Chapitre se situant entre la fin du chapitre 32 et se terminant avant le chapitre 34. Comment ça, c'est pas juste ? Oo


Un cri si terrifiant qu'il ne pouvait plus bouger. Paralysé. Pétrifié. Ce n'était pas de la peur.

C'était bien pire.

Il ne bougeait pas. Plus du tout. Cette étincelle qui le portait, sa joie, tout s'était envolé. Disparu. Mais il y avait autre chose devant ses yeux. À la place du noir et de l'obscurité, une forêt. Vaste comme lui était petit, à l'époque où il babillait sans parler. Touffue comme lui était fragile.

Il ne s'en rappelait pas avant, mais tout à coup, tout était clair. Il revoyait la scène en boucle, tout s'arrêtait quand il voyait les silhouettes familières. Puis, sans un son, tout repartait. Mais une trace indélébile restait. Encore et encore. Il avait envie de hurler, de crier, de pleurer... mais il ne pouvait que rester là, immobile, seul. Il entendait des bruits étouffés, comme dans ses rêves. Oui, c'était un rêve... un cauchemar. Pourquoi ne se réveillait-il pas ? Un cauchemar, ça s'arrêtait, point. Pas son châtiment à lui.

Une tête blanche, forte, une énorme carapace sur le dos, pourvue d'épines massives. Il ne les avait jamais touchées, c'était celles de son père. Et puis il y avait ses bras, musclés, endurants. Il le portait pendant des heures entières sans ressentir la moindre fatigue. Le corps sous la carapace beige était tendu. La force incarnée. Et plus maintenant. Et puis il y avait sa mère. Plus petite, mais encore plus large que son père. Elle, elle était encore plus protectrice que son père, et le couvait des yeux, quand elle ne le gardait pas dans ses bras.

Il se rappelait de sa maison. Leur maison. Mais il ne voulait rien revoir, rien se rappeler, seulement oublier ces images qui se ressassaient. Pourquoi ça lui arrivait à lui ? Il sentait qu'il tremblait, pourtant, il aurait juré que ce n'était pas son corps qui grelottait. Il lui semblait qu'il s'était figé.

Soudain, sans qu'il ne s'y attende, il fut enveloppé dans une matière rouge et impalpable. Oui, ça il s'en rappelait, ça ne faisait pas mal. Il se réfugiait dans sa pokéball.

Il n'y avait rien à l'intérieur. Il flottait dans du vide, sans rien entendre, sauf quand James mettait la main dessus. C'était bizarre, mais à ce moment, il entendait les paroles de son dresseur. Il l'avait aidé, James. Et Zyfforlan aussi. Et Kronen. Et Majelle. Mais il n'avaient rien pu faire pour lui quand il avait senti des crochets pointus percer sa chair et l'emporter dans l'obscurité. Et le cauchemar avait commencé, et il n'en finissait pas.

Il ne voulait pas que ça continue. Que ça s'arrête ! Il criait tout seul, sans aucun son. Il se remit à pleurer, s'agitant vainement dans le vide.

Une image ressurgit, lui et ses parents, quand il était vraiment tout petit. La scène était surréaliste : du soleil qui perçait à travers un feuillage clair, une rivière d'azur, aussi brillante que transparente, de l'herbe douce, qui vous chatouille agréablement les pieds, une musique de paradis. Des piaillements d'oiseaux dans les environs, qui ne leur prêtaient aucune attention, l'eau qui chantait en s'écoulant, les feuilles qui bruissaient au rythme mystérieux et fragile du vent... Il barbotait tranquillement dans l'eau, ses parents veillant sur lui. Sa mère était lourde de l'oeuf qu'elle portait, elle ne bougeait pas beaucoup mais endurait sans se plaindre.

Et en un instant, tout changea. Du rouge, du sang, des corps inertes, flasques. La fierté de son père, ses muscles et son allure athlétique qui faisait fuir jusqu'aux oiseaux, ravagée par des flammes. Carbonisé. Un oeuf brisé à côté, du liquide incolore en sortait et imbibait les débris.

Il se prit la tête, refusant de voir tout ça. Non, ce n'était pas vrai ! Ça ne s'était pas passé comme ça ! Stop !

Il doit rectifier le tir. Non. Il ne peut pas. Il ne veut pas revivre ça. C'est trop douloureux, personne ne pourrait supporter ça.

Cet après-midi de rêve avait été parfait, il n'avait PAS perdu son père ce jour-là ! RIEN de grave ne s'était passé ! Il... il ne savait plus ce qui était vrai. Des larmes coulèrent sur son visage, il en goûta une. Le sel qu'elle recelait était un bonbon à côté de ce qu'il vivait.

Il se recroquevilla dans son vie, dans son espace blanc. Il n'y avait rien de mauvais ici. Personne ne pouvait lui faire de mal, n'est-ce pas ? Il était intouchable. Tout allait bien, pas vrai ?

Pas vrai. Il sentait encore ses battements de coeur qui pulsaient avec violence dans sa poitrine, sa tête migraineuse.

Il le savait, il devait rectifier ce qui s'était passé. Revoir la scène, l'accepter, et passer à autre chose. La revoir... et rétablir la vérité une bonne fois pour toutes.

Il savait aussi qu'il n'en était pas capable.

Pendant combien de temps avait-il patienté ? Se laisser bercer par le néant, dans l'attente de quelque chose, n'importe quoi, qui lui permette de ne pas y penser. Pour continuer à tenir le rythme, à avancer... mais il reculait, en fait. Et il le sentait, au fond de lui, alors il essayait d'accélérer, mais rien n'y faisait. Il était vide. Vide.

Il était seul. Il pouvait crier, il pouvait hurler, demander de l'aide, personne ne viendrait.

Mais j'ai des amis, pensa-t-il avec le peu de force qu'il pouvait rassembler. Et puis tout ça fut balayé par sa faiblesse. Ses amis n'étaient pas là.

Il expira doucement. Moins une respiration qu'un souffle d'agonie, en vérité. Il voulait arrêter. C'était trop dur. Et c'était la faute du dragon. Sans lui, il irait bien. Il secoua la tête, l'image du dragon l'attrapant comme si de rien n'était le tourmentait. Il revoyait la scène.

Non, il ne voulait plus.

...

Il dérivait depuis longtemps. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé. Il ne savait pas qui il était. Joyeux ou triste. Sincère ou menteur. Fort ou faible.

Soudain, une voix résonna à l'intérieur de son univers.

"...kéball de Héo-Héo, le Boguérisse que tu as attaqué aujourd'hui. Tu ne l'attaqueras plus, tu m'as compris ?"

Silence. Il attendait. Il s'en fichait.

"Non, Zyff', je ne le ferai pas sortir tout de suite. Tu te rappelles comment il ne bougeait pas quand on a attrapé la nouvelle ?"

Zyfforlan... Le nom évoqua quelque chose en lui. Très profondément en lui. Encore plus loin que toute sa déprime.

Zyfforlan l'Insécateur. Celui qui avait pris un nouveau nom quelques semaines plus tôt. Celui qui avait appartenu à des méchants. Celui qui avait été rejeté. Il avait senti que Zyfforlan voulait des amis et de l'affection, et il lui en avait donné. Zyfforlan le protégeait. Il était là pour lui, toujours. Mais il avait eu mal, lui aussi. Il ne pouvait pas s'en être sorti.

Et si... s'il avait réussi ? À passer outre ? À dépasser sa souffrance ?

Une idée chaude, qui illumina son coeur. Il lui semblait qu'il ouvrait les yeux depuis longtemps. Il... il pouvait faire comme Zyfforlan. Reprendre espoir, se battre, revenir vers le soleil. Un frisson le parcourut, du bout de sa queue, au travers son échine, jusqu'à ses oreilles. Ce n'était pas de la peur, non, mais un sentiment entre l'excitation et l'espoir. Oui, il voulait revoir son ami Zyfforlan.

"Oui Majelle ?" fit la voix préoccupée de James. "D'accord, pas tout de suite... tu me préviendras quand ce sera bon ?"

Il les entendait, loin, trop loin. Il voulait les revoir, passer du bon temps avec eux, être heureux. Il état bien avec eux, il parlait, souriait... Et même s'il se faisait mal quand il combattait des pokémons, c'était de bon ceur, sans aucun rancune. Juste pour James.

Mais plus il essayait de se motiver, plus il se heurtait à... ça. Il n'était pas prêt pour... enfin... un mur haut comme une montagne et épais comme une forêt et froid comme la glace le bloquait. Impossible de le traverser sans souffrir. Qu'il le détruise ou qu'il l'escalade, ce ne serait pas sans conséquences.

Il crut soudain entendre la voix de Zyfforlan, dans sa tête. Il le sentait à côté de lui, à lui dire de le faire. Il ne se retourna pas, il était conscient du caractère illusoire de sa présence. Puis il entendit la voix de Kronen, son regard dur et protecteur lui brûlant le dos. Des étincelles qui le réchauffaient, le portaient. Comme si, de manière inexplicable, il avait quelqu'un qui le poussait à avancer, plus fort.

Il regarda à nouveau le mur de glace, puis ses mains. Il les serra aussitôt, sa bouche se figeant dans un rictus déterminé. Kronen et Zyfforlan étaient pasé par là, ils étaient plus forts que lui, mais il allait les rattraper. Ils lui avaient rendu des forces, et un jour, ce serait à lui de les aider.

Il toucha le rempart gelé.

Il sentit le froid s'insinuer dans sa peau, faisant fi des muscles, atteignant les os. Ça le brûlait, mais différemment de la chaleur prodiguée par ses amis. Là, ça faisait mal. Il ferma les yeux, haletant. Il ne pouvait pas être aussi faible, ça ne pouvait pas être aussi réfrigérant.

Il appuya et sa main s'enfonça, le glace se brisant peu à peu, en des milliers de cristaux qui s'écoulèrent au milieu d'un torrent d'eau.

Il avançait !

La chaleur qui l'habitait était suffisante pour contrer ce mur. Il pouvait le traverser et trouver ce qu'il ne voulait pas voir, pas se rappeler. Il passa donc dans le mur, faisant fondre la glace. Le froid rendait ses mouvements gourds, il n'avait qu'une envie, partir se cacher en position foetale, et attendre, mais ça ne valait pas sa joie de pouvoir vaincre ce mur. Pour ça, il endurait le froid.

Il sentait les images revenir.

Du rouge. Du vert. Du vert bien plus sombre, et du blanc-beige aussi. Mais on ne le voyait presque plus, il disparaissait sous le carmin et le vermeil qui s'étendaient. Héo-Héo savait pourquoi. Mais il ne prononça pas une seule fois ce mot dans son esprit. Au contraire, il se remit à trembler, pris d'une angoisse qu'il redoutait.

Il amorça un geste de demi-tour.

Sans pouvoir détacher ses yeux de la vision d'effroi devant lui. Il ne voulait pas voir, mais il voulait le voir. Il ne comprenait plus rien. C'était impossible.

Son père.

Sa mère.

Soudain, le son s'ajouta, surgissant de nulle part comme le pokémon violet. Et il volait, se dissimulait par intermittence dans le feuillage, se collait au tronc, piquait sans crier gare, remontait... Maintenant, tout se mélangeait, il était confus dans tous ces souvenirs indistincts et flous. Il était pris au piège d'une tempête.

Main sur le front, il se laissa tomber au sol. Il avait mal à la tête, une migraine qui tapait contre son front.

Puis ce furent les goûts. Il sentait le brin d'herbe mâchouillé quelques minutes auparavant, sa langue qui se réfugiait au fond de son palais, derrière ses dents. Il déglutissait, saisissant la portée de ce moment. Il se sentait tout petit. Minuscule. Inoffensif. Vulnérable.

L'odorat lui revint brusquement, des odeurs violentes envahirent son nez. Père et Mère avaient une odeur reconnaissable entre toutes, chaude et musquée. La fraîcheur de la forêt y transparaissait comme par magie, tout comme leur force. Il sentait les feuilles du chêne, la moiteur anxieuse de la main de sa mère, le vent qui transportait la senteur apaisante des fleurs, les spores du lichen recouvrant les arbres... et une odeur forte. Même de loin, il pouvait identifier le danger, son instinct lui criant à tue-tête de s'enfuir.

Le toucher vint compléter ses sens. Le chatouillis discret de la terre et des touffes d'herbe sous ses pieds venait contrebalancer le contact avec sa mère et le tronc rugueux de l'arbre.

Que ça s'arrête.

Son père surgit dans l'espace vide devant eux, projeté par la puissance phénoménale du pokémon assaillant. Il vit une queue violette, gonflée par des muscles tendus. Son père, un Blindépique fier, se releva d'un bond et fonça vers son adversaire. D'un uppercut rageur, il l'envoya voler plus loin, et prépara un autre coup. Le reptile ne se laissa pas impressionner et rampa sur le sol, repartant vers sa proie. Nerveusement, il se contorsionna et échappa à l'attaque du Blindépique, profitant de l'occasion pour s'enrouler autour du bras vulnérable. Le pokémon Plante/Combat s'affola, il se roula à terre, parvint à détacher le serpent de lui, se mit sur un genou et regarda sa femme et son fils.

Héo-Héo le vit s'écrouler, deux traces de crochets plantés sur sa poitrine, là où battait son coeur. Du sang imbibait la fourrure poussiéreuse.

Non ! Non non non ! C'était pas... il ne voulait pas voir ça, parce que ça s'était passé ! La migraine s'amplifiait dans son crâne, la douleur le tétanisait une nouvelle fois !

ARRÊTEZ !

Pourquoi gardait-il les yeux ouverts ? Pourquoi n'arrivait-il pas à les fermer, malgré toute sa volonté ? Il assista au plus grand drame de sa vie. Mais c'était plus qu'un drame, c'était sa survie. Avec amour, sa mère l'avait reposé contre le tronc, au milieu des racines, en lui criant de courir, de courir très loin d'ici. Elle s'était interposée entre le monstre et lui, ultime barrière. Mais Héo-Héo avait couru un peu plus loin, avant de se cacher entre deux racines. Il avait tout entendu. Le pugilat féroce, les grognements de douleur de sa mère, un rugissement strident du serpent, qui s'était ensuite presque étouffé pour devenir des borborygmes convulsifs. Des bruits de lame qui s'enfonçaient dans la chair, puis plus rien. Juste deux corps qui chutèrent et s'afaissèrent.

Il était retourné là-bas. Il ne croyait pas que ses parents étaient tombés, il ne pouvaient pas mourir, ils étaient trop forts. Il avait vu leurs corps, mous, sans vie, à côté du serpent tout aussi... mort.

Papa et maman étaient morts. Héo-Héo, leur unique enfant... seul, dévasté. Et aujourd'hui, il se souvenait de toute cette histoire, qu'il avait oubliée, réprimée, pour ne pas succomber à la douleur. Il en était conscient maintenant, il avait fui. Il essuya ses larmes, le ruisseau qui coulait de ses yeux.

Ça faisait mal. Il n'aurait peut-être pas dû revivre tout ça. Il eut un geste de dépit, de colère même. Puis il se rendit compte que le mur... il n'y en avait plus. Pouf, évaporé. Plus de froid, seulement de la douleur. Un reste de migraine, un pincement au coeur, et il savait que c'était irréversible, il ne pourrait plus oublier. Marqué. La mort de ses parents collée à lui. Il en sentait le poids écrasant.

Il avait survécu, pourtant, fit Zyfforlan dans sa tête. Ce n'était pas lui, mais c'était lui. Oh, et puis c'était compliqué. Il se fichait de savoir s'il s'agissait du vrai Zyfforlan ou non. Qu'importe. Il voulait le voir par contre. Pour lui demander comment il s'en était sorti, comment il avait réagi quand il avait su pour ses parents. Quand il avait appris que ses maîtres avaient massacré ses parents. Il voulait arrêter d'y penser, il avait mal partout, et il devait voir ses amis. Ils pourraient l'aider. Eux seuls le pouvaient, parce que... il... il n'avait personne d'autre. Une larme revint mouiller sa joue.

Héo-Héo, comment vas-tu ? J'ai senti que ton esprit s'est rouvert, fit une voix très douce et pleine d'amour.

C'était qui ? Il n'avait jamais entendu de voix comme ça, sauf peut-être Majelle, mais elle était plus aiguë et retenue.

C'est bien moi, assura la voix, amusée.

Majelle... Majelle ! Je suis tellement heureux de t'entendre ! Ça va ? Oh là là là, j'ai l'impression que ça fait trop longtemps que je t'ai pas parlé !

Euh...

Et Zyfforlan, il est là ? Et Kronen et James ? J'ai trop envie de les voir ! Et pourquoi t'as changé de voix au fait ?

J'ai évolué en Kirlia, répondit Majelle d'un ton plus mesuré, plus hésitant. Mais ce que tu dois savoir...

C'est vrai ? Ouah, tu ressembles à quoi maintenant ?

Il sentit un soupir, puis un léger silence, vite comblé par les pensées de Majelle :

Héo-Héo, ce n'est pas le plus important. Il y a autre chose que tu dois savoir, et c'est que...

Oui, c'est quoi ? Vas-y, je t'écoute ! L'interrogea-t-il avec impatience.

Lui cachait-elle quelque chose ?

C'est assez délicat à avouer, mais tu as passé un certain temps enfermé dans ta pokéball, et avec James, on a décidé de ne pas te distraire, minauda-t-elle. Tu traversais une passe difficile, et...

Mais c'est quoi enfin !

Tu... tu es resté dans ta pokéball pendant plus de trois mois, lâcha-t-elle brusquement.

Ses épaules se relâchèrent d'un coup, le choc se partageant à l'incrédulité. Il ne pouvait pas être resté coincé en lui durant trois mois. Il n'avait même pas senti le temps passer, alors... comment ? Comment ?

Je sais que c'est quelque chose de dur à assimiler, mais sache qu'on n'a pas cessé de penser à toi, tu nous as beaucoup manqué, tu sais, Héo.

C'était la première fois qu'elle l'appelait par son surnom. Ces trois mois perdus avaient dû être très importants.

Non ! Kaora s'est bien intégrée et ne nous cause plus de soucis, même si elle est très solitaire. En tout cas, elle ne cherche plus à s'enfuir comme au début. Et Zyfforlan demande de tes nouvelles tous les jours, il veut que tu reviennes parmi nous.

Dis à James de me sortir de ma pokéball, ordonna-t-il d'une voix sèche.

Euh... oui, je fais ça...

Tout de suite. Je veux sortir.

Il était plus acerbe qu'il ne le voulait, et il demanderait des excuses à Majelle plus tard.

Excuses acceptées, déclara-t-elle solennellement.

Ce n'était pas la faute de Majelle, il le savait, sa frustration s'était échappée sans qu'il ne la contrôle, comme s'il ne maîtrisait plus son corps. Trois mois à ne rien faire, quelle gâchis. Il aurait voulu écouter de la musique de l'appareil de James, pour danser encore et encore, à s'écrouler par terre, vidé de son énergie.

"Héo, Majelle me dit que tu exiges de sortir, donc reviens parmi nous." fit la voix de James de loin.

Il se fit aspirer d'un coup, et se matérialisa sans problème près d'une table de pique-nique. Il vit Zyfforlan, les ailes agitées par son excitation, Kronen qui le regardait avec plus de recul, Majelle plus grande et avec une nouvelle coiffure. James avait son bras levé dans sa direction, sa pokéball en main. Un peu plus loin, allongée sous l'ombre d'un arbre, une forme sombre qu'il reconnut. Mais il ne trembla pas.

James écarquilla les yeux, et dit :

"Héo-Héo, qu'est-ce qu'il t'es arrivé ?"

"T'as fait une poussée de croissance là, c'est pas possible autrement !" clama Zyfforlan sans cesser de le toiser de haut en bas.

La seule différence, c'était qu'il le dépassait maintenant. Il le dépassait ?


Allez, un petit cliffhanger pour changer ^^