Cependant, pour une communauté particulière, cachée aux yeux du commun des mortels, sortir en ce premier jour de septembre n'était pas tant un problème dû à la chaleur qu'à la sécurité.
En effet, pour la communauté magique d'Angleterre, plus communément appelé sorciers, la chaleur n'était qu'une goute d'eau dans l'océan gigantesque des problèmes qui secouait le pays.
Voilà deux ans maintenant que le redoutable, hideux, méchant, tordu et accessoirement psychopathe, autrement dit que le mage noir Lord Voldemort -bien qu'il n'est pas plus de titre de Lord en réalité que de cheveux sur le caillou, mais que voulez vous mégalomane un jour... Bref le Tordu numéro un du pays avait retrouvé grâce à un sombre rituel -et deux trois meurtres au passage- un corps de rêve- hum hum- et surtout la volonté farouche de faire ce qu'il faisait le mieux : mettre le pays à feu et a sang.
Car, voyez vous, Lord Voldemort, de son vrai nom Tom Jedusor, avait une sainte horreur : les moldus (membre non-magique). Les moldus et tout ce qui pouvait se rapprocher de près ou de loin au moldus d'ailleurs. Les enfants de moldus, les traditions moldues, les villes moldues, les sorciers ayant eu à un moment donne un moldu dans leur arbre généalogique- assez hypocrite a vrai dire car ce cher Voldemort avait pour père un moldu. Mais peut être se détestait il lui même après tout, personne n'était assez tordu pour comprendre ses motivations et surtout pour aller les lui demander. Non vraiment. A moins de vouloir finir six pieds sous terre après avoir été longuement, très longuement torturé. On ne questionnait pas un mage noir : on pliait devant lui ou on mourrait point barre.
Depuis son retour donc Voldemort avait repris son funeste dessin et donc, depuis un peu plus d'un an maintenant, raid de toutes sortes, attentas, enlèvement, massacres divers et varié étaient devenus le lot presque quotidien de la population magique anglaise.
Autant dire que sortir n'était pas un problème parce qu'il faisait chaud, plutôt parce qu'on n'était pas sur que ce soit sa dernière action: sortir.
Fort heureusement pour la Communauté Magique d'Angleterre, un espoir subsistait comme la lumière solitaire d'un phare guidant les voyageurs perdus au cœur de la tempête : Poudlard.
Poudlard. Le château de Poudlard. Un édifice vieux d'un peu plus de mille ans, créé par quatre sorciers talentueux de l'époque qui avaient eu pour ambition et d »sir commun d »éduqué leurs paires à l'art sacré de la magie à une époque où être né sorcier était un aussi bon présage qu'être né mort. En effet, en cette illustre période que les historiens s'accordaient à appelé le Moyen Age, être doté de pouvoirs magiques n'était certes pas bien vu par le commun des mortels et si vous aviez le malheur d'exercé vos pouvoirs devant le dit commun de mortel il y avait de fortes chances pour que vous le deveniez dans l'instant… mortel. Brulé, écartelé, torturé, éviscéré et autres joyeusetés étaient dès lors le programme de votre avenir. Très court votre avenir si vous aviez la chance d'avoir une mort brève et sans bavures, ce qui n'était malheureusement pas le cas de tout le monde.
A cette époque où la chasse aux sorciers était devenu un sport international plus ardemment suivi que les jeux olympiques de nos jours, éduqué les jeunes générations de gens doués pour la Magie avait donc été une priorité. Une priorité et un salut : c'est d'ailleurs de cette époque fort redoutable pour la population magique qu'était née la crainte et la méfiance vis-à-vis des moldus. Ce qui dans le fonds comme dans la forme était compréhensible. (Ne pas comprendre que la société moldue ait évolué en un millénaire l'était certes moins.)
Bref ! Les quatre sorciers illustrent portant le nom de Godric Griffondor, Rowena Serdaigle, Salazar Serpentard et la douce Helga Poussoufle avaient donc crée Poudlard comme un phare contre les ténèbres de l'extérieur pour les sorciers et quelques mille ans plus tard le château le demeurait encore. Bien qu'aujourd'hui l'ennemi ne soit plus armé de fourches et de bûchers mais de baguettes magiques et de potions.
Guerre fratricide, la population magique se divisait, se tuait, se massacrait. Et Poudlard, seule école de magie du pays, avait décidé de garder ses portes ouvertes à tous les jeunes sorciers de onze à dix-huit, sept années où ils seraient protégés du monde extérieur, quelques soient leurs croyances, leurs origines, leurs races.
Du moins cela était la théorie. Dans la pratique bien, que tous soient les bienvenus au château, le directeur actuel de l'école n'était nul d'autre que le grand Albus- quinze prénoms plus tard- Dumbledore, leader de la Lumière, vieil homme excentrique de 100 ans et des poussières et seule icône restante du cote du Bien pour vaincre le Mal a.k.a. Voldy-le-Mage-Sociopathe-évoqué-plus-haut. Autant dire que « la liberté de croyances » n'était pas vraiment d'actualité dans le contexte particulier de l'Angleterre Magique actuel.
Cette rentrée scolaire était donc particulière cette année encore et c'est certainement pour cela que malgré le danger imminent, malgré la menace que sortir soit leur dernière action avant de retrouver leurs ancêtres plus rapidement que prévu, nombres de sorciers et sorcières avaient tenus à accompagner leurs enfants sur le quai 9 ¾, gare de King Cross, afin de mettre la dite progéniture dans le train qui les conduiraient vers l'eldorado, la sécurité, l'endroit le plus sûr d'Angleterre avec Gringott la Banque des sorciers –mais avouez qu'il était plutôt difficile de demander à être enfermé dans son coffre pour une durée indéterminée.
C'est donc dans cet univers chargé de monde, de cris et de tensions, au milieu d'une foule dense et collante, moite et transpirante, que se trouvaient différents adolescents, tous âgés d'une quinzaine d'années au minimum, qui allaient se rendre pour leur sixième année à l'Ecole de Sorcellerie de Poudlard, Ecosse, Angleterre.
OoOoO
Jouer des coudes. Voilà un exercice auquel le garçon commençait malgré lui à être habitué. Pas que cela ait été dans son éducation, dans aucune de ses éducations. Se faire le plus petit possible, le plus discret possible avait clairement été l'objectif principal de la première. Quand à la seconde, autant le dire tout de suite : bousculer les gens ne correspondait pas vraiment aux attentes, dans quelques circonstances que cela soit.
Sauf qu'aujourd'hui tous ses principes d'éducation d'où qu'ils viennent, devaient bien finir remisés au placard s'il voulait pouvoir accéder au train avant que celui-ci ne parte.
Une foule dense, presque compacte avait pris place sur le quai. Il lui semblait que toute l'Angleterre s'était rassemblée en ce lieu à cet endroit précis à l'heure dite. Une idée complètement idiote. Pas parce qu'irréalisable mais parce que cela donnait tout simplement le rassemblement le plus idiot de l'Histoire. On était en guerre oui ou non ? Sérieusement les gens étaient-ils si stupide ? Quelle belle cible ils faisaient là pour le parfait attenta ! S'il n'avait pas su que de nombreux enfants des partisans de Voldemort lui-même devaient également monter dans le train ce jour là et qu'ainsi attaquer le quai serait prendre le risque de perdre de futures troupes toutes fraiches, l'adolescent était certain qu'il aurait tourné les talons et couru très loin en voyant cette foule.
Quoi que l'idée de se sauver n'était peut être pas complètement stupide. Après tout Voldemort avait attaqué l'école de sorcellerie l'année précédente avec une armée de zombies –excusez du peu. Or il était un fait reconnu que les zombies ne faisaient aucune différence entre les êtres humains qu'ils voyaient tous comme de potentiels futurs casse-croutes, suivants de Voldy ou non. Et lui-même le savait bien pour avoir faillit finir en casse-croute des dits zombies malgré « l'allégeance » de son père au taré de service.
Retenant un frisson devant l'impression qu'une immense cible rouge et blanche clignotait au-dessus de leurs têtes à tous, le garçon remonta la bretelle de son sac sur son épaule et, prenant une grande inspiration, se remit en mouvement pour traverser la foule, donnant des coups de coudes à gauche et à droite.
C'est dans des moments pareils qu'ils détestaient profondément ses parents. Vraiment. Qu'elle idée ils avaient eu de mélanger leurs gènes d'espèces différentes pour le créer lui. Il était beau le résultat. Seize ans, un mètre cinquante-cinq centimètres –oui il avait rétréci pendant l'été, le simple souvenir de ce fait le faisait grogner très profondément-, un physique de poids plume et une gentillesse qui l'empêchait de taper trop fort dans les côtes de ses voisins. Voisins adultes, entendez un bon mètre quatre vingt au garrot, qui ne le calculaient donc pas du tout et lui bloquaient- souvent-le passage.
Respirant de nouveau profondément pour s'empêcher de hurler de frustration, l'adolescent d'origine slave avança encore d'un petit mètre avant de se faire bousculer, très fortement, sur la gauche et de se retrouver projeté par terre, dans l'indifférence générale.
S'en était assez pour ses nerfs. Il avait beau être le garçon le plus gentil et poli que son frère et sa sœur ait connu en plusieurs siècles de vie, il n'avait dormi que cinquante-deux minutes exactement et sa patience avait atteint ses limites.
Appuyant ses mains sur le sol pour se relever, Eiden Zachary Snape, se concentra une seconde et disparu dans un tourbillon de flammes….
Pour réapparaitre quatre mètre plus avant, faisant faire un bond de surprise à deux femmes anglaises d'un certain âge qui papotaient à deux pas d'une des portes pour accéder au train, leurs énormes postérieurs bouchant la vue.
« Veuillez m'excuser, chères grosses truies » énonça le garçon dans un russe parfait avec un sourire charmant en montrant la voie.
Les deux femmes se poussèrent en gloussant comme des lycéennes devant son ton et son visage, sans avoir conscience une seule seconde qu'elles venaient en réalité d'être insultées. Des fois êtres un serpentard avait ses avantages…
Soupirant de nouveau, Eiden attrapa la rampe intérieure du train pour se hisser dedans… juste pour être bousculé de nouveau par la droite cette fois. Déséquilibré le garçon perdit l'équilibre et….
OoOoO
La rentrée des classes.
Enfin.
Oui honnêtement enfin ! Elle n'en pouvait plus. C'est pourquoi elle était heureuse de retourner enfin à l'école.
Ses camarades de classe, qui croyaient assurément la connaître, n'auraient certainement même pas été choqués à l'idée que elle, Hermione Jane Granger, soit heureuse de reprendre les cours. Après tout elle avait gagné au cours de ses cinq premières années d'enseignement une réputation de Miss-Je-Sais-Tout, pour qui l'école était plus importante que tout le reste. Quelle surprise alors à la savoir contente de reprendre les cours ? Aucune, absolument aucune.
Sauf qu'Hermione n'était pas contente du fait qu'elle allait de nouveau recevoir l'enseignement de ses professeurs, mais parce qu'elle n'allait simplement plus devoir le supporter 24h/24.
Lui qui ? Eh bien nul autre que le fardeau de son existence depuis un long, très long, interminable, mois, son meilleur ami masculin de chez les rouges et ors, Ronald Billius Weasley en personne.
Et franchement heureusement pour lui que la rentrée des classes avaient lieux aujourd'hui et non pas demain car la jeune femme aux cheveux bruns n'était pas sûre qu'elle aurait tenu une journée de plus avant de lui lancer un sort en pleine face, méchant le sort de préférence.
Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas et elle était triste en même temps. Il semblait juste que le fait de grandir les avait éloignés, tous les deux, tous les trois. Rien n'était vraiment plus pareil depuis la mort d'Harry James Potter et l'apparition d'Eiden Zaccary Snape à la place. Rien, vraiment.
Son premier ami, son petit frère de cœur, était officiellement mort. Et même si en réalité il avait juste changé d'identité –repris son identité première aurait été plus exact- les relations qu'ils avaient autrefois partagées avaient changées. Ils n'étaient plus en cours ensemble, ils ne passaient plus leur week-end, leurs vacances ensemble… Ils étaient amis toujours, Merci Merlin !, mais Eiden n'était pas Harry, plus Harry.
Eiden était plus calme, plus doux, plus timide aussi. Cette énième épreuve l'avait changé, profondément. Et même si elle le comprenait, même si elle l'acceptait comme il était maintenant, toujours aussi gentil et prévenant avec elle il n'empêchait que des fois, des fois elle aurait bien voulu que tout redeviennent comme avant.
Leurs aventures un peu folles, leurs soirées passées à rattraper le travail en retard des garçons, leur amitié d'avant.
Mais autant l'amitié avec Eiden s'était modifiée autant celle avec Ron semblait disparaitre, diminuer, s'éteindre.
Il n'était plus le garçon qu'il était quand il avait 12 ans. Ou plutôt si, il l'était encore. Aussi prompt à se mettre en colère, aussi prompt à juger sans savoir, aussi enfantin. Elle ne l'était plus, Eiden ne l'était plus. Ils avaient grandis, muris, contrairement à Ron. Ron qui restait un peu sur le bord de la route. Ron qu'elle ne reconnaissait plus. Ron qu'elle ne supportait plus par moment.
Elle était attachée au garçon vraiment. Il avait été son premier béguin. Il avait été son partenaire de crimes avec Harry. Il avait été Ron, le gentil Ron.
Maintenant. Maintenant il n'était plus le gentil Ron. Colérique. Agressif. Méchant. Ignorant. Cassant. Fâché, définitivement fâché avec Eiden après l'avoir traité comme la pire des trainées que le monde ait pu porter. Pour rien. Pour absolument rien. Ron n'avait pas demandé pardon. Au contraire son comportement vis-à-vis du jeune russe avait été de mal en pis. Le garçon était tellement encré dans ses préjugés que cela lui avait fait perdre son meilleur ami… et que cela était en train de la lui faire perdre elle aussi.
Un mois. Un interminable mois où elle avait dû se retenir de lui hurler dessus quand elle l'entendait parler des serpentards comme étant le mal incarné, tous les serpentards. Un mois entrecoupé du récit de sa vie de couple avec Lavande Brown. Pas qu'elle n'aimait pas Lavande, elles ne vivaient juste pas sur la même planète. Lavande était superficielle, girly. Hermione était terre à terre, réaliste.
Et sans Harry pour servir de tampon, sans la patience et la gentillesse de son petit frère de cœur, Hermione n'avait bientôt plus pu supporter les discours rétrogrades du roux.
Ils étaient en guerre. Ils étaient en guerre oui ! Mais que savait il lui de ce que s'était de naitre du mauvais côté de la ligne, dans le mauvais camp ? Fils de griffondors depuis des générations ? Adulé, aimé, positivé par le peuple sorciers en général. Courageux.
Courageux ! Mais où était le courage ? A continuer de faire ce qu'on avait toujours fait ? De croire ce qu'on avait toujours cru ? Ou dans la force de quitter sa famille, de laisser tout derrière : amis, éducation, parents, frères, sœurs, parce qu'on se rendait compte un beau jour qu'ils faisaient fausse rousse ?
Qui était le plus courageux des deux : le griffondor qui assumait son rôle ou le serpentard qui pour la paix du monde trahissait le sien ?
Oui Hermione avait murie, grandie. Elle avait su aller au delà des préjugés, au delà des coups bas qu'on avait pu lui faire lors de ses premières années au collègue. Elle avait pardonné. Simplement pardonné des années de bourrage de crâne intolérants sur des enfants innocents, les transformant en montres d'égoïsme et de racisme. Elle leur avait pardonné, à ceux qui en valait la peine. Et elle espérait du profond de son cœur qu'ils les pardonnent eux un jour. Qu'ils pardonnent la froide indifférence, la répulsion dont on faisait preuve à leur égard dès que le choixpeau magique criait « seprentard » comme s'il avait crié « maléfique ».
Oui Hermione avait grandi, Eiden avait grandi seul Ron n'avait pas grandi et aussi douloureux que cela soit de quitter un chemin parcouru bras-dessus, bras-dessous, durant plusieurs année, Hermione sentait qu'elle, qu'ils, étaient à un croisement et qu'aussi certain qu'elle prendrait une direction, Ronald lui prendrait l'autre…
OoOoO
« Salut toi ! » murmura t il en embrassant rapidement et discrètement le petit adolescent dans le cou, respirant son odeur.
Merlin qu'il lui avait manqué ces huit dernières semaines !
Petit adolescent absolument adorable et magnifique dans son jean noir et son t-shirt à manches courtes vert foncé qu'il avait rattrapé au vol une seconde plutôt. Adorable adolescent au physique androgyne qui était accessoirement son petit ami depuis plusieurs mois maintenant.
« Draco ! » siffla le garçon d'un air à la fois soulagé et légèrement en colère.
Le jeune slave se redressa rapidement et jeta un rapide coup d'œil autour d'eux avant de lui jeter un regard d'avertissement boudeur… totalement craquant. Le blond eut un simple sourire en réponse et le fils du directeur de la maison des verts et argents se contenta de rouler des yeux.
Il était arrivé une bonne heure plus tôt sur le quai. Son père, ayant anticipé la foule, l'avait transplané directement sur le quai ne souhaitant pas que son héritier ait à frayer avec les traitres à leurs sangs et les moldus. Depuis lors, Draco avait eu largement le temps de trouver un compartiment pour lui-même et ses amis, d'y déposer ses affaires et de bouquiner. Pansy et Blaise étaient arrivés un quart d'heure après lui, et Théodore une vingtaine de minutes après les deux autres. Il ne manquait donc plus que le jeune slave et les amis avaient décidé d'un commun accord que chacun d'entre eux surveillerai un coin du quai pour repérer leur ami et le guider, la foule n'ayant cessé de grossir encore et encore depuis leur arrivée.
Une chance pour Draco, il avait entendu la voix si particulière de son petit ami s'exprimer en russe une minute plus tôt et s'était naturellement dirigé vers lui quand il l'avait vu se faire pousser assez brutalement par un groupe d'adultes qui n'avaient même pas remarqué qu'ils l'avaient fait tomber, tout occupés à leur conversation. Le blond s'était pressé et n'avait dû qu'à ses réflexes d'attrapeur de rattraper le brun avant qu'il ne tombe et se fasse très mal.
« Besoin d'aide ? » proposa le préfet en attrapant le sac à dos de sa moitié. « T'as l'air crevé Eiden » rajouta t il plus sérieux et inquiet maintenant.
Il faut dire que lorsqu'ils s'étaient séparés pour les vacances deux mois plus tôt, le jeune brun se remettait difficilement d'une grave blessure qui avait manqué de le tuer lors de la fin de l'année. Pour être exacte, le garçon était même techniquement mort pendant un peu plus d'une minute. Et bien que ce dernier ait récupéré un peu de couleur et surtout n'arbore plus des veines violettes et apparentes, ses cernes et sa démarche quelque peu ralentie n'étaient pas des plus réconfortante.
« Pas dormir assez » soupira le brun dans un anglais décousu avant de saisir de nouveau la rampe et de grimper à bord en grimaçant légèrement.
« T'es blessé ? » demanda immédiatement Draco en grimpant juste derrière lui, posant discrètement une main dans le bas de son dos pour le retenir au cas où.
« J'ai pas arrêté… Merde ! Eiden anglais… pardon Dray. Juste quelques … heu… bous…bousculades hum ? »
« Tu t'es fait bousculer ? Tout le long de cette foule ? »
« Hum da. S'être difficile de euh…tu sais tra…hum… euh… tra… »
« Traverser ? » proposa le préfet en dirigeant doucement son petit-ami vers leur compartiment, s'amusant malgré lui de l'anglais décousu du garçon.
C'était une chose à laquelle chacun des cinquièmes années de serpentards avaient dû s'habituer l'année précédente dans leur dortoir et qui aujourd'hui faisait parti de leur quotidien. Eiden était bilingue anglais/russe mais se mélangeait un peu les pinceaux quand il n'avait pas parlé anglais pendant plusieurs jours de suite et/ou qu'il n'avait pas assez dormi. Au départ cela avait été quelque peu déconcertant, maintenant qu'il y était habitué, Draco trouvait juste cela mignon. C'était quelque chose de typique à son petit ami et comme il adorait le brun….
« Da. Traverser cette peuple. Trop, beaucoup trop de gens ici aujourd'hui niet ? »
« Ouais, on a pensé pareil. Mais tu t'es fait bousculer beaucoup ? T'as mal quelque part ? »
« Hum da oui une petite peu. Je aurai sûrement euh bleus mais ça pas être trop grave. Pas t'inquiéter okay ? »
« Okay », répondit Draco en poussant la porte de leur compartiment et en s'effaçant pour laisser le brun entrer. Pansy et Blaise étaient revenus s'asseoir quelques instants plus tôt et ils accueillir le brun à grand coups de câlins et de bavardages.
La vie reprenait son cours après la coupure des vacances…
OoOoO
Il ne voyait pas vraiment où tout cela allait les mener. Vraiment. Il ne voyait pas.
Bien sûr il comprenait certaines des motivations sous-jacentes. Il comprenait l'enjeu. Il comprenait la menace aussi. Il n'était pas idiot.
Non on ne devenait pas la figure de proue de la Lumière pendant plus d'un demi-siècle en étant complètement stupide.
Seulement il n'aimait pas les machinations, les manipulations. Un comble auraient dit beaucoup. Oui un comble et le pire c'est qu'il en était parfaitement conscient. Il n'aimait pas être manipulé alors qu'il passait ses journées à manipuler les autres. La loi de l'arroseur arrosé certainement.
Lissant sa longue barbe, Albus Dumbledore s'autorisa à prendre un bonbon au citron avant de tourner de nouveau son regard bleu ciel sur la missive qui l'avait fait tant réfléchir depuis son arrivée, quelques jours plus tôt.
Aussi étrange que cela aurait pu paraitre étant donné ses actes, Albus n'aimais PAS manipuler son entourage. Il n'aimait pas les machinations politiques quelles qu'elles soient. Il n'aimait pas les plans tordus et autres stratagèmes. Ils étaient nécessaire voilà tout. Juste nécessaires. Vous n'aviez pas d'autre choix que de louvoyer quand vous étiez au milieu des loups. Et Albus avait toujours à cœur l'intérêt du plus grand nombre. Pour le plus Grand Bien. Tel était son mantra. Même si parfois, souvent, cela lui faisait laissé à contre cœur des gens au bord de la route. Même si parfois cela amenait des souffrances individuelles.
Etre la figure de proue d'un clan, qu'on l'ait choisi ou non n'était pas une chose aisée. C'état vers lui qu'on se tournait pour les conseils, les avis, les démarches. C'était en lui que les gens voyaient un homme sage capable de répondre à toutes leurs questions, tous leur maux. C »était lui qui avait cette immense responsabilité que de faire en sorte que le monde reste sur des rails acceptables. A lui seul.
Et souvent, très souvent, cette lourde charge lui pesait bien lourd sur les épaules.
Soupirant d'un air résigné, le vieux directeur de Poudlard pris sa plus belle plume et signa son accord qu'il renvoya immédiatement par le biais de l'aigle qui était docilement perché sur le rebord de son bureau depuis 5 jours, sans bouger, attendant sa réponse.
Etre le leader de la Lumière n'était pas une chose simple qu'on l'ait choisi ou non. On ne pardonnait pas facilement les erreurs aux hommes qu'on avait soit même chargé de garantir la paix, à qui on avait soit même donné une aura tellement nécessaire en ces temps de crises : l'Espoir.
OoOoO
Le trajet le berçait. C'était plus fort que lui. Bien qu'il soit très heureux de retrouver ses amis de serpentard et d'entendre leurs récits de vacances à chacun, le ronron des conversations et le roulis du train sur les rails le berçait et il sentait ses paupières se fermer d'elles même par moment.
Il faut avouer qu'il n'avait pas eu beaucoup de sommeil les dernières semaines. Il avait eu seize ans le 31 juillet. Cela signifiait qu'il était apte au service, en âge, et comme il était prince de sang il avait du faire son devoir militaire d'une manière accélérée et quelque peu rude. Normalement les garçons de seize ans issus de la noblesse effectuaient leur entrainement militaire pendant chaque vacance scolaire pendant leur sixième année d'études, ainsi que pendant les deux mois avant leur sixième année de manière continue. Cela se déroulait ainsi jusqu'à ce qu'ils soient jugés aptes au service en cas de conflit.
Les autres garçons non issus des classes supérieurs, effectuait leur service dès leur dix-septième anniversaire et rejoignaient leur camarades en formation.
Mais Eiden n'était pas qu'un noble, il était le prince héritier des Ombres Carmines, il devait donc être apte à contrôler l'armée, diriger des hommes plus vieux que lui et ce dès ses seize ans. S'il était resté vivre en Russie il aurait eu une formation pratique tout le long de sa cinquième année ainsi que des trois suivantes. Mais il vivait une grande partie de l'année en Angleterre. C'est pourquoi Stellania et Ivan l'entrainaient si souvent quand ils venaient en Angleterre. C'est aussi pourquoi il avait passé tout le mois d'août dans les mains d'un général de l'armée impériale russe, subissant un entrainement délité réservé aux soldats ayant déjà cinq ans de service actif. L'entrainement avait eu lieu jour et nuit pendant tout le mois d'aout, il n'avait dormi que trois heures par nuit et les conséquences s'en faisaient aujourd'hui sentir.
S'il avait été totalement honnête avec Draco, il lui aurait dit que les bousculades d'aujourd'hui n'étaient qu'une goute d'eau dans l'océan de ses courbatures. Mais son entrainement comme le grade qu'il avait obtenu la veille dans l'armée de Russie était des données top secrètes, alors il n'avait rien dit. Ça et Dray se serait inquiété inutilement.
Cependant avec toute cette fatigue accumulée plus le décalage horaire, il n'avait qu'une envie : dormir.
Draco ne l'aidait pas vraiment sur ce coup là. En effet son petit ami était assis à côté de lui et lui jouait machinalement avec ses cheveux longs tout en discutant avec ses meilleurs amis. Les gestes du blond étaient doux et répétitifs, et le corps du garçon blond était chaud par rapport à celui du brun.
Tous ses camarades de maison anglais avaient pris de jolies couleurs bronzés avec le soleil et la chaleur des dernières semaines, chaleur qu'il n'avait pas goutée en Russie. Pansy avait la peau caramel, Blaise une mine qui respirait la santé et Draco… Draco était encore plus beau avec ses cheveux qui avaient pris de nombreux reflets irisés par le soleil. Tous avaient grandis également : Pansy le dépassait d'une bonne tête et les garçons avaient tout deux dépassé le mètres quatre-vingt. Eiden faisait vraiment crevette à côté d'eux. Heureusement comme ils avaient tous eu une poussée de croissance pendant l'été, aucun n'avaient pour le moment remarqué que lui avait perdu trois centimètre, une conséquence de l'arrivée de son héritage elfique. Ça, la capacité de parler une autre langue, les oreilles légèrement pointues qui étaient heureusement cachées par ses longs cheveux et le besoin d'aller se promener régulièrement pied nus en forêt bien sûr…
La dernière pensée consciente qu'eu Eiden avant de s'assoupir fut que les choses bizarres n'arrivaient vraiment qu'à lui...
OoOoO
Eiden s'était endormi. Finalement. Il l'avait observé lutter contre le sommeil les trois dernières heures mais finalement celui-ci l'avait gagné. Et il avait sombré dans le sommeil. Endormi contre l'épaule de Draco qui était assis à côté de lui et qui jouait machinalement avec les cheveux du petit adolescent tout en discutant avec Pansy. On aurait dit que ses mains jouaient avec les mèches brunes sans même qu'il n'en ait conscience, Pansy non plus ne semblait pas s'en rendre compte.
Tous les deux étaient plongés profondément dans leur conversation, conversation à propos de leur fiançailles qu'ils envisageaient sérieusement de rompre à la fin de cette année, ils seraient tous deux majeurs d'ici l'été prochain et aucun des deux ne voulaient être mariés l'un à l'autre. Pansy ne disait rien mais son regard parlait pour elle : elle avait trouvé quelqu'un surement. Elle le leur présenterait quand elle serait vraiment sûre et certaine que c'était le bon, la bonne personne pour elle. Quand on était né dans une famille d'aristocrates, fille qui plus est, on ne pouvait se permettre d'erreur dans ses choix amoureux. Se tromper c'était courir le risque d'être malheureuse ou d'être ridicule. Une aristocrate non mariée à 20 ans était déjà considérée comme has been, vieille fille ou pire ayant une vertu douteuse, ce qui expliquerait qu'elle soit toujours célibataire. Et autant aucun des deux amis d'enfance ne voulait se marier l'un à l'autre, autant Draco ne voulait pas que la rupture de leurs fiançailles soit le prétexte qu'attendraient les mauvaises langues pour salir la réputation de celle qu'il considérait comme sa sœur. Il leur faudrait être patient. Etre patients et stratégiques.
Quand à Draco, il était étrangement silencieux vis-à-vis de ses histoires de cœur depuis presque six mois maintenant, depuis sa dernière histoire. Il semblait s'être lassé, ou blessé peut être. Il ne cherchait personne. Mais il n'avait pas l'air malheureux pourtant, non il avait l'air presque et bien presque heureux ainsi, surtout depuis la fin du mois de mai, juste avant les examens.
Blaise eut un sourire attendri malgré lui en regardant son meilleur ami et le petit nouveau qu'il avait appris à considérer et à aimer comme un autre frangin.
Ils étaient mignons ainsi. Ils auraient certainement fait un beau couple.
Seulement ses deux amis étaient amis, c'est tout. Et même si Blaise était certain que le blond préférait les garçons, il n'avait aucune idée des préférences du brun. Ça et les pousser dans les bras l'un de l'autre aurait été un trop grand risque que quelque chose se passe mal et qu'ils perdent cette belle amitié qu'ils partageaient.
Dommage, ils auraient vraiment été mignons ensemble : le petit brun et le grand blond, le jeune étranger chaleureux et l'aristocrate si froid d'apparence. Tout en contraste, tout en nuance. Oui ça aurait été assez intéressant.
Blaise soupira.
Il n'avait jamais été bon pour créer des couples, il se trompait très-trop- souvent et puis il aimait ses amis et ne tenait pas à ce qu'ils soient malheureux ou qu'ils souffrent.
Dommage. Ils auraient vraiment été mignons tous les deux.
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Eiden s'était endormi contre lui. Il l'avait senti au moment où sa tête s'était faite plus lourde dans le creux de son épaule. Le garçon était crevé, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Pourtant il avait lutté contre le sommeil, il avait vraiment lutté au début du trajet. Comme s'il ne voulait pas les déranger en dormant. Ridicule.
Pansy avait eu un bref sourire, une seconde seulement, en remarquant qu'Eiden dormait quelques minutes après lui, cependant ils avaient poursuivis leurs conversation comme si de rien n'était.
Seulement ça faisait maintenant une heure qu'Eiden dormait et Draco devait partir dans moins de dix minutes faire sa tournée d'inspection, préfet oblige. Pansy y était actuellement, Théodore était passé quelques minutes les saluer avant de rejoindre sa petite ami, Emilie, une adorable serdaigle qu'il fréquentait depuis deux ans. Leurs parents respectifs parlaient d'ailleurs de fiançailles. Et quant à Blaise, le garçon s'était absenté une minute plutôt pour aller aux toilettes.
Draco n'avait donc pas le choix, il devait forcément réveiller Eiden pour se dégager et partir. Mais il avait aussi l'avantage de ne pas avoir de témoins pendant quelques minutes. Aussi décida t il d'utiliser la manière douce, quitte à avoir les gros yeux une fois de plus aujourd'hui. Eiden ne voulait pas qu'on sache qu'ils étaient ensemble, pas parce qu'il avait honte de lui, d'eux, mais parce qu'en ces temps de guerre se serait tendre trop facilement le dos aux mauvaises nouvelles.
« Eiden » murmura le blond en caressant doucement la joue du serpentard endormi. « Eiden babe, ouvres les yeux. »
« hum… » grogna le garçon en remuant légèrement, arrachant un sourire à son petit ami.
« Allez Babe faut émerger », secoua gentiment Draco.
Jetant un rapide regard pour s'assurer que personne n'était dans le couloir, le blond se pencha vers son petit ami et posa rapidement ses lèvres sur les siennes.
Les yeux verts et saphir de son amoureux s'ouvrirent, plein de sommeil, et le garçon le regarda d'un air un peu à côté de la plaque.
« Dray ? »
« Faut que j'aille faire ma ronde Eiden » expliqua le blond en aidant le brun à se redresser quelque peu, le garçon grimaçant à chaque mouvement, visiblement courbaturé. « Pansy va revenir d'ici cinq minutes et Blaise devrait pas trop tarder, il est parti faire une pause technique comme dirait l'autre. »
« Hum ? »
« Toilettes Eiden, il est parti aux toilettes. »
« Hum da. Okay Draco. Tu reviens après ? »
« Excuses Eiden, je parle pas russe, tu disais ? » releva Draco avec un sourire amusé, son petit ami n'avait encore une fois pas connecté qu'il ne lui avait pas répondu en anglais.
Ce dernier grimaça d'ailleurs légèrement de sa bourde et plissa le nez, réfléchissant visiblement à la traduction de sa phrase. Ne trouvant pas après une minute, il se contenta d'hausser les épaules avec lassitude avant de se pencher vers le blond et de l'embrasser rapidement.
« Je reviens après okay ? Dors t'es claqué », expliqua Draco avec un sourire.
Il avait enfin eu son baiser. Rapide certes, mais tout de même. Deux mois sans embrasser sa moitié c'était définitivement trop long.
« Da, amuses toi. 'Nuit ».
« Oui c'est ça, bone nuït » répondit Draco amusé malgré lui.
C'était l'une des quelques phrases qu'il comprenait maintenant parfaitement, ayant l'occasion de l'entendre régulièrement en un an de cohabitation. Quant il referma la porte de leur compartiment deux minutes plus tard, Eiden dormait déjà profondément, callé contre la vitre et recroquevillé sur la banquette. Le blond secoua la tête, attendri et parti faire sa ronde.
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La Grande Salle était bruyante, très bruyante comme chaque année à la rentrée. Les professeurs comme les fantômes avaient eu l'air assez contents de les retrouver, une joie qui ne durerait sûrement pas mais qui faisait comme même chaud au cœur. Pansy et Blaise s'étaient assis en face de lui et il avait discrètement attiré Eiden à ses côtés. Comme l'année précédente, il avait enlacé leurs mains discrètement sous la table et caressait avec son pouce la paume de son petit ami alors que celui-ci répondait avec un sourire gentil aux différentes salutations qu'il recevait de part et d'autre de la Grande Salle.
Sa sieste dans le train lui avait visiblement fait du bien, il avait l'air plus alerte. Cela et certainement le fait que le décalage horaire ne le faisait plus être en plein milieu de la nuit mais en début d'après midi maintenant. Il était donc logiquement plus réveillé. Draco n'avait aucun doute que son petit ami serait encore décalé pour les prochains jours à venir, revenant doucement mais sûrement à un rythme de sommeil normal.
« Mes enfants ! Bienvenue à Poudlard pour une nouvelle année ! » s'exclama le directeur une fois la cérémonie de répartition finie et les petits nouveaux dispersés comme il se doit dans chacune des quatre maisons. « Je suis heureux de vous retrouver. Cette année sera je l'espère pour nous tous, une bonne année, une année qui amènera la paix et l'espoir de nouveau dans chacun de nos cœur. Je sais que cette coupure estivale à était longue pour certains, dure, douloureuse, endeuillée. C'est pourquoi, mes chers enfants, je vous demanderais de faire une minute de silence pour toutes les personnes qui nous ont quitté trop tôt ces dernières semaines, quelles qu'elles soient, quelques soit leurs origines, leurs sangs ou leur croyance. La guerre est toujours mauvaise et peu importe le gagnant au bout du compte, tout le monde y perd quelque chose. »
La Salle se fit profondément silencieuse à ce moment-là. De nombreux élèves avaient même fermés les yeux pour respecter comme il se doit l'hommage aux victimes. Toutes les tables le respectèrent. Tous. Touchés par les paroles du vieux directeur qui avait inclus, sans le dire clairement, les mangemorts tombés au combat dans leur recueillement.
« Quel que soit leurs origines, leurs sangs ou leur croyances ».
Dumbledore avait son pardon et sa paix pour les mangemorts comme pour les autres et de nombreux serpentards qui avaient su lire entre les lignes étaient choqués pour cela. Vraiment choqués.
« Sur une note plus joyeuse j'aimerai vous présenté maintenant votre nouveau profession de potions : Monsieur Slughorn ! »
A cette présentation l'ensemble des regards convergèrent vers le nouveau professeur, des murmures éclatant de part et d'autre de la salle où le nom de « Snape » revenait très souvent.
Les serpentards quant à eux avaient majoritairement tourné leurs regards vers le fils du professeur de potions, comme s'il était la clé de cette énigme.
« Le professeur Snape » repris Dumbledore un peu plus fort pour couvrir les voix et ramener le calme « Se chargera quant à lui d'enseigner le cours de Défense contre les Forces du Mal cette année. Ce sera tout pour ce soir. Maintenant chantons tous en cœur l'hymne de Poudlard ».
« Tu savais que ton père changeais de poste ? » demanda rapidement Blaise à Eiden qui secoua la tête négativement.
Son ami n'eut aucun mal à le croire : le jeune russe avait l'air aussi surpris qu'eux. Il resserra instinctivement sa prise sur la main de Draco une seconde plus tard et le blond se pencha vers lui.
« Eiden ? » murmura t il d'un ton curieux et inquiet à son petit ami en voyant que celui-ci, contrairement au reste des élèves, n'avait pas l'air de digérer la nouvelle.
« Ce… Ce poste est maudit Draco ! Maudit » répondit le jeune slave d'une voix très basse mais qui laissait transparaitre toute sa peur.
Le blond lâcha sa prise sur la main de son amoureux et se rapprocha discrètement de lui, la posant à la place sur sa cuisse dans un geste rassurant.
« Ce ne sont que des sornettes Eiden. Tout va bien se passer, tu verras. »
Le jeune slave le regarda d'un air peu convaincu alors que l'ensemble de leurs camarades continuaient de chanter d'une voix forte.
« Tout ira bien ! » insista le blond d'un ton convaincu.
