La suite, comme d'habitude plein de blabla pour ne pas dire grand-chose ^^

Cette fois je n'ai rien de particulier à vous dire, si ce n'est que l'intro de mon précédent chapitre s'applique également ici. Je ne vais quand même pas faire un copier/coller alors si vous ne vous en souvenez plus (ce qui doit être le cas d'environ les ¾ :p ) reportez-vous au chapitre antérieur à celui-ci, sauf si bien sûr vous ne voulez pas vous démoraliser une fois de plus ;)

A Mac : désolé pour l'autre fois de t'avoir quelque peu cassé l'envie. Je te remercie tout de même pour tes compliments, je ne savais pas qu'on pouvait trouver cette fic très bonne ^^ LOL

A djnoe : merci, et si tu aimes le drama je pense que tu apprécieras cette fic. Mais ça reste à voir, faudra me dire ça quand j'aurais posté le dernier chapitre :p

Allez, plongez-vous dans cette suite et j'espère que vous n'en ferez pas une crise ! (pff, je dis n'importe quoi alors… :x )

Good Read ;)

xxx


Chapitre 4

Un cas intéressant, suffisamment tordu. Elle lui en avait trouvé un très rapidement. À la seconde où elle avait pénétré dans son bureau, elle s'était mise en quête de répondre à son obsession qui en fait maintenant représentait un besoin chez lui. Plus que de satisfaire sa curiosité grandissante en mettant en œuvre ses talents de diagnosticien, il éprouvait le besoin corrosif de s'occuper l'esprit avec le mystère médical. Ce n'était plus pour se concentrer sur autre chose que sur sa douleur physique. C'était devenu une nécessité indispensable pour qu'il puisse suspendre pendant un temps ses cogitations destructrices. Il savait de quoi il était capable et c'était bien ça qui lui faisait peur. Il avait une flopée de regrets et une poignée de remords dont-il aurait été incapable de soupçonner l'existence s'il était dépourvu de sentiments comme certains ne se privaient pas de dire.

Elle était restée enfermée dans son bureau, du moins elle avait essayé. Son inquiétude était tellement grande qu'elle n'avait pas su résister à l'envie impérieuse de s'assurer de son état. À travers la baie vitrée, elle l'avait vu plongé dans son travail à tel point qu'il semblait en être absorbé comme celui qui est aspiré par l'objet de toutes fascinations. Il paraissait ailleurs, dans un autre monde et n'avait même pas remarqué qu'elle l'observait de l'autre côté. Son équipe avait semble-t-il disparu du service et lui, il était là, immergé dans sa complexe méditation. Bien sûr, elle aurait d'emblée pu croire qu'il ressassait encore tout ça mais elle avait remarqué qu'il faisait tranquillement rouler sa balle entre ses mains et les traits de son visage étaient pour le moins détendus. Le voir comme ça lui était étonnement plaisant. Au moins il se torturait les méninges pour une chose bien moins nocive.

Aux alentours de dix-neuf heures, il prit ses affaires et quitta la salle de différentiel en ne prenant même pas la peine de fermer son bureau. Il avait tant trimé sur ce cas qu'il l'avait déjà résolu et désormais plus rien ne pouvait masquer ses pensées noires. L'ascenseur s'ouvrit, il s'y engouffra sans même détourner la tête vers la droite et en ressortit une dizaine de secondes plus tard. Sur le chemin de la sortie, il bifurqua à gauche et se retrouva presque ahuri devant le bureau de la Doyenne. Il hésita un instant à entrer. Elle ne l'avait pas vu, il pouvait très bien faire marche arrière et rentrer, si toutefois cela faisait parti de ses projets. Mais non, une petite voix aux caractéristiques malignes lui disait d'avancer, que reculer ne servirait à rien sauf à se faire du mal. Et il le savait. Il savait que s'il repartait, ça serait pour de toute évidence finir dans un état dévasté volontairement voulu. Forcément, elle finirait par en souffrir par la suite. Et puis une autre voix intérieure lui disait que s'il continuait sur sa lancée, le résultat ne serait guère meilleur que l'autre. D'une façon ou d'une autre, il savait pertinemment qu'il souffrirait et qu'elle aussi. Sa souffrance le détruisait et sa douleur la foudroierait. Peu importe le choix qu'il ferait, la finalité serait plus ou moins la même. C'était une fatalité, sa fatalité et il n'avait d'autre choix que de faire avec. Il soupira, fit demi tour et finit par s'éloigner.

La pièce était plongée dans le noir, aussi obscure que le sentiment qui la traversa à cette constatation. Immobile devant le bureau en verre, elle se rendit compte qu'il ne devait pas être parti depuis bien longtemps et l'idée qu'elle aurait pu le croiser la fit se raidir de frustration. Elle sortie quelque peu en trombe et alla prendre hâtivement ses affaires avant de quitter l'hôpital. Il n'était pas venu la voir comme il avait pris l'habitude de le faire par moment. Peut-être ne ferait-il rien de stupide ce soir et que, avec un peu de chance, il réitèrerait ses absurdes tentatives d'autodestruction dans quelques jours. C'était triste à dire et peu rassurant mais c'était tout de même mieux que le reste à quoi elle pensait. Ces six derniers mois ont étés une véritable épreuve psychologique pour la jeune femme. Entre surmonter sa peine et s'assurer qu'il n'aille pas trop loin, elle avait plus d'une fois le sentiment qu'elle n'en verrait jamais le bout. Certainement que ça devait être le cas car plus le temps passait et plus les choses n'allaient pas en s'arrangeant.

Il n'était donc pas entré une seule fois dans son bureau, ne s'était pas assis sur le canapé et n'avait pas débité certaines choses maladroitement. Non, il n'avait rien fait de tout cela et c'est pour cette raison qu'elle rentra chez elle le cœur un peu moins alourdi au lieu d'aller faire un saut chez lui comme le fait récurrent que cela était devenu.

Le mois de Mai touchait à sa fin et les orages de Juin pointaient déjà leur nez avec une certaine avance. Trois jours qu'il faisait une chaleur exécrable et que, par conséquence, les patients étaient détestables au point de ne plus pouvoir les supporter plus de deux minutes par jour. La soirée arrivait tranquillement et la Doyenne crut jusqu'à ce qu'arrive l'impensable qu'elle allait pouvoir profiter un peu de sa fille avec laquelle elle n'avait eu ces derniers jours que de courts moments appréciables.

Elle rangeait ses dossiers, soigneusement comme toujours. Le trajet jusqu'à sa voiture lui paru plus long que d'habitude et lorsqu'elle s'engouffra à l'intérieur, elle ne perdit pas de temps à allumer le contact et à quitter le parking. À peine avait-elle parcouru la moitié du trajet qu'une pluie diluvienne s'abattit sur la ville entière. Elle mit pratiquement le double du temps habituel pour rentrer en maudissant avec une haine inconsidérée ce temps abominable. Il lui sembla n'avoir jamais vu pareille météo. La chaussée était inondée avec bien dix centimètres d'eau qui ne parvenaient pas à être absorbés dans l'immédiat et de violents éclairs déchiraient le ciel en de bruyants craquements. Les quelques mètres jusqu'à sa porte d'entrée furent un instant pénible avant l'obtention de ce qu'elle convoitait : la détente.

La nuit était sombre, étouffante et agitée. Fixant un point imaginaire, il ne savait pas pour quelle raison il était là. Il n'avait pas la moindre idée de pourquoi il avait pris sa moto avec ce temps affreux. Il s'était arrêté, et là aussi il ne savait pas pourquoi. De la lumière filtrait délicatement mais il ne bougeait pas. Assis sur sa Honda, il semblait indécis ou bien déconnecté. Peut-être un peu des deux en fait. L'eau qui tombait en permanence depuis un certain temps l'avait totalement trempé mais ça ne l'interloquait pas plus que le fait qu'il soit ici à se poser des questions dont-il ne saisissait pas vraiment l'utilité. Il avait retiré son casque, sans avoir d'explication. Le grondement de l'orage se fit entendre au loin et fut comme le déclic qui le fit se lever et s'avancer vers la porte. Mécaniquement, presque de manière impulsive, il frappa sur cette porte et il se demanda par la suite lequel était le plus surpris. Elle le regarda en cherchant à comprendre ce qu'il voulait mais il ne dit rien. Se contentant de la regarder, il sentit qu'il la déstabilisait mais ne pouvait baisser les yeux face à elle. Étrangement, il voyait en elle ce qu'il avait toujours refuser de voir. Il ressentit tout ce qu'il s'était interdit de ressentir pour elle. Bien que sa méditation contemplatrice aurait pu durer encore un bon moment, elle le sortit de cette rêverie.

Quelque chose ne va pas ?

Non, rien… Fit-il avant de couper court à la conversation.

Sans rien y comprendre, elle le vit faire demi tour et elle ne put le tolérer. Elle ne pensait déjà plus au temps effroyable et se lança à sa poursuite avant qu'il n'atteigne le trottoir.

Attendez !

Elle l'attrapa par le bras et il se retourna vers elle. Le regard interrogateur qu'il lui lança devint ensuite fuyant. Il paraissait inquiet, tourmenté et cela ne lui plut pas du tout.

House, regardez-moi. Demanda-t-elle d'une voix douce.

Il ne chercha pas à comprendre et lui donna satisfaction. Aussi proche de lui qu'elle l'était, elle pouvait très distinctement distinguer chaque gouttelettes d'eau qui perlaient au bout de ses cils. Les cheveux en bataille, le visage ruisselant… Elle ne savait pas avec exactitude pourquoi mais cela lui plut fortement. Elle ne prenait plus le temps de réfléchir, de se demander si c'était bien ou si c'était une chose à faire. Il ne semblait pas contre alors elle plaqua une main sur sa joue et la fit glisser sur celle-ci lentement, presque sensuellement. Dans un élan d'impulsion immodéré, elle se mit sur la pointe des pieds et déposa ses lèvres sur les siennes. Il n'y répondit pas aussitôt mais finit tout de même par la laisser aller plus loin. Ses doigts dans ses boucles brunes dégoulinantes d'eau ne faisaient qu'attiser l'ardeur qu'il ressentait contre sa bouche. Les vêtements détrempés lui collaient à la peau et lui donnaient des sueurs froides qui contrastaient avec le brasier qui brûlait de plus en plus en elle. Sa chaleur interne était telle que la pluie qui tombait en trombe n'y changea rein. Ses mains maintenant plaquées dans son dos lui faisait perdre un peu plus pied jusqu'à ce qu'il ne se détache d'elle. Lorsqu'il posa les yeux sur elle, il resta rivé sur les perles suspendues à ses longs cils et fut quasiment hypnotisé par ce qu'il avait devant lui. Le visage humide, les cheveux bouclés plus que jamais et les yeux d'un bleu grisé le jetèrent dans un trouble accablant. Il se sentait tiraillé entre deux et se rappela que c'était censé être son cas à elle et non le sien. Pour la première fois, il comprit ce que cela faisait ressentir et du coup il se trouva très mal. Il vit dans son regard des questions en suspend et ne put le supporter très longtemps.

Ce n'est pas une bonne idée. Fit-il en retirant les mains de ses hanches.

Elle ne comprenait pas et eut tendance à mal le prendre. Lui qui pendant toutes ces années n'avait cessé de lui courir après, voilà que maintenant qu'elle venait de faire le premier pas il la repoussait comme si elle l'avait toujours révulsé. Peut-être pas quand même, elle savait qu'elle exagérait, mais elle était tellement contrariée qu'elle en devint en colère.

Pourquoi ? Demanda-t-elle en soutenant son regard.

Une simple question à laquelle il ne trouva pas les mots ni même la force pour y répondre. Il lui avait déjà tant fait de mal qu'une autre phrase venant de lui la blesserait encore. Il baissa la tête et la secoua comme pour lui montrait qu'il était perdu. Peut-être l'était-il un peu… Oui, sûrement, mais elle savait aussi bien que lui que ce n'était pas tout. Elle voulut en savoir davantage mais il en décida autrement en attrapant son poignet lorsqu'elle leva la main en ayant l'intention de la poser sur sa joue. Elle savait que c'était une mauvaise idée de toute façon alors elle ne s'en offusqua pas vraiment. Dans un sens, il avait raison de réagir de la sorte. Elle le savait fragile et ne voulait pas le brusquer, ce qu'elle aurait fait si elle était parvenue au terme de son action.

S'il vous plaît… Ne faites pas ça.

La jeune femme n'insista pas et abaissa furtivement les paupières en guise d'assentiment. Il lâcha doucement son poignet, comme à regret, et fit un pas en arrière, puis deux. Elle avait l'impression de l'abandonner parce que c'était ce qu'il voulait. Elle savait bien que cette idée était totalement délirante mais elle eut du mal à s'en défaire. Longuement, elle le regarda et il finit par détourner le regard en ressentant encore cette sorte de crispation douloureuse.

Lancé à une vitesse plus qu'excessive, ses idées noires tourbillonnaient dans sa tête comme les feuilles mortes sur la route en automne. Il regardait fixement droit devant lui en ne pensant qu'à elle. Même en voulant se contredire parce qu'il n'acceptait pas le fait de devoir le reconnaître, cette femme le hantait d'une obsession tout à fait nuisible. Il ne pouvait remédier à cela, il n'avait jamais pu quand bien même il avait essayé. Néanmoins, il connaissait très bien la résolution de ce problème, qui en fin de compte résoudrait tous ses autres problèmes.

TBC