La suite, parce que je ne suis pas cruelle pour vous faire attendre une éternité (clin d'œil à Ficseuse). Vous allez en apprendre un peu plus, enfin j'en sais trop rien, peut-être pas tant que ça finalement mais vous allez au moins savoir ce qui va se dérouler après cette ignoble agression. Un rapprochement ? Une dispute ? Hum, ça reste à voir…

À EmeuX : j'aime ta façon de voir les choses en ce qui concerne les multiples tentatives qu'il aurait pu y avoir ce soir-là. Mais fais-toi une raison, Wilson est bien mort. Sinon c'est moi qui te raisonnerais :p

À Mac : eh bien voilà, la suite est arrivée et j'espère qu'elle te plaira tout autant :)

À Lola : tu as suivi les causes de tout cela et je t'en remercie. Tu es peut-être soulagée du fait que le 1er chapitre n'était pas aussi terrible que ce que tu avais pensé, mais attends avant de crier victoire parce que ce n'est pas fini. Bref, je vais me taire car l'histoire vous dira tout ;D

Sur ce, je vous laisse savourer la suite. Ou pas !

Good Read ;)

xxx


Chapitre 2

Depuis qu'ils étaient entrés dans l'appartement, il n'avait toujours pas prononcé un mot. Assis sur le canapé, son regard semblait aussi vide que le gouffre des Enfers. La jeune femme parut démunie face à l'homme qui lui tournait à présent le dos. Machinalement, elle se dirigea vers la salle de bain et en ramena la trousse de secours. Quand elle revint dans le salon, il n'avait changé ni de place, ni de position. Son expression était toujours la même et il n'avait toujours pas l'air de vouloir prendre la parole. Il ne la regarda même pas et préféra fuir son regard, comme si le simple fait de la regarder allait lui faire mal. Peut-être que c'était le cas, du moins c'est la seule explication tangible qui vint à l'esprit de la directrice. Agenouillée devant lui, elle ouvrit la boîte et en sortit du coton et un flacon d'alcool qu'elle déposa sur la table basse. Il sentit son regard peser sur lui avec insistance et compris qu'il fallait qu'il ôte son T-shirt, ce qu'il fit sans rechigner. Il avait toujours l'esprit encore un peu embué par l'alcool mais avait toutefois retrouvé certaines facultés de sobriété. Examinant la plaie avec minutie, elle finit par pivoter légèrement et imbiba le coton d'alcool qu'elle appliqua ensuite sur la coupure. Bien que son geste ne fût que purement professionnel, elle ne pouvait s'empêcher d'être tentée de caresser sa peau. Elle se surprit d'ailleurs à un moment donné à l'effleurer du bout du doigt. Se rattrapant presque aussitôt, elle continua sa tâche dans autant de précision que de délicatesse. Mis à part un léger tressaillement au début, il ne broncha pas une seule fois même si la moue de sa bouche trahissait l'absence d'une quelconque douleur.

Pourquoi êtes-vous allé là-bas ?

Elle attendait une explication franche de sa part mais bien entendu elle n'arriva jamais. Soupirant d'un bruit quasi inaudible, elle ne s'offusqua pas vraiment de son envie de ne rien vouloir dire qui en fin de compte répondait parfaitement à sa question et ne l'étonna pas. Une fois qu'elle eut désinfecté l'entaille, elle le pansa de compresses et rangea le matériel avant de se relever et de disparaître une fois de plus dans la salle de bain. A pas feutrés, il la rejoignit et elle sursauta lorsqu'elle se retourna et le vit tout près d'elle.

Vous devriez aller vous coucher. Conseilla-t-elle d'une voix mal assurée, un peu timide.

Contrairement à quelques minutes plus tôt, son regard était plongé dans le sien et elle en devint quelque peu troublée. Sans le quitter des yeux, elle posa une main sur son épaule gauche toujours dénudée et se mit sur la pointe des pieds afin de déposer un léger baiser au coin de ses lèvres, sur la commissure.

Je vais rester ici cette nuit.

Il acquiesça et finit par prendre le chemin de sa chambre. Restant un instant immobile au centre de la petite pièce, elle se reprit et quitta cette dernière en direction du canapé. S'asseyant, elle resta quelques minutes les yeux dans le vague en repensant à ce qui s'était passé il y a quelques semaines.

Flash Back

Il se tenait au parapet. Sa main était tellement contractée sur celui-ci qu'elle lui en faisait mal. N'ayant pas conscience de tout, il se qualifiait mentalement de tout ce qui lui passait par la tête. Ça avait fait l'effet d'une bombe, aussi bien dans son cœur que dans son esprit. Il n'avait en fait jamais été à la hauteur, ce qui constituait pour lui une terrible déception. Pourtant, il avait toujours été doué d'une certaine persuasion pour convaincre qui que ce soit. Bizarrement, ça n'avait pas eu l'effet escompté cette fois-ci…

Elle le cherchait du regard. Son inquiétude était telle qu'il lui sembla avoir momentanément perdu le contrôle. Se frayant un passage entre les diverses personnes qui se trouvaient dans la grande pièce à l'atmosphère étouffée et angoissante, elle sortit dehors presque précipitamment. Ses yeux se fixèrent sur lui, un peu plus loin sur sa droite. Avec une profonde inspiration, elle s'avança vers la terrasse où il se trouvait et vint doucement se placer à ses côtés, un peu à distance. Elle le regarda discrètement, presque en se demandant si elle allait avoir droit ou non à une quelconque remarque de sa part.

Sans détourner les yeux vers elle, il lui dit simplement d'une voix rauque et faible à la fois qu'il était désolé de tout ça, qu'il s'en voulait mais que rien ni personne ne pourrait changer ça. Sa lèvre inférieure prisonnière entre ses dents, elle finit par se rapprocher prudemment de lui et posa une main sur son épaule. Il n'avait pas la force de résister. Il ne voulait pas qu'elle le voie dans cet état mais il était incapable de l'en empêcher. Lentement, il finit par se tourner vers elle mais ne la regarda pas. Délicatement, elle lui releva le menton et il plongea ses yeux rougis dans les siens. C'était une dure confrontation mais ils en avaient tous deux besoin. Sa main glissa le long de sa joue rappeuse avant de se stopper et son pouce ne cessa de faire des va-et-vient au niveau de sa pommette. Dans ce contact qui se voulait réconfortant, il comprit aussi qu'elle serait toujours là pour lui.

… … …

Malgré un déplaisant sentiment qui la rongeait comme les intempéries causent la corrosion des roches, la fatigue était tellement présente et tenace qu'elle ne mit pas longtemps à plonger dans le sommeil absolu.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, le soleil avait déjà quitté l'horizon et faisait gaiement danser sa clarté sur son visage. Elle se redressa quelque peu et le trouva appuyé contre l'encadrement de la porte, un grand verre d'eau à la main et les yeux rivés sur elle. Après s'être longuement observés, il finit par prendre la parole.

Du café ?

Son interlocutrice acquiesça et il lui tourna le dos en portant le verre à ses lèvres avant de s'absenter à peine une minute.

Vous allez bien ?

J'ai un mal de crâne atroce et de légers picotements au torse. À part ça, tout va bien.

Elle grimaça à l'entente de ses propos qu'elle qualifia comme étant volontairement choisis. Il savait parfaitement de quoi elle voulait parler, et elle savait qu'il avait fait exprès de parler d'autre chose. Elle but une gorgée du liquide chaud en réalisant qu'il fuyait encore une fois devant ses vrais problèmes. Toutefois, elle ne voulait pas qu'il s'en tire de cette manière, pas cette fois.

Vous savez que ce n'est pas de ça que je parle.

Tout va bien je vous dis.

Non, House, tout ne va pas bien ! Dit-elle en posant sa tasse et en se levant.

Debout devant lui, elle remarqua la gêne s'installer rapidement dans son regard et ne put en détacher les yeux. Il resta sans réaction, sans la moindre expression mis à part celle qui flottait dans ses yeux d'un bleu à présent presque limpide. Le visage de la jeune femme paraissait étrangement impavide et pour le moins des plus déterminés, ce qui le rendit nerveux. Préférant qu'elle n'en sache rien, il dévia son regard et ses épaules s'affaissèrent comme si le simple poids de cette situation était insupportable en tout point de vue.

Je ne vais pas vous laisser comme ça.

Et vous comptez faire quoi, hein ?

Démunie, elle ne baissa néanmoins pas les yeux pour éviter qu'il pense par la suite qu'il a gagné une fois de plus. Cependant, la situation pouvait s'assimiler comme telle car elle ne trouva rien à lui répondre. Les yeux obstinément plongés dans les siens, elle semblait s'y perdre tout en ressentant une nouvelle fois ce même sentiment qui l'avait traversé la veille. Difficilement, elle déglutit en repensant à ce douloureux épisode de leur vie et il paraissait être en phase avec ses pensées. Ne pouvant supporter cette lueur qui dansait d'un air malveillant au fond de ses pupilles, il dévia son regard et voulut définitivement en avoir fini avec cette conversation qu'il savait sensible. Elle le savait aussi, pourtant elle essaya de la poursuivre.

Vous n'êtes pas le seul à en pâtir. Wilson v…

Taisez-vous ! S'énerva-t-il soudainement en se retournant vers la jeune femme qui, bien qu'elle connaissait les risques qu'elle encourrait, fut assez surprise de sa réaction.

Il était près d'elle, tout près. Les traits durcis, les poings serrés le long de son corps, son regard était menaçant et sur le coup elle en était tétanisée, presque transie. Elle ne savait plus comment réagir, ne savait plus quoi faire pour tenter de le calmer. Elle pouvait aisément distinguer les veines se gonfler au niveau de ses tempes et imaginait le flux nerveux de sang qui devait y circuler. Le souffle coupé, elle se rendit compte qu'elle ne l'avait probablement jamais vu comme ça. La bouche entrouverte et les yeux arrondis de stupeur, elle ne put bouger malgré l'envie qu'elle avait de s'écarter de lui. Il prit presque brusquement conscience de l'état dans lequel elle se trouvait et baissa le regard avant de lui tourner le dos, sans un mot. Immobile encore un instant, elle reprit ses esprits et, en ayant l'impression que quelque part elle devait sûrement être suicidaire, s'avança dans la cuisine et lâcha d'une voix basse :

Je suis désolée, House. Je ne voulais pas…

N'en parlez plus. Fit-il toujours dos à elle.

Sans insister, et bien qu'il ne la vit pas, elle acquiesça avant de retourner dans le salon récupérer ses affaires. Il était figé, comme paralysé par son propre comportement. Il en vint même à se demander s'il ne s'effrayait pas un peu lui-même. Elle eut soudainement un sentiment de panique associé au souvenir qui lui revint en tête et le son de sa voix s'élevant une nouvelle fois dans l'appartement le fit tressaillir.

Vous voulez que je vous dépose récupérer votre moto ?

Non, ça ira… Je prendrais un taxi.

À sa réponse qui ne l'étonna pas beaucoup, elle revint à l'entrée de la cuisine.

Je vous laisse votre journée, reposez-vous.

Il ne répondit rien et continuait de ne pas lui faire face. Finalement, elle finit par s'éclipser et rentra chez elle avant de partir pour Princeton Plainsboro.

TBC